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  • il y a 18 heures
L’examen du projet de loi de Finances (PLF) a dû être arrêté dans la nuit du lundi 3 au mardi 4 novembre pour laisser place au budget de la Sécurité sociale. Le timing reste serré alors que l’expiration des délais constitutionnels pour examiner le texte avant de le transmettre aux sénateurs est prévue pour le 23 novembre, à minuit. Anthony Cortes, journaliste à l'Humanité et le streamer RiboDansLaSauce font le point sur la situation.

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Transcription
00:00Le budget n'est pas trop passé pour l'instant. Est-ce qu'il passera un jour ? On ne
00:03sait pas trop.
00:04Alors pour résumer très très rapidement, ça a été la fin des discussions en séance, donc pas en commission, en
00:08séance à l'Assemblée nationale,
00:10pour ce qui est du volet recette du projet de loi de finances. Donc le projet de loi de finances,
00:14c'est le budget de l'État.
00:15Et là, du coup, commencent en séance les discussions autour du volet recette aussi, mais cette fois-ci du PLFSS,
00:19du projet de loi de financement de la sécurité sociale.
00:22Donc c'est deux budgets séparés. Et il semblerait, pour l'instant, de ce que j'ai essayé de suivre,
00:27si moi j'ai de plus en plus de mal à garder ma concentration sur ces sujets-là, parce que
00:30ça se répète un peu,
00:31de ce que j'ai cru comprendre, ça a l'air d'être à peu près la même dynamique sur
00:35l'analyse du projet de loi de finances de la sécurité sociale
00:37que ça a été sur le projet de loi de finances. Donc est-ce que tu peux nous en dire
00:40peut-être un peu plus ?
00:41Oui, alors comme toi, moi aussi j'ai un petit peu de mal à garder ma concentration et mon intention,
00:46mais malgré tout, on essaie de s'accrocher.
00:49Et là, ce qu'on peut dire d'abord, c'est que sur le PLF, donc on était sur la
00:53partie recette, tu l'as dit,
00:55il y avait un nombre record d'amendements, 3600 amendements, qui devaient être discutés avant que le PLFSS,
01:02donc le budget de la sécurité sociale cette fois, ne soit examiné dans l'hémicycle.
01:05Donc en fait, il y a forcément un jeu de chasse musicale parce qu'il y a un temps imparti
01:08pour chacun.
01:09Sauf que les députés n'ont pas pu examiner tous les amendements. Il en reste encore 2000 aujourd'hui.
01:15Donc, il en reste encore un certain nombre. Donc là, en fait, ce qui se passe, c'est qu'en
01:20fait, le PLF partie recette est mis en pause
01:23le temps que le PLFSS partie recette, encore une fois, soit discuté, soit examiné avec son lot d'amendements aussi.
01:30Et le PLF va revenir normalement à l'Assemblée parce que il y a la possibilité, le délai court,
01:37la possibilité d'examiner le PLF partie recette court jusqu'au 23 novembre.
01:42Donc en fait, ça dépendra du temps que prendra le PLFSS partie recette à l'Assemblée.
01:48Parce qu'en fait, il y a un délai de 40 jours global pour les députés pour examiner la partie
01:55recette.
01:56Ensuite, la question, une fois qu'on aura passé ce délai des 40 jours, qu'on sera arrivé au 23
02:02novembre,
02:03arrivera le moment du vote ou pas vote.
02:05Parce que ce vote-là, normalement, il devait arriver le 4 novembre.
02:08C'est ce qu'espérait le gouvernement pour qu'en fait, en gros, on en soit débarrassé.
02:13Ensuite, place au PLFSS.
02:14Comme ça, pendant ce temps, le PLF partie recette va au Sénat.
02:18Ça n'a pas été possible.
02:19Donc le 23 novembre, jusqu'au 23 novembre, normalement, il pourrait y avoir un vote.
02:23On verra ce que ça donnera.
02:26D'abord, on verra si les amendements pourront être discutés avant et donc votés.
02:29Est-ce qu'il y aura un vote ou pas ?
02:30S'il y a vote positif pour le PLF partie recette, excusez-moi si c'est un peu technique.
02:36Oui, c'est un peu technique.
02:37S'il y a vote positif, donc en fait, c'est le texte voté par l'Assemblée nationale,
02:43avec les amendements des députés de l'Assemblée nationale, qui partira au Sénat.
02:47Si pas, c'est le gouvernement qui décide de la copie.
02:49Donc en fait, il peut décider d'envoyer sa propre copie, la copie originale.
02:53Et donc là, en fait, les députés auront voté pour rien.
02:57Mais, et là, on va aller vers la première séquence.
03:00C'est-à-dire qu'Amélie de Montchalin, ministre des Comptes Publics, s'est engagée à quelque chose.
03:06Je la laisse peut-être parler.
03:07Premier extrait.
03:09Donc oui, ministre des Comptes Publics, Amélie de Montchalin, vous en souvenez peut-être.
03:11Ça fait un petit moment qu'elle est dans la Macronie.
03:13Elle avait déjà été ministre auparavant.
03:14De toute façon, elle avait été ministre de la Transition écologique à la fin du premier mandat de Macron,
03:21au début du second, je ne me souviens pas exactement.
03:23Et je crois qu'elle était ministre des PME aussi.
03:25Elle a eu un certain nombre de portefeuille.
03:27C'est une soldade de la Macronie.
03:31Elle vient de la droite.
03:33Elle ne s'en cache pas.
03:35Et donc voilà, et là, c'est elle qui est à la manœuvre, qui est en première ligne pour défendre
03:39ce budget.
03:40OK. Bon courage. C'est tout ce que j'ai à dire.
03:43Ce que je peux vous dire, et c'est une annonce,
03:44c'est que le Premier ministre et tout le gouvernement...
03:46Dites-moi si le son est assez fort sur les extraits,
03:48parce que là, je n'ai pas le mixeur audio, j'ai une petite boucle, je ne vois pas.
03:51Donc si jamais le son est un peu faiblard sur les extraits, dites-le-moi sur le chat.
03:55...s'engage à ce qui est fait aujourd'hui comme travail et qui est assez inédit,
03:58qui prend son temps, parce que nous sommes dans une situation où nous avons renoncé au 49.3.
04:04Tous les amendements votés, le gouvernement s'engage, selon les configurations politiques qu'ils permettront,
04:10de les transmettre au Sénat.
04:11C'est important ce que je vous dis, parce que ce qu'on fait, ce n'est pas une mascarade,
04:14ce n'est pas du théâtre.
04:15Oui, parce que beaucoup de gens disent, ça sert à quoi ?
04:17Ils discutent, ils discutent, ils discutent, ils font des compromis, mais à la fin, ça ne marchera pas.
04:21À la fin, moi je vous dis, on a renoncé au 49.3. Le Premier ministre s'est engagé à
04:25donner...
04:25Alors cette histoire de renoncer au 49.3, je coupe pendant l'extrait, mais c'est en train de prendre
04:29l'eau, non, un petit peu cette histoire ?
04:30Enfin, c'est en train de prendre l'eau. Moi je me dis, soit ils vont finir par l'utiliser,
04:33soit, dans tous les cas, avec ou sans 49.3,
04:35ça ne changera pas grand-chose, puisque comme tu l'expliquais, le processus parlementaire fait que, au bout d'un
04:39certain délai,
04:40si le texte n'a pas été voté, on peut très bien retourner à la copie initiale et passer en
04:43force, par exemple, par ordonnance par la suite.
04:44Donc, est-ce que c'est encore pertinent de parler de l'utilisation ou non du 49.3 ?
04:49Comme tu le dis, d'abord on peut passer par ordonnance. On peut aussi imaginer que le 49.3 revienne,
04:54avec leurs arguments permanents de responsabilité,
04:59il faut un budget pour l'État, etc. Et puis aussi, il y a la question de la possible CMP
05:04aussi, parce que...
05:05Ah oui, commission mixte paritaire.
05:06Commission mixte paritaire. En gros, s'il n'y a pas d'accord, si ça bloque à l'Assemblée ou
05:11au Sénat ou au E2,
05:13le gouvernement peut décider de convoquer une CMP. Normalement, c'est censé être représentatif des deux chambres,
05:18mais on sait que le Sénat penche largement à droite, l'Assemblée est morcelée, donc ça va donner une CMP
05:24qui va plutôt pencher à droite.
05:25Donc à ce moment-là aussi, le gouvernement et Amidemont-Charlin a beau jeu de parler de parlementarisme, d'ouverture,
05:33etc.
05:33Alors qu'en fait, finalement, on va en revenir, malgré tout, à la philosophie initiale du gouvernement sur ce texte.
05:38Oui, c'est ça. Donc ouais, l'histoire de 49.3, ça serait bien d'arrêter d'en parler. De
05:42toute façon, c'est un peu ce qu'on va voir après,
05:43parce qu'on a aussi un extrait d'Olivier Fort, c'est qu'il y avait plusieurs conditions qui étaient
05:46censées être...
05:47Enfin, on va regarder la suite de l'extrait quand même. Il y avait plusieurs conditions qui étaient censées être
05:50sine qua non,
05:51c'est-à-dire la non-utilisation du 49.3, mais ça, c'est de moins en moins pertinent d
05:54'en parler,
05:55et aussi l'adoption d'une taxe Zucman ou d'un compromis autour de la taxe Zucman qui a été
05:59rejetée fin de semaine dernière.
06:01Donc c'est-à-dire que le PS était en mode, on a un plan, on a des conditions, il
06:04faut s'y tenir, sinon on va censurer.
06:05Et là, petit à petit, on est en train de découvrir que leurs conditions, soit elles n'ont pas été
06:09respectées, soit elles ne servent à rien.
06:10C'est ça, en fait. Il y a la taxe Zucman qui a été rejetée par l'Assemblée nationale,
06:16mais il y a aussi un certain nombre d'amendements qui ont été votés, qui vont dans le sens contraire
06:21de ce que porte le Parti Socialiste.
06:23Donc c'est assez étonnant de les voir toujours refuser de censurer le gouvernement,
06:27parce que la taxe Zucman, on l'a dit, il y a les holdings patrimoniales aussi.
06:33En fait, finalement, on n'y touche pas.
06:36Il y a un pacte d'Utreil qui est aussi une niche fiscale, en gros, qui est la niche fiscale
06:40préférée des entrepreneurs, des grands patrons,
06:42qui permet en gros d'exonérer d'impôts 75% des biens professionnels, là, en fait, finalement, préservés.
06:50Oui, c'est ça. C'est dans le cas d'un héritage intrafamilial pour les fameuses entreprises familiales.
06:53Sauf qu'on se dit, oh, c'est nos petites entreprises familiales, nos petits artisans, un artisan boucher qui va
06:59léguer sa boucherie à son fils.
07:01Et en fait, non, c'est Bernard Arnault qui lègue des centaines de milliards d'euros de patrimoine et de
07:05capital directement à son fils déjà milliardaire.
07:08C'est ça, exactement. Et ça, tout ça, on lève les mains, on n'y touche pas.
07:12Et alors que c'était censé être des lignes rouges pour les socialistes.
07:16Alors, je vais faire de la promo pour la maison parce que dans l'UMA du jour, il y a
07:21une interview d'Olivier Faure.
07:23D'ailleurs, c'est marrant. Je ne sais pas si vous voyez la construction de la une, mais il y
07:26a Olivier Faure qui dit ce n'est pas assez, mais nous avançons.
07:28Et en dessous, un budget de casse et de classe. Donc, c'est intéressant de voir l'opposition entre les
07:33deux.
07:33Mais ce que dit Olivier Faure, en gros, c'est en gros, nous, on cherche à discuter et pas à
07:39censurer.
07:40Il dit en gros que le Parti Socialiste a réussi à faire disparaître la suppression des jours fériés.
07:45Bon, ça, ce n'est pas vraiment le Parti Socialiste qui a réussi à l'obtenir.
07:49C'est plutôt Le Cornu qui l'a amené en premier geste d'ouverture.
07:52C'était déjà pour le gouvernement Le Cornu 1 qui a duré 14 heures.
07:56Déjà, il n'était plus question des jours fériés. C'était vraiment le truc du budget Bayrou.
07:59Et même, de toute façon, la plupart des gens qui analysent la situation disaient, bon, ces deux jours fériés, c
08:03'est tellement impopulaire que Bayrou, son plan, c'était probablement de leur dire,
08:07je n'enlève pas les deux jours fériés, mais je vous fais passer tout le reste en force.
08:09C'est ça, c'est exactement...
08:10On a reparlé encore des jours fériés en novembre 2025.
08:14Ça montre bien que la pêche est maigre.
08:17Oui, exactement.
08:17Donc, en fait, on finit par se darguer d'une victoire qui n'est pas vraiment une victoire et qui
08:21n'est même pas en plus sa propre victoire.
08:22Donc, ça dit quand même quelque chose.
08:24Et après, il poursuit en disant, nous avons réussi à obtenir l'abandon de la fiscalisation des malades en infection
08:33longue durée.
08:34Nous avons obtenu la suspension de la réforme des retraites et un nouvel impôt sur la fortune qu'il faut
08:39encore corriger.
08:39Le dégel des pensions de retraite et des minima sociaux et un milliard d'euros pour l'hôpital.
08:43Tout ça est malgré tout discutable.
08:46Et puis surtout, on l'a dit là pour l'instant, rien n'est sûr.
08:50On voit que la discussion est suspendue et que ça va aller vers le Sénat.
08:55Le Sénat a largement de droite.
08:56Donc, en fait, ils vont forcément droitiser l'ensemble de la copie.
09:00Donc, en fait, encore une fois, on se targue de victoires qui n'en sont pas encore.
09:03Enfin, qui n'en sont pas d'abord et qui ne sont même pas certaines.
09:06Donc, en fait, et malgré ça, le PS dit oui, mais si on censure, ce sera ce sera pire.
09:11Ce sera le chaos.
09:12Donc, en fait, on revient sur ces éléments de langage originel et qu'on connaît depuis François Bayrou et Michel
09:16Barnier.
09:17C'est un jour sans fin.
09:18C'est aussi pour ça qu'on se lasse.
09:19C'est pour ça qu'on se lasse.
09:20Alors, il y a Sophie Pique sur le chat qui résume bien la situation.
09:22Les lignes rouges des socialistes, c'est comme l'horizon.
09:25Si tu essaies de t'y approcher, elles s'éloignent tout autant.
09:27C'est assez bien dit.
09:28C'est ça.
09:28Ça résume bien ça.
09:29C'est ça.
09:30Exactement.
09:31Et puis, j'avais noté aussi un petit message un peu plus haut qui disait, en gros, c'était une
09:35question.
09:36Est-ce que les députés votent chaque amendement et après, ils revotent le global ?
09:42Oui, en fait, ils votent chaque amendement.
09:44Du coup, après, ça change la copie.
09:47Ça s'insère dans le texte final.
09:49Et le texte final, avec tous les amendements, est voté par l'Assemblée nationale.
09:53Et donc, à partir de là, soit il est voté parfait, il part au Sénat, soit il n'est pas
09:57voté.
09:58Et puis là, ça devient un peu plus technique.
09:59C'est plus technique.
10:00D'ailleurs, ça, c'est le processus parlementaire pour toutes les lois, que ce soit un projet de loi de
10:03finances ou pas un projet de loi de finances,
10:05un projet de loi organique, une proposition de loi, pas un projet de loi.
10:08Bon, c'est plein de trucs un petit peu différents.
10:10Mais en tout cas, il y a un point commun, c'est que c'est toujours comme ça que ça
10:12marche à l'Assemblée nationale.
10:13D'abord, on dépose des amendements pour modifier le texte de loi.
10:16Et si les amendements sont votés, le texte de loi est modifié.
10:18Et à la fin, on vote le texte de loi dans son intégralité amendée ou pas en fonction de la
10:23situation.
10:23C'est assez compliqué.
10:24Puis là, on arrive dans une situation, justement, de crise de régime et de crise du parlementarisme en France.
10:29Si on n'a pas un Bac plus 8 en droit constitutionnel, c'est assez dur de prédire vraiment ce
10:33qui va se passer.
10:34Mais c'est vrai que la période est intéressante de ce côté-là.
10:36Parce qu'en fait, on découvre aussi que certains ressorts constitutionnels et parlementaires.
10:42Mais on voit aussi surtout que là, le jeu est bloqué, en fait, finalement.
10:46Et donc, on va vers une zone d'incertitude.
10:48Tu parles tout à l'heure des ordonnances.
10:49C'est vrai qu'en fait, on s'y achemine.
10:52On s'y achemine malheureusement.
10:54Et là, à ce moment-là, on se posera la question de ce que feront les socialistes.
10:58Alors, je crois qu'on a une séquence de...
11:00Ça va être là sur Amélie de Montchalin ?
11:02Moi, j'ai eu ma dose.
11:064 secondes de Montchalin le matin.
11:08Ça suffit.
11:09Oui, programme un peu hardcore.
11:11On a un programme un peu hardcore aujourd'hui.
11:12Parce qu'on va parler de Zemmour, de Bardella, Montchalin et Fort.
11:15Là, ça commence avec vraiment des trucs soit barbants, soit gerbants, en fait.
11:19Mais on va quand même parler de Zoran Mamdani.
11:20Donc, il y aura quand même des nouvelles réjouissantes.
11:22On va se remonter un petit peu le moral.
11:25Exactement.
11:26OK, donc Olivier Fort, justement, qu'est-ce qu'il a à en dire de toute cette situation ?
11:31Alors, spoiler, il va probablement se noyer dans des éléments de langage inefficients.
11:35Vous êtes raisonnablement optimiste sur les chances de trouver un accord sur le budget ?
11:40Raisonnablement optimiste ?
11:41Je pense qu'il y a un chemin étroit, mais qu'il existe.
11:46Et ce que je vois aussi, c'est qu'à la fin, puisque nous sommes désormais 149,3,
11:51nous aurons le choix entre deux situations.
11:54Soit que le gouvernement fasse une loi spéciale sur la loi de finances.
11:59Et donc, ce sera le budget de l'an passé, mais amputé des 10 milliards,
12:02qui étaient les 10 milliards de surtaxes IS, enfin, je ne vais pas rentrer dans les détails,
12:06mais enfin, l'imposition des plus grandes fortunes et des grandes entreprises,
12:09parce que ça, pour des raisons techniques que je ne vais pas expliquer là,
12:12mais ce n'est pas possible.
12:13Et sur le PLFSS...
12:14On voit qu'il est un peu dans le même embarras que nous, Olivier Fort, finalement.
12:17Il est en mode, ah, c'est un peu technique, on ne va pas rentrer dans les détails.
12:20Je ne suis même pas sûr que lui-même ait bien compris tous les tenants et aboutissants techniques de la
12:23situation.
12:23Un peu comme nous, il a l'air tout aussi paumé que les observateurs.
12:26C'est clair. Et puis, je ne sais pas si c'est dans son intérêt aussi de rentrer dans les
12:29détails techniques,
12:30parce qu'on le voit, il n'a pas vraiment plus obtenu grand-chose.
12:32C'est mieux de dire, oui, vous inquiétez, on a obtenu des achats.
12:34C'est technique.
12:35Ce sera forcément par ordonnance.
12:38Les ordonnances reprendront le projet initial.
12:41Ça veut dire que vous retrouverez tout ce qu'on ne veut pas,
12:44le gel des pensions de retraite, le gel, etc.
12:46Et donc, c'est à ça que nous sommes conduits.
12:48Donc, moi, ce que je cherche, c'est à faire en sorte que nous soyons utiles aux Français
12:52et que nous puissions dégommer toute une partie de ce qui est forcément inimaginable pour nous.
12:58Et puis après, effectivement, permettre l'adoption de ces budgets.
13:02Ce qui veut dire que le...
13:05Ce n'est pas clair.
13:07Ce n'est pas clair.
13:08Ce n'est pas clair, mais on voit encore une fois les éléments de langage socialiste depuis près d'un
13:14mois.
13:15C'est-à-dire qu'en fait, on veut se montrer utile, on veut se montrer responsable.
13:19On sait très bien, je pense, quel sera le point final, quel sera le point d'atterrissage.
13:23C'est-à-dire que ce sera le budget initial du gouvernement.
13:29Mais je pense qu'on joue l'avenir, on joue un positionnement aussi.
13:32C'est, regardez, nous sommes la force constructive qui n'est ni macroniste, ni de gauche radicale.
13:38Nous, on joue le jeu parlementaire, on joue le jeu démocratique.
13:42On essaie de ramener un peu de justice fiscale.
13:45À la fin, ils n'y arriveront pas.
13:46Mais on a essayé.
13:48Et puis, en plus, ils auront le beau rôle, en tout cas,
13:51en appuyant peut-être sur le bouton rouge qui fera que le gouvernement sera renversé.
13:54Donc, le fameux bouton rouge de la censure.
13:56Et je pense qu'on peut finir un petit peu cette séquence là-dessus.
13:58Parce que là, au final, la seule vraie question qui se pose,
14:00si on veut repolitiser, on va dire, tout ça.
14:03Parce que là, c'est très technique, une vision assez gestionnaire, finalement, de l'État.
14:07On pourrait appeler ça comme ça.
14:08Et ce qui pourrait se passer, par contre, éventuellement,
14:10c'est que le PS appuie sur le bouton rouge, comme tu disais,
14:13pas pour lancer la grève générale cette fois-ci,
14:14mais pour censurer le gouvernement.
14:17Auquel cas, vu que le feu, le NFP, on va dire ce qui reste du NFP sans le PS,
14:21de toute façon, on voteraient la censure.
14:22Ils ont voté toutes les censures jusque-là.
14:23Et le RN le dit depuis très très longtemps.
14:25On veut la censure, on veut une dissolution.
14:27Parce qu'en cas de législatif anticipé, on va augmenter notre nombre de sièges à l'Assemblée.
14:30Ce qui est fort possible, hélas.
14:33La question que je me pose, c'est, est-ce que le PS, déjà, pourrait censurer ?
14:37Et surtout, si le PS censure, est-ce que Macron va dissoudre derrière ?
14:40Parce que jusque-là, il disait...
14:42Il l'avait dit Macron, là, au moment où, justement, la question de la censure se posait,
14:45et que le gouvernement a failli se faire censurer.
14:47Il a dit que toute...
14:49Il a dit ça comment ?
14:50Il a dit qu'une motion de censure vaut pour motion de dissolution.
14:53Il a dit ça.
14:54Donc il a vraiment dit, si ça censure maintenant, je vais dissoudre parce que j'ai plus trop le choix.
14:57Mais est-ce qu'il aura encore le choix, si jamais le PS censure ?
15:00Et si jamais le PS censure trop tard ?
15:01Notamment, il y a une histoire un petit peu de date limite, de date de péremption
15:04pour une éventuelle dissolution qui serait le 15 novembre.
15:07Parce qu'après, sinon, en termes de calendrier, on ne pourra pas faire de loi spéciale
15:09pour reconduire le budget, je ne sais pas quoi.
15:11Est-ce que tu penses que le PS pourrait finir par censurer ?
15:15Et surtout, est-ce que tu penses qu'une censure, cette fois-ci, ouvrirait une dissolution ?
15:17Enfin, je te dis, est-ce que tu penses ?
15:18Mais personne n'a la vraie réponse parce que sans ça...
15:20Non, personne n'a la vraie réponse, c'est clair.
15:22Mais c'est une bonne question et c'est aussi, je pense que c'est déterminant
15:26pour essayer de comprendre pourquoi les socialistes ne censurent ou ne censurent pas.
15:30Je crois que les socialistes ont peut-être une certaine crainte,
15:33je ne vais pas dire peur, mais plutôt crainte d'en retour aux urnes.
15:37Parce que voilà, qui dit législative dans le paysage actuel, dit forcément une extrême droite au plus haut,
15:43une gauche morcelée, en difficulté, il va y avoir une bataille des circonscriptions.
15:48Et d'ailleurs, dans l'entretien qu'il donne à l'UMA ce matin, qui est disponible en ligne,
15:54il en parle un petit peu.
15:55En gros, il dit, mais s'il y a dissolution ou s'il y a, imaginons, démission ou destitution
16:00comme le veulent les insoumis d'Emmanuel Macron,
16:03on va se retrouver avec une élection à préparer législative ou présidentielle
16:07dans trois semaines, un mois, un mois et demi,
16:09avec une extrême droite à plus de 35%,
16:12un camp progressiste rabougri, divisé.
16:15Donc comment on fait ?
16:16Et donc lui, ce qu'il dit, en gros, c'est on fait le pari du temps long.
16:19En fait, il faut préparer l'après,
16:21il faut montrer que la gauche, dans toutes ses composantes,
16:25est le camp qui va ramener des petites victoires,
16:27pour le pouvoir d'achat, pour le bien-vivre de chacun.
16:32Et après, on verra.
16:33Et après, on verra.
16:34Donc en fait, je pense que les socialistes ne misent pas sur une échéance électorale à court terme.
16:40En tout cas, je crois même qu'ils ne l'espèrent pas.
16:42D'où peut-être le fait de jouer la montre.
16:46Moi, j'imagine qu'ils n'y croient pas totalement,
16:47au fait que finalement, on va atterrir sur un budget de compromis, etc.
16:52Mais le problème, pour eux, c'est que si on n'y arrive pas,
16:55et qu'ils ne censurent pas, là, ça va marquer un véritable renoncement.
16:59Un renoncement plus grand encore que les autres.
17:01Est-ce que ça ne serait pas du suicide politique ?
17:02Franchement que la Macronie est dans un état de décrépitude extrêmement avancé.
17:06Donc si le PS, je ne sais pas,
17:08il est possible que la Macronie entraîne le PS avec lui dans sa chute.
17:11Ce qui, pour tout un tas d'électeurs de gauche,
17:12ne serait pas forcément une mauvaise chose par ailleurs.
17:14Mais du point de vue du PS, c'est vrai que c'est un petit peu compliqué.
17:16Donc il y aurait aussi peut-être la solution de censurer trop tard pour ouvrir à une dissolution.
17:20Parce que Macron, il dirait, je ne vais pas dissoudre maintenant.
17:21Sans ça, il n'y aurait pas de budget.
17:22Parce que de ce que j'ai cru comprendre, s'il dissout après le 15 novembre,
17:26il y a un truc de calendrier qui fait qu'il ne pourrait même pas passer une loi spéciale de
17:29reconduction du budget.
17:30Donc la loi spéciale de reconduction du budget, c'est celle qui a été utilisée d'ailleurs l'année dernière.
17:34Comme Barnier a été censuré, il n'y avait pas de budget pour l'année 2025.
17:37Du coup, ils ont temporairement reconduit le budget de l'année précédente.
17:40Ce qui n'est pas optimal, on va dire, d'un point de vue budgétaire.
17:42Mais bon, on peut le faire, c'est pour un peu sauver les meubles, on va dire.
17:44Et après, il y a eu un budget qui est arrivé un peu en retard, le fameux budget Bayrou du
17:47début d'année.
17:48Mais là, de ce que j'ai cru comprendre, si jamais Macron dissout après le 15 novembre,
17:52en fait, il n'aura pas le temps par rapport au calendrier de faire passer cette loi spéciale de reconduction
17:57du budget,
17:58auquel cas, on pourra avoir éventuellement un vrai scénario de shutdown un peu à l'américaine,
18:01où du coup, on pourrait collecter l'impôt, mais on ne pourrait pas le dépenser,
18:04on ne pourrait pas payer les fonctionnaires, auquel cas, il y a même une théorie,
18:06je crois que c'est de l'humanité qu'en avait parlé,
18:08je crois que c'est Benjamin Morel, le constitutionnaliste qui avait dit ça dans l'UMA,
18:12auquel cas, il pourrait même dire, bon, je vais prendre l'article 16 pour prendre les plans en pouvoir,
18:16parce que, de toute façon, là, c'est ça où on n'a pas de budget, où il y a
18:18un shutdown, quoi.
18:20Tout ça pour dire que l'EPS pourrait aussi faire la stratégie de censurer suffisamment tard
18:24pour que Macron dise, je ne peux pas dissoudre, c'est impossible de dissoudre,
18:27auquel cas, ils auraient un peu, on va dire, ménagé le chèvre et le chou en disant,
18:30on a censuré, on n'a pas trahi, mais derrière, on ne s'est pas mis en danger électoralement par
18:34rapport à une dissolution.
18:35Oui, c'est ça. Et puis, tu parlais de l'article 16, il y a quelques semaines,
18:38j'en parlais avec des conseillers d'Emmanuel Macron, justement,
18:40c'était pour un papier sur la démission, enfin, sur la chute, pardon, plutôt, de François Bayrou,
18:44et, en fait, il me racontait qu'il y a quelques mois, des constitutionnalistes,
18:49une armée de constitutionnalistes, apparemment, ont été consultées par la présidence
18:53pour savoir si, justement, un shutdown, comme tu le dis, à la française,
18:57enfin, à l'américaine, mais du coup, à la version française,
19:00est-ce que ça entrerait dans la possibilité d'activer l'article 16 ?
19:04Parce qu'en fait, il faut que le fonctionnement de l'État soit entravé,
19:07je n'ai plus exactement la formule, mais voilà, c'est un petit peu ça à l'esprit.
19:10Et la réponse, elle n'était pas, comment dire, unanime,
19:13parce qu'en fait, il y a des débats, là, encore, de constitutionnalistes,
19:16mais la réponse était plutôt oui.
19:18Donc, en fait, c'était envisagé, en tout cas, c'était dans un coin de l'esprit
19:23de la présidence de, pourquoi pas, l'article 16 ?
19:25Mais là, on ne peut pas imaginer que l'article 16 soit dégainé
19:28sans qu'il y ait une mobilisation incroyable, une mobilisation sociale...
19:31Ça serait la révolution, s'il fait ça.
19:32L'article 16, à la base, a quand même été plus ou moins designé par De Gaulle,
19:36au cas où la Wehrmacht marcherait sur les champs, quoi.
19:38C'est un peu ça, l'idée de l'article 16.
19:40Pour des raisons budgétaires, pour moi, si ça paraissait surréaliste que Macron fasse ça,
19:44pour le coup, là, ça serait le retour des gilets jaunes, mais sous stéroïdes,
19:47et avec des fourches vénères, quoi.
19:49Ouais, c'est ça.
19:50Alors, du coup, il y a un long gosse sur le chat qui dit,
19:51sauf qu'en France, on peut reconduire le budget précédent.
19:53Oui, mais justement, s'il y a une dissolution de l'Assemblée nationale
19:56et des législatives anticipées trop tard dans l'année,
19:58et que la France n'a pas de budget,
19:59et bien là, on se retrouve dans le cas de figure où, en fait,
20:02il n'y a pas le temps de faire...
20:03Parce que comme il y a des législatives anticipées,
20:04il n'y a pas le temps de faire la loi spéciale de reconduction du budget.
20:07Après, tout ça, c'est sur le papier, tout ça est très théorique.
20:08Donc, c'est pour ça qu'il y a un scénario où le budget
20:10ne pourrait même pas être reconduit,
20:11et c'est pour ça que, passé le 15 novembre,
20:13a priori, Macron ne pourrait pas se permettre de dissoudre,
20:15parce que s'il dissout derrière,
20:16ça veut dire qu'il doit prendre les pleins pouvoirs derrière.
20:18Bon, c'est un peu foireux, cette histoire, quoi.
20:20Donc, voilà, a priori, si le PS ne censure pas très, très vite,
20:24quoi qu'il en soit, il devrait ne pas y avoir de censure.
20:26Et donc, effectivement, Basile Leroy sur le chat,
20:28il ne se passera rien du tout.
20:30Ça commence à être une théorie qui, quand même,
20:32prend tout son sens.
20:33Nothing ever happens, comme on dit.
20:35Mais là, on est vraiment sur de la politique fiction.
20:37C'est vrai que ça fait quelques semaines qu'on est là-dedans.
20:41On est un petit peu dans un house of cards,
20:43mais un house of cards, un petit peu de la Constitution française.
20:45On redécouvre notre Ve République.
20:47C'est très difficile d'imaginer ce qui va se passer,
20:49parce que même si on se retourne sur l'année précédente,
20:51ou les deux ans écoulés...
20:53C'était déjà inédit, en plus.
20:54C'était déjà inédit.
20:56Donc, on verra bien.
20:58Tu as bien présenté les différents scénarios.
21:00On verra ce qui va se passer.
21:01Il y a le scénario le plus basique,
21:03c'est les ordonnances.
21:05Il y a le plus positif, entre guillemets,
21:06c'est le budget de compromis.
21:07Il y a encore positif, on s'entend.
21:09Et il y a le plus what the fuck,
21:12c'est la voie vers l'article 16.
21:15Mais on verra bien.
21:17Mais là, aujourd'hui, c'est difficile de prédire ça.
21:19Oui, c'est compliqué.
21:20Qui aurait pu prédire ?
21:21Il y a des choses qu'on aurait pu prédire,
21:22mais alors là, franchement, c'est dur à prédire.
21:24Même Macron, je pense, n'en sait rien, il navigue à vue.
21:26De toute façon, c'est pareil, c'est un truc qu'on a bien vu avec Macron
21:28un peu ces dernières années, au moins depuis la dissolution.
21:30Parfois, on prête à Macron un espèce de mastermind
21:33qui ferait des coups de billard à trois bandes.
21:35Souvent, on prête des intentions comme ça dans le monde politique,
21:39alors que très souvent, les politiciens,
21:40enfin les politiciens, les hommes politiques et les femmes politiques,
21:42ils ont tendance parfois à naviguer à vue
21:43et à être un petit peu plus paumés qu'on veut bien le croire.
21:47Oui, c'est ça.
21:47Mais là, ce qui est intéressant, je trouve, dans la séquence,
21:50c'est évidemment, à bord, tu as un Premier ministre
21:51qui veut jouer le jeu du parlementarisme,
21:53ou en tout cas qui mime cette volonté-là.
21:56Tu as la gauche, les socialistes,
21:59qui eux aussi sont dans le jeu de mime,
22:01un certain nombre très utile et responsable.
22:04Et en parallèle, tu as le président Emmanuel Macron
22:07qui, lui, joue le trouble fait.
22:09Parce qu'en fait, il a encore eu une déclaration là,
22:10en disant, en gros, il dénonçait
22:13ce qui empêchait les gens d'entreprendre.
22:14Je ne sais pas comment il a dit, je ne sais plus exactement sa formule,
22:17mais qui vient en plus mettre de l'huile sur le feu
22:20alors qu'on est dans une période avec une assemblée morcelée,
22:24des forces qui essaient de trouver des compromis
22:27alors que tous les opposent.
22:28Et qu'en plus, il y a des échéances électorales qui approchent.
22:30En fait, chacun essaie de placer ses pires aussi
22:32dans cet objectif-là.
22:34Et ce qui rend la partition encore plus difficile.
22:37C'est tout le temps.

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