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  • il y a 18 heures
Cécile Cukierman est porte-parole du PCF depuis 2018 et sénatrice de la Loire, dans la circonscription de Saint-Etienne. Elle est aussi la présidente du groupe Communiste, Républicain, Communiste et Écologiste - Kanaky au Sénat depuis 2023.

Budget 2026, nationalisation d'ArcelorMittal, sécurité en France, laïcité et port du voile dans le sport, retrouvez l'entretien en intégralité.

00:00 Présentation
00:30 Budget, qu'est-ce qu'il se joue ?
12:21 Sécurité, police : que porte le PCF
23:19 Valeur travail et travailleurs
30:10 Le PCF : radicalité ou respectabilité ?
35:55 Laïcité et port du voile
42:05 Municipales : programme et objectifs du PCF
52:35 PCF, NFP et la gauche aux présidentielles 2027
58:48 La carte de Presk de PA
1:03:04 Ça ira ou ça ira pas ?
1:05:55 Fabien Roussel candidat en 2027 ?
1:06:37 Comment nationaliser ? Le cas ArcelorMittal

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Transcription
00:00:01Vous êtes, Cécile Cucermen, professeure d'histoire, vous avez 49 ans, vous êtes porte-parole du Parti communiste depuis 2018
00:00:08et vous êtes présidente du groupe communiste républicain et écologiste Kanaki au Sénat depuis 2023.
00:00:14Vous êtes aussi sénatrice de la Loire, de la circonscription de Saint-Etienne.
00:00:19Non, il n'y a pas de circonscription pour les sénateurs, toute la Loire.
00:00:25Toute la Loire, très bien. Merci d'être avec nous ce soir. Cécile, on avait envie de commencer par l
00:00:32'actualité,
00:00:32et notamment l'actualité budgétaire, parce que c'est une séquence qui est assez difficile à saisir.
00:00:38Le projet de loi de finances revient au Sénat après le rejet de l'Assemblée.
00:00:41Le PLFSS devrait finir en commission mixte paritaire. La menace du 49-3 ou d'une lettre rectificative guette.
00:00:48Bref, on n'y comprend absolument rien. Est-ce que vous pouvez nous dire ce qui se joue ?
00:00:52Alors, évidemment, au-delà du fait que le gouvernement essaye à tout prix de faire passer un budget austéritaire,
00:00:57qu'est-ce qui se joue dans la période d'un point de vue politique ?
00:01:01Alors, je vais peut-être d'abord vous surprendre. Je vais commencer par dire que je crois que même nous,
00:01:06les parlementaires, on a de plus en plus de mal à comprendre et en tout cas à affirmer ce qui
00:01:11va se passer
00:01:12ou ce qui ne va pas se passer. Mais bon, en tout cas, je crois que pour que chacun puisse
00:01:16le comprendre,
00:01:17on est dans une réalité aujourd'hui politique. Il y a eu des élections législatives en juin et juillet 2024.
00:01:23Ceux qui ont perdu sont encore au pouvoir. Et forcément, ça ne marche pas.
00:01:28Je vais le dire très simplement, mais comme ça. C'est-à-dire que dans aucun pays, en tout cas,
00:01:33qui se décrète comme étant une démocratie, celui qui perd les élections est encore au pouvoir un an après.
00:01:38Or, Sébastien Lecornu est le prototype de la Macronie. Et ça, il n'y a pas de débat.
00:01:46Et donc, on est dans une difficulté. C'est qu'effectivement, il y a eu un projet de loi de
00:01:49finances,
00:01:50mais Sébastien Lecornu a annoncé qu'il ne ferait pas le 49-3. Mais comme il n'a pas donné
00:01:54de cap,
00:01:55il y a eu un budget qui, entre guillemets, est le fruit du hasard, sans construction.
00:02:00Donc, je ne reviens pas effectivement sur ce que nous, nous avons dénoncé sur le caractère austéritaire,
00:02:04mais qui, du coup, est le fruit du hasard. Et à la fin, à la grande surprise générale,
00:02:08en tout cas, pour ma part, c'est une première, on se retrouve avec un seul gars qui lève la
00:02:13main
00:02:14et qui vote pour la première partie de ce projet de loi de finances.
00:02:18Ça pose deux choses, quand même. Tout d'abord, contrairement à ce qu'affirme le Premier ministre,
00:02:21c'est un échec cuisant de sa méthode, puisque, soi-disant, la méthode devait nous permettre d'y arriver.
00:02:27Et c'est pas le cas.
00:02:42Je ne veux pas en rajouter dans l'inquiétude, suite à la chronique d'avant,
00:02:46mais le Sénat fera un budget de droite, mais bien de droite, comme il vient de le faire sur le
00:02:52budget de la Sécurité sociale.
00:02:54Et ensuite, alors, bon, on ne va pas parler à la place des autres,
00:02:58je ne vois pas comment des groupes de gauche pourraient soutenir de tels budgets.
00:03:01Donc, effectivement, très certainement, il y aura une loi spéciale.
00:03:04Ce qui, d'ailleurs, doit un peu rassurer aussi chacun, pour le coup,
00:03:08on n'est pas comme aux États-Unis.
00:03:10À la fin du mois de décembre, tout le monde sera payé.
00:03:12Contrairement à ce qu'avait affirmé Elisabeth Borne l'an dernier, à peu près à la même époque,
00:03:17la carte vitale fonctionnera le 1er et le 2 janvier.
00:03:20Et donc, si jamais vous avez un accident, on va ouvrir vos huîtres dans la nuit du 31 décembre,
00:03:25il n'y a pas de problème, vous serez pris en charge.
00:03:26En revanche, on recommence le même bazar à partir du 15 janvier,
00:03:30puisqu'il faudra quand même, à un moment donné, qu'on vote un budget.
00:03:32Oui, puisque du coup, la loi spéciale, c'est juste, en fait, de faire en sorte de faire perdurer ce
00:03:37qui était déjà le cas.
00:03:38On perdure ce qui existe, on laisse perdurer ce qui a existé.
00:03:42On autorise l'État à percevoir les impôts et à payer les salaires.
00:03:47On se projette, on vous demandait justement, mais où est-ce qu'on va en finir ?
00:03:51Quel budget on aura ?
00:03:52Peut-être qu'on peut revenir aussi un tout petit peu en arrière sur la stratégie qu'on a pu
00:03:56voir,
00:03:56ce choc de stratégie à gauche.
00:03:57Il y a eu d'un côté, certains qui ont cru pouvoir infléchir la copie gouvernementale par le compromis, par
00:04:03exemple.
00:04:04D'autres qui ont choisi plutôt la confrontation face au projet austéritaire du gouvernement et de la droite.
00:04:10Vous, dans quel camp vous vous situez ?
00:04:12Vous vous êtes située justement pendant tous ces débats ?
00:04:15D'abord, je crois que le pire, c'est de se situer dans des camps
00:04:17et de s'enfermer dans des cases desquelles on ne peut pas sortir.
00:04:20Moi, je veux d'abord revenir parce que, je veux le redire, le Premier ministre n'a pas dit la
00:04:26vérité aux Français
00:04:28ni aux formations politiques.
00:04:29Après, certains ont voulu le croire parce que ça les arrange.
00:04:31Mais il ne peut pas y avoir de compromis quand il n'y a pas de ligne directrice.
00:04:36Parce qu'en fait, on ne met pas des gens dans une pièce en leur disant « vous négociez ».
00:04:40Mais on négocie à partir de quoi ?
00:04:42Deuxièmement, il a fait le choix d'imposer un texte initial, plus qu'une copie martyr,
00:04:47c'est le projet de budget pour la France, qui est d'une austérité sans précédent.
00:04:54Je sais, ça devient pénible parce que chaque année, quand on nous présente le texte budgétaire,
00:04:58les colonistes, on commence par dire « c'est un texte d'austérité sans précédent par rapport à celui de
00:05:02l'année dernière ».
00:05:02Mais si je dis ça, c'est qu'il faut s'imaginer, il faut additionner.
00:05:05C'est-à-dire que l'austérité s'additionne d'année en année.
00:05:09Il a ensuite voulu taxer l'ensemble de la gauche, d'ailleurs, je crois, en disant « il faut faire
00:05:14des compromis ».
00:05:15Mais la notion d'un compromis, si tant est qu'on puisse le faire avec un tel budget,
00:05:19et je fais partie de ceux qui pensent que ce budget-là ne permet pas les compromis.
00:05:24Parce qu'on commence par dire qu'il faut réduire la dépense publique,
00:05:27au lieu de dire de quelle recette on peut se doter pour satisfaire le besoin des Français.
00:05:32Donc j'ai envie de dire, dès le début, il y a quelque chose qui est vicié.
00:05:35Donc pas de compromis possible ?
00:05:37Mais en fait, pas de compromis possible.
00:05:38Alors une fois qu'on a dit ça, comme à chaque fois, comme sur chaque texte,
00:05:42les parlementaires, qu'on soit dans la majorité de l'opposition,
00:05:45ont fait des amendements, on arrive à faire passer des amendements,
00:05:49on arrive à, parfois, à amoindrir, je vais le dire ainsi, quelques coûts.
00:05:54Et c'est important, c'est notre rôle d'ailleurs.
00:05:57Mais on ne peut pas transformer un budget qui, dès le départ, dit
00:06:01« En fait, on va réduire les services publics, on va réduire le nombre de fonctionnaires,
00:06:05on va réduire l'aide aux communes, et après on verra. »
00:06:08Et surtout, on ne va pas toucher les riches, et on va faire même pire,
00:06:12et on l'a vu au Sénat cette semaine, sur la sécurité sociale,
00:06:15et en plus, les gens doivent être responsables, et on est tous à égalité.
00:06:18Mais non, en fait, on n'est pas tous à égalité,
00:06:20parce que personne ne décide d'être pauvre, personne ne décide d'être malade,
00:06:24ou alors on m'en présente, mais je n'en ai encore jamais rencontré.
00:06:27Justement, ça pose la question de la stratégie des socialistes aussi,
00:06:29parce qu'ils nous ont présenté un certain nombre d'avancées,
00:06:33comme des victoires, par exemple, le décalage de la réforme des retraites.
00:06:36Ils ont voulu faire la promotion du jeu parlementaire,
00:06:38je mets des guillemets, parce qu'ils ont cru au compromis,
00:06:42ou en tout cas, ils ont mimé de croire au compromis.
00:06:45Mais quand je vous écoute, c'était couru d'avance.
00:06:47Aujourd'hui, comment vous jugez la stratégie des socialistes, justement ?
00:06:51Écoutez, après, moi, je n'ai pas pour habitude de commenter
00:06:55ce que font les uns et les autres.
00:06:56Je crois que chacun doit maintenant s'en expliquer.
00:06:58Et finalement, les Français sont tous suffisamment intelligents
00:07:01pour en tirer les enseignements.
00:07:03Ce qui est évident, mais je ne sais pas ce que je l'ai dit,
00:07:05compris publiquement à plusieurs reprises,
00:07:08je pense que ce qui était proposé ne permettait pas
00:07:13de dégager quelque chose de progressiste.
00:07:16Comment vont-ils s'en sortir ?
00:07:17En fait, je crois qu'il faut même se poser la question.
00:07:19Comment vont-ils s'en sortir ?
00:07:20Personnellement, je ne sais pas.
00:07:21Le gouvernement ou les socialistes ?
00:07:22Les socialistes.
00:07:23Oui, vous avez raison.
00:07:25C'est tellement compliqué, il faut bien repréciser.
00:07:28Mais j'ai envie de vous dire, ce qui m'intéresse surtout,
00:07:30c'est qu'est-ce qui va ressortir comme capacité d'espoir
00:07:34pour que les gens aient envie de changer la réalité ?
00:07:36Moi, ce que je constate quand même depuis maintenant trois mois,
00:07:39c'est que les gens sont dégoûtés, sont en colère,
00:07:45voire n'en ont plus rien à faire.
00:07:47Et c'est presque ça le pire.
00:07:48Et ça, ça fait quoi ?
00:07:49Ça, ça fait le jeu de l'extrême droite.
00:07:50Et on a été un certain nombre à vous dire.
00:07:52Chaque heure qui passe, bientôt, est un député du Rassemblement national en plus.
00:07:58Franchement, je veux bien me tromper,
00:08:00mais moi, je n'ai rencontré personne qui m'a dit,
00:08:02écoutez, Mme Kukerman, vous êtes communiste,
00:08:05vous êtes présidente du groupe communiste.
00:08:07On a un petit doute sur le fait que vous n'allez pas voter contre le budget.
00:08:10C'est-à-dire qu'en fait, c'est quelque chose de normal en démocratie.
00:08:13Quand on est en opposition, on va te comprendre.
00:08:15Je pense qu'il faut qu'on a rendu compliquées des choses qui ne sont pas simples,
00:08:21mais en plus, on a amplifié le caractère complexe.
00:08:24Donc, je pense que l'issue va être tellement complexe
00:08:30qu'effectivement, personne ne pourra voter ce budget,
00:08:32il y aura une loi spéciale.
00:08:33Et on va reprendre le débat au mois de janvier.
00:08:36Mais j'ai envie de dire, bien évidemment,
00:08:38à quoi jouent tous ces gens-là ?
00:08:40À gagner du temps.
00:08:41Et en fait, pour répondre à votre première question,
00:08:43quel est l'objectif de tout ça ?
00:08:44Ce n'est pas de trouver un budget pour la France.
00:08:46C'est de permettre à Sébastien Lecornu,
00:08:48qui aura été quand même le Premier ministre,
00:08:51qui aura été le temps le plus court de la Ve République,
00:08:54peut-être, non pas d'être le plus long,
00:08:56mais en tout cas de durer un peu plus longtemps que quelques heures.
00:08:58Et pour le coup, pour l'instant, ça marche.
00:09:02Voilà.
00:09:03Comme vous êtes, comme on l'a dit en introduction,
00:09:04la présidente du groupe communiste républicain, citoyen et écologiste Kanaki.
00:09:08Vous portez donc une attention particulière aux Outre-mer.
00:09:11Et donc, est-ce qu'elles sont les grandes perdantes du budget,
00:09:14comme il y a certaines voix qui peuvent le dénoncer ?
00:09:16Oui, mais moi, vous savez, je pense qu'il faut qu'on arrête.
00:09:19Je pense que les Outre-mer sont les oubliés.
00:09:21Les territoires ruraux sont les oubliés.
00:09:23Les quartiers de politique de la ville sont les oubliés.
00:09:25En fait, tous ceux qui ne sont pas dans une forme de norme,
00:09:29de moule et où tout va bien,
00:09:30en fait, pourquoi ils sont les oubliés ?
00:09:32Et les Outre-mer plus particulièrement ?
00:09:33Les Outre-mer sont les oubliés, comme d'autres territoires,
00:09:37parce qu'en fait, on n'est pas dans un budget qui vise à redistribuer
00:09:40et à asseoir l'égalité,
00:09:43c'est quand même un des fondements de la République,
00:09:45et à asseoir l'égalité comme un principe politique.
00:09:48Donc, effectivement, et j'ai entendu,
00:09:50et la question des Outre-mer est assez...
00:09:52Moi, j'ai entendu compris des collègues dire,
00:09:54non, mais même les Outre-mer, il faut qu'ils fassent un effort.
00:09:56Mais quoi, en fait, je pense que la situation en Outre-mer,
00:10:01la problématique de la vie chère est amplifiée
00:10:03par rapport à ce que nous vivons ici, dans l'Hexagone.
00:10:07Donc, je pense que c'est un révélateur, justement,
00:10:13cette maltraitance, je vais le dire ainsi, budgétaire des Outre-mer.
00:10:17C'est-à-dire que, comme on veut faire des économies,
00:10:20bien, quand on fait des économies de cette ampleur-là,
00:10:22ce sont les plus faibles qui trinquent.
00:10:24Donc, c'est les pauvres, c'est les territoires éloignés.
00:10:28En fait, c'est tous ceux qui ont besoin de l'État.
00:10:31C'est quand même beau, quoi, moi, je pense,
00:10:33d'avoir un État qui vient aux côtés des plus pauvres
00:10:35et de ceux qui en ont besoin.
00:10:36Donc, tous ceux qui en ont besoin,
00:10:38c'est ceux qui deviennent les grands perdants de ce budget.
00:10:42Justement, vous parlez de territoire et de maltraitance.
00:10:45Il y a des demandes d'économies concrètes
00:10:48faites, justement, aux collectivités.
00:10:50On est à près de 5 milliards d'euros, on va dire.
00:10:53En tout cas, dans la fourchette basse, évidemment.
00:10:56Et dans le même temps, Sébastien Le Gornu parle de décentralisation,
00:10:58d'actes de décentralisation.
00:11:00Donc, décentraliser avec moins d'argent,
00:11:02qu'est-ce que ça vous inspire ?
00:11:03D'abord, ça ne marche pas.
00:11:04Mais je crois qu'il faut se le dire très tranquillement.
00:11:09D'abord, les collectivités, aujourd'hui,
00:11:11donc les communes, les départements, les régions,
00:11:14aujourd'hui, ça représente, en moyenne,
00:11:1770% de l'investissement public.
00:11:19Ça veut donc dire que l'argent qui, aujourd'hui, dans le budget,
00:11:22est attribué aux communes, aux départements et aux régions,
00:11:25ce sont autant à près de l'investissement
00:11:27qui créent de l'emploi,
00:11:28qui permettent aux entreprises de fonctionner
00:11:30et qui répondent aux besoins des gens, surtout.
00:11:32Parce que, quand on construit un collège,
00:11:34ce n'est pas juste pour se faire plaisir.
00:11:35C'est parce qu'on a besoin que nos jeunes
00:11:37soient dans des bonnes conditions d'apprentissage.
00:11:41Et faire une décentralisation en réduisant ces moyens-là,
00:11:44on risque encore d'avoir un phénomène inverse.
00:11:46C'est-à-dire qu'en fait, l'État finit de mettre sous tutelle
00:11:49pour aller vite les collectivités.
00:11:51Et du coup, ce n'est plus une décentralisation.
00:11:54Le principe de la décentralisation,
00:11:55c'est de donner du pouvoir à l'échelon local.
00:11:57Et c'est pour ça que les communistes,
00:11:58nous l'avons toujours défendu.
00:11:59Parce que nous sommes convaincus
00:12:00que c'est dans la proximité à l'échelon local
00:12:02que l'on peut faire de la politique
00:12:03et redonner en forme de lien entre les citoyens.
00:12:06Mais si demain, il n'y a pas les moyens,
00:12:09vous aurez des communes qui vont gérer je ne sais quoi.
00:12:11D'ailleurs, le rôle d'une commune,
00:12:13ce n'est pas simplement de faire des mariages
00:12:16et d'enregistrer des naissances ou des décès.
00:12:18C'est avant tout de répondre aux besoins des gens.
00:12:21On avait aussi envie, évidemment, Cécile,
00:12:24de parler avec vous de l'actualité
00:12:27de la stratégie du Parti communiste français
00:12:29par rapport à un certain nombre de sujets.
00:12:31En dehors du budget, il y a en fait société
00:12:33qui a marqué l'actualité ces derniers jours.
00:12:35C'est bien sûr le meurtre à Marseille
00:12:37de Médic SSI par des trafiquants de drogue.
00:12:39Lors du meeting du Parti communiste
00:12:41dans cette ville dimanche 23 novembre dernier,
00:12:44la sécurité est naturellement revenue dans le discours.
00:12:48Fabien Roussel, le secrétaire national du Parti communiste,
00:12:51a évoqué le besoin d'un retour urgent
00:12:52des services publics dans les quartiers,
00:12:54et notamment la police et la justice.
00:12:57Vous êtes de celleux qui pensent
00:12:58que la gauche a déserté la question de la sécurité ?
00:13:03Je vais répondre très sincèrement.
00:13:05Je ne sais même pas si elle l'a déserté.
00:13:07Je pense qu'elle l'a à un moment donné sous-estimé
00:13:09au cours des dernières décennies.
00:13:10Et que du coup, nous avons, mais collectivement,
00:13:14et dans le nous, bien évidemment, je m'en inclue,
00:13:15on a une forme malin où on court un peu derrière,
00:13:18parce que pour le coup, on a une droite qui a,
00:13:20et une extrême droite qui a surinvesti
00:13:22ce débat de la sécurité,
00:13:24et pas forcément avec une logique
00:13:26d'apporter de la sécurité à chacun,
00:13:29mais plutôt une sécurité qui divise,
00:13:31qui stigmatise, etc.
00:13:34Et donc, il y a eu pendant des années
00:13:36une forme de malaise, etc.
00:13:38Je pense qu'on y revient,
00:13:39mais on n'y revient pas pour faire la course à l'échalote.
00:13:41Et de toute façon, si on fait ça, ça ne sert à rien,
00:13:44ça ne marchera pas, on ne le fera jamais.
00:13:46Mais pour dire, effectivement,
00:13:48parce que nous avions défendu,
00:13:50alors ça nous ramène quelques années en arrière,
00:13:52mais au moment de la gauche plurielle,
00:13:56l'établissement d'une police de proximité,
00:13:58c'est-à-dire d'une police qui n'est pas là
00:13:59simplement pour sanctionner,
00:14:01mais qui est aussi là pour simplement
00:14:03faire de la tranquillité publique.
00:14:04Et dans ce simplement, c'est déjà beaucoup.
00:14:07Et parce que, si je regarde sur les dernières années,
00:14:11quand il y a des difficultés,
00:14:14quand il y a des émeutes,
00:14:16ceux qui ont leur voiture qui crament,
00:14:18ceux qui n'ont pas de bus le lendemain matin
00:14:19parce que le bus a été cramé,
00:14:21ce n'est pas ceux qui habitent les beaux quartiers.
00:14:23Donc oui, je pense que la sécurité, elle est importante.
00:14:25Fabien Roussel propose l'embauche
00:14:27de 60 000 policiers supplémentaires.
00:14:30Mais c'est pour ça...
00:14:30Après, ce que vous appelez les émeutes,
00:14:32c'est aussi ce que d'autres appellent des révoltes.
00:14:34Fabien Roussel, par exemple,
00:14:36au moment de Naël,
00:14:37qui sont les dernières grandes révoltes qu'il y a eues,
00:14:38avait dit qu'il condamnait tout ça.
00:14:40Et en même temps,
00:14:41c'est des violences qui étaient aussi...
00:14:43qu'une partie de la gauche comprenait aussi,
00:14:45parce que c'était des personnes
00:14:46qu'on n'écoutait jamais, etc.
00:14:47Et donc c'était...
00:14:49Est-ce que la solution,
00:14:50là, dans ce cas-là,
00:14:51de la police qui vient pour maintenir un ordre,
00:14:53finalement, aussi,
00:14:55défendre les intérêts de la bourgeoisie,
00:14:56c'est aussi une...
00:14:57Non, mais d'abord, je n'ai pas dit ça.
00:14:59Et je pense qu'on peut convoquer
00:15:00tous les grands principes.
00:15:02La première chose,
00:15:02c'est qu'une police de proximité,
00:15:04c'est permettre aux gens de bien vivre.
00:15:05Donc on peut quand même se dire
00:15:06que si les gens vivent bien,
00:15:07effectivement, il n'y a pas d'émeute.
00:15:09Et deuxièmement,
00:15:10la notion de révolte,
00:15:11c'est quelque chose qui s'organise,
00:15:13avec une perspective.
00:15:14Donc il y a eu, effectivement,
00:15:15le premier soir de la mort de Naël,
00:15:18l'expression d'un désespoir
00:15:19et d'une colère,
00:15:20et que l'on peut comprendre.
00:15:21Ça ne veut pas dire, d'ailleurs,
00:15:23qu'on se dise que c'est la meilleure manière
00:15:25de s'exprimer dans ce pays
00:15:26si on veut construire
00:15:27un avenir meilleur pour tous.
00:15:29Et dans les jours qui m'ont suivi...
00:15:30Non, non, mais...
00:15:30Et dans les jours...
00:15:31Mais non, mais d'accord.
00:15:32Mais quand personne ne vous écoute,
00:15:34vous ne vous immolez pas
00:15:35par le feu en plein milieu
00:15:36pour qu'on vous regarde.
00:15:37Donc en fait, la question,
00:15:39elle est quelle construction collective
00:15:40on apporte.
00:15:41Et on le sait.
00:15:42Et moi, vous savez,
00:15:43dans le département de la Loire, d'ailleurs,
00:15:44c'est assez évocateur,
00:15:46ce qui s'est passé.
00:15:47On a été attaqué des mairies.
00:15:49Voilà.
00:15:49Deux mairies communistes
00:15:51qui sont celles qui font le plus
00:15:53en termes de conseils de quartier,
00:15:54de qualité d'écoute.
00:15:55Donc je pense que la problématique,
00:15:57à un moment donné, bien évidemment.
00:15:59Et on le sait aussi
00:15:59qu'il y a eu de la récupération, etc.
00:16:02Et donc, on peut se dire que le rôle...
00:16:03Mais ce n'est pas ce pli aussi
00:16:04au cadrage médiatique, etc.
00:16:06Non, non, mais il n'y a pas
00:16:07de cadrage médiatique,
00:16:08y compris toutes les études le montrent.
00:16:10Les réseaux sociaux ont beaucoup joué sur ça.
00:16:12Non, mais moi, je pense
00:16:13qu'il faut savoir dénoncer, effectivement,
00:16:15quand il y a un ordre établi
00:16:16qui vise à mettre sous chape de plomb
00:16:19une société,
00:16:20qui vise à opposer les gens,
00:16:21qui peut parfois, à des moments,
00:16:24et malheureusement trop souvent,
00:16:25y compris, faire des actes de violence
00:16:27alors qu'elle est là pour protéger les gens.
00:16:29Et donc ça,
00:16:30et la nécessité d'une police républicaine.
00:16:33Parce que sinon,
00:16:34on a un double discours.
00:16:36Et très sincèrement,
00:16:38personne,
00:16:39dans ceux qui ont vécu
00:16:40dans ces quartiers-là,
00:16:41n'ont applaudi des deux mains
00:16:42ce qui s'est passé
00:16:43au mois de juin 2023.
00:16:44Je vous propose,
00:16:45pour rester bien factuel,
00:16:47de réécouter ce que Fabien Roussel
00:16:49a dit ce week-end.
00:16:50Ce ne sont pas quelques millions d'euros
00:16:52en plus qu'il faut au ministère
00:16:54de l'Intérieur et de la Justice.
00:16:56C'est 2,5 milliards d'euros
00:16:57de crédit supplémentaire
00:16:59dont nous avons besoin
00:17:00pour embaucher ces 60 000 agents,
00:17:03pour former,
00:17:04pour faire en sorte
00:17:05qu'il y ait plus de douaniers,
00:17:06plus de gardiens de la paix,
00:17:08plus de magistrats dans la République.
00:17:10C'est 2,5 milliards que nous voulons.
00:17:12Et dès maintenant,
00:17:13voilà ce que nous exigeons
00:17:14de la République.
00:17:15Et j'en profite pour dire
00:17:17que nous apportons
00:17:18tout notre soutien
00:17:20aux enquêteurs,
00:17:22aux forces de l'ordre,
00:17:23aux magistrats
00:17:24qui se battent
00:17:25contre cette mafia
00:17:26avec si peu de moyens.
00:17:27Et nous,
00:17:28jamais nous ne dirons
00:17:30tout le monde déteste la police,
00:17:31nous, nous les soutenons.
00:17:33Et nous voulons
00:17:34des gardiens de la paix
00:17:35au service du peuple,
00:17:36pour le peuple
00:17:37et avec le peuple.
00:17:38Fabien Roussel
00:17:39qui parle de moyens
00:17:41en plus,
00:17:42mais aussi de soutien.
00:17:43Mais il y a d'autres façons
00:17:43de parler de la police
00:17:45et de toutes les questions
00:17:46qui peuvent être
00:17:46autour de cette question-là
00:17:48en ce moment.
00:17:49Notamment en parlant
00:17:49de formation.
00:17:50Vous avez dû le voir,
00:17:52ces vidéos
00:17:52qui ont été révélées
00:17:53par Libération
00:17:54et par Mediapart
00:17:55autour de Sainte-Solines
00:17:56où on voit
00:17:57certains abus
00:17:58pour rester mesurés.
00:18:00Pourquoi ce choix
00:18:01de ne pas parler
00:18:02de formation ?
00:18:03Et quelle est la ligne
00:18:04du Parti communiste
00:18:05justement
00:18:05sur la question
00:18:06du besoin
00:18:07de formation
00:18:09que ce soit
00:18:09des policiers
00:18:10comme des gendarmes ?
00:18:11D'abord,
00:18:12vous savez,
00:18:13dans un meeting,
00:18:13on ne peut pas tout dire.
00:18:14Je ne sais pas
00:18:15si vous êtes adhérent
00:18:16au Parti communiste français,
00:18:17mais vous avez en tout cas
00:18:18le même comportement.
00:18:19C'est-à-dire que
00:18:20quand on sort d'un meeting,
00:18:21on commence par vous dire
00:18:21tout ce que vous n'avez pas dit.
00:18:23Deuxièmement,
00:18:24il y a des milliers d'exemples
00:18:25où l'on demande la formation.
00:18:28Je crois que d'ailleurs,
00:18:28ce qu'il a voulu dire,
00:18:29d'ailleurs,
00:18:29il ne dit pas
00:18:30qu'il faut plus de police
00:18:31avec des matraques
00:18:32pour aller casser la gueule
00:18:33aux gens.
00:18:33Non, mais parce que
00:18:34parfois,
00:18:35à force de tout mélanger,
00:18:37il dit
00:18:37que nous soutenons
00:18:39une police
00:18:40qui protège
00:18:41les Français.
00:18:42Alors ensuite,
00:18:43je vais vous dire
00:18:44pourquoi il ne l'a pas dit.
00:18:44Vous savez quoi ?
00:18:45Vous l'appelez ?
00:18:45Moi, j'en sais rien.
00:18:46Ce n'est pas moi
00:18:46qui a écrit son discours.
00:18:48Mais là,
00:18:48on est vraiment
00:18:49sur la position
00:18:49du Parti communiste français
00:18:51sur le fait de réformer.
00:18:52Je veux dire,
00:18:52d'abord,
00:18:54nous avons à l'Assemblée nationale
00:18:55et au Sénat interpellé
00:18:56le ministre de l'Intérieur
00:18:57suite aux révélations
00:18:59sur l'affaire de Sainte-Soline.
00:19:00Je parle des parlementaires communistes.
00:19:03Donc, je veux dire,
00:19:04il n'y a pas de...
00:19:05Moi, je pense qu'il faut arrêter.
00:19:07Il n'y a pas d'un côté
00:19:07la répression,
00:19:09d'un côté la formation.
00:19:10Justement, ça,
00:19:11c'est ce qui a tué la gauche
00:19:11sur ces questions-là,
00:19:12je pense.
00:19:13Donc, il y a un moment donné,
00:19:14oui, bien sûr qu'il y a besoin
00:19:15de formation.
00:19:15Vous aviez précédemment
00:19:17toute la question
00:19:18autour des violences faites aux femmes
00:19:20et des violences sexistes.
00:19:22Moi, vous savez,
00:19:23quand j'ai été conseillère régionale,
00:19:24je me suis battue
00:19:25pour qu'il y ait des formations
00:19:26sur la question du premier accueil,
00:19:28c'est-à-dire quand on est victime
00:19:31et qu'on vient porter plainte.
00:19:32On peut se dire objectivement,
00:19:34me semble-t-il,
00:19:35qu'en 15 ans,
00:19:37il y a eu un bouger
00:19:38et ce n'est pas parfait
00:19:39et je sais au combien
00:19:41et j'ai en tête
00:19:41un certain nombre,
00:19:42y compris de commissariat,
00:19:43de gendarmerie,
00:19:44où il y a encore...
00:19:44Donc, voilà,
00:19:45je n'ai aucun problème.
00:19:46Donc, oui,
00:19:47il y a besoin de formation,
00:19:48mais il y a aussi,
00:19:49pour revenir,
00:19:50compris sur l'affaire
00:19:51de Sainte-Soligne,
00:19:53il y a aussi besoin de moyens
00:19:54parce que vous pouvez former
00:19:55tous les policiers
00:19:56que vous voulez.
00:19:58Quand on est face
00:19:59à une profession
00:19:59qui n'est même plus
00:20:00en capacité
00:20:01de prendre quelques heures
00:20:03de répit
00:20:05qui ont des jours de congé
00:20:06qui s'entassent,
00:20:08à un moment donné,
00:20:09vous avez des policiers...
00:20:11Sainte-Soligne,
00:20:11il y avait quand même
00:20:12des discours
00:20:12où ils voyaient le peuple
00:20:13comme un ennemi
00:20:14et c'était clair...
00:20:15Est-ce que je vous ai dit
00:20:16le contraire ?
00:20:16Non, non, mais...
00:20:17Ce que je veux vous dire,
00:20:20c'est par rapport
00:20:21au programme
00:20:21qu'on essaye
00:20:21de vous demander
00:20:22pour le programme
00:20:23du Parti communiste.
00:20:24Justement,
00:20:26est-ce qu'il faudrait
00:20:26réformer la police ?
00:20:27Est-ce qu'il faudrait...
00:20:28Oui, mais d'ailleurs,
00:20:28on l'a déjà dit.
00:20:29Non, mais je veux dire,
00:20:30c'est bon,
00:20:30je redis...
00:20:43On aimerait...
00:20:45Donc, voilà,
00:20:46je vais pouvoir suivre
00:20:47les textes sur sécurité.
00:20:47Le meeting était sur le thème
00:20:48de la sécurité,
00:20:49pour grande partie.
00:20:50Le discours était sur la sécurité
00:20:52et sur la question...
00:20:53D'abord, sur la paix
00:20:54et la question du narcotrafic,
00:20:56le discours n'était pas
00:20:57sur quelle police
00:20:58faut-il en France aujourd'hui.
00:20:59Mais cette phrase,
00:21:00elle interpelle aussi
00:21:01quand on entend
00:21:02Fabien Roussel dire
00:21:03« Jamais nous ne dirons
00:21:04que tout le monde déteste
00:21:05la police,
00:21:05nous nous la soutenons. »
00:21:07Il y a quand même
00:21:08une absence absolue
00:21:09de nuance.
00:21:09Il y a tout un monde
00:21:10entre « on déteste la police »
00:21:11et de l'autre côté
00:21:12un soutien absolu.
00:21:12Oui, c'est des effets de manche,
00:21:13mais j'ai envie de vous dire,
00:21:14vous avez reçu suffisamment
00:21:15de gens ici
00:21:15qui en font tous les jours
00:21:16et que personne ne reprend
00:21:18et qui sont parfois
00:21:19tous dans l'excès.
00:21:20Donc, si vous voulez,
00:21:20oui,
00:21:22mais effectivement,
00:21:23on ne peut pas dire
00:21:24que tout le monde déteste
00:21:25la police.
00:21:26Voilà,
00:21:26parce que ce n'est pas vrai
00:21:27d'abord.
00:21:28Deuxièmement,
00:21:29on ne peut pas dire
00:21:30qu'on n'en a pas besoin.
00:21:32Et quand on a dit ça,
00:21:33ça ne veut pas dire
00:21:34que la police actuelle,
00:21:36tout va bien
00:21:36et qu'il n'y a rien
00:21:37à y faire
00:21:38et que, compris,
00:21:40il n'y a pas au-delà
00:21:42même de la question
00:21:42de la police
00:21:43à poser la question
00:21:46de l'action sociale,
00:21:47de la protection
00:21:48de l'enfance,
00:21:49de la vie dans les quartiers
00:21:50qui ne se traduit pas
00:21:52uniquement,
00:21:53bien évidemment,
00:21:53par une présence policière
00:21:54et que la vraie difficulté,
00:21:56et il le dit un peu plus loin,
00:21:58c'est aussi
00:21:58que dans ces quartiers-là,
00:21:59les services publics
00:22:01en sont partis
00:22:01et qu'il n'y a plus rien.
00:22:02Là où il y avait avant
00:22:03de la capacité
00:22:05à vivre ensemble.
00:22:05Quand les gens
00:22:06ne vivent plus ensemble,
00:22:07ben oui,
00:22:08ça ne se passe pas bien.
00:22:08Je précise,
00:22:09juste avant,
00:22:10vous parliez
00:22:11de police de proximité,
00:22:12etc.,
00:22:12mais il y a quand même
00:22:12un vocabulaire
00:22:13qui a été employé
00:22:14par Fabien Roussel
00:22:15qui est particulier
00:22:16qui dit
00:22:16on va faire la guerre
00:22:18au narcotrafic.
00:22:18On n'est pas vraiment
00:22:19dans la police de proximité, là.
00:22:20Oui, mais quoi,
00:22:21je pense que tout le monde,
00:22:22quand on peut tous être naïf,
00:22:23la question du narcotrafic,
00:22:25on n'est pas comme il y a 20 ans
00:22:28quand on parlait des dealers.
00:22:29Le narcotrafic,
00:22:31c'est aujourd'hui
00:22:32une organisation
00:22:33qui infiltre
00:22:34tous les niveaux de l'État.
00:22:35Aujourd'hui,
00:22:36vous avez des agents
00:22:38sur les ports
00:22:38qui vont travailler
00:22:40la boule au ventre
00:22:41et tout autant syndicalistes
00:22:43qu'ils peuvent être
00:22:44le reste du temps.
00:22:45Vous avez aujourd'hui
00:22:46des douaniers,
00:22:47vous avez des magistrats,
00:22:48c'est-à-dire que,
00:22:49bien évidemment,
00:22:49nous ne sommes pas
00:22:50un État d'Amérique latine.
00:22:51Mais aujourd'hui,
00:22:52nous avons,
00:22:52et quand nous avons examiné
00:22:53le projet de loi
00:22:54sur le narcotrafic
00:22:55il y a maintenant
00:22:56un peu plus d'un an
00:22:57au Parlement,
00:22:59les témoignages
00:23:00sont édifiants
00:23:02et inquiétants.
00:23:03Donc oui,
00:23:04et moi,
00:23:05je ne veux pas d'un monde
00:23:06parce que le narcotrafic,
00:23:07demain,
00:23:08c'est aussi la corruption
00:23:09et il n'y a qu'un pas
00:23:10pour arriver au narco-État.
00:23:12Et ça,
00:23:12je pense que ce n'est pas
00:23:13le mieux
00:23:14que les Françaises
00:23:15et les Français ont besoin.
00:23:16Toujours sur la question.
00:23:17L'autre grand sujet
00:23:19de ce meeting,
00:23:20c'était le travail.
00:23:21Et votre slogan,
00:23:22c'est d'ailleurs
00:23:23le parti pris
00:23:24du travail et de la paix.
00:23:25Alors pourquoi vouloir
00:23:26être le parti du travail
00:23:27et pas celui des travailleurs
00:23:29dans un système
00:23:29néolibéral ?
00:23:31Parce que,
00:23:31écoutez,
00:23:32c'est une formule.
00:23:33Moi,
00:23:33après,
00:23:33excusez-moi,
00:23:34je ne suis pas non plus venue là
00:23:35pour faire,
00:23:36d'abord,
00:23:37je ne suis pas la porte-parole,
00:23:38je ne suis pas la défenseuse
00:23:39plutôt de Fabien Roussel.
00:23:40s'il y a des formules
00:23:42que vous avez...
00:23:43Parce que c'est le slogan
00:23:44qui a été choisi
00:23:45parce qu'il y a...
00:23:46Mais c'est un choix
00:23:47que ce soit travail
00:23:48et pas travailleur ?
00:23:49Non,
00:23:49mais vous pensez vraiment
00:23:50qu'on se pose
00:23:50toutes ces questions ?
00:23:51Mais à part celui
00:23:51qui veut désigner
00:23:52les communistes,
00:23:53en fait,
00:23:53personne ne se pose
00:23:54ces questions.
00:23:54pas du tout,
00:23:55c'est pas du tout ça.
00:23:55Mais oui,
00:23:56si,
00:23:56c'est ça.
00:23:57Parce que là,
00:23:57en fait,
00:23:58si vous voulez,
00:23:58depuis tout à l'heure,
00:23:59vous essayez de trouver
00:24:00ce qui ne va pas.
00:24:01Ce qui est quand même
00:24:03impressionnant,
00:24:04c'est que moi,
00:24:04vous voyez,
00:24:10il y a ceux
00:24:11qui ont besoin
00:24:12d'avoir un meilleur salaire,
00:24:14etc.
00:24:15Donc oui,
00:24:15on parle du travail
00:24:16comme on parle de la paix,
00:24:18mais on n'a pas dit
00:24:19les travailleurs
00:24:20et les pacifistes.
00:24:20Vous avez raison.
00:24:21Puisque l'intelligence française,
00:24:23UTT,
00:24:24si on nous dit
00:24:24l'un,
00:24:25de changer l'autre.
00:24:25Donc je crois...
00:24:26C'est sûr que Carmen,
00:24:27nous,
00:24:27on essaie juste
00:24:28de faire notre travail
00:24:29à aucun moment.
00:24:30Moi, je vous réponds,
00:24:31je n'ai pas la compétence
00:24:32d'être une analyste
00:24:34de la communication.
00:24:35Donc si la communication,
00:24:36j'ai envie de vous dire,
00:24:37du Parti communiste français,
00:24:38vous surprend,
00:24:39je vous invite
00:24:40à inviter
00:24:41le responsable
00:24:42de la communication
00:24:42et à poser...
00:24:43C'est pas sur le titre.
00:24:44Là, on vous demande juste...
00:24:46Non, mais moi,
00:24:46je ne me pose pas
00:24:47toutes ces questions.
00:24:48C'est si le que Carmen,
00:24:48là, on vous demande juste
00:24:49des précisions
00:24:50sur ce que nous,
00:24:51on peut comprendre,
00:24:52mais à aucun moment,
00:24:53il n'y a la volonté
00:24:54de dézinguer
00:24:54qui que ce soit,
00:24:55que ce soit vous
00:24:55ou quelqu'un d'autre.
00:24:57Donc on poursuit
00:24:57vraiment très tranquillement.
00:24:58Non, mais je ne dis pas
00:24:59que c'est la volonté,
00:24:59mais je ne suis pas non plus naïve,
00:25:01on vit tous dans le même monde.
00:25:02Donc je sais aussi
00:25:03ce qui se dit
00:25:03sur certains réseaux sociaux,
00:25:04je sais comment
00:25:05tout ceci est interprété,
00:25:06je sais comment après
00:25:07cela me revient.
00:25:08Donc ces questions-là,
00:25:10elles ne viennent pas...
00:25:11Il n'y a pas de spontanéité
00:25:13dans la vie.
00:25:13Donc il y a la volonté
00:25:14de regarder
00:25:15et de commencer à se dire...
00:25:17Donc pourquoi est-ce
00:25:17qu'on a mis travail
00:25:18et pas travailleur ?
00:25:19Vous savez quoi ?
00:25:20Je n'en sais rien.
00:25:20Et en plus,
00:25:21c'est le dernier de mes problèmes
00:25:22parce que je pense
00:25:23que la vie des gens
00:25:24mérite mieux que ça.
00:25:25Le slogan, en fait,
00:25:26c'était pour vous faire parler
00:25:28de quelque chose,
00:25:28justement, de plus profond.
00:25:30La question, effectivement,
00:25:31c'est le choix du slogan.
00:25:32Donc voilà.
00:25:33Mais en fait, plus loin,
00:25:34ça pose plusieurs questions aussi
00:25:37parce qu'on revoit...
00:25:37On voit qu'il y a, par exemple,
00:25:38la valeur travail,
00:25:39qui est quelque chose
00:25:39que André Chassaigne
00:25:41en a parlé.
00:25:41C'est quelque chose
00:25:42qui revient beaucoup.
00:25:42Souvent, d'habitude,
00:25:43on associe plutôt à la droite.
00:25:45Mais en fait,
00:25:46de mettre en avant
00:25:47le côté du travail
00:25:49et qui pourrait mettre aussi...
00:25:51Écarter un petit peu,
00:25:52on va dire,
00:25:52les personnes qui sont éloignées
00:25:53du travail,
00:25:54comme les personnes
00:25:54qui sont au chômage,
00:25:55au RSA.
00:25:56Il y avait eu un petit peu
00:25:57cette phrase sur la gauche
00:25:58des Allocs
00:25:58qui avait été prononcée à l'UMA.
00:26:01Et donc,
00:26:02est-ce que ça ne divise pas aussi
00:26:03les personnes qui sont éloignées
00:26:04de l'emploi,
00:26:05les personnes qui ont de travail
00:26:06et d'avoir ce...
00:26:08Écoutez, moi,
00:26:08d'abord,
00:26:08les gens que je rencontre
00:26:09qui sont éloignés de l'emploi,
00:26:10leur première priorité,
00:26:11c'est d'avoir un travail.
00:26:13Contrairement à ce que la droite...
00:26:13Mais ils ont besoin
00:26:14d'avoir des aides aussi ?
00:26:16Contrairement à ce que...
00:26:16Bien sûr,
00:26:17ils ont besoin d'aide,
00:26:17mais contrairement à ce que
00:26:18la droite raconte,
00:26:20les gens qui sont éloignés
00:26:21du travail,
00:26:22ils ne sont satisfont pas
00:26:23et ils n'ont pas envie
00:26:23de rester éloignés du travail.
00:26:25Et moi,
00:26:25mon combat politique,
00:26:26c'est que chacun
00:26:27est un travail.
00:26:28Et quand on défend le travail,
00:26:30c'est pour que tout le monde
00:26:31en ait un.
00:26:31Donc là aussi,
00:26:32on peut jouer après
00:26:33sur les formules
00:26:33et les raccourcis de phrases,
00:26:34mais personne au Parti
00:26:35communiste français
00:26:36dit qu'on ne va s'intéresser
00:26:38qu'à ceux qui travaillent
00:26:39et que les autres,
00:26:39ils n'ont qu'à crever
00:26:40la bouche ouverte.
00:26:41Deuxièmement,
00:26:41sur la valeur travail,
00:26:44je pense que c'est
00:26:46une vraie exigence,
00:26:47mais qui a toujours été portée
00:26:48par la gauche.
00:26:49On peut reprendre,
00:26:50y compris,
00:26:51les grandes pages de Jaurès
00:26:52en la matière,
00:26:53bien évidemment.
00:26:54Que la droite
00:26:55l'ait repris pendant un temps,
00:26:56qu'on ait à un moment donné
00:26:58une gauche qui s'en soit détournée,
00:27:00c'est une réalité.
00:27:02Mais moi,
00:27:02je continue de dire que oui,
00:27:04la valeur travail,
00:27:05la valeur travail,
00:27:06c'est ce qui permet
00:27:07de poser comme acte politique
00:27:09le fait que,
00:27:10dans une société,
00:27:11on a besoin d'assurer
00:27:14à toutes et à tous
00:27:15un travail
00:27:15et que celui qui n'en a pas,
00:27:17la société doit le protéger.
00:27:20Et sinon...
00:27:20Mais c'est vrai que la valeur travail,
00:27:21c'est très associée
00:27:22à ce Nicolas Sarkozy,
00:27:24c'est associé à la méritocratie.
00:27:27Sinon,
00:27:28on est dans une société moraliste
00:27:31et on n'est plus
00:27:32dans une république sociale.
00:27:33Et donc,
00:27:33dans cette société de néolibéral,
00:27:35on a besoin de...
00:27:35il est au cœur de la société.
00:27:37Bien sûr.
00:27:37Parce que par le travail,
00:27:38on se sociabilise,
00:27:39parce que par le travail,
00:27:40on crée des richesses.
00:27:41Mais dans le travail,
00:27:42on compte aussi
00:27:42le travail domestique, etc.
00:27:43Là, c'est vrai que c'est le travail,
00:27:44donc l'emploi,
00:27:45en fait,
00:27:45le marché du travail.
00:27:47Mais finalement,
00:27:48tout le monde travaille,
00:27:48les gens au chômage aussi,
00:27:49ils travaillent,
00:27:50le travail domestique, etc.
00:27:51Très bien.
00:27:52Et les retraités continuent de travailler,
00:27:54etc.
00:27:55On a dit ça,
00:27:56on n'a pas fait avancer le chemin public.
00:27:57Cependant,
00:27:58je pense que l'objectif,
00:28:00justement,
00:28:01est de poser la nécessité
00:28:02d'avoir un travail
00:28:05pour tous.
00:28:06Parce que sinon,
00:28:07effectivement,
00:28:08la question est posée aujourd'hui.
00:28:09D'ailleurs,
00:28:10parce que la droite
00:28:11utilise cette expression,
00:28:12va leur travail,
00:28:13d'une manière
00:28:13complètement dévoyée.
00:28:15Et donc,
00:28:16quelle est la conséquence ?
00:28:17Bah oui,
00:28:18celui qui est au RSA,
00:28:18il peut faire un effort quand même.
00:28:20C'est presque de sa faute bientôt.
00:28:22Moi,
00:28:22je pense que le réaffirmer
00:28:23comme une valeur de gauche,
00:28:25c'est au contraire,
00:28:26asseoir toutes les solidarités
00:28:28qui en découlent
00:28:29quand on en est exclu.
00:28:31Non pas parce que,
00:28:32contrairement à ce que certains
00:28:33voudraient nous faire croire,
00:28:34c'est un choix
00:28:35et qu'on a envie de vivre des allocs
00:28:37parce que personne ne vit bien
00:28:39des allocs.
00:28:40Mais au contraire,
00:28:42d'une redistribution par la suite.
00:28:44Vous dites que tout le monde
00:28:44aspire à un travail.
00:28:45C'est vrai,
00:28:46mais pas n'importe quel travail.
00:28:47Et vous parliez tout à l'heure,
00:28:48quand on vous posait la question,
00:28:49que c'était juste une formule.
00:28:50Mais les mots ont un sens,
00:28:51surtout dans la lutte,
00:28:52surtout quand on est communiste.
00:28:54Et le problème,
00:28:55enfin moi,
00:28:55c'est le problème que je ressens
00:28:56quand j'entends le parti pris du travail,
00:28:58c'est que ça pose l'idée
00:28:59de défendre le travail tel qu'il est,
00:29:01n'importe quel travail,
00:29:02alors qu'on entend plutôt
00:29:03le communiste
00:29:03dans la défense du travail
00:29:05tel qu'il devrait être.
00:29:07Est-ce que ça pose quand même question,
00:29:09de ce côté-là,
00:29:09le travail tel qu'il devrait être
00:29:11pour assurer la dignité des travailleurs ?
00:29:12Oui, bien évidemment.
00:29:13D'ailleurs,
00:29:13on ne va pas revenir sur le débat
00:29:15sur la formation.
00:29:16Je pense que vous n'avez aucun communiste
00:29:19qui dit que tout va très bien au travail.
00:29:22Et donc, je vous redis,
00:29:22mais voilà,
00:29:24que réaffirmer que le travail
00:29:25est une valeur essentielle,
00:29:27ça veut dire quoi ?
00:29:28Ça veut dire y avoir accès,
00:29:29et ça veut dire s'y épanouir
00:29:30et avoir des conditions correctes
00:29:32et un salaire à la hauteur
00:29:33de ce qu'on fournit.
00:29:34Bon, voilà,
00:29:35donc on en revient quand même
00:29:36à ce que nous évoquions tout à l'heure.
00:29:38c'est un slogan.
00:29:40Donc forcément,
00:29:40d'abord,
00:29:41il est imparfait.
00:29:42C'est-à-dire que,
00:29:43alors je sais que le défaut
00:29:44des communistes souvent,
00:29:44c'est de vouloir faire
00:29:46en un tract d'une page
00:29:47l'équivalent de cinq.
00:29:48Donc c'est illisible.
00:29:50Donc je constate
00:29:51que quand on fait trop court,
00:29:52c'est aussi mal compris.
00:29:54Donc soit je crois
00:29:54qu'à un moment donné,
00:29:55on ne se...
00:29:57on regarde l'ensemble
00:29:59et rien aujourd'hui,
00:30:01rien aujourd'hui,
00:30:02personne ne peut laisser dire
00:30:04que les communistes
00:30:05se satisfont de la qualité
00:30:07du travail aujourd'hui en France.
00:30:09Alors justement,
00:30:09ces derniers temps,
00:30:10on débat à agiter
00:30:11la gauche française
00:30:12mais aussi à l'international,
00:30:14notamment depuis l'élection
00:30:15de Zoran Mamdani à New York.
00:30:17Celle entre assumer
00:30:19une radicalité claire
00:30:21justement pour aller,
00:30:22pour rassembler dans son camp
00:30:24ou plutôt d'ouvrir son discours
00:30:26pour conquérir une respectabilité
00:30:28au-delà du camp de la gauche.
00:30:30De ce côté-là,
00:30:31est-ce que le PCF a trouvé
00:30:32cette question entre radicalité
00:30:34et changer un petit peu
00:30:35son discours,
00:30:36l'atténuer peut-être
00:30:36pour aller conquérir
00:30:37d'autres parts de marché
00:30:39pour parler à un bon capitaliste ?
00:30:41D'abord,
00:30:41moi je parle au français,
00:30:44je ne parle pas aux parts de marché
00:30:45et j'ai cru comprendre
00:30:46qu'en tout cas,
00:30:46quand on l'atténue,
00:30:48ça vous titille.
00:30:49Donc je ne sais pas,
00:30:50je ne sais plus ce qu'il faut faire.
00:30:51D'où la question.
00:30:51Je vais ressortir en disant finalement
00:30:53et ouais,
00:30:54peut-être que bon.
00:30:55Moi, vous savez,
00:30:56je ne suis pas nostalgique du passé
00:30:57donc moi je pense
00:30:58non pas qu'il faut l'atténuer,
00:30:59je pense que
00:31:00pour rester très marxiste,
00:31:01il faut le mettre
00:31:03dans l'air du temps
00:31:04et c'est ça en fait.
00:31:06Bon, après c'est toujours compliqué
00:31:07parce que vous avez les tenants
00:31:08de la vérité absolue
00:31:10donc effectivement,
00:31:10dès que vous modifiez quelque chose,
00:31:11vous devenez un traître à la cause
00:31:14et donc vous n'êtes pas au niveau.
00:31:15Mais je pense qu'il faut quand même
00:31:16continuer comme ça.
00:31:17Ensuite,
00:31:18bon,
00:31:18la victoire du maire de New York,
00:31:20moi je pense que c'est d'abord,
00:31:22c'est une belle victoire
00:31:23parce que dans ce pays
00:31:24qui est totalement trumpéisé,
00:31:26ça donne un peu d'espoir
00:31:27de se dire que quand même,
00:31:28il n'y a pas que ça.
00:31:31Bon, après vous savez,
00:31:32vous pouvez être révolutionnaire
00:31:33dans le discours
00:31:33mais quand vous regardez bien
00:31:34le programme,
00:31:35on est quand même loin
00:31:36de la révolution,
00:31:37on est quand même loin du communisme.
00:31:38Oui, mais il a quand même réussi
00:31:39à convaincre au centre
00:31:40du parti démocrate
00:31:40qui est encore plus loin.
00:31:41Je suis d'accord,
00:31:42mais je vais dire,
00:31:43moi je ne me méprends pas
00:31:45de la remarque de Trump
00:31:46qui de toute façon
00:31:47taxe de communistes
00:31:48tous ses adversaires.
00:31:49Je n'ai pas de problème là-dessus.
00:31:51Et effectivement,
00:31:53mais d'ailleurs,
00:31:53c'est pour ça que c'est assez surprenant
00:31:54parce qu'il me semble,
00:31:56mais je peux me tromper,
00:31:57et qu'on a forcément une lecture
00:31:59des États-Unis
00:31:59qui est toujours faussée
00:32:00et on l'a eu d'ailleurs
00:32:02au moment de l'élection de Trump.
00:32:04Tout le monde avait parié
00:32:05qu'il ne serait pas élu.
00:32:06Finalement, il a été élu, etc.
00:32:08Parce que le mec est dingue.
00:32:09En vrai, voilà,
00:32:10il n'y a pas de sujet.
00:32:13Donc, oui, effectivement,
00:32:14ce que j'en ressens,
00:32:15c'est ce que j'en retire,
00:32:16c'est ce que vous dites.
00:32:17Il a, entre guillemets,
00:32:18c'est un personnage inattendu
00:32:20au sein des démocrates
00:32:22et très certainement,
00:32:24ça permet d'enclencher la dynamique
00:32:26et de faire basculer
00:32:27cette ville de New York,
00:32:28en tout cas, de l'apprendre.
00:32:31Après, c'est ce que je vous dis,
00:32:33il a un discours
00:32:35qu'on pourrait qualifier en France
00:32:37d'assez radical.
00:32:38Quand on regarde réellement le programme,
00:32:41j'écoutais,
00:32:42il y avait plusieurs,
00:32:43compris intellectuels de gauche,
00:32:45plutôt proche de nous
00:32:46qui le décortique.
00:32:48J'ai compris sur la question
00:32:49des supermarchés,
00:32:50vous savez, vous verrez tout.
00:32:51En fait, c'est 1 pour 400 000 habitants.
00:32:55Voilà, on n'est pas loin des émeutes,
00:32:56tout de même.
00:32:57Mais vous n'avez pas totalement répondu
00:32:58à ma question sur le choix.
00:32:59C'est vrai qu'on a l'impression
00:33:00que les communistes français...
00:33:02Vous savez, je vais vous répondre
00:33:03très simplement.
00:33:04Vous savez, être communiste,
00:33:05c'est accepter la dialectique
00:33:07et la contradiction.
00:33:08Et je pense que la force
00:33:10et la place du Parti communiste français,
00:33:12c'est d'être ni l'un ni l'autre
00:33:13et de chercher en permanence
00:33:14à dépasser cette contradiction
00:33:16entre une forme de radicalité
00:33:18qui peut être très jouissive,
00:33:23même parfois,
00:33:24mais qui ne répond pas
00:33:24et qui ne transforme pas
00:33:25la vie des Français,
00:33:28et un autre écueil
00:33:29qui serait, à force de se renier,
00:33:33de ne pas satisfaire
00:33:34la transformation nécessaire
00:33:36de la société.
00:33:37Et entre les deux,
00:33:38je crois que l'engagement communiste
00:33:40trouve sa raison
00:33:42dans la capacité
00:33:44à dépasser
00:33:45ces deux oppositions.
00:33:46Justement, c'est la stratégie
00:33:47portée par Fabien Roussel,
00:33:49notamment,
00:33:49cette entre-deux,
00:33:50avec, d'un côté...
00:33:51Je suis une bonne communiste,
00:33:52c'est bon.
00:33:52Vous êtes dans la ligne.
00:33:54Vous êtes dans la ligne.
00:33:54Ça va, c'est bon.
00:33:55D'un côté, ce programme de rupture,
00:33:57mais aussi de l'autre côté,
00:33:57cette volonté
00:33:58de tromperner les clivages,
00:33:59disons, de s'adresser à tous.
00:34:01Résultat,
00:34:02Fabien Roussel a obtenu
00:34:03une certaine popularité,
00:34:04on le trouve dans les sondages d'opinion,
00:34:05mais elle ne se traduit pas
00:34:07électoralement,
00:34:082,28% à la dernière présidentielle.
00:34:10Est-ce que ça plaide pas
00:34:11pour un changement de stratégie ?
00:34:13Alors, d'abord,
00:34:13je crois que vous êtes
00:34:14une des premières personnes
00:34:15que je rencontre
00:34:16qui me dit que Fabien Roussel
00:34:17n'est pas quelqu'un
00:34:18qui clive.
00:34:19Je pense que la dernière campagne
00:34:21de ces élections présidentielles,
00:34:22voire les polémiques
00:34:23parfois de cet été,
00:34:25je pense pas qu'on puisse dire...
00:34:26Voilà.
00:34:27Alors, peut-être qu'il ouvre
00:34:28certaines visions
00:34:28qu'on peut avoir des communistes,
00:34:30mais je pense qu'il cherche aussi
00:34:31des fois le clivage.
00:34:32Voilà.
00:34:32Ça, c'est chacun son truc.
00:34:35Non, mais après,
00:34:35vous avez raison.
00:34:36D'abord,
00:34:39oui, ça ne se traduit pas.
00:34:40Vous savez, en politique,
00:34:42il faut être connu,
00:34:44il faut qu'on parle de vous,
00:34:46il faut qu'on vote pour vous.
00:34:47Donc, le troisième temps
00:34:48n'arrive pas
00:34:48si vous n'avez pas
00:34:49les deux premiers.
00:34:50Donc, on peut être
00:34:51très bon dans le premier,
00:34:52on peut être très bon
00:34:53dans le deuxième,
00:34:54et le troisième,
00:34:55on n'y est pas encore.
00:34:56Voilà.
00:34:56Et la réalité, c'est celle-ci,
00:34:57donc on ne va pas se raconter
00:34:59notre histoire.
00:35:00En revanche,
00:35:02je pense aussi
00:35:03qu'on est dans un tel
00:35:04désespoir politique.
00:35:06Voilà, c'est comme ça.
00:35:08Qu'on a tous été biberonnés
00:35:11pendant des années
00:35:12à la notion
00:35:13d'un vote utile de gauche,
00:35:14alimenté à l'époque,
00:35:16sous l'air mitterrand
00:35:17par le Parti 16, etc.
00:35:18qu'en réalité, aujourd'hui,
00:35:20les Français,
00:35:21en fait,
00:35:22ils font leur vote utile.
00:35:23Et donc, en vrai,
00:35:24on est dans des premiers tours.
00:35:25Et comme on est encore ce matin
00:35:27ou hier, je ne sais plus,
00:35:29envahi de sondages
00:35:30qui sont déjà en train
00:35:31de nous annoncer
00:35:32les résultats de l'élection présidentielle
00:35:33qui ne vont avoir lieu
00:35:34que dans un an et demi,
00:35:37ben oui, forcément,
00:35:38en fait,
00:35:38on est tous à se demander
00:35:39mais qui va être
00:35:40au deuxième tour ?
00:35:40Mais est-ce que d'abord,
00:35:41on pourrait avoir
00:35:41un débat de premier tour ?
00:35:42Et donc, pour le coup,
00:35:43moi, je le dis,
00:35:44et on peut tout faire,
00:35:46on peut être les meilleurs,
00:35:46les plus mauvais, etc.
00:35:48Oui, on aura toujours
00:35:49de la difficulté
00:35:50à avoir cet espace-là.
00:35:51Au nom de ça,
00:35:53si à chaque fois
00:35:53qu'il y a des difficultés,
00:35:54on renonce,
00:35:55il faut faire autre chose
00:35:55que de la politique.
00:35:56Justement,
00:35:57pour continuer
00:35:57de vous demander
00:35:59de préciser,
00:36:00sur certains sujets,
00:36:01il semble qu'il y a eu
00:36:02des différences
00:36:03de vision au sein même
00:36:04du Parti communiste.
00:36:05Je reprends l'exemple
00:36:06sur la laïcité
00:36:08du vote des sénateurs communistes
00:36:09qui sont apparus,
00:36:10donc divisés au sujet
00:36:11du port du vol
00:36:11dans le sport
00:36:12en février 2025.
00:36:14Vous faites partie
00:36:14des sénatrices
00:36:15qui se sont abstenues
00:36:16lors du vote
00:36:17plutôt que de voter contre.
00:36:20Quelle est la position
00:36:21du PCF à ce sujet
00:36:22et pourquoi est-ce que
00:36:23vous votez
00:36:23contre l'interdiction ?
00:36:25Pourquoi est-ce que...
00:36:26Alors, tout d'abord...
00:36:27Enfin, pourquoi vous êtes abstenue ?
00:36:28J'ai compris.
00:36:28C'est bon.
00:36:29D'abord, je me suis abstenue
00:36:30au lieu de voter contre
00:36:31ou au lieu de voter pour.
00:36:32Parce qu'en fait,
00:36:33si vous voulez,
00:36:33le principe d'une abstention,
00:36:34c'est justement...
00:36:35Alors, c'est la droite
00:36:35qui a totalement voté pour.
00:36:37Donc, vous auriez totalement voté
00:36:38avec la droite,
00:36:38si ça v'était clair.
00:36:39Deuxièmement,
00:36:41c'est...
00:36:42Pour être présidente de groupe
00:36:43et être sénatrice
00:36:44quand même maintenant
00:36:44depuis quelques années,
00:36:46c'est régulièrement,
00:36:47je ne dis pas...
00:36:47Je ne vais pas dire
00:36:48que c'est fréquemment,
00:36:49mais ça arrive
00:36:50qu'il y ait des votes
00:36:51différents au sein du groupe.
00:36:52Et j'ai envie de dire,
00:36:53on est un...
00:36:54Mais quelle est votre position
00:36:55là-dessus ?
00:36:56Sur le partenariat ?
00:36:56On est en organisation démocratique.
00:36:58Non, mais parce que
00:36:58ça surprend toujours.
00:36:59Vous savez quoi ?
00:37:00Moi, je n'ai pas de problème
00:37:01que dans mon groupe,
00:37:01on ait des votes différents.
00:37:03Sur la question
00:37:04du port du voile
00:37:05dans le sport
00:37:06et dans les compétitions sportives.
00:37:08D'abord,
00:37:09il y a deux temps.
00:37:10Il y a la question
00:37:11des entraînements.
00:37:12Et donc, sur ça,
00:37:13je n'ai aucun problème
00:37:15en la matière.
00:37:16Je pense que d'ailleurs,
00:37:16le sport,
00:37:17tout le monde l'a démontré,
00:37:18doit être vecteur
00:37:19d'intégration, etc.
00:37:21Et que la notion
00:37:21de la laïcité,
00:37:22y compris,
00:37:23n'est pas d'empêcher
00:37:24aux gens de pratiquer
00:37:24leur religion,
00:37:25mais plutôt
00:37:26de protéger chacun.
00:37:28Ensuite,
00:37:28il me semble
00:37:29que dans les compétitions
00:37:30officielles,
00:37:32dans un pays
00:37:34qui affirme
00:37:34la nécessité
00:37:35d'une laïcité
00:37:36et d'une laïcité
00:37:38inclusive,
00:37:39je crois que
00:37:40le port
00:37:41de signes religieux
00:37:42doit être proscrit.
00:37:44Voilà.
00:37:44D'où une abstention
00:37:45parce que certains,
00:37:46et on le voit
00:37:47depuis ce matin
00:37:47avec tout ce que la droite
00:37:49veut proposer,
00:37:50il y a en fait,
00:37:51il y a ceux qui veulent tout,
00:37:52il y a ceux qui veulent rien.
00:37:53Ben,
00:37:54autorisez-moi un peu
00:37:54à nuancer
00:37:56ces radicalités,
00:37:57d'ailleurs des deux côtés.
00:37:59Je pense que c'est
00:38:00un vrai sujet.
00:38:01Ces textes-là
00:38:02ne font pas avancer
00:38:03le vrai problème
00:38:04qui est la place
00:38:06finalement de chacun
00:38:07dans notre pays.
00:38:08Mais force est de constater,
00:38:10et je le dis
00:38:10très tranquillement,
00:38:11et voilà,
00:38:12d'abord,
00:38:12premièrement,
00:38:13cette question du voile,
00:38:15elle est apparue
00:38:15depuis maintenant
00:38:16un peu,
00:38:17une trentaine d'années,
00:38:18on va dire,
00:38:19elle n'existait pas avant.
00:38:20Moi je suis aussi
00:38:21dans une famille
00:38:22et dans une culture
00:38:23où on a recueilli
00:38:25chez nous,
00:38:26des gens,
00:38:27chez mes parents,
00:38:28des gens
00:38:28qui fuyaient
00:38:29le terrorisme en Algérie
00:38:32parce qu'on obligeait
00:38:33les femmes
00:38:33à porter le voile.
00:38:34Donc vous faites
00:38:34un lien direct
00:38:35entre eux,
00:38:36parce que là,
00:38:36c'est pas du tout
00:38:37la même chose que moi.
00:38:38Ce dont je vous parle,
00:38:39ce dont c'est les femmes
00:38:40qui portent le voile,
00:38:41qui veulent faire du foot
00:38:41le dimanche
00:38:42avec leurs copines
00:38:43et qui se font exclure,
00:38:44alors même que
00:38:45vous estimez déjà,
00:38:46ou en tout cas,
00:38:47souvent les défenseurs
00:38:48de l'interdiction
00:38:49estiment qu'elles sont
00:38:50déjà pressurisées
00:38:51dans leur milieu
00:38:52et donc on les exclut
00:38:53un petit peu plus
00:38:54parce que là,
00:38:54vous parlez
00:38:55des compétitions officielles
00:38:56mais moi,
00:38:56je vous parle aussi
00:38:57des amatrices du dimanche
00:38:59qui se retrouvent
00:38:59du coup à être exclues
00:39:01et que vous venez
00:39:02de comparer du coup
00:39:03avec les...
00:39:03Je ne fais aucun lien.
00:39:04Non, moi je ne vous ai pas dit ça.
00:39:05Moi, je vous ai expliqué
00:39:06mon parcours
00:39:07pour vous expliquer
00:39:08ma position
00:39:09et je ne fais aucun lien.
00:39:10Mais comme ce sujet
00:39:12est toujours électrique,
00:39:14on essaie toujours
00:39:14tous de faire des raccours.
00:39:15C'est pour ça qu'on vous demande
00:39:15une déprécision.
00:39:16C'est ce qui vient d'être fait.
00:39:17Donc moi,
00:39:18je ne fais aucune comparaison.
00:39:19Je dis simplement que...
00:39:21Et que la question
00:39:23dans un certain nombre
00:39:26d'orientations politiques
00:39:27de certains,
00:39:28le port du voile
00:39:28est une arme politique.
00:39:30Il n'est pas là
00:39:31pour protéger la femme.
00:39:32Voilà.
00:39:32Et ça, je l'aff...
00:39:34Ça ne veut pas dire
00:39:35que toutes les femmes
00:39:36qui aujourd'hui
00:39:36dans notre pays
00:39:37portent le voile...
00:39:38En grande majorité,
00:39:39c'est une conviction personnelle.
00:39:41Ici, en France...
00:39:42Je ne sais pas.
00:39:43Eh bien, oui, je ne sais pas.
00:39:44Si on les écoute,
00:39:44elles, en tout cas,
00:39:45c'est bien de les écouter.
00:39:46Oui, mais vous savez,
00:39:47il y a des femmes battues.
00:39:49Elles ne veulent pas quitter leur mari.
00:39:50Là, c'est vous qui faites.
00:39:52Non, mais parce que si vous voulez,
00:39:54à force de caricaturer ce débat-là
00:39:56et de toujours acculer
00:39:59celui qui ne serait pas
00:40:00dans une forme
00:40:00de bien-pensance de gauche,
00:40:03on arrive à ces défauts-là.
00:40:04Donc, effectivement,
00:40:05moi, je ne sais pas...
00:40:07Moi, vous voyez,
00:40:08je pense qu'il y a plein de choses
00:40:09que je fais dans ma vie.
00:40:10Et j'ai élevé mes trois enfants.
00:40:12Et je pense qu'il y a des choses inconscientes.
00:40:14Et donc, on n'est pas libre.
00:40:15Contrôler le corps des femmes,
00:40:16c'est une façon de contrôler le corps des femmes
00:40:18en leur interdisant de porter le voile.
00:40:19Le libre choix,
00:40:20le libre choix,
00:40:22je pense qu'il faut toujours le nuancer.
00:40:24Donc, quand on est dans...
00:40:25Bien sûr,
00:40:26mais vous pouvez élever les yeux au ciel,
00:40:27bien sûr qu'il faut le nuancer.
00:40:29Qui décide de porter le voile ?
00:40:31Qui est documenté ?
00:40:32Qui décide de porter le voile ?
00:40:33Mais il y a des femmes
00:40:34qui vous disent
00:40:34qu'elles sont tout à fait libres
00:40:35et tout à fait féministes.
00:40:36Et il y en a,
00:40:37et moi, j'en ai eu comme des anciennes élèves,
00:40:40qui vous disent
00:40:40que plus il y en a qui le portent,
00:40:42plus on va leur obliger à le porter.
00:40:43Donc, vous voyez,
00:40:44non, mais donc,
00:40:45la question...
00:40:46Mais c'est aussi le sujet du voile dans le sport.
00:40:48Il est aussi lié,
00:40:49par exemple,
00:40:50Olivier Giroud,
00:40:50il a des croix,
00:40:53voilà,
00:40:53il est catholique
00:40:53et on le voit sur tous ses bras.
00:40:55Évidemment,
00:40:55et tous les hommes
00:40:56qui se signent sur le terrain
00:40:57quand ils rentrent,
00:40:58personne ne va leur demander
00:40:59ni de leur couper les bras,
00:41:00ni ne va les embêter.
00:41:01À la fin,
00:41:01ce sont toujours les femmes
00:41:03à qui on vient d'expliquer
00:41:05qu'elles sont trop habillées
00:41:06ou pas assez habillées.
00:41:08Donc,
00:41:08la position du Parti communiste français
00:41:11aujourd'hui,
00:41:12c'est de dire,
00:41:12effectivement,
00:41:13il faut retirer son voile
00:41:15avant de rentrer
00:41:15dans une compétition sportive.
00:41:17C'est intolérable.
00:41:17Mon vote n'est pas
00:41:19la position du Parti communiste français.
00:41:20Moi, c'est ce que je vous demandais aussi.
00:41:22D'abord,
00:41:23il y a des groupes parlementaires
00:41:25qui ont leur propre fonctionnement
00:41:27et qui s'inscrivent
00:41:29et qui font des votes
00:41:29à des moments donnés
00:41:30au regard d'un débat.
00:41:31Il y a la position
00:41:32du Parti communiste français
00:41:34et ne me la demandez pas,
00:41:35j'en sais rien.
00:41:36Donc, comme ça,
00:41:36vous voyez...
00:41:37Parce que vous êtes porte-parole.
00:41:38Oui, mais voilà,
00:41:40vous savez,
00:41:42moi, j'ai toujours
00:41:43beaucoup de respect
00:41:43pour ceux qui savent tout sur tout,
00:41:45mais moi,
00:41:45j'ai un peu d'humilité
00:41:46en la matière.
00:41:48Et troisièmement,
00:41:50oui,
00:41:50il y a des fois,
00:41:50comme je vous le disais,
00:41:52parce que ce sujet est compliqué,
00:41:53y compris,
00:41:54notre groupe a eu
00:41:54des votes différents.
00:41:55Et je pense que finalement,
00:41:56cette différence dans les votes,
00:41:57elle est plutôt représentative
00:41:59de la complexité
00:42:00de ce débat
00:42:01plutôt
00:42:02qu'une grande division
00:42:03entre nous.
00:42:05Alors,
00:42:05on voulait également
00:42:06vous parler
00:42:06des municipales
00:42:07et du communisme municipal
00:42:10qui, là où il s'est implanté,
00:42:12a eu le mérite
00:42:12de développer
00:42:13des services publics
00:42:14du logement
00:42:16et plus de services publics,
00:42:18plus de démocratie.
00:42:19C'est bien le meilleur antidote
00:42:21contre l'extrême droite.
00:42:22Donc,
00:42:22on imagine que c'est
00:42:23ce que vous avez envie
00:42:24de particulièrement développer
00:42:26sur la période
00:42:27d'ici les municipales
00:42:27qui vont arriver en mars.
00:42:29Oui,
00:42:29alors,
00:42:30l'élection municipale,
00:42:30c'est toujours compliqué
00:42:31parce qu'en fait,
00:42:32on en parle beaucoup
00:42:33et on a,
00:42:33alors,
00:42:33on n'a plus 36 000,
00:42:34on a 35 000 communes
00:42:36avec toutes en fait
00:42:36des réalités très différentes.
00:42:38Et donc,
00:42:38je pense qu'en tout cas,
00:42:39pour nous les communistes,
00:42:40la question,
00:42:41c'est effectivement
00:42:41de porter dans le débat national,
00:42:44je vais le dire ainsi,
00:42:46ce d'abord,
00:42:47ce que pourraient
00:42:48et devraient être les communes,
00:42:49même si nous avons parfois conscience
00:42:50que,
00:42:51je l'évoquais au tout début,
00:42:53la question du financement
00:42:55fait que c'est quand même compliqué.
00:42:57Et effectivement,
00:42:58je le disais,
00:42:59c'est l'échelon de base
00:43:00de la démocratie
00:43:02et donc,
00:43:02c'est là que se fait ce lien.
00:43:05Bon,
00:43:05malheureusement,
00:43:06est-ce que c'est la seule antidote
00:43:08contre l'extrême droite ?
00:43:09Je crains que non,
00:43:11voilà,
00:43:11parce qu'aujourd'hui,
00:43:12l'offensive est telle
00:43:13que,
00:43:13vous savez,
00:43:14une digue,
00:43:15ça empêche une inondation
00:43:15jusqu'au jour où c'est un tsunami
00:43:17qui vous la renverse.
00:43:18Et je pense qu'on en est là,
00:43:19malheureusement,
00:43:19si ça continue.
00:43:22En revanche,
00:43:23moi,
00:43:24ce que je constate,
00:43:25c'est que
00:43:25les maires communistes
00:43:26ont eu développé
00:43:27pendant plusieurs années
00:43:29des colonies de vacances,
00:43:30ont été parmi les premiers
00:43:32à mettre en place
00:43:32la tarification sociale
00:43:33dans les cantines
00:43:34il y a maintenant
00:43:34plusieurs décennies.
00:43:35Et je crois qu'aujourd'hui,
00:43:37dans la plus grande majorité,
00:43:39je vais le dire comme ça,
00:43:40voilà,
00:43:41chacun fera ses pourcentages,
00:43:44c'est mis en place.
00:43:45Donc,
00:43:45moi,
00:43:45je suis fière de cela.
00:43:46C'est-à-dire qu'à un moment donné,
00:43:47comment est-ce qu'on remet ?
00:43:48Alors,
00:43:49bien évidemment,
00:43:49on n'est pas l'État.
00:43:50On ne prendra jamais
00:43:51la place de l'État.
00:43:52En revanche,
00:43:52comment on remet
00:43:53de la proximité,
00:43:55de la justice sociale ?
00:43:56Et je crois,
00:43:56et je crois que c'est ça
00:43:57à la force,
00:43:57en tout cas,
00:43:58des élus communistes,
00:43:59d'ailleurs,
00:44:00qu'ils soient en majorité
00:44:00ou en opposition,
00:44:02comment est-ce qu'on essaye
00:44:04autant que possible
00:44:05de construire avec les citoyens
00:44:07les choix politiques à prendre ?
00:44:09Et finalement,
00:44:10c'est important
00:44:10parce qu'aujourd'hui,
00:44:12rien dans l'opinion publique
00:44:16et le pouvoir médiatique dominant,
00:44:19comme ça,
00:44:20je n'ai pas mis l'humain
00:44:21pour le dire au directeur,
00:44:24non, non,
00:44:24mais le pouvoir médiatique dominant
00:44:26ne laisse la place à cela.
00:44:27Et y compris dans les institutions,
00:44:29au Sénat,
00:44:30mais des fois,
00:44:30il faut voir,
00:44:31des fois,
00:44:31on a des collègues qui disent
00:44:32« Ah, mais en plus,
00:44:33on ne va pas se prendre la tête
00:44:34avec les citoyens ? »
00:44:34Ben si, en fait.
00:44:35Ben si.
00:44:36On est dans un contexte particulier.
00:44:38On parlait de l'avancée
00:44:38de l'extrême droite.
00:44:39Il y a aussi des divisions à gauche.
00:44:40On y reviendra un peu plus tard.
00:44:42Mais d'abord,
00:44:43quel est l'objectif
00:44:43des communistes
00:44:44pour les prochaines municipales ?
00:44:45Je crois qu'il y a
00:44:45près de 145 mères PCF
00:44:47dans les communes
00:44:48de plus de 3500 habitants,
00:44:49ce qui est déjà
00:44:50un très bon total.
00:44:51Mais est-ce que
00:44:52vous êtes plutôt optimiste
00:44:53ou vous espérez gonfler
00:44:54ce chiffre-là ?
00:44:55Ou est-ce que le contexte
00:44:56vous ramène
00:44:57peut-être à une tendance
00:44:58à la baisse ?
00:44:59Alors, j'aime bien
00:45:00parce que depuis quelques semaines,
00:45:01tout me sort des chiffres.
00:45:02Tout serait différent.
00:45:04Et alors,
00:45:05après chaque émission,
00:45:07je me dis
00:45:07« Il faut que je regarde
00:45:07et je n'ai pas regardé. »
00:45:09Je rappelle simplement
00:45:10pour m'en être occupé
00:45:11en plus à l'époque,
00:45:12Fabien Roussel
00:45:12a eu plus de 500 parrainages
00:45:16pour les élections présidentielles,
00:45:17comme prévoit d'ailleurs la loi,
00:45:19et dont une grande partie
00:45:21quand même était adhérent
00:45:23du Parti communiste français.
00:45:24Donc voilà.
00:45:25Mais comme je n'ai pas reconté,
00:45:26mais c'est un peu plus
00:45:27que 135,
00:45:28même pour les communes
00:45:29de plus de 3005.
00:45:30Bon, voilà.
00:45:32Ensuite,
00:45:32vous savez quoi ?
00:45:33Je vais vous dire
00:45:34un truc très bateau.
00:45:35Je pense que
00:45:36n'importe quelle personnalité politique
00:45:38de n'importe quel pays,
00:45:39de n'importe quel parti,
00:45:40pardon,
00:45:41vous direz la même chose.
00:45:42Je vais commencer par vous dire
00:45:43que l'objectif,
00:45:43bien évidemment,
00:45:44c'est de maintenir
00:45:44les communes que nous avons.
00:45:46Et c'est d'en gagner
00:45:47autant que possible.
00:45:49Et surtout, en tout cas,
00:45:50et là, je le dis,
00:45:51avec aussi beaucoup plus de sérieux,
00:45:53je pense qu'on a une vraie offensive
00:45:54d'abord contre l'ensemble
00:45:56des municipalités de gauche.
00:45:57Et on voit une droite
00:45:58et une extrême droite
00:45:59très à l'offensive.
00:46:01Et alors,
00:46:01dans les grandes villes,
00:46:02on peut prendre Paris, Lyon,
00:46:04Marseille,
00:46:04on voit cette offensive-là,
00:46:07y compris avec des caricatures
00:46:10et des discrédits jetés
00:46:11sur les équipes municipales
00:46:12en place.
00:46:13Dans les plus petites communes,
00:46:14on sent,
00:46:15et dans tous nos départements,
00:46:18bien évidemment,
00:46:19vraiment dans le sud,
00:46:20on a un RN
00:46:21qui est totalement affiché,
00:46:22mais partout ailleurs,
00:46:24un RN un peu déguisé
00:46:25qui va essayer
00:46:26de s'infiltrer.
00:46:26Donc je crois
00:46:27que ça doit le dénoncer.
00:46:28On a une vraie...
00:46:28C'est peut-être la première fois
00:46:30qu'on arrive à des élections
00:46:30municipales
00:46:31avec une vraie bataille
00:46:32pour ne pas faire rentrer
00:46:35l'extrême droite
00:46:36dans nos collectivités,
00:46:37dans nos communes.
00:46:39et en tout cas pour les communistes,
00:46:40au-delà d'avoir des maires
00:46:43en situation de gestion,
00:46:45d'avoir en tout cas,
00:46:46je crois,
00:46:46le plus d'élus
00:46:47parce qu'un parti
00:46:48qui se veut
00:46:50et qui a une volonté
00:46:53à avoir une dimension nationale
00:46:55se doit y compris
00:46:56d'être présent
00:46:57dans toutes les strates
00:46:58des communes.
00:46:59Et le parti communiste
00:47:00a vraiment l'intention
00:47:01de rester à l'avant-garde.
00:47:03Je prends l'exemple
00:47:03d'Ivry-sur-Seine
00:47:05sur la façon
00:47:05de parvenir
00:47:06à réussir
00:47:07à gagner
00:47:08et à conserver
00:47:09un maximum d'élus
00:47:11où le maire sortant
00:47:12donc à Ivry
00:47:13dans le Val-de-Marne
00:47:15est à la tête
00:47:15d'Union de la Gauche
00:47:16et va porter la proposition
00:47:17des conseillers municipaux
00:47:19associés,
00:47:20c'est-à-dire des extra-européens.
00:47:21Ils représentent 20%
00:47:22de la commune
00:47:22et donc il veut faire en sorte
00:47:24que les personnes
00:47:26étrangères à l'Europe
00:47:28puissent être
00:47:28un maximum associées
00:47:29parce qu'elles vivent
00:47:31sur le territoire.
00:47:32Moi, quand le maire
00:47:33a dit ça,
00:47:34j'avoue que j'ai tout de suite
00:47:34pensé aux femmes
00:47:35qui avaient été mises
00:47:37dans les élections
00:47:38quand elles n'avaient pas
00:47:39encore le droit de vote
00:47:40il y a un peu plus
00:47:41de 80 ans de cela.
00:47:43C'est comme ça
00:47:43que le Parti communiste
00:47:45peut rester à l'avant-garde
00:47:46?
00:47:46C'est en allant
00:47:47sur ce genre
00:47:47de proposition ?
00:47:48Alors même, je dirais
00:47:49ça fait plus d'un siècle
00:47:50parce que, quoi,
00:47:51un siècle parce que
00:47:51de voir ne naître
00:47:52c'était même avant la guerre.
00:47:54Il y a juste une nuance
00:47:55parce que justement
00:47:55sur ce que vous dites
00:47:57sur la situation d'Ivry
00:47:58qui, à mon avis,
00:47:59est une très belle initiative
00:48:01mais emplie d'humanité
00:48:02d'abord
00:48:03qui donne à voir
00:48:04parce que c'est souvent
00:48:05la difficulté.
00:48:06Vous savez,
00:48:06quand on devient maire,
00:48:08vous avez ceux qui se disent
00:48:09je suis maire
00:48:10par ceux qui m'ont élu
00:48:11puis il y a ceux
00:48:11qui sont le candidat
00:48:13et en même temps,
00:48:14une fois qu'on devient maire,
00:48:15on devient le maire de tous
00:48:17qu'on ait d'ailleurs voté,
00:48:18pas voté,
00:48:18qu'on ait pu ou qu'on ait pas pu.
00:48:20Donc je trouve
00:48:20que c'est une très belle initiative
00:48:22parce que dans ce monde
00:48:23où tout le monde
00:48:23cherche à s'opposer,
00:48:26penser l'avenir de la ville
00:48:27comme un lieu
00:48:28où on vit ensemble
00:48:28et non pas les uns
00:48:29à cause des autres,
00:48:30ça fait bête à dire
00:48:31mais c'est déjà beaucoup.
00:48:34Alors après, effectivement,
00:48:35il va falloir qu'ils le mettent en place.
00:48:36La seule nuance,
00:48:37c'était ça,
00:48:38c'est que pour les femmes,
00:48:40la Constitution,
00:48:41en fait,
00:48:41n'avaient pas prévu
00:48:43le fait qu'elles soient élues.
00:48:44Donc elles avaient le droit
00:48:45d'être candidates
00:48:46mais elles ne pouvaient pas être élues.
00:48:47Voilà, elles ne pouvaient pas être élues
00:48:48mais il n'était marqué nulle part
00:48:50qu'elles ne pouvaient pas être élues.
00:48:51Là, on est effectivement
00:48:51dans un autre sujet
00:48:52et d'ailleurs,
00:48:53nous avons toujours défendu
00:48:54la question du droit de vote
00:48:59des étrangers
00:49:00sur les élections locales
00:49:01pour ces raisons-là
00:49:01parce que,
00:49:03oui, d'accord,
00:49:04vous n'avez pas la société française
00:49:05mais vos enfants vont à l'école,
00:49:08vous allez au centre social,
00:49:09vous allez à la bibliothèque,
00:49:10voilà.
00:49:10Là, c'est une initiative
00:49:12ivrienne autour des élus.
00:49:13Est-ce que ça ne peut pas être
00:49:15porté nationalement
00:49:15par partie communiste ?
00:49:16Elle peut, si vous voulez,
00:49:18je souhaite surtout
00:49:18qu'il y ait beaucoup d'autres maires
00:49:19qui la reprennent plutôt
00:49:20parce que c'est en fait,
00:49:21c'est ça la force
00:49:22d'une élection municipale.
00:49:24mais effectivement,
00:49:25vous disiez,
00:49:27oui, nous continuerons
00:49:29de nous démarquer
00:49:30dans cette capacité
00:49:32novatrice,
00:49:34comme je le disais,
00:49:35à répondre aux besoins
00:49:36et moi,
00:49:37je crois de plus en plus
00:49:39et ce n'est pas seulement
00:49:40parce qu'il y a moins de moyens
00:49:42qu'en fait,
00:49:43la force d'une équipe politique
00:49:45dans une mairie,
00:49:46ce sera cette capacité
00:49:48à mettre en action les gens
00:49:50et c'est comme ça
00:49:50qu'on combat l'extrême droite aussi.
00:49:53Anthony ?
00:49:54Dans plusieurs villes,
00:49:54justement,
00:49:55administrées par la gauche,
00:49:57la gauche, justement,
00:49:58part divisée,
00:49:58socialiste, écologiste,
00:50:00communiste et insoumis,
00:50:02Montreuil,
00:50:02Saint-Denis,
00:50:03la Courneuve,
00:50:03Saint-Ouen,
00:50:04on peut élargir aussi
00:50:05à Montpellier,
00:50:06Lille, Bordeaux,
00:50:07on ne va pas faire toute la liste,
00:50:08mais comment vous jugez
00:50:10d'abord ces divisions ?
00:50:12D'abord,
00:50:12on ne va pas faire toute la liste,
00:50:14mais dans la plupart des villes,
00:50:15c'est surtout la France insoumise
00:50:16qui part seule.
00:50:17C'est un constat.
00:50:19Voilà.
00:50:20Je l'acte.
00:50:21Et ça a été affiché,
00:50:22compris depuis dimanche dernier.
00:50:24Et nous,
00:50:25nous l'avons redit
00:50:26à quelques peut-être
00:50:28exceptions près.
00:50:29Et voilà,
00:50:30au nombre de communes,
00:50:31on a toujours le droit à l'erreur.
00:50:33Et Fabien Roussel l'a redit
00:50:35la semaine dernière,
00:50:36dimanche,
00:50:37pardon.
00:50:38Il n'y aura pas de communistes
00:50:40sur des listes
00:50:41qui s'opposent
00:50:42à des maires de gauche sortants.
00:50:44Et donc,
00:50:45ce sera notre ligne,
00:50:46pour le coup, ça.
00:50:47Justement,
00:50:47en parlant des insoumis,
00:50:48ils viennent de sortir
00:50:49leur programme,
00:50:50une sorte de programme.
00:50:51C'est l'Institut Labo,
00:50:52ici,
00:50:52est sorti ce livre-là
00:50:53sur le nouveau communalisme.
00:50:55Ça sent très fort
00:50:56le communisme municipal.
00:50:57Je ne sais pas
00:50:58si vous vous y êtes intéressé,
00:50:59mais en gros,
00:50:59ça parle de revigorer la démocratie,
00:51:02de réinventer des services publics.
00:51:03Comment est-ce que vous jugez
00:51:05cette initiative-là ?
00:51:06Est-ce que c'est une façon
00:51:07de marcher sur vos plates-bandes ?
00:51:09Est-ce que vous y voyez
00:51:09une pâle copie ?
00:51:10Ou au contraire,
00:51:11ça amène la gauche
00:51:12à réinventer son logiciel
00:51:14aussi idéologique ?
00:51:15Alors, d'abord,
00:51:16je vais le dire en toute honnêteté,
00:51:17je n'ai pas encore eu le temps
00:51:18de le regarder,
00:51:19mais pour me soucier
00:51:19quand même beaucoup
00:51:20des enjeux électeurs
00:51:21et des collectivités territoriales,
00:51:22je vais le regarder.
00:51:24Deuxièmement,
00:51:26je pense qu'on peut le prendre
00:51:28de différentes manières.
00:51:29Vous savez,
00:51:29je ne fais pas de la politique
00:51:30pour avoir des copyrights.
00:51:32Donc, j'ai envie de dire
00:51:32que si ce que les maires communistes
00:51:34ont fait, c'est très bien,
00:51:36écoutez, tant mieux.
00:51:39Après, je crois qu'il faut
00:51:40qu'on ait raison de garder.
00:51:44Et c'est plus maintenant
00:51:45sur la méthode et la manière de faire
00:51:46que j'attends de voir
00:51:47comment certains vont faire.
00:51:49Le désespoir, quand même,
00:51:51dans notre pays,
00:51:51quelles que soient les ambitions
00:51:53des uns et des autres pour 2027,
00:51:57les ambitions des uns et des autres
00:51:58pour 2027 ne seront pas les mêmes
00:52:00si la gauche, dans sa diversité,
00:52:03et elle est diverse,
00:52:04et c'est très bien,
00:52:05la diversité, c'est une richesse,
00:52:08perd un certain nombre
00:52:09de grandes villes
00:52:10parce qu'il y aura eu
00:52:12plusieurs listes au deuxième tour.
00:52:13Et si on ajoute
00:52:14les initiatives insoumises
00:52:15sur certaines villes,
00:52:16comme vous disiez,
00:52:16les insoumis veulent partir
00:52:18de leur côté,
00:52:19et si on en ajoute,
00:52:20là encore,
00:52:21ce projet de communalisme
00:52:22qui ressemble
00:52:23au communisme municipal,
00:52:25vous l'interprétez,
00:52:26comment vous y voyez
00:52:26une tentative d'OPA
00:52:27des insoumis
00:52:28sur le communisme ?
00:52:29Vous savez,
00:52:30en politique,
00:52:31je crois qu'on dit
00:52:31que les gens préfèrent
00:52:32toujours l'original
00:52:33à la copie,
00:52:34donc je ne suis pas inquiète.
00:52:35à propos des candidatures
00:52:38et d'une candidature unique
00:52:41à gauche
00:52:41ou une candidature plurielle,
00:52:43le NFP 2027
00:52:44a annoncé une primaire,
00:52:45les modalités sont annoncées
00:52:47mi-décembre,
00:52:48le PCF s'en tient à l'écart
00:52:50pour le moment,
00:52:51pourquoi ?
00:52:51Est-ce que vous pouvez
00:52:52nous dire ce qu'il en a ?
00:52:53Alors d'abord,
00:52:53c'est quoi le NFP
00:52:54pour 2027,
00:52:56puisque je ne connais pas
00:52:56cette structure,
00:52:57le Nouveau Front Populaire
00:52:59a été une alliance
00:52:59des quatre forces de gauche
00:53:01que sont la France insoumise,
00:53:02le Parti communiste français,
00:53:04Parti socialiste,
00:53:04Europe, Écologie et Vert,
00:53:05des citoyens,
00:53:06des organisations syndicales
00:53:08pour porter ce programme
00:53:09en 2024.
00:53:11Donc voilà,
00:53:12certains membres
00:53:14de cette coalition électorale
00:53:17pour 2024
00:53:17ont décidé d'organiser
00:53:19une primaire,
00:53:20ils l'organisent
00:53:20et nous n'en sommes pas.
00:53:21Pourquoi ?
00:53:22Pourquoi Saint-Augard
00:53:23à l'écart justement ?
00:53:23Mais parce que,
00:53:24alors pour le coup,
00:53:25il nous faudrait des heures
00:53:26et je ne voudrais pas
00:53:27être rébarbative.
00:53:29On ne les aura pas.
00:53:29Non, je ne sais pas,
00:53:30mais on ne les aura pas.
00:53:31Voilà,
00:53:31donc ça,
00:53:32je sais,
00:53:33mais je ne les ai pas demandés.
00:53:34Je suis bien...
00:53:36C'est normal.
00:53:37Non, non, mais
00:53:38nous,
00:53:39notre analyse
00:53:40de manière un peu simpliste,
00:53:41c'est que tout d'abord,
00:53:42nous sommes dans un pays
00:53:43avec une élection
00:53:44à deux tours.
00:53:45Ben voilà,
00:53:45on va prendre les Etats-Unis
00:53:46comme ça,
00:53:47les gens,
00:53:47je pense,
00:53:49aux Etats-Unis
00:53:49qui est le pays de la primaire.
00:53:51Aux Etats-Unis,
00:53:51quand vous allez voter
00:53:52à l'élection présidentielle,
00:53:53il y a un seul vote.
00:53:54Et après,
00:53:54il y a les grands électeurs
00:53:55après ils disent leur président.
00:53:56Mais bon,
00:53:57en tout cas,
00:53:57on vote une seule fois.
00:53:58Et donc avant,
00:53:59il y a des primaires
00:53:59qui départagent.
00:54:00En France,
00:54:00le choix qui a été fait
00:54:01aujourd'hui,
00:54:02c'est qu'il y ait deux tours.
00:54:03Donc je veux bien
00:54:04qu'on s'en rajoute
00:54:05un troisième avant.
00:54:06Je doute de la pertinence.
00:54:08Je pense qu'on a
00:54:08un vrai problème à gauche
00:54:10parce qu'à droite
00:54:11ils ont le même,
00:54:12mais ce n'est pas mon problème.
00:54:13C'est qu'en vrai,
00:54:14on dénonce tous,
00:54:15mais on est tous,
00:54:16on a tous plongé
00:54:17dans l'hyper-présidentialisation.
00:54:19Et donc en vrai,
00:54:20aujourd'hui,
00:54:20tout le monde
00:54:21ne pense plus qu'à ça.
00:54:22Donc je crois
00:54:24que c'est un vrai sujet
00:54:25parce que forcément,
00:54:26tout le monde
00:54:27veut être candidat
00:54:27à la présidentielle.
00:54:28Tout le monde veut exister.
00:54:29Donc une primaire,
00:54:33je le dis comme ça,
00:54:34et voilà,
00:54:35y compris dans ceux
00:54:36qui se sont mis d'accord.
00:54:37Je n'y crois pas
00:54:38parce que je pense
00:54:39qu'en plus,
00:54:40à la fin,
00:54:41je ne remets pas en cause
00:54:42la qualité qui peut être faite
00:54:44de cette organisation,
00:54:45je pense qu'en fait,
00:54:46à la fin,
00:54:46celui qui ne la gagne pas,
00:54:47il y en a qui vont
00:54:48quand même se présenter.
00:54:49Donc je pense
00:54:50qu'on est dans une forme
00:54:51d'illusion
00:54:52qui laisse à penser
00:54:53en plus,
00:54:54et ce qui est contraire
00:54:55à l'histoire
00:54:56de la gauche française,
00:54:58que ce serait
00:54:59plateforme contre plateforme
00:55:00et à la fin,
00:55:01on vote pour le meilleur.
00:55:01Mais punaise,
00:55:02l'histoire de la gauche,
00:55:03c'est justement
00:55:04de renvoyer vers les citoyens
00:55:06la capacité
00:55:06à construire
00:55:07et à décider.
00:55:08Donc ce n'est pas
00:55:09une primaire
00:55:09qui cloue le débat.
00:55:10Donc plusieurs candidats à gauche,
00:55:11ce ne serait pas un problème
00:55:12du coup ?
00:55:13Est-ce que ça permettrait
00:55:14que chaque force
00:55:15mobilise de son côté
00:55:16avant de s'unir
00:55:16au deuxième tour,
00:55:17par exemple,
00:55:18en cas de qualification ?
00:55:19Dans la théorie,
00:55:20oui.
00:55:20Mais voilà,
00:55:21on ne va pas se mentir.
00:55:22Ça, c'est la théorie
00:55:24des bouquins
00:55:25d'analyse électorale
00:55:26et ce qu'on a connu
00:55:26pendant des années,
00:55:27d'ailleurs.
00:55:28Parce que la division
00:55:29à gauche,
00:55:31il y a toujours eu
00:55:32plusieurs candidats à gauche.
00:55:33Ça n'a pas empêché
00:55:34mai 81.
00:55:36Non mais donc,
00:55:36vous voyez,
00:55:37des fois,
00:55:37on se fait aussi
00:55:39des nœuds à la tête
00:55:39qui n'a pas besoin.
00:55:41On est dans une situation
00:55:42avec tous les médias
00:55:43contre la gauche,
00:55:44etc.
00:55:44Et quoi qu'on pense
00:55:45de l'élection
00:55:46de François Hollande
00:55:47dans sa capacité
00:55:48à avoir fait
00:55:49une politique de gauche,
00:55:50je voulais dire.
00:55:51Je ne la remets pas
00:55:52en question,
00:55:52l'élection.
00:55:53Il y avait plusieurs
00:55:53candidats.
00:55:54Donc,
00:55:54pour moi,
00:55:55ça,
00:55:55ce n'est pas une question.
00:55:56Ensuite,
00:55:56sur ce que vous dites,
00:55:58malheureusement,
00:56:01si on regarde
00:56:02les différents sondages
00:56:03avec toutes les pincettes,
00:56:04et je l'ai déjà dit
00:56:05tout à l'heure,
00:56:06donc comme on n'a pas
00:56:06des heures,
00:56:07je ne m'en répète pas.
00:56:08Mais du coup,
00:56:10malheureusement,
00:56:11le problème,
00:56:11il n'est pas
00:56:12est-ce qu'il y aura
00:56:12un candidat,
00:56:14deux,
00:56:14trois,
00:56:15quatre ou cinq.
00:56:16En fait,
00:56:16s'il y en a qu'un
00:56:17ou s'il y en a quatre,
00:56:19il manque encore
00:56:21de la capacité
00:56:22pour les électeurs
00:56:23à croire
00:56:24que la gauche
00:56:24peut changer leur vie
00:56:25très sereinement.
00:56:27Et en fait,
00:56:28à l'heure où on se parle,
00:56:30mon premier problème,
00:56:31c'est quand même celui-ci.
00:56:32C'est qu'aujourd'hui,
00:56:33et je ne veux pas
00:56:34être défaitiste,
00:56:35et si je fais de la politique,
00:56:35c'est pour changer
00:56:36la réalité.
00:56:37Donc je n'ai aucun problème.
00:56:38La réalité d'aujourd'hui,
00:56:39c'est que quand même,
00:56:41il va falloir y aller
00:56:42un peu plus que ce qu'on y a été,
00:56:44parce que sinon,
00:56:44il n'y aura pas de candidat
00:56:46de président de gauche.
00:56:47Pour changer la vie,
00:56:48vous en conviendrez,
00:56:48il faut gagner des élections.
00:56:50Et donc forcément,
00:56:51être quatre,
00:56:51cinq, six sur la ligne de départ,
00:56:52c'est un frein.
00:56:54Est-ce que là,
00:56:54ce que vous êtes en train
00:56:54de nous dire d'abord,
00:56:55un, qu'il faut faire le deuil
00:56:57de l'idée d'une candidature unique ?
00:56:58Et est-ce que,
00:56:59deuxièmement,
00:56:59est-ce qu'il y aura forcément
00:57:00une candidature communiste
00:57:01d'abord,
00:57:02j'ai dit,
00:57:03je fais de la politique
00:57:04pour changer la réalité.
00:57:05Donc la réalité,
00:57:05je ne fais pas,
00:57:06ce n'est pas un deuil,
00:57:07voilà,
00:57:07la réalité,
00:57:08c'est celle-ci,
00:57:09et je ne l'accepte pas.
00:57:10Deuxièmement,
00:57:11c'est ce que vous disiez.
00:57:12Vous voyez,
00:57:13parce que,
00:57:13ouais,
00:57:13quatre, cinq,
00:57:14mais pendant des années,
00:57:15et peut-être d'ailleurs,
00:57:16vous voyez,
00:57:17dans certaines élections municipales,
00:57:18des élections municipales,
00:57:20en fait,
00:57:20on aime bien
00:57:21quand il y a plusieurs candidats,
00:57:22parce que ça permet
00:57:23d'avoir un réservoir de voix
00:57:24pour le second tour.
00:57:26Et donc,
00:57:26j'ai envie de dire,
00:57:28moi,
00:57:28je ne regarde pas
00:57:28les choses comme ça.
00:57:29S'il y a demain
00:57:30un candidat de gauche,
00:57:31alors d'abord,
00:57:33s'il y a un candidat de gauche,
00:57:34excusez-moi,
00:57:34s'il fait 30%,
00:57:36il a perdu.
00:57:37Non,
00:57:37mais c'est en fait,
00:57:38donc on a gagné quoi ?
00:57:39Rien.
00:57:40Après,
00:57:40s'il n'y en a qu'un seul,
00:57:41on va revenir sur,
00:57:43on fait un replay
00:57:43en arrière de l'émission,
00:57:45mais la gauche radicale,
00:57:47la gauche radicale,
00:57:48la gauche ceci,
00:57:48donc posons ce débat,
00:57:51arrêtons d'avoir peur
00:57:52de nos débats à gauche.
00:57:54Voilà,
00:57:54je le redis,
00:57:55la force de la gauche a été...
00:57:56Ça va jusqu'où la gauche ?
00:57:58D'abord,
00:57:59moi,
00:57:59je ne donne pas
00:57:59les diplômes de gauche.
00:58:01Voilà,
00:58:01non,
00:58:01mais moi,
00:58:01je...
00:58:02Non,
00:58:02il y a des projets concurs...
00:58:04mais je sais qu'il y en a qui...
00:58:05Voilà,
00:58:05je ne vais pas vous dire
00:58:06que n'importe qui
00:58:07qui se décrète de gauche...
00:58:09Mais si vous voulez,
00:58:09vous savez quoi ?
00:58:10On va reprendre l'exemple.
00:58:11Moi,
00:58:12je pense que le Parti Socialiste
00:58:13est un parti de gauche.
00:58:14Je ne pense pas
00:58:14que la politique de François Hollande
00:58:15a servi la gauche.
00:58:17Voilà,
00:58:17c'est comme ça.
00:58:18Après,
00:58:18je ne vais pas exclure
00:58:19telle ou telle.
00:58:20Et la France insoumise
00:58:21est aussi un parti de gauche
00:58:22parce que qu'est-ce qu'on a ?
00:58:22On a avant tout
00:58:23en valeur
00:58:24et en partage
00:58:26la nécessité
00:58:26de la redistribution
00:58:27et de l'égalité.
00:58:28Alors après,
00:58:28il y en a
00:58:29qui le font
00:58:30d'une manière,
00:58:31il y en a,
00:58:31c'est un peu mou,
00:58:32il y en a,
00:58:32c'est un peu fort,
00:58:32il y en a,
00:58:33c'est un peu comme si,
00:58:34il y en a,
00:58:34c'est un peu avec les flics,
00:58:35il y en a,
00:58:35c'est contre les flics,
00:58:36il y en a,
00:58:36c'est machin,
00:58:37avec ou sans voile.
00:58:38Mais à la fin,
00:58:39on est quand même
00:58:40dans une ADN
00:58:41et une matrice commune
00:58:42au départ
00:58:43qui nous est en partage
00:58:44et qui s'est exprimée
00:58:45d'ailleurs au moment
00:58:46du nouveau Front populaire.
00:58:48Alors Cécile,
00:58:49il est l'heure
00:58:49d'accueillir maintenant
00:58:51le pire journaliste
00:58:52de la rédac,
00:58:53c'est l'heure
00:58:53de la carte de presque.
00:58:59Mais Péa,
00:59:00pourquoi t'es habillée comme ça ?
00:59:01Qu'est-ce qui se passe ?
00:59:03Vous n'avez pas vu ?
00:59:03Non,
00:59:04qu'est-ce qui s'est passé ?
00:59:05Attendez,
00:59:06je fais un petit...
00:59:07Macron,
00:59:08il va sûrement
00:59:09relancer le service militaire.
00:59:11Le chef d'état-major
00:59:12il a dit
00:59:12qu'il fallait qu'on s'apprenne,
00:59:14enfin qu'on apprenne
00:59:15à laisser mourir nos enfants.
00:59:16Là, on s'approche
00:59:17de la guerre.
00:59:18Du coup, moi,
00:59:18je me tiens prêt.
00:59:20J'ai même préparé
00:59:21mon petit kit de survie,
00:59:22vous voulez le voir ?
00:59:22Avec un sac à arbre,
00:59:24je crois ça,
00:59:24pas du tout.
00:59:24Est-ce que t'as piqué
00:59:25les pattes de Cyprien ou pas ?
00:59:26Non, j'ai mieux.
00:59:28Déjà, j'ai mieux
00:59:28parce que le kit du gouvernement,
00:59:30eux,
00:59:30ils n'avaient pas mis
00:59:30d'arme à feu.
00:59:32Ah ouais, quand même.
00:59:33Moi, j'en ai mis une.
00:59:34Gros calibre.
00:59:34Attention, c'est chargé.
00:59:37Impressionnant.
00:59:39Ça fait même du bruit.
00:59:40Bon, c'est pas grave,
00:59:41j'irai racheter des cartes
00:59:41tous à King Jouet.
00:59:43Qu'est-ce que j'ai d'autre aussi ?
00:59:45Bah, j'ai
00:59:46Flash McQueen.
00:59:47Kachao.
00:59:49Ça, c'est pour que les enfants
00:59:50puissent s'amuser un petit peu
00:59:51avant de décéder.
00:59:53Ah oui, d'accord.
00:59:55C'est pas que des braves.
00:59:57Ça, c'est le moment fun.
00:59:59Le jeu des 7 familles.
01:00:00Je sais que le gouvernement,
01:00:01il a mis un jeu de cartes,
01:00:02mais moi, je ne suis pas trop fan.
01:00:03Je préfère ça.
01:00:04C'est beaucoup plus pédagogique.
01:00:05Ça permet de nous apprendre
01:00:07quelque chose.
01:00:08Par exemple,
01:00:08dans la famille Le Pen,
01:00:09je voudrais le raciste.
01:00:11C'est lequel ?
01:00:12C'est pas évident
01:00:13de jouer avec la famille.
01:00:16Qu'est-ce que j'ai d'autre
01:00:16à vous proposer ?
01:00:17Ah oui,
01:00:18l'intégrale de Rachida Dati
01:00:20à la mairie de Paris.
01:00:21Ça, c'est ma série
01:00:22coup de cœur du moment.
01:00:23Vous avez vu Rachida
01:00:25dans le 18e.
01:00:26Vous avez aimé Rachida
01:00:27avec les agents de propreté.
01:00:29Vous allez adorer
01:00:31Rachida à la Brabem.
01:00:33Bon, il y a un petit couac.
01:00:34Ça dure combien de temps ?
01:00:35Franchement,
01:00:36c'est 18h30.
01:00:38Il y a un petit couac,
01:00:39c'est qu'à la fin
01:00:39du sujet à la Brabem,
01:00:41elle termine
01:00:42en garde à vue.
01:00:43Parce qu'il y a un contrôle
01:00:45au faciès.
01:00:46Voilà,
01:00:47c'est la police,
01:00:47elle ne va pas se refaire.
01:00:49Bon,
01:00:50et là,
01:00:50je ne suis pas un peu fier
01:00:51de vous le présenter.
01:00:52En exclusivité monde,
01:00:53le livre de Nicolas Sarkozy.
01:00:56C'est un scam,
01:00:57il fait une page.
01:00:58Mais est-ce qu'on pouvait
01:00:59s'attendre à mieux
01:00:59d'un mec qui a passé
01:01:00seulement 20 jours au placard ?
01:01:02C'est une notice de Libran,
01:01:04c'est ça ?
01:01:05Peut-être.
01:01:07Du coup,
01:01:08moi,
01:01:08je vous ai listé
01:01:09les choses qui durent
01:01:10plus longtemps
01:01:10que Sarkozy en prison.
01:01:12Le mois de février,
01:01:14ainsi que le menstruel,
01:01:15le ramadan,
01:01:17le NFP,
01:01:18de très peu,
01:01:20la DLC d'un cordon bleu,
01:01:21ma période d'essai à Luma.
01:01:23Ça fait quand même
01:01:23deux ans et demi
01:01:24que je suis en période d'essai.
01:01:25Enfin bref,
01:01:26un tas de choses
01:01:27et même la polémique
01:01:28sur Leroy Merlin
01:01:29va durer plus longtemps
01:01:30que Sarkozy en prison.
01:01:32D'ailleurs,
01:01:33à ce propos,
01:01:33je ne sais pas si tu as vu
01:01:34sur les réseaux sociaux
01:01:35une vidéo
01:01:36sur les coulisses
01:01:37de Leroy Merlin
01:01:38et en fait,
01:01:39c'est un repère
01:01:39d'islamo-gauchistes.
01:01:40Il paraît,
01:01:40je n'ai pas vu.
01:01:41Magneto,
01:01:41Mike, s'il te plaît.
01:01:42Enfin,
01:01:43les masques tombent.
01:01:44Leroy Merlin est soumis
01:01:45à l'idéologie wokiste.
01:01:46Venez,
01:01:51côté des prises quand même.
01:01:52Jean-Luc Mélenchon !
01:01:55C'est quoi ce rayon de fou ?
01:01:56Le rayon Syrie.
01:01:58Monsieur,
01:01:59il y a un rayon France ?
01:02:00Non mais ça,
01:02:00c'est des tapis de prière.
01:02:02C'est en direction de la Mecque.
01:02:04Mais non,
01:02:05le livre de Jean-Luc Mélenchon.
01:02:06Le rayon jardinerie.
01:02:08C'est une ZAD ou quoi ?
01:02:09Une douche.
01:02:10C'est étonnant
01:02:11pour des gauchistes.
01:02:12Mais non,
01:02:12une tronçonneuse.
01:02:13J'ai la même chez moi.
01:02:15Je ne l'ai pas acheté ici.
01:02:17Ah voilà !
01:02:18Du bambou.
01:02:19Non mais on est encore en France.
01:02:21Croyez-le ou non,
01:02:22mais il y a un vendeur
01:02:22qui vient de me dire
01:02:23« Voilà,
01:02:23tu ressembles à Griezmann ».
01:02:24Pourquoi « Voilà » ?
01:02:25Vraiment,
01:02:25ce magasin,
01:02:26c'est boycott.
01:02:26À partir de maintenant,
01:02:27on n'achète plus jamais rien ici.
01:02:29Bonjour.
01:02:29Vous avez l'enquête ?
01:02:30Oui.
01:02:31Vous avez la carte de tête ?
01:02:34Oui.
01:02:36Quelle indignité.
01:02:37Tu vas toi Cécile un petit peu
01:02:38à l'Eromerlin ?
01:02:38Bah ouais,
01:02:39régulièrement.
01:02:40Tu achètes quoi ?
01:02:41Alors moi par contre,
01:02:42j'ai un petit souci
01:02:43par rapport au monsieur là,
01:02:44qu'on voit,
01:02:45c'est que je n'ai jamais vu de bouquin
01:02:46et je n'ai jamais vu de gens
01:02:47mais ce n'est pas grave.
01:02:49Tu n'as pas trouvé le bouillon,
01:02:49c'est vraiment le rayon d'après.
01:02:50Ça doit être ça.
01:02:51Ça doit être un truc comme ça.
01:02:52Pourtant,
01:02:53j'y fais quand même assez souvent
01:02:54parce que j'aime bien bricoler.
01:02:55C'est un peu mon moment de détente.
01:02:56Donc voilà.
01:02:57Je comprends.
01:02:58J'avais caché tout en dessous.
01:03:01À la fin de ma chronique,
01:03:03on fait le traditionnel
01:03:04« ça ira,
01:03:05ça ira pas ».
01:03:06Tu connais un petit peu ?
01:03:07Non,
01:03:07mais on m'a dit
01:03:07que ça arriverait.
01:03:09En gros,
01:03:09je te montre des petites photos,
01:03:10tu me dis
01:03:11« ça ira,
01:03:11ça ira pas »
01:03:12et tu me fais
01:03:13deux ou trois phrases
01:03:14d'explications.
01:03:15Bien, chef.
01:03:18Une primaire
01:03:19pour 2027,
01:03:20ça ira ou ça ira pas ?
01:03:21Ça ira pas.
01:03:21Je l'ai déjà dit
01:03:22donc je garde mon temps
01:03:23pour le coup d'après.
01:03:25Fabien Roussel,
01:03:262027,
01:03:26ça ira ou ça ira pas ?
01:03:27J'ai pas le droit
01:03:28de dire « je sais pas ».
01:03:29Non.
01:03:30C'est le problème en fait.
01:03:32Ça ira.
01:03:32Il sera très certainement
01:03:33candidat à l'élection présidentielle.
01:03:35Le résultat,
01:03:35je le connais pas.
01:03:36D'accord.
01:03:38Saint-Etienne,
01:03:39en Ligue 1,
01:03:40ça ira ou ça ira pas ?
01:03:41Ça ira.
01:03:42Forcément,
01:03:42ils vont remonter.
01:03:43Allez, les verts.
01:03:44Et Lyon en Ligue 2,
01:03:45ça ira ou ça ira pas ?
01:03:46Ça ira aussi
01:03:47parce que ça se saurait
01:03:48si les Lyonnais
01:03:49savaient jouer au football.
01:03:50Bon, bon, bon.
01:03:51Bon, bon.
01:03:53ArcelorMittal,
01:03:53la nationalisation,
01:03:54ça ira ou ça ira pas ?
01:03:55Malheureusement,
01:03:56ça n'ira pas
01:03:57et nous le regrettons
01:03:58parce que ce sont
01:03:59bien évidemment
01:03:59des centaines d'emplois
01:04:01mais aussi
01:04:02la capacité de la France
01:04:03à avoir la maîtrise
01:04:04de la souveraineté industrielle.
01:04:07Excellent.
01:04:10Et les fauteuils
01:04:11de Gérard Larcher,
01:04:12ça ira ou ça ira pas ?
01:04:13Parce que j'ai déjà
01:04:13posé cette question
01:04:14à Yann Brossat.
01:04:15Tu gagnes des fauteuils
01:04:16il y a 30 et quelques mille balles ?
01:04:18C'est too much.
01:04:20Tu les as déjà vues ?
01:04:21Non, parce que moi,
01:04:22je ne suis ni présidente
01:04:24du Sénat
01:04:25ni vice-présidente.
01:04:27Ça ne va échapper à personne.
01:04:28Donc, je n'ai pas
01:04:29la possibilité
01:04:30de siéger
01:04:31sur ces fauteuils-là
01:04:32qui sont tout le monde de deux,
01:04:33dont un prototype
01:04:34et qui sont refaits régulièrement.
01:04:35D'accord.
01:04:36Ils sont très beaux.
01:04:38En cuir ?
01:04:39Oui, parce que...
01:04:40Non, mais moi,
01:04:42je ne rentre pas
01:04:43dans le délire
01:04:45du populisme sur ça
01:04:46et parce que je pense
01:04:46qu'on alimente
01:04:47l'anti-parlementarisme.
01:04:48Les gens qui président...
01:04:49Oui, je reviens.
01:04:50Mais moi, non.
01:04:51Donc, ouais.
01:04:52On n'est pas d'accord.
01:04:53Ce n'est pas grave.
01:04:54Mais voilà,
01:04:55je pense qu'on ne mesure pas
01:04:56ce que c'est
01:04:56que de rester
01:04:58de 14h30 à 20h
01:05:00pour présider
01:05:00une séance non-stop.
01:05:02Moi, je fais...
01:05:03Après, est-ce qu'il fallait
01:05:04que ce soit aussi cher ?
01:05:05Je n'en sais rien.
01:05:05Moi, je ne pense pas.
01:05:06J'y connais rien.
01:05:07Après, je dénonce
01:05:07un peu des trucs.
01:05:08Non, mais ce qui est certain,
01:05:09et pour être très cash,
01:05:11je pense que, moi,
01:05:13mon fauteuil IKEA,
01:05:14il n'est pas assez confort.
01:05:16Après, par rapport à celui-ci,
01:05:18je pense qu'il y a une marge.
01:05:19Voilà.
01:05:20Tu switches le Roi Merlin,
01:05:21IKEA, fin de suite.
01:05:22Ouais, voilà.
01:05:22Ouais, pardon.
01:05:23Bref, allez.
01:05:23Bon, c'est pas grave.
01:05:27Yann Brossard,
01:05:27maire de Paris.
01:05:29Ça ira ou ça ira pas ?
01:05:32Suspense.
01:05:32Rendez-vous dans quelques semaines.
01:05:34Suspense, c'est pas une réponse.
01:05:36C'est ma réponse.
01:05:37OK.
01:05:38Non ?
01:05:39C'est pas le droit ?
01:05:41C'était pour la dernière.
01:05:42Non, c'est bon, merci.
01:05:43Merci beaucoup, Péa.
01:05:44Par contre, récupère ta cartouche,
01:05:46s'il te plaît.
01:05:47En tout cas, on pourra compter sur toi,
01:05:48c'est bien.
01:05:48Merci beaucoup, Péa.
01:05:49Au plaisir.
01:05:50C'est super.
01:05:51Oui, mais Anthony,
01:05:52service politique,
01:05:53je pense que ça te...
01:05:55Non, quand même,
01:05:56vous venez de lâcher
01:05:56quelque chose d'extrêmement important.
01:05:58Vous avez l'air de dire
01:05:59que Fabien Roussel sera candidat
01:06:00en 2027.
01:06:01Vous l'affirmez aujourd'hui ?
01:06:02J'ai dit, il le sera
01:06:03très certainement, peut-être.
01:06:05Vous verrez.
01:06:06Vous me faites marrer.
01:06:07Vous me dites,
01:06:07ça ira, ça ira pas,
01:06:08puis après...
01:06:09Non, mais c'est pour ça
01:06:09que je vous pose la question
01:06:10derrière, évidemment.
01:06:14Si c'était demain,
01:06:16il le serait,
01:06:17mais la question n'est pas celle-ci,
01:06:18et je crois que nous l'avons
01:06:19suffisamment dit,
01:06:19la question aujourd'hui,
01:06:20c'est de préparer
01:06:21les élections municipales.
01:06:23Et alors,
01:06:24c'est pas du tout
01:06:24pour beauté en touche
01:06:25sur votre question,
01:06:26mais en fait,
01:06:26là, moi,
01:06:27je viens d'apprendre en un an
01:06:28que se projeter à plus d'un an
01:06:30dans la vie politique française,
01:06:32c'est un risque
01:06:33dans lequel je ne me plongerais pas.
01:06:36Très bien.
01:06:37On avait aussi envie
01:06:38de vous parler de nationalisation.
01:06:39Ce soir,
01:06:40ça va être la dernière séquence
01:06:43et de services publics,
01:06:44mais surtout de nationalisation.
01:06:45On va lancer d'abord
01:06:47un magnéto
01:06:47sur ce que vous disiez
01:06:48il y a très peu de temps.
01:06:50Nous, nous pensons
01:06:51que l'économie n'a deux sens
01:06:52que si elle sert
01:06:53le besoin collectif,
01:06:54le travail humain
01:06:55et l'intérêt général.
01:06:57C'est là toute la différence
01:06:58entre une économie livrée
01:07:00à la spéculation
01:07:01et une économie régulée
01:07:03par la puissance publique.
01:07:04C'est cela
01:07:05le sens profond
01:07:06de cette proposition de loi.
01:07:08Arracher les secteurs vitaux
01:07:10à la logique du profit
01:07:11pour les replacer
01:07:12dans celle
01:07:13de l'utilité collective.
01:07:15La nationalisation
01:07:16n'est pas un gros mot.
01:07:17Elle est un acte
01:07:18de puissance publique.
01:07:19Elle est une décision politique
01:07:21souveraine
01:07:22pour reprendre la main
01:07:23sur notre destin industriel.
01:07:27Alors,
01:07:28on a parlé un tout petit peu
01:07:29d'ArcelorMittal avant.
01:07:30Donc,
01:07:30la droite sénatoriale
01:07:31a écarté une proposition
01:07:32de loi du PCF
01:07:33visant à reprendre en main
01:07:34les sites français.
01:07:35Le groupe a reçu
01:07:36392 millions d'euros
01:07:38d'aides publiques
01:07:38en 2023,
01:07:39pardon,
01:07:40et prévoit la suppression
01:07:40de 636 emplois.
01:07:42Donc,
01:07:42pour que la gauche
01:07:43redevienne la gauche
01:07:44et rassemble les classes populaires,
01:07:45il faut lancer
01:07:46des débats très forts.
01:07:47Alors,
01:07:47par exemple,
01:07:47nationalisation
01:07:48ou expropriation
01:07:49ou organisation
01:07:50de la production
01:07:51par les travailleurs,
01:07:51par exemple ?
01:07:53D'abord,
01:07:54c'est une proposition
01:07:55que nous avons portée
01:07:56et qui a été travaillée
01:07:57avec les organisations syndicales.
01:07:58C'est-à-dire qu'on ne l'a pas
01:08:00créée tout seul
01:08:01dans notre coin
01:08:01et je veux vraiment
01:08:03rendre hommage
01:08:04parce qu'en fait,
01:08:04c'est ça qui dérange
01:08:05la droite aujourd'hui.
01:08:06En fait,
01:08:07les salariés,
01:08:08les travailleurs,
01:08:09justement,
01:08:10ceux qui travaillent,
01:08:11je reprends tous les mots
01:08:12comme ça,
01:08:12j'en oublie pas,
01:08:14je pense,
01:08:16ont une capacité
01:08:20à défendre
01:08:20leur outil
01:08:21qui est exceptionnel.
01:08:23Et donc,
01:08:24quand on les écoute,
01:08:25ils font des propositions
01:08:26et qui sont de bon sens
01:08:27et qui sont utiles
01:08:28et efficaces.
01:08:29Donc,
01:08:30oui,
01:08:30nous défendons
01:08:31et nous avons défendu
01:08:32la nationalisation
01:08:33d'ArcelorMittal
01:08:34et comme je le disais,
01:08:35malheureusement,
01:08:35ça a été,
01:08:36vous venez de le rappeler,
01:08:37balayé par la droite,
01:08:38j'ai envie de dire,
01:08:40sans surprise,
01:08:41des fois,
01:08:41ça me rassure
01:08:41en même temps
01:08:42que la droite
01:08:43ne soit pas d'accord
01:08:43avec moi,
01:08:44quoi,
01:08:44quoi,
01:08:44j'ai envie de vous dire,
01:08:45il n'y a pas de soucis.
01:08:46En revanche,
01:08:47ce qui m'interroge plus,
01:08:48vous voyez,
01:08:48dans ce vote-là,
01:08:49c'est que la droite
01:08:50qui nous explique
01:08:51qu'il faut de la souveraineté
01:08:52industrielle,
01:08:53qu'il faut de l'acier,
01:08:53qu'il faut...
01:08:54En fait,
01:08:55elle ne prend jamais
01:08:55les bonnes décisions
01:08:57pour permettre
01:08:58que cette industrie continue.
01:09:00Alors après...
01:09:01Vous parlez d'une société
01:09:02nationale de l'acier.
01:09:03Oui,
01:09:04mais je veux dire après.
01:09:05Après,
01:09:05il y a d'abord
01:09:06nationalisation,
01:09:07ça veut tout dire
01:09:08et on peut y mettre
01:09:09beaucoup de choses.
01:09:10Justement,
01:09:10il y a différentes techniques.
01:09:12Je vais y revenir.
01:09:13Il y a la nationalisation,
01:09:14il y a l'entrée au capital
01:09:15de l'État.
01:09:17Mais après,
01:09:17ce que je veux dire,
01:09:18c'est que la nationalisation,
01:09:19ça ne règle pas tout.
01:09:20Par exemple,
01:09:21on l'a vu dans le passé,
01:09:22ce n'est pas parce qu'on nationalise
01:09:24que la question des droits
01:09:25des travailleurs
01:09:26et de la qualité du travail,
01:09:28elle est réglée.
01:09:29Donc,
01:09:29de toutes les manières,
01:09:31nous,
01:09:31quand nous proposons
01:09:32une nationalisation,
01:09:33nous proposons,
01:09:34bien évidemment,
01:09:35aussi une vision
01:09:36avec de nouveaux droits
01:09:38au sein de l'entreprise.
01:09:39D'ailleurs,
01:09:39qu'elle soit nationalisée
01:09:40ou qu'elle ne le soit pas.
01:09:43On en est là.
01:09:44La question de l'expropriation
01:09:46aujourd'hui,
01:09:46et on le sait tous,
01:09:47c'est qu'en fait,
01:09:48c'est un slogan,
01:09:49mais qui n'est pas
01:09:49en capacité applicable.
01:09:51Donc,
01:09:52on peut se le dire
01:09:53et on peut se faire plaisir
01:09:55en se le disant.
01:09:56Mais en fait,
01:09:56personne...
01:09:57Non, mais c'est important
01:09:57de discuter
01:09:58parce que c'est vrai,
01:09:58je pense qu'il y a beaucoup de gens
01:09:59qui ne savent pas
01:10:00que c'est possible.
01:10:01Mais parce que...
01:10:02Juste de remettre sur la table,
01:10:04même si ça paraît impossible,
01:10:05mais en tout cas que ça existe aussi,
01:10:06que ça a existé.
01:10:07Ça a existé.
01:10:08Mais en fait,
01:10:09aujourd'hui,
01:10:09vous êtes d'ailleurs confronté
01:10:10au sacro-saint droit de la propriété.
01:10:13C'est d'ailleurs à ça
01:10:13qu'il faudrait s'attaquer.
01:10:14Mais en fait,
01:10:16vous n'expropriiez pas,
01:10:17pardon,
01:10:17un chef d'entreprise
01:10:19simplement parce qu'il décide
01:10:20de fermer un site.
01:10:21En fait,
01:10:21ça ne...
01:10:22Donc...
01:10:23Et la troisième forme
01:10:26que vous me donnez...
01:10:26Non, je...
01:10:29Si l'organisation de la production
01:10:30par les travailleurs,
01:10:31vous avez dit
01:10:32que vous travaillez aussi
01:10:33avec les syndicats et tout ça.
01:10:35Non, mais parce que,
01:10:36excusez-moi,
01:10:36je n'ai pas compris.
01:10:37Parce que, non,
01:10:37mais en fait,
01:10:38je pensais que quand vous disiez ça,
01:10:39c'était plus tout ce qu'on peut développer
01:10:41sur la reprise de la boîte
01:10:42par les salariés.
01:10:43La nationalisation,
01:10:44on est d'accord.
01:10:45C'est l'État qui prend
01:10:46et qui organise la production.
01:10:48Et on pense que,
01:10:48par exemple,
01:10:49sur la question de l'acier,
01:10:50c'est essentiel
01:10:51parce que c'est la base de l'industrie
01:10:54et c'est ce qui permet ensuite
01:10:55de répondre aux enjeux environnementaux,
01:10:57de transport, etc.
01:10:58Donc là,
01:10:58on pense que l'État
01:11:00doit avoir une vision stratégique
01:11:01en la matière.
01:11:02En revanche,
01:11:03on a tous en tête
01:11:04des exemples
01:11:05de boîtes
01:11:06où les patrons
01:11:08ont voulu
01:11:10licencier,
01:11:10fermer le site,
01:11:11mais où là,
01:11:11ce sont les salariés
01:11:12qui se sont organisés
01:11:14et qui ont repris
01:11:15l'organisation
01:11:16de l'entreprise.
01:11:17Et dans ce cas-là,
01:11:18on n'est pas
01:11:18dans une nationalisation,
01:11:19mais par une reprise en main
01:11:21par les salariés eux-mêmes
01:11:22de leur outil de production.
01:11:24Est-ce que vous pensez
01:11:25que la gauche doit lancer
01:11:26une bataille
01:11:27pour un plan de nationalisation
01:11:28massif ?
01:11:29Est-ce que ce sujet
01:11:30pourrait permettre à la gauche
01:11:31de former aussi
01:11:31un nouveau mouvement social
01:11:32d'ampleur,
01:11:33comme autrefois ?
01:11:35Alors,
01:11:35si seulement il suffisait
01:11:36de lancer un plan de nationalisation
01:11:37pour qu'il y ait un mouvement social,
01:11:39je vous dirais oui tout de suite.
01:11:41Non,
01:11:41moi je pense qu'après,
01:11:42je le redis,
01:11:43la nationalisation,
01:11:45ce n'est pas l'alpha et l'oméga,
01:11:47pour le coup,
01:11:47je ne le pense pas,
01:11:48de l'organisation économique
01:11:50d'un pays.
01:11:50Je pense qu'il doit y avoir
01:11:52des grands...
01:11:53L'organisation économique
01:11:54communiste ?
01:11:55Oui,
01:11:56mais je ne défends pas...
01:11:59L'organisation économique
01:12:00dans laquelle je me projette
01:12:02n'est pas forcément
01:12:03celle de l'étatisation
01:12:04de l'économie
01:12:05versus ce qui a pu se passer
01:12:07dans un certain nombre
01:12:07de pays au XXe siècle.
01:12:08Et donc,
01:12:09je pense au contraire,
01:12:10par exemple,
01:12:10que nous avons
01:12:11des enjeux stratégiques
01:12:13que peuvent être...
01:12:14Mais ce qu'on a fait
01:12:15au sortir de la guerre,
01:12:16qui sont les notions
01:12:17de mobilité,
01:12:18qui sont des notions
01:12:18d'énergie
01:12:20dans la diversité de production,
01:12:21les matières premières.
01:12:23Là,
01:12:23on a...
01:12:24L'État a besoin
01:12:25d'être...
01:12:26d'en être à la main d'œuvre,
01:12:27à la manœuvre,
01:12:28pardon,
01:12:28parce que c'est ce qui permet
01:12:30ensuite de satisfaire
01:12:31les besoins de la population.
01:12:32Ensuite,
01:12:32tout le reste.
01:12:33J'ai envie de vous dire
01:12:34qu'on ait des salariés
01:12:37qui se réorganisent,
01:12:39réorganisent
01:12:41le système économique
01:12:42pour que ce soit,
01:12:43finalement,
01:12:43ceux qui produisent,
01:12:45qui décident
01:12:45et qui orientent
01:12:46les productions.
01:12:47je pense que c'est
01:12:48beaucoup plus efficace
01:12:50et on parlait tout à l'heure
01:12:50Récupérer les moyens
01:12:51de production.
01:12:51Je pense que l'on parlait
01:12:52de l'épanouissement
01:12:53au travail,
01:12:54je pense que ça redonnerait
01:12:55beaucoup plus de sens
01:12:57dans son travail
01:12:58que simplement
01:12:59d'avoir un patron
01:13:00qui vous dit
01:13:00de faire ça ou ça.
01:13:01Une dernière question,
01:13:02Anthony.
01:13:02Oui, alors justement,
01:13:03on parlait de mobilisation sociale
01:13:04et vous dis,
01:13:05voilà,
01:13:05parler de nationalisation,
01:13:07c'est pas aussi simple,
01:13:08c'est pas ça forcément
01:13:08qui va remplir les rues.
01:13:09Mais justement,
01:13:10comment vous analysez
01:13:11la difficulté de la gauche
01:13:12aujourd'hui
01:13:13à réussir une mobilisation sociale,
01:13:15un mouvement social,
01:13:16en bref,
01:13:17à se faire craindre
01:13:17dans la rue ?
01:13:19Alors, je pense que là encore,
01:13:20c'est assez contradictoire
01:13:21parce que vous voyez,
01:13:22au mois de septembre,
01:13:23il y a eu une très forte mobilisation
01:13:24sur la question des retraites.
01:13:26Donc,
01:13:29c'est pas aussi automatique que ça
01:13:32ou quelques jours avant,
01:13:33le 10 septembre,
01:13:34dans le cadre du mouvement bloc.
01:13:35Donc, je veux dire...
01:13:36Il y a eu une grande mobilisation,
01:13:37mais il y avait quand même aussi
01:13:38deux cortèges,
01:13:39parfois un cortège syndical,
01:13:40un cortège politique
01:13:40d'une semaine à l'autre.
01:13:41Ça dit aussi quelque chose
01:13:42de la difficulté de la gauche.
01:13:43Malheureusement,
01:13:44c'est pas nouveau non plus.
01:13:45Donc, je veux dire,
01:13:46mais le problème,
01:13:46après qu'on a...
01:13:48Mais je crois,
01:13:48je vais revenir au point de départ.
01:13:50C'est que, pour vous...
01:13:51Moi, je ne crois pas
01:13:52que plus on est dans la misère
01:13:54et sans perspective,
01:13:55on s'engage.
01:13:56En fait,
01:13:56plus on est dans la misère
01:13:57et sans perspective,
01:13:58plus on est touché
01:13:59par la fatalité
01:14:00et plus on devient
01:14:01une proie facile
01:14:02pour l'extrême droite.
01:14:03Non, mais donc...
01:14:04Sauf s'il y a un projet
01:14:04alternatif dessiné en face.
01:14:06Peut-être que c'est ça,
01:14:07le problème de la gauche.
01:14:07Non, mais on ne dessine pas
01:14:08un projet à la place des gens.
01:14:10Si on ne les met pas
01:14:11dans ce mouvement populaire,
01:14:16c'est la fatalité,
01:14:17c'est de l'individualisme,
01:14:18c'est ce à quoi on assiste
01:14:19et c'est ce à quoi
01:14:20s'occupent avec force
01:14:23un certain nombre
01:14:24de chaînes d'information
01:14:24en continu
01:14:25qui, tout au long
01:14:26de la journée,
01:14:27vous font angoisser de tout
01:14:29et le mal est au milieu
01:14:31de votre salon.
01:14:32Mais cependant...
01:14:33Donc ça, je pense
01:14:34que c'est une vraie difficulté
01:14:35qu'il nous faut casser.
01:14:36Donc après,
01:14:36il faut reprendre.
01:14:38Mais ce n'est pas
01:14:39parce qu'on va dire
01:14:40demain, on va nationaliser
01:14:41que les gens vont se lever
01:14:42et vont se mobiliser.
01:14:43C'est ça que je veux dire.
01:14:44Donc on a aujourd'hui,
01:14:45et c'est un vrai...
01:14:47Moi, en tout cas,
01:14:48je le prends comme ça
01:14:48et je le prends comme ça,
01:14:49je pense qu'on a besoin
01:14:51de retisser du lien
01:14:52les uns avec les autres.
01:14:54Et donc ça va se faire.
01:14:55Eh bien, oui,
01:14:56dans un conseil de quartier.
01:14:58Oui, parce que là,
01:14:59il y a une boîte,
01:15:00il y a un souci
01:15:00et donc on va faire.
01:15:01Oui, parce que là,
01:15:02il y a un problème environnemental
01:15:03et donc en fait,
01:15:04et que tous ces gens-là,
01:15:05si à un moment,
01:15:06on arrive à les tisser
01:15:07et à leur redonner
01:15:08de la perspective,
01:15:09parce que, je le redis,
01:15:10sinon,
01:15:11mais les gens,
01:15:11ils se replient sur eux-mêmes
01:15:12et on en revient au point de départ,
01:15:14mais les gens,
01:15:14le problème,
01:15:15ce n'est même pas
01:15:15qu'ils ne comprennent plus rien,
01:15:17c'est que les gens
01:15:17n'ont plus rien à foutre
01:15:18de ce qui est en train de se passer.
01:15:19Et comment vous voulez changer
01:15:21la société avec des gens
01:15:22qui s'en fichent ?
01:15:23J'ai envie de vous dire
01:15:24ce qu'il ne veut pas dire.
01:15:25Ils ne vivent pas bien,
01:15:26ils ne sont pas bien,
01:15:28mais pour eux,
01:15:29on leur a tellement dit
01:15:29que de toute façon,
01:15:30ma bonne dame,
01:15:31on ne peut pas faire autrement,
01:15:32qu'ils finissent par y croire.
01:15:33Alors, je pense qu'on a besoin
01:15:34d'une gauche qui retrouve
01:15:35cette capacité à faire
01:15:37et à démontrer.
01:15:38Je pense que les élections,
01:15:40ce qu'on peut faire
01:15:41à l'échelle locale
01:15:42est en tout cas une expérience
01:15:44de donner à voir
01:15:45qu'il n'y a pas de fatalité,
01:15:46il y a seulement
01:15:48ce pour quoi on décide
01:15:50de s'engager
01:15:50et de transformer.
01:15:51Merci beaucoup,
01:15:52Cécile Kukermat,
01:15:53d'être venue répondre
01:15:54à nos questions.
01:15:54Ça fait déjà quasiment
01:15:55plus d'une heure vingt
01:15:56qu'on échange.
01:15:57Je suis bavarde.
01:15:58Non, non, mais c'est aussi ça
01:16:00le principe de Saïra,
01:16:02c'est d'aller au bout
01:16:02des questions
01:16:03et d'interrompre le moins possible
01:16:04nos interlocuteurs,
01:16:06de faire avancer le débat.
01:16:07Je rappelle peut-être
01:16:08la mobilisation
01:16:09le 2 décembre prochain
01:16:10à l'appel de la CGT
01:16:11parce que c'est la prochaine donne.
01:16:13et de la FSU solidaire.
01:16:14Tout à fait.
01:16:16Et voilà,
01:16:16donc on se retrouve
01:16:17le 2 décembre en manifestation.
01:16:19Merci en tout cas,
01:16:20Cécile Kukermat
01:16:21d'être venue répondre
01:16:22à nos questions.

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