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  • il y a 1 jour
En direct de l’hôpital de Creil (Oise) avec Loïc Pen, médecin urgentiste CGT. Le point sur la situation sanitaire, un décryptage des annonces d’Emmanuel Macron, des pistes pour une sortie de confinement réussie.

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Transcription
00:00Loïc Peine. Bonjour. Merci de nous recevoir. On est à l'hôpital de Creil, vous sortez de 24 heures de
00:06garde.
00:08Alors, quelle est la situation aujourd'hui à l'hôpital ?
00:12Eh bien, ça améliore. Il y a déjà une quinzaine de jours, on n'a pas eu de stabilisation.
00:17Il y a une semaine, on signalait peut-être moins de consultations.
00:21Enfin, pas Creil, c'est partout en France, enfin, sur des zones à forte épidémie, on constatait ça.
00:27Eh bien, ça continue. C'est-à-dire qu'on a vraiment des urgences qui retrouvent un visage normal.
00:34Toujours avec une grosse baisse de fréquentation, parce que les gens ont toujours une inquiétude à venir aux urgences,
00:40de peur d'être contaminés par le Covid. Je suis allé chercher cette nuit un patient avec des problèmes respiratoires
00:46très importants.
00:47Ça avait commencé à 20 heures, j'y suis allé à 4 heures du matin, parce qu'il a attendu,
00:51attendu, attendu.
00:52Voilà, la crainte du Covid est toujours forte.
00:54Alors, j'en profite pour relancer un petit appel. Les gens qui ont des pathologies chroniques ou aiguës, il faut
00:58consulter aux urgences.
01:01C'est dangereux le Covid, on est plus d'accord, mais c'est aussi, il y a plein de choses
01:05dangereuses.
01:05Et ce serait quand même dommage de décéder, parce que là, on est parfois à ce niveau-là de danger
01:10d'une pathologie aiguë et de ne pas venir aux urgences.
01:13Mais sinon, hormis ce petit appel, on est quand même sur une phase d'amélioration très, très nette.
01:21Le confinement fait son effet, les contaminations sont moindres.
01:24On a désormais de la place en réanimation, puisqu'il y a quand même une période de fortes tensions,
01:31malgré cette formidable mobilisation des hôpitaux publics français pour réussir à multiplier les places de réanimation.
01:38Voilà, c'était très tendu. Aujourd'hui, on y arrive.
01:42C'est-à-dire qu'il n'y a pas de problème, des problèmes qui ont été évoqués de tri,
01:46d'euthanasie, de plus que j'ai entendu,
01:48n'existent pas aujourd'hui, n'ont pas réellement existé.
01:50On a eu des décisions difficiles, mais on n'a pas été dans le cas où on ne laissait aucune
01:54chance aux gens qu'on avait.
01:56Enfin, ici, je sais que d'autres hôpitaux ont été dans les cas plus difficiles.
02:00Ce n'est plus la situation.
02:01Donc, on a retrouvé un fonctionnement sinon normal, du moins de crise habituelle.
02:09Alors, et du point de vue des moyens techniques et des moyens matériels dont vous disposez,
02:15est-ce que finalement les masques annoncés sont arrivés ?
02:20Est-ce que le matériel de protection est arrivé ?
02:23Comment vous travaillez ?
02:25Non, ça, ça ne m'arrête pas.
02:27C'est-à-dire que les masques, il y a eu plusieurs livraisons de masques.
02:31Il y a eu des périodes où on craignait la rupture, on ne l'a jamais vu.
02:35Mais c'est une utilisation qui n'est pas normale de ces masques.
02:38C'est-à-dire que normalement, on devrait avoir des masques qu'on utilise tous les trois heures.
02:41Idéalement, qu'on pourrait jeter après avoir vu un patient contaminé.
02:44Enfin, voilà, une suspicion.
02:46Parce qu'on n'a pas les réponses tout de suite.
02:47Dans la réalité, on a toujours des masques qui sont distribués au compte-gouttes
02:50par l'encadrement des services qui sont sous clé dans les bureaux.
02:55Parce que voilà, on n'est pas riches.
02:57Et ce qui nous est arrivé est arrivé en petite quantité de dépannage.
03:01Mais on a toujours la même situation de pénurie relative.
03:06C'est-à-dire qu'on est obligé d'utiliser nos moyens de protection avec parcimonie
03:10et donc de façon moins efficace.
03:11Et puis là, on en est aussi à ne plus avoir des tensions sur les sur-blouses.
03:17Donc, on met par-dessus nos tenues quand on a des gens à forte suspicion de Covid.
03:23Là, on nous demande désormais de les garder pour les laver.
03:26Donc, c'est des blouses à usage unique.
03:28Ça ne se lave pas.
03:29Mais les tests ont été faits.
03:30Ça passe à 60.
03:31Quid de l'efficacité derrière ?
03:33J'en sais rien.
03:33Voilà.
03:34Je le dis très clairement.
03:35Il n'y a aucune idée de ça.
03:36On nous dit que ça marche.
03:38Et puis, on a des hôpitaux.
03:40Notre somme de référence qui est Amiens, ça y est,
03:43utilise aussi des salles de poubelle pour compenser le manque de mousse.
03:47Donc, quand même, quoi.
03:49Il y a des grandes annonces.
03:52Puis, il y a un principe de réalité.
03:53La réalité ne correspond pas aux annonces.
03:56Il n'y a pas de problème dans les hôpitaux.
03:57On a tout.
03:58Ce n'est pas vrai.
03:58Ce n'est pas vrai.
03:59Il y a une formidable mobilisation des hôpitaux, des personnels, des réservistes,
04:04des retraités, de tous ceux qui ont pu faire tourner la machine,
04:08donner des moyens de réouvrir les réas.
04:12Les anesthésistes ont arrêté.
04:13On a différé les opérations.
04:15Les anesthésistes ont pu donc passer en réanimation.
04:17On a utilisé à peu près tout ce qui était possible pour ne pas tomber dans la catastrophe italienne, par
04:23exemple.
04:24Mais voilà.
04:26On a l'impression que bravo au personnel, bravo aux gens qui se sont mobilisés.
04:30Mais la logistique n'a toujours pas suivi et ne suit toujours pas.
04:34Et alors, est-ce que ça pèse sur le moral des soignants ?
04:39Comment vont les soignants au niveau ambiance, morale, fatigue aussi ?
04:46Parce que ça commence, j'imagine, à peser.
04:48Est-ce qu'il y a des soignants qui sont malades, qui ont été contaminés du coup ?
04:53Oui, le taux de contamination chez les soignants n'est pas de chiffre exact, mais il est fort.
04:58Il se fait regarder dans nos services.
04:59C'est bien supérieur à ce qu'on a dans la population générale.
05:03Mais c'est normal, l'exposition est forte.
05:07Forcément, quand il y a eu ces pics d'arrivée Covid,
05:11c'est quasiment impossible d'avoir des mesures de sécurité optimum
05:16et de voir tous les patients en même temps.
05:18Se déshabiller à chaque patient, nettoyer, tout.
05:20On n'aurait pas vu les gens.
05:21Donc, on a fait tout ce qui était le plus sécure
05:26tout en n'étant obligé d'accomplir des missions
05:29qui étaient supérieures à ce qu'on a d'habitude.
05:34Forcément, il y a plein de soignants qui ont eu des accidents de protection
05:38d'une façon ou d'une autre et qui sont contaminés.
05:40Donc, on a dans les équipes beaucoup de gens qui ont été contaminés.
05:43Pour l'instant, on n'a pas eu de forme grave de façon très importante.
05:47Au moins, un médecin sur l'hôpital,
05:50ça a eu une forme extrêmement sérieuse, qui était en réanimation.
05:55Voilà.
05:56Pour le reste, ça a été des hospitalisations.
05:58Il n'y a pas eu des formes bénignes,
05:59mais il n'y a pas eu de drame pour l'instant
06:01dans la communauté soignante de notre hôpital.
06:05Mais est-ce qu'on peut dire que le manque de matériel de protection,
06:10que ce soit les masques ou les blouses,
06:13la difficulté avec laquelle vous devez gérer la pénurie,
06:16a contribué à ce qu'il y ait plus de soignants qui, du coup, tombent malades ?
06:24Oui, forcément.
06:25Forcément, c'est plus simple.
06:27Si on a des masques à disposition,
06:30je rentre dans une chambre, je mets un masque,
06:31le soir, je le jette et je ne touche pas mon masque avec les mains.
06:36Parce que forcément, c'est le truc-là quand même.
06:38Les gens qui portent des FB de longtemps se rendent compte que ça blesse.
06:42C'est difficile de bâtir une respiration sous ce truc.
06:46Ça demande un effort respiratoire supplémentaire.
06:49Ça passe pendant quelques heures.
06:51Toute une journée, c'est pénible.
06:52On finit par coucher le masque pour retirer parce qu'on a mal au nez.
06:55On finit par écarter un peu parce que ça grade.
06:58Si on avait des masques de façon libre, comme ça,
07:03ce qu'on fait en temps normal, quand on n'a pas de Covid.
07:05Si je mets un masque, parce qu'on les met aussi dans d'autres situations,
07:08un patient qui a une tuberculose, on va le voir avec un masque.
07:12Évidemment, quand je sors de la chambre de ce patient tuberculose actuellement,
07:16j'enlève le masque, je le jette, j'enlève mes ventes, je les jette.
07:19Voilà, c'est clean.
07:20Je me nettoye, on n'en parle plus.
07:21Et je n'ai pas le risque de retoucher.
07:23Là, évidemment, comme on garde ces masques très longtemps parce qu'on n'en a pas,
07:27les accidents de protection sont plus fréquents.
07:32D'accord.
07:33Alors, vous dites, je le rappelle parce qu'au fur et à mesure,
07:36il y a de plus en plus de personnes qui nous rejoignent sur ce live.
07:40On les salue.
07:41D'ailleurs, n'hésitez pas à poser vos questions, à partager ce live aussi.
07:46Vous dites donc en début de live que la situation sanitaire s'améliore,
07:51en tout cas en réa, ça continue à s'améliorer.
07:53C'est-à-dire qu'il y a moins de cas partout, ça continue à s'améliorer.
07:58Il y a moins de cas grâce au confinement.
08:02Donc, est-ce à dire qu'évidemment, il faut continuer absolument le confinement
08:06pour maintenir une situation un peu meilleure ?
08:11Pour l'instant, oui.
08:14Mais on ne va pas rester confinés à de vitesse éternelle.
08:16C'est évident que ça ne peut pas être une vie.
08:20Donc, il va falloir prévoir la sortie du confinement.
08:24On en parlera, puisque ça a été évoqué par le président de la République.
08:27Pour sortir du confinement, en fait, pourquoi ?
08:30Déjà, c'est pourquoi on est confinés ?
08:31On est confinés de façon totale, sans discriminer,
08:37parce qu'on n'est pas capables de savoir qui est malade.
08:40Tout simplement, on n'a pas suffisamment de tests-essais.
08:42Alors, ça monte en puissance, mais on est encore très, très loin
08:46de ce qu'il faudrait avoir.
08:47Des pays ont mis en place des politiques de tests massifs.
08:50La Corée, l'Allemagne sont les exemples, avec des résultats évidents.
08:55Ils ont une mortalité qui est moins importante et ils jugulent leur épidémie.
08:58Donc, il faut tester les patients qui sont porteurs du virus.
09:02Ça, c'est le test PCR.
09:03Et il faut avoir des tests sérologiques pour voir qui est immunisé,
09:08pour savoir qui on peut laisser sortir.
09:10Et tous ceux qui sont porteurs du virus doivent être ré-isolés.
09:13C'est comme ça qu'on va maîtriser l'épidémie.
09:15L'épidémie de maladies infectieuses, il faut diagnostiquer.
09:19Et quand on va diagnostiquer, isoler et traiter.
09:22Voilà, ça, c'est...
09:23Enfin, il n'y a pas d'autre méthode.
09:25Donc, là, on doit préparer cette sortie
09:30avec une politique de tests massifs de la population,
09:33les deux tests, et puis une politique massive de protection.
09:36C'est-à-dire que quand on va laisser sortir des gens,
09:38on va forcément rater des gens qui auront le virus,
09:41mais qui, voilà, auront info négative sur le test
09:46parce que ce test ne se sent pas parfait.
09:48Donc, il faudra qu'on soit masqué.
09:51Alors, pas avec des FFP2, avec des masques chirurgicaux
09:53pour qu'on ne se contamine pas les uns les autres.
09:56Alors, venons-en aux annonces d'Emmanuel Macron,
09:59donc lundi soir.
10:00Une première question de Laurence, d'ailleurs,
10:02qui demande « Que pensez-vous du retour à l'école annoncé pour le 11 mai ? »
10:08Alors, là encore, je suis censé être poli,
10:10mais je pense que c'est complètement con.
10:12Je vais être très clair.
10:14Tel que c'est proposé, c'est...
10:16Les enfants sont porteurs du virus.
10:19Ils font peu de formes graves, voire pas de formes graves.
10:22C'est l'exception.
10:23On a eu des cas, évidemment, des cas dramatiques,
10:25mais ça reste l'exception.
10:27Mais ils sont contaminés.
10:28Ils sont contaminés, donc ils sont contaminants.
10:31C'est-à-dire que, comment est-ce qu'on peut imaginer,
10:34alors qu'on n'a pas les tests, pas les masques,
10:37que c'est toujours des situations de pénurie dans les hôpitaux,
10:40qu'on a réussi par cette formidable mobilisation
10:42à ne pas avoir ce choc qu'on craignait de débordement des services de santé,
10:46qu'on remette là une potentielle contamination massive en route en France ?
10:51Parce que ce n'est pas autre chose qu'on fait.
10:54Pour l'instant, il n'y a pas de logique qui a été déprimée.
10:58Le chef de l'État nous dit qu'on va tester les patients symptomatiques.
11:02Il peut dire qu'on a un manque de tests.
11:04Déjà, ce sera la première chose.
11:05Il faut dire les choses telles qu'elles sont,
11:06parce qu'il faut garder la réalité en face.
11:08On n'est pas dans un truc virtuel.
11:10On n'a pas encore assez de tests.
11:12Pourquoi ? Parce qu'on n'a pas mobilisé notre industrie.
11:15On a délocalisé pour des années.
11:16On n'a pas relocalisé.
11:17Mais, je disais, aujourd'hui, l'industrie essentielle au pays,
11:22ça devrait être l'effort sanitaire,
11:24et donc mettre les sociétés pharmaceutiques, de chimie,
11:29au travail pour produire ces tests,
11:30et leur donner une injonction à faire.
11:32Ils pourront réquisitionner si besoin.
11:34Ça n'a pas été fait.
11:35On est toujours dans l'attente pour le marché nous règle le problème.
11:37Même si après, il y a des choses qui se font, heureusement.
11:40Je citais la dernière fois le cas d'une entreprise alsacienne
11:42qui produit des tests sérologiques.
11:44Mais ce n'est pas au niveau.
11:46Donc, là, on ne les a pas.
11:47Et donc, ils nous proposent, comme on est en pénurie de tests,
11:51même s'ils ne prononcent jamais cette idée,
11:55qu'on va tester les patients malades.
11:57Non, à la limite, il faudrait justement tester les patients pas malades.
12:02Parce que les malades, ce n'est pas compliqué.
12:03Ils sont malades.
12:04On dit qu'ils ont le Covid et on les met en confinement.
12:07Par contre, le problème, c'est tous les asymptomatiques.
12:09Ceux-là, on ne les voit pas.
12:10Et c'est bien le problème de ce virus.
12:12C'est qu'il y a un nombre de formes très importantes asymptomatiques.
12:16Et donc, comment on peut imaginer qu'on ne teste pas les gens pour les remettre ?
12:20Alors qu'on sait qu'il n'y en a qu'un qui va porter le virus.
12:22Par contre, on va relancer la contamination.
12:25Et les gestes barrières vont limiter les choses.
12:27Des masques, si on les a, limiteront les choses.
12:29Mais j'ai eu trois enfants.
12:33Bon courage pour faire appliquer des mesures de barrière en crèche.
12:37À la limite, c'est plus facile.
12:39On ne les sait pas vraiment.
12:40En maternelle, on commence à rigoler doucement.
12:42Ils sont toujours en train de s'embrasser.
12:44En primaire, sur les petites classes, ça va être compliqué.
12:46Un peu plus simple sur les classes supérieures.
12:48On reconnaît, je suis encore pire.
12:49Parce qu'au collège, ils sont immortels.
12:51Les enfants, il n'y a pas de problème.
12:53On ne commencera à retrouver des logiques de mesures de barrière au lycée.
12:56Mais bon, on se prépare quand même une série de clusters dans toutes les écoles.
13:02Et puis, très sincèrement, je serai prof, je me poserai des questions.
13:06Je n'irai pas comme ça reprendre les cours avec des enfants potentiellement porteurs
13:11et certes asymptomatiques, mais qui vont me contaminer.
13:15Les profs, il y en a plein qui ne sont pas loin de la retraite,
13:18qui ont des problèmes de santé, qui ont de l'hypertension, qui ont du diabète,
13:20pour toutes les problématiques qui nous ont poussé à confiner particulièrement ces populations.
13:27Et puis, on n'est pas à l'abri de personnes qui n'ont pas de grands problèmes de santé,
13:32qui font des formes graves.
13:33On l'a vu en réanimation, c'est une des caractéristiques qu'on a notées,
13:36qu'on n'attendait pas au début.
13:38Voilà.
13:39Alors certes, il n'y aura pas de personnes très âgées qui font cours, normalement.
13:44Mais ce n'est pas pour ça que les profs sont à l'abri,
13:47et puis les profs ont des familles,
13:50et on va relancer des contaminations potentielles.
13:53Donc je pense que, oui, il va falloir déconfiner.
13:56L'école, pour l'instant, ça me paraît quand même...
13:58Enfin voilà, sur le plan sanitaire, d'ailleurs,
14:01je ne sais pas, ce n'est pas là non plus une opinion personnelle.
14:04Le Conseil de l'Ordre des médecins et l'Inserm disent la même chose.
14:07Il ne faut surtout pas remettre les enfants à l'école,
14:09on va relancer les contaminations.
14:11On attend l'Académie de médecine,
14:12et s'ils disent la même chose,
14:14on aura la totalité des organisations médicales
14:18qui disent que c'est hallucinant.
14:20Je ne sais pas près de qui a pris le Conseil le président Macron,
14:23mais visiblement pas des médecins.
14:26Donc voilà.
14:28Pourquoi ils font ça ?
14:29Bref, il faut être clair.
14:31Moi j'ai entendu,
14:32j'ai écouté la question de la sénatrice Céline Brulin au Sénat à Blanquer,
14:37ministre de l'Éducation nationale,
14:40qui ne répond pas d'ailleurs,
14:41mais qui lui pose des questions sur comment on va faire,
14:43quel est le but.
14:45Et la réponse en gros de Blanquer,
14:47puisqu'il fait une réponse politique,
14:49il ne mène pas sur la méthode.
14:51Ça c'est dans 15 jours, on aura un plan.
14:53Enfin, je pense qu'il faudrait avoir un plan,
14:55avant d'annoncer les dates,
14:55ce serait quand même bien de ne pas tout faire à l'envers.
14:57Mais bon, voilà.
14:58Si on faisait comme ça, nous,
15:00ça aurait des catastrophes à l'hôpital.
15:02Mais bon,
15:04ce qu'il dit en fait,
15:06c'est pour un problème social.
15:07Il y a beaucoup d'enfants qui sont en échec scolaire.
15:09Alors moi, pour m'être battus localement
15:11avec mon syndicat et des associations de parents d'élèves,
15:15et j'ai été en association de parents d'élèves,
15:17la FCPE comme pas la cité,
15:18on s'est battus contre les fermetures de classe
15:21sur le terrain,
15:23on s'est battus pour des renforcements éducatifs
15:26dans les zones d'éducation prioritaire,
15:28on s'est...
15:28Voilà, c'est des luttes depuis des années
15:30et ça n'a pas changé que ce gouvernement.
15:33Et c'est ça qu'il faut faire,
15:34c'est arrêter de fermer des classes,
15:36arrêter de baisser les moyens de l'éducation nationale
15:40pour lutter contre ces problèmes sociaux,
15:44cette inégalité à l'éducation.
15:47Là, ils n'ont pas fait ça toute l'année
15:49et là, tout à coup, ils se soucient d'égalité
15:52pour remettre les enfants à l'école.
15:53Moi, mon sentiment, il est très clair,
15:55je le partage avec beaucoup,
15:57et on en discutait parce qu'on en discute
15:58entre collègues, on a tous un peu ce sentiment.
16:00Il faut remettre les parents au boulot surtout,
16:03et donc il faut garder les enfants,
16:04on les remet à l'école.
16:05Moi, je suis quand même effrayé de voir
16:07que peu de temps avant,
16:08le MEDEF et le groupe Geoffroy Roupézi,
16:11son président,
16:12il faut recommencer, il faut relancer l'économie
16:15et qu'immédiatement, le gouvernement
16:17déjà se fait le relais de ses propos
16:19et sortent peu de temps après
16:21la réouverture des écoles.
16:22Un traité de cynique,
16:24mais quand même,
16:25on va dire 23 jours.
16:27À un moment donné,
16:28je ne vois pas d'explication autre
16:30à cette volonté de remettre
16:33les enfants à l'école
16:34avec de tels risques.
16:36Alors, une question,
16:37enfin des questions,
16:38plusieurs questions
16:39sur les traitements.
16:40Donc, Alice qui demande
16:42pourquoi ne pas prendre le médicament
16:43du docteur Raoult
16:46et Gisleine qui dit
16:47qu'en est-il des traitements docteurs
16:48plus généralement ?
16:51Pourquoi ne pas prendre
16:52le traitement du docteur Raoult ?
16:54Déjà, je disais,
16:55notre attitude majoritaire
16:58chez les médecins
16:59a été d'en donner.
17:01D'en donner pas parce que c'était efficace,
17:03ça on ne le sait pas,
17:04mais d'en donner parce qu'il y avait
17:05une chance que c'est efficace
17:06puisque ça a un effet virologique,
17:08ça baisse la charge virale.
17:09Ce qui ne nous le dit pas
17:11si ça diminue les contaminations,
17:14ça ne nous le dit pas.
17:15Voilà.
17:15On n'a pas de résultats cliniques,
17:17on a juste une étude virologique.
17:19Et ça ne nous le dit pas
17:20si ça ralentit la maladie
17:23ou si ça la soigne.
17:24Mais comme on avait rien
17:25qui avait un effet
17:26que c'est un médicament
17:27qu'on connaît depuis longtemps
17:28avec des risques qui existent,
17:29ils sont réels.
17:30Certains hôpitaux ont d'ailleurs
17:31décidé d'arrêter,
17:32c'est un hôpital étranger surtout,
17:34d'arrêter ces traitements
17:35parce qu'ils avaient
17:35beaucoup d'effets secondaires
17:36pour pas d'efficacité.
17:38Donc, nous, on a eu l'attitude
17:39de dire qu'on le donne
17:40mais avec une série de sécurités,
17:42un ECG, des contrôles
17:44et une surveillance hospitalière.
17:45Voilà comment ça a été fait
17:47dans la majorité des hôpitaux.
17:51Mais pour autant,
17:53je leur dis,
17:54on ne sait pas
17:54s'il est efficace ce traitement.
17:56Il n'y a pas de retour là-dessus.
17:58On a une étude observationnelle
18:01qui s'est faite à Marseille.
18:02Ils ont traité un millier de patients environ.
18:05Ils ont 91% des patients
18:07qui vont bien.
18:07Mais je le disais déjà la dernière fois,
18:09un de mes confrères
18:10qui était sur le circuit Covid de Creil
18:13a vu à peu près 600 patients.
18:15Sur ces 600 patients,
18:1690% sont guéris.
18:19On fait une forme asymptomatique
18:22ou bénigne du Covid.
18:24Et ils n'ont pas eu
18:25de l'oxyclorequine.
18:26Donc, on est sur des chiffres
18:28très comparables.
18:29Et je rajoutais qu'à Marseille,
18:31en plus,
18:32ils ont eu une politique
18:32qui était de la 13...
18:33Enfin, on va dire,
18:34c'est de la politique qu'il faut avoir.
18:35C'était la politique de test massif.
18:37C'est moi, c'est ça
18:38qui m'intéressait le plus.
18:40C'est la volonté de tester
18:41massivement les gens
18:42qui fait qu'on a testé aussi
18:43beaucoup plus de formes bénies
18:44et asymptomatiques.
18:45Puisque nous, au début,
18:46ce qu'on nous demandait,
18:47c'était de tester que les gens malades
18:49pour confirmer que c'est un Covid.
18:51Puisqu'on était au début
18:51de cette épidémie
18:52et qu'on voulait voir
18:53quelle forme clinique ça avait
18:55et qu'on n'avait pas beaucoup de tests.
18:57Donc, on réservait nos tests
18:59aux formes symptomatiques
19:00et fortement symptomatiques.
19:02Donc, évidemment,
19:03le recrutement de Marseille
19:04est différent du nôtre.
19:05Nous, on testait
19:06et donc on raisonnait
19:08sur les formes les plus sévères,
19:11alors que Marseille raisonnait
19:12sur l'intégralité des formes de Covid,
19:14les sévères et les bénies.
19:15Donc, il devrait avoir des chiffres
19:17manifestement très, très hauts de guérison.
19:19Or, ça semble être comparable.
19:22Alors, quand j'ai dit ça,
19:23je n'ai pas dit non plus
19:23qu'hydroxychloroquine était inefficace,
19:26je dis juste qu'on n'en sait rien.
19:27Tant qu'on n'aura pas une étude scientifique
19:30sur laquelle on peut s'appuyer,
19:32ce qui ne nous a pas,
19:32parce que les gens disent
19:33« mais c'est pas bien, vous ne le donnez pas ».
19:35Si, ça ne nous a pas empêché de le donner
19:37en disant « on ne perd pas de chance ».
19:39Et sauf qu'à un moment donné,
19:40il faut savoir quand même ce qu'on fait
19:42et il faut bien qu'on valide ce qu'on fait,
19:45qu'on ait la preuve de ce qu'on fait.
19:47On est quand même un pays
19:48où on a récemment un scandale
19:51qui a été celui du médiateur.
19:53Enfin, il faut quand même,
19:55ce n'est pas des tic-tac les médicaments.
19:58Ça a des effets secondaires,
19:59ça peut être dangereux.
20:00Et puis, on nous dit
20:02« mais celui-là, il est connu ».
20:03D'accord.
20:04On l'a donné pour le chikungunya,
20:06ce médicament,
20:06l'hydroxychloroquine.
20:08Le résultat était qu'on a aggravé les patients.
20:10Parce qu'il y avait un effet pareil sur le virus,
20:13il y avait un effet virologique.
20:14Mais l'effet clinique n'a pas du tout
20:16été celui qu'on attendait
20:17et ce médicament a été arrêté.
20:19Qui nous dit ?
20:20Parce qu'à un moment donné,
20:21voilà, des décisions qu'on prend,
20:24elles doivent être bien réfléchies,
20:26y compris sur le long terme,
20:27pour le rapport bénéfice-risque des patients.
20:31Qui nous dit que ce médicament
20:32n'a pas la capacité à laisser le virus
20:36l'attendre dans l'enquête ?
20:37C'est une connerie,
20:37c'est juste pour qu'on t'en prenne.
20:40En fait, c'est un virus nouveau.
20:42Donc, on ne sait pas
20:42comment les médicaments vont réagir avec.
20:44Et il faut bien qu'à un moment donné,
20:46on soit capable de sortir
20:47une étude comparative
20:48qui nous dise « vous avez raison,
20:50vous avez tort ».
20:51Parce que sinon,
20:51on joue aux apportes sorciers quand même.
20:54Alors, il y a des questions également
20:55sur la deuxième vague possible.
20:58Donc, c'est pointé par plusieurs commentaires.
21:02Qu'en pensez-vous ?
21:04La deuxième vague, elle est probable.
21:07si on fait un déconfinement non maîtrisé,
21:10c'est-à-dire non testé, à la vague.
21:12Ce qui, pour l'instant, semble être le cas.
21:13Moi, je suis extrêmement inquiet.
21:16J'étais un peu très énervé dans ma télé.
21:18J'ai regardé le président Macron.
21:22On a passé du temps quand même
21:23à essayer de juguler cette crise.
21:25Alors, tout le monde l'a fait en restant confiné.
21:27Dans les hôpitaux, on l'a fait en se mobilisant
21:30et avec un tribut, je le disais,
21:31particulièrement lourd, payé par les soignants.
21:33On n'a pas envie d'avoir fait ça pour rien quand même.
21:36Là où on a des acquis,
21:38on aimerait bien les conserver.
21:39C'est-à-dire, désormais,
21:41on est quand même sur plusieurs mois maintenant.
21:43Donc, ce n'est pas possible de contenir une vie.
21:45Il n'y a pas de test.
21:46Non, il faut faire.
21:47Nous, on a fait.
21:48Il faut qu'aussi l'État fasse sa part
21:50et assume son rôle d'État stratège
21:53pour faire les choses.
21:54Ça ne peut pas être,
21:55on regarde les trains passés.
21:57Et donc, là, il faut qu'on fasse
21:59un déconfinement maîtrisé.
22:00Sinon, on aurait une deuxième vague.
22:02De toute façon,
22:02il y aura des recontaminations plus importantes
22:04quand on déconfinera.
22:06Tout le jeu consiste à dire
22:08qu'il faut que ce soit le moins possible.
22:10C'est pour ça qu'il faut maîtriser.
22:11Qu'on ne puisse pas avoir de nouveau
22:13un pic qui submerge les services de santé
22:15parce que là, ça fait des morts.
22:16Si on ne peut plus prendre les gens en réanimation,
22:17ben voilà,
22:18là, on retombe dans toutes les problématiques
22:20de choix éthiques et de gens sacrifiés.
22:23Donc, il ne faut pas ça.
22:24Il faut que très peu de contenu.
22:27C'est ça.
22:27Donc, on maîtrise bien les choses.
22:29Et puis, qu'on laisse ce virus,
22:33soit il est saisonnier
22:34et tout s'arrête
22:35et tout ce que je dis
22:36ne servira à rien
22:37puisque ça va s'arrêter mi-mai.
22:39Voilà.
22:40Pourquoi pas ?
22:41Mais ça, on est dans l'hypothèse totale.
22:43On n'en sait rien du tout.
22:45C'est un virus nouveau.
22:46Il a commencé en décembre.
22:48On n'a jamais fait de printemps avec ce virus.
22:51S'il s'arrête,
22:51on est juste très heureux.
22:53On pourra prendre un peu de vacances.
22:54Mais parier là-dessus,
22:56enfin, quand même, quoi.
22:58C'est vraiment très, très dosé.
23:00Moi, j'ai entendu, oui,
23:01l'épidémie à Marseille s'arrêterait.
23:03On ne sait pas.
23:04Enfin, là, vraiment, on ne le sait pas.
23:07Si les gens qui annoncent la fin de l'épidémie
23:10pari sur le virus saisonnier
23:11et qu'ils ont raison,
23:12tant mieux pour eux.
23:13Mais je veux dire,
23:14il ne faut pas jouer au Dostradamus.
23:15En fait, on n'en sait rien du tout.
23:17Il faut être sérieux.
23:18On ne peut pas raconter n'importe quoi.
23:21On a diminué cette épidémie
23:23parce qu'on a fait du confinement.
23:25et une méthode que je regrette
23:27parce que si on avait eu les moyens
23:30de faire autrement
23:31et de confiner sélectivement,
23:32c'est ça qu'il fallait faire.
23:33On n'en avait pas les moyens.
23:34Donc, on a eu cette méthode.
23:38Mais on n'est pas sur une épidémie
23:41qui s'arrêterait pour des raisons saisonnières
23:42de façon sûre.
23:44Probablement pas, d'ailleurs.
23:45On a vu qu'il y avait d'autres pays
23:46où l'épidémie recommençait.
23:49Donc, là, on est sur...
23:52On ne sait pas si le virus va s'arrêter.
23:54S'il ne s'arrête pas,
23:55ce qui reste le plus probable,
23:57il va persister encore tout un temps
24:00dans la population
24:01et refaire des contaminations
24:02comme ça sporadiques
24:03où il faudra isoler,
24:04mais pas contacter.
24:05C'est pour ça qu'il faut tester
24:06parce que sinon,
24:07on va relancer les choses.
24:08Il faudra tout de suite intervenir
24:09des gens mis en quarantaine,
24:10des contacts testés.
24:11Enfin, voilà.
24:12Il faudra faire les choses
24:13comme on aurait dû les faire dès le départ
24:14si on en a eu les moyens
24:16et puis faire durer ça
24:18jusqu'à la sortie d'un vaccin
24:20parce que c'est ça
24:22qui va permettre
24:22d'immuniser la population.
24:24Et pour l'instant,
24:24on n'a pas de date sur ce vaccin.
24:26Mais on parle d'un an,
24:28voire deux ans
24:29avant la sortie,
24:29la commercialisation d'un vaccin ?
24:32Ben ouais,
24:32mais moi, je suis comme Saint-Thomas,
24:33je crois ce que je vois.
24:34Et puis un an ou deux ans,
24:35ce n'est pas du tout pareil.
24:36Donc, si c'est un an,
24:37ouais, super.
24:38Si c'est deux ans,
24:39ça commence à faire moins.
24:40Donc, voilà.
24:41Pour l'instant,
24:42je ne vais pas vous annoncer des trucs
24:43alors que je n'en sais rien.
24:45Alors, on a un commentaire
24:46de Jean-Nicolas
24:47qui nous dit
24:48« Je suis en Malaisie,
24:49température 35 degrés,
24:51virus actif. »
24:53Ouais, mais ce n'est pas ça.
24:55Le problème,
24:56c'est que les virus saisonniers,
24:56ce n'est pas la température.
24:59On ne sait pas bien pourquoi.
25:00On le constate.
25:02C'est vraiment,
25:03les virus,
25:04c'est un fonctionnement
25:04d'un écosystème
25:05assez complexe
25:06de température,
25:08d'habitude des gens
25:09aussi selon les saisons.
25:11Enfin,
25:13on n'a pas de réponse à ça.
25:16Ce n'est pas cette question-là.
25:19Il est possible,
25:19vous savez,
25:20on a eu le H1N1
25:21qui avait une séjournalité inversée,
25:23par exemple,
25:23mais une séjournalité quand même.
25:26Ce n'est pas automatiquement
25:27la chaleur.
25:29Je n'ai pas les réponses à ça,
25:30mais je pense que
25:31personne ne les a complètement.
25:33On constate, c'est tout.
25:35Alors, on nous demande également
25:36un éclaircissement
25:37sur ce qu'on appelle
25:37les faux négatifs.
25:39Est-ce que vous pouvez...
25:40Ou les faux positifs ?
25:43Ce n'est pas une chose.
25:46Alors, justement,
25:47est-ce que vous pouvez
25:47éclaircir un peu ce vocabulaire ?
25:49On a beaucoup de faux positifs.
25:52On n'a pas de faux positifs,
25:53on a des faux négatifs.
25:55En fait,
25:56le test PCR qu'on fait,
25:58c'est qu'on va aller prélever
25:59dans le nez des gens,
26:00dans la trachée,
26:01s'ils sont en réanimation,
26:04quelques sécrétions
26:05qu'on va récupérer
26:06sur un écoulillon.
26:07On va envoyer ça au laboratoire.
26:08On va le mettre...
26:10Enfin, on va tester
26:10ce qu'on a récupéré
26:15pour récupérer le virus.
26:17En fait, on le capture
26:19par des récepteurs.
26:21Et puis après,
26:21on va amplifier ce virus.
26:23C'est ça le principe de la PCR
26:27pour voir s'il est présent.
26:29Voilà.
26:30C'est comme ça qu'on fait.
26:31Et donc, ce test,
26:33si le virus est présent,
26:34ça amplifie,
26:35on le retrouve,
26:36donc il est positif.
26:37Il n'y a pas vraiment
26:37de faux positifs.
26:39Par contre, selon le prélèvement,
26:41on peut ou pas
26:43récupérer du virus
26:44dans les sécrétions
26:44qu'on prélève.
26:45Selon la qualité du prélèvement,
26:47est-ce qu'on a qu'il y a assez loin ?
26:48Et selon le stade
26:49où est la maladie,
26:50est-ce qu'il y a du virus
26:51en quantité importante ou pas ?
26:52Il peut qu'on n'en choque pas.
26:54Donc, du coup,
26:55on a des tests
26:56qui sont des faux négatifs.
26:58C'est-à-dire que les gens
26:58ont le virus,
26:59mais pour nous,
27:00quand on a le résultat,
27:01ça nous rend négatif.
27:02Sauf qu'on a un scanner
27:03qui nous dit,
27:03c'est positif.
27:04Parce que les images
27:05de scanographie
27:05sont extrêmement typiques
27:09de ce virus.
27:10Et du coup,
27:11on peut quasiment
27:12faire le diagnostic
27:13sur le scanner sans test.
27:14C'est aussi ce qui nous a permis
27:15de comparer sur le fait
27:16qu'on avait des gens
27:17qui étaient objectivement
27:18qui avaient la maladie
27:19et pourtant,
27:19notre test revenait négatif.
27:20Et on a du mal
27:21à évaluer la quantité
27:22de faux négatifs.
27:23On a parlé de 30%,
27:24ce qui est énorme.
27:25C'est sûrement un peu moins
27:27désormais que les tests,
27:30les méthodes de prélèvement
27:31sont plus routinières
27:33et que les gens ont plus
27:34l'habitude de les faire.
27:35Alors, il y a une petite polémique
27:37en ce moment dans les commentaires
27:38puisque Sylvain Sylvain dit
27:39« Moi, un médecin
27:40avec la carte CGT,
27:41je n'aurais pas confiance. »
27:42Et donc, bien sûr,
27:43beaucoup de monde lui répond.
27:45Qu'est-ce que ça vous inspire ?
27:48On parle de grande chose.
27:51Ce sont déjà deux choses différentes.
27:55Les médecines de médecine
27:57n'ont ni été payées
27:58ni validées par la CGT.
28:00Ça a été pratique
28:01en même temps.
28:01Et puis, de l'autre côté,
28:03j'ai un engagement syndical
28:04et politique
28:05parce que je pense
28:06que la médecine,
28:08je pense que la médecine,
28:11c'est non seulement
28:12de la technique,
28:13c'est des connaissances scientifiques,
28:16c'est aussi des sciences humaines
28:18parce qu'il y a une grande part
28:20de relations dans la médecine.
28:21Et puis, ça ne peut pas être isolé
28:23du reste de la société.
28:25Ça ne peut pas
28:26parce qu'on voit
28:28comment est-ce qu'on pourrait
28:30ne pas regarder ce qui se passe
28:31sur la politique logistique
28:34qui nous a été appliquée,
28:35sur les tests
28:35et pour quelles raisons.
28:37Si à un moment donné,
28:38les médecins
28:39et la majorité de mes confrères
28:40ne font pas à la CGT,
28:42je serais très contents,
28:43ce n'est pas le cas.
28:44Mais si les médecins
28:45restent dans leur précaré,
28:47pensant qu'ils,
28:48les médecins ou les infirmières,
28:49d'ailleurs,
28:49c'est aussi tous les soignants,
28:52pensant qu'ils soient indépendants
28:53du reste de la société,
28:54je pense qu'on va
28:55vers des catastrophes.
28:56Je pense qu'il faut
28:56que de plus en plus,
28:59je parle pour la santé,
29:00c'est la CGT santé,
29:02mais je pense la même chose
29:03pour tous les métiers.
29:04C'est-à-dire qu'on ne peut pas
29:07penser qu'une entreprise,
29:08quelle qu'elle soit,
29:09est isolée de l'ensemble
29:09de la société
29:10et qu'il ne faut pas
29:10non seulement se battre
29:11pour ses droits
29:12et les droits des patients,
29:13enfin, pour ses droits
29:15dans les sociétés
29:16et pour nos droits
29:17et la qualité de nos soins
29:18dans les hôpitaux,
29:19mais même au-delà,
29:22regarder comment on est considéré,
29:23quelle place on a dans la société,
29:25parce que ne pas le faire,
29:27ne pas l'avoir fait
29:28pendant des années,
29:29on se retrouve quand même
29:29dans une situation
29:30où les soignantes
29:30ne se sont pas exprimées,
29:31se sont débrouillées
29:32comme ils pouvaient
29:33et pendant ce temps-là,
29:34l'hôpital public a souffert
29:36de cures d'austérité terribles
29:37qui nous mettent
29:38dans cette situation
29:39où même avec cet élan fabuleux
29:43que je décrivais
29:44des professionnels de santé
29:45dans leur diversité
29:46et puis la solidarité
29:47qui s'exerçait autour,
29:48on a quand même été
29:49dans une situation compliquée
29:50pour prendre en charge
29:51cette épidémie
29:51parce qu'il y a eu
29:54un an de manifestation
29:55parce qu'on n'arrivait plus
29:56à travailler,
29:57parce que les urgences
29:58étaient en crise
29:59depuis un an
29:59et si on ne s'était pas
30:03mêlés de ça,
30:04ça aurait été encore pire
30:05parce qu'on a freiné
30:07des classes hospitalières,
30:08on a empêché
30:10que certains services
30:11ferment,
30:12on s'est battu
30:13pour des réouvertures,
30:14tout ça,
30:15voilà,
30:16moi je pense que mon rôle
30:17il est non seulement
30:18de soigner mon patient
30:19que je vois là,
30:19ça c'est mon rôle
30:20non plein de médecins,
30:21mais y compris
30:22de raisonner sur ma responsabilité
30:24sur l'ensemble
30:25de mon bassin de population
30:26parce que voilà,
30:27c'est aussi penser
30:28qu'il y a tous les gens
30:30qui dépendent
30:31d'un hôpital
30:32comme le nôtre
30:32et après,
30:34je me permets
30:34de penser
30:35que c'est aussi penser
30:36la santé
30:37non seulement de mon pays
30:38mais de raisonner
30:39sur la santé internationale
30:40parce que quand je vois
30:41aujourd'hui
30:42un gangster comme Trump
30:44qui se permet
30:45de mettre
30:45un couteau sous la gorge
30:47à l'OMS
30:47en les finançant
30:48en expliquant
30:49qu'ils ont mal géré
30:50la crise
30:51c'est un coup de poignard
30:52terrible
30:53à cette organisation
30:54multilatérale
30:55qui n'est pas parfaite
30:55mais je ne dis pas ça
30:56mais c'est déterminant
30:58qu'on ait une organisation
30:59comme celle-là
30:59et puis c'est cette logique
31:01aussi de camoufler
31:02ses propres insuffisances
31:03en s'adressant
31:05à cet organisme
31:06qu'elle fait
31:06comme il a pu
31:07avec les moyens
31:08qu'il avait
31:09pour essayer
31:10de lancer des alertes
31:11et il avait lancé
31:12des alertes
31:13très tôt
31:14alors
31:16oui bien sûr
31:17alors Rosely nous dit
31:18ne répondez plus
31:19aux provocations
31:20ça fait perdre du temps
31:20moi je trouve au contraire
31:21c'est intéressant
31:22de pouvoir aborder
31:23justement
31:24le fait syndical
31:25à l'hôpital
31:26et toutes les luttes
31:26qui ont eu lieu
31:27ces derniers mois
31:28pour demander des moyens
31:29et on se rend compte
31:30à quel point
31:31ces luttes avaient raison
31:32de dire
31:33l'hôpital est dévasté
31:35après c'est une provocation
31:36qui fait sourire
31:37parce que c'est
31:38un petit peu
31:39alors je ne sais pas
31:39si c'est une provoque
31:41si c'est ironique
31:43mais c'est un peu con
31:45dans ce cas là
31:46il faudrait demander
31:46la carte syndicale
31:48politique
31:48à tous les médecins
31:49parce que voilà
31:50les médecins sont aussi
31:50des citoyens
31:51et heureusement d'ailleurs
31:52ce serait quand même dommage
31:53et puis ce serait
31:53une perte de sens
31:55de ce qu'on fait
31:56qui serait terrible
31:57donc après non
31:58moi je revendique
32:00enfin voilà
32:00je suis très engagé
32:02sur le plan syndical
32:03j'en suis plutôt fier
32:04et j'en revendique
32:06cette appartenance
32:07à la CGT
32:08je fais partie des gens
32:09qui sont finalement
32:13normalement
32:13dans ce qu'on avait appelé
32:14autrefois
32:14la classe ouvrière
32:15alors évidemment
32:16un médecin
32:17dans la classe ouvrière
32:18ça fait bizarre
32:19mais je vends
32:20ma force de travail
32:21c'est pas autre chose
32:22j'ai pas de moyens
32:22de production
32:23c'est ça la définition
32:23donc il est normal
32:25que je me retrouve
32:25dans ce syndicat
32:26qui rassemble
32:27tous les gens
32:28qui vont son affaire
32:28de travail
32:29et qui se défendent
32:29collectivement
32:30et puis pour clore
32:31ce chapitre
32:32un commentaire
32:33notait également
32:35que la CGT
32:36a été à la création
32:37et à la mise en place
32:38de la sécurité sociale
32:38en France
32:39ça a joué un rôle
32:41énorme
32:41dans le système
32:42de santé français
32:43alors
32:45rien que ça
32:48pour conclure peut-être
32:50puisqu'on va vous laisser
32:52aller vous reposer
32:52après ces 24 heures
32:53de garde
32:54et puis là
32:54on est à plus
32:55d'une demi-heure
32:55de live
32:56merci beaucoup
32:57pour toutes les explications
32:58que vous nous avez fournies
33:00très claires
33:00très détaillées
33:01sur la pandémie
33:03peut-être une dernière question
33:04donc sur les conseils
33:05que vous donnez
33:06à tous ceux
33:07qui nous écoutent
33:07pour les jours
33:09les semaines qui viennent
33:09continuer les gestes barrières
33:11continuer à se protéger
33:13de toute façon oui
33:14on est
33:16on est dans un moment
33:18où
33:19on peut dire
33:20qu'on a le sentiment
33:21alors je prends toujours
33:22des pincettes
33:22quand je dis ça
33:23parce que
33:24on a tellement été surpris
33:25par ce virus
33:27on a le sentiment
33:28que ça se maîtrise
33:29simplement
33:30ça se maîtrise
33:31parce qu'on est
33:32sur une distanciation physique
33:35si on lâche
33:37la tension là-dessus
33:38ça recommencera
33:39à vitesse grandée
33:40rappelez-vous quand même
33:41que ça a commencé
33:43par un cas dans l'Oise
33:44ici
33:45à Creil
33:46ça a commencé comme ça
33:47un cas
33:48et fou
33:49voilà
33:50alors après il y a eu
33:51évidemment
33:51des choses plus complexes
33:53puisqu'on a eu
33:55le pire
33:55ça a été quand même
33:56cette histoire
33:58en Alsace
33:58avec le rassemblement évangélique
33:59parce que là
34:00c'est une contamination
34:01qui est partie
34:01de très rapidement
34:02de centaines de personnes
34:03c'est ça d'ailleurs
34:03qui a fait la multiplication
34:05des cas
34:06et qui a débordé
34:07les salisées
34:07anti-alsaciens
34:08mais nous d'un cas
34:11je disais
34:11que notre mortalité
34:14par rapport
34:14à des mois comparables
34:15de 2019
34:16est en augmentation
34:17de 40%
34:17dans l'Oise
34:18c'est pas la Seine-Saint-Denis
34:19qui a 63%
34:20mais quand même
34:2140%
34:22de ce petit cas
34:24de départ
34:24là
34:25on a quand même
34:26fait une vraie catastrophe
34:26donc
34:28je pense que
34:29ça fait mesurer
34:30ce qui peut se passer
34:31si
34:31on baisse la garde
34:33et que
34:33tout à coup
34:35on laisse repartir
34:36les choses
34:37on se déconfine
34:37de fait
34:39sans être testé
34:41sans savoir
34:41qui est encore contagieux
34:43et peut
34:44affecter
34:44toute une série
34:45de personnes
34:46de son entourage
34:47donc oui
34:48il faut continuer
34:49à ne pas
34:51se serrer la main
34:52à se laver les mains
34:52régulièrement
34:53à porter
34:55des masques
34:56de protection
34:56pour les soignants
34:57et des personnels
34:58des EHPAD
34:59des personnels
35:00aussi de la grande distribution
35:01je pense que c'est des masques
35:02comme ça
35:03qu'il leur faut
35:03pour l'instant
35:04on est loin
35:06on ne les a pas vraiment
35:07et puis
35:07des masques chirurgicaux
35:09dès que c'est possible
35:10pour tout le monde
35:11dès que c'est possible
35:13c'est vrai que
35:14mettre des masques chirurgicaux
35:15aux uns et pas aux autres
35:16ça n'a pas grand sens
35:17ça c'est vrai
35:17ça ne protège pas
35:19ça évite qu'on se crache
35:20sur les gens
35:21qui sont objectivement malades
35:22c'est une évidence
35:23qu'il faut mettre des masques chirurgicaux
35:25mais en fait
35:26il faudrait vraiment
35:26mettre à tout le monde
35:27simplement
35:28si on en met à tout le monde
35:29il faut avoir les moyens
35:29de le faire
35:30donc il faut que
35:31l'État décide
35:32qu'il le fait
35:35et bien merci beaucoup
35:36pour toutes ces explications
35:37et encore une fois
35:38on rappelle que c'est aussi
35:39parce que vous êtes
35:40médecin urgentiste CGT
35:42que vous pouvez
35:44avoir une parole
35:45aussi libre
35:46et aussi claire
35:48depuis des semaines
35:49qu'on fait des lives ensemble
35:51et que vous pouvez
35:51avoir une parole vraie
35:54sur ce qui se passe
35:54aujourd'hui
35:55à l'hôpital
35:56donc merci encore beaucoup
35:57pour votre témoignage
35:58et on reviendra
35:59vous voir rapidement
36:01c'est quoi les prochains jours
36:03pour vous
36:03comment ça va se passer
36:04donc aujourd'hui
36:05repos bien évidemment
36:06et la suite
36:07oui
36:09je repars
36:10à la prison de Beauvais
36:12voilà
36:12puisque je travaille aussi
36:14à la prison de Beauvais
36:16ensuite
36:17je reviendrai ici
36:18dans une semaine environ
36:20un peu plus
36:21une dizaine de jours
36:22et je travaillerai aussi
36:24éventuellement
36:25plutôt début mai
36:26sur des circuits Covid
36:29d'accord
36:30donc on vous retrouvera
36:31à l'hôpital
36:31d'ici peu
36:34d'ici peu
36:35je suis à la prison
36:36sur la semaine
36:38donc dans une dizaine de jours
36:41je serai à l'hôpital
36:41samedi prochain
36:42voilà
36:42d'accord
36:43et bien on se donne rendez-vous
36:44samedi prochain
36:45pour un nouveau live
36:47sûrement dimanche matin
36:48parce que
36:48c'est encore en sortie de garde
36:50parce que pendant les gardes
36:50c'est quand même très compliqué
36:51bon bah très bien
36:52on amène les croissants
36:54bon bah chiche
36:56merci en tout cas
36:58bonne journée
36:58bonne journée
36:59à bientôt
37:00au revoir
37:01au revoir

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