Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 semaine
En direct avec Loic Pen, médecin urgentiste à Creil (Oise), membre du collectif des médecins CGT, le point sur la situation sanitaire, les annonces du gouvernement et l’évolution de la pandémie.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Bonjour Loïc Peine. Bonjour Nicolas. Alors vous êtes en direct de l'hôpital de Creil,
00:07vous portez de permanence de 24 heures. Quelle est la situation à l'hôpital aujourd'hui ?
00:15Alors que, à titre personnel, je la redoutais un peu cette garde, parce que quand même dans
00:19une période où on a beaucoup de contamination et donc on a une projection sur beaucoup de
00:25patients qui vont arriver à l'hôpital, elle a été très calme. Ça peut paraître étrange mais alors
00:32évidemment le Covid n'a pas disparu, il y avait beaucoup de patients Covid qui étaient dans les
00:35urgences malgré tout, mais une fréquentation qui a diminué globalement et on retrouve peut-être
00:42ce qu'on avait vécu au premier confinement, c'est-à-dire des gens qui se déplacement en urgence
00:47trouvent d'autres solutions. Alors après ce qu'il faut éviter évidemment c'est le non-recours aux soins,
00:50mais a priori on n'a pas ressenti cette problématique-là puisqu'il n'y a pas non plus eu
00:57beaucoup d'appels
00:59au smur de Creil, parce que moi je faisais ça cette nuit, parce qu'il n'y en a pas
01:04eu du tout même,
01:05pour être clair, on avait quelques places en réanimation, on avait quelques places sur l'hospitalisation
01:11Covid donc on n'était pas débordé. Alors après ce n'est peut-être que le calme avant la tempête,
01:16puisqu'il n'y a aucune raison de penser que tout à coup tout s'arrêterait parce qu'on a
01:21eu 24 heures
01:21de calme, mais néanmoins ces 24 heures-là elles sont les bienvenues, je ne vous le cache pas,
01:25parce que c'est vrai que pour les équipes soignantes on a vécu quand même là une semaine qui était
01:30très difficile,
01:31où on a vu la progression de l'épidémie s'afficher de façon régulière et le nombre de patients
01:38consultants et hospitalisés s'affichant de façon régulière, et là ce petit moment où ça se relâche,
01:44pourvu que ça continue, c'est vraiment bien.
01:49Alors, en nombre de contaminations, paradoxalement, la France vient de passer en tête des pays européens.
01:56Qu'est-ce que cela raconte ?
01:59Ça raconte qu'on n'est pas efficace sur les mesures qui avaient été mises en place de dépistage massif,
02:05mais on l'avait déjà dit, c'est un dépistage, certes on a massifié les tests,
02:09mais les délais pour avoir un test et surtout les délais pour recevoir les résultats étaient tellement longs
02:15que ça neutralisait, ça rendait totalement inopérant le système de tracing,
02:20puisque finalement on découvrait les gens positifs et on les appelait quand ils n'étaient plus contagieux.
02:26Donc évidemment ils avaient eu le temps de contaminer leur entourage, leur lieu de travail,
02:31éventuellement leur lieu de transport. Donc voilà, on est en train de vivre le résultat d'une politique
02:37qui n'était pas efficace, qui a fait du chiffre, mais n'a absolument pas,
02:43ne s'est absolument pas reposé sur une logique sanitaire appuyée sur les professionnels.
02:51Au niveau des masques FFP2, est-ce qu'on va vers un mauvais remake du printemps dernier ?
02:58Les infirmiers de bloc opératoire ont dénoncé le manque de protection de haut niveau,
03:04et de nombreux référés sont en cours pour exiger la distribution immédiate de ces masques.
03:10Où en est-on ?
03:13Je ne sais pas où on en est. Aux urgences, on n'a pas vécu ça.
03:17Aux urgences de Creil, on n'avait pas de...
03:19À chaque fois qu'on ait besoin d'un masque, on l'avait.
03:22Après, j'ai bien entendu cette histoire de pénurie annoncée dans certains lieux.
03:30Je ne sais même pas quoi dire tellement c'est sidérant.
03:32Ça fait huit mois que ça dure, on a l'impression qu'on en est toujours au même point,
03:36toujours les mêmes problématiques, que la mesure du problème n'est toujours pas prise.
03:41C'est plus qu'irritant, c'est insupportable en fait.
03:48Voilà, on nous a fait des grandes déclarations d'amour, mais les moyens ne suivent jamais.
03:53Alors, on a cette histoire de masques, j'espère que ça va se résoudre,
03:57parce que moi je ne suis pas pour...
04:00Il faut absolument qu'on raisonne collectivement sur ces questions-là.
04:05Je ne vais pas appeler à l'Union nationale avec ce gouvernement,
04:09c'est hors de question, je pense que sa politique est désastreuse.
04:11Par contre, j'ai entendu ça à l'Assemblée nationale,
04:14le terme d'unité d'action me paraît important, parce qu'il faut quand même qu'on tire tous dans
04:18le même sens.
04:19Et nous, on va faire le boulot, il faut qu'à un moment donné, les services de l'État fassent
04:24de même.
04:24Donc, on voit bien, pas d'Union nationale, parce qu'on continue à avoir ces politiques de restriction budgétaire,
04:32des moyens qui n'ont pas suivi, l'aumône faite aux soignantes avec le Ségur,
04:36mais la même politique de santé et la loi de finances de la Sécurité sociale,
04:40qui s'annonce être encore en régression pour les moyens de l'hôpitaux.
04:44Mais par contre, même si on n'est pas content, tout faire pour que ça fonctionne et qu'on prenne
04:49en charge.
04:50Donc, voilà, si en effet, les masques sont manquants, oui, il va falloir quand même qu'à un moment donné,
04:59les autorités prennent le problème au niveau où il doit l'être et n'attendent pas que les trains passent
05:05ou que, finalement, la magie ou le marché règlent le problème.
05:10Il faut, et on le disait dès mars, un État stratège qui s'appuie sur le collectif,
05:15qui met tout le monde dans la bataille, qui ne résonne pas en petits comités de technocrates,
05:19mais qui s'appuie sur le terrain.
05:23Alors, beaucoup de commentaires déjà. Merci de suivre ce live.
05:27N'hésitez pas, évidemment, à le partager et à le commenter, ce que vous commencez à faire.
05:34Vous pouvez poser vos questions, évidemment, à Loïc qui répondra en direct.
05:41Beaucoup de réactions assez hallucinées.
05:45En fait, ça étonne beaucoup le fait qu'on manque encore de matériel dans les hôpitaux aujourd'hui
05:51pour combattre la Covid, alors que l'expérience devrait avoir porté ses fruits.
06:01Rita nous dit, par exemple, que les mesures qui sont prises par le gouvernement
06:04sont franchement scandaleuses.
06:09Pourquoi les autorités, demande Brigitte,
06:12pourquoi les autorités ont toujours une réponse positive
06:14et qui va à l'encontre de ce qui se passe sur le terrain ?
06:23Rita nous dit, donc, c'est soigne, c'est soigne, ferme ta gueule.
06:28Bon, beaucoup de réactions épidermiques ce matin sur les réseaux.
06:33On a vu les médecins généralistes aussi intervenir cette semaine, dire qu'ils étaient toujours en première ligne.
06:43Le syndicat MG, donc des médecins généralistes, a fait une conférence de presse jeudi dernier
06:49pour rappeler que 97% des malades du Covid se retrouvaient dans leur cabinet.
06:55Ils demandent des protocoles clairs pour le suivi à domicile.
06:58Ils disent que le pays a échoué collectivement dans la mise en place d'une stratégie testée, tracée, isolée.
07:06Qu'est-ce que vous en pensez ?
07:09Sur le fait que ce soit un échec de la stratégie de test, je l'ai dit en début de
07:14live,
07:15je partage tout à fait ce qui est dit par MG France.
07:19Et ils ont raison sur le fait qu'ils sont en première ligne
07:22et que l'essentiel des patients Covid plus arrive dans leur cabinet.
07:27D'ailleurs, c'est assez normal.
07:30On essaye que ce soit les patients qui ont besoin de plateaux techniques et de recours à l'hôpital
07:35qui arrivent à l'hôpital.
07:37Pour autant, là encore, moi je suis encore surpris que les médecins généralistes parfois
07:43ont réclamé un protocole sanitaire alors que ça fait 8 mois.
07:46Voilà, tout est comme ça.
07:49Je suis un peu lassé en fait.
07:52Je suis désolé, j'ai un ton un petit peu.
07:53Mais il y a un moment où on se dit c'est quand même pas possible.
07:58On a travaillé, on a pris de l'expérience.
08:02On sait d'ailleurs, nous on met en place sur les hôpitaux des choses plus rapidement que la dernière fois
08:07parce qu'on les a déjà testées.
08:10On y reviendra.
08:11Mais là, il y a un déploiement des services Covid qui sont en train de s'opérer,
08:15que ce soit sur l'hôpital de Creil ou celui de Beauvais où je travaille aussi.
08:21Et par contre, on a l'impression que la médecine de vie a été oubliée.
08:25Encore, nous, on n'est pas parfait, loin s'en faut.
08:29Je pense qu'on manque cruellement de moyens, on le disait en début de live.
08:33Mais la médecine de vie est oubliée comme si finalement ça allait se faire comme ça,
08:37comme s'il n'y avait pas besoin de coordination.
08:39C'est cette espèce de laisser aller et on verra bien ce qui se passe, qu'on ressent en fait.
08:47Et avoir ce que ça a fini par conduire à faibouture de restrictions des libertés et des déplacements
08:54parce qu'on veut réduire les contacts finis contre les gens.
08:57Toutes les choses sont liées si on n'est pas capable de répondre à une épidémie
09:02qui n'est pas... c'est une épidémie qui est grave, la pandémie de Covid.
09:06Personne ne dit aujourd'hui l'inverse.
09:09Pour autant, on a autant de morts du Covid dans le monde que de la tuberculose et on n'a
09:14pas arrêté tout.
09:15Là, ce qui nous pose problème, que ce soit en ville ou à l'hôpital,
09:19c'est que finalement, c'est quelque chose qui vient en plus de nos patients habituels
09:23et on a eu tellement de réductions de capacités de prise en charge par les politiques d'austérité de ces
09:3020 dernières années
09:31que ces patients Covid en plus nous empêchent finalement de prendre tout le monde
09:37parce qu'on n'arrive plus à contenir, on disait déjà avant, on n'arrive plus à contenir une épidémie.
09:44On n'y arrivait déjà pas quand c'était les longs week-ends, les vacances, les épidémies de grippe,
09:49on avait déjà des problèmes et vous rajoutez là-dessus des patients Covid,
09:52donc une charge de travail supplémentaire, une prise en charge supplémentaire de patients potentiellement très graves
09:59et il n'y a rien qui se met en place.
10:01Enfin, je veux dire, il n'y a pas de moyens supplémentaires.
10:03Donc, évidemment, ça ne marche pas.
10:05Et donc, il faut qu'on limite du coup le recours à l'hôpital et là où on finit.
10:10Voilà, c'est oui, c'est un constat d'échec terrible.
10:14Alors, une question d'Elsa. Elsa nous dit, bonjour Loïc.
10:19Ah, Elsa a sauté, je vais la retrouver. Bonjour Loïc.
10:23Voilà. Bonjour Loïc, quel est ton regard sur le port du masque des enfants des 6 ans ?
10:28Je suis maman de 4 garçons dont un élève de CP.
10:33J'en suis malade tous les jours de l'envoyer à l'école avec ce masque.
10:40Oui, moi maintenant, les miens sont grands, mais je suis en train de mettre les masques à 6 ans
10:46et de les faire conserver, ça ne va pas être simple.
10:49Pour autant, on a dit pendant très longtemps, les enfants sont peu contaminants.
10:57Et aujourd'hui, c'est en partie remis en cause quand même.
11:01C'est-à-dire que même si les premières études qui avaient été faites par Pasteur
11:05sur la zone de Crépi-en-Valois nous disaient, il y a un peu de contamination,
11:09on a plein d'autres études dans le monde qui nous disent qu'en fait, non, les enfants sont contaminants.
11:13Peut-être un peu moins que les adultes, mais le sont.
11:15Ils ne font pas, pour l'essentiel, évidemment, il y a toujours des exceptions,
11:20mais statistiquement, il n'y a pas de forme grave chez les enfants.
11:23Et donc, ça a pu nous induire un peu en erreur, mais il y a une contamination.
11:28Et donc, oui, le masque, ce n'est pas une hérésie, même si les conditions sont terribles.
11:34Mais on a de toute façon une problématique sur toute l'école.
11:39Moi, j'ai ma dernière au lycée.
11:41Mais voilà, le protocole sanitaire du lycée, c'est une vaste blague.
11:46C'est une vaste blague quand ils sont tous devant le lycée à l'entrée,
11:50quand les classes sont finalement avec le même nombre d'élèves, qu'il n'y a pas de demi-classe,
11:54même si c'est en train de bouger.
11:56Les enseignants se sont battus là-dessus.
11:59Les administratifs des lycées aussi se sont battus là-dessus.
12:02Les cantines.
12:03Et on a la problématique qui se décline partout, jusqu'à l'université.
12:06Donc, on est contraint, et à chaque fois, je vais répéter la même chose,
12:12mais on est contraint par la situation de notre système de santé,
12:16qui est une situation de pauvreté, de pénurie et de dégradation,
12:20de diminuer la vitesse de contamination des patients.
12:25Ce n'est pas forcément diminuer le nombre de patients,
12:27c'est vraiment la vitesse à laquelle ils arrivent.
12:30Parce qu'on ne peut prendre 100 personnes en 10 jours,
12:34on ne peut pas prendre 100 personnes en une journée.
12:36Voilà, c'est ça.
12:3710 par jour, parfait.
12:39100 par jour, impossible.
12:41Et donc, toute la problématique, c'est de réduire,
12:43pour que même si ce sont les mêmes qui se contaminent,
12:45ce soit plus lent et qu'on puisse les soigner.
12:47Ce d'autant plus qu'on sait mieux soigner ces patients Covid
12:50qu'on ne le faisait en mars.
12:53En réanimation, au début de cette épidémie,
12:55on faisait ce qu'on pouvait avec zéro connaissance du virus.
12:59Aujourd'hui, le retour d'expérience fait qu'on a des protocoles
13:03d'anticoagulation, d'articothérapie, enfin voilà, j'en passe,
13:06qui permettent de sortir les gens des ronces de façon plus importante.
13:10Donc, l'enjeu à ce qu'on puisse tous les prendre dans les meilleures conditions,
13:14il est déterminant.
13:16J'ai entendu, oui, mais c'est souvent des gens malades âgés.
13:19Oui, oui, pour l'essentiel.
13:21Mais est-ce qu'on arrête de soigner les gens malades et âgés ?
13:24Non, on ne peut pas.
13:26Voilà.
13:26Donc, cette logique, on la conserve.
13:29Et j'entends bien la difficulté des masques chez les enfants,
13:32mais je pense que la mesure a du sens.
13:36D'accord.
13:38Valérie qui demande, a-t-on une analyse sur cette massification du dépistage
13:43rendu inutile par les retards de livraison des résultats,
13:47qui ne fait qu'engraisser les plus gros labos d'analyse ?
13:51Est-ce que si ça continue, c'est finalement l'aveu que c'est le but d'engraisser les labos
13:57?
13:57Demande Valérie.
14:02Non, je ne pense pas que le but ait été d'engraisser les labos,
14:05même si après, voilà, on vit dans une société où l'argent est quand même droit,
14:09il faut être clair, et la santé est un marché.
14:12Donc, il y a toujours cette problématique sous-jacente, quoi qu'il arrive.
14:17Mais là, même si après, c'est un effet secondaire, le fait que les labos ont gagné de l'argent,
14:22beaucoup d'argent, je n'ai pas été vérifier les chiffres, très sincèrement.
14:26Mais je pense que c'est surtout, en fait, la problématique, c'est surtout
14:31qu'on n'avait pas une volonté claire, une capacité claire de ce gouvernement et de l'État
14:38qu'il y a derrière, à prendre en main, à structurer une véritable politique de visage.
14:44Et donc, on est sur une logique très libérale, c'est-à-dire qu'il y a des labos
14:50qui sont capables de faire des tests, on leur dit « faites des tests ».
14:53Et il n'y a pas une articulation publique qui aurait permis d'avoir une véritable stratégie.
15:03La première chose, ça aurait été de développer des machines, de façon d'acheter des machines,
15:09pour rendre plus vite les résultats, d'avoir un tracing qui ne soit pas juste le fait d'administratifs
15:18qui ont fait leur travail, mais voilà, ils ont fait leur travail dans les limites de ce qu'ils pouvaient
15:22faire.
15:23dans les ARS et les Sécurités Sociales qui rappelaient, mais qui rappelaient, moi j'ai été rappelé comme contact Covid,
15:29on m'a dit « bon, ça va, vous vous débrouillerez ». En gros, voilà ce qu'on m'a
15:32dit.
15:33C'est-à-dire qu'on n'a pas regardé comment je vivais, s'il y avait quelqu'un pour
15:36faire mes courses,
15:37si je devais être isolé, enfin il n'y avait rien mis en place.
15:40On pouvait s'appuyer là-dessus sur les collectivités territoriales, qui sont des organismes de proximité,
15:46qui peuvent intervenir pour aider des populations en plus grande difficulté,
15:50particulièrement les personnes âgées, quand on doit les isoler.
15:53Enfin, il y avait la possibilité de s'appuyer sur la richesse démocratique de ce pays
15:58pour prendre en main de façon collective les choses, et on est resté sur une logique,
16:04le marché va régler, il y a des sociétés qui font des tests, on va leur faire faire des tests.
16:09Ouais d'accord, enfin, faire faire des tests sans jamais voir comment est-ce que derrière,
16:15on va traiter ces résultats et dans quel délai, ça n'a pas de sens.
16:19En effet, c'est un échec, mais un échec attendu.
16:24Alors, une question de Vincent Bonny qu'on salue.
16:27Quels seraient les potentiels de renforts humains dans les hôpitaux aujourd'hui en urgence ?
16:33Bonne question, Vincent Bonny.
16:36En l'occurrence, on a une difficulté, c'est qu'on ne formera pas des professionnels de santé en quelques
16:42mois.
16:43Cet argument sert au gouvernement pour dire, du coup, ne recrutons pas, ne faisons rien.
16:49Ça, c'est déjà une première réponse.
16:53Commençons déjà à former.
16:55Parce que ça fait des années que les militants syndicaux, mon syndical, la CGT,
17:01propose un grand plan de formation et d'emploi dans les hôpitaux.
17:05On le remet au bout du jour aujourd'hui.
17:07Absolument.
17:08Tout de suite, avoir un plan de formation et de recrutement, y compris en pré-recrutant des gens,
17:15en payant des formations sur les hôpitaux.
17:18Parce que ce ne sera sûrement pas la seule pandémie que nous allons avoir à subir.
17:22Voilà.
17:22On en a eu régulièrement dans l'histoire du monde.
17:24On en aura sûrement encore.
17:26Et avoir désarmé comme ça, sur ces logiques de marché,
17:30de privatisation de l'hôpital public pendant des années,
17:34provoque la situation que nous vivons aujourd'hui.
17:35Donc déjà, il faut lancer ce plan.
17:37Et puis en urgence, évidemment, on n'aura pas tous les professionnels, ça c'est sûr.
17:42Mais on peut faire une première chose qui est de recruter des agents hospitaliers
17:48pour gérer la logistique et soulager les soignants finalement du poids de cette logistique
17:53qui est importante chez nous.
17:55Et des agents administratifs pour soulager les soignants du poids administratif
17:58qui a pris des proportions très importantes dans l'hôpital public.
18:02Donc déjà, on peut faire ça pour libérer du temps de soins aux professionnels.
18:06Et puis la deuxième chose, mais là, ça demande une volonté politique farouche,
18:11qui pour l'instant n'est pas à l'ordre du jour,
18:13c'est créer un véritable choc d'attractivité,
18:17c'est-à-dire mettre des moyens massifs dans l'hôpital public
18:20pour en changer les conditions de travail et les revenus.
18:23Parce que nous avons perdu depuis des années des dizaines de milliers de personnes
18:27qui travaillent à l'hôpital public et qui en sont parties devant,
18:30pour l'essentiel à mon sens, les conditions de travail.
18:33C'est toujours ce qui revient parce que ça devient insupportable,
18:35mais également des revenus qui étaient très faibles par rapport à ce qui se pratiquait,
18:40en particulier dans le privé.
18:43Donc, on doit faire ce choc parce que tout de suite,
18:46on pourra récupérer des gens qui aujourd'hui travaillent à autre chose.
18:52Certains auront une expérience trop ancienne pour revenir,
18:55mais il y en a beaucoup qui sont partis récemment.
18:58Donc là, il y a peut-être des choses à faire là-dessus.
19:01Donc voilà, c'est du bricolage parce qu'à un moment donné,
19:05on en est réduit à bricoler parce qu'on n'a pas prévu avant
19:09et on n'a pas prévu avant alors que tout était dit.
19:12Je veux dire, c'est pas on le savait pas.
19:14Ça fait des années qu'on dit ça.
19:16Mais néanmoins, là, dans le contexte où on est,
19:19le bricolage, ça compte.
19:21On a réussi à pas mal bricoler en mars et ça a compté.
19:24Et là encore, on serait bien que ce soit un peu plus que du bricolage,
19:28mais une vraie volonté politique de l'État et de ce gouvernement.
19:31Mais je ne vous cache pas que je n'y crois pas une seconde.
19:35C'est pas du tout le chemin que ça prend.
19:38Moi, je reste sidéré, franchement, à un budget de la Sécurité Sociale
19:41qui va encore économiser sur l'hôpital public.
19:46Voilà.
19:49Une question de Guillaume qui nous demande
19:51est-il vrai que certains groupes sanguins sont moins vulnérables ?
19:56Je ne sais pas.
19:59La réponse est très claire.
20:01Je ne sais pas.
20:01C'est une des pistes.
20:03On a plein de pistes.
20:07J'avais fait allusion à cet article dans la revue Nature
20:11qui disait que finalement, il y avait des patients
20:15qui étaient porteurs d'un gène méandertalien
20:17qui était plus susceptible de faire des formes graves.
20:19On trouvera sûrement des choses comme ça.
20:21Mais après, de toute façon, ça ne change pas la pratique quotidienne.
20:26Il y a des choses surprenantes.
20:28Il y a des gens qui devraient, statistiquement,
20:30qui auraient dû attraper le Covid, qui ont été noyés dedans
20:32et qui ne l'ont jamais eu.
20:33On ne sait pas pourquoi.
20:34Après, peut-être qu'ils l'auront plus tard.
20:36On verra bien.
20:36Mais il y a sûrement quelque chose qui nous échappe dans cette maladie.
20:41Simplement, je l'ai dit à plusieurs reprises,
20:42on n'a pas un an de recul sur ce virus.
20:44On n'a pas encore un an de recul.
20:46Et on ne peut pas espérer avoir toutes les réponses.
20:50La science, c'est du temps long.
20:55Alors, David, qui demande clairement, qui revient à l'asphyxie de l'hôpital public
21:02et qui pose la question, peut-on supposer que tout cela participe d'un changement de modèle,
21:07c'est-à-dire que l'hôpital sera massivement privatisé ?
21:14Moi, j'y vois une volonté politique de privatiser l'hôpital.
21:17Après, voilà, je donne un avis.
21:21Je dis toujours, je n'ai pas toutes les réponses.
21:23Je donne aussi un avis.
21:26Je n'arrive pas à imaginer que tout se fasse par hasard.
21:30Quand, avec la loi Bachelot, on subit des fusions d'hôpitaux,
21:34donc des petits hôpitaux qui fusionnent avec les grands.
21:36Avec Tourenne, ce sont les groupements inspirés de territoire.
21:39On refusionne encore ces grands hôpitaux fusionnés entre eux.
21:43Et puis, finalement, on ferme pendant des années tous les hôpitaux de proximité
21:48ou même là, plus récemment, on leur donne un label hôpital de proximité.
21:51Mais en fait, ce label est trompeur.
21:53C'est les hôpitaux dont on ferme les maternités et les services d'urgence.
21:57On les appelle hôpitaux de proximité.
21:59Ça s'appelle hôpital gériatrique, ça.
22:02En général, il reste un service de gériatrie, quelques places de médecine polyvalente,
22:07plus de spécialistes.
22:08Donc, on ne peut pas faire de la médecine gériatrique sans les interventions des spécialistes.
22:15Ça, ce serait de la médecine au rabais.
22:16Donc, c'est ça les hôpitaux de proximité qui sont en train d'être mis en place.
22:19Et donc, on ne peut pas imaginer que tout se fasse par hasard.
22:22Surtout, moi, j'ai vécu...
22:24J'ai fait une partie de mes études sur Paris.
22:27J'ai vécu la période où on fermait les hôpitaux.
22:30J'ai travaillé à Boussicot et Laennec.
22:32C'est des hôpitaux qui n'existent plus.
22:34L'hôpital Rothschild, je crois qu'il reste que grand-chose non plus.
22:37Pas la fondation de l'hôpital.
22:38Et partout où on a fermé les hôpitaux, on a vu les groupes privés s'installer à proximité.
22:42Voilà. C'est simplement, en fait, assez naturel.
22:45On ferme l'hôpital public, on le limite dans ses moyens de couverture sanitaire de la population.
22:52Simplement, on ouvre à marcher.
22:53C'est-à-dire que, quand on n'est pas là, la nature aura du vide et puis les gens
22:57ont des besoins de santé,
22:58le privé s'installe.
22:59Et c'est comme ça que ça se fait, tout simplement.
23:01Et ça ne peut pas être ignoré.
23:03Voilà. Ça ne peut pas être ignoré.
23:06Donc, après, ou bien on a des gens qui ne comprennent rien, mais je ne pense pas,
23:12dans les différents gouvernements, ou bien on a des gens qui ont une stratégie,
23:14qui ne peuvent pas dire, on va privatiser l'hôpital public.
23:17On mettrait les gens dans la rue en disant, attends, voilà, vous perdez votre hôpital.
23:21Mais par contre, on peut petit à petit régler le fait que ça se privatise naturellement,
23:26fermant les hôpitaux publics.
23:27Et il y a toujours des bonnes raisons.
23:29On manque de personnel, on manque de moyens.
23:30Regardez, c'est pas rentable.
23:31Enfin, on a eu tous les arguments de la Terre pour nous faire des plans de retour à l'équilibre
23:38qui permettaient surtout de fermer de l'activité.
23:42Alors, une question assez directe, faut-il confiner plus ?
23:48Une réponse assez directe, malheureusement, je pense que oui.
23:51Alors, je ne sais pas si c'est confiner plus, le terme est brutal.
23:54En tout cas, ce qu'il faut faire, c'est limiter encore plus les contacts physiques entre les gens.
24:01Alors après, ça voudrait dire soit confiner plus, soit avoir une prise de conscience collective
24:10d'une efficacité des gestes barrières que, jusque-là, on n'a pas eu.
24:13Vous savez, moi, je me suis appliqué parce que j'étais potentiellement à risque,
24:17étant dans un milieu où le Covid circulait très aisément, les services Covid ou les urgences.
24:23Je me suis appliqué à avoir des gestes barrières très fermes.
24:27Je n'ai pas dû toucher mes parents depuis mars et à peine mes enfants.
24:31C'est pénible, c'est très pénible, mais personne n'a eu Covid.
24:36Voilà, c'est un peu ça, cette difficulté, c'est que c'est dur à vivre, en fait, d'avoir
24:46cette attitude.
24:48Et finalement, ça ne tient pas vraiment. On l'a vu cet été.
24:51Ce n'est pas une condamnation des jeunes qui faisaient la fête.
24:53Ils en avaient besoin à un moment donné.
24:55Mais en tout cas, il y a eu quand même des attitudes qui n'étaient pas tolérables.
24:58Et puis, il y a eu une réactivation de la circulation virale.
25:02Je pense que là, il faut être beaucoup plus clair dans ces gestes d'évitement des autres.
25:07C'est dur à dire, mais c'est comme ça.
25:09Et si ça ne suffit pas, oui, on va être obligé de confiner.
25:13Et on ne confine pas parce que, je disais tout à l'heure, l'épidémie est catastrophique.
25:21Elle est très sérieuse.
25:23Mais il y en a d'autres qui sont aussi sérieuses.
25:25On confine parce que l'hôpital est malade.
25:30Alors, on a beaucoup de questions aussi sur le rôle des cliniques privées
25:34et du secteur privé dans la lutte contre la pandémie.
25:38Énormément de questions sur quel rôle pourraient jouer les cliniques privées aujourd'hui ?
25:43Les cliniques privées, elles devraient être intégrées complètement au dispositif.
25:47Voilà.
25:48Moi, celle qui est à côté de chez nous joue le jeu.
25:50C'est-à-dire que chaque fois qu'on leur envoyait des patients parce qu'on n'avait pas de
25:55place
25:55pendant le premier confinement, ils les ont pris.
25:57Et ils ont géré l'affaire.
25:59Enfin voilà, ils ont fait leur travail.
26:00Pas de problème.
26:01Après, je pense qu'on doit être plus directif maintenant.
26:05C'est-à-dire qu'on ne peut pas faire appel à la bonne volonté des cliniques privées
26:10ou à leur mauvaise volonté.
26:12On doit décider.
26:13C'est-à-dire qu'on doit recenser les lits disponibles,
26:17modifier les prises en charge.
26:20Aucun intérêt à faire des opérations de chirurgie esthétique maintenant.
26:24Voilà.
26:24Pour être très clair.
26:26Et on récupère ces lits, les soignants qui y sont attachés.
26:29Et on prend en charge les patients Covid et ce sont les administrations qui le règlent.
26:35Voilà.
26:35Je pense qu'à un moment donné, ça ne peut pas être que certaines continuent à faire leur train-train
26:40dans un coin
26:41et d'autres sont au charbon et la population n'est pas complètement prise en charge.
26:46Pour l'essentiel, c'est mon sentiment en tout cas ici, les confrères qui sont dans le privé jouent.
26:55Simplement après, on ne peut pas prendre tous les patients dans le privé parce que la clinique qui est chez
27:00nous
27:00n'a pas de réanimation.
27:01Donc, ils pourront nous prendre des patients oxygène dépendants qui ne vont pas bien,
27:06mais pas des patients qui nécessitent une place de réanimation.
27:10Donc là encore, les places, ça peut être trop peur parfois sur la capacité de prise en charge.
27:19Alors, beaucoup de questions.
27:21Vous êtes très nombreux à poser des questions.
27:22Désolé, on n'a pas le temps de répondre à tout, évidemment.
27:25Merci d'être aussi interactif avec Loïc.
27:30On voit que le sujet intéresse beaucoup.
27:35Alors, que pensez-vous du monde dans les métros ?
27:39C'est-à-dire qu'il y a beaucoup de monde dans les métros.
27:40C'est Annie qui pose la question.
27:42Est-ce dangereux ?
27:46Forcément, c'est dangereux.
27:48On a beau nous expliquer qu'on ne se contamine pas dans les transports.
27:50D'un côté, on nous dit qu'on ne se contamine pas dans les transports.
27:52C'est pareil, ça.
27:53D'autre côté, on ne se contamine pas au travail.
27:56Tout le monde joue pour…
27:58Là, c'est du bon sens.
28:00Ce virus, c'est des aérosols, des projections de l'outelette et du contact.
28:05Alors, je veux dire que dans le métro, il n'y ait pas de contact.
28:09Bah non.
28:10Enfin, j'ai vu les images comme tout le monde.
28:11Ils vont se coller les uns aux autres.
28:13Donc, forcément, il va y avoir des contaminations dans ce contexte.
28:17La seule solution dans les transports en commun de dite métro RER,
28:22c'est le port du masque et la distanciation physique.
28:24Ça veut dire qu'il faut diminuer le nombre de personnes dans les rames.
28:26Ça veut dire qu'il faut privilégier le télétravail.
28:30Ça veut dire qu'il faut réfléchir même à ce que certaines activités non essentielles
28:39ne travaillent pas sur des zones hyperdenses.
28:43Voilà.
28:44Il y a plein de réflexions qu'on peut avoir.
28:46Mais penser que les transports seraient complètement épargnés,
28:51ça peut arranger politiquement, mais c'est une vue de l'esprit.
28:56Alors, merci encore une fois de suivre ce live.
28:59N'hésitez pas, évidemment, à le partager.
29:02Je rappelle également que beaucoup de contenus,
29:05beaucoup de réponses sont dans les colonnes de l'humanité
29:08que vous pouvez facilement consulter en ligne, notamment.
29:12L'abonnement aujourd'hui n'est pas très cher.
29:14C'est moins de 10 euros par mois.
29:15Vous avez accès à tous les contenus de l'humanité.
29:18Donc, moi, je vous invite vraiment à le faire.
29:21Parce qu'on le voit, il y a beaucoup, beaucoup de questions
29:24qui se posent là en direct.
29:29Alors, on nous parle sans cesse de vaccins,
29:32mais quid d'un traitement ?
29:34Et on a aussi des questions sur que faut-il faire avant la réanimation ?
29:39Quel type de traitement aussi avant la réanimation ?
29:42C'est des questions qui sont venues.
29:45Pour l'instant, on n'a pas de traitement.
29:47On est sur du traitement symptomatique.
29:49En fait, les patients qui passent en réanimation,
29:51c'est ceux qui évoluent mal.
29:53La plupart, heureusement, évoluent bien.
29:56On n'a pas, pour l'instant, il y a des protocoles qui sont en place.
30:02On n'a pas le Graal.
30:05Là, j'ai revu le protocole de la PHP.
30:09On essaie quelques antiviraux, mais sans grande certitude.
30:13Ça reste aujourd'hui la prévention des complications du virus,
30:17qui est importante, en tout cas qui est efficace.
30:19Pour l'instant, c'est tout ce qu'on a.
30:21Mais c'est assez efficace.
30:23C'est-à-dire, l'anticoagulation, la corticothérapie,
30:26quand les choses tournent mal,
30:28et on le fait avant la réanimation.
30:30On ne fait pas automatiquement qu'en réanimation.
30:33Mais par contre, des traitements curatifs,
30:36pour l'instant, pas d'éléments à l'horizon.
30:40Il y a plusieurs études qui sont lancées.
30:43On a essayé l'aspirine aujourd'hui,
30:45mais pour l'instant, pas de retour.
30:48Et ça ne semble pas être pour bientôt.
30:53Donc, le seul espoir qu'on ait pour l'instant
30:57d'efficacité thérapeutique, c'est la vaccination.
31:02Alors, beaucoup d'internautes réagissent à votre phrase tout à l'heure,
31:06de dire, si on confine aujourd'hui, c'est parce que l'hôpital est malade.
31:12Une question est venue aussi.
31:14Si aujourd'hui, on avait une catastrophe de type un tremblement de terre,
31:18est-ce que l'hôpital serait en mesure d'être présent et de réagir ?
31:24Est-ce que nos structures nous permettent aujourd'hui ?
31:28Oui, ce n'est pas la même chose.
31:30Je dis oui, je pense.
31:31Ce n'est pas la même chose en fait.
31:32C'est-à-dire qu'on a la capacité à déclencher un plan blanc,
31:37à libérer des lits.
31:38On sait très bien le faire.
31:40Et moi, j'ai vécu ici une catastrophe à Creil,
31:43une explosion d'usine où on a vu un afflux de malades très important.
31:49C'est il y a quelques années.
31:51On a hospitalisé tous ceux qui en avaient besoin.
31:54On a pris en charge tout le monde.
31:55Parce que finalement, ça, il y a un entraînement des équipes.
31:59On fait des exercices de catastrophe.
32:01Et finalement, ça s'est plutôt bien passé.
32:04Et sur l'orientation des patients, ça s'appelle un tri.
32:07Je sais que le mot est un peu menaçant, mais c'est efficace.
32:13C'est qui on n'envoie tout le temps rien,
32:15qui on l'envoie sur la salle de réveil,
32:16qui on prend en charge de l'urgence.
32:18C'est un tri fonctionnel.
32:21On avait fait la démonstration qu'on avait pris en charge ces patients
32:24de façon efficace, rapide et qu'il n'y avait pas eu du tout de hiatus.
32:28Et on avait vidé des services.
32:31C'est-à-dire que quand on a appris l'explosion,
32:33qu'on a eu la première évaluation des équipes murs sur place,
32:35il y a eu des sorties anticipées, des patients qui finalement étaient là sur des examens,
32:41des recherches de pathologies qui pouvaient être différées.
32:47On les a différés, on a fait sortir tout le monde.
32:49Là, la difficulté, c'est que ce n'est pas une catastrophe,
32:52ce n'est pas une explosion ou un tremblement de terre.
32:54C'est quelque chose qui dure sur des semaines et des semaines et des semaines
32:57et qui continue à monter.
32:59C'est-à-dire qu'on n'a pas un nombre de victimes à gérer.
33:01Ça continue à monter.
33:02Et donc là, on se fait déborder.
33:04Et puis, on ne peut pas, ad vitam aeternam,
33:07repousser les prises en charge de nos patients habituelles
33:10parce que là, on finit par avoir d'autres problématiques qui se posent.
33:14On l'a bien vu après le premier confinement.
33:15Mais sinon, voilà, sur la médecine de catastrophe,
33:20la France est plutôt assez réactive.
33:22Et je vous renvoie à une grande catastrophe qui a eu lieu,
33:27c'était les attentats du Bataclan,
33:29où la réactivité de l'hôpital de l'APHP a été remarquable.
33:33Donc, on pensait le faire.
33:36Alors, puisqu'on parle de l'APHP,
33:39l'APHP a fait fermer les urgences de l'Hôtel Dieu cette semaine.
33:46On a réalisé l'humanitaire,
33:47a réalisé l'interview de Rodrigo Martinez Parra,
33:50l'infirmier qui a fermé les urgences, en fait,
33:52et qui dénonce cette situation,
33:55dit-il, qui va priver la population
33:57d'un service d'urgence de proximité essentiel.
34:00Qu'en pensez-vous ?
34:02Je pense que c'est un véritable scandale.
34:05Voilà, s'il n'y a pas d'autre mot, c'est un scandale.
34:07Ça fait plus de deux ans, je crois, qu'on se bat sur ces questions-là.
34:10Alors, c'est Gérald Kerziak,
34:12qui était le chef de service des urgences de l'Hôtel Dieu,
34:14qui les a largement portés médiatiquement,
34:16mais avec beaucoup de relais.
34:18Parce que cette logique, et je le disais tout à l'heure
34:20en parlant des études à Paris,
34:22de supprimer les hôpitaux de proximité à Paris,
34:25c'est une catastrophe.
34:26C'est le maillage qu'on avait réussi à créer historiquement,
34:30dans Paris, de toute l'assistance publique
34:32qui est en train de voler en éclats.
34:33Et si on les laisse faire, ce n'est pas fini.
34:36Goujou et Bichat sont menacés aussi.
34:39Et là,
34:40alors que depuis des années, on leur dit qu'il ne faut pas fermer l'Hôtel Dieu,
34:43que c'est un élément essentiel en plus,
34:45c'est dans le cœur touristique de Paris,
34:47ça pourrait être le recours sur plein de problématiques dans ce lieu.
34:51Il décide de le fermer en pleine pandémie.
34:54Enfin voilà, là c'est...
34:55Le symbole est terrible.
34:58C'est-à-dire qu'ils ne renoncent à rien.
35:01Ils continuent leur logique d'affaissement de l'hôpital public,
35:04de sape de cette institution,
35:09malgré, devant eux, la réalité des difficultés.
35:13C'est un sentiment que rien ne les arrête.
35:17Mais on peut, enfin.
35:18Je pense qu'on va pouvoir les arrêter,
35:20parce qu'à un moment donné,
35:22il y a une prise de conscience qui s'est faite avec cette épidémie.
35:26C'est au moins son intérêt.
35:28C'est bien le seul à mon avis.
35:30Il va falloir que cette prise de conscience se poursuive
35:33et qu'on lutte contre ce genre de politique de casse de nos épreuves.
35:39Alors, une petite réponse à Nadine qui posait la question
35:43« Est-ce que votre abonnement à l'Humanité est gratuit ? »
35:46Nadine, non, malheureusement,
35:47l'abonnement à l'Humanité n'est pas gratuit
35:49parce que l'information a un coût.
35:51En fait, si on veut vous fournir une information vérifiée,
35:57approfondie, avec un pas de côté par rapport à l'actu,
35:59qui vous donne des clés pour comprendre,
36:02forcément, ça demande des équipes,
36:04ça demande du monde sur le terrain,
36:06ça demande de l'investissement et tout cela a un coût.
36:09Alors, l'Humanité a à cœur de rendre l'information la moins chère possible,
36:14la plus accessible possible au plus grand nombre.
36:16C'est pour ça que l'abonnement en ligne qui donne accès à tous les contenus
36:19est à moins de 10 euros par mois.
36:22Faites le calcul, par jour, c'est une somme toute très réduite,
36:27mais qui vous donne accès à une information de qualité.
36:30Donc, voilà, encore une fois, je vous invite à vous abonner à l'Humanité
36:35pour suivre tous ces contenus.
36:38Alors, vous êtes très, très, très nombreux à poser des questions.
36:43Il y a des questions sur l'hôpital de Creil.
36:46L'hôpital de Creil qui, on le sait, est en lutte depuis des mois,
36:50voire maintenant des années.
36:52Quelle est la situation concrètement à l'hôpital de Creil ?
36:56Nous demande Sabrina.
36:58La situation, c'est vaste.
37:03Peut-être rappeler pourquoi vous vous êtes battu.
37:08Quelles ont été les raisons, en fait, de la grève à l'hôpital de Creil ?
37:12Et est-ce que vous avez obtenu des résultats ?
37:17Où en êtes-vous ?
37:19Non, pour l'instant, c'est toujours...
37:21Le service des urgences, en l'occurrence, est toujours en grève à Creil.
37:24Ça va faire deux ans bientôt.
37:27Voilà.
37:28Ça va faire deux ans.
37:30Deux ans de mouvement de grève.
37:34Creil n'est pas différent des autres hôpitaux.
37:35C'est-à-dire qu'on a vécu la même chose que tous les hôpitaux en France.
37:39Avec une petite cerise sur le gâteau quand même.
37:42C'est la fermeture de notre maternité.
37:43C'est la seule maternité de niveau 3 qu'on a fermée en France.
37:47Elle a été transférée à Saint-Lys.
37:50C'est pour ça que nos administrations n'ont pas de fermeture de transfert.
37:54Mais bon, il n'y a plus de maternité sur l'hôpital de Creil et sur la ville de Creil.
37:58Donc voilà, ça nous amène aussi du coup à transférer des patients sur la maternité de Saint-Lys.
38:06Ça a éloigné de la prise en charge des femmes enceintes du bassin Creilois.
38:13Un bassin de vie qui est compliqué sur le plan social, beaucoup de difficultés sociales.
38:18Je donnais toujours l'exemple quand on se battait sur cette maternité.
38:22Mais qui est toujours vrai que sur le plateau de Creil où est installé l'hôpital,
38:26il n'y a que 50% des gens qui ont un véhicule personnel.
38:28Donc à Saint-Lys, c'est certes à 17 kilomètres, je crois, 15 kilomètres.
38:34Mais à pied, ça fait long, surtout enceinte.
38:36Donc, on a perdu sur cette question-là pour l'instant.
38:41Moi, je ne renonce pas à ce qu'un jour où les maternités reviennent sur l'hôpital de Creil
38:44qui a mis à toute sa place.
38:46On a regroupé les hôpitaux de Creil et de Saint-Lys.
38:51Ça a beaucoup tué l'hôpital de Saint-Lys qui a perdu ses services petit à petit.
38:56Dans la réalité, c'est ce qui s'est passé.
38:58Et l'hôpital de Creil n'en a pas mieux vécu pour autant
39:01puisque lui aussi a vu de nombreux professionnels partir.
39:05Aujourd'hui, on se retrouve en grande difficulté
39:07parce qu'il y a eu une réduction des lits très importante
39:10et que ça sature en permanence sur le service des urgences.
39:15Alors, je suis toujours l'urgentiste à Creil.
39:19J'ai travaillé à temps partiel.
39:20Je travaille aussi à l'hôpital de Beauvais.
39:23J'ai été chef de service des urgences de Creil il y a deux ans à peu près,
39:28mais j'en ai démissionné après la fermeture de cette maternité
39:31parce que j'ai considéré qu'on ne pouvait pas tout accepter
39:34et qu'à un moment donné, on finissait par être, voilà,
39:39c'était plus du compromis, mais il ne fallait pas tomber dans la compromission.
39:46Une question de Michel Cerruti.
39:50Je pense que ça se prononce Cerruti.
39:53Il faudrait combien d'infirmières et de médecins supplémentaires
39:56pour avoir les moyens de répondre aux enjeux en matière de santé
39:58d'un pays moderne comme le nôtre ?
40:00C'est-à-dire, dans l'absolu, si vraiment on voulait un hôpital public efficace,
40:07est-ce que vous avez une idée du nombre de médecins, d'infirmières,
40:11de personnels qu'il faudrait embaucher ?
40:14Oui, on l'a chiffré.
40:17En fait, il faudrait 100 000 personnes de plus
40:21travaillant à l'hôpital public en France
40:23et sûrement presque deux fois plus sur les EHPAD.
40:26Ce qu'on oublie toujours, mais les EHPAD, c'est déterminant.
40:29Le manque de personnel dans ces structures fait aussi qu'on reçoit des patients
40:33qui pourraient être conservés sur les EHPAD
40:35parce qu'il n'y a pas assez de gens pour s'occuper d'eux.
40:37Et voilà, il faut aussi travailler sur l'aval,
40:42pas que sur la situation de l'hôpital.
40:44Donc, ces 100 000 personnels en plus, de toute façon, c'est des choses assez simples.
40:50Je vais vous donner un exemple.
40:51Alors, c'est un de mes camarades, Christophe Prudhomme, qui l'a cité,
40:54mais c'est toujours intéressant de le reprendre parce que c'était assez juste.
40:59Olivier Véran vient de nous dire que, le ministre de la Santé,
41:02qu'il allait rouvrir 4 000 lits à la demande avec une enveloppe de 50 millions d'euros.
41:11Or, un lit d'hôpital, c'est 2,5 personnes.
41:14Voilà, c'est 2,5 personnels.
41:17Et puis, après, il faut regarder ce que ça fait en salaire pour 4 000 lits.
41:23En fait, ça ferait à peu près 400 millions d'euros.
41:26Donc, nous dire qu'il rouvre 4 000 lits avec 50 millions,
41:29ça veut dire qu'en fait, il va utiliser le personnel en place pour ouvrir des lits
41:33où il n'y aura pas de personnel supplémentaire.
41:35On va bricoler et faire la prise en charge.
41:38Donc, voilà, il faut à chaque fois regarder.
41:40Et donc, ce n'est pas très difficile de voir combien, au minimum, il nous faudrait le lit,
41:44combien il nous faudrait le personnel et dire,
41:47ben voilà, c'est 100 000 sur la France.
41:48Alors, ce n'est pas tant que ça.
41:51Et 200 000 sur les EHPAD.
41:53Mais ça demande un changement complet de logique par rapport à ce qu'on vit ces dernières années.
42:01D'accord, toujours beaucoup, beaucoup de questions.
42:04Karine, qui évoque les élevages de visons détruits à cause de la mutation du vaccin.
42:13Karine, elle est en colère.
42:14Elle dit bientôt nos chiens, nos chats seront concernés.
42:17Qu'est-ce que ça raconte cette histoire des visons, en fait ?
42:24Alors là, franchement, on ne peut pas tout me demander.
42:29Je ne sais pas.
42:30J'ai lu comme tout le monde l'histoire des visons.
42:32Voilà, j'ai lu comme tout le monde.
42:34J'ai lu qu'en effet, on avait une souche virale qui risquait d'être,
42:40enfin de, de, de, de, de, de rendre le vaccin inopérant.
42:44J'ai réunis.
42:45Voilà, voilà ce que j'ai lu.
42:47Mais je ne suis pas allé très sincèrement voir exactement le motif exact de l'abattage des visons.
42:55Parce que voilà, je ne peux pas, je ne peux pas m'occuper de tout.
42:58Et sincèrement, ce n'est pas ma priorité.
43:00Donc là, je ne vais pas répondre à cette question parce que je vais dire des bêtises.
43:04Je n'ai fait que lire ce que tout le monde m'a dit.
43:09D'accord.
43:09Merci de cette franchise.
43:11André demande concernant les sages-femmes.
43:14Sont-ils fournies, sont-elles fournies en masque FFP2 ?
43:18Ce qui éviterait que les femmes soient obligées d'accoucher avec obligation de porter un masque.
43:25Alors, je suis allé chercher hier matin une femme qui accouchait sur le Loujean,
43:32juste à côté de Craig, que j'ai dû amener à Sanlis avant l'arrivée.
43:36Les sages-femmes étaient équipés de ces masques.
43:38Après, malgré tout, il a été mis à la maman un masque chirurgical.
43:43Donc, c'est vrai que c'est un peu compliqué cette situation.
43:48Le personnel se protège lui aussi, en fait.
43:51Malgré, parce que les masques FFP2, c'est indispensable,
43:55ça n'a pas garanti l'absence de contamination.
43:58Il y a des personnes qui se sont contaminées, même avec des équipements et des lieux de protection.
44:03Donc, pour l'instant, c'est ça.
44:05Après, je vais accoucher avec un masque.
44:07C'est quand même très, très spécial.
44:10Et puis, au-delà même de ce masque, c'est la possibilité pour la famille de venir voir.
44:17Les visites sont très limitées.
44:18C'est quand même un moment qu'on passe en famille.
44:22Là, c'est un pas mal.
44:26Donc, oui, on va pouvoir multiplier ces exemples à l'envie.
44:33Il y a une chose qui nous semble anormale et insupportable.
44:36On vit une situation qui est tout à fait inédite et anormale.
44:41Du coup, c'est vrai que je ne peux pas dire.
44:44Je suis très content que les femmes enceintes portent des masques lors de leur abouchement.
44:47Évidemment, personne n'en est content.
44:49Après, je peux entendre la volonté du personnel de se préserver au maximum.
44:54Mais soyons clairs, si on avait trop d'arrêts sur l'hôpital, c'est une catastrophe.
44:58Voilà, je ne peux pas donner d'autres réponses.
45:01Bon, merci beaucoup.
45:03On va peut-être clore bientôt ce live.
45:07Ça fait quand même déjà 45 minutes qu'on est ensemble.
45:09Je sais que vous êtes très nombreux à le suivre et très nombreux à poser des questions.
45:14On en fera d'autres.
45:16Avec Loïc, on en a fait beaucoup lors du premier confinement.
45:19On a recommencé à en faire avec ce second confinement.
45:22Donc, on va refaire un point très régulièrement.
45:25On voit que c'est important pour vous.
45:31Peut-être une dernière question.
45:34Une question assez directe, mais peut-être très large.
45:39Charlotte demande, pour vous, les mesures appropriées à mettre en place aujourd'hui, quelles sont-elles ?
45:46Quelles seraient-elles ?
45:48Je l'ai un peu dit tout à l'heure, mais je pense que la première chose, ce serait de
45:53renforcer l'équipe hospitalière.
45:55Et d'abord, avec des agents hospitaliers et des agents administratifs.
46:00Voilà.
46:02Ensuite, pour l'instant, je n'imaginerais pas qu'on puisse arrêter tout de suite le confinement, vu la progression
46:10des contaminations.
46:11Après, on attend de voir ce que ça va donner en termes de patients à l'hôpital.
46:16Voilà. C'est ça qui va devoir être déterminant.
46:18Parce que finalement, si tout le monde se contaminait à une maladie qui n'entraînait pas de malades, ce serait
46:24parfait.
46:24Sauf que ce n'est pas le cas.
46:25Et le critère qui doit nous guider, c'est bien le nombre de malades, de malades graves et la capacité
46:33à les prendre en charge.
46:34Voilà. Donc, il faut réduire le nombre de contaminations parce qu'on sait qu'il y a une proportion fixe
46:41de gens qui font des formes graves dans toutes ces contaminations.
46:44Donc, moins de droits de contamination, moins de droits de formes graves et déconfiner le plus vite possible pour ne
46:54pas avoir les effets pas désirables,
46:56c'est le mot qu'on puisse dire, des gens qui ne se sont pas fait suivre les premiers confinements.
47:01Donc, déconfiner le plus possible. Mais pour déconfiner le plus possible, il faut réduire la circulation virale.
47:04Donc, ça va être à chaque fois surveiller, comme le lait sur le feu, l'évolution de la pathologie.
47:11Et quand le déconfinement va intervenir, j'espère qu'il intervenera rapidement, sans garantie aucune,
47:18il va falloir conserver des gestes de distanciation physique plus importants que ce qu'on a pu faire ces derniers
47:24mois.
47:27Merci pour tous ces éléments, toutes ces explications.
47:31Beaucoup de remerciements dans les commentaires pour vos paroles claires, précises
47:40et beaucoup d'intérêts portés pour cet échange.
47:44On se dit à très bientôt parce qu'il y a encore...
47:47Pardon ?
47:48Je dis ou mes paroles qui disent que je ne sais pas parce que les questions sont vastes et là,
47:53des fois, je suis un peu sec quand même.
47:56Oui, mais c'est important de le dire quand on ne sait pas, plutôt que de dire des bêtises.
48:01Dire je ne sais pas, je pense que c'est assez essentiel en définitive.
48:05On se donne rendez-vous donc à bientôt.
48:09Je le rappelle, n'hésitez pas à vous abonner à l'Humanité pour 9,90€ par mois.
48:13Vous avez accès à tous les contenus en ligne.
48:15On reviendra poser des questions à Loïc Pen très prochainement parce que vous avez encore beaucoup de questions.
48:25Donc, on va revenir certainement dans le coin des jours qui viennent pour ces lives qui, visiblement, vous intéressent au
48:35plus haut point.
48:36Merci encore d'avoir suivi ce live.
48:38N'hésitez pas à le partager.
48:41Et on vous dit très bientôt.
48:43Et Loïc, bon repos après cette permanence de 24 heures.
48:47Ce n'était pas très dur. Merci Nicolas. Au revoir.
48:50Au revoir.

Recommandations