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  • il y a 9 heures
En direct de Creil (Oise) avec Loïc Pen, médecin urgentiste CGT. Le point sur la situation dans les hôpitaux, le manque de matériel, les mesures de confinement.

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Transcription
00:00Bonjour Loïc Peine. Bonjour. Donc vous êtes médecin urgentiste CGT, on est en direct de
00:06Creil, l'hôpital de Creil dans l'Oise. Quelle est la situation ce matin et aujourd'hui ?
00:13Ce matin, là je me lève, je suis raté, j'ai fait garde cette nuit. En tout cas la situation
00:18avant
00:18que je me couche, ce qui remonte à deux heures et demie, c'était, comme tu dis, il restait un
00:27lit en réanimation. Pour le reste, on entassait des patients aux urgences, avec des patients isolés
00:34dans nos box de consultation. Donc, il n'y a plus vraiment de box. Pourquoi est-ce qu'il y
00:39a les deux ?
00:39Parce que, évidemment, quand on bloque comme ça toutes nos salles avec des isolements, on n'a plus aucun
00:44endroit où voir les patients. On avait écarté une et on a eu, là, quand je montais à 7h30, on
00:51avait
00:51encore une arrivée d'un patient isolé. Donc je ne sais pas comment le médecin qui restait là s'est
00:56débrouillé. Voilà, on monte. Alors, on ne sait pas où on en est de cette épidémie, puisque tout le monde
01:04me dit
01:04mais c'est quand le pic ? On ne sait rien. On ne pourra dire que le pic est passé
01:09quand on commentera
01:09voir les patients arriver moins, quand il y a un nombre de cas qui commencera à décroître. Pour l'instant,
01:14c'est vrai qu'on n'a pas vraiment de perspective. J'ai entendu qu'on l'annonçait pendant une
01:18semaine.
01:18Je ne sais pas sur quoi il se base. Donc, pour l'instant, on ne sait pas. Ce qui est
01:23inquiétant, c'est qu'on a mobilisé
01:25beaucoup de moyens. Beaucoup de moyens humains. Je le disais sur Live précédent, il y a beaucoup de gens
01:30qui sont venus nous aider. Des gens de la réserve sanitaire, des retraités, des gens du traitement privé PSPH
01:36qui passent une filet à coup de main, des collègues, des chirurgiens qui font plus de chirurgie, qui, là,
01:42sont venus faire de la consultation Covid. Enfin voilà, on a un bel élan de mobilisation sur l'hôpital. Et
01:49puis,
01:49les souhaitons comptent pas leurs heures quand même. On a des gens qui sont fatigués, ça se fait entendre.
01:56Simplement, on est à peu près au maximum, là. On a ouvert 90 lits Covid. Alors, on a fermé d
02:01'autres lits.
02:02On n'avait pas les moyens d'ouvrir tout ça. On a une activité qui arrive vite par ailleurs.
02:07On ne va pas tout faire là, mais c'est inquiétant pour la suite, d'ailleurs, parce que c'est
02:10des patients qu'on retrouvera.
02:13Donc là, on est un peu, enfin, me semble-t-il, à peu près au maximum de ce qu'on
02:17fait. On a augmenté beaucoup
02:18aussi les lits de réanimation avec des chambres armées en réanimation. Mais si ça continue, si ça augmente,
02:28on va être en difficulté parce que là, on voit bien qu'on est à peu près au taquet, quoi.
02:32D'accord. Et côté matériel, est-ce que vous arrivez à faire face ?
02:40En quoi ? Matériel de protection ?
02:42Oui, matériel de protection, matériel de réanimation, médicaments d'une manière générale,
02:46puisqu'on a entendu dire qu'il y avait probablement une rupture de stock.
02:53Oui, de toute façon, c'est une inquiétude qui n'est pas seulement ici, partout. Les hôpitaux ont été,
03:01depuis la loi Bachelot, l'hôpital Entreprises, ont été gérés comme ça, comme des entreprises.
03:07Ça a pu être géré comme un service public, mais il fallait être rentable, il fallait avoir des objectifs financiers.
03:12C'est l'époque où la loi HPST de Bachelot, ça a été la fin des services, la création des
03:16pôles, les contrats d'objectifs et de moyens.
03:19Ça dit bien son nom, quoi. Il fallait des objectifs et des moyens afférents.
03:23Sauf que les moyens afférents, on essaie vraiment sur une logique d'entreprises, économie, rentabilité.
03:28Le résultat des courses, c'est qu'on est en flux tendu en permanence.
03:30De toute façon, l'hôpital est au bord de la rupture régulièrement.
03:34Les hivers, pendant l'été, les petits calicules, pendant les longs week-ends, on est déjà en rupture limite.
03:40Donc là, évidemment, il n'y a pas de sécurité.
03:44Donc si rapidement, on n'a pas des approvisionnements, il pourrait y avoir une véritable catastrophe.
03:50Je ne sais pas où on en est des productions, parce que c'est vrai qu'on a le sentiment
03:55que, je le disais la dernière fois,
03:56c'est le marché qui va réguler, mais que le marché ne régule pas, parce que ça, ce n'est
03:59pas vrai.
03:59Il faut de la puissance publique.
04:01J'ai le sentiment que ça commence à réagir.
04:04J'ai vu Emmanuel Macron, dans une usine de masques, nous faire un grand discours.
04:11Aux actes, il n'y avait pas, puisqu'on continue à se débrouiller comme on peut.
04:15Sur les masques, c'est flagrant.
04:17On a vu, comme ça, des appels autour de tous les hôpitaux.
04:19On l'a fait aussi.
04:21On récupère des masques.
04:22J'ai un ami qui m'a appelé parce que, dans l'entreprise où il y a des connaissances,
04:26il y a 100 masques qui a fait frais de titres élèves.
04:27Il ramène aux urgences.
04:28Il y a des particuliers qui nous ont ramené des masques.
04:31Tout est fait pour qu'on tienne, mais tant sur les masques que sur le matériel.
04:36Les respirateurs, on le sait, ils ne sont pas extensibles.
04:41Ils sont en train d'être refabriqués en catastrophe parce qu'on n'a rien prévu.
04:46On avait un reportage à Craig qui s'était fait il y a deux ans.
04:49Un reportage qui avait été diffusé il y a deux ans en voyais spécial,
04:54qui montrait qu'on avait acheté ici des respirateurs d'occasion
04:58parce qu'on ne pouvait pas acheter des neufs.
05:00C'était tout ça.
05:02Évidemment, là, ça nous répondit à la figure, mais ce n'est pas faute d'avoir prévenu.
05:07Alors, le ministre Darmanin appelle aux dons.
05:11Il y a un appel d'État aux dons. Qu'est-ce que vous en pensez ?
05:17Ça fait pitié.
05:20Quelle réponse politique à une crise pareille qu'un Téléthon d'État ?
05:27Moi, j'entends bien.
05:29Je n'ai rien contre le Téléthon.
05:30J'entends que les associations, c'est leur rôle de faire des appels aux dons.
05:35Heureusement qu'elles le font pour mettre en œuvre la solidarité concrète
05:38toute l'année avec les plus démunis.
05:40On a dit que l'État français en arrive à faire un appel aux dons.
05:44Enfin, quand même, il y a peut-être d'autres réponses à avoir.
05:47On peut parler de rétablir l'impôt sur la fortune.
05:50Ce sera un appel aux dons un peu ciblé qui permettrait quand même de récupérer de l'argent.
05:53On n'a pas parlé du CICE.
05:5520 milliards qu'ont été donné aux entreprises.
05:57Enfin, on baisse de cotisations de charges.
06:00C'est des baisses de cotisations.
06:02C'est normalement l'argent qui alimente la Sécurité sociale.
06:04Il faut peut-être revenir là-dessus parce qu'on a dans le même temps 59 milliards d'euros de
06:09dividendes
06:09qui sont disponibles là pour l'année 2020.
06:12Ils sont en train de dire qu'il ne faut pas les verser.
06:13Enfin bon, les verseront plus tard pour ne pas faire des ordres.
06:16Mais voilà, ils sont disponibles.
06:17Là, il y a peut-être une contribution exceptionnelle à mettre en place.
06:21Et puis après, il ne faut pas qu'on oublie.
06:23On avait publié des photos disant l'évasion fiscale et la crime sociale.
06:27Parce que voilà, cet argent qui pourrait nous aider à faire fonctionner les services publics,
06:34qui pourraient aider aux biens communs, il est pour 80 milliards dans les paradis fiscaux.
06:39Tous les ans, c'est de l'évasion fiscale pour environ 100 milliards d'euros.
06:42Voilà, il y a des mesures qui ne sont pas des télétons, mais de la justice sociale arrêter l'optimisation
06:47fiscale.
06:47Et ça, ils ont quand même les pleins pouvoirs pour le faire.
06:50Ils ont pris, ils légifèrent par ordonnance aujourd'hui.
06:52Donc, ce n'est quand même pas bien compliqué de décider d'arrêter ça.
06:55Et puis, de faire que l'administration fiscale, voilà, qu'un service public a souffert aussi,
07:02de renforcer, récupère cet argent pour aider à ce que tous ensemble, on lutte contre ce virus, cette crise sanitaire.
07:10Alors, Christophe Prudhomme, qui préside l'association dont vous êtes membre, l'association des médecins urgentistes,
07:17a dénoncé évidemment dans les médias le manque de moyens criant depuis des années et la déficience de l'Etat.
07:27Il est attaqué aujourd'hui par de nombreux éditorialistes et par des ministres.
07:33Qu'est-ce que vous en pensez ?
07:36Moi, j'en pense que ça dérange quelque chose de façon brutale.
07:40Alors, Christophe les a dit de façon claire.
07:43Moi, je lui apporte tout mon soutien parce que, enfin, il a osé dire les choses,
07:46des choses que je partage, que je pense extrêmement vraies parce qu'on nous explique qu'on ne pouvait pas
07:51prévoir l'épidémie.
07:52D'accord ? On pouvait prévoir que les hôpitaux allaient être en difficulté.
07:55Ça fait 15 ans qu'on dit. Et toute cette année, on a manifesté, toute cette année, on a expliqué
08:00les choses en reprenant,
08:02en expliquant qu'on assistait à un effondrement de l'hôpital public.
08:05Donc, on n'a prononcé. Personne ne nous a écoutés.
08:08Et donc, il nous explique qu'il ne pouvait pas prévoir.
08:10Mais il pouvait prévoir que l'hôpital public ne serait pas apte, dans les conditions où il était,
08:15à recevoir une épidémie en plein dans la figure et à la gérer de façon correcte.
08:20Il reprenait des choses simples.
08:21Mais on nous explique que c'est formidable. On a passé 5 000 à 10 000.
08:25Mais en effet, si on avait été dans la simple proportion de l'Allemagne, on aurait eu 10 000 places
08:30de réanimation.
08:31Et on serait parti de là. Et la situation a été complètement différente.
08:35L'idée, pour nous, c'est pas de dire, on va refaire le passé.
08:38C'est de dire, attention, faisons pas pareil à l'avenir.
08:42On veut, en plus, qu'on lui fasse un procès.
08:45Je veux dire, il est sur le pont, comme on l'est tous.
08:47On est en train de travailler. Simplement, on n'accepte pas qu'on ne nous permette plus d'exprimer nos
08:56colères, nos doutes, nos avis, nos propositions.
08:59Parce que c'est pas parce qu'on est au boulot et la tête dans le diécho qu'on n
09:04'a pas le droit de réfléchir et de constater qu'en effet, il y a eu des choses inadmissibles qui
09:08ont été menées sur les politiques de santé.
09:10Et puis, j'étais quand même effaré de voir que c'était Roselyne Bachelot qui venait de faire la leçon.
09:14Alors là, elle est devenue la madone des médias parce qu'elle avait acheté des masques.
09:17Très bien. Enfin, elle n'était pas la seule à dire à l'époque qu'il fallait des réserves stratégiques
09:21et avoir acheté des masques.
09:22On était tous d'accord. Simplement, Roselyne Bachelot, c'est la loi Bachelot, quoi.
09:26C'est à l'OHPST. C'est elle qui a conduit l'hôpital d'entreprise. C'est elle qui a
09:30permis les fusions d'hôpitaux dans des conditions catastrophiques.
09:32C'est la destruction des services. C'est la destruction des équipes dans les hôpitaux pour cette logique managériale qu
09:40'on vit encore aujourd'hui.
09:41Enfin, je trouve qu'il faudrait quand même être un peu humble là parce que cette logique qui présidait à
09:48l'OHPST, c'est celle qui aujourd'hui a mis l'hôpital public à genoux.
09:52Et c'est pour ça qu'on se retrouve... Alors, les autres ont continué. Marisol Touraine, plus un aujourd'hui...
09:58Enfin, pas normal. Trompé, je suis fatigué. Donc, je ne peux pas toujours un peu...
10:02C'est toutes les mêmes logiques, finalement. On m'a dit aussi à l'époque, puisqu'il est ressorti du
10:09placard au ministre de la Canicule pour nous expliquer que l'on ne peut pas prévoir.
10:13Enfin, quand même. On nous ressort, en fait, pour nous juger, alors que nous sommes dans le...
10:18Et donc, nous constatons que les choses ont été mal faites et que le service public ne fonctionne plus comme
10:22ils le devraient par leur faute, on nous ressort tous ceux qui l'ont mis à mal.
10:26C'est quand même extraordinaire, quoi. On nous ressort tous ceux qui ont fait les mêmes politiques de cas du
10:31service public, de politique néolibérale, pour nous expliquer que vraiment, on devrait se taire.
10:35Là, c'est l'union sacrée. Je le disais à la fin, ce n'est pas l'union sacrée. Les
10:39soignants sont de travail. Ils sont là où on les attendait, mais on ne peut pas leur demander de se
10:45taire et de ravaler leur colère.
10:46Parce que la colère, elle est toujours aussi palpable.
10:49Alors, il y aura un après, après le confinement, après la crise. Beaucoup de ceux qui applaudissent le soir au
10:56balcon disent qu'il faudra vous soutenir, qu'il faudra agir pour obtenir les moyens nécessaires à l'hôpital public.
11:03Qu'est-ce que vous leur dites ?
11:05Ben oui, déjà, merci, parce que ça fait quand même chaud au cœur. Je le disais à la dernière fois,
11:11j'en ai discuté avec les soignants.
11:14Après les lives, je discutais avec les soignants de l'hôpital pour savoir ce qu'ils en ont pensé, s
11:18'ils étaient à peu près juste dans ce que j'ai dit.
11:22Ils m'ont tous dit qu'ils étaient contents de ces applaudissements et ça leur faisait du bien. Déjà, c
11:26'est ça de pris, quoi.
11:26Après, sur la suite, évidemment, je disais à la fois, on ne peut pas en rester là. Oui, il faudra
11:31qu'on soit tous ensemble pour changer la situation politique,
11:36pour faire que l'hôpital public soit refinancé, pour faire que la démocratie sanitaire ait une autre tête, que ce
11:42soit plus une gestion technocratique.
11:45La gestion HPST de la Bachelot, là, où c'est le directeur des patrons et finalement les soignants ont pu
11:51leur mot à dire.
11:51Et je disais qu'on aura besoin d'élargir cette démocratie sanitaire parce qu'ils nous soutiennent, c'est bien,
11:59qu'ils participent, c'est encore mieux.
12:00Moi, je pense qu'il ne faut pas être un spécialiste pour comprendre les besoins de santé d'un territoire,
12:06d'un bassin de vie.
12:07Alors, spécialistes qui ont leur place pour apporter ce qu'il y a, ce sont les éléments.
12:13Mais je pense que c'est toute la population qui doit s'investir.
12:16Donc, ce n'est pas un soutien seulement que j'appelle, c'est une participation au débat, une participation aux
12:21luttes, une participation aux manifestations quand tu en auras,
12:24et une coélaboration d'un nouveau contrat démocratique de la santé dans ce pays.
12:30Parce que ce n'est pas possible qu'on continue comme ça, à finalement prendre des directives qui sont, on
12:36le constate aujourd'hui, souvent mal avisées.
12:39Alors, vous venez de terminer votre nuit, c'est ça ?
12:44Oui, ça se voit, c'est ça.
12:46Vous avez dormi quand même quelques heures, peu, mais comment ça s'est passé cette nuit aux urgences ?
12:53Là, je n'ai pas beaucoup vu les urgences en fait pas.
12:57Je suis en ce mur, donc comme, enfin, ce n'est pas la nuit, c'est depuis hier matin à
13:018h30, et ça a été incessant.
13:04C'est-à-dire qu'on est sorti, on a été chercher un patient, qu'on a pris en charge,
13:08qu'on a ramené aux urgences, qu'on a commencé à gérer, mais on est ressorti sur un autre patient.
13:12Et tout ça, pratiquement sans discontinuer, depuis 10h30 hier, on a eu un petit répit de 2h le matin, et
13:21puis depuis 10h30 hier, on n'a jamais pu arrêter.
13:24On s'est arrêté là à 7h. Donc, voilà.
13:28Mais après, il faut bien mesurer que les urgences, alors on a tout ce qui est la crise du Covid,
13:33et je remets un petit mot là-dessus, parce qu'en sortant par contre en ce mur, on constate que
13:38les gens ressortent.
13:39C'est pas un jugement de valeur que je porte là, j'entends bien qu'au bout de 2 semaines
13:43confinés, il y en aura le bol, mais on voit de nouveau des gens dans les rues, des voitures,
13:48plus, beaucoup plus qu'on avait ces 2 dernières semaines.
13:52Pour l'instant, on n'a toujours pas de traitement, toujours pas suffisamment de masques. Le confinement reste la seule
13:59solution actuelle.
14:00J'espère que ça ne va pas le rester à vitam aeternam. Enfin, ça ne sera pas le rester à
14:04vitam aeternam, mais qu'on va trouver, qu'on va valider des traitements.
14:07Ça, ce serait quand même formidable, qu'on va être plus équipés, qu'on va pouvoir tester.
14:11Il y a un test sérologique qui sort, qui permettra de voir si on était exposé au virus ou pas.
14:15Enfin, il y a des choses qui sont en train de se faire quand même, heureusement. Mais pour l'instant,
14:19on n'y est pas.
14:21Je disais qu'on avait un retard à l'allumage. C'est clair qu'on a un retard à l
14:24'allumage.
14:25Passer des commandes de masques là, sur l'épidémie débarée depuis 2 semaines, ou commencer à lancer la fabrication des
14:31respirateurs maintenant,
14:32ou s'inquiéter de la production nationale maintenant, oui, bien en retard.
14:36Mais après, moi, je prends tout ce qui vient. Plus vite on aura des choses, plus vite on s'en
14:40sortira, mieux ce sera.
14:43Mais pour l'instant, le confinement reste indispensable et il faut remettre ça dans les têtes, parce que les gens
14:49en ont marre.
14:50On ne peut plus tous le comprendre. Sauf que moi, ce que je vois quand même arriver comme patient ici,
14:58c'est vraiment sérieux.
15:02Je ne peux pas dire autrement. On a des gens, on n'attendait pas, avec des jeunes hommes, des jeunes
15:09femmes, plus d'hommes,
15:12dans la quarantaine, cinquantaine, qui sont en réanimation dans une situation grave.
15:16Enfin, on ne sait pas si on va aller sortir des ronces. Je suis allé hier, je suis sorti sur
15:22une jeune femme qui pleurait la mort de son oncle,
15:25qui avait 50 ans, qui est mort là, qu'on enterre aujourd'hui. Enfin, il faut qu'on mesure que
15:32pour l'instant, on n'est vraiment pas sortis
15:34et qu'il faut garder ces mesures de confinement.
15:38Merci beaucoup. Sur ces derniers mots, on va se quitter, parce que je pense que vous avez besoin de vous
15:44reposer.
15:44On refera un point ensemble très prochainement.
15:47Pas très positif, mais un peu intérieur.
15:50Oui, et puis c'est un appel au confinement absolument nécessaire, que chacun reste à la maison.
15:56Le plan de rester chez vous, il est encore d'actualité, il faut le tenir encore un peu.
16:01Merci beaucoup Loïc Pen et bon courage, bonne journée. A très bientôt.
16:05Au revoir.

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