- il y a 12 heures
En direct de l’hôpital de Creil (Oise) avec Loïc Pen, médecin urgentiste et représentant CGT, le point sanitaire et la mobilisation des soignants à quelques jours de la journée nationale d’action du mardi 16 juin pour l’hôpital public.
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NewsTranscription
00:00Bonjour Loïc Penne.
00:02Bonjour Nicolas, bonjour à tous.
00:04Alors, on est en direct de l'hôpital de Creil où vous finissez votre permanence de 24 heures.
00:10Comment ça s'est passé cette nuit ?
00:13Après la nuit de garde, on ne peut pas prévoir.
00:17Ça a été pas beaucoup de sommeil, donc je vais faire de mon mieux.
00:23La situation à l'hôpital en ce moment, avant de parler, avant de faire un point sanitaire
00:28et le point sur la mobilisation de mardi 16, grande mobilisation nationale pour l'hôpital public.
00:36Aujourd'hui, comment ça se passe à l'hôpital ?
00:41On vient de vivre une semaine très difficile, très très difficile avec un hôpital qui était saturé ici.
00:47Beaucoup de patients, pas beaucoup de lits, parce que j'ai même entendu des soignants qui disaient regretter,
00:55alors on regrettait qu'on s'entende bien, il ne regrettait pas l'épidémie,
00:58mais il regrettait un peu la parenthèse enchantée du Covid lorsqu'on vivait à l'hôpital,
01:02parce qu'on avait une place, on a créé des plans pour hospitaliser nos patients.
01:06Ces unités fermes, parce qu'il n'y a plus de Covid dans l'hôpital aujourd'hui,
01:11il reste plus de patients, je crois, en réanimation,
01:14mais qui sont là depuis un mois et demi, deux mois.
01:17Voilà, c'est des patients qui sont là depuis longtemps.
01:20Pour le reste, évidemment, le Covid disparaissant, on a un retour au monde d'avant,
01:26avec de nouveau des difficultés d'hospitalisation,
01:30et puis la fameuse deuxième vague qu'on attendait, on l'a.
01:33D'ailleurs, ce n'est pas une contre-Covid, on en avait parlé quand même de ce qui risquait de
01:37se produire.
01:38On a beaucoup de patients chroniques qui sont restés sans suffisamment de soins,
01:43pas sans soins, mais sans suffisamment de soins et sans recours à l'hospitalisation
01:46pendant toute la période du confinement.
01:49Et cela nous arrive aujourd'hui, dans des états assez dégradés.
01:51Beaucoup de personnes âgées, polypathologiques, dont les pathologies ont été compensées.
01:56Et voilà, cela, il faut les hospitaliser.
01:59Et on a eu jusqu'à 40 patients dans les urgences,
02:02une trentaine sans solution d'hospitalisation, qui étaient dans les couloirs.
02:05Enfin, voilà, un truc très Macao, quoi.
02:08Où on ne sait plus où donner de la tête et où on a peur que l'accident arrive.
02:12Parce que, voilà, quand on a autant de gens et toujours le même nombre de personnels,
02:16la surveillance et la prise en charge n'est pas optimum, c'est le moins qu'on puisse dire.
02:20Alors, ce n'est pas que Creil.
02:21J'ai vu qu'il n'y avait eu qu'un père, il y a eu plein d'hôpitaux qui
02:24ont vécu ce qu'on a vécu.
02:26C'est-à-dire que ce n'est pas un problème localisé.
02:29On a des problèmes locaux, comme tout le monde.
02:30Mais là, on a un problème national qui est extrêmement important.
02:34C'est cette deuxième vague de patients qu'il faut prendre en charge hors Covid.
02:38Alors que rien ne bouge à l'hôpital, malgré les annonces tenu-truandes qui avaient été faites par M. Macron.
02:48Rien ne bouge.
02:49Et on se retrouve finalement dans la situation qu'on a connue et qu'on a conduit à manifester pendant
02:53l'année écoulée,
02:54d'une impossibilité de remplir correctement nos missions.
02:57Alors, on va reprendre tout ça.
02:58Dans ce que vous dites, il y a plusieurs choses.
03:00La première, vous dites, effectivement, donc on peut tirer le bilan aujourd'hui,
03:04l'épidémie étant décrue, l'épidémie est en train de disparaître, c'est ça ?
03:09Alors, il faut toujours rester prudent, puisqu'on a eu des recontaminations,
03:13plus de centaines de fois une épidémie qui ont ressurgi.
03:16Mais je le disais la dernière fois, ils sont restés assez circonscrits, localisés.
03:21Et finalement, plutôt sous contrôle, voilà.
03:24Nous, qui étions dans le premier foyer en France, le bassin creillois, avec Crépier-en-Balois,
03:32on voit quand même, enfin c'est plus qu'une décrue, c'est qu'on n'a plus de patients
03:35Covid.
03:36Hier, pendant 24 heures, il n'y a pas eu un patient qui s'est présenté, à ma connaissance,
03:41nos urgences de Creil, avec une suspicion de Covid.
03:43Et je discutais avec un collègue réanimateur qui venait voir un de mes patients pour autre chose.
03:50Ils ont encore des patients Covid, mais qui sont en fait des patients qui avaient fait des formes graves.
03:56D'ailleurs, ils sortent aujourd'hui, ils sortent sur leurs deux jambes.
04:00Ça a été très long, c'est des formes vraiment sérieuses.
04:04Mais y compris la prise en charge de Réa, qui au début était très compliquée,
04:07parce que c'est un virus qu'on ne connaissait pas, on ne connaissait pas toutes les manifestations de ce
04:12virus.
04:13Aujourd'hui, finalement, les protocoles qui sont mis en place en réanimation, particulièrement sur l'anticoagulation, fonctionnent.
04:20Et finalement, s'il y a un truc qui a fait la preuve de son efficacité comme ça sur le
04:24terrain,
04:24c'est d'anticoaguler les patients.
04:27Ça nous règle quand même l'essentiel des grandes complications.
04:30Et on arrive à sortir des gens, parfois avec des séquelles, parfois en bonne forme,
04:35mais en tout cas à les sortir, plus à voir ce qu'on avait au début des patients qui mouraient.
04:41Alors, sur les patients qui sortent avec le Covid et qui ont eu des formes graves,
04:46il y a la question des séquelles, très importante.
04:51Où on en est de ce point de vue-là ?
04:52Est-ce que vous avez plus d'éléments ?
04:54Est-ce que vous avez les moyens de prendre en charge ces patients
04:58qui ont des pathologies, pour certains, assez importantes ?
05:02Alors, moi, je travaille aux urgences.
05:04Donc, ce n'est pas là qu'on les verra, ces patients, sauf s'ils font un épisode édu.
05:08Ils vont être suivis en consultation par les différents spécialistes d'organes.
05:13Les séquelles, il va y en avoir.
05:15Sur les formes graves, il va y en avoir.
05:16Il y a quand même des gens qui sortent avec des poumons extrêmement abîmés.
05:19Alors, même si le principal lieu d'attaque n'est pas le poumon,
05:23c'est celui, finalement, qui va subir le plus, apparemment.
05:26Mais la problématique, on le disait, de ce virus,
05:29c'est que ce n'est pas une pneumopathie classique.
05:31C'est plutôt une inflammation des vaisseaux, de la coagulation,
05:35qui explique, finalement, cette multitude de formes qu'on a pu voir.
05:42L'odorat, la diarrhée, la perte de goût, les poumons,
05:46les problèmes dermatos.
05:48On a plutôt appris à connaître ces différentes formes de virus.
05:55Après, ce qu'on constate, c'est que les lésions les plus graves
05:58qui nous semblent rester, ce sont les poumons.
06:00Après, longtemps en réanimation, il y a des gens qui sortent
06:03avec des troubles digestifs.
06:05Certains en sont sortis avec des scomies, des poches artificielles.
06:09Il y a tout un tas de choses, quand même, qui ne sont pas anonymes.
06:13C'est le moins qu'on puisse dire.
06:15Quelle proportion ? Pour l'instant, on n'a pas encore un retour fiable
06:19sur la proportion de gens qui vont avoir des séquelles.
06:21C'est un peu tôt pour le dire, parce qu'on est encore à terminer
06:25la prise en charge des patients qui restent de cette grande période épidémique.
06:30Au moment où c'était haut, ces patients sont encore pris en charge.
06:34Pour les réanimateurs, c'est ceux pour qui ce n'est pas fini.
06:38Donc, ils continuent à travailler.
06:39Et c'est dans quelques mois qu'on va avoir quelque chose de plus fiable
06:43sur combien de personnes, quelle proportion de ces cas graves
06:46ont eu des séquelles.
06:48Et puis, quelque chose qu'on ne peut pas dire maintenant,
06:50mais est-ce que les cas peu graves, les formes peu symptomatiques
06:54qui font parfois rester à la maison, parfois pour nécessiter
06:56une hospitalisation et pas en soins intensifs, auront des séquelles ?
06:59C'est une question qui est entièrement posée.
07:01En fait, on ne peut pas préjuger de l'avenir avec un virus
07:05dont la pathogénicité ne nous est pas encore complètement connue.
07:09D'accord. Du point de vue du déconfinement, maintenant,
07:14le bilan, c'est qu'il n'y a pas de seconde vague, visiblement.
07:18Emmanuel Macron s'apprête à parler demain soir à 20 heures.
07:22Il devrait annoncer un déconfinement plus important.
07:27Du point de vue sanitaire, vous faites le constat qu'effectivement,
07:31on peut déconfiner davantage.
07:33Et est-ce qu'on doit maintenir les gestes barrières ?
07:37Alors, tant qu'on n'est pas complètement sûr et on n'est pas complètement sûr,
07:42je pense que les gestes barrières ont encore du sens.
07:45Voilà.
07:46Moi, je ne me semble pas qu'on soit apte à prendre un risque comme ça maintenant.
07:54Après, vu où on est l'épidémie qui semble être réellement sous contrôle,
07:58vu ce qu'on sent sur le terrain avec l'absence de nouveaux cas,
08:00il n'y a pas de raison de ne pas revenir à une vie normale.
08:03Voilà.
08:03Il faut maintenant, en effet, passer à une autre phase de déconfinement
08:09en étant en capacité de reprendre toutes les activités,
08:14même si, oui, pendant un temps, il va encore falloir les gestes barrières.
08:17Il y a un confinement qui n'est pas levé, on va en parler ensuite,
08:21mais c'est le confinement des colères et des luttes,
08:23parce que pour l'instant, on n'a pas le droit aux manifestations.
08:25Alors, ça ne va pas nous empêcher de les tenir, on peut en pousser.
08:29Mais ça, c'est quand même quelque chose qui est assez surprenant.
08:32Quand on rouvre les restaurants, les cafés, les parcs et autres,
08:37et que par contre, on n'a pas le droit d'aller manifester dans la rue,
08:40forcément, à un moment donné, on y voit quelque chose de bizarre,
08:43une arrière-pensée qui est un petit peu déplaisante.
08:46Alors, la Ligue des droits de l'homme à ce titre demande
08:49la levée de l'interdiction des manifestations et parle d'atteinte aux libertés.
08:53Alors, ça fait une jonction toute trouvée pour parler du 16 juin.
08:58Donc, le 16 juin, c'est la grande mobilisation de l'hôpital public.
09:02Pour l'hôpital public, c'est mardi prochain.
09:04Il y a un appel à manifester partout en France et à converger, pour ce qui est de Paris,
09:12à 13 heures au ministère de la Santé. C'est ça ?
09:17C'est ça. Donc, on va avoir un rassemblement qui doit se tenir au ministère de la Santé.
09:22Alors, on est dans une situation un petit peu complexe parce que les informations nous arrivent
09:25petit à petit, vu que pour l'instant, je n'ai pas connaissance que ces manifestations soient autorisées.
09:31C'est quand même un comble.
09:33On peut rassurer le ministère de l'intérieur.
09:35Les soignants ont l'habitude de respecter les gestes barrières.
09:37Ça fait quelques mois qu'on y est.
09:39Donc, on va être très, très prudent.
09:41Vous inquiétez pas.
09:41Vous pouvez nous autoriser à manifester.
09:44On va y aller quand même.
09:45Parce que là, ce n'est pas possible de continuer dans une situation comme ça.
09:49Il ne faut pas oublier les mots qui ont été prononcés.
09:52Quoi qu'il en coûte, l'hôpital public sera aidé.
09:56Quoi qu'il en coûte, avait dit Macron.
10:00Visiblement, ce n'est pas du tout la vraie vie.
10:02Parce que là, on a ce fameux ségure de la Santé qui est en cours.
10:06Pour l'instant, aucune proposition chiffrée.
10:08Rien pour révolutionner l'hôpital qui en aurait pourtant bien besoin.
10:12Enfin, on est sur la vieille loi qui nous avait proposé Ma Santé 2022,
10:17qui prévoit surtout de fermer les hôpitaux de proximité.
10:20Enfin, de fermer.
10:21À chaque fois, je le dis parce que c'est ça.
10:22Mais de les transformer en structure, en coquivie,
10:26puisqu'ils veulent leur supprimer les maternités, les chirurgies et les urgences.
10:30Donc, on aura 300 EHPAD supplémentaires avec un bon label
10:33pour l'hôpital de proximité qui ne peut rien dire.
10:35Donc, on est toujours sur ces logiques de restriction budgétaire à l'hôpital.
10:41On est toujours sur ces logiques, finalement, qui consistent à penser
10:45que la santé, ce serait un coût à réduire.
10:47C'est une richesse.
10:48C'est un service public qui doit être complètement, comme les autres d'ailleurs,
10:53complètement relancé, réformé.
10:55Mais réformé, pas la réforme, je vais le tuer.
10:58Réformé dans le bon sens.
10:59Quelque chose de moderne qui permette aujourd'hui de répondre aux besoins des populations.
11:03Donc, ces problématiques-là restent entières.
11:07Et ça va être l'objet de ce rassemblement, ces manifestations.
11:11Alors, manifestations qui auront lieu partout en France.
11:15À Creil, vous vous donnez rendez-vous à 10h30, je crois, devant l'hôpital.
11:20Et l'humanité a décidé de vous suivre.
11:24Donc, on sera présent à 10h30 à Creil avec vous.
11:28Et on fera un live dès 10h30 pour montrer la mobilisation à l'hôpital de Creil,
11:32qui était un des épicentres de démarrage du Covid-19.
11:37Donc, où les soignants se donnent rendez-vous,
11:40mais aussi toutes les personnes qui sont concernées par les questions de l'hôpital public.
11:44On pense à tous ceux qui ont applaudi sur leur balcon pendant des mois, les soignants.
11:50Donc, rendez-vous le 16.
11:53On sera présent avec vous.
11:54On va vous suivre.
11:55Et on suivra ensuite le rassemblement, la manifestation vers le ministère de la Santé,
12:00avec ce rendez-vous à 13h.
12:03Comment ça va se passer, en quelques mots,
12:05comment ça va se passer mardi à Creil à 10h30 ?
12:08On peut s'attendre à quoi ?
12:12Déjà, à être très satisfait qu'on se voit en direct,
12:14parce que c'est à peu près deux mois et demi qu'on se parle par Skype.
12:18Ça m'étonne ça.
12:21La rencontre, enfin.
12:22Non, mais ça...
12:23C'est une belle idée.
12:25Je suis très content.
12:27Ça me permettra de ne plus être plus seul devant la caméra,
12:30de voir tous les copains qui vont se rassembler,
12:33parce qu'on a besoin, à un moment donné, nous aussi,
12:36de se déconfiner, de sortir et puis d'exprimer clairement les choses.
12:39Je ne dis pas que c'est mal les lives qu'on fait,
12:42mais il faut le faire dans la vraie vie, quoi.
12:44Et là, l'idée, c'est d'abord un rassemblement, en effet, devant l'hôpital,
12:49parce que tout le monde ne va pas compter sur la manif parisienne.
12:52Il y a des gens qui travaillent l'après-midi,
12:54il y a des gens qui ont peu de congés pour leurs enfants,
12:58il y a des salariés qui sont en grève sur leur usine,
13:01qui veulent participer à ce rassemblement des soignants,
13:05et donc qui souhaitent venir, mais qui ne monteront pas à Paris,
13:07parce qu'ils sont en train d'avoir un mouvement social sur leur propre entreprise.
13:12Donc voilà, c'est un moment où on va essayer de se rassembler,
13:15de faire converger nos colères.
13:17Après, sur la population en général, qui a applaudi au balcon,
13:22qui a apporté son soutien,
13:24on les appelle à toutes les formes de soutien,
13:26à venir à ce rassemblement s'ils le peuvent, évidemment.
13:28On accompagnera ensuite le départ du bus pour Paris,
13:31qui partira vers 11h de l'hôpital de Creil.
13:34D'ailleurs, le bus est clair.
13:37Je crois que depuis une quinzaine d'années,
13:39on n'a jamais fait un bus plein pour partir à Paris.
13:42Il est plein, ça montre un peu l'ampleur de cette mobilisation.
13:46Il y a beaucoup de temps,
13:48on en fait un pour tous les hôpitaux,
13:50toute une délégation.
13:52Là, ce n'est pas une délégation,
13:53c'est vraiment une volonté d'être nombreux sur cette manifestation.
13:58Donc après, sur les gens, comment ils peuvent nous aider,
14:00et je sais que beaucoup veulent le faire,
14:02beaucoup ont bien saisi aujourd'hui,
14:04l'enjeu de l'hôpital public
14:06et de contrer les attaques qui lui sont appliquées.
14:10Donc, il y a ce rassemblement, évidemment,
14:13mais il y a aussi toutes les formes,
14:14je l'avais dit, sur les réseaux sociaux,
14:15de se manifester.
14:16Et puis là, il y a un appel qui est lancé
14:19à mettre du blanc aux fenêtres
14:22pour manifester son soutien,
14:23des écharbes, des draps,
14:25des torchons, s'ils sont blancs, que c'est-à-dire,
14:27mais qui permettent partout de redécorer à temps nos villes.
14:32Donc voilà, c'est un geste de soutien qui peut être sympathique
14:36et qui peut aussi montrer la volonté des gens
14:39de soutenir cette reconstruction de l'hôpital.
14:44Et puis, il y a encore une chose,
14:47on a essayé de nous faire le coup de la menticité organisée,
14:51de la charité d'État,
14:53avec l'appel à donner des RTT aux soignants
14:56de la part des salariés.
14:58Je disais, ce n'est pas aux salariés,
14:59à tous les salariés, d'aider les soignants,
15:02c'est une démarche collective
15:03et qui doit être bien le rôle de l'État
15:05et de la sécurité sociale.
15:07Par contre, ça nous a interpellés,
15:09cette histoire de RTT.
15:10Moi, je propose qu'ils ne nous les donnent pas,
15:12qu'ils les gardent et qu'ils les posent le 16
15:13pour venir manifester avec nous,
15:16pour venir au rassemblement.
15:17Ce sera le plus beau cadeau qu'ils peuvent faire
15:19aux soignants aujourd'hui.
15:20Voilà.
15:21Donc, vous lancez un appel vraiment
15:22à tous ceux qui ont soutenu,
15:24qui soutiennent l'hôpital,
15:25à se manifester le 16 avec vous,
15:27pour se faire entendre.
15:29Vous êtes nombreux à suivre ce live
15:32et à le partager.
15:33Merci beaucoup.
15:33N'hésitez pas à le partager encore
15:35pour vraiment faire passer l'info au plus grand nombre.
15:37On a Rosa qui nous dit
15:40que le centre hospitalier
15:41et l'union locale CGT de Libourne,
15:44rassemblement à 17 heures prévue devant le CH,
15:47est défilé respectant les distances autorisées
15:50par la sous-préfecture.
15:52Donc, on le voit,
15:53c'est vraiment une journée qui se prépare partout.
15:56Beaucoup de messages de soutien.
15:58Françoise qui dit soutien inconditionnel,
16:00j'y serai, infirmière à la retraite
16:02et militante CGT.
16:04Donc, n'hésitez pas à poser vos questions.
16:07Je vous invite aussi à aller voir les contenus du journal,
16:12les contenus de l'Humanité,
16:13qui suit de près, bien sûr, la mobilisation
16:16et toutes les questions qui ont trait à l'hôpital public.
16:19Donc, vous pouvez avoir accès très facilement à ces contenus,
16:22notamment sur l'humanité.fr.
16:26Qu'est-ce qu'on peut dire aujourd'hui des actions qui sont menées,
16:30outre la mobilisation et la préparation pour le 16 ?
16:33On a vu des soignants jeter leurs médailles,
16:39symboliquement, disant qu'on n'a pas besoin de médailles.
16:41Ce qu'on veut, c'est des moyens pour l'hôpital.
16:44Qu'est-ce que ça raconte exactement, ça ?
16:49Ça raconte une communication gouvernementale
16:52qui tente de noyer le poisson et d'enterrer le dossier.
16:54Voilà ce que ça raconte.
16:56Et évidemment, les soignants sont en colère.
16:58On n'a pas besoin d'une médaille.
16:59Je ne peux pas les acheter.
17:00Moi, je n'en ai pas eu.
17:02Mais on n'a pas besoin de ces médailles.
17:04On n'a pas besoin d'un hommage du 14 juillet.
17:08Alors, discuter du 14 juillet, c'est un hommage à faire.
17:11Ce n'est pas celui que pense le gouvernement.
17:15Ce dont on a besoin, c'est le moyen.
17:17Là, on a ce séjour de la santé qui est lancé depuis deux semaines maintenant.
17:22Rien ne se passe.
17:23C'est-à-dire qu'il n'y a aucune proposition chiffrée.
17:25On propose des dizaines et des dizaines de milliards
17:29pour relancer l'économie.
17:31Et il faut le faire.
17:33Même si après, ça se fait avec le critère.
17:34Aujourd'hui, c'est un peu à l'aveugle.
17:36Si c'est pour aller gonfler les poches des actionnaires, ça ne sert à rien.
17:39Si c'est pour réinvestir et soutenir les salaires, ça sert.
17:44N'empêche qu'il sort des dizaines et des dizaines de milliards.
17:46Là, il vient de sortir 15 milliards pour l'aéronautique.
17:49C'est marrant.
17:49C'est à peu près ce qu'il nous faut.
17:51On a besoin, à un moment donné, d'un engagement chiffré.
17:55Là, on demande des augmentations de salaire.
17:57C'est 300 euros pour toutes les professions de l'hôpital.
18:00Pas une profession, toutes les professions.
18:02Il y a plus de 200 métiers à l'hôpital.
18:08Donc, c'est tous ces gens qui sont concernés.
18:10Parce que tout le monde travaille.
18:11Pas seulement au soin, mais au technique.
18:13Si demain, il n'y a plus d'administratifs et de techniques,
18:15ils ne fonctionnent pas.
18:16Donc, c'est tous ces métiers à valoriser.
18:191,2 million de salariés dans l'hôpital public.
18:22300 euros par personne, ça commence à faire une petite somme.
18:26Il va falloir 6 milliards.
18:286 milliards, il faut un plan de rattrapage de tout ce qu'on n'a pas investi
18:31pendant des années à cause de cette hospitalité budgétaire.
18:34Il faut revoir l'ensemble de la vie des salaires.
18:37Il faut embaucher aujourd'hui en urgence les gens à l'hôpital.
18:41La problématique, c'est qu'on n'a pas assez de collègues.
18:43Donc, ça, en hôpital et des EHPAD, c'est 200 000 emplois, 100 000 tout de suite.
18:48Voilà ce qu'il nous faudrait.
18:49Tout ça, là, quand on fait le cumul, 100 000 emplois,
18:53un emploi local, c'est 45 000 euros, c'est encore 4 milliards et demi,
18:56plus les 6 milliards, plus le rattrapage.
18:58On est à un plan déjà de 15 milliards en urgence.
19:01Et ce n'est pas un plan pour solde de tout compte,
19:02c'est un plan pour rattraper la situation et faire qu'on puisse remplir nos missions.
19:07Est-ce qu'on vaut moins que l'aéronautique ?
19:09Non. Je pense qu'on a été dans cette crise beaucoup plus utile que l'aéronautique.
19:13Et à un moment donné, il faut être capable de le constater et d'y mettre les moyens.
19:17Or, ce qui se passe au Ségur, c'est des réunions de salons,
19:21on parle de tout, de rien, et il n'y a pas de chiffrage.
19:24Et le gouvernement nous donnera la ligne à la sortie.
19:27Ce n'est pas ce qu'on a pas.
19:28En plus, on n'a pas besoin de discussion de salons.
19:30Ça fait un an qu'on a clairement énoncé des revendications, des propositions.
19:34Les trois principales, ce sont évidemment l'arrêt des fermetures de lits,
19:38l'augmentation des salaires et l'embauche des personnels.
19:43Donc voilà, on a des besoins qui sont rapides, immédiats.
19:46Et ça, on n'a pas besoin de discuter pendant des heures pour le savoir.
19:49Les frages sont faites.
19:50Sauf que jamais il n'y a un engagement du gouvernement sur les chiffres.
19:53Et on voit bien la chose se déliter très, très tranquillement
19:59en discutant entre gens de notre compagnie.
20:01Et à la fin, on nous ressortira ce que, finalement, on nous a dit à l'entrée.
20:05Ça se fera dans le cadre de Ma Santé 2022.
20:07Et on va continuer ce qu'on a dit.
20:09On a les revendures accélérantes.
20:11Enfin, ce n'est pas possible de laisser faire ça.
20:13Et je disais, on réfléchit déjà à la suite du 16.
20:17Le 16 va être une réussite.
20:19Il faut qu'il soit une très grande réussite.
20:21Il y a encore un autre sujet autour de nous.
20:23Mais on peut envisager déjà une deuxième manifestation à la fin du mois.
20:27parce qu'il n'y a pas de question de laisser en premier plus à nous
20:29et d'enquérir ce qui a pourtant été révélé par cette crise,
20:34c'est-à-dire la souffrance et l'insuffisance des moyens de tout à l'éthique.
20:38Et puis, on est prêt à aller au-delà.
20:39Parce qu'on va rendre des conclusions encore après.
20:43On nous dira des choses au 14 juillet.
20:45Peut-être qu'on peut aller le dire, nous aussi, au 14 juillet.
20:47Donc, il y a une réflexion qui s'engage sur le fait que cette fête nationale soit inédite et extraordinaire
20:53avec le fait que ce soit une journée de manifestation des soignants.
20:56Pas une journée dommage pour les soignants sélectionnés par Macron.
20:59On ne sait pas comment, d'ailleurs.
21:01Mais un nouveau rassemblement.
21:03Et moi, ça me ferait plaisir de manifester sur les Champs-Elysées ce jour-là.
21:06Voilà, ce sera quelque chose.
21:08Donc voilà, il y a plein de pistes qui peuvent se lancer.
21:11Mais il n'est pas question de laisser enterrer ce dossier.
21:14Alors, on le voit, c'est un combat sur la durée.
21:18Ça fait déjà un an et demi qu'il y a le mouvement des urgences et le mouvement de l
21:21'hôpital.
21:22Un an et demi de batailles, de luttes.
21:24Vos revendications, elles sont connues depuis.
21:27Elles ont été maintes fois énoncées.
21:30Donc le gouvernement ne peut pas dire qu'il les ignore.
21:34Et malgré tout, depuis 15 jours, il y a un Ségur de la santé qui a été inauguré.
21:39Avec, pour le moment, vous le dites, aucun élément concret, aucune réponse à porter.
21:44Et vous avez vraiment le sentiment que c'est uniquement pour noyer le poisson.
21:48Donc vous appelez à une grosse mobilisation le 16.
21:51Vous parlez de l'après-16, avec peut-être la perspective du 14 juillet.
21:56Donc on le voit, vraiment, ça va s'inscrire dans le temps.
21:59Ce que vous voulez, c'est construire un rapport de force suffisamment puissant
22:04pour obliger le gouvernement à répondre à vos revendications, encore une fois,
22:07qui sont connues et bien établies.
22:10Oui, et puis le rapport de force, aujourd'hui, il existe.
22:14Si on votait, si on faisait un référendum sur quel secteur priorisait aujourd'hui,
22:20sur le budget, sur les aides financières, je pense que l'hôpital public serait plébiscité.
22:27Sauf qu'il n'y a pas, sur les référendums, sur des gens complètement déconnectés
22:31de la majorité de la population et de ses aspirations,
22:34qui restent sur des logiques idéologiques.
22:37Nous sommes un coût à réduire pour augmenter la rentabilité pour les actionnaires.
22:43Voilà, c'est pas autre chose.
22:44À un moment donné, on a ce problème.
22:46Ces gens sont confis dans une idéologie qui nous a pourtant mené dans le mur.
22:50On l'a vu sur plein de choses, pas seulement sur la crise sanitaire,
22:53c'est-à-dire que le déshabillage des services de l'État
22:58qu'il faudrait renforcer, du déshabillage des services publics,
23:02mais qui nous mettent dans le mur, y compris sur le corps économique,
23:05en ne permettant pas l'investissement du développement.
23:08Et à un moment donné, si on ne met pas un coup d'arrêt à leur logique,
23:12toujours plus de fric pour le fric,
23:14ils vont tuer tout ce qui fait la satisfaction des besoins humains dans leur pays,
23:19que ce soit l'hôpital, mais aussi l'ensemble des services publics,
23:22on voit les attaques là.
23:24Ils vont qu'ils l'unirnent contre les professeurs en ce moment,
23:26qui seraient déplanqués des fédants, merci les électorialistes.
23:30Si on regarde ça d'à peu près,
23:32il est évident que tous les collèges et lycées,
23:36ou les écoles primaires n'ont pas réouvert au mur,
23:39dans des conditions où il ne faut pas autant de professeurs que d'hôpital,
23:41puisqu'il y a moins d'élèves,
23:42et qu'il faut encore des formations en distanciel énorme,
23:46donc on demande aux professeurs eux-mêmes de faire le distanciel.
23:48Mais ce n'est pas grave,
23:49on a décidé là de charger l'éducation nationale,
23:53et d'expliquer que c'était leur faute.
23:55Donc on est sur des attaques télévitées,
23:59qui sont vraiment abjectes, je trouve,
24:01sur ces gens qu'on fait, comme nous,
24:03des écores durant ce confinement,
24:04pour maintenir la possibilité pédagogique,
24:06la possibilité sanitaire.
24:08Et là, on sent de nouveau ces attaques contre le service public,
24:12cette volonté de revenir à ces logiques de restriction,
24:16à nous ne pas laisser passer.
24:17Le rapport de force existe dans l'opinion publique.
24:20Maintenant, il faut qu'il se manifeste clairement dans la rue,
24:23et par tous les moyens, dans la rue, dans l'histoire,
24:26tous les moyens sont bons,
24:27mais on ne va pas continuer à laisser de la maison
24:30à des gens qui pensent qu'on peut mieux.
24:32Alors on voit, il y a beaucoup de messages de soutien,
24:35et beaucoup d'accords, enfin, avec ce que vous dites.
24:40On a Olga qui nous dit merci pour ces lives,
24:43vraiment la période du confinement, tout un soutien.
24:46Elle nous pose une question, Olga,
24:48elle vous pose une question, pardon,
24:49que se passe-t-il avec les accords publics-privés ?
24:54Avec les accords publics-privés ?
24:56Les partenariats ?
24:56Les partenariats, oui, les partenariats.
25:00Pour l'instant, c'est des choses qui existent déjà,
25:03c'est-à-dire qu'on a, par insuffisance d'investissement
25:06dans le service public,
25:10des matériels, des services qui ne peuvent plus se faire.
25:14L'exemple typique, c'est la radiologie.
25:16On est un des pouces en l'eau en matériel,
25:18les hôpitaux publics étant endettés,
25:20ou en difficulté à acheter ce matériel,
25:23eh bien on passe un partenariat, par exemple,
25:24avec une société privée de radiologie,
25:26avec des radiologues privés qui ont monté une structure,
25:29et puis on met en place quelque chose sur un hôpital.
25:32Je n'ai pas lancé la pierre à ces radiologues,
25:35c'est très bon professionnel,
25:36sauf qu'on est en train, dans les faits,
25:38en ne demandant pas l'occasion à des radiologues
25:40de bien travailler en public, en n'en demandant pas de matériel,
25:43en train de créer des structures privées
25:45qui s'emparent finalement de ces parties dites rentables
25:49financièrement de la médecine,
25:50parce que ça rapporte de l'argent,
25:52et puis on est en train de privatiser par petit bout l'hôpital public.
25:55De la même façon, on le fait sur des structures,
25:59des constructions d'hôpitaux,
26:00puisqu'on a fait ça aussi,
26:02où on a carrément construit des hôpitaux
26:03dans le cadre de partenariats publics privés.
26:05Donc on est en train, par petits pans,
26:08de privatiser l'hôpital.
26:10C'est quelque chose qui existe déjà.
26:11Mais en plus, là, on a eu une note de service,
26:16enfin une note, pas de service, pardon,
26:18une note de la Caisse des dépôts et consignations
26:20commandée par Emmanuel Macron,
26:22qui demandait à renforcer les partenariats publics privés
26:25et renforcer l'investissement privé sur le public.
26:28Si c'est ça sa solution pour financer l'hôpital public,
26:30ça s'appelle en fait une privatisation.
26:32Ce ne sera jamais dit comme ça, mais c'est ça.
26:34Et je pense qu'il faut revenir à ce qu'était
26:37la logique du service public,
26:39c'est-à-dire un financement des structures par l'État
26:41et du fonctionnement par la Sécurité sociale.
26:44C'est comme ça qu'on a, à l'époque,
26:46créé l'ensemble du tissu hospitalier français,
26:49tous les CHU.
26:50On n'a pas emprunté.
26:51On n'a pas emprunté auprès de banques.
26:52On s'est autofinancé.
26:54Et on a créé un formidable outil
26:55qui est en train d'être détruit,
26:57non seulement par des financements
26:59qui désormais sont auprès des banques,
27:00mais aussi par ces partenariats publics privés.
27:03Alors on a une réflexion d'Essia que je vous livre.
27:06« Avoir plus de salaire pour continuer le burn-out,
27:10cela ne sert à rien.
27:11Je préfère entre choisir le salaire
27:13et une qualité de vie
27:14en ayant mes repos et congés respectés
27:17et avoir mes heures sup' payées.
27:19Eh bien, je prends la deuxième solution.
27:22Et pour ça, il faut plus d'effectifs. »
27:25Alors, est-ce que vous pensez que le bon choix
27:28se situe entre travailler plus et gagner plus
27:33ou bien, effectivement, plus d'effectifs
27:36et plus de salaire ?
27:38Est-ce que c'est fromage ou dessert ?
27:40Ou est-ce que vous pensez qu'on peut avoir,
27:42pour l'hôpital public,
27:43parce que c'est une grande cause très importante
27:47et on l'a vu pendant la crise sanitaire,
27:50on peut avoir fromage et dessert ?
27:54Alors, vu que j'ai pris 3 kilos
27:55durant cette période de confinement,
27:57on imaginerait bien que je devais prendre
27:58fromage et dessert.
28:00Voilà.
28:01Il n'y a pas de manque d'argent dans ce pays.
28:03Il faut quand même, à un moment donné,
28:04il faut dire les choses telles qu'elles sont.
28:06On a jamais été aussi riche dans l'histoire.
28:08La France est un pays riche.
28:10Pourquoi choisirait-on entre une vie digne
28:13avec des moyens, c'est-à-dire des salaires corrects,
28:15et de l'autre côté, une de temps de vivre ?
28:18Je veux dire, on peut avoir les deux.
28:19Ce qu'on réclame, c'est non seulement que les soignants
28:22soient payés à une juste rémunération,
28:25et je rappelle quand même qu'on est en France
28:2928e sur les 32 pays de CDE
28:31en ce qui concerne la rémunération des infirmières.
28:33C'est-à-dire qu'on est quasiment en queue de peloton
28:36sur le niveau de rémunération des infirmières.
28:38Donc là, il y a besoin de revaloriser,
28:39et pas que pour elles, pour tous les métiers d'hôpital.
28:41Et puis, par ailleurs, dans nos revendications,
28:43c'est des collègues.
28:44On demande des collègues, et je l'ai dit tout à l'heure,
28:46c'est des dizaines de milliers d'emplois à créer
28:48pour satisfaire les besoins de soins des populations.
28:53Et donc, l'un et l'autre vont ensemble,
28:55parce que c'est bien qu'un soignant soit aussi
28:58un peu tranquille dans sa vie.
28:59Je ne dis pas qu'il faut qu'il soit créé juste,
29:01mais enfin, qu'il ne soit pas en train de compter
29:02toutes les cinq minutes, s'il va s'en tirer à la fin du mois.
29:05Ça permet aussi de se consacrer plus sereinement à son travail.
29:08Et puis, il faut qu'un soignant soit reposé.
29:10Aujourd'hui, moi, ça m'a fait rire,
29:12le problème, c'est les 35 heures.
29:14Parce que c'est ça qu'on a entendu aussi.
29:15C'est les 35 heures qu'on y a mal à l'hôpital.
29:18Mais si les gens pensent qu'on bosse 35 heures à l'hôpital,
29:21il faut qu'ils sortent de chez eux.
29:23Les 35 heures, c'est une base.
29:25Tout le monde, aujourd'hui, bosse plus.
29:27Fait des heures sup, reprend du temps de travail,
29:31faire des récup, mettre sur des comptes épargnentants.
29:34Enfin, tout est bon pour travailler.
29:35Sauf que les 35 heures, c'est justement le moyen
29:38de permettre aux soignants d'être bien quand ils ont travaillé,
29:41d'avoir pu se reposer.
29:42Il faut non seulement les respecter,
29:44mais compenser, parce qu'on ne l'a jamais fait complètement,
29:48le temps de travail perdu.
29:50On aurait dû créer 40 000 emplois à l'hôpital.
29:52Et quand il est 35 heures, ils ne l'ont pas fait.
29:54Ils ont fait perdre des heures sup,
29:55ils ont fait travailler plus, ils ont gagné plus.
29:57Ce qui leur a permis d'ailleurs de ne pas augmenter les salaires.
29:59Aujourd'hui, c'est exactement l'inverse qu'ils peuvent faire.
30:01C'est non seulement augmenter les salaires,
30:03mais revenir à un temps de travail raisonnable
30:05qui permet que les soignants soient complètement disponibles
30:08quand ils travaillent.
30:09Voilà.
30:10Alors, on a à l'instant un message d'un médecin
30:13de la République démocratique du Congo,
30:17docteur Jacques Daoudi,
30:21qui nous dit « Bonjour l'humanité,
30:23je suis docteur au Sud Kivu,
30:26précisément en République démocratique du Congo.
30:28Nous sommes débordés par le nombre de nouveaux cas
30:31qui ne cessent d'augmenter.
30:33Nous n'avons pas vraiment les moyens matériels
30:37et financiers pour pouvoir aider nos patients
30:39victimes du Covid-19.
30:41Nous sommes à bout de notre force,
30:43dans un État où les politiciens ne se soucient pas
30:46du devenir de leur population.
30:48Nous, personnels soignants, sommes devenus exposés
30:51plus que le reste du monde.
30:53Je ne sais pas si chez vous aussi,
30:59c'est pareille situation.
31:00Nous avons besoin d'aide, que quelqu'un nous vienne en aide,
31:03s'il vous plaît, nous souffrons en Afrique.
31:06Visiblement, effectivement, la situation dans beaucoup
31:11de pays africains s'est détériorée ces derniers jours.
31:17qu'est-ce que vous pouvez nous en dire ?
31:21C'est une problématique qui n'est pas que liée au Covid.
31:25Malheureusement, les structures sanitaires dans les pays d'Afrique
31:29ne sont pas du tout au niveau où elles devraient l'être.
31:31Mais là, on a encore une logique qui est terrible.
31:35Là où on devrait être dans l'aide à la construction de structures,
31:38sur l'échange avec de l'aide de professionnels de santé
31:43qui vont sur place, même si des organisations le font,
31:48médecins du monde, médecins sans frontières.
31:51Mais on devrait mettre ça à beaucoup plus grande échelle.
31:54On devrait renforcer le revenu de l'OMS sur ces sujets-là.
31:58On a un pays aujourd'hui, un tout petit pays,
32:01qui montre un exemple assez sidérant au monde,
32:04c'est Cuba, là-dessus,
32:05qui envoie plus de médecins coopérants que la France,
32:08beaucoup plus, pour aider les populations.
32:11Là encore, ce n'est pas en deux secondes qu'on va régler ça
32:14au décours de cette crise,
32:16mais il faut repenser complètement les capacités d'intervention
32:19au niveau international sur les questions de santé.
32:23Donc moi, je suis un peu démuni quand j'entends là
32:26ce médecin qui nous écrit.
32:29On n'a pas de solution immédiate,
32:31mais on ne peut que lancer un appel au gouvernement français
32:34à mettre en place des aides matérielles et financières
32:39pour ces pays avec lesquels on a des liens extrêmement forts.
32:42Ça, ce n'est pas comme si on n'avait pas des responsabilités
32:46et des engagements historiques.
32:48Donc on en profite pour saluer tous ceux qui nous suivent
32:52en France et à l'international.
32:54On sait qu'on est suivi aussi dans d'autres pays.
32:57Il s'en est un des témoignages.
33:01Alors pour revenir à la mobilisation du 16 juin,
33:04on a un message de Corinne qui nous dit
33:07« Trop tôt votre appel du 16 juin, vous perdez du monde ».
33:11Alors j'imagine que ce que veut dire Corinne,
33:13c'est que la manifestation à 13 heures ne permettra pas à tous les salariés
33:18de se joindre à vous.
33:20C'est une problématique qui est réelle.
33:23On est en semaine, tout le monde ne sera pas forcément dans la rue le 16.
33:29Ceci dit, d'autres formes de mobilisation existent.
33:32Il y aura aussi d'autres dates.
33:33Qu'est-ce que vous dites là-dessus ?
33:37Déjà, pour avoir fait quelques manifestations,
33:40je n'ai jamais vu une date ou un horaire de manifestation
33:44sur lesquelles tout le monde était d'accord.
33:46C'est tout à fait infernal.
33:47Et je pense qu'il faut multiplier en fait les initiatives.
33:51Moi je souhaite qu'on réussisse à un moment donné
33:53à faire aussi un samedi.
33:54Parce qu'on a beaucoup de gens qui ont manifesté
33:57avec les gilets jaunes.
33:58Les gilets jaunes qui travaillent,
34:00ils ne pourront pas être là ce jour-là.
34:01Il n'y a pas d'appel à la grève dans tous les secteurs évidemment.
34:04Quand on a un appel à la grève interprofessionnelle en semaine,
34:07c'est beaucoup plus facile.
34:08Là, ce n'est pas le cas.
34:09Il faut bien voir aussi que pour les soignants,
34:11c'est une situation toujours compliquée la grève.
34:14Puisque nous, on est 7 jours sur 7 à faire fonctionner à l'hôpital.
34:17Donc les samedis, ce n'est pas forcément pour nous l'idéal non plus.
34:22Parce que d'ailleurs, on est samedi, je sors de garde.
34:25C'est aussi simple que ça.
34:27J'ai un collègue qui est en ce moment en train de reprendre mon service.
34:30C'est un autre qui en prendra le sien demain.
34:32Et c'est pareil pour tout le paramédical.
34:34Donc voilà.
34:35Nous, on n'a pas non plus une situation qui permet de dire
34:38qu'on a un jour idéal.
34:40Il faut que les hôpitaux tournent tout le temps.
34:41Donc là, ce qui a été trouvé,
34:44c'est le fruit de discussion entre les soignants,
34:47les organisations syndicales,
34:49les associations qui soutiennent,
34:50puisque c'est une dizaine d'associations ou de syndicats
34:53qui appellent à cette journée.
34:55On va la faire.
34:56Il y en aura d'autres.
34:57Et puis après, pour ceux qui ne pourront pas venir,
35:00il y a les rassemblements locaux
35:01qui peuvent être une bonne alternative.
35:04Il y a aussi ce que j'ai dit,
35:05l'expression sur les réseaux sociaux,
35:07en soutien à l'hôpital public,
35:09qui peut être des hashtags du fric pour l'hôpital public,
35:11des hashtags avec les soignants.
35:13Et puis, cette initiative de mettre du blanc dans les roues,
35:18du blanc aux fenêtres,
35:19pour bien montrer qu'aujourd'hui,
35:21l'opinion publique n'oublie pas
35:23et ne laissera pas les choses se faire comme ça.
35:27Après, oui, j'entends bien,
35:28il y aura toujours des débats,
35:30mais il faut qu'on les règle collectivement
35:31pour trouver toutes les formes d'action
35:33qui permettent que le maximum de gens participent.
35:36Et puis, au-delà de ça,
35:37je finirai là-dessus,
35:39parce que vous commencez à faiblir,
35:40mais au-delà des rassemblements,
35:44je l'avais dit sur un dernier live,
35:46on ne demande pas de soutien,
35:47on demande de la coélaboration.
35:49On demande aussi à ce que les gens s'emparent des sujets,
35:51que ce ne soit pas juste les soignants
35:53qui vous disent la vérité révélée,
35:55mais que les solutions qu'on veut mettre en place,
35:58on les travaille collectivement,
36:00on travaille, y compris jusqu'à des assemblées citoyennes,
36:03pour mettre tous ces sujets sur la table
36:05et puis construire vraiment le monde d'après.
36:08Merci beaucoup Loïc Penne.
36:10On rappelle qu'on se verra en vrai,
36:13cette fois,
36:14et non plus par l'Internet interposé,
36:17mais on se verra en vrai mardi prochain.
36:20On se donne rendez-vous pour un nouveau live,
36:22mardi à 10h30.
36:24On sera en direct de l'hôpital de Creil,
36:26avec vous,
36:27pour suivre la mobilisation et le départ en bus,
36:30déjà complet,
36:31vous m'avez dit que vous m'avez gardé une petite place,
36:34et merci beaucoup.
36:35Donc on pourra suivre l'ambiance,
36:38faire des interviews,
36:40et aller avec vous jusqu'au ministère de la Santé.
36:44On appelle donc vous appeler tout le monde
36:47à se joindre à ce mouvement.
36:49J'en profite aussi pour dire qu'on va être en live tout à l'heure
36:52au rassemblement Arrêt public,
36:56rassemblement du comité Traoré,
36:59Adama Traoré.
37:01Et demain soir,
37:03on fera un live également,
37:05avec Maud Verniole,
37:07qui est la...
37:08qui est la...
37:10pardon,
37:11la rédactrice en chef...
37:12Voilà, pardon,
37:13la rédactrice en chef de notre journal,
37:15de l'Humanité,
37:16et qui réagira suite à l'intervention d'Emmanuel Macron.
37:20Donc ce sera vraisemblablement vers 20h30, 21h.
37:24Voilà, merci beaucoup à tous de suivre ces lives.
37:29Encore une fois,
37:30énormément de commentaires.
37:33On vous remercie pour tous ces partages,
37:35tous ces commentaires.
37:35On vous dit à très bientôt.
37:37Et puis, à mardi, Loïc Penne,
37:39et puis bon repos,
37:40puisque vous sortez de 24 heures de garde.
37:44On vous souhaite un bon repos aujourd'hui
37:46et d'être en pleine forme mardi.
37:49Voilà, je sors de 24 heures de garde
37:50et j'ai plus 20 ans.
37:51C'est temps d'aller coucher.
37:54Bon, ben, bon...
37:55Au revoir tout le monde.
37:56Au revoir, bonne nuit.
37:58Sous-titrage Société Radio-Canada
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