- il y a 20 heures
En direct avec Loïc Pen, médecin urgentiste à l’hôpital de Creil (Oise). Le point sur l’évolution de l’épidémie, la situation à l’hôpital, le Ségur de la santé, et la préparation de la grande journée nationale d’action le 16 juin prochain.
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00:00Loïc Penne, bonjour.
00:02Bonjour.
00:04Alors, on le rappelle, vous êtes médecin urgentiste dans l'Oise, à l'hôpital de Creil.
00:09On fait ce live ensemble maintenant assez régulièrement depuis le début de la pandémie, chaque semaine quasiment,
00:16pour faire le point sur l'épidémie, mais aussi la situation à l'hôpital.
00:21Et aujourd'hui, la préparation de la grande manifestation du 16 juin,
00:26manifestation, enfin journée d'action nationale dans toute la France pour l'hôpital public.
00:32On va commencer par l'épidémie, où en est-elle ?
00:36Est-ce que vous pouvez nous donner un point sanitaire sur l'évolution de l'épidémie ?
00:42Le point sanitaire, il ressemble à celui que j'ai fait sur le dernier live, en s'améliorant,
00:47parce que ce qu'on sentait bien sur le terrain, c'est l'absence de nouvelles contaminations en masse.
00:53On a très peu de patients désormais qui viennent avec un problème de Covid.
00:58Ça, c'est vraiment en train de réduire.
01:01Alors, ça ne veut pas dire que le virus soit plus circulant, il faut faire attention.
01:04Il y a eu plus de 100 clusters, plus de 100 foyers épidémiques, je le disais, plus de clusters,
01:09100 foyers épidémiques depuis le déconfinement, en fait, l'arrêt du confinement.
01:16Donc, il y a toujours, mais ces foyers restent isolés, circonscrits.
01:21On n'a pas, en fait, on n'a plus la situation qu'on a connue au début de l
01:24'épidémie,
01:24avec cet envolée de patients qui avaient réussi à saturer complètement nos capacités d'hospitalisation.
01:30Enfin, bon, on les a adaptés, mais c'est un constat d'échec.
01:33C'est-à-dire qu'on a dû arrêter d'autres prises en charge.
01:35D'ailleurs, c'est en train de nous rebondir à la figure, parce que là, j'étais d'urgence hier,
01:41je me suis senti de guerre hier, on a laissé des urgences avec 40 patients dans les couloirs,
01:46pas de vie d'hospitalisation, voilà, pas de place pour les prendre en charge.
01:50Et mes collègues des autres hôpitaux nous rapportent les mêmes choses.
01:54C'est-à-dire qu'on a de nouveau la situation anormale qu'on connaissait avant.
01:59Alors, elle est en plus renforcée par le fait qu'on a beaucoup de patients âgés
02:02qui n'ont pas été pris en charge durant cette épidémie, qui se sont dégradés,
02:06parce qu'on était sur du Covid, et puis les gens restaient confinés,
02:10et puis il y avait la peur de venir consulter le médecin.
02:12On a signalé à plusieurs reprises ce danger-là.
02:14Et là, on voit arriver des gens qui sont dans des états assez dégradés,
02:18et donc qui nécessitent maintenant des prises en charge urgente, hospitalière,
02:22alors que nos capacités n'ont pas augmenté,
02:24puisque contrairement aux annonces préliminaires du président de la République,
02:31quoi qu'il en coûte, on va développer la santé,
02:33revient plutôt à des logiques de « ça coûte trop »,
02:38et donc toujours des logiques de restriction dans le service public hospitalier.
02:42Et qu'en est-il des primes qui étaient annoncées suite à l'investissement énorme du corps soignant pendant l
02:52'épidémie ?
02:53Alors déjà, avant de parler de ces primes, et je vais en parler,
02:57ce n'est pas ce qui était demandé, les primes.
03:00Ce qui était demandé, c'est une revalorisation salariale.
03:02C'est tenir compte du fait qu'en 20 ans,
03:05les personnels soignants ont perdu 20% de leur pouvoir d'achat.
03:08Et que c'est ça, en fait, qu'il faudrait,
03:09c'est remettre à niveau une augmentation de 20%.
03:13Et je disais que ce n'était pas délirant,
03:14puisqu'en Allemagne, les infirmières sont payées 25% de plus qu'en France,
03:17donc on ne les rattraperait même pas.
03:20Mais pour remettre les moyens, enfin le moyen de vivre pour ce personnel soignant
03:26qui a des salaires parfois de misère.
03:28Quand on prend les plus bas grades de la force public hospitalière,
03:31on est vraiment très très bas.
03:33Donc c'est ça qui était demandé,
03:35c'est ça que nous allons demander lors de la manifestation du 16,
03:38parce que, voilà, on n'est pas sur une fin de partie avec...
03:43On laisse un pourboire pour le personnel.
03:45Non, non, on est sur des personnels soignants
03:48qui doivent être reconnus dans leur métier,
03:51pas seulement pendant le Covid,
03:52mais sur tout au long de leur carrière,
03:54sur l'investissement qu'ils font pour l'hôpital public.
03:56Et ça, ça passe par la revalorisation salariale.
03:58Alors les primes, personne ne crache dessus,
04:00parce que les gens sont, voilà, je l'ai dit,
04:03ont des situations financières difficiles,
04:05donc une prime, c'est toujours le bienvenu.
04:07Simplement, moi, je l'avoue aujourd'hui, la prime,
04:09alors qu'elle devrait être donnée à tous les personnels
04:13travaillant dans l'hôpital, voilà,
04:15parce qu'à un niveau ou à un autre,
04:17tout le monde s'est investi.
04:19Là, on est en train de diviser les gens
04:21en disant, oui, mais toi, tu étais proche du Covid,
04:23tu auras la prime en tiers.
04:24Toi, tu en étais un peu moins, tu auras moins la prime.
04:26C'est une façon de faire.
04:28Alors Carrefour a eu les mêmes pratiques
04:29avec ses agents et ses caissières
04:34en donnant des primes complètes
04:36à celles qui étaient tout le temps là.
04:37Alors on avait eu l'aberration de gens
04:38qui étaient en arrêt maladie,
04:39qui finalement n'ont pas eu la prime
04:41puisqu'ils avaient chopé le Covid
04:42et ils étaient en arrêt maladie.
04:43Ce n'était pas là.
04:45On voit l'aberration de cette logique
04:48qui est vraiment délétère,
04:49parce que tous les gens qui courent
04:51après un petit revenu supplémentaire
04:54et qu'en ont besoin,
04:54se regardent un peu en chien de faïence.
04:56Tiens, lui, de la nuit, pas moi, pourquoi ?
04:58Enfin, on a vraiment le pire du pire
05:00dans la façon de traiter cette histoire de prime
05:03puisqu'on oppose les gens les uns aux autres
05:06alors qu'on avait quand même réussi
05:07à faire preuve d'un beau rassemblement
05:09et d'une belle solidarité
05:10durant toute cette période épidémique
05:12entre les soignants
05:14pour travailler, soigner,
05:16réussir à prendre en charge les gens.
05:18Donc c'est une forme de remerciement
05:20qui est perverse, je trouve.
05:22Donc cette prime, elle doit être donnée
05:24à l'ensemble des acteurs de l'hôpital
05:27et on ne doit pas regarder
05:28qui a vu le plus de patients contaminés ou pas.
05:30De toute façon, on en rencontrait un
05:31qui voulaient le Covid, ça suffit.
05:33Voilà, il faut garder cette logique-là.
05:35Donc oui, c'est malsain ce qui se passe.
05:38Alors, il y a eu, au-delà des primes,
05:41les promesses présidentielles
05:42de mettre tous les moyens nécessaires
05:44pour répondre aux besoins de l'hôpital public
05:47et s'est ouvert le Ségur de la santé.
05:50Est-ce que vous pouvez faire un point
05:52et rappeler ce qu'est le Ségur de la santé
05:54pour tous ceux qui ne le connaissent pas encore
05:56et où on en est des fameuses annonces
05:59et de l'évolution du Ségur de la santé ?
06:03Les annonces, on en est nulle part.
06:05Pour l'instant, on est dans des grandes palabres.
06:07Ça ressemble et conjoint à ça.
06:10On a eu une grande messe avec 300 personnalités
06:14pour discuter, enfin discuter, non,
06:18entendre des déclarations gouvernementales.
06:20Alors, voilà, ça a été...
06:23Bon, Nicole Nota a été un signe extrêmement défavorable
06:26en tant que pilote du Ségur,
06:27en fin de cette conférence appelée Ségur,
06:30parce que, voilà, elle est fortement connotée,
06:32proche des libéraux qui ont fait tant de ravages à l'hôpital.
06:35Et puis, c'est surtout le Premier ministre
06:38qui nous a invité que ce débat
06:41devait s'inscrire dans le cadre de la loi Massenté 2022.
06:43Enfin, rappelons-nous, Massenté 2022,
06:45c'est la volonté de transformer 300 octobre de proximité
06:49en...
06:49Bon, on n'est pas de mal équipé,
06:51parce qu'on veut leur supprimer la chirurgie,
06:54les urgences et les maternités.
06:55Qu'est-ce qui va rester un service de médecine gériatrique ?
06:58Justement, si cet épidémie a démontré quelque chose,
07:02si cet épidémie a démontré quelque chose,
07:05c'est qu'on avait besoin d'une prise en charge
07:06des personnes âgées tout à fait pluridisciplinaires,
07:09qu'on ne pouvait pas les cantonner dans un rôle...
07:12Enfin, voilà, quand un patient âgé,
07:15c'est un patient qui, certes, a des spécificités en médecine,
07:18mais qui a besoin aussi de toutes les spécialités.
07:20S'il a mal au ventre, il faut bien un avis chirurgical.
07:22S'il a une douleur thoracique, il faut bien un avis cardiologique.
07:25En gros, il faut les prendre en charge.
07:28Comme on prend tout le reste de la population,
07:29il n'y a pas de différence là-dessus.
07:31Il va y avoir des spécificités liées au grand âge.
07:33C'est pour ça qu'on a des spécialités de gériatrie.
07:36Mais ça ne veut pas dire que le gériatre devient un polyspécialiste.
07:39C'est un spécialiste du grand âge.
07:41Après, les spécialistes d'organes ont leur place.
07:43Et c'est logique qui consiste encore à dégrader les prix en charge territoriale,
07:49les proximités.
07:50C'est déjà tout ce qui nous a fait mal.
07:52Et quand le Ségur fouvre sous cette hospice,
07:55c'est vrai que c'est inquiétant.
07:55Et puis après, en effet,
07:57Macron avait déclaré quoi qu'il en coûte.
07:59Pour l'instant, vous avez des chiffres, vous.
08:01Non, il n'y en a pas.
08:02Pour l'instant, on n'a pas d'annonce.
08:03On a annoncé très largement ce qu'on était capable de mettre sur la table pour aider l'économie.
08:09Tant mieux, d'ailleurs.
08:10Il faut l'aider, même si après, je contesterai beaucoup la façon dont on l'aide.
08:13Parce qu'il faut l'aider avec des critères.
08:15On ne peut pas déverser des sommes comme ça et dire peut-être ce que vous voulez.
08:17Il faut des critères pour préserver l'emploi, pour un développement écologique.
08:21Il y a plein de choses à faire.
08:22Et bien, voilà, il y aurait besoin de ça.
08:25Nous, on n'a même pas les chiffres.
08:27C'est-à-dire que d'un côté, c'est des centaines de milliards.
08:28D'un autre côté, on discute.
08:30Et pour l'instant, ce qu'on a, c'est des médailles d'une célébration le 14 juillet.
08:34Non, il va falloir des négociations sérieuses.
08:36Il va falloir remettre en cause ces politiques qui nous ont fait si mal.
08:39Pour l'instant, ça a en train de le changer.
08:40Du coup, et puis bon.
08:42Voilà, les soignants constatent qu'on est de retour au monde d'après dans les hôpitaux.
08:46Enfin, le monde d'après qui ressemble au monde d'avant.
08:49Ça n'a pas changé.
08:49Donc, du coup, la réponse qu'on va apporter, c'est en effet un rapport de force.
08:54Et c'est ça qui nous pousse à très rapidement organiser le débat et la manifestation du 16.
09:01Alors, pour parler des EHPAD cette semaine dans sa chronique dans l'Humanité,
09:07Christophe Prudhomme dit qu'il faut desserrer les mesures de visite
09:11parce que l'isolement des personnes âgées risque d'être plus grave encore
09:16que les conséquences de l'épidémie qui, elles, commencent à être maîtrisées.
09:23Chronique d'ailleurs que vous pouvez tous retrouver sur l'Humanité chaque semaine,
09:28comme tous les articles et toutes les analyses sur l'hôpital public.
09:32Qu'est-ce que vous en pensez de cette ouverture des EHPAD ?
09:37Je pense que de toute façon, on arrive à une situation où nous commençons à avoir les moyens de diagnostic,
09:43de test, même si après, ils ne sont pas encore faits assez facilement, de test et de protection.
09:48Donc, il faut faire maintenant appel à l'intelligence collective sur une épidémie pareille.
09:51On a un virus qui circule moins qu'au début de l'épidémie.
09:55On a enfin, il était temps, récupéré une capacité à tester et à protéger avec des masques.
10:00Et bien, il va faire un appel à l'intelligence des gens sur les mesures barrières, les mesures de protection.
10:05Mais en effet, il faut ouvrir, je l'avais dit, pour les parcs et jardins.
10:09De la même façon, ça devient ridicule de fermer des lieux comme ça et de concentrer les gens sur des
10:15trottoirs.
10:16Pour les EHPAD, c'est pareil, ça devient ridicule de ne pas permettre aux familles de rencontrer,
10:20même si ce sera avec des mesures de sécurité, avec des mesures barrières,
10:23mais il faut permettre aux familles de rencontrer les leurs, leurs personnes âgées qui sont dans ces EHPAD.
10:28Parce qu'en effet, le retour qu'on a, c'est vraiment que, et là, on les voit arriver ces
10:35patients âgés aux urgences,
10:37c'est la vague qu'on est en train de voir, c'est des gens qui se sont dégradés
10:41et puis qui se sentent isolés, inquiets finalement d'être tout seuls.
10:45Et oui, Christophe, on en a raison, les conséquences sur la santé vont être importantes
10:51si on continue à laisser ces gens isolés.
10:53Donc, il va y avoir besoin de réouvrir.
10:58On ne peut pas confiner encore une partie de la population.
11:00Je rappelle le confinement.
11:02Moi, j'ai pensé qu'il fallait confiner.
11:04Quand ça a été décidé, j'étais plutôt en soutien de cette initiative
11:08parce qu'on était tout nus, parce qu'il n'y avait ni les masques, ni les tests, ni le
11:12traitement
11:12et qu'on n'avait plus rien.
11:14Donc, il ne restait que ça.
11:16Mais enfin, ça reste une solution moyenneuse.
11:19Il faut en sortir le plus vite possible, tester, diagnostiquer, isoler les patients
11:25qui sont contaminés, voilà, et puis protéger tous les autres.
11:28Mais il ne faut pas, voilà, on a dû arrêter la vie pendant deux mois
11:31avec des conséquences, à mon avis, qu'on ne mesure pas encore complètement,
11:34même si nous, on est en train d'en voir le rebond dans les urgences.
11:37Il ne faut pas recommencer.
11:38Et il ne faut pas continuer pour une partie de la population
11:41qui vivrait ça sûrement comme une forme de stigmatisation, en plus.
11:45Enfin, il faut réouvrir les choses, il faut réouvrir la vie complète,
11:50y compris pour les personnes âgées.
11:52Alors, on a un message de Louloute, et on la remercie,
11:55qui nous dit « Tous dans la rue, le 16 juin, pour défendre nos droits à la santé,
12:01on les a applaudis, il faut les aider, nos soignants ».
12:04Alors, est-ce que vous pouvez rappeler ce que c'est que le 16 juin,
12:07à la date du 16 juin, qu'est-ce qui va se passer le 16 juin
12:09et comment vous le préparez ?
12:13C'est décidément un chat dans la gorge, c'est assez compliqué.
12:17Donc, le 16 juin, ça va être le jour, la journée d'action la plus grosse de la santé
12:23depuis le déconfinement.
12:25On a eu là des initiatives locales qui se tiennent encore,
12:28les mardis ou les jeudis, devant les hôpitaux, de façon importante.
12:31On a été surpris, puisqu'on sortait du déconfinement,
12:35ces rassemblements étaient forcément un peu mesurés,
12:38on était encore sur les distances de sécurité,
12:40on est toujours.
12:41Et pourtant, voilà, on a vu à Debré, évidemment, à Toulouse,
12:46à La Pitié, mais dans mon coin, à Beauvais,
12:48Creil, là, Bardi, il y a un rassemblement devant l'hôpital.
12:53Ce sont des rassemblements qui disent que la situation ne peut pas perdurer,
12:56qu'on ne peut pas revenir au monde d'avant,
12:57et qui, en même temps, vont être l'occasion de débattre entre les soignants,
13:02les soignants entre eux, mais les soignants et les citoyens, les soignants des patients,
13:06parce que ce débat, il doit enfler.
13:09C'est-à-dire qu'on a besoin vraiment de foisonnement démocratique,
13:12d'une co-construction des revendications, au moins les années en avant,
13:16on en a mis plusieurs, mais on a besoin de les faire partager, les enrichir,
13:19parce que c'est un débat qui ne peut pas concerner que des spécialistes.
13:22La santé, ça concerne tout le monde, l'équilibre, les moyens qu'on attend pour être soignés,
13:29ça concerne tout le monde, donc on a besoin, tous les citoyens s'en emparent,
13:33voilà, et donnent leurs mots, viennent avec nous,
13:36et viennent avec nous, pas pour nous soutenir, mais pour co-élaborer avec nous,
13:40pour que, de nouveau, on ait une logique démocratique à la santé
13:44et à l'installation d'un réseau sanitaire dans cette proximité,
13:48à la réinstallation, même par le passé.
13:51Donc, on a ces initiatives qui foisonnent un peu partout,
13:54et qui foisonnent beaucoup, et on veut les faire converger
13:56sur cette journée d'action le 16 juin.
13:59Alors, ça va prendre plusieurs formes, des manifestations nationales à Paris,
14:03des manifestations dans des grandes villes de province,
14:06et des rassemblements locaux.
14:07Alors, à Creil, l'idée, c'est que le rassemblement se fasse le matin du 16
14:12pour accompagner le départ du but de ceux qui pourront aller manifester à Paris,
14:16puisque toute une partie des soignants se rend au travail,
14:19d'autres ne peuvent pas venir, pour des raisons pas négales,
14:21mais visiblement, ça va être quand même assez nombreux.
14:24Et puis, pour tous ceux qui ne peuvent pas venir,
14:26quand même marquer le coup et venir se rassembler au départ de ce but.
14:31Donc, voilà ce qu'on est en train d'organiser partout en France,
14:33ce que je dis pour Creil et pas à Caïsoné.
14:35Je sais que Beauvais a la même idée,
14:37que Pompey a l'idée aussi de faire partir des gens.
14:41Enfin, ça, c'est pour l'Oise, c'est chez nous.
14:43Mais partout, on est en train de travailler comme ça,
14:47de faire des discussions entre les soignants,
14:51d'essayer de convaincre les citoyens que là, il faut y aller.
14:55Alors oui, ils ont beaucoup applaudi,
14:57mais maintenant, il faut un pas supplémentaire.
14:59Il faut non seulement venir, mais il faut aussi dire son mot et construire.
15:02Parce que ce n'est pas seulement un soutien,
15:04c'est vraiment que les gens s'emparent de cette question.
15:07On ne peut pas revivre une situation comme celle qu'on a vécue.
15:11Donc voilà, c'est tout ça qui est en train de se mettre en place tour pour ce stége-20.
15:15Je souhaite que ce soit une grande journée,
15:17parce qu'on va avoir besoin de ce rapport de force
15:20face à la petite musique qu'on entend avec le Ségur,
15:23qui consisterait à boucler une réforme à la valide
15:26où le gouvernement nous donnerait la sortie,
15:28là, qui ressemblerait étrangement à la loi Ma Santé 2022,
15:34et qui ne changerait rien,
15:35qui accélèrerait même les processus qui nous ont conduit là où on en est.
15:39C'est-à-dire qu'on va dans le mur, mais on veut accélérer.
15:40En gros, il veut accélérer.
15:43Voilà, il y a besoin tout de suite de dire ce dont on a besoin,
15:47de repartir réellement du constat des besoins de santé dans la population
15:52et de ce qu'on met en place.
15:55Alors, vous dites, il y a une très forte mobilisation à l'hôpital pour le 16 juin,
16:00c'est ce que vous ressentez, c'est en train de monter très, très fort.
16:03On entend un peu partout des appels à converger sur cette journée du 16 juin.
16:08On a vu cette semaine des manifestations importantes sur un autre thème,
16:12qui était celui des violences policières,
16:13mais qui a rassemblé des milliers de personnes,
16:17et encore hier, partout en France.
16:20Donc, est-ce que vous pensez que la mobilisation dans la rue va reprendre
16:25avec le retour à une situation plus normale du point de vue de l'épidémie ?
16:31Est-ce que vous pensez que le 16 juin, ça peut être un moment de convergence
16:34très important dans les rues de France pour l'hôpital public ?
16:40Déjà, c'est un moment de convergence,
16:41puisque c'est une dizaine d'organisations qui appellent à cette manifestation.
16:46Voilà, c'est déjà énorme.
16:47Il y a des gens qui sont malheureusement dispersés,
16:50les grandes centrales syndicales, les comités,
16:53la coordination nationale des défenses,
16:55les hôpitaux de proximité et les maternités.
16:57On a déjà un rassemblement qui est tout à fait inédit.
17:00C'est quelque chose de vraiment nouveau,
17:04d'être à ce point rassemblé.
17:06Après, oui, d'autres, je l'ai vu,
17:09commencent à appeler à se joindre pour en faire une journée nationale de protestation
17:12sur l'ensemble des autres thématiques.
17:14On est tous, on a tous été sensibles à ce qui s'est passé aux États-Unis,
17:18mais à ce qui se passe aussi en France.
17:20Oui, il y a des violences policières qui ne sont pas admissibles.
17:23Oui, il y a des racistes dans la police.
17:26Alors après, je n'ai pas à dire que la police,
17:29dans son ensemble, est violente et raciste,
17:31parce que le travail aussi avec des policiers,
17:33on a des brebis galeuses.
17:35Il n'y a pas que ça.
17:36Il y a aussi des gens qui font bien leur métier.
17:37Et je pense qu'en effet, on a un problème,
17:40c'est de ne pas être capable de dénoncer
17:42ces dérapages racistes et violents
17:43dans une sorte d'esprit de corps de la police.
17:46Ça nie à toute cette profession
17:48qui pourtant fait des choses.
17:50À un moment donné, il faut être capable de dénoncer
17:52ce qui dérape complètement.
17:54Et c'est une minorité importante quand même.
17:56On a vu des actes,
17:59moi j'ai quand même en souvenir
18:00les manifestations des Gilets jaunes
18:02ou aussi des interventions musclées dans les cités,
18:04qui sont plus admissibles.
18:05Donc on a besoin d'une police républicaine.
18:08Je tiens quand même à dire qu'il faut faire attention
18:10à ne pas déraper la police égale facho.
18:14Il faut faire attention quand même,
18:15parce que ce n'est pas que ça.
18:17Nous, c'est des gens qui nous aident,
18:18c'est une urgence,
18:19et qui viennent quand on a besoin d'eux,
18:21et qui sont mesurés dans leur façon d'intervenir.
18:23Donc on a des gens à condamner, pas tous.
18:27Donc voilà.
18:27Mais après, condamnons ceux qui sont condamnables,
18:29ça, il n'y a pas de raison de le faire.
18:31Et moi, j'aime que des policiers américains
18:32aujourd'hui mettent un jouet à terre
18:33pour se désolidariser de ceux
18:36qui ont des actes violents et racistes.
18:38C'est quelque chose que nous,
18:40notre police devrait être capable de faire en France.
18:43Donc voilà.
18:43Ça, c'était au passage, j'en profite.
18:46Mais oui, il faut déconfiner le droit de manifester maintenant.
18:50Il faut nous permettre d'exprimer ce qui ne va pas,
18:53parce qu'on est toujours dans cette logique
18:55d'état d'urgence sanitaire,
18:56qui permet de prendre des décisions de l'exécutif
19:02sans passer par la représentation parlementaire,
19:04sans passer par la démocratie la plus large.
19:07Je pense que, et je l'avais dit déjà,
19:09dans le cadre de cette épidémie,
19:10on n'est pas dans une guerre.
19:12On est dans des moules contre une épidémie.
19:13C'est l'intelligence collective qui doit prévaloir.
19:16Et pour ça, il faut aussi qu'on permette aux gens
19:18de s'exprimer,
19:18et y compris d'exprimer leur colère,
19:20parce qu'on ne peut pas passer sous silence
19:22ce qui s'est passé durant cette épidémie,
19:24en train de faire un grand épisode d'amnésie collective,
19:27comme si tout avait été bien géré.
19:30Rappelons ce qui s'est passé.
19:31Rien ne fait pas, il n'y a pas de test,
19:33pas de masque,
19:34des gens qui sont allés quand même
19:36voir des patients sans aucune protection.
19:38Là, on nous annonce que,
19:39j'ai pu chiffre des contaminants en médecine générale,
19:41une trentaine de morts,
19:43des morts dans les hôpitaux aussi,
19:44parmi les soignants,
19:44des salinaires qui sont morts.
19:46On ne peut pas faire comme si rien n'était arrivé.
19:49Il va falloir quand même remettre sur la table
19:51toutes les problématiques,
19:52retrouver un rôle de la puissance publique de l'État
19:56pour coordonner la santé au niveau national
19:59et permettre que ça s'exprime au niveau local,
20:02qu'on fasse le point des besoins
20:04et qu'on y mette les moyens en place.
20:06Sur le déconfinement,
20:08la Ligue des droits de l'homme
20:09dénonce une atteinte aux libertés,
20:11le fait que les manifestations,
20:12par exemple hier,
20:13étaient interdites pour la plupart
20:15par les préfectures,
20:16alors que le déconfinement a lieu partout,
20:19que les terrasses ouvrent à Paris,
20:22que les restaurants ont ouvert partout en France.
20:25Les manifestations, pour la plupart,
20:27restent interdites.
20:29Donc la Ligue des droits de l'homme
20:31dénonce une atteinte aux libertés.
20:35Pour autant, il y a des appels
20:36à la désobéissance civile.
20:38On l'a vu hier,
20:39beaucoup de personnes,
20:41et notamment de jeunes,
20:42sont allés manifester malgré les interdictions,
20:44dans le calme, partout.
20:47Est-ce que le 16 juin,
20:49c'est cette vague-là
20:51que vous imaginez ?
20:53Est-ce que vous pensez
20:54qu'il y aura cette convergence très forte,
20:56malgré l'urgence sanitaire toujours à l'œuvre,
21:00qui fera que hospitaliers et publics
21:04descendront ensemble dans la rue ?
21:07Alors, je ne l'imagine pas,
21:08je l'espère.
21:09Et on y travaille, en fait.
21:14Ce qui va être déterminant,
21:15c'est tout ce qu'on va faire
21:16dans les jours à venir,
21:18les discussions qu'on va avoir.
21:20Cela, il y contribue.
21:22C'est le moyen aussi de toucher des gens
21:24qui pourront discuter avec leurs proches,
21:25qui pourront saisir l'importance
21:27de cette journée
21:29pour faire ce rapport de force.
21:31parce qu'on voit bien, quand même,
21:34tout est fait pour ne pas avoir le débat.
21:37Un grand ségur qui renronne,
21:39qui ne sort pas grand-chose,
21:40des conclusions qui vont être données
21:42durant l'été,
21:43des primes contestées
21:44qui seront versées de façon retardée,
21:47comme ça, fin juillet,
21:48parce que là, on a du mal,
21:49nous dit-on, à les verser.
21:50Fin juillet, on n'est pas en colère.
21:52Fin juillet, on est en vacances.
21:53On a l'impression qu'on est en train
21:54de voyer tout ça.
21:55Alors, je ne doute pas
21:56que les choses rebondiront en septembre,
21:57mais sauf qu'il ne faut pas
21:58attendre en septembre.
21:59C'est maintenant qu'ils veulent rendre
22:02des conclusions sous forme
22:04d'une grande concertation
22:05qui n'en est pas une,
22:06qui est un monologue des ministres
22:09face à des organisations
22:10qui, pour l'instant,
22:11n'arrivent pas réellement
22:12à négocier quoi que ce soit,
22:13puisqu'on est dans des cadres
22:15hyper fermés
22:16qui ressemblent à la politique d'avant.
22:19Donc, c'est maintenant
22:20qu'il faut dire les choses
22:20et c'est maintenant qu'il faut
22:21une manif qui permette de congérer.
22:24Alors, on sera la semaine prochaine
22:27à deux jours de la manifestation.
22:30On refera certainement un live ensemble
22:31pour parler à nouveau
22:34de l'état de la mobilisation
22:35et donner un peu partout en France,
22:38y compris avec la rédaction de l'Humanité,
22:41donner à voir comment se construit
22:44cette mobilisation.
22:45D'ici là, on espère
22:48que la situation va encore s'améliorer.
22:51Comme vous le dites,
22:52l'épidémie est maintenant
22:53maîtrisée pour l'essentiel.
22:56On vous invite tous
22:58à partager ce live
22:59le plus largement possible
23:00pour faire connaître
23:02et populariser cette date.
23:04Et puis, également,
23:05à préparer partout ce 16 juin.
23:08C'est ça.
23:09Ce n'est pas uniquement à l'hôpital
23:10que ça doit se préparer.
23:12C'est vraiment partout.
23:14Toutes les personnes
23:14qui ont applaudi à leur balcon
23:16les soignants
23:17pendant ces longs mois.
23:19c'est maintenant
23:19que la mobilisation
23:20doit avoir lieu
23:21pour que le 16 juin
23:23les revendications
23:24des soignants
23:25se fassent entendre.
23:27C'est ça.
23:28C'est vraiment quelque chose
23:28de très collectif.
23:29Ça doit complètement déborder
23:31le cadre traditionnel
23:33des manifestations
23:33des soignants.
23:35Nous, on y sera.
23:36On va y aller.
23:37Ça s'annonce fort.
23:38Mais il faut que là,
23:39tout le monde y soit.
23:40On ne peut pas laisser les choses.
23:41On en est comme ça.
23:43On n'a pas de garantie
23:44que cette épidémie
23:45n'est récidive.
23:46On n'en sait rien.
23:47Mais la deuxième vague,
23:49elle reste possible.
23:50On ne veut pas se retrouver
23:51dans la même situation.
23:52Voilà, ce n'est pas possible.
23:53Et on doit échapper
23:54à un nouveau confinement
23:55en se donnant les moyens
23:56d'y échapper.
23:57Ce n'est pas une fatalité.
23:58Là, on aurait les moyens
23:59de remettre
24:00le service public hospitalier
24:01sur ses pattes.
24:02Si à un moment donné,
24:03on s'en donne
24:04des moyens financiers,
24:05si on donne l'investissement
24:06que doit avoir
24:08notre santé,
24:10faisons-le.
24:11Ces considérations
24:12qui continuent
24:13à marchandiser la santé
24:15et à réduire notre champ
24:16parce que là,
24:16on est sur des logiques
24:17de privatisation.
24:19Ce n'est pas possible
24:20de continuer comme ça.
24:21On voit bien
24:21l'inefficacité de cette politique.
24:23Cette épidémie
24:24l'a préalablement prouvé.
24:25Donc oui,
24:25le 16,
24:26il va falloir qu'on y soit
24:26et qu'on y soit nombreux.
24:28Donc bienvenue à tous.
24:29Sur ces mots,
24:30on va pouvoir conclure
24:31peut-être avec les trois
24:32derniers commentaires.
24:33Celui de Nadia
24:34qui nous dit
24:34« Les choses doivent se faire
24:36maintenant,
24:36pas dans six mois.
24:38On ne veut plus de délai. »
24:39Bernadette qui dit
24:41« Il faut absolument manifester,
24:42sinon le gouvernement
24:43va encore endormir le peuple,
24:45malheureusement. »
24:46Et enfin,
24:47Galia qui nous dit
24:48« Macron et la concertation,
24:50c'est de la poudre
24:51de perlimpinpin.
24:52Il nous reste
24:53le rapport de force. »
24:55Donc on se donne rendez-vous.
24:59On se donne rendez-vous
25:00la semaine prochaine
25:01pour un nouveau live.
25:02On sera à deux jours
25:03du 16 juin,
25:03donc date très importante.
25:06Et ensemble
25:06et avec la rédaction
25:07de l'Humanité,
25:08on sera mobilisés
25:09pour faire le point
25:11sur cette mobilisation
25:12et donner à voir
25:14comment elle se prépare
25:16partout dans le pays.
25:18Je vous remercie,
25:19Loïc Pen.
25:20Et on se dit
25:21à la semaine prochaine.
25:22Oui,
25:23pas de problème.
25:24Au revoir,
25:24à nous.
25:24Bonne semaine.
25:26Sous-titrage Société Radio-Canada