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  • il y a 20 heures
Loïc Pen, médecin urgentiste Cgt, en direct de l'hôpital de Creil (Oise), fait le point sur la situation sanitaire et répond à vos questions.

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Transcription
00:00Mick Penn, bonjour.
00:01Bonjour.
00:02Alors, on est en direct de l'hôpital de Creil, dans l'Oise.
00:05Vous venez de terminer votre nuit de garde.
00:08Quelle est la situation aujourd'hui à l'hôpital ?
00:13Eh bien, ça s'améliore en fait.
00:16C'est-à-dire qu'il faut le prendre avec des pincettes,
00:19parce qu'on n'a que quelques jours de recul,
00:21donc on ne veut pas donner de faux espoirs.
00:23Mais j'ai appelé ce matin mes amis de Seine-Saint-Denis,
00:28Christophe Poudon pour ne pas le citer,
00:32qu'ils confirment qu'ils ont exactement le même ressenti.
00:35C'est-à-dire qu'il y a moins d'appels, salut, patients Covid.
00:38On a moins d'arrivées aux urgences.
00:41On est stable sur les urgences et sur le circuit court Covid
00:44qu'on a mis en place.
00:45On est haut, on est à soixantaines de passages sur les Covid.
00:48Mais ça ne bouge pas depuis 3-4 jours.
00:52On n'a plus l'augmentation qu'on avait vue au début
00:54qui nous inquiétait quand même.
00:56Bref, les patients arrivant à des effets du confinement,
01:00ce qu'on sentiait, il y a moins de contamination,
01:01et donc moins de consultation de patients ambulatoires,
01:04léger.
01:05Par contre, ça c'est l'évolution du virus,
01:10on a une situation bien plus compliquée en réanimation.
01:13Aujourd'hui, il n'y a plus de place en réanimation sur notre hôpital.
01:16Et sur la plupart des hôpitaux, c'est le cas.
01:18On est vraiment à la limite des capacités,
01:20malgré les augmentations capacitaires,
01:22puisque partout, il y a eu une augmentation du nombre de réa.
01:25Parce qu'en fait, les patients qui sont arrivés ces derniers jours,
01:30avant le début de décrue qu'on constate,
01:33pour l'instant, je le dis avec des pincettes,
01:36vraiment, c'est à prendre.
01:39Donc ces patients sont arrivés à l'hôpital,
01:41avec des formes un peu plus sévères et hospitalisées,
01:43et en fait, décompense en hospitalisation
01:44entre le huitième et le dixième jour.
01:46Voilà, c'est ce qu'on constate.
01:47C'est là qu'arrive l'aggravation.
01:48Quand ce cap est passé, visiblement,
01:50on n'a plus d'aggravation, majoritairement en tout cas.
01:54Mais entre le huitième et le dixième jour,
01:55il y a pas mal de patients qui font des formes plus sévères,
01:57qui nécessitent une assistance,
02:00une assistance ventilatoire qui se fait en réanimation.
02:03Et donc là, on a des réa qui continuent à se remplir
02:05par des patients déjà hospitalisés.
02:06On a très peu, finalement, de patients réanimatoires
02:10qui nous arrivent de l'extérieur.
02:11C'est vraiment ça la situation,
02:14au moins sur le bassin de Créoua,
02:16enfin le sud de l'Oise,
02:19et sur l'Île-de-France, visiblement.
02:22Alors, vous avez vu le rapport de l'INSEE
02:25qui note une forte hausse de la mortalité,
02:28notamment dans les EHPAD.
02:30Qu'est-ce que vous pouvez en dire ?
02:34De toute façon, c'était malheureusement,
02:37attendu.
02:38On a là les patients les plus fragiles,
02:40donc on l'a dit, même si on a vu arriver
02:42des gens plus jeunes en réanimation,
02:46majoritairement, ce sont les patients âgés,
02:48les patients avec des fortes comorbidités,
02:50des pathologies graves,
02:52qui font les formes graves et qui décèdent.
02:55Donc, c'était assez naturel.
02:57Et puis, il y a aussi ce qu'on a dit au début,
02:59depuis le début,
03:01les soignants des EHPAD n'étaient pas protégés.
03:03On n'avait pas de matériel de protection adéquat.
03:06Et donc, forcément, quand on n'a pas de masque
03:09et qu'on doit faire des soins très rapprochés des patients,
03:11on risque de les contaminer.
03:13C'est d'ailleurs, moi, pour avoir testé
03:17sur des personnels d'EHPAD qui venaient,
03:21c'est une angoisse pour eux,
03:23parce que c'est des gens dont on s'occupe tout le temps
03:24et là, ils ne peuvent pas arrêter de s'en occuper
03:27et ils pensent en même temps qu'ils peuvent leur faire du mal.
03:30Voilà, c'est ça la situation.
03:32Donc, l'urgence, elle est l'urgence absolue.
03:35Elle est à ce que le matériel de protection arrive dans les EHPAD.
03:37Parce que pour l'instant, ce n'est vraiment pas réglé.
03:40Les histoires de masques et de surblouses et de tabliers,
03:43là, on a eu une note qui a été faite par les Hospices Civils de Lyon
03:49conjointement avec l'ARS, qui est significative.
03:54Les Hospices Civils de Lyon, c'est le deuxième hôpital de France après la PHP.
03:57Et là, ils expliquent comment faire des tabliers
04:02avec des sacs poubelles de 110 litres, parce qu'il n'y a plus de tabliers.
04:05Ils expliquent comment laver les surblouses, parce que normalement,
04:08c'est des usages uniques, mais comme on en manque, voilà.
04:11Alors, je n'ai pas la pierre à la direction des Hospices Civils de Lyon.
04:14Ils font avec ce qu'ils ont et partout, c'est un plan débrouille, quoi.
04:18On va dire des merdes.
04:20Ici, hier encore, on a reçu du matériel.
04:23On les remercie d'ailleurs de nombreux particuliers,
04:25de nombreuses entreprises, des masques, des gants,
04:28des combinaisons complètes.
04:29Ça, c'est hyper utile pour les interventions en ce mur.
04:32Ça évite d'être engoncés dans tout un tas de couches.
04:36Mais voilà, on dépend beaucoup quand même de ce système D,
04:39de la solidarité des gens.
04:41C'est super, mais c'est pitoyable.
04:46Je ne sais pas comment dire les choses.
04:48C'est très en adéquation avec la situation que vous dénoncez
04:51depuis maintenant plus d'un an de grève des urgences,
04:54sur le manque criant de moyens pour l'hôpital public en général.
04:59Oui, là, ça apparaît dans toute sa crudité, je dirais,
05:01parce que la sanction est brutale.
05:04Mais on a même encore des problèmes.
05:07Ils n'ont pas disparu, les problèmes chroniques, là,
05:10sur l'hôpital de Creil, ce week-end,
05:13il n'y aura pas de secours primaire, pas de ce mur.
05:15Parce qu'il n'y a pas de médecin.
05:16On pourrait dire, oui, ils sont tous malades avec le Covid.
05:18Certes, on vient en avoir un là qui est malade,
05:23mais de toute façon, sans malade, il n'y a déjà plus assez de médecins.
05:26Il y avait six médecins qui faisaient du secours,
05:28il en reste 3,2, parce qu'il y a un 1%, c'est moins.
05:32Mais les autres sont partis, parce qu'ils ne supportaient plus,
05:37pour plein de raisons, différentes chacun,
05:39mais la situation, les conditions de travail qui leur étaient faites.
05:42Et donc là, on a tendance à oublier les choses en disant,
05:45c'est le Covid, c'est pour ça que ça ne marche pas.
05:46Non, ce n'est pas le Covid, c'est la situation antérieure.
05:49Les médecins étaient déjà partis.
05:51Il ne faut pas oublier qu'il y a eu de nombreuses bénitions
05:53de fonctions administratives, de chefs de services partout en France,
05:55et on a, sur les deux ou trois dernières années,
05:59dû augmenter le nombre de départs de médecins de l'hôpital public,
06:04dans toutes les spécialités, et particulièrement chez les urgentistes.
06:08Alors, on parle de zones, de territoires
06:11où la mortalité en explosion est particulièrement inquiétante.
06:15Par exemple, en Seine-Saint-Denis,
06:17où il y a un bond de 63% de la mortalité.
06:22Plusieurs explications sont avancées,
06:24notamment le fait que c'est un département très précaire,
06:27mais aussi très dense.
06:29Oui.
06:31On a tout.
06:32Pour eux, toute la situation de la Seine-Saint-Denis est compliquée.
06:36C'est un département précaire.
06:38Beaucoup de gens sont au travail,
06:40même si le confinement est, le préfet de Seine-Saint-Denis disait,
06:45respecté globalement.
06:46Mais sauf qu'il y a plein de gens qui vont travailler.
06:48C'est là qu'on trouve les caissières,
06:50c'est là qu'on trouve le personnel médical,
06:52les infirmières, les étroignants,
06:53beaucoup qui habitent la Seine-Saint-Denis.
06:55Beaucoup de gens vont sur des usines
06:56qui aujourd'hui n'ont pas arrêté.
06:58C'est vraiment une question sur ce qui est essentiel
07:00au fonctionnement du pays.
07:01Sûrement pas fabriquer des abelons.
07:04Mais bon, voilà, pour l'instant,
07:05il y a encore des chaînes qui tournaient.
07:07Je ne sais pas comment on en est là.
07:08On a vu des cas de contamination importants
07:11chez PSH et Renault.
07:12Donc, vraiment, à un moment donné,
07:15il faut savoir ce qu'on veut.
07:17On ne peut pas pour dire que c'est de l'activité essentielle.
07:19C'est de l'activité essentielle.
07:20Et tout doit être tourné à mon sens aujourd'hui.
07:23On doit mobiliser la denterie,
07:24réacquisitionner même des entreprises si besoin
07:26pour répondre aux besoins sanitaires et alimentaires.
07:29Voilà, mais des besoins essentiels.
07:31Pas pour construire la dernière Mégane, quoi.
07:35Enfin, même si, après, j'aime bien cette voiture.
07:37C'est ce que j'aime.
07:38Mais je ne vais pas changer tout de suite, quoi.
07:40À un moment donné, voilà.
07:41Je me lance en boutade,
07:43mais c'est un peu triste de voir ça.
07:45Et donc, la Seine-Saint-Denis,
07:46il y a non seulement cette situation
07:47de gens qui travaillent
07:49et donc qui ne peuvent pas respecter le confinement
07:50comme beaucoup d'autres,
07:51dans beaucoup de départements,
07:53et puis, c'est aussi un département
07:54extrêmement sous-médicalisé.
07:56Il y a, voilà, les médecins de l'île,
07:59mais aussi les hôpitaux.
08:00Donc, et puis, il y a cette peur
08:03qui est importante,
08:04plus qu'on se mette aussi ici,
08:05on en retira un mot,
08:06mais de gens qui diffèrent
08:08leurs consultations
08:09parce qu'ils ont peur
08:10de sortir à part une Covid.
08:13Le résultat des cours,
08:14c'est qu'ils ont d'autres pathologies
08:15qui s'agravent,
08:16donc il faut absolument prendre en charge
08:17parce qu'il n'y a pas que le Covid.
08:18Tout le reste continue.
08:20Cette nuit, j'ai eu un patient
08:24sur une situation de Covid.
08:25Tous les autres,
08:26ce n'était pas le Covid.
08:27C'était un bébé de 15 jours,
08:29c'était un incendie,
08:30c'était une patiente qui est décédée
08:34à domicile,
08:35plein d'autres problèmes de santé.
08:36Enfin, il y a tout le reste.
08:38Des douleurs thoraciques,
08:40des thymopathies
08:40qui n'étaient pas du Covid.
08:41Enfin, on a tout ça,
08:43mais les gens ont tendance
08:44à minimiser, différer,
08:47ce qui peut donner
08:49des problèmes collatéraux.
08:51J'ai un peu une formule
08:53que j'aime pas,
08:54c'est qu'on rappelle
08:54les dégâts collatéraux
08:56dans les guerres,
08:56mais des gens qui, finalement,
09:00ont façon collatérale,
09:02vont aggraver les pathologies,
09:03voire décédées,
09:04parce qu'ils ne sont pas venus
09:05consulter par peur.
09:07Alors, peut-être un dernier mot,
09:10à moins qu'il y ait des questions,
09:11n'hésitez pas,
09:12durant ce live,
09:13à poser des questions en direct.
09:15Vous êtes nombreux à le suivre,
09:16d'ailleurs,
09:16vous pouvez partager ce live,
09:18évidemment.
09:19Il permet de faire connaître
09:20la situation au plus grand nombre.
09:22Un mot sur la déclaration
09:23du préfet de Paris,
09:24le préfet Lallement,
09:27qui incrimine,
09:28qui dit clairement
09:29que les gens aujourd'hui en réa
09:31sont ceux qui n'auraient pas respecté
09:34le confinement.
09:35Alors, plusieurs de vos confrères,
09:36déjà, demandent sa démission.
09:38Qu'est-ce que vous en pensez ?
09:40Je ne sais pas qu'ils devraient
09:41le faire spontanément.
09:44Après, le personnage
09:46est particulièrement clivant.
09:47On se rappelle
09:47de ses déclarations
09:49auprès des Gilets jaunes,
09:50on n'est pas dans le même camp,
09:51comme si, aujourd'hui,
09:52l'État devait choisir un camp
09:53parmi les citoyens.
09:55Et puis là,
09:56on est sur une déclaration
09:57qui est tout à fait abjecte.
09:59Qu'est-ce qu'il fait
10:00des gens qui, justement,
10:01sont obligés d'aller travailler ?
10:02Qu'est-ce qu'il fait
10:02des personnels soignants
10:04qui payent un tribut lourd ?
10:06Voilà, on a des morts,
10:08on a des gens en arrière.
10:10Et puis, après,
10:11c'est complètement sous-estimé.
10:12Voilà, je travaille
10:14sur un quartier
10:16qui est très populaire,
10:18le plateau de Creil.
10:20Moi, quand je me confine,
10:22je dis non, j'ai un jardin.
10:23Il y a des familles, là,
10:24qui habitent dans des trois pièces
10:26qui sont cinq, six.
10:27Ce n'est pas pareil.
10:29Moi, je me confine
10:30en rentrant de garde.
10:31Je me mets dans mon canapé
10:33et je regarde le cahier
10:33et je m'endors.
10:36Eux, ils se retrouvent
10:36dans la situation
10:37où il y a les enfants
10:38qui courent à côté
10:39où parfois le père, lui,
10:40est obligé d'aller travailler,
10:41la maman est au foyer.
10:42Enfin, voilà,
10:43on a vu cette situation-là.
10:44Le confinement,
10:45ce n'est pas pareil, quoi.
10:46Et il y a des gens
10:47qui, à un moment donné,
10:47vont craquer un peu.
10:48Et je ne sais pas d'accord
10:50dans le confinement.
10:51Bon, je disais,
10:53le fait qu'on ait cette réduction
10:56des gens qui consultent aujourd'hui
10:59sur le Covid,
11:00sur les urgences,
11:01c'est l'effet du confinement.
11:02C'est-à-dire qu'on a ralenti.
11:03Voilà, c'est extrêmement positif.
11:05On va devoir le poursuivre encore
11:07tant qu'on n'a pas,
11:08de toute façon,
11:08on le disait,
11:09de tester des masques
11:10en nombre suffisant
11:11pour déconfiner
11:12le facile safe.
11:14D'ailleurs,
11:15l'Académie de médecine
11:16vient de dire
11:18qu'il fallait des masques
11:19pour tout le monde.
11:20Pour tout le monde.
11:20Alors, pas des masques FFP2,
11:22les masques protecteurs,
11:24les masques chirurgicaux
11:25qui, certes,
11:26ne protègent pas des autres,
11:26mais si on en est tous,
11:27on est tous protégés
11:28parce qu'on se racheture,
11:29tout simplement.
11:30Et donc là,
11:32on a maintenant une position
11:33tout à fait officielle
11:34et puis de tester massivement.
11:36mais je le disais tout à l'heure,
11:37les tests,
11:38ce n'est pas arrivé.
11:39Donc après,
11:39bon,
11:39pour revenir sur l'allemand,
11:43je ne sais pas.
11:44Là,
11:45quand on dit des conneries,
11:46il faut partir.
11:47Ils ont raison,
11:48les conneries.
11:49Mais il devrait le faire de lui-même.
11:51C'est pas possible.
11:52Alors,
11:53on a des questions
11:53qui sont arrivées,
11:54du coup,
11:55sur le live.
11:58Merci pour ces questions
11:59à toutes et à tous.
12:01Solange,
12:02donc,
12:02qui vous demande,
12:04est-ce qu'ils n'ont pas fermé
12:05la maternité de Creil ?
12:08Ben,
12:08si.
12:10Si,
12:10ils l'ont fermé.
12:11Mais ça a d'ailleurs été
12:12un élément déclencheur.
12:13C'est pour ça que j'ai démissionné.
12:15Alors,
12:16je ne sais pas que...
12:16Alors,
12:17on le rappelle,
12:17on le rappelle,
12:18vous avez démissionné en janvier 2019,
12:20il y a un peu plus d'un an.
12:21Un an et trois mois.
12:23Ben,
12:23triste précurseur sur ce coup-là.
12:26Mais,
12:28si vous voulez,
12:28on a fermé partout.
12:30Il faut le rappeler.
12:30On a fermé 100 millions d'années
12:32en 20 ans,
12:32depuis le début
12:34du quinquennat de Macron.
12:35c'est le président Macron.
12:38C'est 4700,
12:39je crois,
12:40de lits qui ont été fermés,
12:41en tout cas,
12:414500.
12:42On continue,
12:43c'est sur ces logiques.
12:45D'ailleurs,
12:45là,
12:45il y a une note
12:46de la Caisse des déco et conciliation
12:48demandée par Macron,
12:50demandée par le président Macron,
12:51Pauli,
12:54qui doit parler
12:55d'un grand aménissement
12:56pour l'hôpital
12:57après la crise.
12:59J'avais une idée de doute
13:00et le fait que j'avais aucune confiance,
13:01moi,
13:01j'avais raison finalement,
13:02parce que ce qui est marqué
13:03sur la note
13:04de la Caisse des déco et conciliation,
13:05c'est un appel à la privatisation
13:06au partenariat public-privé
13:09qui ont déjà fait la preuve
13:10de leur nocivité.
13:11Il y a des hôpitaux
13:11qui sont retrouvés
13:12dans des situations
13:13aberrantes avec ça.
13:14En gros,
13:15on privatise les bénéfices
13:16et on socialise les pertes.
13:20et ce qui semble se dessiner
13:22sur cette note,
13:23c'est un modèle PSDH,
13:24un service privé
13:26participe au service public
13:28qui ferait voler en déclat
13:29l'hôpital public.
13:30On est sur les mêmes logiques
13:32encore de privatisation.
13:34Alors là,
13:34plus que rampante,
13:35on laisserait les portentiers
13:38profitables de la santé,
13:39profitables sur le corps financier,
13:41c'est une bérésime
13:42et c'est comme ça,
13:43au privé,
13:44tandis que le public
13:45assumerait finalement
13:46ce qui reste.
13:46C'est extrêmement inquiétant
13:49parce que leur logique
13:49ne change absolument pas,
13:51absolument pas.
13:52On vit toujours sur
13:53ces logiques du marché
13:54et la santé sera un marché
13:57marchandise comme l'autre.
13:58Ce n'est pas une marchandise,
13:59c'est un besoin essentiel,
14:01c'est quelque chose
14:02qu'on ne peut pas marchandiser
14:05comme ça.
14:05Et pour finir,
14:07la maternité de Creil,
14:08c'était un symbole
14:09parce que c'est
14:10la plus grosse maternité
14:11d'un 600 accouchements
14:12et d'un 3 qui a été fermé
14:13en France.
14:16Non seulement,
14:17c'est une aberration
14:18sur l'inverse de population
14:19comme le nôtre,
14:20qui a une forte démographie
14:22et qui est très populaire
14:23et des points de déplacement.
14:25Pour rappel,
14:25il n'y a pas de liaison
14:28ou le transport collectif
14:30entre Creil et Saint-Lys
14:31où il reste la dernière maternité
14:33du point.
14:36Et puis,
14:37ça a compliqué
14:41qui est problématique
14:42aux urgences
14:42parce qu'on nous a demandé
14:43d'organiser
14:45les accouchements inopinés.
14:46Donc,
14:46j'avais refusé
14:47d'organiser
14:47la dégradation
14:48de la prise en charge
14:49des femmes
14:49sur les urgences.
14:50Alors depuis,
14:51il y a eu un accouchement
14:51aux urgences.
14:52On pourrait penser
14:53que ce n'est pas énorme.
14:53Il s'est bien passé.
14:55Il n'y a pas eu de catastrophe.
14:57Mais autant le dos
14:57parce qu'on n'a pas
14:59la formation pour ça.
15:00Il y a déjà
15:01le médecin
15:03qui s'est trouvé
15:03confronté
15:04à cet accouchement
15:04parce qu'il est son premier.
15:05Heureusement,
15:06il y avait une infirmière
15:06qui, elle,
15:08avait travaillé
15:08en maternité
15:09et c'était un accouchement simple.
15:11Et puis,
15:11c'est aussi la multiplication
15:12des interventions
15:13du SMUR,
15:14c'est-à-dire
15:14les modules de réanimation
15:15sur les accouchements
15:16dans le coin.
15:17On en fait maintenant
15:18extrêmement régulièrement.
15:20Ce matin encore,
15:21j'ai transporté
15:21une patiente
15:22à la maternité de 110.
15:23Parce que voilà,
15:25on prend des précautions
15:27puisque avant,
15:28c'était juste à côté.
15:28on pouvait prendre
15:29un transport non-légalisé.
15:31Maintenant,
15:32c'est plus loin
15:32et plus loin
15:34sur des accouchements
15:35imminents.
15:35Ça peut quand même
15:36très bien pomper
15:37et c'est mieux
15:37d'avoir quelqu'un
15:38qui sait accoucher.
15:39Donc voilà,
15:40c'est toutes ces problématiques
15:41qui avaient été posées.
15:42Moi, je ne désespère pas
15:43qu'un jour,
15:43on revoie la maternité à Craig.
15:45De toute façon,
15:46cette situation
15:47est tellement aberrante
15:48dans sa...
15:49Même le préfet de l'Oise
15:51n'avait pas compris.
15:52C'était une décision
15:54qui est sortie
15:56de quelques personnes
15:57et de l'ARS.
16:00Voilà.
16:01Bon, je ne désespère pas.
16:02On a dû te reprendre
16:02un sur cette question
16:03de la maternité
16:04et puis globalement
16:05sur la question
16:06de l'hôpital
16:06parce que
16:07pas question d'accepter.
16:09ces notes qu'on voit
16:11ça ne marche pas,
16:12on l'a mis à genoux,
16:13on va le finir.
16:14Non,
16:14l'hôpital,
16:15on ne va pas le finir.
16:16Il faut lui redonner
16:17le moins d'un
16:17dans un cadre clinique,
16:19lui redonner
16:19une attractivité.
16:20Et pour ça,
16:21oui,
16:21il faut investir plus
16:22pour la santé.
16:22il faut arrêter
16:24d'en faire un marché
16:25pour renforcer
16:26de l'argent
16:26pour les financiers.
16:28Alors,
16:29Aurel nous demande
16:30comment ça se passe
16:31pour Sanlis,
16:32comment ça se passe
16:32à l'hôpital de Sanlis ?
16:34Ils sont à peu près
16:35dans la même situation
16:36que nous,
16:38avec une différence importante,
16:39c'est que la réanimation
16:40de Sanlis
16:40a fermé déjà quelques années
16:42et nous le manque
16:43réellement aujourd'hui.
16:44Ce n'est pas le constat.
16:47Pareil,
16:47pour des raisons
16:48où il manque
16:48de personnes
16:49budgétaires,
16:50tout ce qu'on a fait
16:51partout
16:51a été fait à Sanlis.
16:55L'accueil aux urgences
16:56beaucoup se fait
16:57sur des cas
16:59peu graves
17:00parce que
17:00s'ils ont un tas grave,
17:02de toute façon,
17:02ils doivent transférer.
17:03Ils n'ont pas le choix.
17:04Ils n'ont pas
17:05voulu les appuyés.
17:06Donc,
17:06on a diminué
17:08la capacité
17:09de prise en charge
17:10de cet hôpital.
17:12Ce n'est pas
17:12qu'à la réanimation
17:13fermée.
17:14Il n'y a plus
17:14de pneumologie,
17:15il n'y a plus de cardiologie
17:16mixée avec
17:17un service
17:17de médecine polyvalente.
17:18Bref,
17:19c'est un aval
17:20qui est quand même
17:20très limité.
17:21Et du coup,
17:22on a un hôpital
17:23qu'on n'exploite pas
17:24du tout
17:26comme on aurait pu
17:26l'exploiter
17:27s'il était resté
17:28en bon état
17:28sur le cristal.
17:30Donc,
17:30voilà,
17:30c'est toutes ces erreurs
17:31d'année en année.
17:32Bon,
17:33ça remonte
17:35aux fusions
17:35dans le cadre
17:36de loi Bachelot,
17:37ça.
17:38Alors,
17:39Florence Saïd Salah,
17:40qu'on salue,
17:41nous demande
17:42« Et les cliniques privées
17:43sont-elles réquisitionnées ? »
17:45Alors,
17:47moi,
17:47j'ai une vue locale,
17:51la clinique
17:52à côté de chez nous,
17:54avec les jockeys
17:55à Chantilly,
17:56travaille avec nous
17:57sans problème aucun.
17:59Ils prennent
18:00les patients
18:01non-Covid
18:02et Covid
18:04légers.
18:04Voilà,
18:05ils ont parfaitement
18:07joué le jeu.
18:08Là,
18:08je n'ai rien à dire.
18:09On a même vu
18:09des praticiens
18:10de chez eux
18:10venir filer
18:11un coup de main
18:12passer chez nous.
18:15La coopération
18:16est bonne.
18:18J'ai entendu
18:19que ce n'était pas
18:19le cas partout.
18:21Mais ça,
18:22je ne suis pas capable
18:24parce que
18:24le live qu'on fait,
18:26c'est aussi un peu
18:26un truc de terrain.
18:27Si vous voulez,
18:28je n'ai pas forcément
18:29l'ensemble des éléments.
18:31Oui,
18:31bien sûr.
18:32Tout le monde.
18:33En Occitanie,
18:34ce n'était pas le cas.
18:35Le reportage.
18:36Après,
18:37je n'ai pas suffisamment
18:38les tenants
18:38et les aboutissants
18:39pour me dire
18:39pourquoi je ne vais pas
18:41prendre parti
18:41sur ces questions.
18:42En tout cas,
18:43localement,
18:44ça s'est fait.
18:44De toute façon,
18:45on n'a pas le choix.
18:46On est un département,
18:48une région,
18:48les Hauts-de-France,
18:49très sous-médicalisé aussi.
18:51Si on s'amuse
18:52à se faire des guéguerres
18:52et à ne pas utiliser
18:53tous les moyens,
18:54on va vite se tirer
18:55des vals dans les jambes.
18:56Donc,
18:58au département,
18:58on se connaît.
19:00D'accord.
19:01Alors,
19:01une question d'Olga,
19:02je ne sais pas
19:03si vous pouvez répondre,
19:05mais où peut-on trouver
19:06des masques artisanaux ?
19:12Je ne sais pas.
19:13J'ai un copain
19:14qui m'a apporté
19:15du matériel hier,
19:16de son entreprise.
19:18Il faisait le coursier
19:19parce que sa boîte
19:19avait des masques FFP2
19:21en stock
19:22qui nous ont livré.
19:24Arkema,
19:24je ne connais pas bien
19:25le truc.
19:27Il nous a amené
19:28des blouses,
19:29des combinaisons,
19:30tout ça.
19:30Lui,
19:31il s'était fait un masque.
19:32Il s'est fait un masque
19:34charmant d'ailleurs,
19:35ça fait un peu Batman,
19:37mais il a pris
19:38le patron
19:40de l'hôpital de Grenoble
19:42qui avait publié ça,
19:44qui, faute de masque,
19:45avait fait des patrons
19:46pour faire des masques
19:47en tissu
19:48à plusieurs épaisseurs,
19:49pas trop ce qui valent
19:49sur le plan de la protection,
19:51très sincèrement.
19:51Ils évitent de cracher
19:52sur les gens,
19:53c'est déjà ça.
19:54Mais en tout cas,
19:56du coup,
19:56ils avaient un truc
19:57un peu joli,
20:00mais après,
20:00je ne sais pas
20:01en termes d'efficacité
20:02ce que ça vaut réel.
20:04En tout cas,
20:04lui,
20:05il avait essayé
20:05de se faire ce masque.
20:06Je ne sais pas
20:07si après,
20:07il y a forcément
20:08des gens
20:08qui sont enceintes
20:09de fabrication locale,
20:10mais pas dans le coin
20:11en tout cas,
20:12je n'en ai pas vu.
20:13Alors,
20:13une question de David
20:16qui parle des risques
20:17de deuxième vague
20:18après le déconfinement,
20:20risques d'épisodes
20:21épidémiques
20:22sur l'année.
20:24Il y a raison,
20:25David.
20:26C'est exactement
20:27le problème.
20:29On a confiné.
20:31On a ralenti
20:33la contagion.
20:34Et on le voit
20:35aujourd'hui,
20:36les résultats sont là
20:37puisque même si,
20:38je le redis,
20:39parce que je ne veux pas
20:39me faire piéger,
20:40je le dis avec des pincettes,
20:41on n'a que quelques jours
20:42de recul,
20:42mais c'est sensible
20:43un peu partout
20:44cette diminution
20:45des arrivées
20:46des cas tout venant
20:47de Covid.
20:48donc on a réussi
20:50quelque chose.
20:51Ça va nous permettre
20:52de lisser le plus possible
20:53les vagues
20:54pour que nos services
20:55de santé ne soient pas débordés,
20:56surtout les réanimations,
20:58je l'ai dit tout à l'heure,
20:59qui, elles,
21:00subissent encore
21:01la vague
21:02d'il y a quelques jours
21:02puisque forcément,
21:03la dégradation
21:04étant plus tard,
21:05c'est une cinétique
21:06assez normale.
21:09quand on va faire sortir
21:10les gens,
21:13c'est des populations
21:14qui finalement
21:15n'ont pas été contaminées
21:16qui vont sortir
21:17avec des gens contaminants
21:18puisqu'il y a beaucoup
21:19de cas symptomatiques,
21:20il y a des gens
21:21qui resteront contaminants
21:22même après avoir été guéris
21:23puisque le virus reste
21:24une vingtaine de jours
21:25au total,
21:26donc on risque en effet
21:27d'avoir une récidive
21:29des contagions
21:30et puis une relance
21:31de l'épidémie.
21:32Alors forcément,
21:33c'est des courbes
21:34un peu cassées
21:35parce que plus il y a
21:36de gens contaminés,
21:37moins le virus
21:38circule facilement.
21:39C'est un effet barrière
21:41en fait.
21:42C'est comme les jets
21:43de barrière
21:44mais là,
21:44c'est des individus
21:44qu'ils font.
21:46Mais on peut avoir
21:48une vague importante
21:48qui nous repose
21:49à un problème.
21:51C'est pour ça que
21:51je le disais
21:53à l'avant-dernier vague
21:54ou le dernier,
21:55je ne sais plus,
21:56je les citais beaucoup
21:57lorsqu'on mange pas
21:57de choses un peu,
21:58mais je disais que
21:59quand on allait déconfiner
22:01et là,
22:02on est maintenant
22:02nombreux à le dire,
22:03il fallait absolument
22:04tester les gens.
22:05idéalement avoir
22:06une sérologie
22:06mais qui est en cours
22:10de fabrication,
22:11sérologie qui permet
22:12de voir qui est immunisé
22:13et qui ne l'est pas
22:14et tester pour voir
22:15qui porte le virus
22:16et qui ne le porte pas
22:16et pouvoir confiner
22:18de façon sélective.
22:20C'est-à-dire,
22:20c'est ce qui s'est fait
22:21en Corée.
22:22Tous les gens,
22:23même si après,
22:23ils l'ont fait sûrement
22:24un peu brutal
22:25avec leur tracking
22:27par téléphone,
22:28mais en tout cas,
22:30ils étaient faits
22:31et ils mettaient
22:32en isolement
22:33les gens positifs
22:33et les gens contactent.
22:35Et ils ont arrêté
22:36cet équilibre
22:36parce que là,
22:36en effet,
22:37quand on va diagnostiquer
22:38et on sait qui traiter
22:39ou qui isoler,
22:40c'est quand même
22:41beaucoup plus simple
22:41que de faire
22:43un confinement généralisé
22:46non discriminé
22:46parce qu'on est à l'aveugle.
22:49Donc là,
22:49l'urgence pour avoir
22:51le déconfinement,
22:52c'est produire massivement
22:53des tests,
22:54des tests théologiques
22:55et puis avoir des masques
22:56parce que pareil,
22:57ce ne sera pas pareil
22:58si on sort...
22:59Pareil, ce ne sera pas pareil,
23:00ce n'est pas joli comme phrase,
23:01mais ce ne sera pas
23:03une cuisine
23:04si on sort des gens masqués
23:05qui ne se crachent pas dessus
23:06ou si on ressort comme ça
23:07pour aller se reparler
23:09et qu'on se contamine.
23:11Et quoi qu'il arrive,
23:13forcément, il y aura encore
23:14les gestes barrières
23:15et la distanciation physique
23:19à respecter.
23:20J'ai décidé de ne pas utiliser
23:21le terme distanciation sociale
23:22parce que finalement,
23:23ce n'est pas bon.
23:24Je pense qu'il faut,
23:25au contraire du social,
23:27de la socialisation,
23:29même par les réseaux sociaux,
23:30par contre, physiquement,
23:30il faut s'écarter un peu.
23:31C'est plus ça, en fait,
23:32qu'il faut faire.
23:33J'avais lu ça dans un article
23:34et j'avais trouvé ça
23:35plus juste.
23:37Vous avez aimé
23:39se parler
23:39de la distance raisonnable
23:41d'un mètre.
23:42ce qu'on a déjà dit
23:43et puis, idéalement,
23:44être masqué.
23:45Alors, une question d'Anique.
23:47Faites-vous le traitement
23:48du docteur Raoult
23:49pour les patients
23:50peu atteints également ?
23:52Pour les patients ?
23:54Peu atteints.
23:56Alors, là, oui.
23:58Il y a des protocoles
23:59qui ont été mis en place.
24:00Alors, pas aux urgences.
24:02Ce n'est vraiment pas aux urgences
24:04qu'on fait ça.
24:04De toute façon,
24:05l'idéal,
24:05c'est que les urgences
24:06voient le moins de patients
24:07Covid possibles
24:08et qui passent
24:08sur les circuits Covid
24:10pour les raisons
24:10que j'avais déjà données.
24:11On accueille encore
24:12d'autres patients
24:13qui sont plus fragiles
24:14et on ne souhaite pas
24:15mélanger les patients
24:16pour ne pas faire
24:17des contaminations
24:17de nos patients fragiles.
24:19Donc, aux urgences,
24:20on n'a pas ça.
24:21On teste très peu
24:22aux urgences.
24:22On réoriente
24:23vers le circuit Covid.
24:26sauf, voilà,
24:26ce qu'on prend,
24:27ce qu'on prend,
24:27c'est des gens en détresse.
24:29Donc, nous,
24:29c'est vrai que c'est pas,
24:31on n'est pas le service
24:32qui fait ça.
24:34Par contre,
24:35sur les soins de fuite
24:36post-urgence,
24:37sur des génétés Covid,
24:38il y a des patients
24:39qui ont été traités
24:41avec de l'hydroxychloroquine.
24:44D'accord.
24:45Alors, au début,
24:46on va revenir
24:47sur ce que vous expliquiez
24:48au début de ce live
24:50parce que beaucoup
24:51de personnes
24:52nous ont rejointes depuis.
24:55Donc, en gros,
24:56sur la situation actuelle,
24:57si on doit synthétiser,
24:59vous notez une baisse
25:01des consultations Covid
25:02et par contre,
25:04en réanimation,
25:05la situation est
25:06beaucoup plus tendue.
25:08Et est-ce que vous pouvez
25:09synthétiser,
25:10expliquer pourquoi ?
25:12On a le confinement
25:15qui fonctionne,
25:17c'est-à-dire que nous avons
25:17moins de contamination
25:19et donc, à partir de là,
25:20moins de patients
25:21qui viennent consulter
25:22pour des formes légères
25:24ou un peu plus sévères
25:25de coronavirus.
25:26Moins de patients
25:27qui viennent aux urgences
25:28et une stabilisation
25:29pour l'instant
25:30sur notre circuit
25:32dédié Covid,
25:33donc une consultation
25:34réservée aux suspicions
25:35de Covid.
25:37Donc, ça s'est stabilisé.
25:38On a aussi moins d'appels
25:40pour des problèmes de Covid
25:41au salut.
25:42Ça, ça m'était confirmé
25:44ce matin.
25:45Par contre,
25:47même si c'est efficace
25:49et donc on est en train
25:50de faire chuter cette vague,
25:52mais je le disais,
25:52je le redis sous toute réserve
25:55parce qu'on a quelques jours
25:56de recul,
25:56c'est une impression
25:57qui n'est pas encore
25:59complètement confirmée.
26:00il faudra encore quelques jours
26:01pour être sûr
26:01de ce que je dis.
26:03Mais voilà,
26:04on vit un peu au jour le jour,
26:05donc je donne les infos
26:06telles qu'elles deviennent
26:07au risque d'être démenti
26:09par un rebond
26:09parce que,
26:10voilà,
26:10je pourrais être surpris.
26:12Mais bon,
26:13pour l'instant,
26:13en tout cas,
26:13ça, c'est une réalité.
26:15Ça stabilise.
26:16On a moins,
26:17on a pu la monter en flèche
26:18qui était hyper inquiétante.
26:20Par contre,
26:21comme les aggravations
26:22se font entre le 8e
26:23et le 10e jour,
26:24les cas qui vont être graves,
26:26qui vont nécessiter
26:27une assistance respiratoire,
26:28ce sont des patients,
26:29en fait,
26:30qui vont être déjà hospitalisés,
26:31qui sont dans nos murs.
26:32Ils s'aggravent à l'hôpital
26:33et donc ils sont transférés
26:35d'un service tiède,
26:36enfin,
26:37un service où on les gère
26:40sans assistance respiratoire,
26:41à un service de réanimation
26:44où on peut les aider
26:45sur le plan respiratoire,
26:47où ils vont être ventilés.
26:49Donc, en fait,
26:50là, on a très peu d'arrivées
26:51de l'extérieur
26:52de patients
26:52qui vont directement au regard.
26:54Ça peut arriver,
26:54mais c'est quand même l'anecdote
26:56par rapport au nombre
26:57de patients déjà hospitalisés
26:59qui s'aggravent au 8e et au 10e jour.
27:00Donc, c'est des patients
27:01qui sont là depuis un petit moment déjà
27:02et qui finissent en réanimation.
27:04Donc, en fait,
27:04on est en train de se détendre
27:07sur le Covid peu grave.
27:09Par contre,
27:10on n'a pas du tout réglé
27:11les formes graves
27:13parce qu'elles sont déjà dans nos lits
27:14et elles s'aggravent en ce moment.
27:16Et donc, la réanimation,
27:17je me disais,
27:17chez nous, est pleine.
27:18Et dans l'essentiel des hôpitaux,
27:21on sent bien,
27:21malgré les augmentations capacitaires,
27:23qu'on est un peu…
27:24Voilà, c'est la tension,
27:25elle est là.
27:26Est-ce que vous en êtes
27:27à devoir choisir,
27:29comme dans certains hôpitaux de l'Est,
27:32les malades
27:33qui ont droit aux soins
27:34et ceux qui, malheureusement,
27:36n'y ont pas accès ?
27:38Je parle en réa.
27:39Oui, alors,
27:40ce n'est pas qui ont droit aux soins.
27:42Ce n'est pas comme ça
27:42que ça se choisit.
27:43Mais, en effet,
27:44il y a une logique
27:46qui va être aussi…
27:49Là, très concrètement,
27:51la réanimation est pleine.
27:53Donc, si des patients arrivent,
27:56il faudra les transférer.
27:58Là encore, je disais,
27:59les réanimations à côté
28:00ne sont pas loin d'être pleines.
28:01Et donc, il y a des choix qui se font.
28:06Ils se font.
28:07Par exemple,
28:08il y a un patient
28:09qui ne méritait pas
28:11une intubation tout de suite,
28:12mais qui va sûrement s'aggraver,
28:14qui est pourtant en attente.
28:16Il y a une place de réanimation
28:17qui règne, là,
28:18mais ils sont tellement sûrs
28:22qu'ils vont avoir un patient intubé avant
28:23que tout ça,
28:26tout le monde essaye de gérer au mieux
28:27pour avoir le plus de chance
28:29sur les plus de monde.
28:30Mais ça revient, finalement,
28:31à faire des choix,
28:32à un moment donné, en effet.
28:33Et à peut-être dire,
28:35au moment où le patient
28:36qui, pour l'instant,
28:37ne va pas si mal,
28:38mais va sûrement aller moins bien,
28:39va avoir besoin de la place,
28:40il n'y aura peut-être plus la place.
28:41Donc, de fait,
28:42c'est un choix qui s'est fait.
28:43Et puis après,
28:44il y a des choix plus purs
28:46qui sont,
28:47ben voilà,
28:48ce patient,
28:49nous considérons
28:50qu'il n'a aucune chance.
28:51En temps normal,
28:52on lui aurait peut-être
28:52laissé une chance,
28:53même si on pensait
28:54qu'il n'y en avait aucune,
28:55mais il n'y avait une place.
28:56Là, il n'a aucune chance.
28:58Il a une forme très, très grave,
29:01des comorbidités pas possibles,
29:03des troubles ménésiques,
29:04enfin, voilà.
29:05Et on va privilégier,
29:07c'est l'évidence,
29:08la patiente pour laquelle
29:09on a une chance.
29:10Et oui, ça, ça a commencé.
29:12D'accord.
29:12Donc, on a beaucoup de questions
29:13qui sont arrivées.
29:14Je pense qu'on n'aura pas
29:15le temps de tout traiter.
29:16On rappelle que vous sortez
29:17d'une nuit de garde
29:17et on vous remercie vraiment
29:19beaucoup
29:19d'attaquer ce live
29:23de nuit de garde.
29:25Alors, peut-être une question
29:26de Jean-Paul qui dit
29:28est-ce que les médecins
29:29et personnels
29:30envisagent des dépôts de plainte
29:32pour défaillance de l'État
29:33concernant les masques,
29:34etc., etc.
29:36Je ne sais pas.
29:37On n'en a pas discuté,
29:38très sincèrement.
29:39Je disais, la colère,
29:40elle est forte.
29:41Elle est très forte
29:42parce que ça fait un an
29:43qu'on dit les choses
29:43et il ne s'est rien passé.
29:45Bien, au contraire.
29:47Donc, il y a eu
29:48une forte colère.
29:49Je disais la dernière fois,
29:50alors, ce n'était pas
29:51sous forme de boutade,
29:52même si ça pouvait le paraître.
29:55La réponse aux revendications
29:56et à ce qu'on disait
29:58sur l'effondrement
29:59de l'hôpital public,
30:00ça a été les lacrymo
30:01et les matraques.
30:01Il n'y a pas de pénurie
30:02de lacrymo.
30:03Par contre, pour les masques,
30:04ce n'est pas gagné.
30:05Donc, évidemment,
30:05la colère, elle est forte.
30:07Après,
30:10c'est toujours difficile
30:11parce qu'on est en même temps
30:13dans de la colère,
30:15on discute beaucoup entre nous
30:16de comment on est traité,
30:19comment on a été mal traité.
30:20Mais en même temps,
30:21on a tellement de travail
30:22et tout le monde
30:23est un peu le nez dans le guidon
30:24qu'on n'en est pas encore
30:25à ce stade.
30:26Alors, je sais que c'est
30:27des confrères qui ont lancé
30:29des plaintes déjà.
30:30Il y a un site,
30:32j'ai oublié,
30:34plaintescovid.fr,
30:35un truc dans ce bout-là.
30:37On essaiera de retrouver le lien
30:39et de le mettre
30:40dans les commentaires.
30:42Celui qui me l'a appris,
30:43c'est marrant,
30:43c'est Pierre-Emmanuel Barré
30:44qui fait une chronique
30:46sur le confinement.
30:47C'est étonnant.
30:48Je voudrais dire,
30:49je n'ai pas eu le temps
30:49de la regarder,
30:50mais j'en ai dit une ou deux,
30:51j'avoue que ça pique un peu,
30:53mais c'est très bien fait.
30:54Et c'est lui qui citait ce truc.
30:56Mais en effet,
30:56il y a plein de gens
30:58qui sont en train d'aller
31:00sur ce site
31:00et de faire des modèles de plat.
31:02Je vous avoue
31:03que la plupart des soignants
31:04n'ont pas fait.
31:06Le front peut-être,
31:07parce qu'il faudra que
31:08les choses retombent un peu
31:09aussi pour nous
31:09sur le travail.
31:11Mais ma première idée,
31:12ce n'est pas en rentrant
31:13d'aller planéter
31:15sur PAM.fr,
31:16c'est les années.
31:19Bien sûr.
31:20Il y a deux temps.
31:22Jean-Paul vous demande aussi,
31:23les personnes immunodéficientes
31:25ne vont-elles pas devoir
31:26rester confinées
31:27plusieurs mois
31:28jusqu'au vaccin ?
31:29Je ne sais pas.
31:31Alors probablement,
31:32mais en fait,
31:34là, ça fait partie
31:34des questions
31:35sur lesquelles on s'en pose.
31:36alors, comme il faut,
31:37on est hyper inquiétés
31:39parce qu'on a des patients,
31:41des patients de l'analyse
31:43qui sont traités
31:45par des antiques
31:46NF-alpha,
31:46des médicaments
31:48qui exposent
31:49beaucoup plus
31:50aux pathologies infectieuses.
31:54Là, évidemment,
31:55ceux-là,
31:56nous, on a tendance
31:56à essayer
31:57qu'ils ne parlent jamais
31:58un Covid
31:58quand ils sont obligés
31:59de venir chez nous,
32:00qu'ils restent à la maison
32:01le plus possible.
32:03sur la suite
32:04des événements,
32:06on ne sait pas,
32:06en fait,
32:07à quel point
32:07ils sont sensibles.
32:08On n'a pas assez
32:09de recul sur ce virus.
32:11Moi, j'entends
32:11de l'info
32:14des hôpitaux
32:15spécialisés
32:15en infectiologie,
32:16des grands-arrives
32:16en infectiologie,
32:18des virologues,
32:19mais on peut
32:20légitimement supposer
32:21que cela va falloir
32:22être beaucoup plus prudent.
32:24C'est très net.
32:25Pour l'instant,
32:26on n'a pas suffisamment
32:27d'éléments
32:27pour être hyper clair
32:28sur les consignes
32:30à suivre
32:30et dans quel temps.
32:32Mais oui,
32:33après le vaccin,
32:34ce serait le péron,
32:36mais pour l'instant,
32:36ça va prendre
32:37encore quelques mois.
32:38Ça ne va pas
32:39être la première réponse.
32:41La première réponse,
32:42ce serait d'avoir
32:42un traitement.
32:44Pour l'instant,
32:45c'est compliqué,
32:46ce débat aussi,
32:48je n'ai pas envie
32:48de parler
32:48avec le cycle routine,
32:50mais le protocole
32:52docteur Aout,
32:52il a fait pour l'instant
32:53des preuves virologiques,
32:55il n'a pas encore
32:55vraiment des preuves cliniques.
32:57Il y a une étude chinoise
32:58qui semble confirmée,
32:59mais elle est démontée
33:01par une de la médecine
33:03qui nous dit
33:03qu'il n'y a pas assez
33:06de patients incluses
33:07significatifs.
33:08On est encore
33:09dans un truc compliqué.
33:10et puis, alors moi,
33:12j'ai suivi une position
33:15de beaucoup de mes confrères
33:16en disant, quand même,
33:17c'est un médicament
33:18qu'on connaît depuis longtemps,
33:21donnons-le, voilà,
33:23donnons-le,
33:24et puis essayons.
33:25D'autres de mes confrères,
33:26ils sont tout aussi respectables,
33:28parce qu'il ne faut pas
33:30que ce soit une guerre.
33:31C'est un débat aussi, ça.
33:33Il y a des guerres
33:34entre professeurs,
33:35mais bon, d'accord,
33:35ils font leur guerre
33:36quand ils veulent.
33:37Donc, notre question,
33:38c'est comment on va essayer
33:40de sortir des ronces
33:41les patients
33:41qu'on a en charge.
33:43Il y a d'autres,
33:44certains de mes confrères
33:45qui disent,
33:45oui, mais après tout,
33:46une droxychloroquine,
33:47pour l'instant,
33:48ça ne montre pas
33:49d'effet clinique.
33:50Est-ce qu'il n'y a pas
33:52un danger qu'on ne connaît
33:53pas encore
33:54dans le cadre de ce virus ?
33:55Il faut absolument
33:57qu'on ait une étude solide.
33:58Moi, je pense
33:59qu'on peut commencer
34:00et continuer les études,
34:02mais je n'irai pas
34:03acheter la pierre
34:03à un collègue
34:04qui se dit,
34:05est-ce que je ne vais pas
34:06être toxique
34:06pour mon patient ?
34:07Parce que, voilà,
34:08c'est des questions,
34:09ça ne peut pas se régler
34:10ces débats-là
34:12comme ça,
34:13sur la place.
34:13Moi, je trouve que là,
34:15ça a pris des proportions
34:16d'un camp contre l'autre
34:18qui m'embêtent
34:19parce que ce n'est pas
34:19comme ça qu'il faut
34:20fonctionner en médecine.
34:21Ce n'est pas un camp
34:22contre l'autre,
34:23il y a ce qu'on a raison,
34:23ce qu'on a peur,
34:24on essaie tous
34:24de faire au mieux.
34:26Ma position,
34:27elle est peut-être mauvaise.
34:28c'est celle que je pense
34:30la plus intelligente
34:31pour le moment.
34:31J'ai peut-être tort.
34:33Les gens qui sont
34:34remplis de certitude
34:35en médecine
34:35me font peur
34:36parce que ce n'est pas
34:37comme ça que ça marche.
34:38On est remplis de certitude
34:40quand on est fait
34:40dans double un goût
34:42à prouver des choses
34:44ou à prouver
34:44que ça ne marchait pas.
34:46Mais en dehors de ça,
34:48on est tous dans
34:50la tentative
34:50de faire au mieux.
34:51Et il faut respecter
34:52ce débat
34:53et respecter un peu
34:54le temps.
34:56Par contre,
34:57même en respectant le temps,
34:59je pense que par contre,
35:00il ne faut pas être
35:00non plus naïf.
35:01Si jamais ça s'avérait
35:02fonctionner,
35:03une toxicloroquine
35:03de façon clinique,
35:05efficace,
35:06ce serait bien
35:07de commencer à en acheter.
35:08Ça ne vaut pas très cher,
35:09mais faisons des stables
35:10parce que là,
35:11il y a un mec
35:12un peu folgin
35:13des USA
35:14qui est en train
35:15de rafler
35:15une toxicloroquine
35:16sur le marché mondial.
35:18C'est Trump.
35:19Bon,
35:19il ne faudrait quand même
35:20pas rester naïf
35:21jusqu'au bout.
35:23Aussi,
35:24acheter et produire
35:25en France.
35:26Et on a des usines
35:27qui peuvent le faire.
35:27Simplement,
35:28il ne faudrait pas
35:28qu'elles ferment
35:29comme elles sont
35:30en train de le faire.
35:31Et ça devrait être cool
35:32avec l'issue
35:32de nationaliser
35:33si besoin.
35:34on a besoin d'un État
35:35un peu simple.
35:36Alors,
35:37on a une question
35:37de Daniel.
35:38Que pensez-vous
35:39de l'interféron
35:41préconisé par Cuba ?
35:43Alors,
35:44pas seulement par Cuba.
35:45L'interféron,
35:45il est dans
35:46l'étude Discovery.
35:49Alors,
35:49qu'est-ce que l'étude
35:52Discovery ?
35:52C'est une étude
35:56qui est lancée
35:57au niveau européen
35:58qui teste
35:59plusieurs médicaments,
36:01dont d'ailleurs
36:01l'hydroxychloroquine
36:02qui a été rajoutée
36:03à un des bras
36:04de l'étude.
36:05Donc,
36:06ça teste
36:08un antiviral
36:09qui était utilisé
36:10pour l'Ebola,
36:10ça teste
36:12l'antiviral,
36:13enfin,
36:14le mariage antiviral,
36:15le palitra
36:15qui était utilisé
36:16pour le VIH,
36:17ça teste l'interféron,
36:18ça teste l'interféron
36:19plus d'autres,
36:20ça teste l'antichloroquine,
36:22voilà,
36:22et on essaye
36:23d'avoir un retour
36:25en comparatif
36:26et avec des patients témoins
36:28sur l'efficacité
36:30de ces traitements.
36:30Donc,
36:31on est en train
36:32de faire ça.
36:33Alors,
36:33l'interféron,
36:34pourquoi ça peut avoir
36:35du sens ?
36:35Parce que
36:37l'aggravation
36:38du 8e ou 10e jour
36:40ne semble pas être liée
36:41à une charge virale importante,
36:43j'y semble,
36:44parce que c'est pareil,
36:45on est encore
36:46à tâtoner,
36:47il faut être clair,
36:48mais semble plutôt
36:49être liée
36:50à un orage cytokimique,
36:51enfin,
36:52un orage
36:53inflammatoire,
36:54voilà,
36:54un orage inflammatoire
36:56qui pourrait être,
36:58la situation pourrait être
36:59modifiée
36:59par l'interféron.
37:00Donc,
37:01peut-être que ça fonctionne,
37:02mais là encore,
37:03on en est un peu
37:05à tâtoner,
37:05les études sont en cours,
37:06ça n'empêche pas
37:07que les essais ont commencé,
37:08que les patients
37:08sont déjà triqués avec ça,
37:10mais on essaie d'avoir
37:11quelque chose
37:12de...
37:13un rationnel,
37:14quoi,
37:15pour pouvoir derrière dire
37:16ça,
37:17ça marche,
37:17ça,
37:17ça marche pas,
37:18parce qu'on ne peut pas
37:19non plus faire tout
37:20au qu'il faut mettre,
37:21espérer que les gens
37:22vont s'en sortir,
37:23et puis voilà,
37:24la médecine,
37:25ça reste de la science,
37:26c'est une science
37:27qui n'est pas exacte,
37:29parce que,
37:29voilà,
37:29c'est une science humaine,
37:31mais c'est quand même
37:32la science.
37:33Une question de
37:35Shaibia qui demande,
37:36question dure,
37:37désolé,
37:38il y a une sélection,
37:39y a-t-il une sélection
37:41lorsqu'un malade
37:42atteint du Covid
37:43est déjà atteint
37:44d'un cancer
37:44ou d'un diabète ?
37:48C'est pas comme ça
37:52une sélection,
37:53en fait.
37:54C'est un rapport
37:54de chance.
37:56Si vous voulez,
37:57moi, avant le Covid,
37:58j'ai sélectionné des patients,
37:59j'ai sélectionné des patients
38:00parce que j'ai vu
38:02des gens arriver
38:03dans des états cliniques
38:03catastrophiques
38:04qui avaient par ailleurs
38:05plein d'autres pathologies
38:06et dont je savais pertinemment
38:08que si on les mettait en réa,
38:11on allait peut-être gagner
38:11trois jours,
38:12quatre jours,
38:12mais pas plus
38:13et qu'ils allaient mourir.
38:14Et donc,
38:15cette sélection,
38:16quand elle se fait,
38:16elle est collégiale.
38:17C'est-à-dire qu'on vient
38:17discuter du cas
38:18et on prend tout en compte,
38:21y compris l'aspect psychosocial,
38:23l'aspect humain,
38:23la vie de relation
38:24et en se disant,
38:25voilà,
38:26on tente le coup
38:28à mettre ce patient en réa
38:29alors qu'on sait
38:30qu'on n'a aucune chance,
38:31c'est-à-dire qu'on lui afflige
38:32trois ou quatre jours
38:33de technotorture
38:34parce que c'est quand même ça,
38:35la réanimation.
38:36C'est de l'acharnement,
38:37le principe.
38:38C'est de l'acharnement
38:38pour sortir le patient.
38:40Si on n'a aucune chance
38:41s'acharner,
38:43lui faire subir
38:43des choses très agressives,
38:45c'est dégueulasse.
38:47Ça, c'est l'obstination
38:48des raisonnables.
38:49Il faut faire attention
38:50parce que là,
38:50on est aussi
38:51dans ce raisonnement
38:52médical normal
38:54parce que les gens,
38:55il y a encore quelques semaines,
38:56ils disaient,
38:56attention,
38:57pas d'acharnement sur papy.
38:59Et ils avaient raison.
39:00Des fois,
39:01il ne faut vraiment pas le faire.
39:02Et puis,
39:02oui, pourquoi vous ne soignez pas
39:03parce que ce serait
39:04exactement la même chose.
39:05Donc, ce raisonnement,
39:06il se tient,
39:08on essaie vraiment
39:09de le tenir
39:10en humaniste en fait.
39:12C'est ça la logique
39:12qu'il faut avoir.
39:14Ça risque d'être plus brutal
39:15dans certains cas
39:15pour quand on va être
39:16complètement bouclé
39:17et qu'il y a des gens
39:19qui ont une vraie chance
39:19qu'on ne pourra pas prendre.
39:21Là, ça va être compliqué
39:22dans nos têtes.
39:23Dans nos têtes
39:23parce qu'on n'est pas formé
39:25pour ça.
39:27Là, ça vient
39:27de la médecine de catastrophe.
39:29Là,
39:31j'ai appris
39:32dans le cadre
39:33de plan de temps
39:33qu'on avait cette logique
39:35qui dit
39:37« Prenons ceux
39:38qu'on peut sauver. »
39:39Voilà.
39:39« Prenons ceux
39:40qu'on peut sauver. »
39:40Et tant pis.
39:41Pour ceux
39:42qui auraient peut-être
39:43une chance
39:43dans un autre cas.
39:44Mais ça,
39:45arriver à ça,
39:46autant on peut le concevoir
39:47sur une scène de guerre
39:49quand on a l'attentat
39:50et des gens
39:50qui se font flammer.
39:51OK,
39:52il faut sauver
39:52tout ce qu'on peut.
39:53Autant quand on a le temps
39:54qu'on est à la maison
39:56avec une arrière
39:56et compagnie,
39:57c'est beaucoup plus difficile
39:58psychologiquement
39:59pour les soignants
39:59d'essayer d'un truc pareil.
40:01Ça ne va pas être simple.
40:03Donc,
40:03ce n'est pas
40:04cancer,
40:04diabète,
40:05c'est tout l'ensemble
40:06qu'il faut prendre
40:06et les chances
40:07qu'on donne aux patients
40:08et les risques
40:09d'être dans l'optimation
40:11des raisonnables.
40:12Je n'aime pas le terme
40:12d'acharnement thérapeutique
40:13parce que je trouve
40:14que l'acharnement thérapeutique,
40:15c'est exactement
40:15ce qu'il faut faire
40:16en réanimation.
40:17L'optimation des raisonnables,
40:18c'est quand on ne va pas
40:18réussir à réfléchir
40:19aux conséquences
40:20de ces âmes.
40:21Donc,
40:21c'est ça
40:21qu'il ne faut pas faire.
40:23Alors,
40:23Samy vous demande
40:24est-il vrai
40:25qu'avec des soucis
40:26de thyroïde,
40:27on ne peut pas
40:27prendre le traitement
40:28que le docteur de Marseille
40:30dont le docteur de Marseille
40:31a parlé ?
40:33Je ne sais pas
40:34comme ça.
40:36Je n'ai pas
40:36cette notion.
40:38Je n'ai pas cette notion
40:40de platénie
40:40de thyroïde.
40:42Je ne crois pas.
40:43Je ne crois pas après.
40:44Il faudrait que je regarde
40:45la notice du platénie
40:46parce que,
40:47comme je ne le prescris pas,
40:48je ne le prescris pas,
40:49parce qu'aux urgences,
40:50je ne le suis pas,
40:50je l'avais lu quand même
40:51parce que,
40:52pour savoir un petit peu
40:54quel était le profil de risque
40:56de ce médicament
40:57et de le remettre en tête.
40:58Ce n'est pas un médicament
40:59qu'on utilise
41:00tous les jours aux urgences.
41:01Le platénie,
41:01on a des patients
41:01qui viennent avec,
41:02mais ce n'est pas
41:03un truc contre-escrit.
41:04J'avais relu ça,
41:05mais ça fait déjà
41:07plusieurs semaines
41:08et j'avoue que
41:08la thyroïde,
41:09ça ne me parle pas.
41:10Mais bon,
41:11après,
41:11c'est une information
41:12qui se récupère
41:14sur n'importe quel doctissimo.
41:16Le doctissimo,
41:17c'est bien,
41:17mais ça,
41:18c'est une copie
41:19du manuel du médicament.
41:21D'accord.
41:22Alors,
41:23un message parmi tant d'autres,
41:25un message de soutien,
41:26je vous le lis,
41:26mais vraiment parmi
41:27énormément de messages
41:29qu'on a reçus
41:29depuis le début de ce live,
41:31c'est Daniel qui vous dit
41:32« Vous avez un énorme courage,
41:33toute la profession soignante,
41:35psychologiquement,
41:36humainement,
41:36ça doit être très dur.
41:38Merci encore
41:39et bon courage. »
41:40On sent qu'il y a un élan
41:41très fort de soutien
41:43vis-à-vis du personnel soignant.
41:46On en témoigne
41:47les applaudissements
41:47tous les soirs à 20h.
41:49Qu'est-ce que vous avez envie
41:50de dire à toutes ces personnes
41:51qui vous soutiennent ?
41:53Comment ils peuvent agir
41:55concrètement
41:55pour aider
41:57la médecine
41:58à s'en sortir ?
42:00Là,
42:01dans la période,
42:01déjà,
42:02c'est de rester confiné,
42:03de respecter vraiment
42:04ce truc-là
42:05parce que c'est en train
42:06de marcher.
42:08c'est ce qui nous aidera
42:09le plus dans un premier temps.
42:10Après,
42:11on a été extrêmement sensible
42:12au geste de solidarité
42:14concrète,
42:14de matériel
42:15qui nous fera arriver
42:16parce que là aussi,
42:16ça nous a pu
42:17finir d'avoir des maths,
42:18des blouses,
42:19des fameuses combinaisons
42:20dont je parlais
42:20et qu'on n'avait pas.
42:22Et là,
42:22ça change un peu la vie
42:24quand on travaille en ce mur.
42:25Après,
42:26je l'avais dit,
42:28on le prend en positif,
42:30très positivement.
42:31J'en ai discuté
42:32avec mes collègues,
42:33je disais que je discutais
42:34avec mes collègues
42:35après avoir fait les lives
42:36pour faire ensemble
42:38pour savoir
42:39si ce que je disais
42:40était assez juste
42:41parce que c'est pas facile
42:42en fait
42:43de se laisser entraîner
42:45par des opinions
42:45très personnelles.
42:46Des fois,
42:46je le fais,
42:47mais je le dis.
42:50Et tous,
42:50ils me disaient
42:51que ça leur faisait
42:52du bien.
42:53Voilà,
42:53ça leur faisait du bien
42:54les applaudissements,
42:55ça leur faisait du bien
42:55les encouragements
42:57et c'est déjà ça de pris.
42:59Après,
42:59je disais aussi
42:59que ça ne pouvait pas
43:01s'arrêter là,
43:03que l'hôpital public,
43:04ça faisait un an
43:05qu'on était en bagarre,
43:06que trop de gens
43:06n'avaient pas réalisé
43:07ce qui était en train
43:08de se passer.
43:09Ils la réalisent un peu
43:09brutalement,
43:10c'est sûr,
43:11mais que la bagarre
43:12elle a continué après
43:13et que quand on voit
43:15le fameux rapport
43:16de la Caisse des dépôts
43:17et consignations,
43:17elle va être dure la bagarre
43:19parce qu'on est encore
43:20sur une volonté
43:21de sacrifier l'hôpital public
43:23qui a été quand même
43:24une machine formidable
43:25jusqu'à ce qu'on le mette à genoux.
43:27On était parmi
43:28les meilleurs systèmes au monde
43:29et il faut retrouver ça.
43:31Et donc,
43:32comment on peut nous aider ?
43:33En ayant ces débats,
43:35en poussant
43:36nos responsables politiques
43:39à changer
43:40la politique de santé,
43:42à réinvestir massivement
43:43dans la santé,
43:43à ne pas en faire
43:44une marchandise,
43:45à ne pas en faire
43:45peut-être aujourd'hui
43:46vers un groupe privé.
43:48Les grands groupes
43:48de santé privée
43:49m'inquiètent beaucoup
43:49parce que je pense
43:51qu'il y a une place
43:52pour le privé.
43:53Il y a des gens
43:54qui veulent choisir.
43:54Moi, je ne veux pas
43:55à Nagatola pour leur dire
43:56que vous n'avez pas le droit
43:56d'avoir un privé.
43:57Je pense que le privé
43:58doit forcément être
43:59participant au service public.
44:01Ça ne peut pas être
44:02juste le privé
44:03à des lucratifs
44:03parce que voilà,
44:05avec des actionnaires derrière,
44:06j'entends un.
44:07C'est-à-dire,
44:08pour moi,
44:08c'est contradictoire.
44:09C'est-à-dire qu'il y a
44:10un conflit d'intérêts
44:11extrêmement fort
44:11à avoir des actionnaires
44:13qui demandent des dividendes
44:14sur les groupes de santé
44:14et puis une pratique quotidienne
44:16qui dit qu'on fait tout
44:17pour les gens.
44:18Je suis un tiers de ça.
44:20Je sais que mes confrères
44:21du privé,
44:21quand je les rencontre,
44:23ils n'ont pas cette logique.
44:24Ils ont une logique
44:27et les médecins,
44:27je parle,
44:28qui travaillent dans le privé
44:28de soigner leurs patients,
44:30de se faire au mieux.
44:31En même temps,
44:32je pense que forcément,
44:34on a des stratégies
44:35de ces groupes
44:36qui sont orientées
44:37sur la rentabilité
44:38contre un actionnaire
44:38qui demande 10 à 15 %
44:40et qui demande 10 à 15 %
44:41sinon on le ferme.
44:42Voilà.
44:43Et ça,
44:43moi,
44:44je ne veux pas
44:44de ce couteau,
44:45de cette épée de Damoclès
44:46au-dessus de la tête
44:47pour la santé des gens.
44:48Je trouve que c'est pas adapté.
44:49C'est d'ailleurs interdit
44:50dans plusieurs pays.
44:52C'est des systèmes de fondation,
44:53d'ailleurs.
44:54Ce n'est pas des actionnaires.
44:55Donc,
44:56je pense qu'en France,
44:56on a un retard éthique là-dessus.
44:58Il faut réfléchir.
45:00Alors,
45:00Jean-Paul rebondit là-dessus
45:02en disant
45:02« Mais les anciens ministres
45:04de la Santé
45:04disent que ce n'était pas prévisible. »
45:08Non,
45:08évidemment,
45:09ce n'était absolument
45:09pas prévisible
45:10qu'en effondrant
45:11l'hôpital public,
45:11ça aille moins bien.
45:12Non,
45:14c'est,
45:15on dirait-je,
45:16du foutage de gueule.
45:17C'est des gens
45:19qui ont pratiqué
45:20une politique néolibérale
45:22depuis des années,
45:23qui ont rincé
45:24l'hôpital public,
45:25qui ont fait des économies,
45:26qui ont fermé
45:27100 000 lits en 20 ans,
45:28qui ont fermé
45:29des hôpitaux
45:29par dizaines,
45:31qui viennent nous expliquer
45:32que ce n'était pas très visible.
45:33Alors,
45:33qui se sert les coups
45:34de même ?
45:34Enfin,
45:35ils ont tous fait
45:35la même politique.
45:36Voilà,
45:37c'était que des libéraux
45:37qui s'étiquettent
45:39à droite ou à gauche,
45:39c'était des libéraux.
45:40D'ailleurs,
45:41la synthèse est faite aujourd'hui,
45:42les libéraux de droite
45:42et de gauche
45:43sont retrouvés
45:43dans La République En Marche.
45:44Maintenant,
45:45c'est très clair,
45:46les libéraux de gauche
45:48étaient faunés.
45:50Mais là,
45:51ils ont bien fait la synthèse.
45:52On les retrouve bien.
45:53Et ils viennent tous,
45:54avec ces politiques libérales,
45:55soutenir finalement
45:57les libéraux au pouvoir
45:58aujourd'hui
45:59qui disent
45:59qu'on ne pouvait pas prévoir.
46:00Moi, je ne dis pas
46:01que j'avais deviné
46:02que l'épidémie
46:02elle commencerait
46:03depuis le décembre en Chine.
46:04Ça, je n'avais pas deviné.
46:05Personne d'ailleurs,
46:06je pense.
46:07Sauf que j'avais quand même
46:08bien senti
46:09et je n'étais pas le seul.
46:10On l'a dit.
46:11On l'a dit à plusieurs reprises
46:13qu'on n'était plus capable
46:14de faire face à une épidémie.
46:16Quand un hôpital français
46:18est en tension permanente
46:20au bord de la rupture
46:21à chaque épidémie de grippe,
46:23à chaque petite canicule,
46:24à chaque long week-end,
46:26comment peut-on imaginer,
46:27parce qu'on l'a mis en difficulté,
46:29comment peut-on imaginer
46:30qui va résister
46:30à une épidémie
46:31de grande ampleur
46:32comme celle qu'on vit ?
46:33Ah oui,
46:33on est dans les pires difficultés,
46:34mais c'est logique.
46:35On a cassé l'outil.
46:39Merci beaucoup, Loïc Pen.
46:40Je pense qu'on va arrêter ce live
46:43et vous laisser aller se reposer.
46:46Vous allez vous reposer.
46:48On se redonne rendez-vous
46:49très rapidement.
46:51C'est quand,
46:51votre prochaine garde à l'hôpital ?
46:53Alors, ce n'est pas tout de suite.
46:55C'est dans une semaine
46:55parce que là,
46:56je repars sur l'hôpital de Beauvais.
46:57Je fais aussi
46:57de la médecine pénitentielle
46:59et j'ai un peu abandonné
47:00mes collègues
47:01pour prendre des gardes ici.
47:03Mais il faut aussi les relever
47:05parce que la médecine pénitentiaire,
47:08c'est important
47:09que tous les secteurs
47:10de la médecine fonctionnent,
47:11y compris celui-là.
47:12Il faut bien mesurer
47:13que si on n'était pas présent
47:14pour les détenus,
47:16ils iraient aux urgences
47:17parce qu'il faut bien les soigner.
47:18Et donc,
47:19ça fait partie aussi
47:21d'éviter l'engorgement
47:22que de maintenir
47:22toute notre activité habituelle.
47:24ça vaut pour les médecins généralistes,
47:26ça vaut pour tous les spécialistes.
47:28Alors, peut-être qu'on fera
47:29un point d'étape d'ici là,
47:31entre-temps,
47:32peut-être de chez vous,
47:33sur la situation,
47:34à partir des informations
47:35dont vous disposez
47:36pour continuer à suivre l'évolution.
47:38C'est très important,
47:39ces lives.
47:40Ça nous est dit
47:41dans les commentaires.
47:42Oui, parce que
47:43ce que j'aime bien,
47:44c'est voir comment ça marche.
47:46Là, j'ai été au contact
47:47aux urgences.
47:47À la prison,
47:48je serai un peu plus éloigné.
47:49et ce sera sûrement moins
47:51en prise
47:51avec l'arrivée des terres.
47:54Mais bon, on verra.
47:55Bon, on verra
47:56en fonction de l'actualité.
47:58Oui, je vous dirais
47:58que je peux faire.
48:00Bon, et encore une fois,
48:01énormément de messages
48:03de remerciements,
48:04de soutien,
48:07de courage.
48:08Merci, merci
48:09aux corps soignants
48:10et aux pompiers.
48:11Soutien et respect,
48:12etc.
48:13On n'oublie pas les pompiers.
48:14Parce qu'il faut
48:14un sacré boulot,
48:15mine de rien.
48:16Les pompiers, oui.
48:18On n'oublie pas les pompiers.
48:19Merci beaucoup, Loïc.
48:21N'hésitez pas
48:21à partager ce live.
48:23Et on se retrouve
48:24très prochainement
48:26pour un nouveau live
48:26avec Loïc Pen,
48:27médecin urgentiste CGT
48:29à Creil,
48:30qui nous donne
48:31des explications
48:33très pédagogiques,
48:34très claires.
48:34C'est noté
48:35par beaucoup de commentaires.
48:37Donc, merci encore,
48:38Loïc Pen.
48:39Et puis, bon repos.
48:41Merci.
48:43Et à très bientôt.
48:44Au revoir.
48:45Au revoir.

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