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  • il y a 23 minutes
Guerre en Iran, guerre en Ukraine, choc pétrolier : le monde est-il au bord du chaos ?

Dans ce nouveau numéro du Samedi Politique, Élise Blaise reçoit Caroline Galactéros, géopolitologue et présidente du think-tank Geopragma, pour décrypter les bouleversements géopolitiques mondiaux et la recomposition des rapports de force internationaux.

Alors que les guerres se poursuivent en Ukraine et au Moyen-Orient, la fermeture des détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb font peser de lourdes conséquences sur l’approvisionnement énergétique mondial. Le prix du pétrole, les équilibres régionaux et les alliances internationales sont directement concernés.

Donald Trump peut-il encore maîtriser l'escalade militaire ? Quel avenir pour la guerre en Ukraine ? À quoi s’attendre après les élections de mi-mandat aux Etats-Unis ? L’Occident cherche-t-il à se reconstruire autour d’une nouvelle vision stratégique portée par Marco Rubio ? Et assistons-nous à la fin de l’hégémonie américaine au profit d’un monde organisé en blocs rivaux ?

Au programme de cette émission :

🔹 Guerre en Ukraine : frappes russes contre les infrastructures énergétiques, attaques ukrainiennes en profondeur, impasse diplomatique et perspectives de négociation.

🔹 Marco Rubio et la renaissance de l’Occident : quelle vision du monde défendent les États-Unis ? Quelle place pour l’Europe dans la stratégie américaine ?

🔹 Guerre en Iran : quelle est la situation militaire et stratégique ? Donald Trump peut-il suspendre l’escalade à l’approche des élections américaines de mi-mandat ?

🔹 Détroit d’Ormuz et Bab el-Mandeb : vers un choc pétrolier mondial ? Quelles conséquences pour l’économie française et l’équilibre énergétique international ?

🔹 Arabie saoudite, Turquie et Pakistan pour l’Alliance de la Mecque : Que signifie le rapprochement entre ces puissances ? Assiste-t-on à l’émergence d’une nouvelle alliance stratégique au Moyen-Orient ?

🔹 Israël, Iran et les puissances régionales : comment les conflits redessinent-ils les équilibres géopolitiques ?

🔹 BRICS, Russie et multipolarité : le monde se dirige-t-il vers une nouvelle confrontation entre blocs ?

🔹 Où se situera l’Europe dans ces nouveaux rapports de force ?

Après des décennies de domination américaine, l’ordre international est-il en train de basculer ? Entre affirmation de l’Occident, ambitions des puissances régionales et montée des rivalités, qui façonnera le monde de demain ?

🎙️ Caroline Galactéros est docteur en science politique, géopolitologue et présidente de Geopragma. Retrouvez également ses analyses sur sa chaîne YouTube Paix et Guerre : https://www.youtube.com/@cgalacteros

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Transcription
00:00:15Bonjour à tous, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouveau numéro du samedi politique.
00:00:20Cette semaine nous allons quitter le tumulte français pour rejoindre celui du monde.
00:00:24A moins d'un mois, des élections de mi-mandat cruciales pour Donald Trump.
00:00:28Les guerres en Ukraine et en Iran se poursuivent, comme d'ailleurs celles à Gaza et au Yémen.
00:00:35Alors face à ces conflits sans fin, le monde tente de se recomposer.
00:00:39On parlait tantôt d'hégémonie américaine, puis de multipolarité.
00:00:43Finalement, sommes-nous face à des blocs qui se font face ?
00:00:46Eh bien c'est ce que nous allons voir dans un instant.
00:00:48Mais avant toute chose, chers amis, n'oubliez pas, j'ai besoin de vous pour le succès de cette émission.
00:00:52Alors dès à présent, pensez à cliquer sur le petit pouce en l'air, pensez bien sûr à relayer cette
00:00:56vidéo.
00:00:57Et puis je vous donne rendez-vous dès à présent dans les commentaires. A tout de suite.
00:01:10Et aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Caroline Galactéros. Bonjour madame.
00:01:14Bonjour Elie.
00:01:15Merci beaucoup d'être à nouveau avec nous.
00:01:17Alors vous êtes docteure en sciences politiques, géopolitologue et présidente du think tank Géopragma.
00:01:22On peut également vous retrouver très souvent dans vos analyses sur votre chaîne YouTube, sur Paix et Guerre, qui est
00:01:27bientôt à 150 000 abonnés.
00:01:29Donc chers amis, vous pouvez dès à présent rejoindre la chaîne de Caroline Galactéros.
00:01:34Alors si vous voulez bien madame, on va commencer avec l'Ukraine.
00:01:37Nous sommes désormais plus de 4 ans et demi après l'entrée des troupes russes dans le pays.
00:01:40Avez-vous aujourd'hui le sentiment que nous sommes entrés dans une nouvelle ère, dans une nouvelle phase de ce
00:01:45conflit ?
00:01:46Ce qui est certain, c'est qu'il y a un vrai durcissement depuis maintenant, le temps passe vite, depuis
00:01:53le printemps en fait.
00:01:55Un vrai durcissement du côté russe, une claire compréhension maintenant quand même.
00:02:03Et je pense que ça leur a pris du temps, peut-être parce qu'ils croyaient qu'on pourrait arriver
00:02:07à quelque chose,
00:02:09que ça finirait par avoir une négociation sur des bases sérieuses, etc.
00:02:13Tout ça ne s'est pas produit d'attermoiement, fausses promesses, enfin il y a eu tout un...
00:02:19Ce serait trop long de revenir sur toutes les phases de ce conflit.
00:02:23Mais je pense qu'ils sont arrivés à la conclusion qu'il n'y a rien à attendre des Européens.
00:02:29Il n'y a pas grand-chose à attendre des Américains, si ce n'est peut-être d'essayer de
00:02:35manière finalement assez discrète
00:02:38et par des canaux qui eux se poursuivent de négociations entre Américains et Russes,
00:02:43d'essayer d'arriver à une position américaine qui leur convienne en échange
00:02:50ou grâce à des perspectives économiques communes, donc des grands accords économiques
00:02:57qui sont quand même en train de se traiter totalement en dehors de l'Europe.
00:03:00Alors que c'est quand même nous qui sommes les premiers concernés,
00:03:03un, par le voisinage de la Russie, et deux, par ce conflit,
00:03:07même s'il ne faut pas oublier que l'Ukraine n'appartient pas à l'Union Européenne, à ma connaissance.
00:03:12Bon, donc on est là dans un durcissement et on voit que les Russes,
00:03:16bon, ils ont compris qu'il n'y avait rien à attendre de se plier à des fausses négociations.
00:03:21Maintenant, ils le disent assez clairement.
00:03:23Ils savent que leur victoire, elle va se faire sur le terrain.
00:03:26Et donc, ils accélèrent le rythme de leurs opérations
00:03:30qui étaient maintenus, j'allais dire, pour diverses raisons,
00:03:35à la fois préservation, bien sûr, de leurs forces,
00:03:38mais aussi préservation de l'avenir, entre guillemets,
00:03:42dans la relation entre la Russie et l'Ukraine.
00:03:45Là, on sent qu'on a passé un cap.
00:03:49Les campagnes de frappe s'intensifient en rythme,
00:03:52en intensité de ce qui est envoyé sur l'Ukraine.
00:03:57Il y a aussi beaucoup plus de dommages civils
00:04:00qui ne sont pas faits intentionnellement,
00:04:02mais qui sont, je dirais, jaugés moins gravement.
00:04:06Oui, on arbitre différemment.
00:04:07Voilà, on arbitre différemment.
00:04:09Et ils se disent qu'il faut, en fait, maintenant y aller,
00:04:13parce que c'est vrai que ça a duré.
00:04:15C'est vrai que tout ce qu'on a cherché à faire contre la Russie,
00:04:19que ce soit les sanctions, que ce soit, bien sûr, l'aide apportée à l'Ukraine,
00:04:23tout ça, malgré tout, ce n'est pas ce que la Russie se souhaite, entre guillemets.
00:04:30Donc, il faut en finir, mais en finir, en faisant la démonstration imparable,
00:04:37à un moment donné, que, bon, plus ça continue, moins il va rester d'Ukraine.
00:04:43Donc, on est passé des premières revendications sur les quatre blasts et la Crimée,
00:04:47à maintenant des avancées, quand même, sur, j'allais dire, le ruban,
00:04:53oui, la marge au-dessus, donc les quatre autres blasts.
00:04:57Je pense qu'il y a toute une partie de gages qui sont en train d'être pris,
00:05:01que ce soit du côté de Kharkov, de Soumy, que ce soit du côté d'Odessa,
00:05:05ils ont bloqué les ports, ils tapent quand même, maintenant,
00:05:08vraiment sur les infrastructures logistiques, ferroviaires, civiles et militaires.
00:05:12– On l'a vu avec ces ponts qui ont été attaqués, notamment à Kiev, la capitale.
00:05:17– Exactement, donc là, maintenant, il y a une pression très forte qui est mise,
00:05:21qui manifestement produit quand même quelques effets,
00:05:25mais c'est difficile à jauger, sur le pouvoir de Kiev,
00:05:30et notamment sur Zeminsky, dont il dit, il se dit que,
00:05:35il commence à se dire que ça va très mal se terminer pour son matricule,
00:05:39si j'ose dire, donc il n'y a peut-être pas des négociations,
00:05:46mais en tout cas, moi, je sens, mais je peux me tromper encore une fois,
00:05:50mais je sens que là, à force d'avoir poussé, d'avoir poussé, d'avoir poussé,
00:05:56d'avoir espéré que la Russie allait connaître une défaite stratégique,
00:05:59enfin, on est en plein fantasme depuis quand même des années,
00:06:04là, maintenant, les Russes répondent, disent, bon, écoutez, si vous le voulez,
00:06:07et là, il y a eu quand même un certain nombre de déclarations russes,
00:06:10non seulement de Poutine, mais de tout ce qu'il y a autour,
00:06:12mais aussi via des analystes américains, que moi je suis,
00:06:16de certains généraux russes, qui disent, bon, écoutez,
00:06:20si l'Europe veut absolument la guerre, nous, on n'en a absolument pas envie,
00:06:23comme a dit Poutine, ni en 2029, ni en 2030, ni en 2050, ni en...
00:06:27On n'a pas envie de se prendre l'OTAN, on n'a pas envie de se prendre l'Europe,
00:06:31on n'a pas les capacités de ça.
00:06:34En revanche, cette guerre demeure existentielle pour nous,
00:06:38et si vraiment vous nous y poussez, alors, il y a eu toutes les menaces sur Kaliningrad,
00:06:43toute la pression qu'on fait monter sur Kaliningrad, notamment,
00:06:46notamment, parce qu'il n'y a pas que ça,
00:06:49si vraiment vous nous y poussez, comme le disent les généraux russes,
00:06:52il y aura une guerre, quoi, je veux dire, bon, on ne va pas pouvoir faire autrement,
00:06:56et on utilisera, et ça, je pense que c'est quelque chose que, quand même,
00:07:00on devrait entendre, pas pour faire peur, mais il faut comprendre,
00:07:04écouter ce que disent les autorités russes,
00:07:07on utilisera nos avantages comparatifs, et ils en ont, c'est une évidence.
00:07:11– Bien sûr.
00:07:12– Non seulement en quantité par rapport aux armées européennes,
00:07:16mais en qualité, avec tout l'arsenal hypersonique,
00:07:19– Et puis avec un entraînement dans les conditions du réel,
00:07:22que nous, nous n'avons évidemment absolument pas au-delà des exercices de l'OTAN.
00:07:27– Ce qui est assez surprenant, si je peux me permettre,
00:07:29c'est qu'on a le sentiment que ces menaces qui sont réelles,
00:07:32c'est-à-dire quand la Russie dit, bon, à force, si vous voulez faire la guerre,
00:07:36on va finir par faire la guerre, on sera bien obligé d'accepter de faire la guerre avec vous,
00:07:40puisque vous la voulez, là, l'Europe ne l'entend pas.
00:07:42En revanche, elle voit des menaces hybrides, le nouveau mot à la mode,
00:07:46absolument partout, qui pullulent, et qui sont souvent des falses flagues, quoi.
00:07:51– Oui, alors, il y a pas mal de faux drapeaux,
00:07:54après, moi, je ne suis pas dans les papiers de nos services,
00:07:58ni des services européens, mais il est certain qu'on cherche l'incident,
00:08:03et probablement, que ce soit les Britanniques et les Ukrainiens,
00:08:06qui sont quand même extrêmement liés, pour dire le moins,
00:08:10ils sont sans doute à l'origine de beaucoup de choses,
00:08:12les Allemands poussent à la roue, les Polonais, ça dépend,
00:08:16il y a plusieurs sons de cloche, là, côté polonais,
00:08:18il y en a d'autres qui appellent au calme, quand même, récemment,
00:08:23les Estoniens, si ma mémoire est bonne, les Finlandais, les Bulgares,
00:08:27qui ont dit, puisqu'ils commencent à sentir que, oui,
00:08:32ils sont quand même tout prêts.
00:08:33– Et puis on voit aussi un désaveu des forces politiques européennes
00:08:36qui poussent à la guerre, on le voit en Allemagne,
00:08:38notamment, avec le chancelier Mers extrêmement affaibli,
00:08:41la montée de l'AFD, qui au contraire plaide pour des rapprochements
00:08:43avec la Russie. – C'est-à-dire, il y a quand même,
00:08:47à un moment donné, il faut comprendre ce que voudrait dire,
00:08:51vraiment, se mettre en situation,
00:08:54de voir la Russie répondre à une provocation.
00:09:00Je pense que, moi, j'appelle tous les dirigeants européens,
00:09:05parce que ce ne sont pas les Américains qui vont subir,
00:09:07c'est nous.
00:09:09Donc, les Américains, pour l'instant, ils vendent des armes,
00:09:11c'est tout ce qu'ils font. Et oui, ils permettent au conflit
00:09:14de se poursuivre grâce au soutien à Rance
00:09:16et grâce au soutien satellitaire avec Starlink, etc.
00:09:19Donc, ils ont quand même, ils pourraient aussi…
00:09:22– Couper, bien sûr.
00:09:23– Couper les choses, et ils ne le font pas.
00:09:25Et ils ne le font pas, probablement, parce que business is business,
00:09:28comme toujours, c'est-à-dire que ça rapporte quand même pas mal
00:09:30au complexe militaro-industriel américain, tout ça.
00:09:33Toute cette grande, à mon avis, illusion de l'autonomie stratégique européenne,
00:09:39on voit bien que c'est tout sauf ça.
00:09:42C'est-à-dire que l'Amérique se sert de nous comme proxy.
00:09:45Il n'y a pas que l'Ukraine qui est le proxy.
00:09:46Nous sommes aussi une forme de proxy, structurellement,
00:09:50j'allais dire, au sein de l'Alliance.
00:09:52Donc, oui, on est…
00:09:54Je pense qu'il y a quand même, peut-être, à un moment donné,
00:09:59des politiques qui vont se dire…
00:10:03Il faut aller très loin, mais pas trop loin non plus,
00:10:07parce qu'on n'est pas à l'abri de quelque chose.
00:10:10Alors, bon, il y a encore des garde-fous.
00:10:13Les gardes-fous, ils sont…
00:10:14Alors, les Russes expliquent qu'ils savent très bien, maintenant,
00:10:17que tous les industriels européens et américains
00:10:19sont derrière les armements donnés, vendus,
00:10:23où on aide, carrément, l'Ukraine à les mettre en œuvre.
00:10:27Ça, ils le savent et ils le disent.
00:10:29Maintenant, ils le savent depuis longtemps et ils le disent.
00:10:32Mais, encore une fois, c'est finalement l'approche européenne
00:10:36de ce que pourrait être un règlement de ce conflit
00:10:38qui continue à entretenir cette idée d'un possible affrontement
00:10:42à un moment donné, puisque l'Europe persiste à dire
00:10:44qu'il faut qu'il y ait des troupes européennes
00:10:46quand il y aura un cessez-le-feu qu'elle veut avoir sur des bases.
00:10:51Encore une fois, je l'ai dit maintes et maintes fois,
00:10:55on est dans le déni de la réalité militaire du conflit.
00:10:58On raconte n'importe quoi, à mon avis, sur la réalité militaire de ce conflit.
00:11:03La réalité militaire de ce conflit, c'est que c'est la Russie qui a la main.
00:11:06Bon, alors, bien sûr, on aide l'Ukraine à ne pas s'effondrer totalement,
00:11:11mais on n'est pas dans une logique de renversement possible
00:11:15du rapport de force militaire.
00:11:16– Oui, c'est ça, la question, c'est l'initiative, est-elle prolifique ou non ?
00:11:20– Et le rythme très lent des opérations russes depuis 4 ans et demi
00:11:25ne doit pas, à mon avis, même si on aimerait bien,
00:11:29mais ne doit pas nous tromper.
00:11:31Bien sûr, il y a des limites, il y a des problèmes,
00:11:33il y a tout un tas de trucs, comme dans toutes les armées de la planète,
00:11:36mais il est évident que s'ils vont lentement,
00:11:40c'est pour des raisons politiques essentiellement,
00:11:42beaucoup plus que militaires,
00:11:44et parce qu'ils ne veulent pas, ils ne voulaient pas détruire l'Ukraine.
00:11:49Mais là, on voit bien maintenant que quand même,
00:11:52les frappes ont un rayon de…
00:11:54ça tape partout en Ukraine maintenant,
00:11:56jusqu'aux environs de Lvov, etc.
00:11:59Donc, on a changé, c'est-à-dire qu'à force de ne pas tenir compte du réel,
00:12:05de ne pas s'arrêter, de s'imaginer qu'on va pouvoir l'emporter,
00:12:08de s'imaginer que les Russes vont s'arrêter,
00:12:10de ne pas comprendre que c'est une guerre qu'ils ne peuvent pas perdre,
00:12:13de leur point de vue, ils n'ont pas le choix.
00:12:15– Pourquoi ? Nous, on fait la guerre pour d'autres motifs,
00:12:20si vous voulez, ce n'est pas une guerre existentielle
00:12:22par rapport à notre existence en tant que nation.
00:12:24– C'est nos valeurs.
00:12:25– Oui, c'est nos valeurs, oui, c'est nos valeurs,
00:12:28mais lesquelles ? Lesquelles à la fin,
00:12:30quand on voit ce qui arrive au peuple ukrainien ?
00:12:32Lesquelles ? Quelle responsabilité prenons-nous ?
00:12:35Je vais dire, on regarde l'histoire.
00:12:37Bon, donc on est là, on est dans cette espèce d'usure qui se maintient,
00:12:43parce qu'on n'est pas encore arrivé peut-être au point
00:12:46où il va falloir vraiment accepter de reparler d'une manière ou d'une autre.
00:12:52On ne veut même pas parler à la partie russe.
00:12:54C'est un truc délirant.
00:12:57Dans l'histoire, il y a toujours eu des pourparlers,
00:13:02secrets, ultra secrets, directs, indirects,
00:13:04enfin bon, à trois ricochets, à quatre, à cinq, à douze,
00:13:08mais il y a toujours eu, au cours d'un conflit,
00:13:11quand même la possibilité conservée de pouvoir parler,
00:13:16y compris avec celui qu'on considère comme un ennemi irréductible,
00:13:22ad vitam et termam.
00:13:23Bon, je ne parle même pas de la folie géopolitique de toute cette affaire.
00:13:26C'est-à-dire, nous ne comprenons toujours pas manifestement
00:13:29que nous sommes un...
00:13:31L'Europe, l'Union européenne, est un morceau du continent eurasiatique,
00:13:35que le continent eurasiatique est l'enjeu,
00:13:38et ça va jusqu'au Moyen-Orient,
00:13:40est l'enjeu majeur de la recomposition de l'équilibre global, mondial,
00:13:45et que tant qu'on ne comprend pas cette mesure-là
00:13:48et qu'on ne comprend pas ce que nous, on veut en faire
00:13:52et où sont nos intérêts,
00:13:54en fait, on est des pions, quoi.
00:13:57On va se laisser balader au gré des besoins américains.
00:14:02Enfin, je veux dire, c'est ahurissant, cette histoire.
00:14:05Ce qui est assez paradoxal, c'est que, bon, évidemment,
00:14:07on se rappelle des fameuses 24 heures de Donald Trump
00:14:09quand il a été élu candidat, enfin, président, pardon,
00:14:14pour la deuxième fois.
00:14:15On se rappelle que ces 24 heures ont été largement dépassées, bien entendu,
00:14:18et que finalement, sa possibilité de faire réellement la paix en Ukraine
00:14:22n'est pas entre ses mains.
00:14:24Et on a le sentiment aussi qu'il y a une forme de basculement
00:14:26de Zelensky vers l'Europe,
00:14:29puisque Donald Trump a demandé à plusieurs reprises à Zelensky
00:14:31d'arrêter de frapper les raffineries en Russie,
00:14:33donc des frappes en profondeur,
00:14:35et aujourd'hui, on voit bien que l'Ukraine continue de frapper
00:14:39les raffineries du côté russe,
00:14:42parce que finalement, c'est aussi une des rares façons de leur faire mal.
00:14:46– Oui, mais justement, c'est là qu'il y a ce double discours
00:14:50et cette double approche et cette incapacité de Trump,
00:14:54quand même, juste de débrancher, quoi.
00:14:59Voilà.
00:15:00Donc, moi, je suis toujours restée extrêmement sceptique
00:15:04sur ce qu'on appelle la souveraineté
00:15:07et l'autonomie de décision, n'est-ce pas, du pouvoir qui vient.
00:15:13Voilà, je pense que ça arrange tout le monde d'expliquer
00:15:16que c'est Zelensky qui veut faire ci, c'est Zelensky qui veut faire ça.
00:15:20Non, non, non, non, c'est pas vrai, ça.
00:15:22Et si les Américains laissent faire, c'est que pour l'instant,
00:15:26peut-être l'état des forces politiques internes aux États-Unis
00:15:32est tel qu'ils considèrent qu'il est plutôt de leur intérêt
00:15:36d'affaiblir la Russie, peut-être, parce qu'ils considèrent
00:15:38que pendant ce temps, ils sont en train de se vautrer aussi au Moyen-Orient
00:15:42et finalement, bon, on va affaiblir la Russie,
00:15:48ça permet d'espérer qu'elle…
00:15:50Parce que les raisonnements américains sont à la fois enfantins
00:15:54et très tordus, c'est-à-dire, ils veulent tout obtenir.
00:15:58Donc, ils voudraient que Poutine fasse pression sur les Iraniens,
00:16:01que les Chinois fassent pression sur les Russes,
00:16:03et en même temps, ils ne donnent rien.
00:16:06Ils ne donnent rien.
00:16:08Ils laissent faire, ils laissent les choses se dégrader
00:16:11en se disant, à la fin, nos pressions vont marcher,
00:16:13nos intimidations vont marcher, etc.
00:16:16Ça va finir par se retourner dans notre sens.
00:16:21Et puis, je pense aussi qu'aux États-Unis,
00:16:23il y a une vraie lutte, qui n'est même pas sourde,
00:16:27qui est claire et qui est jusque dans les couloirs de la Maison-Blanche,
00:16:32entre peut-être des pragmatiques ou des gens qui se disent,
00:16:35bon, il faudrait peut-être…
00:16:38– Notamment une bonne partie du Pentagone, visiblement.
00:16:40– Du Pentagone et surtout la CIA, surtout la CIA,
00:16:43qui est à l'œuvre là, comme d'ailleurs elle est à l'œuvre
00:16:46au Moyen-Orient depuis fort longtemps.
00:16:48C'est un État dans l'État, enfin, il ne faut pas…
00:16:50Voilà, c'est…
00:16:51Bien sûr, elle travaille au profit, soi-disant,
00:16:55au profit des intérêts américains,
00:16:59mais tels qu'ils les voient.
00:17:01– C'est ça.
00:17:01– Voilà.
00:17:02Et quand le système politique, le président en place, etc.,
00:17:06ne fait pas ce qu'il faut,
00:17:07ben ça n'empêche nullement les autres,
00:17:11c'est gigantesque la CIA,
00:17:13de continuer à mener leurs opérations.
00:17:16Ça s'est vu aussi avec les mouvements djihadistes,
00:17:20ça s'est vu pendant la décennie 2010, etc.
00:17:24Donc je pense que Trump, il a une marge de manœuvre, en fait,
00:17:28qui n'est pas si grande, qui n'est pas si grande,
00:17:30sans parler des élections, sans parler des pressions
00:17:33qu'il peut recevoir.
00:17:34Bon, il n'y a pas que celles qu'il exerce,
00:17:36il y a celles qu'il a aussi.
00:17:37– Alors justement, le secrétaire d'État américain,
00:17:39Marco Rubio, qui est plutôt côté néo-conservateur,
00:17:43a fait une petite tournée en Europe,
00:17:45il est passé en Islande, je crois,
00:17:47puis en Grèce et au Portugal,
00:17:49et depuis le Portugal,
00:17:51il s'est exprimé quant à la guerre en Ukraine
00:17:53et il a clairement expliqué,
00:17:54on va l'écouter tout de suite,
00:17:55qu'il ne voyait pas de fin imminente.
00:17:57– Nous sommes l'Ouest.
00:17:59Nous avons de quoi être fiers de notre histoire
00:18:01et de ce que notre civilisation a apporté au monde.
00:18:04Et quelque chose dont nous pouvons, nous seulement,
00:18:06être fiers et que nous devons aussi défendre.
00:18:09Et je pense autant que j'espère que le risque d'escalade
00:18:12est l'une des choses qui pourra emmener les deux côtés
00:18:14à la table des négociations
00:18:16pour trouver une issue à cette guerre.
00:18:18À la fin, nous ne croyons pas
00:18:19qu'il y ait une solution militaire à ce conflit,
00:18:21à cette guerre.
00:18:22Nous pensons que cette guerre doit trouver
00:18:24un règlement diplomatique.
00:18:25Le plus tôt sera le mieux.
00:18:26Les États-Unis se tiennent prêts à faciliter cela.
00:18:29Nous avons essayé,
00:18:30nous allons continuer à le faire.
00:18:31Et nous allons aussi éviter de nous investir
00:18:33dans un processus vain
00:18:34si nous ne pouvons pas faire de progrès.
00:18:36Dans beaucoup de cas,
00:18:37cela peut s'avérer contre-productif.
00:18:39Mais nous aimerions vraiment voir
00:18:40un règlement diplomatique à cette guerre
00:18:42qui soit définitif, durable et juste.
00:18:50– Et alors, à cela s'ajoute
00:18:52le fait qu'il ait donné un entretien
00:18:54à un média grec,
00:18:55donc c'était un tout petit peu avant,
00:18:56le média Katimerini.
00:18:57Et il a estimé que la fin de la guerre
00:18:59par la négociation était actuellement
00:19:01difficilement atteignable.
00:19:02Il a décrit une situation
00:19:03d'impasse stratégique dangereuse.
00:19:05– Donc concrètement,
00:19:07il ne voit pas d'issue militaire,
00:19:08il ne voit pas d'issue diplomatique.
00:19:10– Oui, mais qui est Marco Rubio ?
00:19:14Il est commentateur
00:19:16ou il est secrétaire d'État américain ?
00:19:20C'est ahurissant, là.
00:19:23C'est une espèce de posture.
00:19:25Oui, alors nous ne voyons pas
00:19:27de règlement militaire à court terme
00:19:29ni même à moyen.
00:19:31Nous aimerions beaucoup,
00:19:32nous sommes prêts à faciliter,
00:19:33mais nous n'allons pas investir
00:19:35dans des processus qui ne servent à rien.
00:19:37Oui, d'accord,
00:19:38mais enfin, ce n'est pas compliqué, en fait.
00:19:40Il faut faire venir
00:19:42les gens qui dirigent à Kiev
00:19:44et leur dire,
00:19:45si vous voulez continuer à survivre,
00:19:48éventuellement à profiter
00:19:48de tout ce que vous avez amassé
00:19:49pendant ce conflit,
00:19:51il va falloir accepter ça, ça, ça, ça, ça,
00:19:54et ça, voilà.
00:19:55Et si vous ne le faites pas,
00:19:57on va devoir prendre des mesures
00:19:58qui vont rendre impossible
00:20:01votre simili
00:20:04guerre contre la Russie,
00:20:05qui ne rapporte rien,
00:20:07qui sacrifie des dizaines de milliers
00:20:08de vos compatriotes
00:20:09par mois,
00:20:11par mois,
00:20:12on ne parle pas,
00:20:14c'est quand même très, très loin
00:20:16d'être anecdotique,
00:20:17tout ça, c'est dramatique.
00:20:19Et donc,
00:20:20ben voilà,
00:20:21c'est terminé.
00:20:22Et le jour,
00:20:23s'ils étaient capables,
00:20:25mais c'est pour ça,
00:20:25nous,
00:20:26totalement,
00:20:27c'est vraiment
00:20:28le double discours complet.
00:20:30D'ailleurs, pendant ce temps,
00:20:31la CIA...
00:20:32À l'heure où on parle,
00:20:33c'est-à-dire deux jours
00:20:34après ce discours,
00:20:35ils sont en train de discuter
00:20:36à Miami
00:20:37avec une partie ukrainienne
00:20:39et une partie européenne.
00:20:40Alors évidemment,
00:20:41il n'y a pas la Russie
00:20:41parce que des fois
00:20:42qu'on consulte la Russie
00:20:43pour faire des accords de paix...
00:20:45Ben non, surtout pas,
00:20:46on fait des accords
00:20:47entre nous-mêmes,
00:20:47et après on arrive
00:20:49avec une trente-neuvième proposition
00:20:52qui n'est pas acceptée
00:20:55parce que c'est toujours la même.
00:20:56Il faut que la Russie
00:21:00recule sur des positions
00:21:02qu'elle a prises.
00:21:03C'est absconc.
00:21:05Voilà.
00:21:07Et pour moi,
00:21:08c'est extrêmement artificiel
00:21:10et purement instrumental.
00:21:12Ça permet de continuer.
00:21:15Encore une fois,
00:21:16si vous voulez que ça s'arrête,
00:21:16les États-Unis ont la capacité
00:21:18de le faire s'arrêter
00:21:19parce que les Européens
00:21:20comptent sur les Américains.
00:21:22D'abord parce que c'est eux
00:21:23qui fournissent
00:21:24les armes qu'on paye.
00:21:25Et deuxièmement,
00:21:27ce sont eux
00:21:28dont on s'imagine en Europe
00:21:31qu'ils doivent fournir
00:21:32les garanties de sécurité
00:21:34au déploiement
00:21:36de troupes européennes en Europe
00:21:38après un éventuel accord
00:21:40de cessez-le-feu
00:21:41dont la Russie a dit
00:21:42qu'elle ne voudrait jamais,
00:21:45qu'elle n'accepterait jamais.
00:21:47Donc,
00:21:48c'est totalement,
00:21:50si vous voulez,
00:21:50on a créé
00:21:51un espèce de truc
00:21:52artificiel
00:21:53qui est
00:21:53les termes occidentaux
00:21:55de règlement possible
00:21:56du conflit ukrainien
00:21:57sans les Russes.
00:21:59Sans les Russes.
00:22:00Bon.
00:22:00Et périodiquement,
00:22:01on va aller voir,
00:22:02on leur dit
00:22:02alors il faut vraiment
00:22:04accepter un cessez-le-feu,
00:22:05là c'est vraiment...
00:22:06Bon.
00:22:06Il faut...
00:22:07Voilà.
00:22:08On a peut-être pu
00:22:10les prendre
00:22:10pendant un moment
00:22:11et ils ont peut-être
00:22:13laissé croire
00:22:14qu'ils étaient
00:22:15des poulets de six semaines,
00:22:16mais là,
00:22:16maintenant,
00:22:18là,
00:22:18maintenant,
00:22:19c'est clair,
00:22:19ils ont compris,
00:22:20ils le disent
00:22:21sur tous les tons,
00:22:22il n'y a qu'à les écouter,
00:22:23ils le disent
00:22:23sans arrêt.
00:22:25On a très bien compris
00:22:26que le cessez-le-feu,
00:22:27d'abord,
00:22:27c'est hors de question
00:22:28pour nous,
00:22:29parce que ça servira
00:22:30juste
00:22:31à se réarmer
00:22:32pour mener cette guerre
00:22:33et la seule chose vraie...
00:22:34On veut un Minsk.
00:22:35Refermer.
00:22:36On veut un Minsk 3,
00:22:37nous.
00:22:38Et donc,
00:22:40là où Rubio
00:22:41dit un truc vrai,
00:22:42c'est qu'on sait
00:22:44qu'il n'y a pas
00:22:44de solution militaire
00:22:45à ce conflit.
00:22:46Ouais,
00:22:46mais ça,
00:22:47je pense qu'ils le savaient
00:22:47peut-être même
00:22:48il y a très très longtemps,
00:22:50les Américains.
00:22:51Simplement,
00:22:52il s'agit de...
00:22:53Voilà,
00:22:54c'est une guerre d'usure.
00:22:55On s'imagine
00:22:55que l'attrition
00:22:56va marcher
00:22:57parce qu'on ne mesure pas
00:22:58ce qu'est devenue
00:22:58la Russie depuis 25 ans
00:23:00ou on ne veut pas
00:23:01le comprendre.
00:23:04Parce que,
00:23:05aussi en Europe,
00:23:06on ne le comprend pas du tout
00:23:07parce que nous,
00:23:07on est dans un processus
00:23:08de dilution nationale,
00:23:10de renoncement
00:23:11à la nation.
00:23:12Alors que,
00:23:12c'est tout l'inverse.
00:23:14Ils ont reconstruit
00:23:15une résilience collective.
00:23:17Donc,
00:23:18on est...
00:23:20Si vous voulez,
00:23:21il n'y a pas seulement
00:23:21de la mauvaise volonté
00:23:23ou de la...
00:23:25Clairement,
00:23:25on veut que ça continue.
00:23:27parce que,
00:23:27je ne sais pas quoi,
00:23:28ça rapporte.
00:23:29Et surtout,
00:23:29parce qu'on est...
00:23:32On recule le moment
00:23:33où il va falloir
00:23:34avouer l'échec.
00:23:36Avouer l'échec.
00:23:37Parce que le règlement,
00:23:38ça ne va pas être
00:23:39je te donne
00:23:40ce que tu n'as pas
00:23:41du côté réel.
00:23:42Ça,
00:23:42je ne pense pas.
00:23:43Je pense que
00:23:44il faut arrêter
00:23:45de rêver, là.
00:23:46Et il va falloir
00:23:47re-neutraliser l'Ukraine.
00:23:49En fait,
00:23:49ça,
00:23:49on ne le veut pas,
00:23:51on ne le peut pas,
00:23:52on ne le souhaite pas,
00:23:52on ne l'évoque plus.
00:23:53Alors que c'est
00:23:54le point central,
00:23:56en fait,
00:23:57des revendications russes.
00:23:58Et c'est pour ça
00:23:59qu'ils sont très largement
00:24:01entrés en Ukraine,
00:24:03à mon avis.
00:24:04Et que sans ça,
00:24:07l'Europe sera
00:24:09perpétuellement
00:24:11confrontée
00:24:12à cette puissance
00:24:13qui ne se laissera pas faire.
00:24:14Donc ça va continuer
00:24:16combien d'années ?
00:24:17Et ça va coûter combien ?
00:24:18Et c'est juste
00:24:19pour nourrir
00:24:20un discours
00:24:23de fausse martialité
00:24:24ou pour justifier
00:24:25peut-être l'augmentation
00:24:26de nos budgets militaires.
00:24:27Encore une fois,
00:24:28moi, je suis entièrement d'accord
00:24:29pour que les budgets militaires
00:24:30augmentent.
00:24:30Je pense qu'il est très,
00:24:31très urgent
00:24:32de changer de format d'armée
00:24:33et de refaire
00:24:34tout un tas de choses
00:24:35qu'on a laissées tomber
00:24:36depuis les années 90,
00:24:37à vrai dire.
00:24:38Mais on n'a pas besoin,
00:24:39encore une fois,
00:24:41de se créer un ennemi,
00:24:43surtout quand c'est la Russie,
00:24:45et de lui expliquer
00:24:46qu'elle est notre ennemi.
00:24:49Pour faire ça,
00:24:50on peut juste être
00:24:51dans la construction
00:24:53d'un outil
00:24:53qui est un outil défensif.
00:24:55Là, on joue
00:24:58à une espèce de jeu
00:24:59dont on n'a pas les moyens,
00:25:00en fait.
00:25:01Vous parliez tout à l'heure
00:25:03de double discours
00:25:03des Américains
00:25:04et particulièrement
00:25:05de Marco Rubio.
00:25:06Lors de son tour en Europe,
00:25:08il a également fait savoir
00:25:09que les États-Unis
00:25:10souhaitaient avoir
00:25:11une Europe forte
00:25:14dans les dialogues.
00:25:15Qu'est-ce que ça vous évoque ?
00:25:17Est-ce que ce n'est pas
00:25:18un peu se moquer du monde ?
00:25:19Si.
00:25:22Si.
00:25:22Non.
00:25:23Ils veulent avoir
00:25:23une Europe sous contrôle.
00:25:25Ils veulent avoir une Europe,
00:25:26comme elle l'a toujours été,
00:25:27d'ailleurs,
00:25:27depuis sa création,
00:25:28sous contrôle stratégique
00:25:30et politique.
00:25:31Bon.
00:25:31Donc,
00:25:34ils la veulent forte
00:25:35parce qu'ils veulent moins payer.
00:25:36C'est tout.
00:25:37Il n'y a encore rien à faire dessous.
00:25:38Ils veulent bien
00:25:38qu'on leur achète leurs armes,
00:25:40mais ils ne veulent pas
00:25:41que ça leur coûte trop cher.
00:25:43Et ils se rendent compte aussi
00:25:45qu'ils ont d'autres,
00:25:47mais ça,
00:25:47c'est le pivot vers l'Asie,
00:25:48etc.,
00:25:49qui ne s'est pas vraiment fait
00:25:50et qui, là,
00:25:52dans la douleur,
00:25:53est en train de montrer
00:25:54ses limites aussi,
00:25:55que ce soit le Moyen-Orient
00:25:57ou que ce soit
00:25:58derrière encore la Chine.
00:26:00Bon.
00:26:01Donc,
00:26:02oui,
00:26:02ils veulent une Europe forte
00:26:03pour qu'elle fasse
00:26:04le job
00:26:05et le burden sharing,
00:26:07comme on dit,
00:26:07le partage du fardeau.
00:26:09Mais on disait déjà ça,
00:26:10les Américains disaient déjà ça
00:26:11en 1990.
00:26:13J'étais encore un bébé.
00:26:15Déjà,
00:26:16on apprenait ça,
00:26:17le burden sharing.
00:26:18Et la première guerre du Golfe,
00:26:20on a burden sharé.
00:26:21C'est-à-dire qu'en fait,
00:26:21la première guerre du Golfe,
00:26:22elle a été financée.
00:26:24Je ne sais plus les pourcentages,
00:26:26mais elle a été très,
00:26:27très majoritairement financée
00:26:28par tous les alliés américains,
00:26:30beaucoup plus que par
00:26:31les États-Unis eux-mêmes.
00:26:33Donc,
00:26:33c'est vieux comme Érod,
00:26:35ça,
00:26:36c'est ça.
00:26:37Oui,
00:26:37bien sûr.
00:26:38Mais en même temps,
00:26:39ils ne veulent pas
00:26:39qu'on soit fort
00:26:41au sens d'autonome.
00:26:43Voilà.
00:26:43Sauf dans les mots.
00:26:44Bon,
00:26:45c'est bien
00:26:46le pilier de l'OTAN,
00:26:48etc.
00:26:48Mais ça reste le pilier de l'OTAN
00:26:49et qui contrôle l'OTAN
00:26:50et qui dirige l'OTAN
00:26:51et qui malgré tout
00:26:53contribue majoritairement
00:26:54à l'OTAN
00:26:55et qui paie contrôle.
00:26:56Voilà,
00:26:57ça s'applique très,
00:26:58très bien.
00:26:58Et ça va continuer.
00:27:00Et tous ceux
00:27:01qui ont expliqué
00:27:01que l'OTAN allait mourir
00:27:04ou je ne sais quoi
00:27:05il y a encore quelques années,
00:27:06bon,
00:27:06ce n'est pas vrai tout ça.
00:27:08Elles se transforment.
00:27:09Personne ne peut laisser mourir,
00:27:10certainement pas les Américains,
00:27:11ne peuvent laisser mourir l'OTAN.
00:27:14C'est l'inverse
00:27:15de leur projet.
00:27:17Bon,
00:27:17parce qu'en fait,
00:27:18l'idée,
00:27:19c'est d'enserrer,
00:27:21c'est de se servir de l'Europe.
00:27:23Bon,
00:27:23c'est un projet
00:27:25totalement,
00:27:25à mon avis,
00:27:26fou,
00:27:26mais bon,
00:27:27c'est de se servir de l'Europe
00:27:29pour pousser,
00:27:30un,
00:27:31la Russie
00:27:31et puis derrière
00:27:32pour aller,
00:27:35voilà,
00:27:35pour être en position
00:27:37de containment
00:27:38de la puissance chinoise.
00:27:40Bien sûr.
00:27:40Voilà,
00:27:41donc,
00:27:41encore une fois,
00:27:42c'est l'Eurasie
00:27:43qui est en cause
00:27:43et on le voit bien
00:27:44qui est en enjeu,
00:27:45qui est l'enjeu.
00:27:46Alors,
00:27:47après avoir appelé de ses voeux
00:27:48une Europe forte,
00:27:49Marco Roubio nous a aussi dispensé
00:27:51un merveilleux discours
00:27:52en Grèce,
00:27:53devant l'acropole.
00:27:54Je vous propose de l'écouter.
00:28:06Pendant des milliers d'années,
00:28:08la civilisation d'Athènes,
00:28:10en Grèce,
00:28:11a bâti ce qui se trouve derrière moi
00:28:12et a captivé l'imagination
00:28:14du monde de l'Ouest.
00:28:15Or,
00:28:17le temps a tendance
00:28:18à émousser les sens.
00:28:20Grande victoire
00:28:20et défaite catastrophique
00:28:22semblent rétrécir
00:28:23en devenant
00:28:24comme une note
00:28:24de bas de page
00:28:25dans un manuel scolaire.
00:28:27Encore un fait
00:28:28à mémoriser
00:28:28et à oublier
00:28:29pour nos écoliers.
00:28:30Mais les Grecs
00:28:31de l'Antiquité
00:28:32semblent avoir
00:28:32une approche
00:28:33presque mystique
00:28:34d'Athènes
00:28:34qui reste gravée
00:28:35dans nos mémoires.
00:28:36Les menaces
00:28:37auxquelles nous sommes
00:28:38confrontés aujourd'hui
00:28:39sont tout aussi réelles
00:28:41qu'elles l'étaient
00:28:42sur la scène dramatique
00:28:43de l'Antiquité.
00:28:44L'intérêt national
00:28:44ne s'est pas évanoui
00:28:46face aux institutions
00:28:47internationales.
00:28:48La guerre n'a pas disparu
00:28:49simplement parce que
00:28:50nous préférions la paix.
00:28:51D'autres États
00:28:52continuèrent à s'armer,
00:28:54cherchaient à exercer
00:28:54une influence rivalisée
00:28:56pour le territoire
00:28:56et la technologie,
00:28:58les ressources,
00:28:58les marchés,
00:28:59l'énergie
00:29:00et la puissance.
00:29:01Et voilà que la guerre
00:29:02recommence.
00:29:03Une nouvelle compétition
00:29:04s'amorce
00:29:05entre les grandes puissances.
00:29:07Il y a la vulnérabilité,
00:29:09l'agression,
00:29:09le terrorisme,
00:29:10tout un univers
00:29:11de nouvelles menaces
00:29:12et attaques à nouveau.
00:29:20Alors qu'est-ce que ça
00:29:21vous évoque
00:29:21cette éloge
00:29:23de l'Occident,
00:29:24cette Europe
00:29:24avec les États-Unis,
00:29:26puis plus
00:29:26si affinités
00:29:27comme on dit,
00:29:29ces menaces
00:29:30qui pèsent
00:29:31sur l'Occident
00:29:31dont Marco Rubio
00:29:33prend tout à fait
00:29:34la dimension.
00:29:35Comment vous regardez
00:29:36ce type de discours ?
00:29:37Un peu mytho
00:29:38quand même
00:29:38devant l'acropole.
00:29:39Non mais c'est...
00:29:40Alors oui,
00:29:40bien sûr.
00:29:42Rien de moins
00:29:43que l'acropole,
00:29:43n'est-ce pas,
00:29:44pour dire des choses
00:29:44tellement essentielles.
00:29:45Et puis que c'est
00:29:46Marco Rubio
00:29:47qui les dise en plus.
00:29:48Hier,
00:29:48aujourd'hui et demain,
00:29:49l'Occident
00:29:50contre le reste du monde.
00:29:52Mais c'est un discours
00:29:54en fait
00:29:54qui vise
00:29:55à nourrir
00:29:57ce qui pour moi
00:29:58est une...
00:30:00est vraiment
00:30:01une erreur
00:30:04d'analyse
00:30:05et en termes d'action
00:30:08vraiment un piège total
00:30:10nourrir cette idée
00:30:11d'un grand conflit
00:30:12civilisationnel.
00:30:13C'est-à-dire
00:30:13il essaie de rassembler
00:30:15de nouveau
00:30:15l'Ouest
00:30:16qui serait menacé
00:30:17par des agressions.
00:30:19Mais qui agresse ?
00:30:20Qui vient de lancer la guerre
00:30:22il y a huit mois
00:30:23contre l'Iran ?
00:30:24Non mais on délire.
00:30:26On délire.
00:30:27Voilà.
00:30:28Alors oui,
00:30:29il y a l'Ukraine
00:30:29mais qui a voulu
00:30:30ce conflit
00:30:32depuis la fin
00:30:32de la guerre froide ?
00:30:33Qui a fait le coup
00:30:34d'État à Maïdan ?
00:30:35Qui a tout organisé
00:30:37et avançé
00:30:38à la révolution orange ?
00:30:41Bon,
00:30:41c'est bien gentil
00:30:43mais alors soit
00:30:43il espère
00:30:44que face à lui
00:30:45il a des incultes
00:30:46complets
00:30:47qui n'ont aucun
00:30:47esprit critique
00:30:48et qui vont trouver
00:30:49que tout ça
00:30:50est juste
00:30:51un discours
00:30:52un peu comme
00:30:53avant d'aller faire
00:30:55une compétition
00:30:57galvanisante
00:30:57un truc de sport
00:30:58un truc de vestiaire
00:31:00un truc de vestiaire
00:31:01c'est ça
00:31:02c'est entre les mi-temps
00:31:03vous voyez
00:31:04voilà
00:31:04mais non on y va
00:31:06bon très bien
00:31:06c'est nous les plus forts
00:31:07c'est nous les plus forts
00:31:09et on va
00:31:11écraser tout le monde
00:31:11c'est un discours
00:31:12en fait
00:31:13qui appelle à quoi ?
00:31:14Qui n'appelle pas
00:31:15à l'intelligence
00:31:15de la situation mondiale
00:31:17qui n'appelle pas
00:31:17à la compréhension
00:31:18du nouveau monde
00:31:20qui est autour
00:31:20des Etats-Unis
00:31:21et de l'Europe
00:31:22qui n'appelle pas
00:31:23à la coopération
00:31:24qui appelle toujours
00:31:25à la même chose
00:31:26c'est-à-dire
00:31:26il y a des ennemis
00:31:28voilà
00:31:28on vous les montre
00:31:29là c'est ça
00:31:30ça ça
00:31:31ça et ça
00:31:33et au nom
00:31:34de notre grande histoire
00:31:35et de notre nation
00:31:36indispensable
00:31:37et de notre destinée
00:31:38manifeste
00:31:39nous prenons le lit
00:31:41de cette nouvelle croisade
00:31:42contre le reste du monde
00:31:43donc c'est
00:31:44c'est complètement
00:31:45old-fashioned
00:31:46si j'ose dire
00:31:47c'est décalé
00:31:49par rapport
00:31:50à ce qu'il faudrait faire
00:31:51aujourd'hui
00:31:52mais le problème
00:31:53c'est que c'est le seul mode
00:31:56mental américain
00:31:57en fait
00:31:57j'ai l'impression
00:31:58c'est pas seulement américain
00:31:59parce que cet occidentalisme
00:32:01il a une vraie résurgence
00:32:03aujourd'hui
00:32:03dans les discours politiques
00:32:05oui
00:32:05mais parce que c'est facile
00:32:06sans qu'on définisse d'ailleurs
00:32:07toujours
00:32:08exactement
00:32:08de quoi on parle
00:32:09quand on parle d'Occident
00:32:10et on a l'impression
00:32:12qu'on oscille un peu
00:32:13entre incantations
00:32:14c'est-à-dire
00:32:15une grande alliance
00:32:16où tout le monde s'aime
00:32:17et où tout le monde
00:32:18se réunit pour être
00:32:19vraiment plus fort
00:32:19on voit que c'est un peu
00:32:20plus compliqué que ça
00:32:21et que ça fonctionne
00:32:21pas très bien
00:32:22ou si c'est au contraire
00:32:24une espèce de construction
00:32:25idéologique
00:32:25voire politique
00:32:28pour aller vers un sens commun
00:32:31qui est celui du choc
00:32:32des civilisations
00:32:32effectivement
00:32:33oui mais voilà
00:32:33oui mais on n'est pas obligé
00:32:35d'aller au choc
00:32:36des civilisations
00:32:36parce que derrière tout ça
00:32:38il y a quoi ?
00:32:39il y a l'idée
00:32:40d'une supériorité
00:32:41il y a l'idée
00:32:42d'une évidence
00:32:44donc alors oui
00:32:45bien sûr
00:32:46la civilisation
00:32:47je suis occidentale
00:32:48je suis européenne
00:32:49je suis française
00:32:49si je peux me permettre
00:32:50c'est exactement
00:32:50ce que fait Marco Rubio
00:32:51il nous explique
00:32:52que ses ancêtres
00:32:52ont fabriqué l'agropole
00:32:53voilà oui
00:32:55surtout les siens d'ailleurs
00:32:56oui oui bien sûr
00:32:57donc
00:32:59donc
00:33:00bien sûr
00:33:01on a eu
00:33:03cet héritage
00:33:04on a eu
00:33:04cette façon
00:33:05de se porter
00:33:06mais aussi
00:33:06de coloniser
00:33:07quand même
00:33:08voilà
00:33:08on l'a fait
00:33:09comme font les hommes
00:33:10toujours
00:33:10de toute éternité
00:33:12c'est à dire
00:33:12parce qu'il a l'air
00:33:14de s'étonner
00:33:14que les autres
00:33:15veuillent faire la même chose
00:33:16bien sûr
00:33:17mais en fait
00:33:18qu'est-ce qu'il propose
00:33:18il propose quoi ?
00:33:19il propose comme toujours
00:33:20la lutte du bien
00:33:21contre le mal
00:33:22enfin c'est bon quoi
00:33:24ça y est quoi
00:33:25on a grandi
00:33:26le manichéisme
00:33:27c'est quand même
00:33:27un peu lourd
00:33:28au bout d'un moment
00:33:29ça ne suffit pas
00:33:30et en plus
00:33:32c'est très dangereux
00:33:33parce que c'est vraiment
00:33:37nourrir
00:33:38et ça
00:33:39nos politiciens
00:33:40soit ne le comprennent pas
00:33:41soit s'en servent
00:33:42d'une manière
00:33:43à mon avis
00:33:43assez toxique
00:33:45c'est nourrir
00:33:47les ferments
00:33:48de discorde
00:33:49à l'intérieur
00:33:50de nos pays
00:33:51à l'intérieur
00:33:51y compris
00:33:52à l'intérieur
00:33:52de l'Europe
00:33:54donc
00:33:54à la fin
00:33:55alors
00:33:56qui sera occidental
00:33:57à la fin
00:33:58parce que ça va être ça
00:33:59c'est ça le conflit
00:34:00de civilisation
00:34:00parce qu'après
00:34:01on a l'ennemi
00:34:02de l'intérieur
00:34:03on a ceux
00:34:04qui n'y arrivent pas
00:34:05on a enfin
00:34:06cinquième colonne
00:34:07on déclide
00:34:08voilà
00:34:08il y a la cinquième colonne
00:34:10il y a ça
00:34:10ça peut aller très loin
00:34:12c'est pas du tout
00:34:13comme ça
00:34:14que le monde évolue
00:34:15et à mon avis
00:34:15et c'est là
00:34:16qu'il se plante
00:34:18le reste
00:34:19de la planète
00:34:19ne veut plus
00:34:20de ça
00:34:21c'est un combat
00:34:22d'arrière-garde
00:34:23qui sera perdu
00:34:24donc si c'est celui-là
00:34:26que nous voulons mener
00:34:27derrière
00:34:27les américains
00:34:29je ne donne pas
00:34:30cher de nous
00:34:32voilà
00:34:32donc on doit
00:34:34on doit
00:34:34on doit
00:34:36admettre
00:34:37que les rapports
00:34:38de force
00:34:39changent
00:34:40que les autres
00:34:41ont aussi
00:34:41le droit
00:34:42d'exister
00:34:43qu'il y a
00:34:44effectivement
00:34:45une compétition mondiale
00:34:46etc
00:34:47qu'on n'est pas tous
00:34:48devenus des bisounours
00:34:49pour autant
00:34:50qu'il y a des volontés
00:34:52de puissance
00:34:52évidemment
00:34:53évidemment il y a tout ça
00:34:55mais la solution
00:34:56c'est pas
00:34:57la croisade
00:34:58qu'est-ce que
00:34:59qu'est-ce qu'on
00:34:59puis alors
00:35:00c'est bien mignon
00:35:01mais enfin lui
00:35:01il est secrétaire d'État
00:35:02mais il y a l'autre aussi
00:35:03il y a le secrétaire à la guerre
00:35:04la pitexest
00:35:06et puis il y a l'État réel
00:35:08des armées américaines
00:35:09aujourd'hui
00:35:10alors je ne voudrais pas
00:35:11inquiéter
00:35:12tous ceux
00:35:13de nos auditeurs
00:35:14qui s'imaginent encore
00:35:15que l'Amérique
00:35:16est un
00:35:16vraiment
00:35:18un géant
00:35:19alors oui
00:35:20c'est un géant
00:35:20financier
00:35:21en termes de budget
00:35:23ça c'est
00:35:25incomparable
00:35:25et c'est incomparable
00:35:26en termes
00:35:28aujourd'hui
00:35:29et on le voit
00:35:30au Moyen-Orient
00:35:31on le voit
00:35:32au Moyen-Orient
00:35:33en termes
00:35:34de
00:35:35finalement
00:35:36d'adaptation
00:35:38à ce que
00:35:38les autres font
00:35:40technologiquement
00:35:42et aux autres
00:35:43modalités
00:35:44de projection
00:35:45de la puissance
00:35:46des autres grands
00:35:47je pense que
00:35:48ça c'est la logique
00:35:48suprématiste
00:35:49qui fait qu'on ne se rend pas compte
00:35:51de l'évolution des autres
00:35:52non
00:35:52et on continue
00:35:53à tout miser
00:35:54sur la tech
00:35:54etc
00:35:55alors qu'il suffit
00:35:56de regarder
00:35:57le théâtre ukrainien
00:35:58voilà
00:35:58on se rend bien compte
00:35:59on ne s'en rend pas compte
00:36:00ou en ne s'en rend pas là
00:36:01alors
00:36:03il y a des armes
00:36:04extrêmement technologiques
00:36:05parce que
00:36:06toute la gamme
00:36:07des hypersoniques
00:36:07que la Russie a
00:36:08et que personne n'a
00:36:09je veux bien
00:36:10qu'on fasse nos essais
00:36:12nos machins
00:36:12et on essaye
00:36:13et très bien
00:36:14essayons
00:36:15mais on voit bien
00:36:16en fait
00:36:17que cette logique
00:36:18de Marco Rubio
00:36:19qui est toujours la même
00:36:21les précédents
00:36:22ils sont tous comme ça
00:36:22bon
00:36:24c'est à dire
00:36:25c'est l'idée
00:36:25que
00:36:26on va
00:36:28surclasser
00:36:29on refuse
00:36:30la compétition
00:36:31on refuse
00:36:33ce qu'il y avait
00:36:34pendant la guerre froide
00:36:35c'est à dire
00:36:35une forme d'équilibre
00:36:36de dissuasion
00:36:37de refus
00:36:39d'aller trop loin
00:36:40donc une forme
00:36:40de respect
00:36:41malgré tout
00:36:42de l'autre
00:36:43même si
00:36:43c'est pas notre tasse de thé
00:36:45même si on lui en veut
00:36:46même si
00:36:46bon très bien
00:36:47mais
00:36:48c'est pas son annihilation
00:36:50qui est notre projet
00:36:51voilà
00:36:52parce qu'en fait
00:36:53on accepte
00:36:54d'être dans un rapport
00:36:56de dissuasion
00:36:57à partir de la fin
00:36:58de la guerre froide
00:36:58on a tout fait
00:37:00enfin quand je dis
00:37:00on
00:37:01les américains
00:37:02et les européens
00:37:03ont embrayé
00:37:03on a démonté
00:37:05on a mis en pièce
00:37:08progressivement
00:37:09sur 20 ans
00:37:10jusqu'à
00:37:11start
00:37:11new start
00:37:12là récemment
00:37:13on a mis en pièce
00:37:15toute l'architecture
00:37:16de ce
00:37:17de cette dissuasion
00:37:19alors
00:37:20au début
00:37:20parce que
00:37:21la Russie s'est effondrée
00:37:22on dit
00:37:22c'est bon
00:37:23c'est réglé
00:37:24terminé
00:37:25on va finir
00:37:26par les piller
00:37:26par les bouffer
00:37:28morceau par morceau
00:37:29bon
00:37:30ça s'est pas du tout
00:37:31passé comme ça
00:37:32on s'est imaginé
00:37:34que les chinois
00:37:34n'y arriveraient pas
00:37:35etc
00:37:35maintenant on est face
00:37:37à un mastodonte
00:37:40qui a sa vision
00:37:42de la puissance
00:37:42mais qui est beaucoup
00:37:43plus intelligente
00:37:44par rapport au reste du monde
00:37:45parce que l'enjeu
00:37:46c'est le reste du monde
00:37:49et il faut proposer
00:37:50à tous les autres pays
00:37:52autre chose
00:37:54que
00:37:54tu te soumets
00:37:55ou tu meurs
00:37:56c'est pas une solution
00:37:58ça c'est pas une proposition
00:38:00alors
00:38:01ça marche peut-être
00:38:02quand on arrive
00:38:03à acheter des pouvoirs
00:38:04quand on arrive
00:38:05à faire ce qu'ils ont fait
00:38:05au Venezuela
00:38:06etc
00:38:06mais ça ne marche plus
00:38:08avec des états
00:38:09qui ont les moyens
00:38:13de surclasser
00:38:14la tentative
00:38:15de surclassement
00:38:16et on voit bien
00:38:17qu'aujourd'hui
00:38:17il y a une forme
00:38:18de dissuasion
00:38:18qui n'est même plus atomique
00:38:20qui est la force
00:38:21balistique
00:38:22qui est la force
00:38:24des missiles
00:38:24d'une manière générale
00:38:25pas seulement balistique
00:38:26d'ailleurs
00:38:26c'est d'ailleurs les russes
00:38:27qu'on lance en France
00:38:28avec le premier lancement
00:38:29d'Orechnik
00:38:30absolument
00:38:30mais ils ont
00:38:31au-delà de l'Orechnik
00:38:32ils ont
00:38:33ils ont un arcelal
00:38:37dont nous n'avons
00:38:38pas le dixième
00:38:39non seulement en quantité
00:38:41mais en qualité
00:38:41donc ils ont compris
00:38:43ce que faisaient
00:38:43les américains
00:38:44contre eux
00:38:45depuis longtemps
00:38:46depuis déjà 30 ans
00:38:47et ils ont compris
00:38:48les limites de la dissuasion
00:38:49ils ont compris
00:38:50et ils ont dit
00:38:51ah bon
00:38:51tu veux me faire
00:38:52tu veux me mettre
00:38:53le bouclier
00:38:54gis etc
00:38:54parce que
00:38:55ce qu'il faut comprendre
00:38:56c'est que la dissuasion
00:38:57ça marche donc
00:38:58quand on a peur
00:38:59que si on attaque
00:39:01les premiers
00:39:01la riposte
00:39:02vienne vous détruire
00:39:03d'une manière ou d'une autre
00:39:04bon
00:39:06la crainte
00:39:07l'angoisse
00:39:07et c'est pour ça
00:39:08qu'il y a eu l'Ukraine
00:39:09en grande partie
00:39:10l'angoisse russe
00:39:11c'est que
00:39:13petit à petit
00:39:14grâce à l'élargissement
00:39:16de l'OTAN
00:39:16etc
00:39:17l'OTAN s'approche
00:39:18suffisamment près
00:39:20voire jusqu'à la frontière
00:39:21russe
00:39:22et puisse
00:39:23dans le cadre
00:39:24d'une
00:39:25ce qui est
00:39:26ce qui est
00:39:27ce qui est l'objectif
00:39:29plus que le fantasme
00:39:30américain
00:39:31c'est la
00:39:31la première frappe
00:39:33de décapitation
00:39:34mais pas seulement
00:39:35au sens de décapitation
00:39:36des mecs qui dirigent
00:39:38décapitation
00:39:39des centres
00:39:39possibles
00:39:40de riposte
00:39:41de l'arsenal
00:39:42adverse
00:39:42c'est à dire
00:39:43ben voilà
00:39:44c'est détruit
00:39:45ils ne peuvent pas répondre
00:39:46bon
00:39:47donc les russes
00:39:48c'est ça
00:39:48et les américains
00:39:49aussi ont cette
00:39:50préoccupation
00:39:51et les chinois
00:39:52et les iraniens
00:39:52tout le monde
00:39:53a cette
00:39:53mais à partir du moment
00:39:55détruisait
00:39:56finalement
00:39:58le consensus
00:40:01comment dirais-je
00:40:02silencieux
00:40:03qui était de dire
00:40:04bon
00:40:06on ne va pas
00:40:07chercher
00:40:08à vous surclasser
00:40:10on accepte
00:40:10d'être vulnérable
00:40:11ce qui fait
00:40:13que tout le monde
00:40:14se tient à carreau
00:40:15voilà
00:40:15là on est
00:40:17dans une phase
00:40:18du côté occidental
00:40:19et du côté américain
00:40:20on est dans cette phase
00:40:22de tentative
00:40:23de prendre l'ascendant
00:40:25définitivement
00:40:26et en fait
00:40:26de soumettre
00:40:27les autres
00:40:28mais ils ont décidé
00:40:30ils n'allaient pas
00:40:31se laisser soumettre
00:40:31et en fait
00:40:33comme ils
00:40:34voilà
00:40:34la Russie n'est pas
00:40:35cette espèce
00:40:36de pays
00:40:36du tiers monde
00:40:37sous-développé
00:40:38qu'on aimerait
00:40:40qu'elle soit
00:40:40et pas davantage
00:40:41l'Iran
00:40:41et pas davantage
00:40:42l'Iran
00:40:43et donc ça
00:40:45si vous voulez
00:40:45cette volonté
00:40:47plus notre arrogance
00:40:48plus notre refus
00:40:49de voir ce qui gêne
00:40:50en fait
00:40:51plus cette espèce
00:40:53d'idée
00:40:54que la technologie
00:40:56va finir
00:40:57par résoudre
00:40:58tous les problèmes
00:40:59et qu'en fait
00:41:00il va suffire
00:41:01de soumettre
00:41:02les populations
00:41:03finalement
00:41:04d'une manière
00:41:04ou d'une autre
00:41:05et on le voit bien
00:41:06là aussi
00:41:06il y a des tentatives
00:41:08il y a un processus
00:41:10de contrôle
00:41:11progressif
00:41:11des populations
00:41:12donc
00:41:14toutes ces illusions
00:41:15à la fois
00:41:17technologiques
00:41:19intellectuelles
00:41:20et de civilisation
00:41:22c'est une grosse dérive
00:41:23par rapport
00:41:24à la civilisation
00:41:24des Lumières
00:41:25on est quand même
00:41:26très très loin
00:41:26là
00:41:27mais on trouve
00:41:28que notre pénombre
00:41:29est lumineuse
00:41:30et donc
00:41:32toute cette tentative
00:41:33en fait
00:41:34se heurte
00:41:34à autre chose
00:41:35à d'autres modèles
00:41:36à d'autres propositions
00:41:37qui ont du succès
00:41:38et donc maintenant
00:41:39notre problème
00:41:40c'est de casser
00:41:41ce succès
00:41:41donc on le voit
00:41:42face aux BRICS
00:41:43ou on voit bien
00:41:43les Américains
00:41:44qui essaient de taper
00:41:45sur l'Inde
00:41:46sur le Brésil
00:41:47de les remettre
00:41:47sous contrôle
00:41:48on le voit
00:41:48sur l'Arabie Saoudite
00:41:49qui était aussi un pivot
00:41:50qu'on essaie de bien
00:41:51reprendre en main
00:41:52enfin voilà
00:41:54il y a plein d'endroits
00:41:55dans le monde
00:41:55on le voit dans le Caucase
00:41:56on le voit partout
00:41:57on le voit en Asie centrale
00:41:58on le voit
00:42:00mais c'est voué à l'échec
00:42:01parce que
00:42:02les autres pays
00:42:03tous les autres petits pays
00:42:05qui sont
00:42:07qui sont
00:42:07rien
00:42:08si vous voulez
00:42:09en termes de puissance
00:42:10ou de capacité
00:42:12de démonstration
00:42:12de puissance
00:42:13par rapport à des Américains
00:42:14ou des Européens
00:42:15se disent
00:42:16mais alors
00:42:16je peux faire autrement
00:42:18je peux faire autrement
00:42:19que d'être mis en coupe réglée
00:42:20de devoir donner
00:42:21tout ce que j'ai
00:42:22d'être mis sous sanction
00:42:24d'être coincé
00:42:25par le dollar
00:42:27et de devoir me soumettre
00:42:28pour ne pas mourir
00:42:30en fait
00:42:31donc c'est cette
00:42:34brutalité
00:42:36cette sauvagerie en acte
00:42:38alors bon
00:42:38après on peut en redécer
00:42:39qui fait la preuve
00:42:39de ses limites
00:42:40oui
00:42:40qui en fait
00:42:42c'est là
00:42:43pour moi
00:42:44on ne comprend rien
00:42:46aux mécanismes fondamentaux
00:42:48aux besoins fondamentaux
00:42:49de la communauté internationale
00:42:50on a détruit l'ONU
00:42:51bon
00:42:52on voit bien
00:42:52qu'il y a un besoin
00:42:53d'ONU
00:42:54il y a un besoin
00:42:54de retrouver
00:42:55le droit international
00:42:56parce que le droit
00:42:57fondé sur les règles
00:42:59tout le monde a bien compris
00:43:00ce que ça voulait dire
00:43:01voilà
00:43:02c'est pas de droit
00:43:03c'est les règles du plus fort
00:43:04point
00:43:04voilà
00:43:06et donc l'ONU
00:43:08bon
00:43:09moi je persiste
00:43:10à croire
00:43:10que la charte de l'ONU
00:43:11elle avait quand même du bon
00:43:12mais elle marchait aussi
00:43:13grâce à cet équilibre
00:43:14de la terreur
00:43:15à partir du moment
00:43:17où on essaie
00:43:18de prendre l'ascendant
00:43:19les autres
00:43:20ils exercent leur veto
00:43:21donc tout
00:43:23plus rien ne marche
00:43:24si vous voulez
00:43:25sur la question iranienne
00:43:27arrêtons-nous un instant
00:43:28si vous voulez bien
00:43:29on sait qu'il va y avoir
00:43:29les midterms
00:43:30dans moins de 4 semaines
00:43:33concrètement
00:43:33que va changer
00:43:35cette élection
00:43:36pour Donald Trump
00:43:37et surtout pour l'Iran
00:43:38parce que
00:43:38on pourrait penser
00:43:40que
00:43:40en cas de
00:43:42résurgence démocrate
00:43:43j'allais dire
00:43:44après les midterms
00:43:45la guerre s'arrête
00:43:46puisqu'elle a été déclenchée
00:43:48par Donald Trump
00:43:48mais on pourrait aussi penser
00:43:49que les démocrates
00:43:51ont toujours été
00:43:51extrêmement favorables
00:43:52à un conflit ouvert
00:43:54avec l'Iran
00:43:54et que celui-ci
00:43:55pourrait justement
00:43:56repartir de plus belle
00:43:59alors
00:43:59il y a beaucoup de choses
00:44:01qui se passent
00:44:02d'abord au sein
00:44:03du camp républicain
00:44:04il y a quand même
00:44:05un certain nombre de gens
00:44:07qui disent
00:44:09ça va nulle part
00:44:10cette histoire
00:44:11on fait la preuve
00:44:13c'est trop humiliant
00:44:15il faut arrêter
00:44:16ça coûte cher
00:44:17ça rapporte rien
00:44:18on n'y arrivera pas
00:44:20voilà
00:44:20on s'est planté
00:44:22voilà
00:44:23on prend nos pertes
00:44:24et on s'en va
00:44:24bon
00:44:26ça
00:44:26ensuite
00:44:27il y a effectivement
00:44:28il peine à penser
00:44:28que ce soit la logique
00:44:29de Donald Trump
00:44:30oui
00:44:30oui parce que lui
00:44:32il a
00:44:32d'abord
00:44:33il a cette idée
00:44:34qu'il lui faut une victoire
00:44:35il lui faut quelque chose
00:44:36donc là
00:44:37il explique par exemple
00:44:38que le détroit d'Hormuz
00:44:40est ouvert
00:44:40ah c'est première nouvelle
00:44:41c'est intéressant
00:44:42le détroit d'Hormuz
00:44:43est ouvert
00:44:43bon
00:44:43qu'est-ce qui s'est passé
00:44:45en fait
00:44:46alors il y a quelques navires
00:44:47qui sont passés
00:44:48d'abord il y en a
00:44:50que l'Iran laisse passer
00:44:51y compris par la route
00:44:52du sud
00:44:53la route par Oman
00:44:54par la partie Omanes
00:44:55du détroit
00:44:57contre
00:44:58monnaie sonnante
00:44:59et trébuchante
00:44:59il y a eu
00:45:00des accords
00:45:01d'ailleurs en juin
00:45:02ou je ne sais plus
00:45:03juin-juillet
00:45:04avec le Qatar
00:45:04où ils avaient repris
00:45:053 milliards de dollars
00:45:06et puis bon
00:45:07ils avaient laissé passer
00:45:08quand même un peu
00:45:09de tanker
00:45:10au profit du Qatar
00:45:12donc en fait
00:45:13l'Iran
00:45:13l'Iran tient le robinet
00:45:15d'Hormuz
00:45:15si j'ose dire
00:45:17donc il a laissé
00:45:18le bloc américain
00:45:19a bloqué aussi quand même
00:45:20les ports
00:45:20les ports iraniens
00:45:21tout à fait
00:45:22et ça ça leur fait très mal
00:45:24c'est pour ça
00:45:25qu'ils ont
00:45:25ils s'arc-boutent
00:45:27sur le M.O.U
00:45:28là le même
00:45:29random understanding
00:45:30quand même
00:45:31Trump a signé
00:45:32à Versailles
00:45:34alors il explique
00:45:35qu'il ne l'a pas lu
00:45:35bon d'accord
00:45:36enfin il l'a quand même
00:45:37signé
00:45:38donc les mecs
00:45:39enfin les Iraniens
00:45:40en fait ils disent
00:45:42bon là vous n'allez pas
00:45:43nous refaire
00:45:44c'est un peu comme l'Ukraine
00:45:44vous n'allez pas nous refaire
00:45:45encore un truc
00:45:46où soi-disant on discute
00:45:47et en fait
00:45:49vous préparez
00:45:50les attaques
00:45:51contre nous
00:45:51on ne l'avait jamais fait
00:45:51encore celle-là
00:45:52je signe
00:45:53et puis en fait
00:45:53je n'ai pas signé
00:45:55pas très bien
00:45:56d'accord
00:45:56ok
00:45:57donc les Iraniens
00:45:58ils s'en tiennent
00:45:58au mou
00:46:01c'est toujours bizarre
00:46:02de dire le mou
00:46:03penser au chat
00:46:04enfin bon
00:46:04au mou
00:46:05et ils disent
00:46:08déjà mettez en oeuvre
00:46:09le truc que vous avez signé
00:46:10si vous voulez qu'on discute
00:46:11de quoi que ce soit
00:46:12bon
00:46:12mais ils ont besoin
00:46:14aussi de discuter
00:46:14et ils ont besoin
00:46:15que cette situation
00:46:16ne dure pas éternellement
00:46:17les Iraniens
00:46:17parce que
00:46:19économiquement
00:46:20c'est quand même
00:46:20très lourd
00:46:21certes ils se préparent
00:46:22à la salve d'après
00:46:23ils comprennent
00:46:28que ça va leur retomber
00:46:29dessus à un moment donné
00:46:30peut-être plutôt
00:46:30effectivement
00:46:31après novembre
00:46:33enfin après le 3 novembre
00:46:36surtout si Trump
00:46:37ne perd pas
00:46:37les deux chambres
00:46:40voilà
00:46:41parce qu'il y a aussi
00:46:41d'énormes pressions
00:46:43israéliennes
00:46:44il y a d'énormes pressions
00:46:46aussi dans le camp démocrate
00:46:47alors
00:46:48les pressions israéliennes
00:46:49elles peuvent se calmer
00:46:49très vite aussi
00:46:50parce qu'il y a des élections
00:46:51à la fin octobre
00:46:52oui
00:46:52oui mais là aussi
00:46:55moi ce qui me fait
00:46:56toujours peur
00:46:56c'est la mentalité
00:46:58c'est-à-dire être capable
00:46:59en dépit de l'évidence
00:47:01qu'il ne faut pas
00:47:03faire quelque chose
00:47:04de malgré tout
00:47:06le lancer
00:47:07parce qu'on est
00:47:08à un point
00:47:10en fait
00:47:10de désespoir
00:47:11et d'impasse
00:47:12où on se dit
00:47:13bon
00:47:14allons-y
00:47:15au moins
00:47:15je suis dans la phase martiale
00:47:17je suis le président en guerre
00:47:19je suis le premier ministre
00:47:21en guerre
00:47:22donc tout est suspendu
00:47:24voilà
00:47:24ça change
00:47:25on change
00:47:27on revient
00:47:28à une posture
00:47:29où même si on se plante
00:47:31en tout cas
00:47:31on peut expliquer
00:47:32voilà
00:47:32plus l'info
00:47:33la guerre d'information
00:47:34on raconte n'importe quoi
00:47:36donc ce qui s'est passé
00:47:37pour revenir à ce que je disais
00:47:38c'est que pendant
00:47:40dix jours
00:47:40il y a quelques navires
00:47:42qui sont passés
00:47:43et puis d'un seul coup
00:47:44l'Iran a repris ses attaques
00:47:45là il y a eu quand même
00:47:46une dizaine
00:47:47une bonne dizaine
00:47:48d'attaques
00:47:48contre des tankers
00:47:50qui essayaient de passer
00:47:51les prix du transport
00:47:54explosent
00:47:55les prix
00:47:56des capitaines
00:47:58de ces bateaux
00:47:59qui se risquent
00:48:00malgré tout
00:48:01bien sûr
00:48:02alors là
00:48:03eux gagnent
00:48:03on va dire
00:48:04très très bien leur vie
00:48:05à condition qu'ils survivent
00:48:06bien sûr
00:48:06voilà
00:48:08donc en fait
00:48:09l'Iran tient toujours
00:48:10Hormuz
00:48:11et surtout
00:48:13les Américains
00:48:14ont relancé
00:48:15les Saoudiens
00:48:16contre
00:48:17les Houthis
00:48:18contre Ansarallah
00:48:19pour essayer
00:48:20de reprendre
00:48:21pied sur le Yémen
00:48:23où ils se plantent
00:48:24quand même
00:48:24depuis 2015
00:48:25essayer de rouvrir
00:48:26Babel Mandeb
00:48:26essayer
00:48:27voilà
00:48:27l'enjeu
00:48:28c'est le contrôle
00:48:29de Babel Mandeb
00:48:30bon
00:48:31les Houthis
00:48:32pour l'instant
00:48:32ils se défendent
00:48:33quand même fort
00:48:34ils tapent
00:48:34les aéroports
00:48:35saoudiens
00:48:36du sud-ouest
00:48:37ils veulent avoir
00:48:39un espèce de blocus
00:48:40aérien en fait
00:48:41de l'Arabie Saoudite
00:48:41donc l'Arabie Saoudite
00:48:42elle est en train
00:48:43là aussi
00:48:44elle fait un pari
00:48:46et elle fait un pari
00:48:47aussi dans le cadre
00:48:48de l'alliance de la Mecque
00:48:49bon
00:48:50voilà
00:48:50alors justement
00:48:51il faut évidemment
00:48:53en parler
00:48:53de cette alliance
00:48:54de la Mecque
00:48:54donc l'Arabie Saoudite
00:48:56la Turquie
00:48:58le Pakistan
00:48:59puissance nucléaire
00:49:00qui globalement
00:49:01on parle de cette alliance
00:49:03comme d'une OTAN
00:49:04islamique
00:49:05c'est sans doute
00:49:05un peu un raccourci
00:49:06c'est un peu excessif
00:49:07oui c'est un peu excessif
00:49:08mais ça a été activé
00:49:10ça permet d'expliquer
00:49:12que c'est terrible
00:49:13c'est-à-dire l'idée
00:49:14l'idée c'est qu'il y a la Turquie
00:49:15et que la Turquie
00:49:16est une puissance de l'OTAN
00:49:17donc l'idée c'est quand même
00:49:18d'avoir une sorte
00:49:18c'est d'avoir une extension
00:49:21mais compte de commun
00:49:23alors là donc le 5
00:49:24on est le 9
00:49:27le 5 lundi
00:49:29a été activé cette alliance
00:49:31officiellement
00:49:32ça date en août
00:49:34début août
00:49:36donc les Pakistanais
00:49:38et les Turcs
00:49:40les Turcs pour des troupes
00:49:41je crois
00:49:42et les Pakistanais
00:49:43pour un certain nombre
00:49:44d'avions
00:49:45de moyens
00:49:45etc
00:49:47doivent aider
00:49:49l'Arabie Saoudite
00:49:50notamment
00:49:51bon
00:49:52à essayer
00:49:53de pouvoir
00:49:54toujours opérer
00:49:55depuis le port
00:49:57d'Yambou
00:49:57qui a été bombardé aussi
00:49:58comme l'a été
00:49:59le pipeline
00:50:00qui contournait
00:50:01Hormuz
00:50:02le pipeline
00:50:02Est-Ouest
00:50:03etc
00:50:04bon
00:50:04qui a été rebombardé
00:50:06d'ailleurs
00:50:06bon
00:50:06donc
00:50:08les Pakistanais
00:50:09et les Turcs
00:50:10viennent au secours
00:50:11des Saoudiens
00:50:12dans le cadre
00:50:12de cette alliance
00:50:14alors qu'ils y étaient
00:50:17pas très favorables
00:50:18enfin ils n'avaient pas
00:50:19très envie
00:50:19de rentrer
00:50:21dans ce truc
00:50:22qui encore une fois
00:50:24n'a pas de sens
00:50:25si ce n'est
00:50:26de gêner l'Iran
00:50:28voilà
00:50:28c'est toujours l'idée
00:50:29d'affaiblir
00:50:30bon
00:50:30via les outils
00:50:32et
00:50:34alors
00:50:34qu'est-ce qui se passe
00:50:35bon
00:50:35il se passe
00:50:36que le premier ministre
00:50:39pakistanais
00:50:39est allé récemment
00:50:40à Londres
00:50:41qu'il a vu
00:50:41un certain nombre
00:50:42de grands financiers
00:50:43londoniens
00:50:44et qu'en fait
00:50:45cette décision
00:50:46a été prise
00:50:46dans la foulée
00:50:48voilà
00:50:48donc en fait
00:50:49le Pakistan
00:50:50comme la Turquie
00:50:51ont en commun
00:50:53d'être des pays
00:50:54fragiles
00:50:54et d'ailleurs l'Egypte
00:50:55parce que derrière
00:50:56il y a l'Egypte
00:50:57dont on dit
00:50:57qu'elle pourrait rejoindre
00:50:58l'alliance
00:50:58ont en commun
00:50:59avec un problème
00:51:00avec la Turquie
00:51:01oui
00:51:01qu'il y a des problèmes
00:51:02avec la Turquie
00:51:02mais ils ont en commun
00:51:03d'être fragiles
00:51:04financièrement
00:51:05tous ces pays
00:51:06très fragiles
00:51:07donc ils ont besoin
00:51:08de soutien
00:51:09de soutien
00:51:10voilà
00:51:10et le soutien
00:51:11est évidemment
00:51:12toujours conditionnel
00:51:13personne ne donne rien
00:51:15pour rien
00:51:15sauf
00:51:16voilà
00:51:16certains êtres
00:51:18illuminés
00:51:19mais
00:51:20donc l'idée
00:51:21c'est
00:51:22vous faites ce qu'on vous dit
00:51:24contre les outils
00:51:25et donc
00:51:26vous nous aidez
00:51:27dans le rapport de force
00:51:29vis-à-vis de l'Iran
00:51:31sinon
00:51:32bah sinon
00:51:33on attaque votre monnaie
00:51:34sinon
00:51:35vous vous fout des sanctions
00:51:36sinon
00:51:36on va vous déstabiliser
00:51:38enfin bon
00:51:39le
00:51:41comment dirais-je
00:51:42l'éventail habituel
00:51:46des menaces
00:51:47il y a toujours
00:51:48menaces et incitations
00:51:49des menaces occidentales
00:51:50qui quand même
00:51:51sur des pays pareils
00:51:53voilà
00:51:54parce que le gouvernement
00:51:55pakistanais
00:51:56il n'est pas très
00:51:57il n'a pas une grande
00:51:58popularité interne
00:52:00au Pakistan
00:52:00déjà
00:52:02bon
00:52:02Erdogan
00:52:03voilà
00:52:03on sait que son pays
00:52:05économiquement
00:52:06c'est quand même
00:52:06très compliqué
00:52:07donc ils ont besoin
00:52:08ils ont besoin
00:52:09en fait
00:52:09ils ont besoin
00:52:10de la finance londonienne
00:52:11voilà
00:52:12des grandes banques
00:52:13mais est-ce que tout cela
00:52:14ne démontre pas aussi
00:52:15que
00:52:16est-ce que ce n'est pas
00:52:16finalement une béquille
00:52:17à l'alliance
00:52:18avec les Etats-Unis
00:52:19puisqu'on a quand même
00:52:20vu toutes les pétromonarchies
00:52:21qui avaient des bases américaines
00:52:22se faire considérablement
00:52:26attaquer
00:52:26par l'Iran
00:52:27et les Etats-Unis
00:52:28n'ont pas pu faire
00:52:29grand-chose globalement
00:52:30c'est ce que disent
00:52:31les Russes et les Chinois
00:52:32ils disent
00:52:33mais cette alliance
00:52:33de la Mecque
00:52:34elle pourrait être
00:52:35ouverte à l'Iran
00:52:36elle pourrait être
00:52:37ouverte à la Syrie
00:52:38elle pourrait
00:52:40constituer
00:52:40le socle
00:52:42en tout cas
00:52:42l'armature initiale
00:52:44d'une
00:52:47restabilisation
00:52:47de la région
00:52:48parce que nous
00:52:48ce qu'on appelle
00:52:49la stabilité
00:52:51du Moyen-Orient
00:52:51c'est quand même
00:52:52sa fragmentation
00:52:53et sa mise sous contrôle
00:52:55et on voit bien
00:52:56là que tout est
00:52:57tout est en jeu
00:52:58donc oui
00:52:59il faudrait
00:52:59qu'ils soient plus intelligents
00:53:00mais le problème
00:53:01encore une fois
00:53:02c'est
00:53:02ont-ils les moyens
00:53:04de se permettre
00:53:05de ne pas faire
00:53:07ce qu'on leur intime
00:53:08l'ordre de faire
00:53:09en fait
00:53:10en les menaçant
00:53:11donc
00:53:13il faut voir
00:53:14comment ça va évoluer
00:53:17il faut voir
00:53:18comment l'Iran
00:53:18va réagir
00:53:19mais il est évident
00:53:20que cette guerre
00:53:20a mis en lumière
00:53:21non seulement
00:53:22les limites
00:53:22de la puissance américaine
00:53:23mais
00:53:26le caractère
00:53:27extrêmement artificiel
00:53:28en fait
00:53:29de la protection
00:53:30que pouvaient s'imaginer
00:53:31avoir tous ces états
00:53:32de la part des Etats-Unis
00:53:34voilà
00:53:34ce qu'on voit quand même
00:53:36c'est se dessiner
00:53:37de plus en plus
00:53:38ce que je disais
00:53:39en introduction
00:53:39à savoir des blocs
00:53:40plus que des pôles
00:53:42vraiment disséminés
00:53:44sur toute la planète
00:53:44et pour terminer
00:53:45cette émission
00:53:46j'aimerais bien
00:53:46qu'on évoque
00:53:47quand même très rapidement
00:53:47cette possible élection
00:53:48du fils de Jair Bolsonaro
00:53:50au Brésil
00:53:52on imagine
00:53:53donc on le sait
00:53:54il est soutenu
00:53:54par Donald Trump
00:53:55il est soutenu
00:53:56par Benjamin Netanyahou
00:53:57bon très clairement
00:53:58on peine à penser
00:54:00que le Brésil
00:54:00a un avenir
00:54:01du côté des BRICS
00:54:02si le fils
00:54:03de Jair Bolsonaro
00:54:04est vraiment élu
00:54:05à la tête du pays
00:54:07alors oui
00:54:08d'abord
00:54:08ils sont au coup
00:54:09d'à coude
00:54:10avec Lula
00:54:12effectivement
00:54:15il y a clairement
00:54:17une offensive
00:54:18mais qui est ancienne
00:54:22américaine
00:54:23et israélienne
00:54:24bien sûr
00:54:25de faire basculer
00:54:27en fait
00:54:28d'attirer
00:54:30le Brésil
00:54:31dans l'orbite
00:54:32occidentale
00:54:34et américaine
00:54:37par rapport
00:54:38à tout ce
00:54:40qu'avait fait
00:54:40Lula
00:54:41et toute cette idée
00:54:42d'appartenance
00:54:43aux BRICS
00:54:44d'être une puissance
00:54:45majeure des BRICS
00:54:46de pouvoir
00:54:46à partir du Brésil
00:54:49agréger progressivement
00:54:50d'autres pays
00:54:51aussi de la zone
00:54:51donc là encore
00:54:52c'est un
00:54:53c'est le grand combat
00:54:54si vous voulez
00:54:55donc il y a la doctrine
00:54:56que la patronne
00:54:57de la banque
00:54:58de développement
00:54:58c'est Dilma Rousseff
00:54:59ancienne présidente
00:55:00brésilienne
00:55:01absolument
00:55:02absolument
00:55:04et l'idée
00:55:06c'est de casser
00:55:09la doctrine
00:55:10alors comment on l'appelle
00:55:11maintenant
00:55:13Donne-Row
00:55:13oui c'est ça
00:55:15la doctrine Donne-Row
00:55:15bon donc
00:55:16Donald Trump
00:55:17c'est
00:55:20bon la doctrine
00:55:21de Monroe
00:55:21c'est une vieille histoire
00:55:23de continuité territoriale
00:55:24entre guillemets
00:55:25oui de chasse gardée américaine
00:55:27on n'y touche pas
00:55:29l'Amérique du Sud
00:55:30elle est à nous
00:55:30point on n'y touche pas
00:55:31bon
00:55:31maintenant c'est l'Amérique du Sud
00:55:32et le Groenland
00:55:33voilà
00:55:34bien sûr
00:55:34et puis on reprend
00:55:35l'Europe reine courte
00:55:37et puis voilà
00:55:37bon
00:55:39mais
00:55:42évidemment
00:55:42les BRICS
00:55:43sont venues
00:55:45enfoncer un coin
00:55:46là-dessus
00:55:46justement
00:55:47en attirant le Brésil
00:55:48donc c'est aussi
00:55:50dans le cadre
00:55:50de cette lutte
00:55:51qu'il faut voir
00:55:53cette élection
00:55:53et peut-être que
00:55:54Bolsonaro va l'emporter
00:55:55effectivement
00:55:56ça va faire changer
00:55:57le régime
00:55:58après
00:55:58moi je ne connais pas bien
00:55:59la vie politique brésilienne
00:56:01à l'intérieur
00:56:02à part le niveau
00:56:04de corruption lourd
00:56:06mais qui je crois
00:56:07est assez partagé
00:56:10et donc
00:56:11voilà
00:56:11mais enfin
00:56:12c'est un immense pays
00:56:13un pays riche
00:56:14beaucoup plus riche
00:56:15qu'on ne le dit d'ailleurs
00:56:16et un pays
00:56:19effectivement
00:56:19dont il faut s'assurer
00:56:23non pas le contrôle
00:56:24mais en tout cas
00:56:25il faut avoir
00:56:26de l'influence
00:56:27sur eux
00:56:28ceci dit
00:56:29Lula
00:56:29était aussi
00:56:31entre la main
00:56:32de certains courants
00:56:33américains
00:56:34etc
00:56:34donc c'est
00:56:35c'est assez
00:56:36c'est assez complexe
00:56:38mais ce qui est vrai
00:56:38c'est qu'entre l'Argentine
00:56:40qui est passée
00:56:40du côté
00:56:41de cet individu
00:56:43là
00:56:44Milley
00:56:44que moi je trouve
00:56:46personnellement
00:56:46totalement
00:56:48angoissant
00:56:48et inquiétant
00:56:51et si le Brésil
00:56:52fait la même chose
00:56:55ça c'est
00:56:56un coup porté
00:56:57aux BRIC
00:56:58c'est sûr
00:56:58mais ça va continuer
00:56:59ça va continuer
00:57:00il y a l'Inde aussi
00:57:01bien sûr
00:57:02l'Inde
00:57:03dont
00:57:03alors là
00:57:04les Américains
00:57:05font des pressions
00:57:05colossales
00:57:07même Poutine
00:57:08a fini par
00:57:10trouver ça
00:57:10un peu fatigant
00:57:11alors de je ne sais plus
00:57:12quel sommet récent
00:57:13je ne sais pas si ce n'est pas
00:57:14pendant l'Assemblée Générale
00:57:15des Nations Unies
00:57:18mais
00:57:18je ne sais plus
00:57:19où il a vu
00:57:20Maudit récemment
00:57:21dans je ne sais plus
00:57:22quel sommet
00:57:25et où Maudit
00:57:26a recommencé
00:57:28à dire
00:57:28non mais il faudrait
00:57:29arrêter la guerre
00:57:29en Ukraine
00:57:30etc
00:57:30bon là
00:57:31il transmet des messages
00:57:33manifestement
00:57:33et
00:57:35bon
00:57:35Poutine a fini par
00:57:37quitter son calme
00:57:39légendaire
00:57:40pour dire
00:57:40bon ça commence
00:57:41à bien faire
00:57:42voilà
00:57:43on fait ce qu'on a
00:57:44ce qu'on doit faire
00:57:45de notre point de vue
00:57:46à nous
00:57:46voilà
00:57:47voilà
00:57:48donc
00:57:49toute dernière question
00:57:50Caroline Galactéros
00:57:51on l'a compris
00:57:52donc Donald Trump
00:57:53essaie d'avoir
00:57:54son bloc
00:57:54en récupérant
00:57:56le Groenland
00:57:57le Brésil
00:57:57on voit que
00:57:58plusieurs pays
00:57:59tentent des rapprochements
00:58:00un peu partout
00:58:01dans le monde
00:58:02mais l'Europe
00:58:03vers quoi
00:58:04va-t-elle se tourner
00:58:05visiblement
00:58:06pas vers la Russie
00:58:07non
00:58:07quel est son avenir
00:58:08aujourd'hui
00:58:09dans cette recomposition
00:58:10du monde
00:58:11et cette
00:58:13volonté
00:58:14de se tourner
00:58:15sans arrêt
00:58:15sur Washington
00:58:17et je pense
00:58:18que l'Europe
00:58:19fait les frais
00:58:20et va faire les frais
00:58:23de cet alignement
00:58:25finalement quand même
00:58:27assez naïf
00:58:28et assez ignorant
00:58:32des réalités géopolitiques mondiales
00:58:34et de tout ce basculement
00:58:36qui s'est produit
00:58:37parce qu'il ne s'est pas produit
00:58:38au premier jour
00:58:39de la guerre en Ukraine
00:58:39je veux dire
00:58:40ça fait longtemps
00:58:41qu'on en parle
00:58:42moi j'en parle
00:58:43depuis le début
00:58:43des années 2010
00:58:46ça fait déjà
00:58:48presque 15 ans
00:58:49qu'on en parle
00:58:50donc
00:58:53manifestement
00:58:54on
00:58:57we have no clue
00:58:58we have no clue
00:58:59about
00:59:00global geopolitics
00:59:02pour parler un peu anglais
00:59:03on ne sait pas
00:59:04ce qui se passe
00:59:05et donc
00:59:06on préfère
00:59:08se rassurer
00:59:09en se disant
00:59:10qu'il faut
00:59:12accrocher
00:59:14notre char
00:59:15à l'étoile américaine
00:59:16qui me semble
00:59:17bien défaillante
00:59:19et de moins en moins
00:59:20brillante
00:59:20non pas parce qu'elle
00:59:22ne pourrait pas l'être
00:59:23mais parce qu'elle
00:59:24ne comprend pas
00:59:25comment l'être
00:59:26en fait
00:59:27dans ce nouveau monde
00:59:28parce que
00:59:29encore une fois
00:59:29le pôle occidental
00:59:30et l'Europe elle-même
00:59:33sans aller
00:59:34dans les délires
00:59:36civilisationnels
00:59:37de Rubio
00:59:39a des atouts
00:59:40considérables
00:59:42considérables
00:59:43de bien sûr
00:59:44nous avons notre histoire
00:59:45mais déjà
00:59:45il faudrait arrêter
00:59:45de la mépriser
00:59:46notre histoire
00:59:47je pense aux français
00:59:48naturellement
00:59:49mais
00:59:49ou de la travestir
00:59:51ou de la défigurer
00:59:53il faudrait
00:59:54l'admettre
00:59:55ce qui est frappant
00:59:56dans
00:59:57moi ce qui m'a toujours
00:59:59frappée
00:59:59depuis très longtemps
01:00:00déjà
01:00:00dans des pays
01:00:02comme la Russie
01:00:03comme la Chine
01:00:04comme l'Iran
01:00:04comme d'autres
01:00:05c'est qu'ils acceptent
01:00:07que les Iraniens
01:00:09d'aujourd'hui
01:00:09les Russes
01:00:10d'aujourd'hui
01:00:11les Chinois
01:00:12d'aujourd'hui
01:00:13acceptent
01:00:13et célèbrent
01:00:16l'ensemble
01:00:17de leur parcours
01:00:19historique
01:00:20à travers
01:00:21les siècles
01:00:23et ça
01:00:24c'est très très important
01:00:25nous on est
01:00:26toujours en train
01:00:27alors c'est ce qu'on appelle
01:00:28je ne sais pas quoi
01:00:28la haine de soi
01:00:29la repentance
01:00:31l'ethnomasochisme
01:00:32oui
01:00:33tout ça est ridicule
01:00:35tout ça est ridicule
01:00:36ça ne veut pas dire
01:00:37qu'on n'a pas de problème
01:00:38ça ne veut pas dire
01:00:38qu'il n'y a pas eu
01:00:39des fautes
01:00:39des erreurs
01:00:40mais ça ne sert à rien
01:00:41de faire
01:00:42des
01:00:43si vous voulez
01:00:44des
01:00:48je cherche
01:00:48le terme
01:00:50on est à contre-temps
01:00:51on parle du passé
01:00:53ça n'est plus opérationnel
01:00:54voilà
01:00:55voilà
01:00:56désolée
01:00:57je suis déjà fatiguée
01:00:58il est temps de repartir
01:00:59en vacances
01:01:01donc
01:01:03on est
01:01:04anachronique
01:01:05parce qu'on se prétend
01:01:06parce que c'est l'idéologie
01:01:07qui nous tue
01:01:08de la même manière
01:01:09que ça nous tue
01:01:10parce qu'on ne comprend rien
01:01:10au conflit avec la Russie
01:01:11on ne veut rien comprendre
01:01:12et on ne comprendra rien
01:01:13à mon avis
01:01:15on vit
01:01:17et on se meurt
01:01:20de notre
01:01:21dogmatisme
01:01:23de notre
01:01:23manichéisme
01:01:24et de notre
01:01:25anachronisme
01:01:26de notre capacité
01:01:27à être toujours
01:01:28dans cette espèce
01:01:29de posture
01:01:30soi-disant
01:01:31universelle
01:01:33idéaliste
01:01:34absolue
01:01:35mais rien n'est
01:01:36absolu
01:01:37en fait
01:01:37rien n'est
01:01:38absolu
01:01:39oui il y a des idéalités
01:01:40c'est comme la justice
01:01:41le droit
01:01:42l'amour
01:01:42bon d'accord
01:01:43très bien
01:01:44c'est beau
01:01:44c'est magnifique
01:01:45il faut tendre vers
01:01:46bon
01:01:47mais
01:01:48dans le monde réel
01:01:50non
01:01:50non
01:01:51donc dans le monde réel
01:01:53on doit vraiment
01:01:53estimer le rapport
01:01:54de force globale
01:01:55duquel on est en train
01:01:56de disparaître
01:01:57purement et simplement
01:01:58on doit se reposer
01:01:59des questions
01:02:00sur nos intérêts nationaux
01:02:01en matière de politique
01:02:02étrangère
01:02:03on doit rebâtir
01:02:04complètement
01:02:05une politique étrangère
01:02:06complètement
01:02:07mais là aussi
01:02:08j'ai l'impression
01:02:09de radoter
01:02:09parce que j'ai déjà dit ça
01:02:10il y a 5 ans
01:02:11j'ai déjà dit ça
01:02:11il y a 10 ans
01:02:12bon on s'est réinventé
01:02:14on a Jean-Noël Barreau
01:02:15oui
01:02:16voilà
01:02:17donc on doit
01:02:18on doit vraiment repenser
01:02:19et c'est plutôt excitant
01:02:21on peut encore le faire
01:02:23il n'est jamais trop tard
01:02:24mais encore faut-il
01:02:25le vouloir
01:02:27et arrêter
01:02:27de s'en remettre
01:02:28aux autres
01:02:28en espérant
01:02:29qu'ils aient
01:02:30de bonnes intentions
01:02:30à notre égard
01:02:31qu'ils nous comprennent
01:02:33qu'ils nous soutiennent
01:02:34ça ne marche pas
01:02:35du tout comme ça
01:02:36et nous avons participé
01:02:37à l'ensauvagement
01:02:40j'allais dire
01:02:41de la pratique
01:02:43diplomatique
01:02:43et même de la disparition
01:02:45en grande partie
01:02:45d'une forme
01:02:46de diplomatie occidentale
01:02:49voilà
01:02:49pour conclure
01:02:50je garderai quand même
01:02:51qu'il est encore temps
01:02:51oui bien sûr
01:02:53bien sûr
01:02:53merci beaucoup
01:02:54Caroline Galactéros
01:02:55je rappelle à tous
01:02:56nos téléspectateurs
01:02:57ils peuvent vous retrouver
01:02:57sur votre chaîne
01:02:58Béguerre
01:02:59j'espère chers amis
01:03:00que cette émission
01:03:00vous a plu
01:03:01en tous les cas
01:03:02je vous donne rendez-vous
01:03:02la semaine prochaine
01:03:03pour un nouveau numéro
01:03:04mais en attendant
01:03:04n'oubliez pas
01:03:05dites-nous ce que vous avez pensé
01:03:07de cette vidéo
01:03:08dans les commentaires
01:03:08pensez au pouce en l'air
01:03:09et puis bien sûr
01:03:10relayer au maximum
01:03:11cette émission
01:03:12à la semaine prochaine
01:03:12bientôt
01:03:15Sous-titrage Société Radio-Canada
01:03:16Sous-titrage Société Radio-Canada
01:03:20Sous-titrage Société Radio-Canada
01:03:25Sous-titrage Société Radio-Canada

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