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Peut-on éviter 22 milliards d'euros d'examens médicaux inutiles grâce à l'intelligence artificielle ?

Lors de la Soirée des hôpitaux organisée par Le Point, des experts de premier plan débattent du passage d'une médecine curative saturée à une médecine prédictive ciblée.

Au programme de cette table ronde :

- L'illusion des check-ups annuels : Pourquoi multiplier les IRM et examens de masse sans ciblage risque d'emboliser l'hôpital.
- Le « trésor » du SNDS : Comment les données de la Sécurité sociale permettent aux algorithmes de détecter des signaux faibles de rechute de cancer avant même la consultation.
- Prévenir plutôt que guérir : Les leviers pour éviter les 40 % de cancers évitables en France.

Intervenants :

- Sylvie Sacher Huvelin, directrice médicale de Santéclair
- Steven Le Gouill, directeur des hôpitaux à l'Institut Curie
- Arnaud Vanneste, directeur général du CHU de Nancy, pilote de la stratégie IA pour les CHU

#santé #sdh2026 #soiréedeshôpitaux #lpt #science #ia #inteligenceartificielle #prévention #médecine #médecineprédictive

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Transcription
00:00Alors prédire une épidémie, cibler les fragilités sur un territoire, l'IA ouvre grand l'air de la médecine préventive,
00:05mais la frontière est fine avec le profilage abusif.
00:09Anne-Jean Blanc reprend les commandes pour explorer ses promesses avec Sylvie Sachet-Huvelin,
00:13Steven Le Gouil et Arnaud Vanest, le tout sur vos applaudissements.
00:31La prévention est évidemment un sujet dont on parle de plus en plus et qui est vraiment importante,
00:36même si parfois elle a du mal à se mettre en place en pratique.
00:40Et avec l'IA, on peut imaginer qu'elle pourrait gagner en efficacité et les attentes sont colossales.
00:44On imagine des personnes qui échappent à certaines maladies, des patients mieux soignés,
00:49des soignants plus performants et libérés de la paperasserie, des hôpitaux qui fonctionnent mieux, des économies,
00:54tout ce dont on a déjà parlé un petit peu précédemment.
00:56Mais l'IA suscite aussi des inquiétudes dont on va parler concernant les données, nos données,
01:00on a un tout petit peu abordé le sujet, et l'usage que pourraient en faire notamment les assureurs, voire
01:05les employeurs.
01:07Alors de tout cela, on va parler avec vous.
01:08Donc Sylvie Sachet-Huvelin, vous êtes gastro-entérologue et hépatologue de formation,
01:12aujourd'hui directrice médicale de Santé-Claire.
01:15Steven Le Gouil, vous êtes hématologue, directeur des hôpitaux à l'Institut Curie.
01:20Et mon voisin Arnaud Vanest, directeur général du CHU de Nancy.
01:23J'ai vu que vous coordonniez la commission nationale pour déployer l'IA dans les CHU.
01:28Vous êtes le seul non-médecin, donc c'est avec vous que je vais commencer.
01:31Parce que vous avez mis en place un programme qui est vraiment étonnant.
01:36Vous m'avez raconté. Dites-nous ce que vous faites à Nancy en quelques minutes.
01:39Alors quand on parle prévention, forcément il faut prendre tout le suivi longitudinal du patient.
01:44Et donc c'est vrai qu'à Nancy, on a un programme comme ça qui est déjà en oeuvre.
01:49Donc ça fait déjà deux ans que ça tourne.
01:50Donc je vais raconter ma responsabilité populationnelle en 180 secondes.
01:55Donc la responsabilité populationnelle, c'est comment mettre en place ce suivi longitudinal par pathologie.
02:02Et comment après pouvoir organiser les parcours territoriaux avec l'ensemble des professionnels de santé du bassin de vie.
02:09Donc première étape, c'est la moins sexy, mais c'est celle qui donne toute la puissance du modèle.
02:14On commence par faire la stratification de la population.
02:17C'est-à-dire qu'on prend la population sur la base des données PMSI qui sont pour nous facilement
02:22accessibles.
02:23Et on stratifie la population.
02:25Par exemple, on va prendre le diabète de type 2.
02:26Et on va stratifier la population avec la strat 0 qui est la strat des patients qui ont un risque
02:32de développer un diabète de type 2 mais qui n'en ont pas.
02:34Donc c'est ceux sur lesquels il y a des leviers de prévention primaires les plus importants.
02:39Les strates 1 et 2 sur lesquels il y a déjà eu un diagnostic.
02:42Et puis c'est une pathologie qui est diagnostiquée et qui commence à être un instinct d'intermédiaire.
02:47Et puis après il y a les strates 3 et 4 où là on est sur une pathologie qui est
02:51avancée avec des risques de complication.
02:52Donc là on est dans la prévention tertiaire.
02:54Donc ça c'est la première partie, stratification.
02:57Et puis en face évidemment on a les coûts de chacune des prises en charge, les coûts moyens sur le
03:02bassin de vie.
03:02La deuxième étape c'est travailler tout ça avec les acteurs du territoire.
03:06Donc on a des réunions cliniques, ça dure à peu près 6 mois cette phase là.
03:10Et avec tous les acteurs du territoire, avec l'hôpital, mais surtout, et c'est très important,
03:14tous les collègues de ville, les médecins, les infirmiers libéraux, les éducs,
03:18vraiment y compris les assistantes sociales etc.
03:21On travaille sur qu'est-ce que chacun on fait pour les parcours des patients de type 2.
03:26Et strat par strat on définit en fait quel est le parcours territorial, qui fait quoi sur le plan de
03:31prévention et sur le plan de soins.
03:33Donc par exemple sur la strat 0, on est vraiment sur la prévention primaire.
03:37Et là on en discute par exemple beaucoup avec les collectivités territoriales.
03:4165% des déterminants de santé, c'est les collectivités territoriales qui ont les leviers.
03:45Nous on est dans la petite portion congrue.
03:47Donc on travaille avec les colloques sur typiquement l'activité physique, comment développer des city-stades,
03:53comment développer de l'accès pour les personnes âgées à de l'activité physique,
03:57comment avoir des campagnes de communication sur la nutrition,
04:00ce genre de choses très concrètes qui est vraiment de la prévention primaire.
04:03Mais vraiment c'est collectivité territoriale par collectivité territoriale.
04:06Et puis pour les strat 1, 2, 3, 4, on a et un plan de prévention,
04:10donc secondaire si on est sur la 1, 2, et puis 3, 4 prévention tertiaire.
04:15Et puis le plan de soins associé.
04:17Là l'objectif c'est de freiner l'évolution de la pathologie.
04:21Et donc on regarde la pathogénèse, il y a une littérature abondante,
04:24et donc c'est la FHF qui a mené tous ses travaux,
04:28actualiser les différents protocoles de prise en charge pour chacune des strates.
04:31Et l'objectif c'est de freiner l'évolution de la pathologie.
04:34C'est quelque chose qui plaît énormément à tous les professionnels de santé,
04:39parce qu'ils ont enfin l'impression de faire leur job, c'est-à-dire on soigne.
04:42Et on soigne mieux, là où on a tous l'impression de courir après le vrai job qu'on devrait
04:48faire,
04:49eux ils ont l'impression d'être vraiment dans leur cœur du métier.
04:50Et là l'idée c'est vraiment le premier qui capte le patient,
04:56s'assure qu'il est bien dans son parcours de soins.
04:57Donc Madame Gilbert quand elle arrive à la pharmacie,
05:00pour une boîte de Doliprane, le pharmacien regarde,
05:02ah Madame Gilbert vous êtes en strat 3,
05:05est-ce que vous avez bien pris vos rendez-vous avec le pédicure podologue, etc.
05:08Et donc le pharmacien joue ce rôle de gatekeeper,
05:10et comme ça on arrive à resserrer les mailles du filet.
05:13Alors après où est l'intelligence artificielle là-dedans ?
05:16L'intelligence artificielle elle arrive dès qu'on met tout ça sur de la donnée,
05:20donc la donnée pour nous c'est un entrepôt de données de santé,
05:22on a toutes les données du GHT,
05:24et puis là on est en train de passer à la strat supplémentaire,
05:28puisque là tous les CHU du Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté,
05:31on développe tous cet algorithme responsabilité populationnelle,
05:34donc on va travailler tous sur nos entrepôts de données de santé,
05:37et après on va pouvoir faire du machine learning sur l'évolution de ces pathologies là,
05:42de manière à pouvoir faire de la médecine prédictive et personnalisée,
05:46et pouvoir avoir les vrais outils du 21ème siècle.
05:48Et ça c'est possible que parce qu'on a la première étape pas sexy de stratification,
05:52mais du coup après on peut vraiment dérouler quelque chose comme ça.
05:55C'est formidable, mais juste une question parce qu'on l'a abordé précédemment,
05:58mais la confidentialité des données si tous les professionnels impliqués potentiellement
06:06ont accès au dossier de Mme Gilbert ?
06:11Alors c'est là où on est retour dans la réalité,
06:14on n'a pas de système d'information qui permet à chacun d'avoir la visibilité
06:17sur l'ensemble du parcours de Mme Gilbert,
06:19ça malheureusement c'est quelque chose qui est en cours de développement,
06:22mais qu'on n'a pas aujourd'hui.
06:23Après donc on développe un outil qui est fourni par le GRAD,
06:27qui est le bras numérique des ARS,
06:30et qui donne justement ces informations sur les éléments du parcours,
06:34avec des habilitations qui fait que chaque professionnel ou professionnel de santé
06:39a accès aux données utiles pour son intervention dans le parcours.
06:42D'accord. Alors bon, avant que ça soit généralisé dans toute la France,
06:46ce que vous avez fait là, pour l'instant en prévention il y a encore pas mal de choses à
06:49faire,
06:50Sylvie, qui doit prendre la prévention en main ?
06:53Est-ce que c'est le médecin traitant dans le système actuel ?
06:56Qu'est-ce que vous pensez en prévention primaire ?
06:58Pour l'instant on va parler des gens non malades.
07:01Le patient, enfin le patient, l'assuré, le citoyen.
07:04Le citoyen, voilà.
07:06Moi j'aime bien ce terme le citoyen,
07:07parce qu'on est tous citoyens.
07:09Si on parle de prévention et de prévention primaire,
07:11c'est vraiment une prise de conscience du fait que prévenir,
07:16effectivement c'est pour mieux guérir ou pour moins guérir.
07:19J'aime bien la formule finalement.
07:22Je pense que tout le monde est convaincu,
07:24et surtout dans cette année préélectorale,
07:25et quand je dis tout le monde c'est les citoyens,
07:27que le système de santé ça va pas bien, ça va pas aller mieux,
07:30qu'il y a quand même beaucoup de problématiques d'accès aux soins
07:33qu'ils subissent.
07:34Et c'est pour ça que ça devient le premier ou le deuxième critère
07:38qu'ils mettent en avant en vue de cette période électorale.
07:44Ils comprennent aussi avec les objets connectés,
07:46c'est là qu'on rejoint un petit peu aussi l'IA,
07:48et l'IA qu'ils utilisent, que la prévention c'est la connaissance
07:52de comment la maladie peut arriver,
07:53comment je peux éviter que la maladie arrive.
07:56Et là ça commence à les intéresser un peu plus,
07:58parce qu'ils sont plus acteurs finalement de tout ça.
08:00Et puis je trouve que pour être nouvellement ou fraîchement
08:04peut-être intégré dans l'environnement des mutuelles
08:07et des complémentaires santé,
08:09que c'est un vrai challenge aussi,
08:10puisqu'on se pose pas forcément la question de se dire
08:13est-ce que la sécurité sociale doit rembourser par rembourser,
08:15à quelle hauteur, comment on peut faire,
08:17ou quand on est un établissement,
08:18où est-ce qu'on prend finalement l'investissement,
08:20puisque c'est pas un coût, c'est un vrai investissement,
08:22la prévention, et on y va.
08:24En tout cas, je sais santé claire,
08:25on a décidé d'y aller,
08:27on y va en donnant la possibilité aux assurés
08:29de s'auto-déterminer avec un questionnaire
08:33qui est issu de questionnaires de qualité de vie,
08:35de scores prédictifs, enfin,
08:37ce qui en fait la puissance,
08:38c'est toute la valence scientifique.
08:39Moi j'ai un grand passé de recherche clinique,
08:41donc c'est quelque chose qui m'intéressait beaucoup.
08:43Et puis derrière, bien sûr,
08:44que le citoyen, il peut ne pas faire l'évaluation,
08:48il peut la faire et ne pas se sentir concerné,
08:51mais il peut la faire et se sentir concerné,
08:53et se dire, ah, j'ai un facteur de risque
08:55de maladie cardiovasculaire à 10 ans,
08:56peut-être intéressant quand même que j'aille en discuter
08:59avec mon médecin traitant,
09:00mais il n'y a pas que le médecin traitant,
09:01je pense qu'il y a des professionnels,
09:03comme vous disiez,
09:05qui jalonnent finalement la vie d'un patient
09:09ou quand on n'est pas patient,
09:11d'un patient potentiel,
09:13et il faut pouvoir en parler.
09:14Et là où on parlait tout à l'heure
09:16de la culturation de l'IA chez les professionnels,
09:20alors la culturation de la prévention,
09:21c'est aussi quelque chose qu'il faut inculquer
09:23de plus en plus,
09:25mais quand ça fonctionne bien,
09:29les citoyens ont des réponses
09:30et ils adhèrent plus facilement.
09:32Steven, le cancérologue que vous êtes,
09:34imagine bien que personne n'a envie d'avoir un cancer
09:36et pour ça, la prévention primaire,
09:39on sait à peu près tout ce qu'il faut faire
09:40et on ne fait pas ?
09:42Ça, c'est vrai que l'exemple est assez illustratif.
09:45On sait que 40% des cancers sont évitables.
09:47Arrêter de fumer, faire un peu de sport,
09:50manger équilibré, se faire vacciner contre l'HPV,
09:52et pourtant on voit bien tous les freins
09:54qui peuvent exister.
09:56Donc il y a une vraie action à mener.
09:58Sylvie l'a dit, ça fait partie de l'éducation.
10:02On a tendance en France peut-être
10:03à lancer des actions de prévention
10:05au moment où elles arrivent.
10:06C'est-à-dire qu'on vous dit,
10:08on vous apprenait que vous avez 50 ans
10:09parce qu'il faut que vous fassiez un test hémoculte.
10:11Si vous l'avez oublié,
10:12la Sécurité sociale va vous le rappeler.
10:13Donc vous venez d'avoir 50 ans.
10:15Mais il faut le faire en amont.
10:17Il faut commencer plus jeune.
10:18Il faut aussi parler au bon moment.
10:21Dire à des enfants
10:22qu'il faudra faire un hémoculte à 50 ans,
10:24ce n'est pas leur sujet.
10:25Par contre, leur expliquer qu'il ne faut pas fumer
10:27parce que ça entraîne ceci, cela,
10:29dans 20 ans,
10:30je ne suis pas sûr non plus
10:30que le discours soit pertinent.
10:32Quel est le poids du tabac ?
10:33C'est l'environnement.
10:34C'est aussi des mégots qu'on laisse par terre.
10:37On les touche,
10:38mais les jeunes particulièrement sensibles
10:39à ces sujets-là.
10:41C'est aussi l'odeur que ça dégage.
10:43Donc il faut aussi trouver
10:44la manière de parler au bon moment.
10:46Donc c'est vraiment un travail éducatif tout du long.
10:48Et le cancer est un bon exemple.
10:50Déjà parce qu'on peut mesurer
10:5140% de maladies en moins.
10:53Je rappelle que le cancer,
10:54c'est 11% des dépenses de l'ondame.
10:56Donc c'est aussi un bon pari d'aller là.
10:59Que le médicament en cancérologie
11:01a augmenté de 75% en 5 ans.
11:04Donc là aussi, il y a un moyen d'agir.
11:06On entend beaucoup d'actions
11:08sur comment détecter précocement le cancer.
11:11Les gens ont envie d'aller faire un scanner tout le temps,
11:13une IRM,
11:14si vous écoutez Kardashian,
11:16elle vous dit qu'il faut faire une IRM tous les ans.
11:18Je pense que c'est exactement ce qu'il ne faut pas faire.
11:20Parce qu'on va emboliser le système de santé bêtement.
11:23Des gens pas malades iront voir.
11:24Des gens qui ont l'information,
11:25donc vous n'allez pas forcément cibler les bonnes personnes.
11:28Donc on va se retrouver à augmenter une crise.
11:30Donc il faut, comme ça a été dit,
11:32avoir une stratification.
11:33Savoir où je vais
11:34et à quel moment il faut faire l'examen
11:37et identifier les patients.
11:38Parce qu'ils vivent dans une zone à risque.
11:40Parce qu'il y a une pollution.
11:41J'étais lundi dernier à Manchester
11:44qui est une zone
11:45pauvre de l'Angleterre
11:46où il y a un très grand centre
11:47qui s'appelle le Christie's.
11:48Ils travaillent là aussi en mappant des cartes
11:50comme on le fait nous à l'Institut Curie.
11:52Des cartes de pollution,
11:55des cartes sociétales
11:56avec la survenue des cancers.
11:58Pour essayer de détecter
11:59plus précocement des gens à risque
12:01ou des gens qui ont
12:04une augmentation
12:05ou un cancer précocement
12:07pour que ceux-là, on puisse les cibler.
12:09Donc c'est toute une stratégie territoriale
12:11tenant compte de plein de facteurs
12:13comportementaux, sociétaux, environnementaux
12:15qu'il faut arriver à intégrer.
12:16Et là, l'IA, puisque c'est le sujet,
12:18peut nous aider.
12:19Alors je voudrais quand même
12:20que vous réagissiez tous les trois
12:21sur ces check-ups
12:22qu'on propose aujourd'hui.
12:24C'est un check-up très très cher
12:26quand même
12:27qui ne vous met jamais à l'abri
12:28complètement de la maladie.
12:29Est-ce que c'est des bonnes pratiques ?
12:31Est-ce que l'IA va permettre
12:32de justement mieux les cibler
12:33en fonction de vos lieux de vie ?
12:35Ou est-ce que ça reste quand même
12:36quelque chose qu'on ne recommande pas
12:38parce qu'il n'y a pas de garantie à 100%
12:40contre le fait de tomber malade ?
12:41Et que ça embolise en plus,
12:42vous me direz, Arnaud, éventuellement,
12:43les systèmes de santé ?
12:46En tout cas, sur le cancer,
12:48je pense que
12:49ce n'est absolument pas la solution.
12:52D'aller faire ces examens,
12:53alors ça fera plaisir,
12:54ça fait toujours du bien,
12:55des gens ont les moyens de se les payer,
12:57tant mieux pour eux.
12:58Mais je pense que c'est
13:00un détournement
13:00du système de santé.
13:03Le système de santé,
13:04il n'est pas là pour
13:06faire que ceux qui ont les moyens,
13:07on leur fait une première prise de sang,
13:09par exemple,
13:09en tant qu'hématologue,
13:10et là, on vous trouve un truc
13:11et vous avez mis le droit
13:11dans un engrenage sans fin
13:13qui va faire tourner,
13:14pour le coup,
13:14un parcours de soins
13:15très rémunérateur.
13:16Ce n'est pas du tout le sujet.
13:17Je crois que là-dessus,
13:18il faut réfléchir intelligemment.
13:21On est ici dans le sixième arrondissement,
13:22le cinquième à côté.
13:23Il y a plus de cancer du sein ici
13:25que dans le 93.
13:26Ce n'est pas parce que
13:27l'environnement est moins bon,
13:28ce n'est pas parce qu'on y mange moins bien.
13:29C'est juste parce que
13:30ici, il y a une vraie sensibilisation
13:32et que les gens ont,
13:33dans cette culture-là,
13:34cette présence
13:35et des moyens socio-économiques
13:36qui permettent d'aller faire
13:37ces examens
13:38que vous n'allez pas retrouver
13:38dans le 93.
13:40Donc, il faut savoir aussi
13:41graduer notre action
13:42en prévention.
13:43Oui, parce que quand vous faites
13:44un check-up de la tête aux pieds,
13:46on finit toujours par trouver
13:46quelque chose
13:47qui, finalement,
13:50va devenir forcément une maladie.
13:51Ah ben non,
13:51ça peut même être
13:53un exercice de style,
13:54de faire une batterie d'examens
13:55dont on ne sait pas très bien
13:56pourquoi elles sont faites.
13:57C'est comme vous allez à la pêche,
13:59vous lancez le filet,
14:00vous trouverez des poissons,
14:00il y en a des mangeables,
14:01des pas mangeables,
14:02et quand vous ne connaissez pas le poisson,
14:03vous envoyez un autre collègue
14:04qui connaît ce poisson
14:05et vous êtes parti
14:06pour une série de poissonneries
14:07qui n'a strictement aucun intérêt.
14:08Mais vous aurez bien dépensé l'argent.
14:10Je rappelle que ce chiffre,
14:12il faut l'avoir en tête,
14:13la Cour des comptes évalue
14:14à 22 milliards d'euros
14:15les dépenses inutiles en santé
14:16et notamment dans les examens complémentaires.
14:1922 milliards d'euros.
14:21Donc, il y a beaucoup mieux à faire
14:22avec 22 milliards d'euros
14:23que de balader des patients
14:24d'un endroit à un autre
14:25pour des examens dont ils n'ont pas besoin.
14:26Monsieur le direct,
14:27allez-y Sylvie, après.
14:28Je rebondis aussi,
14:29ça crée aussi beaucoup d'anxiété.
14:31Et donc, des coûts supplémentaires
14:33en santé mentale.
14:34Et la santé mentale,
14:34ce n'est quand même pas
14:35un petit sujet actuellement.
14:36Donc, on croit
14:37qu'on va être rassurés,
14:39faussement.
14:39Moi, je pressens
14:41que dans les quelques années
14:42qui viennent et assez rapidement,
14:43on va commencer à avoir des cas
14:45avec un check-up complet
14:46et puis, il va y avoir
14:47un cancer du pancréas fulgurant
14:48qui arrive
14:49et là, il ne va pas comprendre
14:50la personne qui a payé
14:52plus de 3 000 euros,
14:53qui a eu son check-up,
14:54à qui, au final,
14:55on va dire,
14:56mangez mieux, bougez,
14:58dormez bien.
14:58Enfin, tous les conseils
14:59qu'on connaît,
15:00de toute façon,
15:00qui ne révolutionnent pas.
15:01Les conseils sont toujours
15:01les mêmes, de toute façon.
15:02Parce qu'on sait
15:03que les cancers intercurrants,
15:04ça existe aussi.
15:05Alors, peut-être que l'IA
15:06aidera un petit peu mieux
15:07à détecter,
15:07mais ce n'est pas sûr.
15:08Je pense que ça arrive aussi
15:09de façon intercurrente.
15:11Et puis, c'est faussement rassurant.
15:13Et puis, il y a ceux
15:13qui ne vont pas être rassurés
15:15parce que déjà,
15:15ils font le check-up
15:16parce qu'ils sont
15:16un petit peu hypochondriaques
15:17et qui, en plus,
15:19vont avoir pas tout à fait normal
15:20la prise de sang,
15:21le biomarqueur,
15:28ce n'est pas vrai
15:29que ça donne exactement
15:30la même chose
15:31à titre individuel.
15:32Or, on extrapole,
15:33en tout cas,
15:34c'est ce qui est vendu,
15:35on extrapole en disant
15:36oui, on sait que ce biomarqueur,
15:37ça va vous permettre de...
15:38Et puis, si jamais
15:39il y a un biomarqueur
15:40de la maladie d'Alzheimer
15:41et que derrière,
15:42il n'y a pas de prise en charge
15:43spécifique de traitement,
15:45là, ça pose un problème éthique.
15:46On en parlait tout à l'heure.
15:47Là, c'est un autre problème.
15:47Voilà.
15:47C'est toutes les limites aussi
15:49qui font qu'aujourd'hui,
15:50je pense que ce n'est pas ça
15:52qui va révolutionner,
15:53en tout cas,
15:53le système de santé
15:54et qui va permettre
15:55une meilleure santé.
15:56Ça, c'est sûr.
15:56Or, non ?
15:57Peut-être deux compléments.
15:59Le premier complément,
16:00c'est que quand on regarde
16:03le besoin de santé
16:04de la population aujourd'hui,
16:05il est supérieur
16:06à ce que nous,
16:07en offre sanitaire,
16:08on est capable
16:08de proposer en réponse.
16:10Donc, en fait,
16:10ce n'est surtout pas le moment
16:11d'emboliser le système
16:13avec des examens inutiles.
16:14Nous, le sujet,
16:15c'est vraiment de faire du ciblage.
16:16Comme vous le disiez,
16:17il faut qu'on puisse cibler
16:18et intervenir
16:19parce que sinon,
16:20on est déjà insuffisant
16:22en termes d'offre sanitaire.
16:23Enfin, c'est vraiment
16:23dans tous les hôpitaux
16:25France entière.
16:26Quand on voit les patients
16:27qui arrivent,
16:28en particulier dans nos hôpitaux,
16:30c'est des patients
16:31beaucoup, beaucoup plus lourds
16:32et beaucoup plus dégradés
16:33qu'avant.
16:34Donc, il y a quand même
16:34un état de santé
16:35de la population
16:35qui se dégrade
16:36et qui fait qu'on ne peut pas
16:37se permettre des stratégies
16:39où on va faire
16:39des panels pendragons
16:40à tout le monde
16:41pour dépister le max
16:42de cancers possible
16:43comme ça à Binicio.
16:44Donc, ça, c'est le premier truc
16:45qu'on est obligé de cibler
16:46parce qu'on a
16:47cette insuffisance d'offre sanitaire
16:49par rapport aux besoins
16:50de santé de la population.
16:51Et puis, après,
16:53mon deuxième point,
16:53c'est un sujet culturel.
16:55En fait, le sujet,
16:56c'est effectivement
16:56qu'il ne faut pas
16:58reporter toute la responsabilité
17:00de son état de santé
17:01sur le professionnel de santé
17:03qui va devoir annoncer
17:04le résultat.
17:04En fait, c'est un sujet culturel
17:06de je vais faire
17:07de l'activité physique,
17:08j'arrête de fumer,
17:09j'arrête de boire de l'alcool
17:10où j'en bois beaucoup moins,
17:11les sujets de manger
17:12de la viande, etc.
17:13Les sujets de prendre son vélo,
17:15de dormir plus.
17:16Enfin, c'est des sujets
17:17très culturels, en fait.
17:18Donc, c'est là
17:19où il faut remettre
17:20la responsabilité
17:20sur le citoyen
17:21et pas le rejeter
17:22sur le système de santé
17:23où c'est des travers
17:26de notre système
17:27où on construit
17:28avec quelque part
17:30toute la culture
17:31qu'on a
17:31de l'état-providence
17:32dit très largement
17:33où on a un problème,
17:35on se retourne
17:35vers le gouvernement
17:36qui fait une loi,
17:37qui met du fric sur la table.
17:38Tout ça, c'est une culture
17:39qui crée de la passivité
17:40là où, en fait,
17:41on a les leviers,
17:42nous, chacun.
17:43Donc, en fait,
17:43c'est un sujet culturel.
17:45Donc, c'est surtout pas
17:46rejeter sur le système
17:47de santé la responsabilité
17:48de cette prévention.
17:49Il y a un sujet
17:50sur lequel je voulais
17:50vous interroger,
17:51c'est sur la santé mentale.
17:53Prévention primaire
17:54et santé mentale.
17:55On parle beaucoup
17:55de santé mentale
17:56depuis deux ans,
17:56c'est quand même
17:57une grande cause.
17:58Est-ce qu'on peut faire
17:59quelque chose
18:00dans ce domaine-là ?
18:01Est-ce que votre circuit,
18:04le parcours patient
18:05que vous avez créé
18:06peut être efficace
18:07dans ce domaine ?
18:09Cette fragilité,
18:10elle fait peur maintenant
18:10de plein de gens
18:11qui ne se sentent pas bien ?
18:12Alors, la responsabilité
18:13populationnelle,
18:14elle existe
18:14pour un certain nombre
18:15de pathologies.
18:17Cet été,
18:17il y a même eu
18:18un truc assez extra
18:20parce qu'il y a
18:21un premier algorithme
18:22qui est sorti
18:23pour stratifier
18:23les personnes âgées.
18:25Ce qui est quand même
18:26un truc assez fou
18:27quand on regarde
18:27les différents phénotypes
18:28de personnes âgées.
18:30Mais la psychiatrie,
18:31c'est quand même
18:32la marche encore au-dessus.
18:34Après, ceci dit,
18:35la méthode territoriale
18:37de qu'est-ce qu'on peut
18:37proposer les uns
18:38les autres
18:38sur des sujets
18:39très simples
18:40sur les risques
18:43de décompensation
18:43des jeunes,
18:44sur les isolements,
18:46etc.
18:46C'est vraiment des sujets
18:47où la méthode
18:49responsabilité populationnelle
18:49pour la deuxième brique,
18:50on se met tous
18:51autour de la table
18:52et on réfléchit
18:53et on construit
18:53ces parcours territoriaux.
18:54Ça, par contre,
18:55c'est des choses qui marchent.
18:56Après, ça marche
18:57à condition qu'on ait
18:58des professionnels,
18:58mais là encore,
19:00on a tous des briques.
19:01C'est ça qui est extra
19:02quand on fait
19:04ces réunions cliniques.
19:05On se rend compte
19:06que sur un territoire
19:07et même dans des territoires
19:09nous, on est dans
19:10le Grand Est,
19:10en Lorraine
19:11et puis on a
19:12des directions communes
19:12avec le Commercy
19:13dans la Meuse
19:14et dans l'Ouest
19:17de la Meurthe-et-Moselle
19:18et même là,
19:19il y a énormément d'offres.
19:20Il y a vraiment
19:21une richesse territoriale
19:22qu'il faut réussir
19:22à mobiliser.
19:23C'est vraiment comme ça
19:25en construisant les choses
19:26et puis en se fixant
19:27sur les 2-3 points
19:29des parcours patients
19:30qui posent problème
19:31qu'on arrive quand même
19:32à changer la donne.
19:34Si tu voulais ajouter
19:34quelque chose.
19:35Oui, sur la santé mentale,
19:38il y a des troubles
19:40de santé mentale.
19:40La santé mentale,
19:41c'est être bien.
19:42C'est comment on reste bien,
19:44comment on est équilibré.
19:45C'est d'obtenir un équilibre
19:46puisque dans la vie,
19:46on a parfois des coups durs
19:47et puis c'est comment
19:48on rééquilibre tout ça.
19:50C'est un peu l'histoire
19:51de tous les jours finalement.
19:53C'est au quotidien.
19:55Le parti pris qu'on a eu,
19:56c'était de se dire
19:57qu'il y a ceux qui décompensent
19:59qu'une maladie psychiatrique
20:00qui ont besoin
20:01effectivement sur le territoire
20:02très vite d'aller
20:03peut-être dans des urgences
20:04psychiatriques spécialisées,
20:05etc.
20:06Je reviens sur le point,
20:07sur le palmarès
20:08puisqu'on a intégré nous
20:10justement pour les assurer
20:11pour qu'ils puissent trouver.
20:12Mais il y a différentes gradations
20:13dont je ne sais pas bien
20:16ce que j'ai,
20:17je m'interroge.
20:18Et on a une IA aussi
20:20qui permet à partir
20:21de symptômes d'orienter,
20:22pas de faire un diagnostic,
20:24mais d'orienter.
20:25C'est une IA qui a été construite
20:26avec des médecins.
20:26Tous les outils qui sont proposés
20:28sont des outils
20:28qui scientifiquement ont été prouvés
20:31et qu'on a éprouvés également.
20:34Ça, ça peut aider aussi
20:36à être rassuré pour le coup
20:37ou à savoir
20:38quel type de professionnel
20:39il faut aller.
20:39Il faut aller voir.
20:41Parce que faire la différence
20:42quand on n'est pas médecin
20:43entre un psychiatre,
20:44un psychologue,
20:45tout ce qui tourne autour
20:46de la santé mentale
20:47ou du bien-être
20:48ou du coaching,
20:49en fait,
20:49les personnes sont un peu perdues.
20:51Et puis,
20:51vous parliez sur le territoire
20:53que parfois,
20:53on n'a pas les professionnels.
20:55Là,
20:55la vidéoconsultation
20:56ou la téléconsultation,
20:58notamment en santé mentale,
20:59ça marche assez bien
21:00parce qu'en plus,
21:01et notamment les jeunes,
21:02ils aiment bien,
21:02ils préfèrent la téléconsultation
21:06ou Tchadipity
21:06mais qui n'est quand même
21:07pas la référence
21:09dans le domaine,
21:09je pense.
21:10Enfin,
21:10ça ne va pas les aider longtemps.
21:12Et ça,
21:13c'est important
21:14qu'on puisse
21:16finalement faire
21:17ce que vous faites
21:17sur le territoire,
21:18c'est rechaîner
21:18un certain nombre
21:19de possibilités
21:20pour se dire
21:21j'ai un trouble,
21:22encore faut-il connaître
21:23les services,
21:24mais j'ai un trouble
21:25et j'ai envie de savoir
21:25ou je ne sais pas
21:26ou je me pose des questions
21:27ou alors il y a aussi
21:28des applis digitales.
21:29On peut aussi parler
21:31des outils digitaux
21:32et de ce qu'on peut proposer.
21:34Pareil,
21:35des outils digitaux
21:35qui ont été prouvés
21:36au comité médical,
21:37etc.
21:38C'est des vrais soutiens
21:39aussi parce qu'ils
21:40les ont chez eux
21:41entre deux consultations
21:42potentielles
21:42ou en attendant
21:43une consultation.
21:44Donc,
21:45il faut trouver
21:45en fait à chacun
21:46une personnalisation
21:47de ce qu'il attend
21:48pour essayer de grader
21:50à quel moment,
21:51quel bon moment
21:52il faut intervenir
21:53ou à quel bon moment
21:53il faut qu'il aille
21:54vers tel ou tel outil.
21:55Je voudrais qu'on parle
21:56maintenant de prévention
21:57secondaire et tertiaire
21:58et là c'est vers le cancérologue
21:59que je me tourne.
22:00Qu'est-ce que l'IA
22:01vous apporte
22:02pour justement
22:03le suivi
22:04de tous ces patients
22:05que vous avez
22:06en consultation ?
22:07Je pense qu'un des outils
22:11dont on va avoir besoin
22:12avec l'IA
22:13c'est de pouvoir analyser
22:14toutes les informations
22:15que peut nous fournir
22:16un patient.
22:16On l'a dit,
22:17les outils numériques
22:18je pense aussi au SNDS.
22:21C'est-à-dire
22:22les données de santé
22:24de la sécurité sociale
22:26qui pour le coup
22:26couvrent 99,
22:28plus de 99%
22:29des français.
22:30Donc,
22:30dedans c'est un outil
22:31qui n'est pas du tout
22:32fait pour ça
22:33mais qui,
22:34quand on le connaît
22:35un petit peu,
22:35permet d'exploiter
22:36des informations
22:38sur la santé du patient.
22:39Les prescriptions
22:40qu'il a reçues,
22:41il est allé voir un médecin
22:42ou il est allé voir
22:42un pharmacien.
22:44Donc,
22:44vous pouvez suivre
22:44comme ça
22:45l'évolution d'un patient
22:46et donc détecter
22:47précocement
22:47des signaux
22:48qui font que
22:50ce patient
22:50qui a été traité
22:51commence à dériver
22:53d'une attitude classique.
22:54Il commence à prendre
22:55des antidouleurs
22:56alors que juste avant
22:56il n'en avait pas besoin
22:57ou on voit même
22:58des psychotropes.
23:00Et donc,
23:00petit à petit,
23:01vous pouvez dire
23:01là il se passe quelque chose
23:02chez ce patient.
23:03Et ces données-là,
23:04on peut créer
23:05des algorithmes
23:05qui vous permettent
23:06d'identifier les patients
23:07et qui vous permettent
23:08justement de les voir
23:09au bon moment.
23:10C'est-à-dire
23:10pas tous les 3 mois
23:11ou 6 mois
23:12mais tout d'un coup
23:13il faut que vous venez
23:14demain.
23:15Exactement,
23:16c'est exactement ça.
23:16En consultation,
23:17quand vous faites
23:18de la surveillance
23:19dans ma discipline,
23:20en hématologie,
23:21vous dites
23:21pour un lymphome
23:22je vais le voir
23:22une fois tous les 6 mois
23:23pendant un an,
23:23une fois par an
23:24pendant 5 ans
23:24et puis après j'arrête.
23:26Moi je fais comme ça.
23:27Mais en même temps
23:27je me dis
23:28pourquoi je le vois
23:29à ce moment-là
23:30il n'y a rien arrivé
23:31et le lendemain
23:32pour un peu
23:33il va rechuter.
23:36ça rassure le patient
23:37vous êtes une sorte
23:38de talisman
23:38pour lui
23:39il vous voit
23:39ça va bien
23:40il peut repartir
23:40pour un an
23:41et puis vous
23:42vous dites
23:42bon là une consultation
23:43pas très compliquée
23:44mais vous n'avez pas
23:45rendu véritablement service
23:46et je crois que
23:48travailler sur ces données
23:49de santé
23:49on a un programme
23:50avec l'ACNAM
23:50sur les femmes jeunes
23:51avec un cancer du sein
23:52dans le cadre de l'IHU
23:53des cancers des femmes
23:54on va travailler
23:55avec l'ACNAM
23:56spécifiquement sur le sujet
23:57des femmes jeunes
23:58qu'on portera
23:58à Octobre Rose justement
24:00de voir comment
24:01à travers leur consommation
24:03et leur vie médicale
24:05on peut détecter
24:06précocement des signes
24:07qui font que peut-être
24:08une patiente rechute
24:09on sait au départ
24:10qu'elle a peut-être
24:11un cancer à risque
24:12plus important
24:12cancer du sein
24:13triple négatif
24:14donc plus à risque
24:15qu'un autre
24:15vous commencez à additionner
24:16d'autres données
24:17et là vous pouvez
24:17créer un algorithme
24:18qui ne vous dit pas
24:20elle rechute
24:21qui vous dit là
24:22il y a peut-être
24:23un examen à faire
24:23parce que ça commence
24:25à dériver
24:25et ça je crois
24:26que c'est quelque chose
24:27qui est intelligent
24:28dans le système de santé
24:29parce que c'est une utilisation
24:30des ressources rares
24:31mais de manière pertinente
24:33qui prend un ensemble
24:34de données
24:35qu'un médecin tout seul
24:37ne pourra pas faire
24:38donc il faut créer
24:39ces algorithmes
24:40après c'est facile à dire
24:41parce qu'il faut les relier
24:41au DPI
24:42pour pouvoir alerter
24:43le médecin
24:43il ne faut pas non plus
24:44qu'on ait des alertes
24:45tous les 5 minutes
24:45parce que sinon
24:46et la vie de la patiente
24:47et la vie du médecin
24:48et de ses assistantes
24:49devient insupportable
24:50mais là je crois
24:51qu'il y a quelque chose
24:52à réfléchir
24:53la CNAB est évidemment
24:54très intéressée
24:55parce que ça lui permet
24:56elle aussi
24:56de pouvoir évaluer
24:58ses politiques de santé
24:59parce qu'il faudra aussi
24:59évaluer
25:00est-ce qu'une vie
25:00avec une IA
25:01qui vous suit
25:02c'est mieux
25:02qu'une vie sans IA
25:03qui vous suit
25:04parce qu'après tout
25:05il n'est pas dit
25:06que ces systèmes là
25:07amènent une amélioration
25:08de survie
25:09de survie sur progression
25:10si je reprends des items
25:11qu'on met dans les essais cliniques
25:12donc ces systèmes
25:13n'existent pas pour l'instant
25:14c'est à réfléchir
25:15à créer
25:15en fait utiliser le SNDS
25:17ce n'est pas comme une base
25:17de données faite pour ça
25:18il faut quand même
25:19des gens qui sont entraînés
25:20pour ça
25:20on a la chance à Curie
25:21d'avoir des médecins
25:22qui s'intéressent à ces datas
25:23et de plus en plus
25:24les jeunes s'intéressent
25:25à ces datas
25:26parce qu'encore une fois
25:27ce n'est pas fait pour ça
25:28au départ
25:28donc il faut déjà
25:29apprivoiser
25:30avoir les autorisations
25:31et commencer à réfléchir
25:32il faut un regard médical
25:33parce que
25:34quand vous avez
25:35toutes ces données
25:36vous en avez plein
25:36qui ne servent à rien
25:37si c'est pour vous dire
25:39vous êtes plus proche
25:39de la fin
25:40et que le marqueur
25:41le plus important
25:42c'est votre âge
25:43on est tous capables
25:44de le dire dans la salle
25:45donc il faut aussi
25:46un regard médical
25:47pour utiliser ces données
25:49et de pouvoir les mettre
25:50dans une utilisation médicale
25:52du quotidien
25:53et ça c'est un travail
25:54assez lourd
25:55qu'il faut faire
25:55mais la France a cet avantage
25:57d'avoir cette base de données
25:58qui n'est pas partout existante
26:01les américains
26:02ils ont surtout
26:02des bases de données
26:03issues des assureurs
26:05donc
26:05qui ne sont pas non plus
26:06faites pour ça
26:07mais qui correspond encore
26:08à un autre profil
26:09donc je pense que là
26:09on a un trésor
26:10sur lequel on doit investir
26:11Arnaud
26:12Peut-être juste en complément
26:14il y a un programme
26:15de recherche nationale
26:16sur ces algorithmes
26:18pour les cancers
26:20Interception
26:20qui a été lancé
26:21par Suzette Delaloge
26:22qui est maintenant
26:22présidente de l'Inca
26:23et c'est exactement
26:25ce que vous décriviez
26:26c'est à dire
26:26pour les cancers
26:27sur lesquels
26:27on a une suffisamment
26:28bonne connaissance
26:29de la carcinogénèse
26:30et de
26:31en fonction de telle étape
26:33de tel profil de patient
26:34quel est le levier
26:34qui est pertinent
26:35ou pas pertinent
26:35etc
26:36c'est travail de recherche
26:37mais c'est exactement
26:40cette responsabilité populationnelle
26:41c'est la partie stratification
26:43et là où
26:45côté responsabilité populationnelle
26:46il y a des outils
26:46parce que la responsabilité populationnelle
26:48est déployée
26:49dans un paquet de pays
26:50dans le monde
26:50sauf en France
26:51enfin c'est à dire
26:52en Belgique
26:52en Italie
26:53en Espagne
26:53etc
26:54aux Etats-Unis
26:55en Allemagne
26:55avec y compris
26:56des assureurs privés
26:57ils ont un gestionnaire
26:58populationnel
26:59et le gestionnaire
27:00populationnel
27:01ça permet d'avoir
27:02le suivi fin
27:03de la population
27:04et par exemple
27:05chez nous
27:06on a adapté
27:07on a commencé
27:07à faire un démonstrateur
27:09là dessus
27:09avec malheureusement
27:10une boîte américaine
27:10mais qui s'appelle
27:11Subventum
27:11mais qui du coup
27:13nous permet d'avoir
27:14un suivi fin
27:15de notre population
27:15donc par exemple
27:17le PUPH
27:17ou le PH
27:18lui est averti
27:19quand il y a un patient
27:20qui est passé
27:21de la strate 2
27:21à la strate 3
27:23et donc il sait
27:24que lui il est prioritaire
27:25que lui il doit le voir
27:26et donc ça lui permet
27:27de déprioriser
27:28des rendez-vous
27:29en disant
27:29un tel, un tel, un tel
27:31ça sert à rien
27:31que je les vois
27:32et ça du coup
27:33ça permet de vraiment
27:34reprioriser
27:34et puis d'allouer
27:35les moyens du système
27:36de santé
27:36et le temps médical
27:37à des patients
27:37qui sont vraiment nécessaires
27:39et ça c'est des
27:40enfin en Catalogne
27:41ils ont ce truc là
27:43le chiffre
27:43qui est très parlant
27:44je trouve
27:45un médecin traitant
27:46en Catalogne
27:46il suit 2000 patients
27:48un médecin traitant
27:49en France
27:49il suit 1000 patients
27:50mais par contre
27:51le médecin en Catalogne
27:52il a son gestionnaire
27:53de fil active
27:54et donc il arrive
27:55comme ça
27:55à nettoyer son carnet
27:57de rendez-vous
27:57et à le prioriser
27:58avec du coup
27:59une vraie priorisation
28:00des moyens
28:00et c'est en fait
28:01c'est là où
28:01nous il faut qu'on arrive
28:03à mettre des outils
28:04de type gestionnaire
28:04populationnel
28:05sur les algorithmes
28:06et sur les programmes
28:07de recherche
28:07comme ceux qui sont
28:08développés à l'Institut Curie
28:09tout à fait
28:10et il faut quand même
28:11mesurer qu'en France
28:13pour rester en domaine
28:14du cancer
28:14nous n'avons pas
28:15de registre national
28:17des patients atteints
28:18de cancer
28:19ça vient d'être voté
28:20comme vous le savez
28:21par les députés
28:22donc l'Inca
28:23va pouvoir lancer
28:24ce programme là
28:25mais nous n'en avons pas
28:26ce qui quand vous parlez
28:27avec des collègues
28:28d'autres pays européens
28:29ils tombent de leur chaise
28:31et puis ils vous disent
28:31c'est pas possible
28:32qu'en France
28:32vous n'avez pas un registre
28:33les pays nordiques
28:34ont ça depuis très longtemps
28:35et c'est quand même
28:36un outil
28:36alors le SNDS
28:38est une manière
28:38de suivre au-delà
28:40même du cancer
28:40parce que
28:43en fait
28:43on parlait de santé mentale
28:44mais tout ça
28:44c'est de la santé
28:45c'est du bien-être
28:46de population
28:47que ce soit le cancer
28:47les maladies cardiovasculaires
28:49ou la santé mentale
28:50c'est une manière
28:50de mesurer le bien-être
28:51de votre population
28:52et quand on est en prévention
28:53on ne peut pas dire
28:54qu'on fait de la prévention
28:55de ceci
28:56on devrait faire une prévention
28:57beaucoup plus large
28:57sur l'ensemble
28:58de la qualité de vie
29:00qu'ont les Français
29:01parce que quand on regarde
29:03quand on dit
29:03il faut faire de l'activité
29:04physique adaptée
29:05ça diminue le risque de cancer
29:06ça diminue aussi
29:07les risques cardiovasculaires
29:08donc voilà
29:09on est quand même
29:10sur une notion de santé globale
29:12qu'il faut maintenant
29:12un peu mieux intégrer
29:13Sylvie pour terminer
29:14il y a un mot
29:15qu'on avait abordé
29:16c'est celui du risque
29:17du mésusage
29:17de ces données
29:19vous avez une minute trente
29:20je suis désolé
29:20c'est assez court
29:21mais est-ce qu'il n'y a pas
29:24une mutuelle
29:24qui va finir par vous demander
29:26à quel stade vous en êtes
29:27qu'est-ce que vous faites
29:28et d'utiliser vos données
29:31pour moduler par exemple
29:33vos tarifs
29:34oui j'aime beaucoup
29:35cette question
29:35parce que je le croyais
29:36avant d'arriver
29:37dans l'environnement
29:38mutuel et assurance santé
29:40en tout cas
29:41quand on travaillait
29:41sur les entrepôts de données
29:43évidemment il ne fallait pas
29:44que les mutuelles
29:45ni aucune assurance santé
29:46y ait accès
29:46en fait c'est pas légal
29:49la majorité des contrats
29:51qui sont les contrats collectifs
29:53et les contrats responsables
29:54en fait ont une interdiction
29:56d'avoir un questionnaire médical
29:58en fait ce qu'on remplit
29:59quand on emprunte
30:00là on a un questionnaire médical
30:02et là effectivement
30:03la franchise tient compte
30:05du risque
30:05c'est absolument illégal
30:07en fait en termes de santé
30:09les critères qu'on peut recueillir
30:11c'est là où vous vivez
30:12parce qu'il y a des histoires
30:13de remboursement
30:14de dépassement d'honoraires
30:15enfin voilà
30:15donc ça n'a rien à voir
30:16c'est le nombre de personnes
30:18dans le foyer
30:19et c'est éventuellement l'âge
30:20mais dans les contrats collectifs
30:22qu'on a en entreprise
30:23en fait on ne tient absolument
30:24pas compte de l'âge
30:24les personnes
30:25les salariés
30:26quel que soit leur âge
30:28on paye la même chose
30:29sauf s'ils choisissent
30:30des garanties différentes
30:31donc non c'est pas autorisé
30:33l'acnil y tient particulièrement
30:35parle beaucoup de minimisation
30:36c'est quand même un sujet
30:37parce que quand on entend
30:38la puissance des données
30:39on sait aussi la puissance
30:41que peuvent avoir
30:41les mutuelles
30:42dans le dépistage
30:43enfin dans un baromètre
30:44qu'on a fait juste ça
30:45le dépistage du cancer du sein
30:47du cancer du côlon
30:48et du cancer de l'utérus
30:49on a deux fois en fait
30:50les taux nationaux
30:51donc quelque part
30:53quand il y a plus de sensibilisation
30:56plus d'éducation
30:57ça c'est certain
30:59on peut réussir
31:00à motiver certainement
31:01un peu plus
31:02après il faut que ça soit encadré
31:03on est d'accord
31:04mais c'est déjà très encadré
31:05et il n'est pas possible
31:07que ce soit
31:09le cas pour une
31:11enfin en tout cas en France
31:12pour une assurance
31:13ou pour une mutuelle
31:15de se dire
31:15je vais recueillir les données
31:16maintenant que j'ai ces données là
31:17je vais pouvoir mieux tarifer
31:19ça c'est totalement interdit
31:20et bien nous sommes rassurés
31:21merci beaucoup
31:22c'était le mot de la fin
31:25merci à nos trois experts
31:26et à notre journaliste
31:28je vous laisse regagner
31:29merci à vous
31:30merci à tous
31:31merci à vous
31:31merci à vous
31:32et merci à vous

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