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  • il y a 27 minutes
À MedInTechs, plusieurs experts du monde médical, institutionnel et industriel ont abordé des enjeux concrets de transformation du système de santé. Au programme : simulation médicale, valeur en santé, innovation hospitalière, prévention numérique, robotique chirurgicale et lutte contre les tabous autour de certains cancers.
Ces échanges mettent en lumière les leviers susceptibles d’améliorer les parcours de soins, les conditions d’exercice des soignants et l’organisation des établissements de santé.
Avec
- Pr Christine Ammirati, coordinatrice de SimUSanté au CHU Amiens-Picardie
- François Gaudemet, président de la partie chirurgie chez Johnson & Johnson MedTech
- Aurélien Sève, responsable innovation santé au RESAH
- Dr Charlotte Garret, directrice du Lab Innovation de MySantéclair
- Pr Matthieu Durand, chef du service d’urologie au CHU de Nice
- Claire Durand, directrice des Affaires publiques et de la Communication chez Incyte Biosciences France

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Transcription
00:11Est-ce que la simulation aujourd'hui fait partie intégrante de l'apprentissage en santé ?
00:15La réponse est oui, puisque depuis 2012, on ne dit bien jamais la première fois sur le patient,
00:21ce qui fait que tous les étudiants en santé doivent apprendre les gestes invasifs
00:26avant de les pratiquer sur les patients et on pense souvent aux gestes,
00:30on pense parfois moins aux échanges, aux dialogues, aux conversations avec les patients
00:36puisque certaines paroles sont parfois aussi invasives que des gestes
00:39et donc la simulation, oui, c'est aujourd'hui une technique pédagogique extrêmement importante en santé
00:45pour toutes les professions en santé et j'ai envie de vous dire, tant en formation initiale qu'en formation
00:50continue.
00:54Le parcours de soins des patients autistes est parfois extrêmement anxiogène.
00:58On sait que les patients qui sont atteints de troubles autistiques,
01:02qui arrivent dans un environnement de soins, peuvent avoir peur.
01:05Sur le plan sensoriel, ils peuvent avoir des impressions extrêmement désagréables,
01:09voire même terrorisantes pour eux.
01:11Et c'est ainsi qu'on a été approchés par un foyer d'accueil pour personnes autistes
01:17qui nous disait que finalement, si les personnes autistes voyaient les environnements simulés,
01:21ils pourraient peut-être avoir moins peur et pouvoir accepter les soins plus facilement.
01:27C'est comme ça qu'on a commencé à travailler SimuTED, donc avec le centre de simulation
01:31et on a souhaité le faire en co-construisant des programmes avec les personnes autistes elles-mêmes
01:37puisqu'on en a eu un certain nombre, avec les familles, avec les éducateurs.
01:41Alors comment est-ce que la simulation intervient ?
01:44Eh bien on s'est rendu compte que si les personnes autistes réalisaient le parcours de soins
01:49tel qu'il allait être fait pour de vrai, en situation réelle,
01:53eh bien effectivement c'était un véritable parcours éducatif.
01:56Elles avaient moins peur, elles appréhendaient les choses différemment
02:00parce qu'elles avaient le droit de toucher, elles avaient le droit de prendre le temps.
02:03Et ce qui est intéressant, c'est que non seulement les personnes autistes avaient moins peur
02:07et non seulement elles commençaient une éducation finalement au parcours de soins,
02:11mais nous-mêmes en tant que soignants, on revenait sur un certain nombre de nos pratiques,
02:16on s'adaptait de façon très personnelle, très individuelle à chaque personne autiste
02:21et c'est comme ça que le programme SimuTED aujourd'hui fait que tous les derniers vendredis de chaque mois
02:25à SimuSanté à Amiens, eh bien des personnes autistes qui ont besoin soit d'aller au bloc opératoire,
02:31soit d'avoir un prélèvement sanguin, soit d'avoir une imagerie quelle qu'elle soit,
02:36eh bien viennent prendre connaissance de l'environnement et on prend le temps.
02:44On a pu travailler la simulation avec des patients qui étaient des professionnels de santé
02:50et qui avaient eu un accident de la vie, je pense en particulier à cette pneumologue
02:54qui avait fait un AVC et qui ne savait pas ce qu'elle savait encore faire comme geste
02:58et d'autres qui lui paraissaient plus compliqués.
03:00Le fait de venir en simulation avec un psychologue, un ergothérapeute et un environnement
03:05lui a permis de s'entraîner à certains gestes techniques et de savoir par contre
03:09que d'autres lui étaient définitivement interdits parce qu'elle n'y arrivait pas
03:13au sens de la sécurité du malade.
03:15Ce qui fait que ça permet ainsi cette réadaptation, je pense aussi à ce papa
03:19qui avait fait un AVC juste avant un accident vasculaire cérébral,
03:23juste avant d'avoir un bébé et qui n'osait pas tenir son enfant.
03:27Là encore, il s'agit de personnalisation de l'action ou avec cette fois-ci une puéricultrice,
03:33avec une psychologue toujours et des pédagogues.
03:36On avait pu l'entraîner avec un bébé qui pesait 3 kilos pour qu'il apprenne à tenir l'enfant.
03:43Et quand l'enfant est né, le papa a réussi à le prendre dans ses bras
03:48et a pu l'élever tout à fait normalement.
03:51Est-ce que c'est pour toutes les vulnérabilités, tous les handicaps ?
03:54Je ne sais pas vous répondre, on est encore en recherche sur le sujet
03:57et on répondra à la question plus tard.
03:59Mais ce qui est sûr, c'est que c'est une piste de travail extrêmement intéressante
04:03et comme je vous le disais, non seulement sur de la gestuelle,
04:06mais aussi sur de l'apprentissage, du savoir-être et de tout ce qui est facteur humain.
04:19La notion de création de valeur en santé, c'est l'idée de maximiser l'impact
04:24le bénéfice pour les patients, tout en maîtrisant au mieux les ressources
04:30qui sont employées pour obtenir ces résultats.
04:36Par exemple, quand on regarde les parcours de soins, les infections sur site opératoire,
04:41on peut avoir pour traiter ces complications des ressources qui vont être supplémentaires,
04:47qui vont être employées à postériori de l'intervention initiale
04:51et qui vont donc peser sur le coût global pour le système de santé,
04:55mais aussi sur la qualité de vie des professionnels de santé
04:58qui vont devoir prendre en charge et puis évidemment sur le patient
05:00qui va devoir gérer cette complication.
05:03Donc l'évitement de ces infections sur site opératoire
05:06et l'intégration de l'évitement de ces complications à l'origine de la prise en charge
05:11est un moyen de maximiser cette valeur en santé.
05:19Sur la performance, en fait, on ne va, quand on parle de valeur en santé,
05:23regarder l'impact sur l'ensemble du parcours de soins.
05:26On ne va pas regarder en silo sur juste l'intervention,
05:29mais vraiment penser sur l'ensemble du parcours.
05:32Et donc ça, ça permet d'avoir une performance et un impact qui est plus global
05:36et qui est donc plus optimisé versus une optimisation qui serait peut-être par fragments.
05:41et ça permet aussi par la collecte de données, en fait,
05:45de mieux maîtriser l'allocation des ressources qui sont utilisées pour obtenir ces résultats.
05:50Donc on peut ensuite redéployer ces ressources là où elles vont avoir le plus d'impact.
05:56Et donc c'est en ce sens-là que ça permet plus de justice
05:59et plus d'équité dans la prise en charge des patients.
06:05On est dans une démarche d'innovation, mais quand on pense innovation,
06:07ce n'est pas simplement innovation technologique,
06:09mais c'est vraiment innovation dans une démarche de création de valeur.
06:12Alors je peux par exemple citer des exemples très concrets
06:14comme le traitement de la fibrillation atriale.
06:17Ce sont des pathologies qui sont graves, fréquentes, sévères
06:22et qui par ablation peuvent être très bien traitées.
06:25Donc c'est comment est-ce qu'on met en place ces prises en charge
06:29qui sont recommandées par la société européenne
06:32et qui vont permettre d'éviter par exemple des traitements
06:36avec des arythmiques au long cours.
06:38Donc on doit, une fois qu'on a démontré la supériorité
06:43de ce type de prise en charge par ablation,
06:45ensuite mettre en place les mécanismes de compensation,
06:49de récompense et d'incitation de la mise en place
06:51et donc de financement des différentes parties prenantes,
06:54des financements des acteurs de centres de soins,
06:57des professionnels de santé et des industriels
06:59évidemment dans l'ensemble du système.
07:00Le deuxième point que je pourrais mentionner,
07:02c'est que nous sommes très investis aujourd'hui
07:04dans la transformation numérique qui est vraiment une chance
07:08et une solution pour la sondabilité du système de santé
07:11parce que cette collecte de données à travers des plateformes numériques
07:14qui va permettre de gérer de façon plus holistique les parcours de soins,
07:18va permettre de faire des évaluations qui sont plus pertinentes
07:21mais aussi de rentrer dans une démarche d'amélioration continue
07:24parce qu'on va améliorer ce qu'on va mesurer
07:26et on va pouvoir mettre en place les dispositifs
07:28qui permettent de se comparer avec d'autres centres de soins,
07:32d'autres acteurs, d'autres technologies
07:34et donc ensuite de choisir celles qui ont le plus d'impact
07:37au profit du bénéfice du patient
07:39et dans une gestion et une maîtrise des ressources de santé.
07:50Le Résa, c'est une centrale d'achat publique nationale
07:52qui a vocation à proposer de simplifier et accélérer l'achat
07:58par les établissements de santé, hôpitaux, EHPAD publics, voire même collectivités.
08:06Au sein du Résa, au-delà d'être une centrale d'achat,
08:08on a un centre de l'innovation par les achats
08:10qui a été créé en 2008
08:12afin de faciliter l'évaluation et l'intégration de solutions innovantes
08:16pour simplifier l'acquisition par les établissements hospitaliers.
08:19Pour ça, on a mis en place des partenariats
08:21avec l'ensemble de l'écosystème innovation en santé
08:24qui se retrouve d'ailleurs aujourd'hui à MetinTechs
08:27tels que des pôles de compétitivité des incubateurs
08:30BPI France, l'école polytechnique ou le PSCC
08:33et l'idée, c'est donc de pouvoir identifier les solutions
08:37qui sont matures, accessibles sur le marché
08:40et qui vont pouvoir proposer d'améliorer le système de soins
08:44pour les patients et les professionnels de santé.
08:46Concrètement, l'idée, c'est vraiment de s'appuyer sur l'expertise de l'écosystème.
08:50On a signé des partenariats avec des acteurs de l'écosystème
08:53qui accompagnent les innovations avant la mise sur le marché.
08:57Nous, l'idée, c'est de pouvoir les évaluer en s'appuyant aussi sur leur expertise
09:00mais également sur les établissements directement.
09:03On ajoute des phases de tests à nos marchés publics
09:07afin de s'assurer d'indicateurs probants et impactants
09:10qui vont permettre de s'assurer d'une efficacité réelle de ces solutions
09:15et d'un déploiement accéléré et optimisé
09:18que ce soit au niveau juridique, opérationnel et financier au sein des établissements.
09:24Ce qui compte pour nous, c'est avant tout que ce soit vraiment utile
09:28et adopté par les professionnels de santé et que ça serve le patient.
09:34Au-delà d'être un acteur de l'achat public,
09:36nous, ce qui compte, c'est de favoriser les MedTech françaises.
09:39On a vraiment ce rôle d'identifier ce qui se crée de mieux en France
09:45et de pouvoir le mettre à disposition.
09:47Et pour ça, on a des exemples concrets.
09:49Par exemple, je pense à la société Ecopene
09:51qui a été co-créée avec le soutien de la PHP
09:55et qu'on a pu référencer à travers un appel d'offres.
09:59Il s'agit d'un échographe portable
10:00qui est déjà utilisé par un certain nombre d'établissements.
10:03Et au-delà de son adoption et de son intégration dans notre catalogue d'offres,
10:07on permet de sécuriser juridiquement cette acquisition pour les professionnels de santé,
10:13mais également d'apporter un soutien à l'entreprise directement.
10:16On a des modalités d'achat qui permettent de réaliser des avances
10:21et d'effectuer des avances pour l'entreprise en lui assurant de la trésorerie.
10:25Et on sait bien que c'est le nerf de la guerre pour ces solutions, ces startups innovantes.
10:29C'est de bénéficier de fonds suffisants pour pouvoir avoir la trésorerie
10:34qui leur permettra de continuer à se développer.
10:36Autre exemple concret, Moon Surgical,
10:39qui est un robot chirurgical en célioscopie
10:43qu'on a intégré à notre catalogue d'offres
10:45et qui a été déjà acquis par le CHU de Rouen récemment.
10:48L'idée de ce robot, qui est une solution française,
10:53c'est de pouvoir intégrer le plus de blocs opératoires
10:57et de faciliter l'utilisation par les chirurgiens.
11:01On sait que le coût de cet équipement est vraiment important pour un établissement.
11:06Et afin d'en simplifier l'accès,
11:08on a décidé sur nos fonds propres
11:11de mettre en place des clauses juridiques,
11:13une ingénierie juridique pour permettre nous d'assurer l'achat auprès de l'entreprise
11:21directement de l'équipement qui coûte plusieurs centaines de milliers d'euros
11:24et d'ensuite d'en lisser la vente auprès de l'établissement sur plusieurs mois.
11:30Ceci permettant d'une part d'assurer de la trésorerie à l'entreprise
11:34et d'autre part, de permettre à l'établissement d'effectuer cet achat de manière plus simplifiée.
11:42Pour nous, être présent à Made in Tech est très important
11:45puisqu'il s'agit d'un rendez-vous annuel qui est maintenant bien installé
11:49et qui permet de rencontrer les entreprises, les acteurs de l'innovation en santé.
11:55Être présent à Made in Tech, c'est l'occasion de voir nos partenaires de l'écosystème innovation
11:59tels que le Digital Medical Hub, Médicène Paris Région, le Digital Pharma Lab
12:04ou encore le PSCC et Polytechnique avec qui on vient de signer des conventions de partenariat.
12:09Pour nous, c'est aussi l'occasion de rencontrer des Made in Tech innovantes
12:11qui feront probablement la santé de demain.
12:14Nous, on veut s'assurer que ces solutions soient assez matures et évaluées
12:18et lors de ce type de salon, ça nous permet d'avoir des échanges qualifiés
12:22et d'anticiper de futurs appels d'offres.
12:24On se rend compte que l'innovation en santé, elle existe, elle est bien réelle
12:28et on veut aussi s'assurer que l'achat public puisse être un véritable levier
12:33pour permettre à ces innovations d'accéder au marché
12:35et de pouvoir être utilisé concrètement par les professionnels de santé
12:39et être vraiment utile pour les patients.
12:49C'est plusieurs plateformes puisqu'aujourd'hui au CHU de Nice,
12:52on a la chance d'avoir trois robots pour la chirurgie thoracique, digestive, gynécologique.
12:59Urologique bien sûr, en fait c'est la possibilité de partager des plateformes chirurgicales robotiques
13:07avec plusieurs spécialités dans différents blocs opératoires.
13:11En gros, les robots ne se déplacent plus, ce sont les spécialités chirurgicales
13:15qui viennent se déplacer au bloc pour pouvoir opérer les uns après les autres
13:18de manière le plus organisée possible.
13:23J'en vois deux, un défi humain et un défi financier.
13:28Les deux sont aussi importants.
13:30Financier parce que l'activité chirurgicale robotique,
13:33ce n'est pas une activité qui est tarifée aujourd'hui.
13:35Donc du coup, ça nécessite forcément d'avoir des appuis financiers
13:38pour pouvoir développer et amortir ces plateformes.
13:41Et ensuite, humain parce que la chirurgie robotique,
13:44ce n'est pas forcément naturel pour l'ensemble des chirurgiens dans leur discipline.
13:48Aujourd'hui, ça l'est pour un certain nombre, notamment l'urologie,
13:50mais ce n'est pas toujours le cas pour tout le monde.
13:52Et il faut alors du coup s'obliger à réapprendre
13:55quand on a un certain nombre d'années d'exercice derrière soi
13:58pour pouvoir se réinventer avec un nouveau geste chirurgical,
14:02des nouveaux enjeux et puis éviter d'avoir des complications.
14:08Alors, je pense qu'ils sont déjà convaincus
14:10parce que l'ensemble des CHU aujourd'hui disposent de plateformes robotiques.
14:13La vraie question, à mon sens, c'est surtout
14:15comment est-ce qu'ils peuvent ou est-ce qu'ils doivent persévérer dans le développement ?
14:18Le meilleur moyen pour pouvoir persévérer dans le développement,
14:21c'est l'optimisation des plateformes,
14:23c'est-à-dire condenser sur une plateforme
14:26pour qu'elle soit le plus utilisée possible,
14:28le plus grand nombre d'opérateurs possible,
14:30avec le plus grand nombre d'interventions possibles,
14:32dans un temps le plus court possible,
14:34en respectant les temps de TVO,
14:37les temps d'ouverture de blocs opératoires,
14:38pour pouvoir permettre derrière tous les types d'actes possibles,
14:42éligibles à la chirurgie robotique,
14:43ceux qui ne sont pas très valorisants,
14:45mais ceux qui sont aussi très valorisés,
14:47afin d'avoir ce que l'on pourrait appeler un panier moyen,
14:51satisfaisant en termes de ressources financières,
14:53pour pouvoir équilibrer les comptes des établissements.
15:03On pourrait penser que c'est des gadgets,
15:05et je pense qu'il y en a qui sont effectivement des gadgets,
15:08mais il y a aussi des outils digitaux aujourd'hui,
15:10qui ont été construits par des professionnels de santé,
15:13des experts, basés sur l'évidence-based médecine,
15:16et qui peuvent vraiment amener de la valeur,
15:17notamment en termes de prévention primaire,
15:19pour aider les individus à prendre en charge certains aspects,
15:22qui peuvent être la nutrition, le sommeil, la santé mentale,
15:25pourquoi pas l'arrêt du tabac, ou même l'activité physique.
15:28Donc dans ces domaines-là,
15:30quand ces outils digitaux permettent d'accompagner des changements
15:33sur ces thématiques,
15:35ce n'est pas des gadgets, puisque c'est de la prévention,
15:37et donc ça permet d'améliorer les habitudes de vie.
15:42Le travail de sélection est très rigoureux,
15:45et il prend beaucoup de temps.
15:45On commence par une consultation du marché relativement large,
15:49et la première étape, ça va vraiment être,
15:52quels sont les fondements scientifiques,
15:54et quelle est la valeur santé qui va être apportée pour le patient.
15:57Donc on recherche des études cliniques,
16:00on recherche des process qui se basent vraiment sur l'évidence-based médecine,
16:03avant de pouvoir les mettre à disposition des patients.
16:07Mais ça ne s'arrête pas là,
16:08puisque ensuite il y a tout un tas d'autres aspects
16:10qui sont tout aussi importants,
16:11même s'ils sont moins mis en avant.
16:14Ça va commencer par le réglementaire,
16:16le RGPD, la sécurité,
16:18est-ce que les données, puisque c'est souvent des données de santé,
16:21vont bien être protégées,
16:23hébergées sur des serveurs en France,
16:25agréées,
16:28et avec une sécurité qui garantit que ces données
16:30ne vont pas fuiter n'importe quand,
16:33avec n'importe qui.
16:35Il y a un autre aspect qui est important aussi,
16:37c'est l'UX et l'ergonomie des applications.
16:39Quand on est sur du digital,
16:41il n'y a pas que le fondement scientifique,
16:43le socle technologique qui compte,
16:45il y a aussi est-ce que les utilisateurs vont s'y retrouver,
16:48est-ce que c'est user-friendly.
16:49On regarde aussi qui est la start-up,
16:52c'est-à-dire qui sont les actionnaires,
16:53est-ce que c'est une boîte française,
16:56européenne ou étrangère,
16:58et quelles sont les perspectives d'évolution de cette start-up.
17:01On n'a pas envie de proposer des services,
17:03et une start-up qui sera en liquidation judiciaire
17:05au bout de trois mois,
17:06et donc un service qui ne fonctionnerait plus à ce moment-là.
17:10Et pour terminer,
17:11il y a aussi des aspects évidemment économiques,
17:14c'est-à-dire qu'il faut que le modèle économique
17:16de la solution proposée
17:17soit compatible avec une mutualisation
17:20et une diffusion large de la solution.
17:25Il y a un service qui s'appelle Aptera,
17:29c'est un site internet
17:30qui permet déjà de recenser les outils marqués DTX,
17:34donc qui ont fait le marquage,
17:36tous les aspects réglementaires pourraient être marqués DTX.
17:39En termes de prévention primaire,
17:40donc quand on est sur l'activité physique,
17:42le sommeil, la prévention en termes de santé mentale
17:45ou l'arrêt du tabac,
17:46il y a des tas d'outils aujourd'hui qui fonctionnent très bien
17:48et qui peuvent accompagner les patients
17:52sur ces thématiques relativement générales.
17:55À SantéClaire, on a mis à disposition des outils,
17:58on a fait plusieurs partenariats,
17:59et notamment Smart Diet,
18:01pour avoir un accompagnement nutritionnel
18:03qui va combiner et des diététiciennes
18:05qui vont faire des consultations et un suivi,
18:08et une application digitale
18:09qui va permettre d'avoir des recettes, d'enregistrer ses menus,
18:12d'analyser le contenu de son assiette,
18:13avec un retour ensuite de la diététicienne.
18:16Pour ce qui est de l'activité physique,
18:18on met en place des cours en live,
18:19parce qu'on veut quand même qu'il y ait de l'humain
18:21et qu'il y ait de l'interaction,
18:22et que les gens ne se retrouvent pas forcément tout seuls
18:24devant leur application ou leur télé
18:27à faire leur exercice.
18:28On a mis en place aussi un partenariat avec MindDay.
18:31Donc MindDay, c'est de l'autothérapie
18:33pour prendre soin de sa santé mentale,
18:35qui se base sur les thérapies cognitivo-comportementales.
18:38Aussi, on a fait tout un programme autour de la partie sommeil,
18:41pour que les gens puissent améliorer la qualité de leur sommeil.
18:43Donc ces outils-là, on est sur la prévention primaire,
18:46on n'est pas sur de la prévention secondaire ou du curatif,
18:49mais quand les bénéficiaires ont senté clair dans leur contrat,
18:53ils ne payent rien pour avoir accès à ces outils.
18:55Et j'oublie de mentionner le dernier qui est QUIT,
18:58une application pour le sevrage tabagique,
19:01qui est aujourd'hui la seule recommandée par l'OMS.
19:11On a publié aujourd'hui une enquête
19:13qu'on a menée en partenariat avec l'association de patients
19:16Nos Tabous et Unicancer,
19:18menée par Opinion Way sur le cancer du canal anal,
19:21le tabou qui entoure la maladie
19:23et l'impact pour la santé mentale des patients.
19:25Cette étude, qui est une première en France,
19:28elle a deux volets,
19:29une étude quantitative qui est venue interroger
19:31un échantillon de Français
19:33sur leur connaissance du cancer du canal anal
19:36et leur perception du tabou qui entoure cette maladie.
19:39Et puis un second volet,
19:41qui est une étude qualitative,
19:42qui a interrogé 11 patients en rémission.
19:44Il faut savoir que le cancer du canal anal,
19:46c'est une maladie qui touche environ 2000 patients par an,
19:49dont l'incidence est en augmentation,
19:51qui touche principalement des femmes,
19:53et c'est un cancer qui est lié au HPV.
19:55Alors, que peut-on retenir de cette étude ?
19:57Je vais citer trois enseignements majeurs.
20:00C'est le cancer le moins connu des Français.
20:02Il est cité spontanément par 2% des Français
20:05qui ont été interrogés.
20:06Et il vient donc en tout dernier de la liste des cancers
20:09que les Français peuvent citer spontanément.
20:12Deuxièmement, son lien avec le virus HPV
20:14n'est clairement pas identifié.
20:15On a à peine plus d'un quart des interrogés
20:17qui pensent qu'en effet, il y a un lien avec le HPV
20:21et que donc la vaccination HPV peut protéger de ce cancer.
20:25Enfin, le troisième enseignement,
20:26c'est que c'est le cancer le plus tabou.
20:29C'est-à-dire que les Français qui ont été interrogés,
20:32une fois qu'on leur a expliqué ce qu'était le cancer du canal anal,
20:34ils identifient tout de suite qu'il y a un tabou énorme
20:37qui entoure la maladie.
20:3871% d'entre eux disent qu'ils ne seraient pas capables
20:41d'en parler à leur entourage.
20:43Et un chiffre qui doit tous nous interpeller,
20:45c'est 43% des Français qui pensent
20:48qu'ils n'oseraient pas en parler à leurs professionnels de santé.
20:52Ce tabou, il a été corroboré par les témoignages des patients,
20:57des 11 patients qui ont confirmé
20:59qu'il y avait un tabou énorme autour de la maladie.
21:01Ils ont confirmé qu'ils n'osaient pas en parler,
21:03ils n'osaient pas le nommer.
21:04Ils préfèrent parler par exemple d'un cancer digestif ou autre
21:07mais ils n'ont pas osé parler même à leurs proches
21:09d'un cancer du canal anal.
21:11Et en fait, ce qui est très dangereux,
21:13c'est qu'il y a une mécanique du silence qui se met en place
21:15avec une gêne, une honte qui va venir entourer la maladie
21:19qui finalement a une double peine pour les patients
21:21puisqu'ils vont s'isoler davantage
21:24et ils vont avoir un impact sur la santé mentale
21:26qui est encore plus fort peut-être que pour d'autres cancers.
21:32Comme on l'a vu avec cette étude,
21:34en objectivant finalement le tabou,
21:36on se rend compte qu'il y a un vrai impact sur la santé publique.
21:38Tout d'abord parce que le tabou, en entourant la maladie,
21:41il va venir retarder le diagnostic.
21:43Si les patients n'osent pas parler de la maladie,
21:45ils n'osent pas en parler à leurs professionnels de santé,
21:47ils ne vont pas non plus alerter leurs professionnels de santé
21:49dès les premiers symptômes.
21:51De fait, il va y avoir une néerrance diagnostique
21:53qui se met en place, un retard d'entrée dans le parcours de soins
21:56et donc comme pour tout cancer, une perte de chance pour les patients
21:59puisque plus on retarde le parcours de soins,
22:02l'entrée dans le parcours de soins,
22:03moins on a de chances de guérison.
22:05Donc il y a un vrai enjeu de santé publique à ce sens-là
22:08dans le traitement du cancer pour qu'il soit pris le plus tôt possible.
22:12Ensuite, il y a un impact qui est très fort
22:13sur la santé mentale des patients.
22:16On voit que l'isolement qui est généré par ce tabou
22:19puisque les patients n'osent pas parler de leur cancer
22:22est très prégnant
22:23et puis ce qui nous interpelle beaucoup à travers cette étude,
22:26c'est que ça dure même après la fin des traitements.
22:30C'est un cancer qui laisse des séquelles physiques sur les patients
22:34et qui ont des séquelles psychologiques aussi sur le très long terme.
22:41Déjà, on a voulu objectiver le tabou
22:43avec cette étude menée par Opinion Way
22:45et on a montré que le tabou, ce n'était pas subjectif.
22:48Vraiment, il existe et il a un impact sur la santé publique.
22:51Pour nous, c'était majeur de fournir des preuves
22:54qui vont venir permettre de mettre des mots
22:56peut-être plus facilement, en tout cas on l'espère,
22:58sur la maladie.
23:00Finalement, de contribuer à rendre visible
23:01ce cancer qui est aujourd'hui invisible.
23:03Deuxièmement, on s'engage chez Insight
23:05et c'est vrai pour toutes les pathologies
23:07sur lesquelles on est présent.
23:09On a vraiment cette volonté d'être en partenariat,
23:12de co-construire des démarches
23:13qui vont accompagner les patients
23:14au-delà du simple traitement
23:16mais sur tout leur parcours de vie
23:17et d'avoir des démarches pour favoriser l'inclusion
23:21des patients dans leur vie au quotidien.
23:23Et puis enfin, j'ai cité un troisième engagement
23:25qu'on a et dont on est très fiers,
23:27c'est que nous avons été les premiers
23:28à s'engager auprès du skipper Elias Morino
23:31qui est un navigateur qui porte les couleurs
23:34du collectif Demain Sans HPV
23:35qui est un collectif qui porte les enjeux
23:39de prévention et d'information
23:40autour des virus HPV
23:41et qui navigue avec cette cause-là
23:45et donc on est très fiers de pouvoir le soutenir
23:47dans cette démarche.
23:48Sous-titrage Société Radio-Canada
23:50Sous-titrage Société Radio-Canada
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