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  • il y a 10 heures
Cyprien Boganda, journaliste du service Capital-Travail, et Lumi, chroniqueuse, s’entretiennent avec Abdelhalim Bensaidi, médecin padhue en île-de-France et Karim Bendamardji, médecin urgentiste à Marseille. Ces médecins étrangers travaillent dans nos hôpitaux et sont maintenus dans une précarité administrative alors qu’ils ne sont toujours pas reconnus à la hauteur de leur investissement.

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Transcription
00:01On va accueillir nos deux invités, Abdelhalim Ben Saidi et Karim Ben Amarji.
00:05Je vous laisse rentrer sur le plateau.
00:07Avant de vous présenter, on va un petit peu poser les bases
00:09pour que tout le monde sache bien de quoi on parle.
00:12Vous êtes des pas-dus. Les pas-dus, c'est qui ?
00:14Ce sont les praticiens à diplôme hors Union européenne.
00:17En gros, vous êtes des médecins étrangers qui ont obtenu leur diplôme hors de l'UE.
00:21Et donc, vous n'avez pas le même statut que les autres médecins.
00:24Ça pose plein de problèmes de reconnaissance, de précarité, de stabilité.
00:28C'est tout ça dont on va parler.
00:30Donc, avec Abdelhalim Ben Saidi, ça fait cinq ans que vous travaillez en France.
00:33Vous êtes naturalisé français, mais donc vous avez toujours le statut...
00:36Comment ? En cours de naturelisation.
00:38Mais vous avez toujours le statut pas-dus.
00:39Et vous êtes président de l'IPADEC,
00:41Association pour l'intégration des praticiens à diplômes étrangers engagés contre la crise.
00:46Et à côté de vous, Karim Ben Amarji, bonjour.
00:49Vous êtes médecin algérien.
00:51Vous êtes urgentiste de formation.
00:52Vous êtes pas-dus également.
00:54Vous êtes arrivé en 2020 à Marseille.
00:55Vous vous êtes retrouvé coincé en France à cause du Covid.
00:58Vous avez bossé dans plusieurs hôpitaux de la région.
01:00Et donc, tous les deux, vous êtes très engagés pour la lutte de vos droits et pour votre statut.
01:05Vous avez mené une grève de la faim début mars.
01:08Vous étiez aujourd'hui...
01:09Vous participez aujourd'hui à une grande mobilisation.
01:12On reviendra à tout ça juste après.
01:13Vous allez nous raconter tout ça.
01:15Mais avant, Cyprien, est-ce que tu peux nous expliquer un peu pourquoi nous, on a fait le choix ?
01:20Cyprien, c'est vrai que je t'ai pas présenté.
01:21Cyprien Boganda, chef adjoint de la rubrique Capital Travail de l'Humanité.
01:25Mais en même temps, les gens te connaissent maintenant.
01:26Oui, oui, bien sûr.
01:28Donc, est-ce que tu peux un peu nous expliquer pourquoi, à l'Humanité, on a fait le choix de
01:31mettre en lumière cette lutte-là ?
01:33Oui, bonjour.
01:34Bonjour à tous les deux, déjà, pour commencer.
01:36Bonjour.
01:36En 2020, vous étiez des héros.
01:38La France entière vous applaudissait tous les soirs.
01:40Emmanuel Macron vous rendait hommage à longueur du discours.
01:42Mais vous êtes des héros très maltraités, puisque vous avez les mêmes compétences que tous les médecins.
01:47Mais vous n'avez ni le salaire, ni le statut qui va avec.
01:50Et pourtant, je rappelle que sans vous, l'hôpital public, nos hôpitaux publics ne pourraient pas tourner, tout simplement.
01:54Cette situation scandaleuse, elle vous met en colère.
01:56C'est même le moins qu'on puisse dire.
01:57Vous avez tous les deux passé une bonne partie de la journée devant l'Assemblée nationale et devant le Sénat.
02:01Vous allez nous dire pourquoi.
02:02On a peut-être des images, d'ailleurs, qu'on a récupérées.
02:03Si jamais la régie veut les passer, c'est le moment.
02:06Ça sera encore mieux.
02:06Vas-y, vas-y.
02:07Vous allez nous raconter tout ça.
02:09Mais avant qu'on rentre dans le vif du sujet, en fait, je voulais vous demander, pour que les gens
02:12qui nous regardent comprennent bien,
02:13parce que c'est un peu technique, est-ce que vous pourriez nous expliquer en quelques mots ce que c
02:17'est que le statut de PADU
02:18et en quoi est-ce qu'il est profondément discriminatoire ?
02:20J'ai envie de poser la question à Alim, même si je sais que ça fait 850 fois qu'on
02:23vous la pose ces temps-ci.
02:26Alors, PADU, c'est un terme que nous avons employé depuis des années.
02:29C'est praticien à diplôme hors Union européenne.
02:31Ça veut dire que c'est tous les praticiens qui sont sur le territoire national.
02:34Ce ne sont pas des médecins étrangers, mais c'est des praticiens qui sont en France, qui exercent dans nos
02:37hôpitaux.
02:37Je reprends les propos du ministre.
02:3940% des services hospitaliers aujourd'hui tiennent grâce au PADU.
02:43C'est une sorte de reconnaissance.
02:45Et en même temps, c'est une hypocrisie derrière de ne pas les reconnaître et de les maintenir dans des
02:49statuts précaires,
02:50de ne pas les inscrire au Conseil de l'Ordre,
02:52de ne pas leur donner une autorisation d'exercice définitive qui leur permet d'aller dans des déserts médicaux,
02:57justement, vu qu'on est dans un contexte de désertification médicale et tout le monde se bat pour avoir un
03:01médecin traitant aujourd'hui
03:02où 6 millions de Français n'ont pas accès à un médecin traitant.
03:05Aujourd'hui, on est là.
03:06On continue à apporter notre soutien au système de santé français.
03:09Et on voudrait juste une simple reconnaissance,
03:12chose qui a été promise par le président de la République, par l'ancien Premier ministre,
03:15et qui n'a toujours pas vu le jour.
03:17Parce que ce serait quoi vos revendications ?
03:18Qu'est-ce que vous demandez justement au gouvernement ?
03:20Continuer à travailler, mais d'une façon digne, et avoir un contrat digne de ce nom.
03:25Et non pas avoir des contrats précaires qui sont renouvelés de 6 mois à 6 mois.
03:28On ne sait pas de quoi est fait demain.
03:30Ça a l'air similaire à nos confrères.
03:33Je crois qu'on a vu quelques images, enfin le chat, vous avez eu quelques images de la mobilisation tout
03:37à l'heure.
03:38Avant de continuer, on voulait vous montrer un petit reportage qu'a réalisé Franck Artelet,
03:42qui est d'ailleurs au cadre, là, juste derrière, à la régie.
03:44Donc il s'est rendu dans plusieurs hôpitaux d'Île-de-France,
03:46avec des médecins pas dus, avec des anciens pas dus, avec des médecins régularisés, on va dire, qui vous soutiennent.
03:52On regarde ça, et puis on en discute juste après.
03:56Voilà. Donc du coup, alors, madame...
03:59Ils sont médecins étrangers, ou naturalisés français.
04:02Exercent dans nos hôpitaux depuis plusieurs années,
04:04avec un niveau de rémunération 2 à 3 fois inférieur à leurs collègues.
04:08Début mars, 300 d'entre eux ont entamé une grève de la faim,
04:12afin de dénoncer la précarité de leur statut.
04:14Ce sont les PADU, les praticiens à diplôme hors Union Européenne.
04:19On est tous des médecins, on a tous fait des études de médecine.
04:23Et ici en France, on a vraiment besoin des médecins.
04:27On a des déserts médicaux qui s'étendent de plus en plus chaque jour.
04:33On est prêts tous à s'installer où il y a des besoins.
04:36Parce que c'est ça notre mission.
04:39Peu importe l'endroit qu'on a fait nos études,
04:43là on exerce tout sur le territoire.
04:46Je demande aujourd'hui, c'est reconnaître notre participation dans le système de santé,
04:52pas pour notre bien-être, mais pour le bien-être de population.
04:55Pour Sobi, ancienne PADU, le concours aux épreuves de vérification des connaissances
05:00est un véritable parcours du combattant.
05:02C'est un concours, donc on est mille à concourir.
05:06Même si on a des fois 14 de moyenne, on peut ne pas être pris,
05:10parce qu'ils ne prennent que les 300 premiers.
05:14Donc du coup on est là, parce qu'on est sous-payé,
05:17on fait beaucoup de garde, il faut se libérer à 100% pour le réviser.
05:21Selon Eric Delpierre, chef du pôle anesthésie-réanimation du Grand Hôpital de l'Est-Francilien,
05:27les PADU ont fait leur preuve au sein de l'hôpital public.
05:30Ils jouent dans le seigneur depuis 4-5 ans,
05:31donc si jamais nous, ils ne faisaient pas bien leur travail,
05:34on ne les garderait pas personnellement.
05:35Ils ont des contrats de 6 mois ou des contrats d'un an, on arrêterait le contrat.
05:39Donc ces gens-là, il faudrait qu'ils aient un système de VAP,
05:41les Validations des Acquis Professionnels,
05:43ils passent devant des commissions avec notre avis favorable,
05:47et c'est des gens qui devraient être, sans passer par un examen ou un concours,
05:50être validés uniquement sur leurs acquis.
05:52Ces professionnels de santé exigent aujourd'hui de bien meilleures conditions de travail
05:56face à un système de santé en pleine crise,
05:58et bien loin des promesses du président Macron.
06:01En assumant sur le terrain de régulariser
06:04nombre de médecins étrangers qui tiennent parfois à bout de bras
06:08nos services de soins,
06:09et que nous laissons dans une précarité administrative
06:11qui est complètement inefficace.
06:13En termes, médecins perdus, lauréats OVC, médecins français,
06:18il n'y a pas cette différence le moment qu'on entre dans l'hôpital.
06:21On a tous diplômé le serment qu'on a fait,
06:24bien qu'il ait été fait en français en France,
06:27il est fait dans une autre langue, dans un autre pays,
06:29c'est le même serment.
06:32– Voilà, c'est pour aussi dénoncer un peu tout ça,
06:34que vous êtes mobilisé aujourd'hui.
06:36Est-ce que peut-être vous pouvez nous…
06:37– Je vais juste commenter un peu la vidéo,
06:39parce qu'Alain, il est arrivé en France le jour.
06:41C'est drôle, mais à chaque fois qu'il me raconte cette histoire,
06:44j'ai la chair de poule,
06:45il m'a dit qu'il était arrivé en France, Alain,
06:47le jour où Notre-Dame avait brûlé.
06:48Il m'a dit, Notre-Dame a été restaurée.
06:51Moi, je n'ai toujours pas été restaurée.
06:52Il a fui la guerre en Irak.
06:54Il a appris la langue française.
06:56Il a sacrifié une année de sa vie à apprendre une langue
06:58qu'il n'avait jamais connue auparavant,
07:00parce qu'il a fait ses études en anglais.
07:01Il a un diplôme de médecine en anglais.
07:04Et du coup, il a étudié la langue.
07:06Il a commencé à exercer.
07:07Ses enfants sont scolarisés dans les écoles de la République.
07:11Il a changé même son prénom.
07:12Qu'est-ce qu'on veut de plus que cette intégration ?
07:14Il s'appelait Ali, il s'appelle Alain aujourd'hui.
07:16Et Éric Delpierre, que je salue d'ailleurs le chef de service,
07:20avec qui on discute souvent de cette question-là,
07:22ce qu'il demande, et c'est exactement ce qu'on demande,
07:24c'est d'être évalué par nos pères,
07:26parce qu'on travaille tous les jours avec des médecins.
07:28Et du coup, c'est à eux de nous juger, de nous évaluer,
07:30surtout quand on va discuter de ce qui s'est passé cette année aux EVC 2024.
07:35Je voyais, Karim, que vous acquissiez quand votre collègue disait
07:38« Si vous n'étiez pas compétent, on ne les garderait pas ».
07:41C'est comme ça que ça devrait marcher, selon vous ?
07:44Tout à fait. Franchement, nous, la question qu'on nous pose à chaque fois,
07:50si vous n'êtes pas compétent, ne les gardez pas les médecins.
07:54Nous, on est renouvelés automatiquement, juste après la fin du contrat.
07:59Moi, j'ai eu dix contrats successifs l'un derrière l'autre.
08:02Et à chaque fois qu'il y avait un besoin, on m'appelait pour d'autres missions.
08:07Et ça s'est toujours bien passé.
08:09Et il y avait une communication entre l'ancien chef de service
08:12et le nouveau chef de service.
08:14Il se contacte par téléphone.
08:16« Allô, bonjour, cher Amine.
08:19J'ai devant moi le docteur Karim Ben Damarji.
08:21Il quitte le service de médecine interne, de psychiatrie ou d'oncologie que j'ai fait.
08:26Vous me le conseillez ? Oui, oui, je suis désolé, je ne peux pas le garder
08:29parce que j'ai eu trop d'internes français et je n'ai pas de poste pour un FFI.
08:35Donc, la catastrophe était le jour où Didier Raoult a appelé mon chef de médecine interne
08:43dans l'hôpital Nord en disant qu'il y a Karim Ben Damarji qui a déposé son CV
08:47et je voudrais bien le prendre.
08:49Donc, depuis que j'ai été chez Didier Raoult à l'IHU de Marseille,
08:52je suis resté deux ans et mes contrats ont été reconduits automatiquement
08:57presque sans jamais demander mon avis.
09:00Vous avez joué un rôle ? Pardon, allez-y, je vous laisse finir.
09:04Franchement, c'était ce que j'ai vécu pendant deux ans à l'IHU.
09:10Jamais je n'aurais cru que cette chose allait m'arriver.
09:13Donc, j'étais chef de moi-même.
09:15Moi, ça fait déjà 35 ans que je suis praticien, depuis 28 ans, 29 ans exactement en Algérie.
09:22Je suis médecin urgentiste, option Géarthrie.
09:26Je fais de la consultation d'homécile chez des personnes âgées en Algérie.
09:30Et je suis venu par hasard.
09:32En fait, mon histoire, c'est une histoire hasardeuse.
09:35Ma fille faisait des études à Marseille optométricienne.
09:38Et je suis venu le jour de son anniversaire, le 6 mars 2020, avec le gâteau d'anniversaire sur mes
09:44bras d'Algérie
09:45parce qu'elle aimait son pâtissier, Alger, avec son petit cadeau.
09:48Et j'avais le retour le 10 mars.
09:51Et elle s'était bloquée.
09:52Je n'ai pas pu repartir chez moi.
09:55On était confiné.
09:56Je suis resté confiné.
09:58Et j'ai envie de vous dire quelque chose aujourd'hui, quelque chose qui me fait très mal jusqu'à
10:02ce jour.
10:03Et que je ne l'accepterai jamais jusqu'à la fin de mes jours.
10:06C'est que quand on sortait avec les casseroles et qu'on faisait du bruit à 20 heures pour la
10:14reconnaissance des soignants,
10:17le provisant Macron a mis en place une prime Covid pour tous les soignants.
10:24Ça allait de 500 euros à 2000 euros.
10:26Il a donné 500 euros aux personnels soignants, les brancardiers.
10:30Donc cette prime évaluée en fonction du grade de la personne.
10:34Et mes amis internes ont reçu une prime de 2000 euros.
10:40Et moi, quand j'ai vu ma fiche de paye, je n'ai pas vu le 2000 euros.
10:43Et quand je suis parti voir mon chef, il m'a dit, vous n'avez pas le droit.
10:47Vous n'avez aucune prime ?
10:49Ça m'a déchiré le cœur.
10:51J'ai dit, parce que nous, on était verdun, dans le tranché.
10:56J'étais consultation Covid pendant deux ans.
10:59Je faisais 70 patients au jour.
11:01Je commençais à 7h et 10h du matin.
11:03Je ne terminais mon travail qu'à 9h du soir.
11:05Des fois, je dormais avec mes chaussures et je prenais même pas ma douche.
11:09T'es mort.
11:10Et le pire, c'est qu'on ne nous laissait pas faire de garde,
11:14de crainte de ne pas récupérer la journée du lendemain.
11:17Parce que quand une personne est de garde, le soir de 18h jusqu'à 20h,
11:21le lendemain, le particien va dormir chez lui pour récupérer.
11:23Ils avaient tellement besoin pour ne pas créer le trou.
11:25Non, Karim, ne fais pas de garde, c'est fatigant, tu seras fatigué.
11:29Et puis, c'est risqué.
11:30Pendant deux ans, j'ai fait un manque à gagner.
11:34Je n'ai touché que 1485 euros pendant deux ans.
11:39Et c'était affreux.
11:41Et quand j'ai réclamé, j'ai dit, bon, vous ne donnez pas la prime Covid,
11:45donnez-moi un euro symbolique.
11:47Comme quoi, nous, nous sommes des personnes
11:49qu'on a contribué à la lutte contre le Covid.
11:51Nous avons le droit à un euro symbolique.
11:53Je voudrais un euro symbolique sur un bout de papier
11:56que vous avez eu le droit.
11:57On a dit, on ne peut pas, vous n'êtes pas fonctionnaire.
11:59Et c'est justement pour dénoncer tout ça
12:01que vous êtes en partie mobilisé aujourd'hui.
12:03Peut-être avant que vous nous racontiez tout ça,
12:05il me semble qu'on a des images
12:08d'une prise de parole du sénateur Ahmed Lawedge
12:11qui a pris la parole au Sénat aujourd'hui.
12:13On en écoute une petite partie, puis on en discute juste après.
12:16Je reprends ici vos propres mots, M. le ministre.
12:18Lorsque vous dites que beaucoup de nos services
12:20tiennent aujourd'hui grâce au pas dû.
12:22Ils sont reconnus par leur chef de service
12:25et leur chef de pôle.
12:26À l'occasion des épreuves de vérification des connaissances
12:29sur près de 4 000 postes initialement annoncés,
12:32seulement 3 044 postes ont été finalement été ouverts.
12:35Ainsi, de nombreux candidats, pourtant brillamment admis aux épreuves,
12:38se retrouvent aujourd'hui écartés.
12:4020% des postes ouverts restent vacants.
12:43Un constat alarmant qui souligne l'absurdité de la situation.
12:46Des médecins compétents et indispensables restent sur la touche
12:50alors que les déserts médicaux s'étendent chaque jour davantage.
12:54Voilà, donc ça, ça s'est passé aujourd'hui.
12:56Aujourd'hui, tout à l'heure, on était en tribune.
12:57On a assisté à cette question qu'on avait...
12:59On est autour de présent à l'hémicycle.
13:01Est-ce que vous voulez un peu nous raconter cette journée ?
13:02Parce qu'au départ, vous deviez vous enchaîner.
13:04Finalement, ce n'est pas fait.
13:05Vous étiez à l'Assemblée, au Sénat.
13:06Racontez-nous un petit peu en quelques mots
13:07comment ça s'est passé aujourd'hui, votre action ?
13:09Alors, on a commencé par une mobilisation au niveau de l'Assemblée nationale,
13:12à proximité de l'Assemblée nationale,
13:13parce qu'on n'avait pas le droit d'être tout proche.
13:15Il y a des députés qui nous ont rejoints.
13:16De différents bords politiques, d'ailleurs,
13:17ils ont envoyé un courrier à M. le Premier ministre Bayrou.
13:20En dénonçant cette situation dramatique,
13:22aujourd'hui, dans un contexte de désertification médicale,
13:25on a des médecins et on supprime des postes.
13:26On ne comprend pas pourquoi.
13:27S'ils n'étaient pas compétents, pourquoi ils continuent à exercer ?
13:30Pourquoi il y a un décret qui maintient ces gens-là en poste ?
13:32Un.
13:33Deux.
13:33Pourquoi on supprime des postes alors qu'il y a des gens qui ont plus que la moyenne ?
13:36Dans le principe d'un concours, c'est qu'on fait un ordre de mérite
13:40et on prend ceux qui sont le mieux classés,
13:43mais on ne supprime pas en mettant une note éliminatoire
13:46qui est annoncée après les résultats du concours.
13:49Et surtout que la note, elle était très disparate d'une spécialité à l'autre.
13:53Il y a des spécialités où on pouvait retenir des candidats avec 8 de moyenne
13:55et des spécialités où on peut exclure des gens avec 14 de moyenne.
13:58Donc la question de M. le Sénateur était importante
14:00parce que le ministre de la Santé, réponse hypocrite, bien sûr,
14:05il va directement dire qu'il est en train de réformer,
14:07qu'il y aura des changements l'année prochaine et l'année d'après.
14:09Sauf que nous, on parle d'une situation urgente.
14:11Les Français manquent de médecins aujourd'hui.
14:13Il y a des médecins qui sont compétents.
14:15Ils ont été évalués et on leur supprime des postes.
14:17Donc il y avait un collègue avec nous qui était en tribune.
14:20Le ministre nous dit qu'il va simplifier le concours
14:22et en 2025, on ne repasse que la théorie
14:24parce que la pratique a été validée par nos chefs de service
14:26et par notre exercice sur le terrain.
14:28Du coup, moi, j'ai demandé à M. le Sénateur
14:30de lui répondre tout de suite après.
14:31Vous avez l'extrait.
14:32Il lui dit pourquoi un des urologues qui est en tribune aujourd'hui,
14:35il a 18 en théorie.
14:37Pourquoi devra-t-il repasser le concours l'année prochaine ?
14:39C'est sûr qu'il va avoir moins de 18.
14:42On a interrogé pas mal de personnes.
14:44Il y a le président de la Société française du urologie
14:46qui le soutient.
14:47Il lui dit écoute, t'as 18, tu peux pas concourir
14:49pour avoir plus que 18.
14:50C'est le maximum que tu puisses avoir.
14:52T'es brillant, tu opères dans des centres de référence
14:55en urologie aujourd'hui à l'hôpital Cochins
14:57et derrière, on te dit de repasser le concours
14:59mais on te maintient en poste.
15:01Pire encore, aujourd'hui, par manque de vecteur législatif,
15:04il se retrouve exclu.
15:05La semaine prochaine, son contrat est fini.
15:07Et ils veulent pas le renouveler.
15:08Ils lui ont dit, t'as pas eu les EVC.
15:09Ils ont dit, certes, il restait des postes.
15:12Certes, tu devais être dans la liste principale des lauréats
15:15mais tu ne l'es pas, donc on peut pas te garder.
15:17Peut-être rappeler que les EVC,
15:18dont on parle beaucoup depuis tout à l'heure,
15:21c'est donc des épreuves de vérification des connaissances.
15:23C'est un concours que vous devez passer
15:25en bossant en plus 60 ou 60 users par semaine.
15:28C'est ce que vous faites en plus, évidemment, des concours.
15:30Et même si vous le réussissez,
15:31c'est pas fini pour autant.
15:33Vous adhérez à un parcours de consolidation
15:35qui dure deux ans,
15:36à l'issue duquel, dans un service hospitalier,
15:39à l'issue duquel, il y a une commission qui se réunit
15:41et qui décide ou non de vous accorder
15:43l'autorisation d'exercice définitif.
15:45Comment est-ce que vous expliquez
15:46un tel parcours du combattant ?
15:48Qu'est-ce qu'il y a derrière ça ?
15:49En général, en plus, les commissions,
15:50elles ne décident pas tout de suite après les deux ans.
15:52Je peux citer l'exemple d'une collègue
15:54qui est avec moi dans le service,
15:55lauréate des EVC 2021 avec 16 de moyenne.
15:57Elle fait son parcours de consolidation de trois ans.
15:59Elle n'a pas déposé au bout de deux ans.
16:00Elle s'était dit,
16:01« Ok, je le dépose au bout de trois ans, je ne suis pas pressé. »
16:04Trois ans après, elle repasse devant la commission.
16:05La commission lui dit de refaire deux ans.
16:07Elle leur demande gentiment
16:08« Pourquoi je dois refaire deux ans alors que je viens de faire trois ans ? »
16:10Ils lui ont dit
16:11« Parce que ton service n'est pas validant. »
16:12Soit, mon service n'est pas validant,
16:14vous avez une affectation pour moi
16:15pour que j'aille dans un service validant.
16:16Ils lui ont dit
16:16« Non, vous restez dans votre service et vous faites les deux ans. »
16:19Où est le problème ?
16:20Si mon service n'est pas validant, pourquoi je reste ?
16:22Si mon service est validant,
16:23pourquoi je dois refaire les deux ans ?
16:24Personne n'avait de réponse à lui donner.
16:25Est-ce qu'il n'y a pas une volonté derrière politique
16:27de décourager les praticiens ?
16:30Quand on voit la réponse du ministre aujourd'hui,
16:32il y a une volonté politique derrière
16:34qui n'aboutit pas.
16:36Parce qu'à chaque fois qu'on interroge des sénateurs et des députés,
16:39ils nous disent
16:40« On est favorable pour faire voter une loi ou autre chose. »
16:42Sauf que derrière,
16:42on voit que le gouvernement ne veut pas prendre des décisions.
16:45Le ministre, il peut prendre des décisions.
16:48Sinon, pourquoi être ministre ?
16:49On peut faire des décrets, on peut faire des amendements.
16:51Et derrière,
16:52quand on veut proposer des lois avec des sénateurs et des députés,
16:54elles ne sont jamais à l'ordre du jour.
16:56Il y a une loi qui a été enregistrée à l'Assemblée nationale
16:59il y a un mois avec M. Romain Eskenazi
17:01qui était présent à la mobilisation.
17:03Et il y a une autre loi qui a été enregistrée le 12 mars
17:06au Sénat avec Mme Annie Le Hérault
17:08qui a enregistré la PPL
17:11et qui n'est pas à l'ordre du jour aujourd'hui.
17:13Ni au Sénat, ni à la Sénat.
17:14La proposition de loi.
17:14Voilà.
17:15Qui n'est toujours pas à l'ordre du jour.
17:17Juste parce que ça fait beaucoup réagir dans le chat
17:19sur le salaire que vous êtes payé.
17:22Vous nous confirmez que c'est bien 1 500 euros, c'est ça ?
17:241 485.
17:25Même pas 1 500.
17:26Voilà.
17:27Ça dépend des statuts, mais 90% des pas du qui sont dans l'association
17:31ils touchent aujourd'hui 1 400 euros.
17:33Est-ce qu'il y a trois fois moins qu'un médecin qui a un diplôme français ?
17:36Franchement, des fois, on n'arrive pas à joindre les deux bouts.
17:39Franchement.
17:40En payant le loyer.
17:41Et puis en plus, nous devons payer une mutuelle.
17:44Parce que moi, vu mon âge, j'ai eu peur qu'il m'arrive quelque chose.
17:46Si on est hospitalisé, on n'a pas de mutuelle.
17:49On est dans la caca.
17:50Parce que là...
17:52Tout à l'heure, je disais que vous étiez des héros.
17:54Mais vous avez été décoré.
17:55Est-ce que vous pourriez nous dire ce que vous avez à la poitrine ?
17:57Moi, j'aime pas dire jeu.
17:59Mais j'ai reçu la décoration.
18:01Oui, vous pouvez l'avoir.
18:01J'ai eu l'ordre de mérite.
18:02Vous avez une petite médaille, c'est vrai que...
18:04Voilà.
18:04Donc, j'étais parmi les rares reconnaissances Covid.
18:07Et on m'a délivré une attestation, un diplôme que j'ai été nommé.
18:12Je suis le seul médecin étranger dans toute l'histoire des pas du qui existe en France.
18:16à avoir cette distinction.
18:18Meilleur staff médecin 2021.
18:20Au fait, c'est à l'IHI où je suis, c'est une fondation.
18:22Ils ont une charte, ils nomment tous les ans meilleur infirmier, meilleur soignant, meilleur brancardier.
18:28Et là, ça va et ça monte jusqu'à meilleur médecin.
18:30En fait, les meilleurs médecins, c'est eux.
18:32Parce que c'est des péages, des praticiens hospitaliers.
18:35Moi, je ne suis qu'un interne.
18:38Et donc, quand ils ont vu, a rendu un service exceptionnel.
18:41J'ai un papier, a rendu un service exceptionnel à la France.
18:44Et ils m'ont délivré un papier comme quoi j'ai été meilleur staff médecin l'année 2021.
18:49Je voulais que ça soit allé là.
18:50Je ne sais pas en quoi elle est faite, votre médaille, mais j'imagine que ça coûte moins cher qu
18:52'une vraie reconnaissance et qu'un vrai salaire descend.
18:54Tout à fait.
18:55Bon, ça va partir de l'histoire.
18:57Je vais raconter ça à mes petits-enfants.
18:59Comme quoi, parcours vraiment hasardeux que je suis venu en France.
19:03Au fait, là où je suis parti, j'ai travaillé.
19:04Je suis toujours sorti comme un héros.
19:07Là où on m'a appelé en urgence, c'était à l'hôpital, au centre de santé des Beaumet.
19:12J'ai fait médecine pénitentiaire.
19:14Comme je parle la langue, donc il y avait beaucoup de patients emprisonnés.
19:22Donc, il fallait quelqu'un pour faire la barrière de la langue.
19:24Donc, ça a fait un long parcours, médecine interne, puis IHU, Covid, après oncologie, après je suis parti en médecine
19:32pénitentiaire, après je suis parti en psychiatrie, en médecine somatique.
19:35Je suis resté dix mois en psychiatrie parce qu'ils n'ont pas de médecin.
19:40Et après, j'ai trouvé en chirurgie cardiaque.
19:42Au fait, mon parcours de médecin ne peut pas être plus enrichi qu'aujourd'hui parce qu'en plus de
19:47mon diplôme d'urgentiste, j'ai reçu plein de petites formations.
19:50J'ai fait de la dictologie. Je peux dire maintenant que je suis un petit médecin généraliste qui connaît un
19:58petit peu tout.
20:00J'ai commencé à en parler un peu au début d'émission. Vous avez entamé une grève de la faim
20:05début mars. Peut-être Cyprien ?
20:07Oui, mais effectivement, vous avez mis votre danger en péril. En plus, il me semble que ça a failli mal
20:11tourner pour vous.
20:13Est-ce que vous pouvez nous dire pourquoi vous avez fait cette grève de la faim et puis qu'est
20:16-ce qui s'est passé depuis ?
20:17On l'a fait dans un but tout simple. C'est d'alerter les autorités, y compris le ministre de
20:23la Santé, parce qu'on n'avait pas d'odehance avec le ministre à cette époque-là.
20:26Sauf que, contre toute attente, on a dû mettre fin à cette grève de la faim parce que, d'ailleurs,
20:30je l'avais dit dans un des communiqués au ministre de la Santé,
20:33en plus d'être ministre de la Santé, il est médecin. Donc il a failli à son devoir qui est
20:38de non-assistance à une personne en danger.
20:41Il avait 300 médecins qui ont mis leur vie en danger. Il n'a à aucun moment intervenu pour demander
20:46s'ils allaient bien ou pas.
20:48Jusqu'au moment où je l'ai croisé dans un salon où il devait inaugurer le salon, donc je me
20:53suis présenté devant lui devant les caméras.
20:54Et je lui ai dit, il y a 300 bonhommes qui font une grève de la faim. Il ne faut
20:57pas mettre vos vies en danger. Il faut qu'on discute.
21:00C'est pas comme ça. Il faut qu'on discute. Il faut nous inviter. Il faut qu'on arrive à
21:03s'attabler pour discuter de la situation.
21:05Sauf que les discussions derrière n'en menaient à rien. Il veut gagner du temps. Il veut prolonger la situation
21:11jusqu'à 2026.
21:12Il lui faut un vecteur législatif, sauf que le vecteur législatif, il est là. Il ne veut pas l'utiliser.
21:16Il y a différentes propositions de loi qui sont mises sur la table aujourd'hui. Ils ne veulent pas en
21:20profiter.
21:21C'est quoi les excuses ? Qu'est-ce qu'il répond justement pour repousser toujours plus ?
21:25Qu'il est là pour nous, pour nous écouter, pour avancer ensemble. Mais qu'il lui faut du temps. Il
21:29lui faut des leviers législatifs.
21:30Mais aujourd'hui, ce qu'on lui dit, c'est qu'il y a une urgence. Vous êtes ministre de
21:34la Santé. Il faut le faire.
21:35Parce que dans trois mois, peut-être que vous ne serez pas là. On n'est pas à l'abri
21:37d'une motion de censure.
21:38On n'est pas à l'abri d'une seconde dissolution de l'Assemblée nationale le 7 juillet.
21:42Donc aujourd'hui, certes, on ne veut pas ça. On veut une stabilité pour le pays.
21:45Mais en même temps, on veut des gens qui gouvernent et qui prennent des décisions et non pas des gens
21:49qui sont là comme des statuts.
21:50Il y a une personne dans le chat qui vous demande comment est-ce que vous réagissez au discours haineux
21:54de l'extrême droite sur l'immigration, à propos du climat politique dans le pays.
21:59Je dirais qu'aujourd'hui, il y a pas mal de députés du Rassemblement national qui ont apporté leur soutien.
22:06Parce qu'aujourd'hui, eux aussi se trouvent dans des déserts médicaux. Ils ont besoin de médecins.
22:10Ils ont reconnu nos compétences. Ils ont dit, nous, on vous soutient. S'il y a quelque chose sur la
22:14table, on est prêt à voter.
22:15Ils ont dit, ce n'est pas nous, c'est le gouvernement qui vous bloque aujourd'hui.
22:18– Est-ce que vous pensez que, par exemple, s'il n'y a pas cette reconnaissance, c'est peut
22:22-être aussi dû à une forme d'eurocentrisme
22:24ou peut-être de façon de penser que peut-être le diplôme français vaudrait mieux que d'autres diplômes hors
22:30Union européenne ?
22:31Est-ce que ça fait partie, par exemple, des choses qui sont avancées ?
22:34Parce que c'est vrai qu'on a vraiment du mal quand on vous entend à quel point les situations
22:37sont alarmantes.
22:38Quel est le fond, en fait, la raison, en plus d'avoir de la main-d'œuvre pas chère ?
22:42– C'est une des questions que j'avais évoquées par le ministre. Je lui ai dit, on continue à
22:46parler d'excellence française aujourd'hui,
22:48sauf que quand on accepte des praticiens dans certaines spécialités, comme en réanimation, en chirurgie cardiaque,
22:53des spécialités qui sont quand même vitales, des lauréats avec 8 de moyenne et en recale des gens avec 14
22:59de moyenne,
23:00il ne s'agit plus d'excellence aujourd'hui. Il s'agit d'une démagogie où on ne veut pas
23:03régulariser une grande partie des pas dûs,
23:06et on fait semblant. La preuve, c'est qu'au moment où on avait fait une grève de la faim,
23:10au lieu de nous recevoir le ministre de la Santé, il a invité certains lauréats à une petite fête au
23:18ministère de la Santé,
23:20pour montrer que finalement, non, non, ne regardez pas ce qu'ils disent à la télé,
23:23les médecins ont un diplôme en Union européenne, ils ne sont pas en grève de la faim,
23:27ils sont au ministère en train de boire du champagne. Alors ce n'est pas vrai.
23:30– Ce qui est fou, c'est qu'il y a une proposition de loi qui vous régularisait, visiblement,
23:34elle serait probablement adoptée, puisque vous dites qu'il y a même des députés RL qui soutiennent.
23:39– Voilà, c'est ça, donc c'est le gouvernement qui bloque.
23:40– Voilà, c'est le calendrier du Sénat et de l'Assemblée qui est bloqué par le gouvernement.
23:43Aujourd'hui, on voit très très bien, il n'y a pas de majorité parlementaire,
23:48et du coup, il n'y a pas un parti politique, entre autres, qui a le poids pour pouvoir mettre
23:53à l'ordre du jour
23:54les propositions qui ont été faites. Et donc aujourd'hui, ce qu'il faut, c'est que cette volonté politique,
23:59celle du président de la République surtout, parce qu'il s'était engagé,
24:01et il reste deux ans pour son mandat, je pense que c'est le moment un petit peu de se
24:04bouger.
24:05– Peut-être, avant de continuer, Cyril, peut-être que tu peux nous faire un petit point sur l'Épadu,
24:09ce que vous représentez en France, d'où vous venez, où est-ce que vous travaillez pour un peu
24:14qu'on ait un état des lieux.
24:16– Oui, je ne vais pas essayer de vous résumer 40 ans de l'histoire d'Épadu en 40 secondes,
24:19même si j'adorerais pouvoir le faire. Je vais juste rappeler que l'État a commencé à faire venir
24:23des médecins étrangers hors Union européenne dès le début des années 80,
24:27et puis ça s'est poursuivi les dessinées suivantes. En fait, l'idée, depuis le départ,
24:30c'était de lutter contre la pénurie de médecins en France. Cette pénurie, elle ne tombe pas du ciel,
24:34en fait, elle est en quelque sorte organisée, puisqu'elle est liée, entre autres,
24:37à une décision politique majeure dont on fait toujours les frais aujourd'hui,
24:40qui date de 1971. À l'époque, les syndicats de médecins libéraux,
24:45qui voulaient limiter au maximum le nombre de médecins en France
24:47pour éviter d'avoir trop de concurrence et sauvegarder leurs revenus.
24:51Moins de médecins, moins d'ordonnances et moins de médicaments.
24:53C'est ça, exactement.
24:53Il y avait le numerus clausus.
24:55Exactement, on fait pression sur le gouvernement pour qu'il adopte le numerus clausus,
24:58c'est-à-dire le plafonnement du nombre d'étudiants admis en deuxième année de médecine.
25:02Et cette décision, elle a eu des conséquences absolument désastreuses en France,
25:04parce que pendant des années, le niveau de recrutement de médecins était tellement faible
25:08que du coup, ça ne suffisait pas à couvrir les besoins de la population.
25:11Et c'est pour faire face à cette situation de crise qu'on a fait venir des padus
25:16que l'État leur a permis de s'installer en France,
25:17sans leur donner, évidemment, le statut adéquat.
25:20On sait, grâce au Conseil de l'Ordre qui a publié une enquête récemment,
25:23qu'il y a près de 20 000 anciens padus aujourd'hui inscrits à l'Ordre des médecins,
25:26qu'on les retrouve dans toutes les spécialités, généralistes, psychiatres, etc.
25:30Au passage, je rappelle qu'un tiers des gériatres en France sont des anciens padus.
25:34Je trouve que c'est un chiffre suffisamment dingue pour être signalé.
25:38Et alors, pour savoir où exercent les padus une fois qu'ils sont régularisés,
25:41on vous a préparé deux magnifiques cartes.
25:42Je ne sais pas si elles sont à l'écran.
25:43Deux cartes qui vont s'afficher à l'écran.
25:45Elles sont telles que ta chemise, mon cher Cyril.
25:48Je ne sais pas ce qu'il faut à l'écran, mais à votre gauche,
25:50c'est une carte avec les chiffres de l'adresse qui a été réalisée par France Inter.
25:52Et à droite, c'est donc une carte qui a été réalisée, tu l'as dit, Cyprien,
25:55par le Conseil national de l'Ordre des médecins.
25:57Alors à gauche, en gros, c'est la carte des déserts.
26:01Je vais peut-être commencer par la droite plutôt, parce que c'est plus rigolo.
26:04Non, à gauche, ça m'y a aussi.
26:05C'est la carte des déserts médicaux,
26:07c'est-à-dire que c'est des zones où on manque cruellement de médecins.
26:11Je rappelle que c'est à peu près un quart de la population
26:13qui habiterait dans des zones de ce genre-là, donc ce n'est pas rien.
26:17Et à droite, c'est une carte qui montre les départements
26:20dans lesquels la proportion des padus est la plus significative
26:24parmi les généralistes.
26:25En gros, plus il y a de bleus, plus il y a de padus, pour résumer.
26:28Et donc, c'est magique.
26:30On peut presque superposer les deux cartes.
26:31En tout cas, il y a beaucoup de départements qui se recoupent,
26:33notamment l'Aisne, l'Oise, l'Oré-Loire, l'Oré, etc.
26:36Donc, ce que ça veut dire, en gros,
26:38c'est que quand vous régularisez les anciens padus,
26:39vous faites reculer les déserts médicaux,
26:41parce qu'ils vont s'installer en priorité dans des déserts médicaux.
26:44Alim, vous m'expliquiez à quelques mois
26:46que vous receviez régulièrement des appels au secours
26:49de maires de petites villes sur LinkedIn
26:51qui vous demandaient d'aller vous installer chez eux
26:53parce qu'il y avait des déserts médicaux.
26:54Comment est-ce que vous expliquez ce paradoxe ?
26:56C'est-à-dire qu'il y a des besoins partout
26:58et pourtant, on ne vous accorde pas le statut que vous réclamez ?
27:01– Exactement, c'était une annonce dans le sud de la France
27:04où dans un petit village où le maire avait fait une proposition,
27:08le médecin qui accepterait de s'installer là-bas,
27:10il aura un logement avec une piscine
27:12que la mairie a mise à disposition
27:13parce qu'il ne trouvait pas de médecin depuis des années.
27:15Et les deux qui le restent vont partir à la retraite prochainement.
27:18Je vais expliquer que nous, on n'est des padus,
27:20on n'a pas le droit de s'installer,
27:21moi, je n'ai pas le droit de quitter mon hôpital
27:22parce que je ne pourrais pas exercer ailleurs.
27:24Ce n'est pas la volonté d'aller dans des déserts médicaux
27:26qui manquent aujourd'hui.
27:27Et c'est la raison pour laquelle,
27:28avec le syndicat de jeunes médecins que je représente,
27:31je suis le représentant du ministère de la Santé,
27:33on a fait une proposition en ce moment,
27:35dire que 4 000 padus sont opérationnels tout de suite,
27:39ils exercent sur le territoire national,
27:40ils ont fait leur preuve.
27:41La preuve, c'est le fait d'avoir reconduit leur contrat
27:45comme le disait le confrère Éric Delpierre tout à l'heure,
27:47c'est que s'il nous a renouvelés pendant 5 ans,
27:50chaque 6 mois, c'est qu'on a déjà fait nos compétences.
27:52Et ces médecins-là, ils sont prêts, dès aujourd'hui,
27:55à partir combler ces manques
27:57qui sont dans des déserts médicaux,
27:59il faut quand même qu'on arrive à trouver une solution.
28:02Est-ce que ce n'est pas commode pour tout le monde,
28:03cette situation ?
28:04C'est-à-dire pour le gouvernement,
28:05qui peut bénéficier d'une manœuvre compétente
28:08et pas chère, entre guillemets,
28:09et donc faire des économies,
28:10est-ce qu'il n'y a pas quelque chose de cet ordre-là ?
28:11C'est exactement ce que dit quelqu'un dans le chat,
28:13la gouvernance française exploiterait-elle des travailleurs étrangers
28:16dans un pur but d'exploitation ?
28:17Poser la question, c'est un peu y répondre.
28:20Moi, je dirais oui et non,
28:22parce qu'aujourd'hui, même si on est régularisé,
28:24c'est ce qu'on est en train de demander aujourd'hui,
28:27pendant le parcours de consolidation,
28:28notre salaire ne va pas bouger.
28:31Donc au final, ils peuvent continuer
28:32de profiter de cette manœuvre pas chère.
28:37Pendant deux ans, voire quatre ans,
28:38en fonction de la commission,
28:40si elle donne ou pas l'autorisation définitive d'exercice,
28:43la plupart des 4 000 pas d'us qu'on demande à régulariser tout de suite,
28:46au final, ils vont être payés de la même façon
28:49pendant deux, voire quatre ans.
28:51Il y a quand même un moment où vous serez inscrit
28:53à l'ordre des médecins,
28:55que vous aurez l'autorisation de plein exercice,
28:56et que là, vous toucherez des salaires équivalents
28:58à ce que touchent les médecins à l'église français.
29:01Du jour au lendemain, ça va venir.
29:03Et maintenant, c'est ce que veut le gouvernement aussi
29:06pour les patients.
29:07Parce qu'aujourd'hui, vu les statuts précaires qu'on a,
29:11on est obligé d'être dans un service,
29:13même si on est autonome et on est seigneurisant les services,
29:15on est obligé d'être dans un service où il y a des PH.
29:18Alors que nous, on est praticien hospitalier
29:21qui est inscrit à l'ordre,
29:22une sorte de chef,
29:23sauf qu'on nous considère aussi comme des chefs.
29:24La preuve, c'est qu'on nous confie des internes
29:26et des externes informés.
29:28Donc, si on arrive à nous régulariser,
29:30on peut partir dans des déserts médicaux
29:32où il n'y a pas ces chefs-là,
29:33où il n'y a pas ces praticiens hospitaliers.
29:35Et c'est là où les Français manquent le plus de médecins.
29:37Ce n'est pas là où on sera, entre guillemets,
29:39on est sur papier, seigneurisés,
29:41mais au final, on est les seigneurs du service
29:43pour faire souffler quelques-uns
29:44et travailler plus qu'eux, je dirais.
29:47Surtout, les jours fériés, les week-ends,
29:49c'est les PADU qui prennent le relais.
29:51Les gens ont besoin de se reposer,
29:53sauf que les PADU ne se reposent pas.
29:56Justement, sur les déserts médicaux,
29:57on voulait vous montrer un petit extrait
29:58de François Vébreu de la semaine dernière.
30:01Juste avant, je reprécise,
30:02PADU praticien à diplôme hors Union européenne,
30:03comme on n'arrête pas de le répéter.
30:05T'as raison.
30:06Je souhaite que ce soit bien clair pour tout le monde.
30:07C'est ça.
30:07Même si je vois que le chat s'informe.
30:09Fait bien son travail.
30:10Voilà, fait bien son travail, je le redis quand même.
30:11On l'avait dit au début.
30:12Oui, on l'a redit au début,
30:13mais comme c'est des gens qui nous rejoignent
30:15en cours de route, voilà.
30:15C'est vrai que c'est méconnu.
30:17C'est vraiment bien qu'on en parle
30:18parce que c'est un sujet dont on ne parle pas assez,
30:20on trouve très peu d'informations, etc.
30:22Donc c'est vrai que c'est bien de...
30:23Il faut que les gens arrivent à faire le distinguo
30:25entre des médecins étrangers et les PADU.
30:28Les PADU, c'est des praticiens
30:29qui exercent sur le territoire national
30:31mais qui sont diplômés hors Union européenne.
30:33Tout à l'heure, pendant la manifestation,
30:34on avait un collègue romain,
30:35romain qui est français, de parents français.
30:39Et son père, pour des obligations du travail,
30:42a dû quitter la France pendant des années.
30:44Donc il a fait ses études à l'étranger.
30:45Il a fait ses études en Angleterre.
30:47Donc il a eu un diplôme anglais.
30:49L'Angleterre ne fait plus partie de l'Union européenne.
30:52Donc il n'est devenu pas dû.
30:54Alors qu'il est français.
30:55Voilà.
30:56Les gens qui sont en Roumanie
30:57peuvent revenir exercer en France.
30:59Et Romains, ils ne peuvent pas exercer.
31:01Ils doivent soit revenir comme nous
31:02et passer le concours,
31:03soit partir en Irlande,
31:05faire trois ans d'exercice
31:06et revenir en France pour être reconnus.
31:08Donc la France reconnaît
31:10les qualifications des gens
31:11qui vont dans d'autres pays européens
31:13plutôt que des PADU
31:15qui ont exercé pendant cinq, six ans.
31:17On regarde le petit extrait de François-Yves Rousse.
31:19C'était la semaine arrière.
31:20C'était à propos des déserts médicaux.
31:22Ainsi.
31:23Chaque médecin généraliste ou spécialiste
31:26qui exerce dans un territoire bien pourvu
31:31devra consacrer un ou deux jours par semaine
31:34à des consultations dans les zones
31:37qui sont les plus en difficulté
31:39que nous appelons les zones rouges.
31:41Je vois pas mal de questions dans le chat,
31:43notamment sur un certain monsieur Bensoussan.
31:45On reviendra sur cette question un peu plus tard.
31:48Donc gardez votre question de côté.
31:49On la posera.
31:50Karim, quand vous entendez François Bayrou,
31:52ces déclarations-là,
31:53qu'est-ce que vous en pensez ?
31:54Qu'est-ce que ça vous inspire ?
31:55Est-ce que c'est une bonne solution ?
31:56Je le rappelle, les zones rouges dont il parle,
31:58c'est donc les déserts médicaux.
31:59C'est la carte...
32:00C'est la carte, oui.
32:02C'est pas moi qui l'ai faite.
32:03C'est vraiment désolant pour nous
32:06parce qu'il a la carte joker
32:08et il pourra juste appuyer sur un bouton
32:09et il aura plein de médecins à sa disposition.
32:11En fait, les médecins
32:12qui les obligent à faire deux jours par semaine,
32:15ça ne va jamais marcher
32:17parce que les médecins regardent
32:19ce qui s'est passé hier pour les internes
32:20qui déjà refusent la loi Garot.
32:23Et donc les médecins installés,
32:25ils sont prêts à se battre aussi.
32:27Ils ne vont jamais accepter
32:27parce qu'ils ont leurs repères,
32:29ils ont leurs habitudes,
32:30ils sont pères de famille.
32:34Franchement, pour moi,
32:35c'est une mauvaise solution.
32:37Alors qu'il a une carte joker.
32:38Donc il a des médecins dépadus
32:41qui ont fait leur preuve.
32:43Et je voulais rapporter
32:44une petite précision de taille
32:46sur les EVC.
32:47Les EVC, les épreuves
32:49de vérification des connaissances.
32:50Ce concours qui valide.
32:53Donc je voulais d'abord féliciter
32:55tous mes confrères et consoeurs
32:57qu'ils ont travaillé
33:00pendant leur exercice
33:01et ils ont révisé
33:02et ils ont eu leur examen.
33:04C'est un parcours du combattant.
33:05Ils ont réussi.
33:06Très peu d'entre eux.
33:07Je les félicite.
33:08Par contre, il y a d'autres confrères
33:10que je dénigre pas,
33:11que je respecte beaucoup.
33:13Eux, ils n'étaient pas
33:14en train de travailler.
33:15Ils étaient simplement
33:16en train de réviser.
33:17Donc ils ont eu tout leur temps
33:19d'apprendre les cours
33:21pendant un an
33:22et réviser, réviser,
33:24apprendre, apprendre.
33:25Donc ils avaient beaucoup plus
33:26l'avantage de réussir.
33:27Et actuellement,
33:28il y a des chefs de service
33:30qui refusent d'accepter
33:32dans leur service
33:33des médicaments
33:35et des médicaments
33:36qui ont eu les EVC,
33:37des épreuves de vérification
33:38de connaissance
33:39sans avoir eu
33:40d'expérience,
33:40d'exercice en France.
33:42Parce qu'il y a des personnes
33:43qui viennent,
33:43qui ont zéro expérience,
33:45qui ont bien réussi
33:46les EVC.
33:47Et je les félicite
33:48pour leur travail,
33:50pour leur concours
33:50parce qu'ils ont
33:51des connaissances théoriques.
33:52Mais sur la pratique,
33:53c'est autre chose.
33:54Parce qu'un chef de service,
33:56il a l'œil sur tout.
33:57Quand il voit qu'un médecin
33:59n'est pas assez conséquent,
34:03qu'il y a une barrière de langue
34:04ou qu'il y a beaucoup de fautes,
34:06il ne va pas lui renouveler son contrat.
34:09Je reviens à la question du tchat.
34:11Oui, je voulais juste rebondir
34:13sur la proposition de François Bayrou.
34:16Moi, je trouve que c'est une proposition
34:18qui est complètement déconnectée
34:19de la réalité.
34:20C'est une solution tampon
34:21qui se voit que ça a été parachuté.
34:24Parce qu'aujourd'hui,
34:25proposer que les médecins
34:26fassent deux jours par mois
34:27pour aller dans des déserts médicaux
34:29soigner les gens,
34:30il faut savoir que ces médecins-là
34:31sont déjà sur des postes.
34:32Ils exercent.
34:33Ça veut dire qu'ils doivent
34:34trouver des remplaçons
34:35pour pouvoir aller
34:36dans un désert médical.
34:37Ils soignent des patients
34:38qui ont des pathologies chroniques.
34:39Ça veut dire qu'il faut
34:40qu'ils déprogramment
34:41certains patients
34:42pour aller soigner d'autres patients.
34:44Est-ce que ces patients-là
34:45vont voir le même médecin
34:47venir une fois par mois
34:48pour les soigner ?
34:49Ou bien il y aura d'autres médecins ?
34:51Ça veut dire qu'il y a
34:51du travail administratif
34:52qui sera fait derrière.
34:53Ils vont faire de la paperasse
34:54ou bien ils vont soigner ?
34:56Qu'est-ce qu'ils vont pouvoir faire
34:57une journée
34:58ou deux demi-journées par mois ?
34:59Comment ils vont pouvoir
35:00assurer le suivi de ces patients ?
35:03Parce que ce n'est pas des urgences.
35:04Ce n'est pas aller
35:05dans un désert médical
35:06et assurer une garde aux urgences.
35:08Voilà, on fait le tri
35:08et puis le lendemain,
35:10on n'est pas là.
35:10Il faut qu'il y ait des médecins
35:12installés sur place
35:13qui continuent à soigner ces gens-là
35:14parce qu'il s'agit
35:15de pathologies chroniques.
35:16Et il faut un suivi des patients.
35:19Je voulais revenir
35:20à la question du chat
35:21sur Ben Soussan.
35:22Pour un petit peu de contexte,
35:24Guillaume Ben Soussan,
35:25c'est un candidat reconquête
35:26aux législatives de 2024.
35:28Et voilà ce qu'il avait publié
35:30sur X Twitter
35:32il y a quelques mois.
35:33Ça avait fait évidemment
35:34beaucoup réagir.
35:35Lumi, je crois que tu avais
35:35une question à propos de ça.
35:37Oui, on vous en a un petit peu
35:38parlé aussi avant
35:39parce qu'on imagine aussi
35:41un lien quand même
35:42avec aussi l'imaginaire raciste,
35:44etc.
35:44Et c'est vrai que
35:46Guillaume Ben Soussan
35:47avait présenté
35:48cette liste de médecins
35:50en parlant du grand remplacement.
35:52Peut-être, je ne sais pas
35:53si vous lisez
35:54le grand remplacement
35:55sur les théories racistes
35:56et complotistes d'extrême droite.
35:57J'avais répondu.
35:58J'imagine que vous l'avez lu
35:59mais aussi pour le chat
36:00avec cette liste de médecins.
36:02Alors oui, j'avais lu aussi
36:03qu'un groupe de médecins
36:04avait dit
36:05qu'ils allaient porter plainte
36:06justement
36:07contre ce candidat.
36:10Et donc oui,
36:10on voulait savoir justement
36:12est-ce que par exemple
36:13vous, vous ressentez
36:14que vous avez été peut-être
36:15victime de discrimination ?
36:16Alors voilà,
36:17avant on a un peu parlé
36:18de racisme
36:19ou peut-être de pas
36:19de reconnaissance de diplôme
36:20par eurocentrisme
36:21mais est-ce qu'il y a aussi
36:22ce genre de discrimination
36:23qui peut-être sont en augmentation
36:25ou est-ce que c'est des choses que...
36:26Moi je vais être un peu plus dur sur ça
36:28et je laisse la parole à Karim
36:29pour s'exprimer là-dessus.
36:30Je pense que
36:31les gens qui sont derrière
36:32ces partis politiques-là
36:33c'est eux qui font vraiment
36:34le grand remplacement
36:35parce que c'est eux
36:36qui sont venus
36:36remplacer l'extrême droite.
36:38Parce que même quand on voit
36:39des députés du Rassemblement National
36:41nous soutenir
36:41et derrière des députés
36:43et des représentants
36:43de Reconquête
36:45vouloir faire en sorte
36:46d'exterminer certaines populations
36:47pour pouvoir prendre le pouvoir
36:50je pose vraiment des questions.
36:52Reconquête c'est le parti
36:52d'Éric Zemmour
36:53pour tout le monde.
36:54C'est pour ça que je parle
36:54de grand remplacement.
36:56Karim ?
36:57Je voulais parler pour moi
36:58donc nous, notre soeur
37:00l'interlocuteur
37:01dans notre service
37:02c'est notre chef
37:03c'est le chef de service
37:04qu'on fait des réunions
37:05très régulièrement
37:07et puis on crie un petit peu
37:09notre désarroi.
37:11Ils sont tous solidaires
37:12avec nous
37:12ils sont tous
37:13très reconnaissants
37:14envers notre travail
37:15ils sont très
37:18compatissants
37:19envers ce qu'on fait
37:20mais ils nous disent
37:21que c'est une décision politique.
37:24Nous, si on devait prendre
37:25une décision
37:26nous on vous valide
37:27tout de suite
37:27parce que vous faites
37:28vos preuves.
37:29D'ailleurs ils nous délèguent
37:30une responsabilité aveugle.
37:33Nous on prescrit
37:35on fait des hospitalisations
37:37on fait des comptes rendus
37:39de sortie
37:40on tamponne
37:41et on signe
37:41avec notre chef de service.
37:43Donc nous
37:43il nous fait une confiance
37:44aveugle.
37:44Les chefs
37:45nous donnent
37:46plein de responsabilités
37:47parce qu'ils savent
37:48que derrière
37:49le médecin pas dû
37:50est compétent.
37:52Ils font la différence
37:53rapidement.
37:54Est-ce que du coup
37:55vous subissez du racisme
37:56au quotidien
37:57de la part des patients aussi
37:58qui peut-être
37:58se sentent autorisés ?
38:00Moi je n'ai jamais
38:01ressenti cela.
38:02Tous ceux
38:02que j'ai travaillé avec eux
38:04qu'ils soient des personnels
38:05soignants
38:06des personnels
38:07nos confrères
38:08de médecins
38:09on a été toujours
38:10très bien accueillis
38:11et très bien considérés.
38:13Nos chefs
38:13nous félicitent.
38:14D'ailleurs à chaque fois
38:15que je sors d'un service
38:16j'ai un papier
38:17de recommandation
38:18pour que je puisse
38:19ailleurs
38:20trouver
38:21et je trouve toujours
38:22déjà la veille
38:23de mon départ
38:24déjà les chefs de service
38:25se téléphonent entre eux.
38:27D'ailleurs à chaque manifestation
38:28on ne le dit pas
38:29à nos patients.
38:30Mes patients
38:30m'ont souvent reproché
38:32en me voyant souvent
38:33sur des plateaux télé
38:34pourquoi tu ne nous as jamais
38:35parlé de la situation ?
38:37Et du coup souvent
38:37dans des manifestations
38:38on ne leur dit rien
38:39mais via les réseaux sociaux
38:40on trouve des patients
38:41d'ailleurs aujourd'hui
38:42il y avait des patients
38:43en consultation
38:43qui étaient présents
38:44à la manifestation.
38:45Mais ça veut dire
38:45que les discours d'extrême droite
38:46ils ne prennent pas
38:48dans la population
38:48avec vos collègues
38:49finalement ça ne fonctionne pas ?
38:51Concrètement en fait
38:52vous travaillez très bien
38:53et ça se passe très bien
38:54Moi je n'ai jamais ressenti
38:56un quelconque sentiment
38:58de racisme
38:59ça s'est toujours bien passé
39:00en tout cas
39:01les patients sont très contents
39:03C'est bien que vous soyez soutenus
39:05par vos patients
39:05pendant les mobilisations
39:07et tout ça
39:07c'est vrai que...
39:08Juste il y a quelqu'un
39:09qui demande dans le chat
39:09je trouve que c'est très intéressant
39:10est-ce que vous êtes responsable
39:11pénalement
39:12s'il se passe quelque chose
39:14de grave
39:15avec un patient
39:16est-ce que c'est le cas ?
39:17C'est notre chef de service
39:19on est responsable
39:21mais il faut vraiment
39:22que la faute soit grave
39:23mais donc notre chef de service
39:25nous dit toujours
39:26faites attention
39:28n'oubliez pas
39:28qu'il y a le chef
39:29qui est derrière
39:30mais là on a fait
39:32notre preuve
39:33moi pendant le Covid
39:34on m'a donné
39:35une carte
39:36où ils ont écrit
39:37docteur Karim Ben Damarji
39:38ils m'ont confectionné
39:39un tampon
39:40avec conseil de l'ordre de l'hôpital
39:43prescripteur
39:43Si vous avez le tampon
39:44c'est que c'est bon
39:45Vous êtes validé
39:46Le tampon la médaille
39:47Donc on était
39:49très bien considérés
39:50donc moi non
39:51moi je suis confection musulmane
39:53je vais vous raconter une histoire
39:54qui m'est arrivée pendant le Covid
39:55que je n'oublierai jamais
39:56j'ai reçu un rabbin
39:58Monsieur le rabbin
39:58le vrai rabbin
39:59avec tout le chapeau
40:01tout ça
40:01donc il avait le Covid
40:02donc il a vu mon nom
40:03il est rentré
40:03bonjour monsieur
40:04asseyez-vous
40:04donc on a consulté
40:06parce que nous à l'EHU
40:07tous les patients qui avaient Covid
40:08nous avons fait une exception
40:10on a fait une prise de sang
40:11un électrocardiogramme
40:12un scanner
40:13pour les gens
40:13qui avaient suspicion
40:14d'enlever le pulmonaire
40:15donc c'est pour ça
40:15qu'on avait le moins de décès
40:16dans tout le territoire français
40:18parce que nous prenons en charge
40:19correctement
40:20tous les patients
40:21donc on prenait du temps
40:22mais voilà
40:23donc monsieur le rabbin
40:24j'ai dit monsieur
40:25je suis désolé
40:25vous avez le Covid
40:26mais rien de grave
40:27donc on a sympathisé
40:28et on a rigolé
40:29j'ai dit moi
40:29je suis confection musulmane
40:31et le rabbin
40:32je vous trouve sympathique
40:33il m'a dit
40:34docteur vous êtes très sympathique
40:35je voulais vous poser
40:37une petite question
40:37est-ce que je peux ramener
40:38ma femme demain
40:38elle est enceinte
40:41de 8 mois et demi
40:42et j'ai dit oui
40:43vous pouvez la ramener
40:45demain
40:45sans rendez-vous
40:46donc quand il est venu
40:47le lendemain
40:48il s'est mis en face
40:48de mon bureau
40:49il a vu mon nom
40:50il s'est assis
40:51en attendant son tour
40:52et puis le professeur
40:53chef de service
40:53en passant
40:54il a vu monsieur le rabbin
40:55il dit monsieur le rabbin
40:56vous êtes
40:56venez avec moi
40:57venez avec moi
40:58je vais vous consulter
40:58comme ça
40:59votre femme elle est enceinte
41:00il dit non non non
41:01moi je veux passer
41:01chez monsieur
41:02il dit mais non
41:04mais lui
41:04il est occupé
41:05non non non
41:06il m'a dit hier
41:06je vais passer
41:07donc professeur Millon
41:08il est rentré
41:10il dit Karim
41:10le rabbin il veut
41:11à tout prix
41:13je dis que vous êtes musulman
41:14et je dis
41:14mais musulman
41:15il est bienvenu
41:16et lui musulman
41:17où est le problème
41:18moi je fais
41:18le serment d'hippocrate
41:19la blouse blanche
41:21et finalement
41:21il est rentré
41:22il m'a remercié
41:23il m'a dit
41:23docteur je vais beaucoup mieux
41:24j'ai pris le traitement
41:25je vais beaucoup mieux
41:26mon épouse
41:27donc elle a fait le test
41:27elle était covid positif
41:29elle m'a dit
41:29il n'y a pas de problème
41:30pour mon bébé
41:31alors je vais raconter
41:32la blague la meilleure
41:33donc je dis non madame
41:34ne vous inquiétez pas
41:35vous êtes sûr mon bébé
41:36j'ai dit non
41:37le covid n'attaque pas
41:38les petits
41:39il n'y a que les grands
41:39donc les enfants
41:40ils ne savaient jamais
41:41le covid
41:42il n'aime que les grands
41:43les petits
41:43ah docteur merci
41:45je crois que quand mon fils
41:46il va naître
41:47je vais les pronommer Karim
41:49son mari
41:49alors ça là
41:51il faudrait qu'on en reparle
41:52c'est très exagéré non plus
41:53non mais vraiment
41:54on a rigolé
41:55mais pour vous dire
41:55que nous on était
41:56très très bien accueillis
41:57on n'avait pas de problème
42:01enfin de communitarisme
42:02très très bien
42:03ça se passait très très bien
42:04on a gardé un très bon souvenir
42:05et on a fait une excellente fête
42:07de départ
42:08quand il n'y a plus de covid
42:10et de chez eux
42:10je suis parti en oncologie
42:12où j'ai trouvé un poste
42:14chez le professeur
42:15en oncologie
42:17et après
42:18ça a suivi
42:19ça a suivi
42:19peut-être dernière question
42:21oui
42:22qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter
42:23comment on peut vous soutenir
42:24je vois beaucoup de personnes
42:25dans le chat
42:25vous apporter votre soutien
42:27justement je vois
42:27une question super intéressante
42:29dans le chat
42:29il y a quelqu'un qui demande
42:30est-ce qu'il y a une validation
42:31des acquis et des expériences
42:32hors EVC
42:33dans certains départements
42:34territoires comme la Guyane
42:34oui
42:35en fait c'est une instrumentalisation
42:37du gouvernement aussi
42:38parce que
42:40en outre-mer
42:41c'est pour ça qu'on parle souvent
42:42d'une médecine
42:43à géométrie variable
42:44et est-ce que
42:46les gens
42:47qui sont en outre-mer
42:48sont considérés
42:49comme français
42:50ou pas par ce gouvernement
42:51parce que les padus
42:51qui exercent en outre-mer
42:52sont inscrits
42:53au conseil de l'ordre
42:54régional
42:55ils ont un numéro RPPS
42:56ils peuvent travailler
42:57ils peuvent travailler
42:58même
42:58c'est une inscription
43:00au conseil de l'ordre
43:00français
43:01régional
43:01ils peuvent exercer
43:03d'une façon autonome
43:04comme les médecins
43:05ayant une diplomation
43:06européenne
43:07sauf qu'ils ont
43:10une date de péremption
43:11de 10 ans
43:12donc ça veut dire
43:12au bout de 10 ans
43:13on leur enlève
43:14leur inscription à l'ordre
43:15et on leur dit
43:16au revoir et merci
43:17vous allez repasser le concours
43:18donc aujourd'hui
43:19non
43:19ils ne sont pas validés
43:20d'une façon officielle
43:22c'est une façon officieuse
43:23ils peuvent exercer
43:24pendant 10 ans
43:25pourquoi
43:26peut-être
43:26en attendant de former
43:27plus de médecins français
43:28et leur dire
43:29nous
43:29vous êtes diplômés
43:31à l'étranger
43:31donc on vous a utilisé
43:32pendant 10 ans
43:33mais aujourd'hui
43:33au revoir et merci
43:35en tout cas
43:35on ne sait pas
43:36quelle est la raison
43:37derrière cette loi
43:39qui a été votée
43:39qui a été adoptée
43:41au départ
43:41c'était 5 ans
43:42qui a été prolongée
43:43donc maintenant
43:43j'ai plein de collègues
43:44qui sont en Guadeloupe
43:45alors je me suis rendu
43:45en Guadeloupe
43:46il n'y a pas longtemps
43:46pour les rencontrer
43:47on a discuté
43:48j'étais dans un congrès
43:49et il me dit
43:50aujourd'hui
43:51on est très bien
43:52on ne pense pas
43:53de la même façon que vous
43:54parce que vous
43:54vous avez des contrats
43:55de 6 mois
43:55nous on a 10 ans
43:57mais on a déjà fait 6 ans
43:58il me dit
43:59il reste 4 ans
43:59donc on commence
44:00à sentir la fin
44:01de nos contrats arriver
44:02et du coup
44:03ça c'est un peu faux
44:04ils ne sont pas régularisés
44:05ils sont utilisés
44:07donc à un moment donné
44:08il faut dire
44:09les choses telles qu'elles sont
44:10est-ce qu'ils sont français
44:11les gens qui sont en Outre-mer
44:12est-ce que ces médecins-là
44:13ils peuvent les soigner
44:14pendant 10 ans
44:15ils sont bons
44:15et dans 10 ans
44:16ils ne le sont plus
44:17ils ne sont plus compétents
44:18il faut qu'on ait
44:19des vraies réponses
44:20à ces questions
44:20pour conclure
44:21un dernier mot
44:23quelle est la prochaine date
44:24pour vous soutenir
44:25est-ce qu'il y a
44:26une organisation
44:27est-ce qu'il y a quelque chose
44:28qui est organisé
44:28une mobilisation
44:29pour appeler
44:30toutes les personnes
44:31qui sont dans le chat
44:31peuvent nous rejoindre
44:33et manifester avec nous
44:34on a prévu une journée
44:35nationale de grève
44:36le 12 mai
44:38parce qu'on n'a pas encore
44:39fait de grève nationale
44:40et peut-être que c'est le moment
44:41donc on s'est mis en contact
44:43avec des syndicats
44:44de représentants
44:44de praticiens hospitaliers
44:45pour faire un préavis de grève
44:46on va déposer la journée
44:48du 12 mai
44:48avant de manifester
44:50on verra
44:51en fonction de la préfecture
44:52et des autorisations
44:53pour pouvoir manifester
44:54tout proche de Matignon
44:55et demander une audience
44:56avec le Premier ministre
44:57très bien
44:58merci beaucoup
44:59la date est prise
45:00dans le chat
45:01vous avez bien retenu
45:01le 12 mai
45:02même s'il n'y a pas
45:03de manifestation
45:03vous pouvez toujours
45:04aller soutenir
45:05les pas du
45:06sur les piquets de grève
45:07parler un peu autour de vous
45:08de votre situation
45:09c'est aussi comme ça
45:10que ça fonctionne
45:11merci beaucoup
45:12à tous les deux
45:12merci pour les anecdotes
45:13et pour la médaille
45:15pour la médaille aussi
45:16merci pour la médaille
45:16merci pour la médaille

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