00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:04Bien accompagné dans le studio d'Europe 1 avec Louise Montangon, responsable de l'Uni à Bordeaux,
00:09avec Charles Germant, délégué Police Alliance 93, Eric Tegner, directeur de la rédaction de Frontières,
00:14et l'ami Vincent Roy, journaliste, essayiste. Écoutez ce que disait Gabriel Attal.
00:19Il était hier sur Europe 1, l'invité de Laurence Ferrari, il a estimé qu'elle ait fait utiliser les
00:24jeunes comme de la chair à canon.
00:25On voit que la France Insoumise, à nouveau, se sert de notre jeunesse comme de la chair à canon politique.
00:33Ils encouragent des jeunes à se mettre en danger eux-mêmes, à mettre en danger l'intégrité de leurs professeurs,
00:40de fonctionnaires de police, et puis des bâtiments publics.
00:43Et c'est totalement insupportable, ça c'est la première chose.
00:46Et la deuxième chose, c'est que ça montre aussi une forme de banalisation que je dénonce depuis plusieurs années
00:51de la violence chez les jeunes.
00:53et le fait que notre réponse pénale n'est pas adaptée à ce rajeunissement de la violence et à cette
00:58banalisation de la violence.
01:00Louise Montangon, est-ce que vous avez l'impression d'être de la chair à canon ?
01:03En tout cas, est-ce que vous avez l'impression que certains de vos camarades plus jeunes le sont ?
01:06Mes camarades plus jeunes le sont, oui, ça c'est sûr et certain.
01:09Pour ceux qui ont compris la manœuvre, non, ils ne le sont pas.
01:12On fait partie quand même d'une majorité.
01:14Par contre, ce qui est sûr, c'est que c'est de la chair à canon, on pourrait même appeler
01:16ça un bouclier politique.
01:17En fait, les fils, c'est très simple, ce qu'ils essaient de faire, c'est de pousser les lycéens
01:21au débordement, avec la police, avec les CRS,
01:24espérer qu'il y ait un débordement, ce qui se produit déjà en seulement 48-72 heures,
01:28et ensuite, aller hurler et crier aux bavures policières, aux éborgnés, etc., en coupant des vidéos.
01:36En coupant, c'est-à-dire en prenant les meilleurs extraits ?
01:39Voilà, en prenant les meilleurs extraits.
01:40Quand on coupe 15 secondes d'une vidéo, forcément, on peut dire que là, c'est une bavure.
01:43C'est le fameux hors-contexte.
01:45Exactement.
01:45Quand on entend M. Attal, quand on entend les mots de M. Attal, on croit quand même rêver.
01:50Non, mais c'était la question que j'allais poser aussi à Louis, c'est, est-ce que vous attendez
01:53accessoirement quelque chose de Gabriel Attal ?
01:56Non, rien. Qu'est-ce qu'il a fait ? Il a occupé tous les postes, il a occupé...
01:59Vous n'avez pas l'issue ?
02:00Je n'ai pas assez de doigts pour compter le nombre de postes de ministres qu'il a fait.
02:05Et voilà, c'est de sa faute tout ça, en fait. C'est de sa faute.
02:08C'est de leur faute à tous, aujourd'hui. Je pense que vous prenez la tranche d'âge 15-25
02:13ans, donc ceux qui sont scolarisés,
02:14ils ne sauraient même pas vous citer le nom du ministre de l'Éducation nationale ou de l'Enseignement supérieur,
02:19tant on ne fait que changer.
02:20Tout à l'heure, je parlais de colonne vertébrale politique, mais là, nous sommes dans un cas flagrant de l
02:24'ordose.
02:25C'est-à-dire qu'on a besoin des défis, on sert des défis, on n'en a plus besoin,
02:29ça devient dangereux.
02:30Quel crédit ! Vous vous rendez compte ? Et alors, ces gens-là, M. Attal en l'espèce, a le
02:36front d'aller se présenter à l'élection présidentielle.
02:40Tout ça ne va pas faire long feu, tout ça va faire long feu, mais qu'importe.
02:44Mais le front, après s'être servi des défis comme il s'en est servi, aujourd'hui, évidemment, là, ça
02:50devient, pour le coup, osons le mot, ça devient inflammable,
02:53alors surtout, il faut que ça soit servi au législatif 2024, on s'en souvient, et Louise l'a rappelé
02:59tout à l'heure.
02:59Charles Germain, une réaction ?
03:01Oui, alors, effectivement, on a, justement, nous, on a un syndicat qui est apolitique,
03:07mais, effectivement, on voit bien qu'on a des élus députés LFI qui viennent un peu partout sur la Seine
03:13-Saint-Denis,
03:13et pas que pour chauffer à blanc, justement, cette jeunesse.
03:18Mais je pense qu'on a aussi un problème de réponse pénale.
03:22Là, on a affaire à des mineurs qui sont interpellés et qui sont relâchés quasiment immédiatement.
03:28On a des parents de sémineurs.
03:30Vous perdez votre temps, en fait.
03:31Mais oui, c'est ça, en fait, on perd notre temps.
03:33Parce qu'ils vont en garde à vue ?
03:34Mais ils y vont, mais ils y sortent quasiment aussitôt.
03:37Là, je peux...
03:38Enfin, c'est...
03:39Et la paperasse pour un policier de faire de la garde à vue, c'est...
03:42C'est très, très lourd.
03:43C'est très, très lourd.
03:44Nous, en fait, on est aujourd'hui à l'ère de l'IA,
03:46et pourtant, on a des logiciels qui sont obsolètes.
03:50Mais alors, totalement.
03:51Donc, du coup, ça nous prend beaucoup de temps.
03:52Moi, j'ai vu, quand je suis allé porter plainte, effectivement,
03:54ça n'a pas l'air très, très neuf.
03:55Ah non, non, je vous garantis que c'est obsolète.
03:59C'est ça, c'est obsolète.
04:00Le flic m'a dit, d'ailleurs, vous savez quoi ?
04:01Faites votre plainte en ligne, parce qu'on gagnerait du temps.
04:03Ah oui, oui.
04:04Non, mais là, le temps, des fois, qu'on interpelle l'individu,
04:07qu'on le ramène, qu'il soit présenté à l'OPJ,
04:09qu'on a la décision du juge,
04:13nous, on n'a pas fini nos procédures.
04:18C'est ça, on a encore fini nos procédures.
04:20Le problème, c'est qu'aujourd'hui, vu qu'ils sont mineurs,
04:22ils ont cette excuse de minorité.
04:24Alors ça, je veux bien entendre parler,
04:27mais je pense qu'il faudrait quand même la remettre sur la table,
04:29l'excuse de minorité.
04:30Quand on parle d'enfants de 17 ans qui font 1m80
04:33et qui jettent et qui tirent au mortier sur des compétences de police,
04:39comme ça a été le cas aujourd'hui,
04:40je pense qu'il faudrait peut-être revoir cette excuse de minorité
04:43et surtout, il faudrait quand même mettre aussi en responsabilité
04:47les parents de ces enfants mineurs.
04:50Je suis d'accord sur la responsabilité des parents mineurs,
04:52c'est-à-dire qu'il y en a qui ont des logements sociaux,
04:55il faut savoir que 70% des Français sont éligibles aux logements sociaux,
04:58seulement 11% y ont accès.
05:00Donc ça, c'est le premier point.
05:01Il y a effectivement les allocations familiales.
05:03On donne une allocation familiale pour éduquer des enfants.
05:06Tu ne sais pas éduquer tes enfants,
05:07je ne sais pas pourquoi on continuera à financer.
05:09Et enfin, il y a une partie de ces jeunes lycéens,
05:11l'année prochaine, ils vont avoir une bourse.
05:13Louise pourra témoigner.
05:14Il y a des boursiers.
05:15Moi, j'ai été boursier, ça m'a aidé, etc.
05:17Ils sont dans un parcours républicable, bien sûr.
05:20S'ils avaient su, ils ne me l'auraient pas donné, vous savez.
05:22Ça, c'est certain.
05:24En plus, ce n'est pas grave.
05:26Mais il y a des boursiers, en fait, ils adorent ne rien faire.
05:29Et s'ils sont délinquants dès l'âge de 17 ans,
05:31il faut leur dire, non, ça se mérite.
05:33Donc l'année prochaine, tu n'auras pas ta bourse.
05:35Et là, tu vas aller faire la plonge pour aller payer tes études.
05:37Parce qu'en effet, il y a beaucoup de petits boulots
05:39sur lesquels on a besoin de jeunes.
05:40C'est ça, quand même.
05:41Et ça, ce n'est pas de la répression.
05:42Je ne suis pas en train de vous dire
05:43qu'il faut que le policier sorte de sa matraque
05:44et aller tabasser les jeunes, etc.
05:46Mais on est au stade zéro de la sanction.
05:49C'est ça.
05:49Non, mais de toute façon,
05:50pour le cas qui concerne vous, policier,
05:53et face aux atteintes répétées
05:56et aux violences que vous subissez,
05:58tant qu'on ne remettra pas
06:00ou qu'on ne mettra pas des peines planchées,
06:02c'est-à-dire que vous essayez d'atteindre un policier
06:05avec un mortier d'artifice, c'est temps.
06:07Vous partez directement en taux.
06:10Je veux dire, on n'en sortira pas autrement.
06:14Nous, notre syndicat, c'est ce qu'on demande.
06:15C'est-à-dire qu'on touche à un policier,
06:16on va en prison.
06:17Ça, c'est clair et net.
06:18C'est ce qu'on demande depuis longtemps.
06:20On demande un choc d'autorité de la part de l'État
06:24qu'on attend toujours.
06:26Là, on voit bien qu'à côté de ça,
06:28on a cette justice à deux vitesses.
06:30On a une justice qui va libérer
06:34des jeunes mineurs multirécidivistes
06:37sans aucun problème.
06:39Par contre, quand c'est un policier
06:40qui passe devant le juge,
06:42moi, j'ai eu le cas d'un collègue
06:44pour se défendre de quelqu'un
06:47qui a voulu lui mettre un coup de tête,
06:48qui lui a mis une claque,
06:50il a pris un an d'interdiction d'exercer.
06:52Un an d'interdiction.
06:53Et surtout qu'après, vous êtes blacklisté.
06:57Même quand vous reprenez l'exercice,
06:59vous êtes considéré comme celui qui a mis la claque.
07:00Et je vous parle d'un collègue que je connais bien,
07:04qui a plus de 20 ans de terrain en bac
07:07et zéro sanction en son dossier.
07:09Je vous parle de quelqu'un qui est exemplaire.
07:11Il faut bien commencer quelque part.
07:12Et ça, c'est une section.
07:13Je voudrais juste avec vous, Charles Germant,
07:15revenir sur une image qui a fait
07:17beaucoup parler d'elle aujourd'hui,
07:18parce que ça s'est passé aujourd'hui.
07:20C'est le député LFI, Thomas Porte,
07:22que l'on voit manifester.
07:25Et il va au front avec les CRS qui sont avec des boucliers.
07:29Et à un moment donné, il est vraiment collé au bouclier.
07:32Et qu'est-ce qui se passe dans la tête de votre collègue ?
07:35De se dire, allez, il a son écharpe tricolore,
07:37parce qu'ils le font tous avec le blanc rouge,
07:40mais tant pis, moi je suis là,
07:41je fais mon boulot et je le pousse.
07:44C'est-à-dire, je le mets à distance.
07:46On se retrouve face à, j'allais dire,
07:49un conflit d'autorité entre le député
07:52et l'autorité du député
07:54et les députés du CRS.
07:55Et vous savez, moi ça me rappelle,
07:56quand vous dites ça,
07:57ça me rappelle l'image de Mélenchon
07:59La République, c'est moi.
08:00La République, c'est moi.
08:01Ça me rappelle ça.
08:02En juillet 2018.
08:03Voilà, où on voit bien qu'en fait,
08:05ils se sentent un peu tout permis
08:06et que la loi, c'est eux aussi.
08:10Et donc du coup, ils ne comprennent pas
08:11quand une compagnie CRS dit qu'on avance,
08:13mettez-vous devant avec votre...
08:16Richard, on va quand même avancer en fait.
08:18C'est comme ça, parce qu'on est dans une société...
08:21Mais moi, je salue en fait ce policier
08:22et si vous le croisez, vous lui direz.
08:24Honnêtement, moi je trouve ça très louable
08:26de dire, en fait non, moi je fais mon boulot.
08:29Peu importe, député, pas député,
08:31Richard, Tricolore, par exemple,
08:32moi je suis là pour faire régner l'ordre.
08:34J'avance, monsieur le député, écartez-vous,
08:36moi je suis là pour faire mon boulot.
08:37Non, mais c'est surtout que...
08:38C'était ça en fait l'image.
08:38Oui, mais c'est surtout que là en fait,
08:40là vous avez eu une image,
08:41mais là on le voit nous sur tout le 93
08:43avec des interventions des députés LFI
08:46qui viennent, mais qui ne restent pas longtemps.
08:49C'est-à-dire qu'ils viennent pour provoquer un peu,
08:51prendre deux, trois photos
08:52et relayer tout ça sur les médias
08:54et ensuite ils disparaissent.
08:56Ils n'y restent pas toute la matinée.
08:58On le voit bien.
08:59Ils ne viennent pas éteindre le feu.
09:00Mais non, ils sont là pour faire le buzz,
09:02pour chauffer à blanc au maximum
09:03tout ce qu'ils peuvent.
09:05Et puis ensuite, une fois que ça part en vrille...
09:08Après c'est la pause déjeuner.
09:09Voilà, ils partent.
09:1018h55, merci beaucoup Charles Germant,
09:12merci beaucoup à vous Louise Montangon.
09:16Merci aux camarades Vincent Roy et Eric Tegner
09:19dans 4 minutes le journal.