00:03Notre histoire est celle de milliers de gens.
00:07Pendant la réforme des retraites du projet Fillon,
00:10on a été des milliers à descendre dans la rue,
00:13à exprimer une opposition face à un projet de réforme.
00:16Et nous, notre façon de l'exprimer,
00:18ça a été de reprendre le fameux slogan de Nicolas Sarkozy,
00:22« Casse-toi pour front » et de l'adapter à la sauce rouennaise.
00:25Ce qui n'a pas plu à la police, puisqu'on a été arrêtés.
00:30On a été mis en garde à vue pendant une partie de la matinée.
00:32Et puis après, malheureusement pour nous,
00:34une histoire derrière s'est enclenchée,
00:36puisqu'il y a eu des dépôts de plainte.
00:38Et on s'est retrouvés au tribunal, à Rouen,
00:41où on a été condamnés.
00:42On a donc fait appel, on a été rejugés à Lyon en appel.
00:46Là, en appel, on a obtenu une condamnation, mais sans peine.
00:51Donc pour nous, ça équivalait à une forme de relax.
00:54On pensait que cette histoire était terminée.
00:56Et au mois de mai de cette année,
00:57nous avons reçu une convocation pour aller dans le cadre de notre condamnation,
01:03donner notre ADN.
01:04Alors c'est une forme d'intimidation.
01:06On n'est pas dupes politiquement.
01:08On essaye d'intimider tous ceux qui aujourd'hui essayent de relever la tête.
01:11On est dans la continuité de ce qu'on a connu sous l'ère Sarkozy, malheureusement.
01:15On ne peut que se poser des questions quand même sur un fond politique,
01:18parce que le gouvernement a changé.
01:21Des engagements ont été pris.
01:23Des efforts ont été faits, puisqu'une loi d'amnistie a été votée au Sénat,
01:27à l'initiative des sénateurs communistes.
01:29Aujourd'hui, on pensait quand même qu'avec une majorité de gauche à l'Assemblée nationale,
01:34cette loi serait passée.
01:36Ça aurait été un signe fort.
01:38Or, il n'en est rien.
01:39Ce gouvernement continue la politique d'hier
01:42et continue de mettre la pression à tous ceux qui résistent aujourd'hui.
01:45Par contre, c'est une erreur.
01:47Je pense qu'il se trompe.
01:48Parce que plus on nous tapera dessus, plus on réagira.
01:50Et notre présence aujourd'hui à la fête de l'Huma, c'est aussi ça.
01:53C'est aussi ce symbole de la solidarité, de la fraternité
01:57et du fait qu'on ne se résignera pas à se battre et on continuera.
02:01Et demain, on sera encore dans la rue, malgré tout ce qui nous arrive.
02:04À travers notre histoire, on a découvert d'autres situations
02:06encore plus dramatiques que les nôtres.
02:08On a été invité un peu partout, la solidarité a joué
02:11et on découvre des situations de militants syndicaux, associatifs ou politiques
02:16qui, pendant l'époque de Sarkozy, ont été brimés, réprimés.
02:19On a encore aujourd'hui, sous un gouvernement de gauche,
02:22des atteintes aux libertés d'expression, des atteintes aux libertés syndicales.
02:25On remet en cause le droit au logement, l'accueil des sans-papiers.
02:28On voit que ce gouvernement n'a rien fait aujourd'hui pour changer les choses.
02:32Or, on continuera de se battre parce que de toute façon,
02:34à travers nous, c'est aussi d'autres formes d'expression.
02:37On n'est pas que cinq dans ce combat-là.
02:40On pense à nos camarades de l'Ardèche qui sont victimes de pression
02:43contre un patron revanchard, on se croirait, au siècle dernier.
02:47Et bien voilà, on porte aussi ces combats-là.
02:48On porte ces combats humains de dignité et de respect.
02:51Et bien voilà !
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