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  • il y a 4 minutes
Affaire Lyhanna : sur RTL, la journaliste et éditrice, Isabelle Saporta, tente d'instrumentaliser ce meurtre pour relativiser les affaires judiciaires visant Sarkozy. On fait le point sur cette rhétorique de la honte.

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Transcription
00:00Pourquoi Nicolas Sarkozy a été mis en prison ?
00:01Pourquoi tant de moyens déployés pour un seul homme
00:03qui ne mettait pas la société française en danger
00:05quand on n'a pas été capable, des mois durant,
00:07de mettre en garde à vue le bourreau de Liana ?
00:09Ah oui, alors celle-là, on s'y attendait pas.
00:10Qu'ils trouvent le moyen de détourner l'affaire Liana
00:13pour dédouaner Nicolas Sarkozy, franchement chapeau.
00:15Bah oui, parce que vu que cette fois c'est impossible
00:17d'instrumentaliser l'affaire en avançant leur récit xénophobe
00:19et anti-immigration parce que le bourreau
00:21est tout sauf immigré ou non-blanc,
00:24donc bah il a fallu trouver autre chose.
00:25Il faut dire qu'il se surpasse d'inventivité.
00:27Elle, c'est Isabelle Saporta, journaliste et éditrice de Nicolas Sarkozy.
00:31On est mercredi 10 juin sur RTL Matin.
00:33Et le plus fascinant, c'est de voir qu'elle commence sa chronique
00:36en reconnaissant elle-même que son raisonnement ne tient pas.
00:39La rationalité, c'est de répondre
00:40« ça n'a rien à voir et ce ne sont pas les mêmes juridictions ».
00:42En effet, Madame Saporta, ça n'a rien à voir.
00:44Et au-delà de la rationalité, comme vous dites,
00:46ce sont les faits qui nous permettent de dire ça.
00:48Ce ne sont ni les mêmes magistrats,
00:49ni les mêmes services, ni les mêmes procédures.
00:51Une affaire de corruption, de trafic d'influence
00:52ou de financement illégal de campagne
00:54ne rentre pas en concurrence directe avec une affaire de pédocriminalité.
00:57Voilà.
00:57La chronique aurait donc pu s'arrêter là,
00:59mais si tu étais trop beau.
01:00Parce qu'après avoir reconnu pourquoi la comparaison n'a aucun sens,
01:03elle est parvenue à comparer quand même.
01:05Et puis on compte le temps passé
01:07et les moyens déployés sur Nicolas Sarkozy.
01:08Je sais, ce ne sont pas les mêmes corps, ni les mêmes hommes.
01:10Je sais qu'à quitter Sarkozy n'aurait pas sauvé Liana.
01:12Mais dans un état qui manque de tout,
01:13de juge, de greffier, d'enquêteur, d'éducateur,
01:15on fait des choix.
01:15Et les choix qu'on fait disent ce qu'on est.
01:17Cela est un procédé rhétorique plutôt classique
01:18qui peut s'avérer intéressant quand on sait bien l'utiliser.
01:21Quand on fait une démonstration,
01:22il peut être utile de neutraliser les objections potentielles.
01:25Pour ça, il faut donc exposer l'objection,
01:27puis la traiter en la débunkant par exemple,
01:29pour ensuite la dépasser.
01:30Madame Saporta, elle, a oublié l'étape du milieu.
01:32Elle a d'abord concédé l'opposition
01:34pour ensuite directement la contourner
01:36et réinstaller ce qu'elle avait essayé de disqualifier auparavant.
01:38Certes, les affaires n'ont rien à voir,
01:40mais on va les comparer quand même.
01:41Maintenant qu'on a soigneusement démonté la forme,
01:43attaquons-nous au fond.
01:44Toute sa chronique se base sur un faux dilemme.
01:47Combien de bourreaux pédocriminels
01:48la justice pourrait-elle arrêter avec de tels moyens ?
01:50Madame Saporta avec tout le respect.
01:51Ce n'est pas comme ça que l'état de droit fonctionne.
01:53L'affaire Sarkozy n'est pas un caprice judiciaire
01:55qui aurait détourné l'attention de certains enquêteurs
01:58sur la protection de l'enfance.
01:59Après, si vous voulez qu'on parle du manque de moyens de la justice,
02:01parlons-en.
02:01Parlons du fait que dans notre pays,
02:02il y a quatre fois moins de procureurs que la moyenne européenne.
02:05Parlons du manque de moyens et d'effectifs
02:06chez les enquêteurs et l'aide sociale à l'enfance.
02:08Parlons également de l'inflation des circulaires
02:09et des priorités administratives
02:11qui, à force de tout hiérarchiser,
02:12ne priorisent plus rien concrètement.
02:14Tout cela est évidemment et effectivement central
02:16si on veut comprendre comment on en est arrivé là avec Liana
02:18et surtout pour que jamais ça ne se reproduise.
02:20Et oui, c'est bien une question de moyens
02:22malgré ce qu'essaye de nous dire
02:23notre très cher président de la République
02:24et le garde des Sceaux.
02:25Mais vous, Madame Saporta,
02:26ce n'est pas réellement ce qui vous intéresse.
02:27Et d'ailleurs, Liana ne sert que d'outil rhétorique
02:29dans votre démonstration.
02:30Elle ne vous intéresse que très peu,
02:31tout comme les moyens alloués à la protection de l'enfance.
02:33Dans votre chronique,
02:33Liana ne sert que de support émotionnel
02:35à une démonstration qui existait déjà avant elle.
02:37Celle selon laquelle Nicolas Sarkozy
02:38aurait été victime
02:40d'un traitement judiciaire excessif,
02:42d'une république des juges.
02:43Votre cible réelle ici,
02:44c'est la légitimité des poursuites contre Sarkozy.
02:46Et vous, vous êtes prête
02:46à instrumentaliser la mort d'une enfant
02:48pour défendre cette idée.
02:49Quelle indignité.

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