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  • il y a 11 heures
Le 24 juin à 22h, deux tremblements de terre de magnitude 7,2 et 7,5 ont violemment secoué le Venezuela. Il s'agit du plus puissant séisme à avoir frappé le pays depuis au moins l'année 1900. Au moins 5500 morts et 16700 blessés et entre 10 000 et 50 000 personnes sont encore portées disparues. 16 000 personnes sont sans logement et 856 bâtiments sont sinistrés.

Une situation extrêmement compliquée sur place que nous raconte Didier Wloszczowski, membre du Comité national du Secours populaire, qui s'est rendu sur place avec deux autres membres du SPF.

Séisme au Venezuela : le Secours populaire lance un appel à la solidarité : https://www.secourspopulaire.fr/seisme-au-venezuela-le-secours-populaire-lance-un-appel-a-la-solidarite/

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Transcription
00:01Comment le Venezuela se reconstruit, tant bien que mal, un mois après le terrible double séisme ?
00:06Le 24 juin à 22h, deux tremblements de terre de magnitude 7,2 et 7,5, séparés de 30 secondes
00:11et de 5 km, ont violemment secoué le Venezuela.
00:14Il s'agit du plus puissant séisme à frapper le pays depuis au moins l'année 1900.
00:18On dénombre au moins 5500 morts et 16700 blessés, et entre 10 000 et 50 000 personnes sont encore portées
00:24disparant selon les chiffres.
00:26Plus de 16 000 personnes sont au logement et 856 bâtiments sont sinistrés.
00:30Bref, une situation extrêmement compliquée.
00:33Pour nous raconter la situation sur place, je le disais à Didier Vloschowski, membre du Comité national du Secours populaire,
00:39merci beaucoup d'avoir répondu à notre invitation et de nous raconter tout ça.
00:44Vous êtes rendu avec deux autres membres du SPF dans l'état de la Guaira,
00:48j'espère que je le prononce bien, la Guaira, merci, sur les lieux où le double séisme du 24 juin
00:53a causé le plus de dégâts.
00:55Est-ce que vous pouvez nous raconter un petit peu ce que vous avez vu, ce que vous avez constaté
00:59sur place ?
01:00Ce qu'on a découvert en arrivant à la Guaira, c'est des quartiers entiers totalement effondrés,
01:06des immeubles de partout dans tous les sens,
01:11des immeubles qui sont collapsés, qui sont descendus, des immeubles qui ont été basculés.
01:17Donc il faut rappeler que cette zone, c'est la zone un peu de détente des week-ends des Caracueños,
01:23des gens de Caracas,
01:24Caracas est à 20 km dans la montagne, c'est entre 800 et 1000 mètres Caracas,
01:29et donc c'est là où vont le week-end les gens de Caracas pour se détendre sur la magnifique
01:36mer des Caraïbes.
01:37Il y a aussi beaucoup de gens, bien évidemment, qui habitent sur cette zone,
01:41et donc c'est une zone de désastre absolu.
01:44Ce que l'on a découvert aussi, c'est la grande solidarité des Vénézuéliens.
01:48C'est-à-dire qu'on a rencontré beaucoup de monde qui était là pour aider,
01:54des gens qui sont venus de tout le pays,
01:57Vénézuela c'est un grand pays,
01:58il y a des gens qui sont venus de plus de 12 heures de route,
02:00depuis l'état de Bolivar, qui est en Amazonie, au sud,
02:03ou de l'ouest du pays, il y avait vraiment beaucoup de solidarité
02:08et beaucoup d'entraide entre toutes les personnes qui étaient là
02:12pour aider, comme vous l'avez dit, les réfugiés,
02:15qui se sont accueillis en ce moment dans des écoles, à l'université,
02:19qui ont été transformés en centres d'accueil pour tout le monde.
02:23Une organisation qui, on y arrivait près d'un mois après le séisme,
02:27qui fonctionnait.
02:29On vous en parlera plus en avant par la suite,
02:32mais des gens aussi hébétés,
02:35qui attendent partout que l'on sorte les corps de leur famille
02:39de sous les décombres.
02:41C'est vrai, c'est une scène que raconte Louis-Sragada,
02:43qui va nous rejoindre juste après,
02:45que des gens ont planté leur tente à côté de l'immeuble
02:47qui a été effondré en attendant de recevoir les corps
02:51de leur famille, etc.
02:52Donc c'est des scènes, on imagine, extrêmement poignantes à vivre.
02:57Vous parlez beaucoup de solidarité.
02:59Est-ce que vous pouvez nous parler justement de la façon dont à la fois
03:02les gens sinistrés, les autorités officielles,
03:06les volontaires qui arrivent un peu partout,
03:09et puis les ONG aussi, comme la vôtre.
03:11Comment tout ce petit monde arrive à travailler ensemble ?
03:13Vous disiez que c'était efficace.
03:15A quel point c'est efficace et à quel point tous ces gens
03:17arrivent à travailler ensemble ?
03:18Alors, est-ce que c'est efficace ?
03:19C'est jamais assez efficace.
03:20Oui, jamais assez, évidemment.
03:21C'est jamais assez efficace parce qu'aucune organisation
03:25n'est prête à accueillir ces scènes d'absolument,
03:30de désolation un peu partout.
03:32Comment on recueille les familles qui ont tout perdu ?
03:36Comment on recueille les familles qui ont perdu,
03:37en plus de leur immeuble, la moitié de la famille,
03:40ou plus, donc des situations de désespoir
03:44qu'on a rencontrées sur les zones ?
03:50Dès le lendemain du séisme, bien évidemment,
03:52les premiers secours sont arrivés,
03:54avec les organisations internationales
03:57qui sont habituées à faire ça.
03:58La Croix-Rouge, les pompiers,
04:01la protection civile pénézuélienne,
04:03mais aussi du monde entier étaient là.
04:06Et donc les gens qui sont pour les premiers secours.
04:09Nous, le secours populaire, bien évidemment,
04:11on n'est ni des pompiers, ni de la protection civile.
04:13Et on arrive un peu plus tard
04:15pour des coopérations à plus long terme
04:17et pour parler du plus long terme.
04:20Petit à petit, ça s'est mis en place,
04:23avec, je ne pourrais pas vous dire
04:24si c'est l'optimal ou pas,
04:26il y a eu des gens qui nous ont raconté
04:28des scènes vraiment remerciant tout le monde
04:31d'être là, aussi bien les organisations internationales
04:34que les autorités,
04:35d'autres qui, bien évidemment,
04:38avaient des critiques à la façon
04:40dont les choses étaient organisées.
04:41Mais ça se comprend totalement
04:44dans ces situations de catastrophes.
04:48Vous commencez à parler du rôle du secours populaire
04:50dans ce genre de situation.
04:52Là, au Venezuela,
04:53j'ai quand même vu que vous étiez arrivé
04:55aussi avec des fournitures médicales,
04:57donc là, pour répondre vraiment
04:57à l'urgence de la situation.
04:59Mais vous commencez à le dire,
05:00le but, c'est aussi de penser au long terme.
05:02Est-ce que vous pouvez nous parler un peu
05:03des projets que vous menez ?
05:05Et quel est le travail,
05:06quelle est la mission du secours populaire
05:08dans ce long terme ?
05:09Alors, on n'est pas arrivé avec du matériel médical
05:13parce qu'on a trouvé le matériel médical.
05:14Ah, vous avez trouvé ?
05:15Sur place.
05:16D'accord.
05:17Au Venezuela, on arrive à trouver du matériel médical.
05:19Et donc, on n'est pas arrivé
05:21parce qu'on ne sait pas, a priori,
05:24ce dont ils ont besoin.
05:25Donc, ce que l'on a fait,
05:26c'est, le premier jour,
05:27aller visiter un refuge,
05:28le refuge des abuelos et abuelas,
05:32donc des anciens,
05:33des personnes âgées,
05:34ou dans cette école
05:36qui est située juste derrière
05:37l'aéroport de Maïketi,
05:39à l'aéroport de Caracas,
05:40qui a été en partie détruit,
05:42donc qui n'est pas opérationnel,
05:43dans ce refuge où il y avait à peu près
05:4780 personnes âgées,
05:4980 seniors, comme on dit.
05:51On leur a dit,
05:52mais de quoi avez-vous donc besoin ?
05:54Et on a profité de la semaine
05:55où on était là pour se procurer,
05:58pour arriver à trouver
05:59tout ce dont ils avaient besoin.
06:01On a trouvé une partie,
06:02on est descendu,
06:03donc le vendredi,
06:04juste avant notre départ,
06:06aider avec des chaises roulantes,
06:08avec des cannes,
06:09avec des matelas anti-escar,
06:11avec un tas d'autres choses
06:12pour donner une première aide
06:14du secours populaire.
06:15Ça, c'est la première aide.
06:17On arrive là.
06:18Mais l'objectif du secours populaire
06:20dans tous les pays
06:21où l'on intervient
06:22après des catastrophes,
06:23c'est d'établir
06:24des relations à long terme,
06:26des relations durables
06:27avec la société civile,
06:29avec des organisations sur place,
06:31avec des associations sur place,
06:32pour établir des projets
06:35sur un sujet donné
06:36qui peut être,
06:37dans ce cas-là,
06:38par exemple,
06:39l'aide psychosociale,
06:40parce que, bien évidemment,
06:42les gens sont en état de choc
06:43aujourd'hui,
06:45mais ça va durer,
06:46parce que c'est des chocs
06:48qui sont tellement importants
06:49qu'il va falloir aider
06:51à long terme.
06:52Ce n'est pas nous
06:53qui allons le faire.
06:54C'est bien évidemment,
06:55comme toujours,
06:57des organisations sur place
06:58avec lesquelles
06:59on va monter des projets
07:00pour avoir cette action
07:02à plus long terme.
07:03Mais c'est quelque chose
07:04au secours populaire
07:05que l'on fait depuis très longtemps.
07:07Je citerai deux derniers exemples
07:09ou trois.
07:10Mayotte,
07:11bien évidemment,
07:11on l'a tous encore en mémoire,
07:12Mayotte,
07:13le cyclone à Mayotte.
07:15On est toujours à Mayotte
07:17et on travaille toujours
07:18avec les associations sur place
07:19pour reconstruire des écoles,
07:21pour aider les enfants
07:21à la scolarisation,
07:23pour redévelopper Mayotte,
07:25mais avec le tissu associatif
07:27de Mayotte,
07:27qui est très, très riche,
07:28et avec lequel on travaille.
07:30Maroc, septembre 2023,
07:32terrible séisme
07:33dans l'atlas marocain
07:34au-dessus de Marrakech.
07:35On est intervenus rapidement
07:37pour trouver des abris
07:39aux personnes
07:39dans les villages
07:40dans le Ouatlas
07:41et on travaille maintenant
07:43avec les Marocains,
07:45avec nos amis marocains,
07:47pour du développement économique
07:48dans ces villages
07:49qui sont totalement isolés,
07:50pour faire redémarrer la ville,
07:52pour que les gens
07:52puissent rester sur place
07:53et pour que les communautés
07:55puissent continuer à travailler.
07:56Et enfin,
07:57il y a eu ce grand terrible séisme
07:59en Turquie et en Syrie
08:01il y a quelques années
08:01et on a travaillé aussi
08:03avec des associations sur place,
08:05pour de l'aide à long terme
08:07et de l'assistance durable
08:09pour monter des projets
08:10avec eux.
08:11Vous savez plusieurs fois
08:12que vous répétez
08:13que c'est hyper important
08:13de travailler
08:14avec des organisations,
08:15avec des associations sur place
08:16et de d'abord demander
08:18les besoins
08:19que ces associations
08:20et que ces organisations
08:22formulent.
08:23Peut-être que pour vous,
08:24pour nous,
08:24ça peut paraître...
08:25Enfin, on comprend
08:26pourquoi vous faites cette démarche
08:26mais est-ce que vous pouvez
08:27réexpliquer à notre public
08:28pourquoi c'est important
08:29que les ONG occidentales,
08:31françaises, européennes
08:31n'arrivent pas déjà
08:32avec des projets
08:33déjà préconstruits,
08:34du matériel que finalement
08:36peut-être que la population
08:37n'en a pas besoin.
08:37Est-ce que vous pouvez rappeler
08:38l'importance de cette démarche ?
08:40C'est important
08:42et pour le secours populaire,
08:44c'est la base de son action.
08:45Que ça soit à l'international
08:47ou que ça soit
08:47de notre action en France,
08:50le secours populaire
08:51se base toujours
08:52sur une relation d'égal à égal
08:55avec les gens qu'on accueille
08:56dans nos permanences en France
08:57ou avec les organisations
08:59avec lesquelles on travaille
09:00sur place.
09:01Et donc, ça se passe toujours
09:03dans un dialogue
09:04et dans un échange
09:05avec les gens en France,
09:08avec les gens qu'on accueille
09:09dans nos permanences d'accueil,
09:10dans notre libre-service
09:12ou pour l'éducation populaire
09:14qui est la base
09:15de l'action du secours populaire
09:16ou dans nos actions à l'étranger.
09:19Bien évidemment,
09:20nous, on n'a pas...
09:21Depuis Paris,
09:22depuis n'importe quelle
09:23fédération du secours populaire
09:25en France,
09:25on n'a pas la solution.
09:27Il faut discuter
09:28avec les gens sur place
09:29et c'est avec les gens sur place
09:30que l'on va monter des projets
09:32et établir des projets.
09:34Peut-être une dernière question.
09:35Je sais que ceux qui nous regardent
09:37des fois se sentent
09:37un petit peu désarmés.
09:39On a envie d'aider
09:40mais on ne sait pas forcément
09:41comment faire.
09:42Comment on peut aider
09:44les Vénézuéens,
09:45les Vénézuéennes ?
09:45Comment on peut aider
09:46en tout cas à l'action
09:46du secours populaire
09:47au Venezuela ?
09:49Alors, c'est très simple.
09:51Le secours populaire
09:53ne vit que à deux pattes,
09:56on dit toujours.
09:57L'une, c'est ces bénévoles,
10:00ces animateurs,
10:01collecteurs
10:02qui travaillent partout
10:03en France
10:04et donc,
10:05j'invite tout le monde
10:06qui nous regarde
10:06à rejoindre
10:07les équipes du secours populaire
10:09partout en France.
10:10Et la deuxième chose,
10:11bien évidemment,
10:12le nerf de la guerre,
10:13c'est l'argent.
10:14Et le secours populaire
10:15ne vit que par la générosité
10:17des Français.
10:18Et donc,
10:18j'appelle tout le monde
10:19à contribuer
10:22au don
10:23pour le secours populaire.
10:25Alors,
10:25malheureusement,
10:26les catastrophes se succèdent.
10:27Ça, c'est la vie.
10:28On a lancé un appel au don
10:30pour l'aide au Venezuela.
10:32Puis, je rappellerai aussi
10:33qu'on vient de lancer
10:34un appel au don
10:35aujourd'hui,
10:36enfin,
10:36dans la semaine
10:37pour les incendies
10:38en Gironde.
10:39Donc,
10:40on a fait appel
10:41à la générosité
10:42des Français
10:42pour qu'ils aident
10:44nos actions,
10:44que ce soit en France
10:45ou à l'étranger.
10:46Sous-titrage Société Radio-Canada

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