- il y a 12 minutes
Il aura fallu 3 ans d'une campagne de bombardement massif sur la bande de Gaza, une accélération terrible de la colonisation en Cisjordanie pour que le 6 septembre dernier 12 États membres de l'Union européenne fassent une déclaration conjointe appelant à "des restrictions nationales au commerce des biens avec des colonies illégales au regard du droit international". Imen Habib, animatrice du mouvement BDS (boycott, désinvestissement, sanctions), est notre invitée pour en discuter.
Animé par Elisabeth Fleury, journaliste à l'Humanité.
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00:00 Déclaration de l'UE sur les colonies : avancée ou poudre aux yeux ?
04:32 C'est quoi BDS ?
13:47 Les trois revendications de BDS
16:51 Le droit international et la pression sur les intérêts économiques
19:36 Le rôle central de l'Union européenne
21:36 Octobre : un mois de mobilisation !
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00:01Il aura fallu trois ans d'une campagne de bombardement massif sur la bande de Gaza,
00:07une accélération terrible de la colonisation en Cisjordanie,
00:11pour que le 6 septembre dernier, 12 États membres de l'Union européenne fassent une déclaration conjointe
00:17appelant à, je cite, « des restrictions nationales au commerce des biens avec des colonies illégales au regard du droit
00:25international ».
00:27Iman Abib, vous êtes l'animatrice du mouvement BDS, Boycott des investissements-sanctions.
00:34Qu'avez-vous pensé de cette prise de position ? Et y voyez-vous une avancée ou plutôt de la
00:39poudre aux yeux ?
00:40Alors effectivement, on a vu cette déclaration. Pour nous, elle est largement insuffisante.
00:47Ces déclarations sont largement insuffisantes et puis aussi elles sont cyniques,
00:51parce qu'en fait, au même moment où le gouvernement français faisait ces déclarations,
00:55on apprenait quelques heures après, par la voix du porte-parole du gouvernement,
01:00que la France allait renforcer, je cite, « les relations économiques entre eux avec Israël ».
01:06Donc en fait, on est loin du compte. Et du coup, pour nous, c'est effectivement…
01:11Il ne s'agit pas de sanctionner aujourd'hui quelques colons ou les colonies israéliennes,
01:16il s'agit de sanctionner le régime qui a permis à la fois cette colonisation en Cisjordanie occupée,
01:22mais aussi le génocide dans la bande de Gaza. Et donc nous, on demande l'application
01:26de sanctions internationales, effectives, de sanctions contre le régime d'apartheid
01:31et génocidaire d'Israël. Et donc pour nous, effectivement, bien sûr, on se réjouit
01:38de l'annonce de sanctions visant les colonies, mais c'est encore une fois largement insuffisant
01:45au regard du génocide en cours dans la bande de Gaza.
01:49Et comment vous expliquez cette frilosité ? Comment vous expliquez que ni l'Union européenne,
01:58finalement, ni les États de l'Union européenne, ni la France, a fortiori,
02:04ne se mettent en ordre de bataille pour faire cesser ces illégalités,
02:10et ce génocide et cette colonisation ?
02:15Eh bien, en réalité, on ne se l'explique pas, si ce n'est qu'on peut tous s'apercevoir
02:20aujourd'hui
02:20que l'Union européenne reste complice aujourd'hui. Ce génocide n'a pas lieu seul.
02:26Il a lieu parce qu'il y a une complicité, bien sûr, des États-Unis, mais aussi de l'Union
02:30européenne.
02:31Je vais vous donner un exemple. On en est aujourd'hui au 21e train de sanctions
02:36contre la Russie. Et donc, il y a absolument, ils sont toujours incapables à ce jour
02:42d'adopter des sanctions, la moindre sanction effective à l'endroit d'Israël.
02:46Et donc, on peut parler de complicité, d'une complicité forte.
02:50Et il faut aussi rappeler, et c'est pour ça qu'on organise,
02:54avec plusieurs associations et collectifs, dont bien sûr la campagne BDS France,
02:58un mois d'action en octobre, qui est maintenant, qui rassemble plus d'une cinquantaine
03:03d'organisations nationales et de signataires, pour appeler à un mois d'action
03:10contre la vente, l'achat et la vente d'armes et le commerce d'armes avec Israël.
03:15Donc, c'est un mois d'action pour un embargo militaire,
03:18où il y aura une grande manifestation, le 10 octobre notamment.
03:22Et donc, effectivement, nous, on dénonce la complicité,
03:24parce que pendant qu'on annonce des mesures, en fait,
03:27et bien sûr, encore une fois, on n'est pas contre les gestes, les avancées,
03:33mais on considère, encore une fois, que c'est insuffisant.
03:35Mais pendant qu'on annonce ce genre de mesures, en fait,
03:37il faut savoir qu'en France, il continue à transiter des munitions d'armes
03:42dans nos ports à destination d'Israël.
03:45Et donc, ça, c'est un véritable scandale.
03:48En juin dernier, au salon Eurosatory, il y a eu des entreprises militaires israéliennes.
03:53Alors, oui, il y en a eu 12 qui ont été interdites, mais sur un total de 28.
03:57Et notamment, ce qu'on a pu constater, c'est qu'il y avait l'entreprise militaire Elbit System,
04:02qui était bien présente au salon Eurosatory, au parc des expositions à Villepeinte.
04:09Eurosatory, les armes d'Elbit System sont utilisées aujourd'hui
04:13contre la population civile dans la bande de Gaza.
04:16Elbit System est la principale société d'armement israélienne.
04:20Et donc, c'est aussi ça qu'on dénonce, c'est cette complicité.
04:22On appelle réellement la France à mettre en place un embargo,
04:25comme l'ont fait d'autres pays, un embargo sur les armes à destination d'Israël.
04:31Vous appelez aussi à un boycott sur les biens provenant d'Israël
04:37et un boycott portant aussi sur les entreprises qui travaillent dans les colonies illégales.
04:44Est-ce que vous pouvez nous dire quels sont les biens qui sont importés,
04:49qui viennent d'Israël et quelles sont les entreprises que vous avez dans le viseur particulièrement ?
04:54Alors, dans les produits, bien sûr, c'est ce qu'on voit dans les supermarchés,
04:58qui bénéficient aussi d'une préférence de douane,
05:04notamment par rapport à l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël.
05:09C'est aussi ça qu'on dénonce.
05:10Et donc, c'est tout un tas de produits.
05:12On estime, puisqu'on parlait justement des colonies,
05:15on estime, selon une ONG qui s'appelle Global Eco,
05:18qu'environ 20% des produits qui sont vendus dans nos supermarchés
05:22proviennent des colonies illégales,
05:25qui sont, rappelons-le, quand même, un crime de guerre au regard du droit international.
05:28Donc, c'est absolument scandaleux.
05:29Et même si on ne se limite pas, évidemment, au boycott des produits des colonies,
05:34nous, on appelle vraiment la campagne BDS,
05:36en fait, s'inspire directement de la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud.
05:40Et on appelle à de boycott larges des produits,
05:43bien sûr, des produits de consommation,
05:46mais aussi, on appelle à un boycott culturel, universitaire,
05:49un boycott exactement comme au temps de l'Afrique du Sud de l'apartheid.
05:53Et c'est le D du BDS, le désinvestissement.
05:56Il s'agit de demander ou d'exiger des entreprises, et notamment françaises,
05:59qu'elles se désinvestissent de leurs investissements en Israël ou dans les colonies.
06:04Et puis, pour en arriver au S de la campagne BDS,
06:07qui sont les sanctions qui tardent et qui n'arrivent pas à venir en ce qui concerne Israël.
06:12Alors, parmi les entreprises françaises qui sont dans votre viseur,
06:16il y a Carrefour, il y a AXA.
06:18Est-ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi ?
06:21Et est-ce qu'il y en a d'autres ?
06:23Alors, Carrefour, effectivement, tout est parti d'un rapport
06:26qui s'appelle « Les liaisons dangereuses de Carrefour avec la colonisation israélienne »,
06:30un rapport qui a été fait par plusieurs syndicats, la CGT, Solidaires,
06:34et des associations comme l'Association France-Palestine Solidarité
06:38et notamment la Ligue des droits de l'homme,
06:39qui ont fait ce rapport pour documenter que Carrefour avait conclu un partenariat
06:44avec deux entreprises israéliennes, Electra, Consumer Product et Yenad Bitan,
06:48qui sont toutes les deux directement actrices de la colonisation des territoires palestiniens.
06:53Elles se retrouvent, si vous voulez, dans la liste noire de la base de données des Nations Unies
06:56comme particulièrement actrices de la colonisation.
07:00Donc, ça fait plusieurs années maintenant qu'on interpelle la direction de Carrefour
07:03pour leur demander de cesser ce partenariat.
07:06Et malheureusement, ce qu'on a découvert avec des nouvelles actualisations des données,
07:11c'est que Carrefour a renforcé cette complicité.
07:13Ils ont ouvert pendant le génocide des hypermarchés en Israël
07:17et puis il y a eu huit magasins franchisés, dont deux sous-enseignes Carrefour,
07:21qui ont ouvert dans les colonies illégales israéliennes.
07:25On a Carrefour Israël qui a conclu un partenariat avec le gouvernement israélien
07:30pendant le génocide à hauteur de 15 millions d'euros.
07:33Donc, c'est des complicités extrêmement graves
07:36et c'est pour ça qu'on appelle vraiment à intensifier cette campagne
07:40de boycott de Carrefour, en fait.
07:42Concrètement, on appelle les gens à ne plus aller faire leur course à Carrefour
07:46jusqu'à ce que Carrefour respecte le droit international,
07:49respecte les Palestiniens.
07:50Parce qu'il faut quand même rappeler que tout ceci est permis
07:52parce que des entreprises, des États considèrent que la vie des Palestiniens
07:57ne vaut pas la même vie que d'autres peuples.
08:00Il y a une déshumanisation des Palestiniens et des Palestiniennes
08:03et c'est aussi ce contre quoi on lutte aujourd'hui.
08:07Je vous ai parlé de la compagnie d'assurance AXA.
08:10Est-ce qu'elle fait partie aussi de vos cibles ?
08:12Alors AXA, oui, on a appris, ils avaient désinvesti des banques
08:17et d'Elbit System.
08:19Donc, on s'en était réjouis.
08:20Mais malheureusement, AXA fournit des entreprises
08:24qui fournissent elles-mêmes l'armée israélienne
08:26à hauteur de 150 millions d'euros.
08:28Donc, c'est vraiment une complicité et c'est pourquoi on appelle aussi AXA
08:33à se retirer, à cesser cette complicité.
08:36Et c'est pourquoi aussi elle se retrouve dans la liste des entreprises
08:39aujourd'hui dont on appelle au boycott.
08:41Alors, on va quand même parler d'une bonne nouvelle.
08:44Le Sciences Po Strasbourg a récemment pris la décision
08:48de cesser un certain nombre de partenariats.
08:51Est-ce que vous pouvez nous parler de ça ?
08:53Oui, alors c'est vraiment une très bonne nouvelle.
08:55On l'a appris hier et ça fait suite à plusieurs années
09:00de mobilisation des étudiants et des étudiantes de Sciences Po
09:04et à Strasbourg pour demander la suspension de cet accord
09:10avec une institution, une université israélienne de Reichman.
09:16Il faut quand même rappeler quelque chose,
09:18c'est que toutes les universités israéliennes participent
09:20à l'oppression du peuple palestinien et toutes, je dis bien toutes,
09:23il n'y en a pas une seule qui échappe à cette mauvaise règle.
09:25Elles ont des liens avec l'armée qui commet un génocide,
09:29l'armée israélienne qui commet un génocide en cours dans la bande de Gaza.
09:33Certaines hébergent des centres de recherche de l'armée,
09:36d'autres font des appels à dons pour les soldats israéliens.
09:41Dans d'autres universités, c'est des doctrines qui vont être élaborées,
09:44des doctrines de l'armée israélienne qui vont être utilisées
09:48pour commettre des crimes de guerre contre la population civile
09:50dans la bande de Gaza et au Liban notamment.
09:52Donc il y a un véritable lien entre les universités israéliennes et l'armée.
09:58Et ça, c'est très largement sous-documenté.
10:01C'est aussi pourquoi le boycott universitaire se révèle aujourd'hui essentiel.
10:06Ça fait partie d'une des cibles ou d'une des missions de la campagne BDS,
10:10développer ce volet.
10:11Et donc les étudiants et les étudiantes prennent tout leur rôle dedans.
10:16Et puis on espère que ça va inspirer et que ça va amener d'autres victoires
10:19dans d'autres universités.
10:21C'est tout ce à quoi on s'attèle aujourd'hui.
10:23Parce qu'on a une responsabilité, c'est de faire cesser la chaîne de la complicité.
10:28Et la chaîne de la complicité, elle est dans nos ports,
10:30mais aussi dans nos universités aujourd'hui.
10:32Il se trouve que la législation française à l'égard du boycott
10:36est assez floue, est assez plus qu'imprécise.
10:45En tout cas, elle est très ambivalente, on va dire.
10:47Puisque le boycott peut être considéré comme illégal.
10:53Il y a eu des circulaires de ce point de vue-là.
10:56Je pense à la circulaire Aliot-Marie, par exemple.
10:59Et par ailleurs, la justice française,
11:04donc politiquement, des décisions ont été prises
11:06pour tenter de rendre illégales des actions de boycott visant Israël.
11:12Et juridiquement, un certain nombre de juridictions
11:17ont au contraire estimé ou jugé que le boycott n'était pas illégal.
11:24Comment vous naviguez entre ce paysage juridique flou et changeant ?
11:32Alors, il y a eu des tentatives de criminalisation du mouvement BDS
11:37depuis le lancement de la campagne...
11:39Attends, excuse-moi. J'ai oublié de mettre...
11:41C'est pour ça que je regarde.
11:44Donc, il y a eu des tentatives de criminalisation de la campagne BDS
11:46depuis de très nombreuses années en France.
11:50On a été en 2009-2010 le laboratoire européen de la répression, en fait.
11:56Déjà à l'époque, ça a commencé, comme vous le disiez,
11:58par la circulaire dite Michel-Aliot-Marie
12:00qui demandait au procureur de poursuivre systématiquement
12:03les militants et les militantes qui appelaient au boycott d'Israël.
12:06Cette circulaire a été tellement politique
12:07qu'elle nommait Israël, l'État, dans le texte, en fait.
12:13Il ne s'agissait pas, par exemple, des militants
12:14qui appelaient au boycott de la Chine par rapport à la situation au Tibet
12:17ou au boycott de la Russie.
12:19C'est vraiment très politique depuis le départ.
12:21Donc, effectivement, on a navigué,
12:23on était un peu dans le flou pendant toutes ces dernières années.
12:26Mais c'est quand même important de souligner
12:27qu'aujourd'hui, il faut quand même rappeler à tous celles et ceux
12:30qui nous écoutent que la campagne est absolument légale.
12:33La campagne BDS, elle est absolument légale.
12:35Il y a eu une décision de justice majeure
12:37qui a été rendue par la Cour européenne des droits de l'homme
12:40le 11 juin 2020, qui établit en fait que le boycott relève
12:46de la liberté d'expression à partir du moment
12:48où il ne s'accompagne pas d'appel à la haine,
12:50ce qui est exactement notre cas, puisque nous sommes des militants
12:53et des militantes antiracistes qui lutons contre toute forme de racisme,
12:56dont l'islamophobie et dont l'antisémitisme,
12:58et que donc on n'était pas concernés par cette criminalisation.
13:02Et cette Cour européenne, elle a aussi condamné la France,
13:05c'est important de le souligner,
13:06à verser plus de 100 000 euros de dommages et intérêts
13:10aux militants et aux militantes qui avaient été condamnés
13:12pour avoir tout simplement fait une action classique
13:15de distribution de trac devant un carrefour.
13:18Tout ce qu'il y a de plus banal, d'informer les consommateurs
13:21sur les produits de l'apartheid israélien.
13:24Et donc voilà, c'est important de souligner que oui,
13:27ça a été un instrument utilisé pour tenter de déstabiliser
13:30ou d'attaquer les militants de la campagne BDS,
13:32mais c'est très important de souligner aussi
13:34qu'aujourd'hui, elle est parfaitement légale
13:37et elle relève de la liberté d'expression.
13:39Et vraiment, elle n'est pas seulement légale,
13:41elle est aussi éthique et morale.
13:42Aujourd'hui, c'est l'outil principal de solidarité
13:44avec le peuple palestinien.
13:47Alors aujourd'hui, on parle de la Palestine.
13:50On a parlé tout à l'heure de l'Afrique du Sud.
13:52Est-ce que vous pouvez nous expliquer
13:56comment la campagne de boycott
13:58est parvenue finalement
13:59à faire en sorte que l'apartheid en Afrique du Sud
14:04soit aboli ?
14:07Est-ce que vous y voyez un exemple d'espoir
14:12pour les actions que vous menez aujourd'hui en Palestine ?
14:16Et est-ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi finalement ?
14:19Bien sûr, cette campagne BDS,
14:22donc à l'appel de 170 associations
14:24de la société civile palestinienne,
14:26elle a trois revendications.
14:28La première, c'est la fin de l'occupation
14:29et de la colonisation des territoires palestiniens.
14:32Le deuxième objectif, c'est l'égalité
14:34pour les Palestiniens d'Israël,
14:36qui représente à peu près 20% de la population
14:38en Israël aujourd'hui.
14:39Et le dernier objectif, c'est le droit au retour
14:41des réfugiés palestiniens.
14:43Il faut savoir que ces trois objectifs,
14:44ils s'inscrivent dans le droit international.
14:46Ce sont des résolutions des Nations Unies.
14:48Finalement, la campagne BDS ne demande rien d'autre
14:50que la stricte application du droit international.
14:53Ça, c'est important de le souligner.
14:55Mais cette campagne BDS,
14:56elle a aussi d'autres particularités.
14:58Et l'une de ces particularités,
14:59c'est qu'elle s'inspire directement
15:01dans son appel fondateur
15:02de la lutte victorieuse contre l'apartheid
15:04en Afrique du Sud.
15:05Et pour les Palestiniens et les Palestiniennes,
15:07cette référence, elle est très importante
15:11parce qu'effectivement,
15:12c'est les mêmes moyens d'action qui sont engagés,
15:14le boycott, des investissements, sanctions.
15:16Et il y a aussi, bien sûr,
15:17des similitudes dans la situation d'apartheid
15:20qu'il y a eu en Afrique du Sud
15:21et en Palestine occupée.
15:23Mais ça relève d'une qualification
15:25effectivement juridique.
15:27Mais effectivement, c'est très important.
15:29Cette référence, elle est très importante
15:30parce que finalement,
15:33elle révèle aussi,
15:34de notre point de vue aujourd'hui,
15:35en temps de génocide,
15:36un deux poids, deux mesures.
15:37Parce qu'à l'époque de l'apartheid sud-africain,
15:42il y a eu, par exemple,
15:43c'est ce que nous disait une chercheuse,
15:45Camille Martinerie,
15:46qu'on a invité justement pour un débat
15:47à la fête de l'humanité sur le boycott culturel,
15:49qui nous expliquait qu'au temps de l'Afrique du Sud,
15:53on avait mis en place un comité anti-apartheid
15:58pour punir ou sanctionner des complicités.
16:02Et aujourd'hui, ce comité,
16:05aujourd'hui, l'ONU concrètement
16:06ne prend pas ces mesures-là
16:07qu'elle a adoptées,
16:08qu'elle a mises en place
16:09au temps de l'Afrique du Sud,
16:10de l'apartheid.
16:11Et donc, on se rend bien compte aussi
16:12que les mécanismes internationaux
16:14de sanctions internationales
16:15ne sont pas les mêmes
16:16en ce qui concerne Israël aujourd'hui.
16:18Et effectivement, ce qu'on voit,
16:21c'est qu'il y a vraiment des particularités,
16:23des similitudes,
16:24mais on appelle vraiment
16:25à mettre en place des mécanismes de sanctions
16:27parce qu'effectivement,
16:28l'apartheid a aussi pris fin
16:29en Afrique du Sud
16:31parce qu'il y a eu des sanctions internationales.
16:33Il faut quand même le rappeler,
16:34des sanctions à l'échelle économique,
16:37des sanctions par rapport
16:39à tout un tas d'entreprises
16:42qui ont été mises en place.
16:43Et aujourd'hui,
16:44la même chose n'est pas en cours
16:47concernant Israël.
16:48Et ça, c'est un vrai problème.
16:51Alors, votre référence principale,
16:53ça reste le droit international,
16:55la Cour internationale de justice.
17:00Vous avez parmi vos soutiens
17:03un groupe de juristes
17:05qui s'appelle JURDI
17:06qui travaille beaucoup ces questions-là.
17:08En même temps,
17:09on se rend compte
17:09que le droit international
17:13est important comme référence,
17:15mais d'application très limitée
17:17sur le terrain.
17:19Finalement, est-ce que
17:24votre légitimité,
17:25votre efficacité,
17:27elle tient au fait que,
17:32non seulement,
17:34on a une référence au droit international,
17:37mais on touche au portefeuille
17:39des entreprises.
17:40et on touche à la fois
17:42à l'éthique,
17:43à la morale,
17:44au droit,
17:45mais aussi très concrètement
17:48à l'argent,
17:50au financement d'entreprises.
17:52Et que c'est peut-être de là
17:54que viendra le salut.
17:57Oui, en fait,
17:58tout notre travail aussi
17:58consiste à rappeler
17:59qu'en fait,
18:00on ne peut pas,
18:01et notamment aux entreprises françaises,
18:04qu'on ne peut pas tirer profit impunément
18:06de l'oppression du peuple palestinien.
18:07C'est pour ça que tous les samedis,
18:09on se retrouve devant
18:10des entreprises complices,
18:11notamment Carrefour,
18:12j'en parlais tout à l'heure,
18:13et qu'on continue ce travail-là
18:14parce qu'il ne peut pas
18:16y avoir d'impunité.
18:17Nous, on lutte contre cette impunité.
18:18Et normalement,
18:20si le gouvernement
18:22prenait des mesures
18:23et respectait
18:24ces obligations internationales,
18:26parce qu'on parle quand même,
18:27ce n'est pas des gestes
18:27de bonne volonté,
18:28les annonces du gouvernement
18:29sur les colonies,
18:30ça répond,
18:31et encore,
18:32ça ne répond pas suffisamment
18:33à des obligations internationales,
18:35notamment liées
18:36à la Cour internationale de justice,
18:37qui demandent aux États
18:38un certain nombre de choses
18:40et notamment
18:40de ne pas prêter assistance
18:41à des situations
18:42de maintien d'Israël
18:43dans le territoire palestinien occupé.
18:45Donc nous,
18:46on est là
18:46pour faire cesser
18:47cette impunité.
18:48Et effectivement,
18:49on se mobilise
18:50dans des cadres
18:51d'entreprises complices,
18:53on se mobilise
18:53dans le cadre
18:54d'entreprises militaires,
18:55comme c'est le cas
18:56à Eurosatory,
18:57dans des salons de l'armement,
18:58pour rappeler aussi
18:59la complicité
19:00de notre gouvernement,
19:00qui n'a toujours pas,
19:01comme je le disais,
19:02imposé un embargo
19:03sur les armes
19:04à destination d'Israël.
19:05Et pour faire cesser
19:07ces complicités.
19:07Et ça,
19:08c'est de notre responsabilité.
19:10La campagne BDS,
19:10aujourd'hui,
19:11elle rassemble
19:11plus d'une cinquantaine
19:12d'organisations
19:13et de groupes locaux
19:14à l'échelle nationale,
19:15dont des partis politiques,
19:16dont des syndicats,
19:18dont des associations
19:19de la société civile,
19:20qui ont tous et toutes
19:21leur rôle à jouer
19:22dans la fin du génocide.
19:24Et c'est ensemble,
19:25en développant
19:25cette campagne BDS,
19:26qu'on peut amener
19:27à un changement,
19:28finalement,
19:29et amener
19:29à plus de sanctions,
19:31et amener
19:31à plus de changements
19:32en ce qui concerne
19:33le régime d'apartheid israélien.
19:35Alors,
19:36il y a l'échelle française,
19:37mais il y a l'échelle européenne.
19:39Est-ce que des associations
19:42comme la vôtre
19:42existent dans d'autres pays ?
19:44Et est-ce que
19:45vous êtes en capacité
19:47de faire pression
19:48sur l'Union européenne
19:49pour qu'elle prenne
19:51à son échelle
19:54des sanctions ?
19:55Puisqu'on sait que,
19:55par exemple,
19:55dans le domaine commercial,
19:56il est possible
19:57à l'Union européenne
19:58de prendre des mesures
20:00qui s'imposeraient
20:01à tous les États membres ?
20:03Oui.
20:04en fait,
20:05la campagne BDS,
20:06c'est vraiment
20:07une campagne
20:07qui existe
20:07dans tous les continents,
20:09qui existe
20:09à l'échelle internationale.
20:11Et donc,
20:11il existe aujourd'hui
20:12des différents pays
20:14en Europe
20:14qui participent
20:16à cette...
20:17différents militants
20:18de différents pays
20:18qui participent
20:19à cette campagne BDS.
20:20On a une coordination
20:21des associations européennes
20:23pour la Palestine,
20:24ECCP,
20:24qui essayent
20:25de mener des actions
20:27en direction
20:28du Parlement européen
20:29et de la Commission européenne
20:31pour ramener
20:31à des sanctions.
20:32Mais ce mécanisme,
20:34effectivement,
20:35il est bloqué.
20:35Il est bloqué
20:36parce qu'il y a des États
20:37qui bloquent,
20:37comme l'Allemagne,
20:38comme la Slovénie aujourd'hui,
20:40comme l'Italie,
20:41qui bloquent
20:42la possibilité de sanctions
20:44à l'échelle
20:45de l'Union européenne.
20:46Et il faut quand même
20:47rappeler des faits.
20:48L'Union européenne,
20:50aujourd'hui,
20:50c'est le premier partenaire
20:51commercial d'Israël.
20:52On estime,
20:53en 2025,
20:54à des échanges commerciaux
20:56à hauteur de 43 milliards d'euros,
20:59ce qui est astronomique.
21:01Et je ne vais pas dire
21:02que ce génocide
21:03n'aurait pas pu avoir lieu
21:05ou aurait été stoppé
21:06avec la suspension
21:08de cet accord,
21:09mais ça aurait permis
21:10au moins
21:11d'être un levier
21:13de pression
21:14vis-à-vis d'Israël.
21:15Et ces mécanismes-là,
21:17ils ne sont pas mis en place
21:18aujourd'hui,
21:18alors qu'on a vraiment,
21:20et ça témoigne
21:21d'un cynisme,
21:22d'une hypocrisie
21:23de cette Union européenne
21:24qui continue
21:25à faire du commerce
21:26et à avoir des échanges,
21:27y compris militaires,
21:29avec le régime d'apartheid
21:30et génocidaires d'Israël.
21:31Et c'est exactement ça
21:32qu'il faut dénoncer
21:34et qu'on dénonce
21:34de plus en plus aujourd'hui.
21:36Donc là,
21:37en octobre,
21:38une campagne
21:39est lancée.
21:40Est-ce que vous pouvez
21:41juste nous dire
21:42en quoi elle va consister ?
21:44Alors, effectivement,
21:45il y a un mois d'action
21:46qui est lancé
21:49le mois d'octobre prochain
21:50par différents collectifs,
21:51dont la campagne BDS France,
21:53qui appelle vraiment
21:53à intensifier des actions
21:56dans les ports,
21:57dans les universités,
21:58partout où on est.
21:59Et là encore,
22:00c'est une campagne
22:00où tout le monde,
22:01c'est un mois d'action
22:02où tout le monde
22:03peut participer
22:05pour la fin du commerce
22:06des armes avec Israël.
22:08Il faut savoir
22:09qu'il y a à peu près
22:1075 entreprises complices
22:11qui ont été identifiées
22:12dans des rapports
22:13qui sont sortis.
22:15Et donc,
22:15il s'agit de dénoncer
22:17cette complicité,
22:17de faire en sorte
22:18de mettre,
22:19de dénoncer,
22:20y compris par des rassemblements.
22:22Il va y avoir
22:23une grande manifestation
22:23qui va avoir lieu
22:24le 10 octobre
22:25et des mobilisations
22:26partout en France,
22:27bien sûr à Paris,
22:28mais aussi partout en France
22:29le 10 octobre
22:30et le 30 octobre
22:31également des mobilisations.
22:32Mais c'est tout au long du mois,
22:35il faut suivre vraiment
22:36cette actualité-là
22:37parce qu'on a une obligation
22:39aujourd'hui d'être...
22:41En France,
22:41on n'a pas fait suffisamment
22:42on doit considérer
22:44qu'on n'a pas fait suffisamment
22:45pour arrêter le génocide
22:46contrairement à des bateaux
22:48qui ont été bloqués
22:48dans d'autres pays européens.
22:50Je pense à la mobilisation
22:51en Italie, par exemple.
22:52Donc, on doit prendre
22:53la mesure aujourd'hui.
22:55Nos camarades
22:55dans les syndicats
22:56doivent agir,
22:58peuvent agir
22:59dans le cadre
22:59de ce mois d'action,
23:00notamment dans les ports,
23:02notamment là où on est,
23:03dans nos lieux de travail
23:04pour faire cesser
23:05cette complicité
23:06et dans la rue, bien sûr.
23:08Voilà.
23:08C'est un mois
23:09auquel il faut participer.
23:11C'est un mois essentiel.
23:13Aujourd'hui,
23:13il y a plus d'une cinquantaine
23:15de signataires
23:16de cet appel
23:17pour ce mois d'action
23:18à l'échelle nationale.
23:20Donc, c'est vraiment
23:20un levier important
23:23pour faire cesser
23:24cette complicité.
23:25Merci beaucoup,
23:26Imen Habib.
23:27Merci.
23:28Et on va essayer
23:29de se mobiliser
23:30pendant tout ce mois d'octobre.
23:31À bientôt.
23:32Merci beaucoup.
23:33À bientôt.
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