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  • il y a 2 minutes
Une souche particulièrement létale et virulente, sans vaccin à ce jour, sévit dans la province de l’Ituri, dans le nord-est du pays, et a fait un mort en Ouganda. La pandémie est classée par l’OMS comme « de portée internationale ». Le point avec Théo Bourrieau et Benjamin König, journalistes à l'Humanité.

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Transcription
00:01L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo pourrait-elle devenir hors de contrôle ?
00:05Aucun traitement ou vaccin efficace n'a encore été trouvé contre cette souche Bundy Bujio.
00:10J'espère que je ne le massacre pas le nom.
00:12Oui, je ne veux pas non plus faire la leçon sur la prononciation, c'est pas de problème.
00:15Donc cette souche d'Ebola a tué en Afrique centrale près de 250 personnes en deux semaines.
00:21Deux hommes arrivés de RDC et d'Ouganda ont été placés à l'isolement au Brésil après avoir présenté des
00:26symptômes.
00:27Petite info que j'ai vu dans un de tes papiers je crois Benjamin, Ebola a causé la mort de
00:31plus de 15 000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années.
00:34Son taux de létalité varie entre 25 et 90% selon l'OMS et selon la souche, les symptômes, etc.
00:40Et évidemment des traitements ou des vaccins qu'on arrive à trouver ou pas.
00:43Donc on va revenir ensemble sur la situation sanitaire et sociale en RDC avec Benjamin Koenig, spécialiste du continent africain
00:49de la rubrique Monde, de l'humanité.
00:52Peut-être un petit point d'abord sanitaire, on en est où ? Est-ce que tu as le nombre
00:55de cas ?
00:57Effectivement, ça augmente très régulièrement puisqu'on est passé pour l'instant aux derniers chiffres,
01:04qui sont de 263 cas confirmés, 43 décès confirmés, mais en réalité plus de 1100 personnes suspectées d'être porteuses
01:17du virus Ebola.
01:19Et sans doute, on le sait que c'est beaucoup plus, c'est très très très sous-estimé.
01:25Juste pour revenir là-dessus, donc effectivement, juste faire un petit, peut-être historique d'Ebola.
01:31Oui, très bien.
01:32Parce que souvent, alors c'est une fièvre hémorragique comme il y en a plusieurs, mais qui est très très
01:37virulente.
01:38Selon les souches, donc tu l'as dit, entre 25 et 80% de mortalité.
01:42Là, c'est la dix-septième épidémie et en fait, la maladie a été isolée.
01:48Depuis qu'on a commencé à compter, depuis que l'OMS a dit, bon, ça c'est une épidémie.
01:51Exactement, c'est-à-dire depuis qu'on a isolé le virus et qu'on l'a reconnu médicalement, c
01:54'était en 78.
01:56Voilà, donc c'est la dix-septième épidémie.
01:58La dernière, c'était en 2021-2022.
02:00Il y avait eu 3500 décès sur deux ans.
02:03Là, on en est à 15 jours et on a déjà ce bilan-là.
02:10Comment on...
02:11Peut-être que c'est des choses que les gens savent, mais je ne sais pas trop.
02:15Comment on explique ce genre d'épidémie ?
02:16Est-ce que j'ai vu que ça venait des animaux, des porcs notamment, mais en fait, on ne sait
02:22pas trop comment ça se transmet.
02:24En plus, j'imagine que selon les souches, ce n'est pas tout à fait pareil.
02:27Comment on explique ce genre d'épidémie, à la fois d'un point de vue médical, mais d'un point
02:30de vue social aussi, sociétal ?
02:32Comment ça se fait qu'année après année, il continue à y avoir des épidémies d'Ebola, notamment en Afrique
02:36centrale ?
02:37Alors, je ne suis pas virologue, mais c'est très intéressant parce qu'on avait souvent les mêmes questionnements à
02:43propos du Covid,
02:44à propos de beaucoup d'autres virus ou bactéries d'ailleurs.
02:48On pourrait même à propos de la peste noire.
02:50Un très bon docu sur Arte il n'y a pas longtemps sur comment est arrivée la peste noire.
02:54En fait, c'est évidemment les dynamiques contagieuses et épidémiques.
02:58Très souvent, effectivement, c'est au contact avec les animaux, donc souvent dans des régions où l'extension de l
03:06'emprise humaine sur la planète,
03:08justement, c'est temps.
03:11Donc, l'ARDC étant, quand même, il ne faut pas oublier, là où ça s'est déclaré, c'est toujours
03:17dans les provinces de l'Est qui sont en plein cœur de la grande forêt du fleuve Congo,
03:23le long du fleuve d'ailleurs.
03:25Donc, l'épicentre, c'est Bounia.
03:27Voilà, on le voit un petit peu, donc c'est tout au nord-est, voilà, dans la province de Litorie.
03:34En dessous, donc, c'est les provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu.
03:37Je ne vois pas Litorie.
03:39Alors, moi non plus, il faudrait que tu arrives à cliquer sur un tape-bounia, ce sera le plus simple.
03:44Comment t'escrire ?
03:45B-U-N-I-A.
03:46B-U-N-I-A.
03:49Voilà, on est bien à l'Est.
03:51On est bien à l'Est.
03:52Ah oui, vraiment d'accord.
03:53Voilà, pas loin de là, on est déjà dans la région des Grands Lacs.
03:57Ce sont des zones, donc, qui sont très peuplées, avec énormément de contacts avec la faune, avec le milieu naturel
04:06de façon générale.
04:06Donc, très souvent, c'est ça.
04:09Après, ce qui explique comment une épidémie peut...
04:13En fait, c'est juste de mémoire, après avoir lu pas mal de virologues, ça dépend évidemment de sa létalité
04:19et de sa contagiosité.
04:21Donc, évidemment, le virus d'Ebola et cette souche-là notamment, donc tu as prononcé très bien le nom tout
04:26à l'heure, Bundy Bugyo, je pense que ça se dit Bundy Bugyo,
04:30est très contagieux et particulièrement létal aussi.
04:34Mais j'ai vu aussi qu'elle n'avait pas tout à fait les mêmes symptômes que d'autres souches,
04:37des symptômes moins exceptionnels.
04:40Enfin, il n'y avait pas forcément de grosses hémorragies ou quoi ?
04:43Ça ressemble à une grosse fièvre.
04:44Et donc, pour beaucoup de gens sur place, ça ne ressemble pas à ce qu'ils connaissent d'Ebola,
04:50qui d'habitude, par exemple, la souche la plus connue qui s'appelle Zahir, est connue pour provoquer des vomissements
04:55de sang, des choses comme ça.
04:57Donc, très vite, y compris en RDC où il y a beaucoup de croyances, on va peut-être y revenir,
05:03ça permettait d'identifier et peut-être d'alarmer un peu plus.
05:06Là, il y a beaucoup de gens qui disent « ouais, c'est juste une fièvre ».
05:10Et donc, ça pose beaucoup de problèmes sur le terrain, on va y venir.
05:12On va revenir effectivement sur le reportage notamment que nous ont réalisé deux piégistes qui sont sur place.
05:18Mais avant ça, je voulais un peu parler de la réponse des autorités.
05:22Est-ce que tu peux nous parler de la réponse du gouvernement, des autorités,
05:25et surtout de l'état de l'hôpital, du système de santé en RDC ?
05:29On imagine que ce genre d'épidémie est extrêmement difficile à contrôler.
05:33En plus, je le disais au début, on n'a pas encore trouvé ni de vaccins, ni de traitements vraiment
05:37efficaces.
05:38Donc, quelle est la réponse des autorités en RDC ?
05:41Et est-ce que le système de santé est au point et réussit à endiguer l'épidémie ?
05:46Alors, d'abord, les autorités congolaises, on le sait, elles sont démunies,
05:51surtout dans ces régions-là qui sont très, très loin de Kinshasa.
05:53Il n'y a pas oublié, il y a 3 000 kilomètres, c'est immense.
05:56C'est un pays de 100 millions d'habitants, la RDC.
05:59Je vous remets, effectivement, là, on parle, donc, c'est là où se concentre une grande partie de l'épidémie.
06:03C'est vraiment à l'opposé.
06:05Exactement.
06:06Donc, évidemment, la problématique d'avoir une politique de santé sur l'ensemble du territoire est posée.
06:13La réponse a tardé, d'ailleurs.
06:14Même le directeur de l'OMS était ces jours-ci.
06:17Il est reparti hier.
06:18Il a passé trois jours à Kinshasa.
06:20Au début, il a fait un peu... Il a dit, vous auriez dû alerter plus vite.
06:23Alors, aujourd'hui, évidemment, ce n'est pas la RDC qui répond toute seule, parce qu'elle n'est pas
06:27en mesure de le faire.
06:29C'est notamment pris en charge par l'Union africaine et avec sa branche santé-médecine qui s'appelle Africa
06:34CDC.
06:36Et puis, évidemment, il y a le concours de l'OMS et puis des ONG,
06:40puisque, évidemment, le système de santé congolais repose beaucoup sur des financements étrangers, sur l'OMS et sur les ONG,
06:47etc.
06:47D'ailleurs, au passage, l'année dernière, Donald Trump, une des premières mesures, c'est qu'il avait coupé les
06:52financements pour le système de santé congolais.
06:56Ça participe encore à la difficulté de soigner.
07:02Donc, là, il y a une mobilisation, clairement, notamment de la part de Africa CDC.
07:08Ce sera un vrai test pour cet organisme-là.
07:13C'est l'Union africaine, tout simplement.
07:15Donc, voilà.
07:16Mais la prise en charge, évidemment, est difficile pour plein de sujets.
07:20Le manque de matériel, le manque de soignants et puis la réticence parfois des populations.
07:26Je viens de la question dans le chat.
07:27Est-ce que la maladie a traversé la frontière ?
07:29Je vois l'Ouganda à côté.
07:29Alors, d'après ce que j'ai vu, il y a eu des cas Ougandais,
07:32mais c'était en fait des gens de RDC qui étaient venus en Ouganda, c'est ça ?
07:36Tout à fait.
07:37Et de la même manière pour les deux patients qui sont au Brésil.
07:41Ce sont des gens qui étaient dans la région.
07:43Les deux, il y a eu une personne qui est décédée d'ailleurs en Ouganda.
07:47Mais c'est une personne qui venait de la région.
07:50Vous voyez, l'Ouganda, c'est juste en face de l'Itourie.
07:53D'ailleurs, il y a des groupes armés soutenus par l'Ouganda qui opèrent dans la région.
07:56Parce que ça, on ne l'a pas abordé encore, mais c'est évidemment...
07:59T'inquiète, j'ai une petite question.
08:00Voilà.
08:01On va y venir.
08:02Mais donc, pour revenir à cette question-là, pour l'instant,
08:05c'est d'ailleurs pour ça que pour l'OMS, ça n'est pas une pandémie.
08:08C'est une épidémie.
08:09Voilà.
08:10On est loin du Covid, clairement.
08:13C'est circonscrit à cette région-là.
08:15Et les gens qui sont malades l'ont contracté à cet endroit-là.
08:20La difficulté, bien sûr, c'est...
08:22Enfin, la dangerosité, c'est évidemment si ces gens-là voyagent.
08:25Donc c'est pour ça que d'ailleurs, les autorités congolaises ont fermé
08:28tous les vols à destination de l'aéroport de Bounia.
08:31Ce qui est compliqué, y compris humanitaire, donc les ONG aussi.
08:37Et alors, les USA qui font toujours les trucs dans leur coin,
08:42eux, ils ont pris une mesure assez simple.
08:44C'est-à-dire qu'ils ont ouvert un camp pour soigner les ressortissants américains.
08:47Oui, j'ai vu ça.
08:47En RDC.
08:48Et surtout, comme ça, qu'ils ne viennent pas.
08:52Mais en tout cas, ils ne veulent pas un cas sur leur territoire.
08:54On imagine que ça peut être le cas pour d'autres pays.
08:57Mais pour l'instant, on en est loin.
09:00Voilà.
09:00Juste pour revenir, l'OMS, pour l'instant, c'est une épidémie de grade 2.
09:05Enfin, le deuxième stade le plus grave.
09:09Le premier étant une pandémie.
09:11Et d'ailleurs, juste ce premier stade de pandémie a été créé en 2021 à la suite du Covid.
09:18Donc, on n'en est pas encore là.
09:19Non, moins de là.
09:19Et effectivement, ce que vous voyez, parce que c'est vrai que ça inquiète toujours.
09:22Quand on voit ça y est, l'épidémie d'Ebola est en train de se propager dans le monde.
09:28Pas encore.
09:28Il faut évidemment rester vigilant.
09:29On va suivre ça ensemble.
09:30Mais pour l'instant, comme tu le dis, l'OMS reste...
09:32Petit mot sur ça, d'ailleurs.
09:34Paradoxalement, pour revenir à la virologie, la difficulté du Covid, c'était qu'il était encore plus contagieux.
09:39Très, très contagieux, mais peu mortel.
09:41Et donc, ce qui fait qu'il y avait énormément de gens qui l'attraper.
09:44Alors que là, on n'est pas dans cette situation-là.
09:45On voit effectivement qu'on est pour l'instant à 1500.
09:49Allez, ça va monter peut-être.
09:51Même en imaginant, ça peut se compter en milliers ou en dizaines de milliers.
09:54On est loin des millions, voire des milliards du Covid.
09:57Mais par contre, la létalité est énorme.
10:00Juste sur le traitement, il y a un petit espoir.
10:03Pour l'instant, sur cette souche, on n'a ni vaccin, ni traitement.
10:05Mais j'ai vu tout à l'heure, dans la presse congolaise, qu'il y a eu l'annonce de
10:114 cas qui ont été guéris.
10:13Donc, il y a des guérisons possibles.
10:15Avec un cocktail de prise en charge, ils sont en train de tester les médecins.
10:19Pas mal de traitements novateurs.
10:22On commençait un petit peu à en parler.
10:24Donc, on a eu deux pigistes qui ont réalisé un reportage sur place.
10:29Alors, à Kinshasa, d'après ce que j'ai compris.
10:31Tout à fait.
10:31Tu l'as dit, toute la région est un petit peu sous cloche de la région qui est impactée par
10:36l'épidémie.
10:38Qu'est-ce qu'ils ont vu à la fois ?
10:40Qu'est-ce que les médecins leur racontent ?
10:42Et aussi, ce qu'on a commencé à aborder, qu'est-ce que la population lui raconte ?
10:45On a un peu l'impression qu'il y a deux visions des choses.
10:49Les médecins qui dépeignent un système extrêmement difficile, des conditions de travail très, très dures.
10:55Et de l'autre côté, une population qui...
10:58Qu'est-ce qu'ils racontent ?
10:59Alors, oui, c'est un reportage qui s'appelle Solène Caon et Thomas Ribot.
11:06Très bon reportage.
11:08Vous pouvez le lire.
11:08Il est déjà sur le site depuis dimanche soir, si je ne m'abuse.
11:12Et il sera dans le journal papier de demain, si vous voulez le lire en papier.
11:17Alors, effectivement, eux, ils projetaient d'aller à Bounia.
11:20C'est-à-dire qu'ils avaient obtenu les autorisations et ils devaient embarquer avec un vol de médecins sans
11:24frontières ou de notre ONG.
11:25Mais je crois que c'est des médecins.
11:26Enfin, bref.
11:27Et puis, évidemment, c'est tombé à l'eau, puisque plus personne ne part vers Litori, la province de Litori.
11:33Donc, ils étaient à Kinshasa, mais ils ont quand même eu...
11:35Il y a beaucoup de monde à Kinshasa, justement, les ONG qui ont leur siège, qui s'organisent, des médecins,
11:41etc.
11:42Et ils ont eu du monde aussi sur place.
11:44Donc, notamment, les deux principaux hôpitaux qui sont concernés, c'est celui de Bounia et celui de Rwampara,
11:50qui est une petite ville pas très loin, à quelques dizaines de kilomètres de Bounia.
11:55Je ne sais plus exactement où c'est, mais...
11:56Je vous remets la carte, de toute façon, c'est surtout important de voir que c'est dans cette région.
12:00Exactement.
12:01Alors, qu'est-ce que disent les médecins ?
12:03D'abord, le manque de matériel de protection sanitaire.
12:08Des masques, on imagine.
12:09Les masques, et puis même les tentes d'isolement, des choses comme ça.
12:12Ils parlent de moins de 20% des contacts identifiés qui font l'objet d'un suivi efficace.
12:17C'est-à-dire qu'on a des malades qui peuvent, ou des cas suspects, qui se balader parce qu
12:21'il n'y a pas de prise en charge sérieuse,
12:24enfin sérieuse, qui permettent d'isoler chaque malade, d'isoler avec les autres patients, mais aussi avec le personnel soignant.
12:32Donc vraiment, la grande difficulté, c'est ça, c'est le matériel, le manque de matériel, le manque de financement,
12:38la faiblesse du système de santé congolais de façon générale.
12:42Et puis, il y a évidemment ce dont on... ce qu'on a évoqué rapidement tout à l'heure, c
12:47'est...
12:47Les habitants de l'Est de la RDC sont majoritaires à ne pas croire en la dangerosité d'Ebola.
12:52Oui, oui, clairement, parce que comme on l'a dit en plus, là, bon, ça ressemble à une fièvre.
12:56Et puis, il y a plein d'autres enjeux. Alors, il y a un enjeu, par exemple, je lisais dans
13:00le reportage un truc très simple,
13:01il disait, par exemple, il y a un chef de famille qui sait que s'il est confirmé, s'il
13:08est détecté malade,
13:10il va être isolé pendant deux semaines, trois semaines. C'est impensable.
13:14Ça veut dire qu'il ne peut plus subvenir à sa famille, il ne peut plus aller travailler, machin.
13:17Donc, il y en a beaucoup qui préfèrent ne rien dire, ne pas déclarer.
13:19Oui. Ensuite, il y a carrément une méfiance vis-à-vis des croyances, voire occultes, mystiques,
13:30comme quoi ce n'est pas une maladie sérieuse, voire que c'est une maladie importée par les Blancs.
13:35Et puis, d'un coup, voir des pick-up d'ONG occidentales qui débarquent...
13:42Alors, il y a toujours un choc à la fois culturel, anthropologique.
13:45C'est bien sûr que ce n'est pas que de la rationalité dans ces cas-là.
13:49On l'a bien vu jusque chez nous, d'ailleurs.
13:53Quand on repense à certaines images du Covid, nous non plus, on n'était pas très rationnels face à la
13:59maladie.
13:59Il faut se souvenir des premiers jours et semaines où personne ne savait ce qu'il arrivait, où on en
14:04était.
14:05Et puis, en plus, il fallait qu'il y ait de la recherche, il fallait qu'il y ait justement
14:09de l'avancée médicale sur ces sujets-là.
14:12Voilà. Donc, voilà, il y a juste, par exemple, à l'hôpital de Rouambara, il y a une semaine, c
14:18'était le 21 mai.
14:22Donc, il y a un patient qui est décédé.
14:24Et en fait, les autorités ont refusé de rendre le corps.
14:27Puisqu'évidemment, le corps est extrêmement contagieux.
14:30Sauf que dans le rituel congolais, dans ces régions-là, le corps est très important.
14:35On le veille en famille avec les proches et on le touche.
14:39Donc, voilà.
14:41Et par exemple, là, on a un cas concret de quand, on va dire, les nécessités médicales heurtent le rituel
14:52et les sociétés.
14:55Pareil, encore une fois, on en revient au Covid.
14:57Rappelez-vous, au début, quand les enterrements, il y avait deux personnes qui étaient autorisées.
15:01Et ça a heurté, y compris chez nous.
15:04Donc, voilà, c'est la même chose là-bas.
15:05Et puis, même en parlant rien que du masque, le nombre de gens qui ne voulaient pas porter de masque
15:08parce que c'était compliqué pour les relations sociales, etc.
15:10Donc, c'est vraiment, on voit bien, comme tu disais, comment les nécessités médicales peuvent heurter le quotidien, les habitudes,
15:18etc.
15:18Oui, oui, je vois le message d'ailleurs qu'effectivement, en partie à cause de la désinformation, je pense que
15:23le gouvernement, c'est même pas qu'il désinformait, c'est qu'il naviguait à vue comme tout le monde,
15:28il ne savait rien.
15:28Ah oui, bon, ok.
15:30Alors, en fait, il faisait style, il contrôlait, mais tout le monde sait bien que personne ne contrôlait rien puisqu
15:34'on n'en savait rien.

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