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  • il y a 11 heures
Selon Yann Barthès, l'humour ne serait pas censuré en France. Le présentateur de l'émission Quotidien sur TMC a-t-il raison ? Alienor Lions, journaliste vidéo à l'Huma, en discute avec Caroline Constant, cheffe de la rubrique médias à l'Humanité.

00:00 Introduction
09:40 Exemples de censure
09:51 Le cas Pierre-Emmanuel Barré
13:21 Le cas Ben Lazar
16:13 Le cas Guillaume Meurice
21:10 Le cas Blanche Gardin
25:12 Censure vs liberté d’expression
30:00 Plus ou moins de censure qu’avant ?

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Transcription
00:00Pour Yann Barthès, il n'y aurait pas de censure sur l'humour en France.
00:03Est-ce que le présentateur de Quotidien a raison ?
00:06Pour en parler, on est avec Caroline Constant, qui est la chef de la rubrique Média à l'Humanité.
00:11Juste là.
00:12Non mais je voulais demander s'il y avait plus de liberté en Belgique que sur l'humour.
00:15Est-ce que c'est ça la traduction ?
00:16En tout cas, c'est ce qu'on nous dit et c'est ce qui ressort de la plupart des
00:19commentaires.
00:19Il n'y a pas de censure sur l'humour en France.
00:21Déjà, toi, quand tu vois ça, tu es journaliste spécialiste des médias,
00:25tu entends cette phrase, tu vois cet extrait, c'est quoi ta première réaction ?
00:29Il a raison et il a tort en même temps.
00:32Il a raison parce que nulle part il est écrit que l'humour doit être sanctionné en France.
00:42Il n'y a pas un texte qui est interdit aux humoristes de faire de l'humour.
00:48Et d'ailleurs, les réseaux sociaux montrent beaucoup d'humoristes.
00:55La scène de stand-up n'a jamais été aussi vive qu'aujourd'hui avec des humoristes qui font de
01:02la politique.
01:03On a Nova qui fait un carton avec la dernière, mais aussi avec Larry Post, l'émission de Haki Momiri.
01:10Donc, on se rend bien compte que voilà.
01:13Donc, il n'a pas tort.
01:14Il n'y a pas en soi de censure, en soi de texte qui interdit à l'humour d'avoir
01:22droit de citer.
01:23Et de l'humour, on parle d'humour politique surtout en France.
01:27Mais en fait, en même temps, il n'a pas forcément raison puisqu'on voit bien que depuis deux ans,
01:35mais globalement depuis plus longtemps que ça, encore une fois, on va parler de l'importance du rachat de Canal
01:43Plus par Bolloré.
01:44Mais le rachat de Canal Plus par Bolloré, c'est la fin des guignols en fait, qui était la case
01:50d'humour politique qui durait depuis longtemps, mais qui était complètement subversive en fait à l'époque.
01:55Et qui, je pense, a bercé nombre des humoristes qui sont aujourd'hui en fonction dans l'esprit, dans la
02:03liberté, dans l'ironie.
02:05Je pense que ça a bercé beaucoup de monde, la fin de cet humour sur Canal Plus.
02:14C'est aussi la fin de l'investigation sur Canal Plus.
02:17C'est la fin de beaucoup de choses sur Canal Plus en fait.
02:19Mais c'est un acte un dans la société aussi de ce qu'on peut dire, ce qu'on ne
02:24peut pas dire et du poids que vont avoir ces chaînes dans le débat public dix ans plus tard, la
02:30période dont nous sommes.
02:34Parce qu'effectivement, dans le débat public aujourd'hui, l'humour politique s'est fait un petit peu plus rare,
02:46en tout cas sur les chaînes mainstream en fait.
02:48Et en tout cas, l'humour de gauche, moi ça me fait toujours beaucoup rire, mais quand j'entends les
02:55gens de CNews, Pascal Praud,
02:56qui accusent France Inter d'être trop à gauche et qui accusaient les gens de l'émission de Charline Vannonecker
03:04d'humour,
03:05donc où était Guillaume Meurice qui s'est fait virer en 2024 pour cette affaire de prépuce nazi en fait.
03:12De nazi sans prépuce.
03:13De nazi sans prépuce et de déloyauté répétée, comme dirait Sybille Veil.
03:19Mais cette façon de faire, elle vient aussi de ce que ces gens, de CNews, ont instillé à coup de
03:35campagnes de tweets sur X,
03:40à coup de grandes envolées lyriques de Pascal Praud et consorts sur, mais écoutez-les, c'est indigne du service
03:47public.
03:48Qu'est-ce qui serait digne du service public ? En fait, c'est que le service public ne s
03:51'adresse qu'à des gens comme eux,
03:52mais le service public, il a vocation à s'adresser à tout le monde, donc y compris à des gens
03:57comme eux, mais aussi à des gens de gauche en fait.
03:59Et donc du coup, ce n'est pas grave en fait qu'on ait des humoristes qui représentent aussi ce
04:07truc-là,
04:09comme si la gauche en fait dans sa globalité n'avait pas le droit de citer sur les antennes d
04:13'après CNews,
04:14parce que c'est ça qui se joue aussi en fait avec l'humour politique.
04:17L'humour politique, à quoi sert-il ? Il faut peut-être se poser la question.
04:20Il sert quand même à dégommer les puissances.
04:22C'est ce que Guillaume Meurisse d'ailleurs écrit, il avait fait un livre sur un fou du roi en
04:30fait.
04:31Voilà, les fous du roi, on sait qu'ils ont une durée de vie limitée en fait.
04:35C'est-à-dire que tant qu'ils font rire, ils ont la cour à leurs pieds en fait.
04:40Et puis le jour où ils ne font plus rire, ils sont dégommés, décapités, jetés dans un cul de basse
04:48-fausse.
04:48Mais voilà, et c'est un petit peu ce qui se passe avec beaucoup d'humouristes.
04:52Avant Guillaume Meurisse, il y a eu d'autres humoristes qui ont été virés de l'antenne de France Inter.
05:01Globalement, sur les dix dernières années, c'est arrivé.
05:03Les motifs n'étaient pas toujours très clairs.
05:06C'était des gens dont à un moment donné, on estimait qu'ils avaient assez dit
05:09ou qu'ils avaient pris assez de place sur l'antenne
05:10ou qu'ils avaient une liberté sur l'antenne qui était trop importante.
05:13Mais en attendant, ils tenaient la dragée trop haute aux politiques.
05:21Nicole Ferroni, par exemple, à un moment donné, elle tenait la dragée haute,
05:24notamment au ministre de l'Éducation nationale, mais pas seulement.
05:28Elle a un peu été virée comme ça de façon très brutale aussi.
05:34C'était assez peu de temps dans l'histoire avant Guillaume Meurisse.
05:41Mais effectivement, on a eu un certain nombre d'incidents.
05:46Moi, je relevais un chiffre tout à l'heure.
05:49Il n'y a pas de censure, mais par exemple, dans l'année 2024-2025,
05:5473% des contenus signalés à Twitter,
05:58c'était des morceaux satiriques ou des morceaux humoristiques.
06:06Donc, ça dit quelque chose.
06:08Il y a aussi l'idée de rire avec, visiblement,
06:16et plus compliquée dans une société qui se fracture, peut-être.
06:19Je pense, en tout cas.
06:21On rit, si je prends mon cas particulier,
06:25c'est vrai que Pierre-Emmanuel Barré me fait, par exemple, hurler de rire.
06:28En fait, mais parce qu'aussi, il me soulage.
06:31Il me permet de déverser d'une forme de catharsis tout ce qu'il y a eu d'atroce dans
06:39la semaine.
06:41Et il me permet de mettre des mots sur, des fois, la colère, simplement, que je ressens.
06:48Ils sont un peu des porte-parole de colère.
06:51Mais ça, ça marche chez tous les gens qui font aujourd'hui de l'humour,
06:56avec l'humour qui soit de gauche ou de droite.
07:01Mais on se rend bien compte que ça va chercher des...
07:09Dans une société fracturée, c'est peut-être plus compliqué de faire rire tout le monde en même temps,
07:12peut-être plus que dans les années 70 et 80,
07:16quand il y avait Coluche ou quand il y avait le Luron, des gens comme ça.
07:21Même si, aujourd'hui, je pense que Coluche est proche de Luron.
07:23Il y a plein de blagues qui ne passeraient pas.
07:25Et heureusement, en fait, voilà.
07:26Et heureusement, parce que ça aussi, c'est aussi une société qui avance et qui inclut, en fait, aussi,
07:35qui ne met pas sur le bas-côté de la route des gens.
07:37Mais non, cette censure, de fait, elle existe et elle est pernicieuse en même temps.
07:43Ce n'est pas une censure franche.
07:46C'est une censure pernicieuse.
07:49Si on prend, je pense que ça fait partie des extraits que tu veux montrer aussi,
07:56mais cette humoriste qui s'est fait saquer, encore une fois,
08:02après un passage à C'est à vous, c'était le pauvre, c'est son premier passage à C'est
08:06à vous.
08:08Tu te rends bien compte que le truc, il n'est pas venu sur ce qu'il disait,
08:14c'est venu sur la façon dont il était habillé et ce qu'il était,
08:19c'est-à-dire le fait d'être issu de l'immigration.
08:27Et c'est violent, en fait.
08:29Je veux dire, on peut dire, C'est News a eu la peau de cet humoriste, en fait.
08:35C'est quand même... Et quelque part, ils donnent le là, en fait.
08:38Mais à quel moment, en fait, on les autorise à faire ça ?
08:41Cela posait, effectivement.
08:45Aujourd'hui, on se rend bien compte, si je reprends l'exemple de France Inter,
08:51que l'insolence qui était de mise, l'insolence très à gauche qui était de mise
08:55il y a un an et demi en arrière,
08:58aujourd'hui, elle est remplacée par des choses qui sont souvent drôles,
09:07mais beaucoup plus quotidiennes et beaucoup moins corrosives,
09:12en fait, qui ne remettent pas en cause la société,
09:14qui remettent en cause la place de l'individu,
09:16de l'individu qui parle dans la société,
09:19mais pas dans ses rapports amoureux, dans ses rapports de couple,
09:23dans son rapport à sa sexualité,
09:26mais pas par rapport aux politiques qui sont menées
09:31et à la gravité de ce qui est en train de nous tomber sur la gueule, en fait.
09:34Ça, par contre, on se rend bien compte que ça,
09:36c'est complètement laissé de côté, en fait.
09:39Ce que je te propose, c'est de regarder quelques extraits,
09:43et on commence avec un premier extrait qui est un passage de Pierre-Emmanuel Barré.
09:50Hop !
09:52Des mutilations, des meurtres et des mecs qui se filment en train de faire tout ça en se marrant,
09:56en fait, la police et la gendarmerie, c'est Daesh avec la sécurité de l'emploi.
10:00Merci de m'avoir écouté.
10:03Voilà. Alors, pourquoi cet extrait ?
10:06On peut retirer le petit casque, parce que, donc, c'est cette blague en particulier
10:10qui lui a valu de faire l'objet d'une plainte de Nunez.
10:17Exactement, Laurent Nunez.
10:19Donc, voilà, quand tu vois cet extrait,
10:22déjà là, c'est un peu particulier parce que, donc, c'est une plainte.
10:25Est-ce que, donc, une plainte rentre dans cette sphère-là de la censure ?
10:32Comment tu analyserais ça ?
10:33Est-ce que c'est plutôt des pressions ?
10:35Est-ce qu'on parle de censure ?
10:36Qu'est-ce qui ressort de cet extrait ?
10:37L'idée avec une plainte, et avec une plainte du ministère de l'Intérieur,
10:41enfin, quand même, on n'est pas sur la plainte de n'importe qui,
10:43on n'est pas sur la plainte, parce que tout le monde,
10:45on est sur la plainte du ministère de l'Intérieur, en fait,
10:48donc du monsieur qui contrôle la police, en fait, quoi.
10:51Tu vois, donc, c'est pas innocent de déposer cette plainte.
10:59C'est clairement une tentative d'intimidation,
11:01et qui dit intimidation, pour moi, dit tentative de censure, en fait,
11:05tentative de « je vais te faire peur, je vais te faire peur à toi,
11:08Pierre-Emmanuel Barré, mais je vais faire peur à l'antenne de Nova
11:11pour que ce genre de choses ne se posent pas. »
11:14Et comme, en fait, il y a eu ce que j'appelle le précédent France Inter,
11:18qui a plié avec, non pas les plaintes, mais qui a plié sur la suspension de Guillaume Meurisse,
11:29sur son licenciement, tout ça, etc., parce qu'ils ont crié très, très fort,
11:34les gens très énervés, et bien, l'idée de faire autant.
11:37Moi, ce que je remarque, c'est que Nova a une attitude exemplaire derrière,
11:40en fait, en disant « mais nous, on ne va pas céder à ce genre d'intimidation, en fait. »
11:44Ce qu'aurait dû faire France Inter avec Guillaume Meurisse, dire « on ne cède pas aux intimidations de ce
11:49type.
11:49La parole, elle est libre ou elle ne l'est pas, en fait. »
11:53Et après, qu'en intérieur, on te dise « Coco, ta blague, elle a été moyennement drôle »,
11:57ça, c'est encore autre chose, quoi. Tu vois, « elle ne m'a pas fait rire », c'est
11:59encore autre chose.
11:59Mais par contre, on assume le truc.
12:04La deuxième chose, en fait, concernant Pierre-Emmanuel Barré et cette plainte,
12:10c'est que Pierre-Emmanuel Barré, dans cette chronique, il dénonce les violences policières.
12:15Et il dénonce les violences policières, notamment à Sainte-Sauline, en fait,
12:19avec des moyens complètement disproportionnés par rapport aux manifestants
12:23et aux manifestants avec des enfants, en fait.
12:25Et il fait entendre les voix qu'on a entendues tous, puisqu'on a eu ces trucs entre les mains.
12:33Et il fait entendre les voix des policiers, en fait, en train de shooter avec délectation les manifestants.
12:42Et en fait, ce que je constate, c'est que le ministère de l'Intérieur,
12:49il trouve plus judicieux de condamner le messager, en fait, celui qui dit
12:56« c'est peut-être pas normal que la police nationale, censée nous protéger,
13:00elle réagisse de cette façon-là », plutôt que de condamner ses équipes.
13:03En fait, le message qui est envoyé, c'est « ferme ta gueule, on va être,
13:07on va pouvoir, on continuera à taper sur les gens si on en a envie ».
13:11En fait, le message qu'envoie Nunez, il est double.
13:13Il est une menace d'intimidation et une menace de « on n'en a rien à foutre ».
13:18Que vous critiquez nos méthodes, en fait, ce qui est très grave.
13:21Deuxième extrait, et donc là, on en a un tout petit peu parlé avant.
13:26Il s'agit donc du premier passage de l'humoriste Ben Lazare, du premier et dernier.
13:31Sur le plateau de « c'est à vous ».
13:35C'est juste là.
13:36Ma première chronique à la télévision, donc soyez cool avec moi,
13:38mettez-moi bien, mettez-moi à l'aise.
13:40Et je suis un peu stressée, donc bonjour les invités, bonjour les chroniqueurs.
13:44Mais s'il y a un truc que j'ai appris avec Mathieu Noël,
13:46c'est « bonjour à la personne qui me paye ».
13:48« Bonjour Babette, j'espère que tu vas bien ».
13:49« Mais je vais bien ! »
13:50« Je suis à ton service, est-ce que tu as soif ? »
13:52« Tu me dis ».
13:53Voilà, petit extrait.
13:54Qu'est-ce qu'on peut dire de ça ?
13:56« Oh ben c'est du racisme institutionalisé, en fait.
13:59Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?
14:00Moi, je ne vois pas autre chose.
14:01En plus, Merwan Ben Lazare, en l'occurrence, il parle de Mathieu Noël,
14:05mais parce que c'est un habitué aussi de « zoom zoom zem ».
14:07Donc, ce n'est pas quelqu'un qui tombe dans cet avou complètement par hasard, en fait.
14:14Il arrive à cet avou parce que ça fait des mois qu'il est sur France Inter,
14:18donc autre radio publique, dans « zoom zoom zem »,
14:20l'émission de l'après-midi de Mathieu Noël qui dure deux heures maintenant.
14:23Et voilà.
14:24Donc, quand tu critiques quelqu'un, non pas sur le fond de ce qu'il dit,
14:31mais sur l'apparence qu'il peut avoir,
14:35quand tu lui prêtes des intentions alors que rien dans son discours ne peut laisser penser ça,
14:41c'est du délit de sale gueule, en fait.
14:42On est d'accord, en vérité.
14:44Mais c'est aussi une forme de censure, en fait.
14:46C'est une forme de censure de type de personne que tu décides de ne pas poser,
14:51de ne pas voir sur ton écran de service public.
14:55C'est-à-dire que si tu es…
14:57C'est une question d'incarnation.
14:58C'est une question d'incarnation.
14:59Si tu es…
15:03Tu as le droit d'être musulman,
15:05mais à condition d'être en costume cravate, en fait,
15:08sur le truc de ces tabous, je pense que c'est ça,
15:10ce qui choque Rachet Haddati, en l'occurrence,
15:15la ministre de la Culture, on le rappelle.
15:18Si elle n'a rien d'autre à dire sur le service public aujourd'hui,
15:21si ses interventions sur le service public aujourd'hui,
15:24qui est vraiment largement, encore une fois,
15:27un des grands sacrifiés du deuxième quinquennat
15:30et pour le deuxième quinquennat d'Emmanuel Macron,
15:34et où elle participe vraiment bien à sa destruction massive,
15:40en fait, elle n'a rien d'autre à reprocher au service public
15:44que l'apparence d'un mec qui ne lui plaît pas,
15:47en faisant preuve, encore une fois,
15:49d'une forme de discrimination qui est extrêmement grave.
15:55La réaction a été très rapide.
15:57Il y a des physiques qui n'ont pas le droit de citer, visiblement,
16:00sur le service public.
16:02Tant qu'il est à la radio, on ne le voit pas, donc ça passe.
16:04Tu vois, en fait, c'est ça aussi.
16:05Tu te rends compte ?
16:06La violence du truc, c'est hyper grave, quoi.
16:13Troisième extrait maintenant.
16:15Celui-ci date un peu plus,
16:18mais est assez important dans cette thématique-là,
16:22puisqu'il s'agit de la fameuse blague de Guillaume Meurice
16:27sur France Inter.
16:29Alors, Halloween approche et tout le monde commence à chercher
16:33un déguisement pour faire peur.
16:34Alors, en ce moment, il y a le déguisement Netanyahou
16:36qui marche pas mal pour faire peur.
16:37Vous voyez qui c'est ?
16:38Une sorte de nazi, mais sans prépuce.
16:40Voilà.
16:41Alors, il ne fait pas peur.
16:43La vie cool.
16:44Voilà.
16:45Donc, cette fameuse blague, c'est de là que tout part.
16:48C'est de là que tout part, mais...
16:50Mais est-ce que tu entends dans l'extrait que tu viens de voir,
16:53ça, c'est la première fois qu'il l'a fait.
16:54Il a été suspendu à un moment, remis à l'antenne,
16:57et il a refait la blague.
16:59Et c'est là où il a été accusé de déloyauté répétée.
17:02Je regarde à chaque fois parce que le terme est tellement fou,
17:05en fait, déloyauté répétée,
17:07alors que ça faisait 12 ans qu'il était sur France Inter,
17:10et qu'il a fait les bonnes heures,
17:12qu'il a largement contribué à son échelle
17:14au succès de France Inter,
17:16et au fait qu'il se retrouve première radio de France.
17:18Donc, je trouve ça tellement fou, en fait,
17:20de l'accuser d'être déloyal, en fait.
17:23Bref, c'est pour le coup.
17:24Mais ce que Guillaume relève, en fait,
17:27là, tu entends les rires, en fait, dans l'assistance,
17:29au moment où ça se passe.
17:30Dans l'assistance qui, je l'entends dans le studio,
17:34est complètement, vient pour ce show.
17:37Donc, il est prêt à recevoir cette vanne.
17:44Ça rit, en fait.
17:45Ça rit et ça rit beaucoup.
17:47Et ce que raconte Guillaume,
17:48c'est qu'en gros, derrière,
17:50il se passe 24 heures où il est tranquille.
17:55Il n'y a pas de réaction.
17:56C'est-à-dire que quand il sort du studio,
17:58il n'y a pas de réaction.
17:59Quand il rentre chez lui, il n'y a pas de réaction.
18:03Il fait ses travaux de plomberie,
18:05il n'y a pas de réaction.
18:06Et il rallume ses réseaux sociaux,
18:08genre, deux jours après.
18:09Et là, il s'aperçoit de l'ampleur du truc
18:13avec des choses très, très graves.
18:15Je ne sais plus si c'est Adèle Van Riet ou Sibylle Veil,
18:17d'ailleurs, la directrice de France Inter
18:18ou la PDGR de Radio France,
18:22qui vont, à l'antenne,
18:24poser la tête de Guillaume Rhys
18:27sur un bio devant les spectateurs,
18:29en disant, mais non, on s'excuse.
18:31Non, mais non, en fait.
18:33Tu n'as pas à t'excuser.
18:34Je veux dire, c'est une opération
18:36menée de toute pièce par des gens
18:38qui veulent la mort du service public en plus
18:39et qui le font.
18:41Je veux dire, ce n'est pas la première fois
18:42qu'il y a des raids de l'extrême droite,
18:47notamment sur les humoristes, mais pas que,
18:49notamment sur Guillaume Rhys, mais pas que,
18:53que cette blague, elle intervient,
18:58encore une fois.
18:59Parce qu'on était en 2023, c'est bien ça.
19:01Quand il fait cette blague pour la première fois,
19:05on est au moment d'Halloween,
19:06donc on est effectivement assez peu de temps
19:08après le 7 octobre,
19:10mais on est à un moment donné où ça a commencé
19:13à bombarder très, très sec à Gaza
19:14et où on a quand même les morts
19:16et les destructions et la population
19:18qui est enclavée,
19:21qu'on pousse du sud au nord,
19:24si mes souvenirs sont bons,
19:25à ce moment-là, en fait,
19:26et qui se retrouve loin de chez elle,
19:27dans des conditions horribles, tout ça, etc.
19:30Il attaque un dirigeant d'un pays, en fait.
19:35Il n'attaque pas l'ensemble des Israéliens,
19:38il n'attaque pas l'ensemble des Juifs, en fait.
19:40Et il est accusé, en fait, en vérité,
19:42d'antisémitisme, ce qui est quand même fou,
19:44parce qu'on critique un mec,
19:47un dirigeant d'extrême droite
19:48dans le monde aujourd'hui.
19:50Mais, en fait, la réaction,
19:52elle ne vient pas tout de suite.
19:53Elle vient deux jours après
19:55et elle prend, au fur et à mesure de l'ampleur,
19:57au point que Guillaume Meurisse,
19:58pour cette histoire,
19:59se retrouve devant la police judiciaire, quand même, quoi.
20:02En fait, il faut mesurer.
20:04Et lui, il est...
20:05Enfin, Guillaume, il a...
20:07Je ne l'appelle pas son prénom
20:08parce qu'à force de l'interviewer,
20:10on se tutoie.
20:12Mais Guillaume, il le dit,
20:15il y est allé un petit peu en mode découverte, en fait.
20:19Comment ça se passe ?
20:20Il n'a pas tourné, oui.
20:20Voilà, il n'a pas été...
20:22Enfin, en tout cas, s'il a été impressionné,
20:24il ne l'a pas montré plus que ça.
20:26Et il est ressorti de là, évidemment,
20:29libre comme l'air.
20:30Et la justice a dit qu'il avait le droit
20:31de faire cette blague.
20:32Enfin, il n'y a pas photo, en fait, là-dessus.
20:35C'est une blague autorisée par la justice française.
20:37Enfin, je ne sais pas si on se rend compte, quand même.
20:39C'est ce qu'il dit, justement,
20:41après, quand il se permet de répéter cette blague,
20:43il dit, le procureur a dit que...
20:46Voilà, il avait le droit de le faire.
20:47Et pourtant, non, puisqu'en fait,
20:49on l'accuse de déloyauté après ça,
20:52parce que ça a provoqué un scandale,
20:53qui était encore un scandale de gens...
20:57À chaque fois, ça part des médias bollorés, en fait.
21:00Et en plus, les médias bollorés, tu vois,
21:02ça part de CNews, et puis ça va sur Europe 1,
21:06et puis ça va...
21:07Enfin, tu vois, le GDD, nanana, nanana, nanana, quoi.
21:09Tu vois ? Donc, voilà.
21:10Ça nous amène au dernier extrait sélectionné,
21:14qui est un extrait de Blanche Gardin.
21:18Et il y a, donc, Emeric Lompré aussi à côté d'elle.
21:22« Qu'est-ce que tu fais ? »
21:23« Eh bien, j'ai... »
21:27« J'ai posté un appel à manifester pour le cesser le feu. »
21:34« Et tu n'as pas senti que c'était antisémite ? »
21:37« Ben non, au début, non, j'ai pas... »
21:39« Mais enfin, Blanche, enfin ! »
21:41C'était pour un spectacle, donc Voices for Gaza.
21:44Et donc, après ça, il y a eu beaucoup de témoignages de Blanche elle-même
21:50qui parlaient de ce qu'elle disait être sa mise au banc,
21:54donc dans sa difficulté à trouver des salles, etc., à se produire.
21:58Que peut-on dire par rapport à ça ?
22:00Ce n'est pas anodin. On est dans l'après 7 octobre, encore une fois,
22:04avec la façon dont les médias, mais aussi ceux qui possèdent les salles,
22:12ceux qui possèdent...
22:13C'est un peu le même problème, en fait.
22:14C'est un peu les mêmes possédants, en fait.
22:17C'est un peu les mêmes propriétaires, les propriétaires de salles
22:19et les propriétaires des médias.
22:21Donc, c'est quelque chose qui va tourner.
22:23La roue va tourner sur cette question d'Israël et Palestine.
22:26On voit bien qu'il y a déjà des choses, quand même, qui s'inversent.
22:29On n'en est plus, comme il y a un an en arrière, en fait,
22:34sur la crispation de ces sujets-là.
22:36Mais oui, effectivement, ce n'est pas étonnant.
22:39Ici, comme ailleurs, les Voix pour Gaza,
22:45elles ont pris cher, oui.
22:46Ça, c'est clair qu'elles ont pris cher.
22:50Et ça aussi, c'est une forme de censure, en fait.
22:52Mais là, on est moins sur l'humour, en fait,
22:56parce qu'elle aurait pu être autre chose, en fait.
22:58Elle aurait pu être journaliste, elle aurait pu être...
23:03Voilà, on a jeté sur les gens qui prennent la défense des Gazaouis,
23:12en fait, et sur ce massacre organisé.
23:16On a jeté le discrédit sur eux en les accusant d'antisémitisme
23:19pendant un an et demi.
23:20Et ça aussi, c'est très grave, quoi, en fait.
23:22Grosso modo, ça va un petit peu mieux depuis six mois.
23:24Mais ça va mieux parce que les choses ont pris une telle ampleur à Gaza
23:28que c'était plus possible de dire que ça n'existait pas, en fait.
23:35Mais ça dit quelque chose de la séquence qu'on vient de vivre,
23:39plus que de l'humour, parce que je crois que ça...
23:42Vraiment, je pense que ça ne concerne pas que l'humour est en France
23:45et où il y a d'autres pays.
23:47Aux États-Unis, ça a été pareil.
23:48Il y a des voix comme ça pour Gaza qui se sont fait méchamment fermer le clapet, quoi.
23:53Donc voilà, c'est pas...
23:55Et en même temps, elles ont existé et elles ont permis aussi à des gens de se fédérer.
23:59Donc c'est important aussi que les artistes comme ça, ils n'aient pas peur de prendre position.
24:05Moi, je viens d'une période où les artistes prenaient facilement position, en fait, si tu veux,
24:09dans les années 80, où les chanteurs, les humoristes, les réalisateurs prenaient facilement position
24:17et n'avaient pas peur de le faire, en vérité.
24:21Et je me demande ce qui s'est passé pour que la société, elle ne permette plus ça
24:26et qu'on trouve inapproprié que quelqu'un nous dise d'où il parle.
24:29Alors qu'en fait, nous dire d'où il parle, c'est aussi une preuve de sa... d'honnêteté, en
24:34fait, de la part de conscience.
24:36Et ils appartiennent au débat national.
24:39Quand ils choisissent de tourner dans un film plutôt que dans un autre,
24:42de chanter cette chanson plutôt que cette autre,
24:45de faire ce sketch plutôt que... voilà, d'être sur...
24:49d'être sur Nova plutôt que sur RTL, de...
24:54Tous ces gens font des choix, en fait.
24:56Donc voilà, et donc font des choix qui ne sont pas neutres
24:58et qui ne sont pas neutres dans le débat public.
25:00Donc évidemment qu'ils ont le droit de le dire au même titre que tu as le droit de le
25:07dire,
25:07que j'ai le droit de le dire et que voilà, quoi, si on est en démocratie, en tout cas.
25:11Donc après avoir vu ces quelques extraits, comment on peut expliquer la phrase de Yann Barthez
25:19qu'on a vue en introduction ?
25:21Parce que ces extraits-là, ils sont quand même assez connus.
25:25Donc j'imagine que ce n'est pas de l'ignorance de sa part.
25:30Qu'est-ce que ça traduit, le fait qu'ils disent sciemment qu'il n'y ait pas de censure
25:34quand on sait qu'il y a des extraits de ce genre qui existent ?
25:38Parce qu'il y a eu des actes forts encore avec...
25:43Encore une fois, on est quand même beaucoup sur des questions,
25:46dans l'occurrence, de racisme.
25:50Mais parce qu'encore une fois, il n'y a pas d'interdiction à ces gens,
25:54dans l'absolu, de se produire.
25:56On ne leur a pas dit, tu n'as pas le droit de te produire comme ça a pu être
26:00le cas
26:00pour Dieudonné, par exemple, à un moment donné,
26:03qui a été accusé d'apologie du terrorisme,
26:07de négation de crimes contre l'humanité,
26:11de racisme.
26:11En fait, je crois que j'ai noté tout.
26:12De provocation à la haine raciale aussi.
26:14En fait, il y en avait trois chefs d'accusation.
26:15Bon, là, on lui dit, tu n'as plus le droit de jouer.
26:19Il y a un acte de censure pure qui avait été posé par Manuel Valls.
26:23Mais on peut en penser ce qu'on en veut.
26:25Moi, je pense qu'à un moment donné,
26:27quand les gens franchissent toutes les lignes comme ça,
26:28c'est normal de dire qu'on arrête les frais.
26:31Il y a une loi et nul n'est sans c'est ignorer la loi,
26:35y compris quand on fait de l'humour.
26:37En l'occurrence, il n'y a pas de...
26:42Je comprends ce que veut dire Yann Barthez.
26:44C'est-à-dire que, tu vois, censure,
26:46ça évoque les journaux pendant la guerre d'Algérie,
26:49qu'on caviarde, tu vois,
26:50pour que l'information, elle ne passe pas,
26:54des voix qu'on met sciemment à l'écart, tout ça, etc.
26:57Dans l'absolu, il n'y a rien qui a été dit.
26:59Tu vois, en fait, ça n'a pas été dit sciemment.
27:02Ces gens n'ont plus le droit d'antenne, en fait.
27:04Ça a été organisé, mais ça n'a pas été dit sciemment.
27:06C'est-à-dire que, quand même, France Inter,
27:08c'est quand même fort.
27:09Alors, après, beaucoup d'humoristes ont suivi
27:11Guillaume Meurice quand il a été viré
27:13dans cette dernière émission mythique
27:15où les uns après les autres,
27:16ils ont rendu leur tablier à Delvan Rit.
27:24Mais de Émeric Lompré à Thomas Védébé,
27:29en passant par Akim Omery,
27:31qui était là, d'ailleurs, ce soir-là,
27:32pour sa première et sa dernière à France Inter.
27:36Et voilà, mais il n'y a pas d'acte qui a été posé.
27:42Il y a toujours un cadre de la loi,
27:45parce que ça pose la question
27:46de la limite de la liberté d'expression, en fait.
27:48La limite de la liberté d'expression en France,
27:49c'est la diffamation, l'injure publique,
27:54la provocation à la haine raciale ou religieuse
27:57et l'apologie du terrorisme.
28:02Ce que je trouve quand même très drôle,
28:03parce que c'est tout ce que fait CNews, en fait,
28:05et CNews n'est pas interdite.
28:07Et on ne met pas de limitation à CNews, en fait, quoi.
28:10C'est CNews qui balancent tout ça.
28:12C'est CNews qui balancent ces omertas
28:13sur les uns et les autres.
28:15C'est CNews qui donnent le là.
28:16Mais eux, tout ça, ils le font.
28:17La diffamation, ils le font.
28:19L'injure publique, il n'y a quand même pas...
28:21Enfin, c'est quand même très, très régulier.
28:24La provocation à la haine raciale ou religieuse,
28:26il suffit de regarder CNews un quart d'heure
28:28pour avoir le vertige sur le sujet.
28:30Et bon, ils ne font pas l'apologie du terrorisme,
28:32mais voilà, sur le reste, on est quand même bien servi.
28:363 sur 4, c'est quand même beaucoup.
28:39Mais eux, non, en fait, ils ont, au nom de, je ne sais pas,
28:43la liberté d'expression de la fachosphère,
28:45en fait, ils ont le droit de dire tout ça,
28:47alors que c'est que ça contrevient complètement à la loi.
28:50Et en revanche, les gens qui dénoncent le fait
28:52qu'on puisse se mettre en dehors des clous,
28:54eux, sont quelque part sanctionnés
28:57parce qu'ils n'ont plus de relais
28:58sur un certain nombre de médias ministériens.
29:01En même temps, je veux dire, et c'est bien fait pour...
29:05Franchement, je suis une grosse, grosse défenseuse
29:09de l'audiovisuel public, vraiment, acharnée.
29:12Mais quand je vois les scores de la dernière sur Nova,
29:18je me dis, mais à quel moment Adèle Van Riet et Sibylle Veil,
29:23elles ont pu laisser partir cette équipe ?
29:25À quel moment, en fait ?
29:27Parce qu'ils explosent, les compteurs, complètement.
29:30On a fait un reportage à Nova, en fait, justement,
29:35pour essayer de comprendre dans deux, trois numéros
29:38de la chaîne de l'HM, de l'Humanité Magazine, en arrière,
29:41sur le sujet.
29:43Mais oui, oui, les chiffres sont délirants, en fait,
29:46d'augmentation de l'audience Nova.
29:48C'est une radio qui renaît de ses cendres.
29:51Et il le doit à la censure qui ont été exercées
29:54sur les humoristes et sur l'humour politique.
29:56Parce que ce n'est pas n'importe quel type d'humour
29:58qui est interdit, c'est l'humour politique.
30:02Et enfin, tu l'avais déjà un petit peu évoqué avant,
30:06mais là, tu vas pouvoir apporter plus de précision.
30:10Selon toi, comment cette censure ou non-censure,
30:13elle a évolué en France, dans les médias ?
30:16Est-ce que tu trouves qu'aujourd'hui, il y a plus de formes
30:19de censure, de pression, d'intimidation
30:22dans les médias publics en France
30:26qu'il y a 20 ans, 30 ans en arrière ?
30:28Les premiers dont je me souviens, c'est Didier Porte en 2010,
30:34qui se fait licencier.
30:38Et puis le deuxième, c'est Stéphane Guillon en 2009,
30:41en fait, c'est les deux dont je me souviens.
30:43Didier Porte, on lui reprochait d'avoir imité un quelqu'un
30:47qui était atteint de Gilles de la Tourette à l'antenne
30:49et donc à une heure de grande écoute,
30:52puisque c'était avant le journal de 8h,
30:55d'avoir sorti plein de gros mots, tout ça, etc.
30:58Et voilà, et donc on lui a montré la porte.
31:01Et Stéphane Guillon, il avait été accusé,
31:08il y avait déjà une accusation d'antisémitisme, en fait.
31:11Et si je me souviens bien, c'était avec le scooter du fils
31:14de Nicolas Sarkozy, en fait.
31:16Moi, je suis éditrice de France Inter,
31:18je n'ai jamais eu le sentiment, en tout cas,
31:19je sais dans quel rôle ils sont,
31:21c'est-à-dire ils sont dans un rôle de clown, en fait,
31:23à chaque fois, ces gens-là.
31:28Et donc le discours,
31:29même quand ils interpellent un responsable politique,
31:33ne me choque pas, puisque l'idée,
31:34c'est de montrer justement le décalage, des fois,
31:36entre les actes et les paroles,
31:38et entre ce qui est dit un jour
31:40et ce qui est contredit le lendemain, quoi.
31:43Donc je ne suis pas...
31:44Ils sont dans le rôle du fou du roi, en fait,
31:46c'est vraiment ça.
31:47Là, quand même, on se rend compte
31:48qu'il y a des voix qui ont été supprimées de l'antenne
31:50et, encore une fois, qui ne se limitent pas à l'humour.
31:52C'est-à-dire que, quoi qu'en dise
31:55la direction de France Inter,
31:58il y a des voix qu'on n'entend plus
32:00sur ce service public,
32:01dans l'humour et au-delà.
32:03C'est-à-dire que...
32:07Quand on supprime
32:10les chroniques,
32:11tu avais des journalistes
32:13qui étaient des rescapés
32:14d'Antoine Eutchao,
32:17Charlotte,
32:19qui étaient des rescapés
32:20de...
32:21De là-bas, si j'y suis,
32:22l'émission de Daniel Bermet, en fait,
32:24qui était une émission
32:24qui se voulait une émission de dénonciation,
32:27aussi, sur beaucoup de sujets.
32:29Quand ces gens-là,
32:30à la rentrée dernière,
32:31sont virés,
32:32quand l'émission sur l'écologie,
32:34qui pourtant fait un carton
32:35en début d'après-midi,
32:36on lui vire les reportages,
32:38on lui vire des voix,
32:39en fait,
32:40des voix qui la sont,
32:42qui lui donnent reconnaissables.
32:43Quand on...
32:45On fonctionne sur des tas d'endroits
32:48avec de la rediffusion,
32:49aussi, comme ils le font,
32:51quand on baisse l'ambition
32:52en termes d'investigation,
32:54en fait.
32:56Tout ça,
32:57ce n'est pas du tout
32:58des bons signes envoyés
33:00aux auditeurs,
33:00pas seulement aux auditeurs de gauche,
33:01aux auditeurs tout court,
33:03en fait, quoi.
33:04Et l'obligation de pluralisme,
33:05moi, sur France Inter,
33:07il y a des moments,
33:08tu vois,
33:09où...
33:09Un petit peu de mal,
33:10quand même, quoi.
33:10En fait,
33:10aujourd'hui,
33:11j'ai un petit peu de mal.
33:12Moi, qui est...
33:13Enfin,
33:14comme beaucoup de monde,
33:16considérait cette radio
33:16longtemps comme...
33:19comme une espèce
33:20d'université populaire,
33:21en fait,
33:21par laquelle le savoir passait.
33:23aujourd'hui,
33:24le savoir,
33:24mais le savoir
33:25qui pouvait être,
33:26justement,
33:27parce qu'il y avait
33:28des voix différentes
33:29qui l'incarnaient,
33:31en fait,
33:31et des voix qui pouvaient
33:32ne pas être d'accord entre elles,
33:33mais qui pouvaient se croiser.
33:35Aujourd'hui,
33:36j'ai l'impression quand même
33:37d'une voix unique,
33:38d'un ronron ultra-libéral permanent
33:41et sans du tout de contre-feu, quoi.
33:45Quelque chose d'assez uniforme.
33:46Et c'est uniforme,
33:47mais donc,
33:47pour moi,
33:47si je te dis,
33:48ça va au-delà de l'humour
33:49et c'est grave,
33:50en fait.
33:51C'est grave.
33:51Parce que là,
33:52on parle des antennes publiques.
33:53Donc, voilà.
33:54Donc, en conclusion,
33:55tu dirais quand même
33:56qu'il y a...
33:57qu'on va vers plus de...
34:00si ce n'est censure,
34:01de contrôle,
34:03de ce qui est dit,
34:04de ce qui est rie qu'avant.
34:06De ce qui est rie,
34:07en tout cas,
34:07c'est sûr.
34:08Quand tu fais des rires
34:10bitco et nichons,
34:11en vérité,
34:11tu as assez peu de chance
34:13de te remettre la société
34:14en question.
34:15Moi, je te le dis
34:15comme je le pense.
34:16Donc, voilà.
34:16Et aujourd'hui,
34:17c'est un peu le cas
34:18à France Inter
34:19et sans cracher
34:20sur le travail
34:21que font ces humoristes.
34:23Moi,
34:23je les trouve souvent
34:23très drôles, quoi.
34:24Mais effectivement,
34:25c'est moins subversif.
34:26On va être très clair.
34:27Et là,
34:28il y a eu ce choix
34:28quand même
34:29de prendre cette direction-là.

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