00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:04Eric Tecner, Jules Torres, Charles Alonc sont dans ce studio, je jure de dire toute la vérité, c'est votre
00:08livre chez Fayard.
00:10Michel Goldstein est ancien rédacteur en chef de France Télévisions, il était sur CNews tout à l'heure
00:16et il dénonce la confiscation de l'audituel public par le parti socialiste.
00:20C'est catastrophique, moi je tombe de ma chaise, ça me fait très mal de voir le service public avoir
00:26été confisqué par une caste.
00:28C'est la caste du parti socialiste qui s'est emparée du service public depuis la nomination de Delphine Ernotte
00:36à France Télévisions et de Sybille Veil à Radio France.
00:39Alors est-ce que c'est que ça Charles Alonc ?
00:41Ce qui est sûr c'est qu'il y a un caractère systémique dans toutes les entorses au pluralisme, on
00:46voit que des militants sont nommés au poste le plus important de l'audituel public.
00:50C'est ce que je raconte notamment dans ce livre, vous avez le numéro 2 de France Télévisions,
00:53M. Stéphane Sidemont-Gemmes qui avant d'être embauché chez France Télévisions n'avait travaillé que pour Europe Écologie Les
00:59Verts.
01:00Et aujourd'hui il est directeur des antennes, des programmes, il a pris aussi la main sur l'information.
01:04Donc il est à la tête de 3000 journalistes, il n'a jamais été journaliste, il n'a jamais disposé
01:09de la moindre carte de presse,
01:10mais c'est à ce militant qu'on a confié les rênes.
01:12Chez Radio France, le numéro 2 c'est exactement la même chose.
01:14M. Mélet, il est directeur éditorial de Radio France.
01:17Dans un portrait de Libération, il nous explique que dans une autre vie, il se serait rêvé cadre du Parti
01:21Socialiste.
01:22Que toute sa vie, il n'a voté que pour des partis de gauche.
01:25Vous avez une des responsables de la cellule de fact-checking de France 5 et de France Info,
01:30Mme Lin-Lanne Dao, qui en novembre dernier était tête d'affiche d'un meeting de la France Insoumise.
01:35Tête d'affiche.
01:36Elle n'a pas juste participé, elle a été invitée à ce titre-là.
01:40Vous avez le secrétaire général du syndicat national des journalistes
01:44qui nous explique que le modèle belge de cordon sanitaire
01:48qui vise à exclure une partie des représentants de partis qualifiés d'extrême droite
01:53serait une idée intéressante à importer en France.
01:57Donc vous voyez qu'à tous ces postes-là,
01:59on a décidé sur le service public de nommer des militants
02:03qui maintenant, on l'a vu avec le cas de Charles Sapin il y a quelques semaines à peine,
02:08assument totalement et délibérément de violer la loi et de ne pas respecter le pluralisme.
02:12Même deux minutes de chronique de Charles Sapin sur 160 heures d'antenne hebdomadaire sur France Inter
02:18leur est insupportable.
02:20Donc ce que dit M. Goldstein, effectivement, je trouvais.
02:23Et tout à fait à propos.
02:24Vous aurez remarqué que Michel Goldstein est à peu près le seul,
02:27le seul ancien de France Télé ou de Radio France à prendre la parole sur les antennes
02:32pour justement dire ce qu'il en est de l'intérieur.
02:35À chaque fois qu'on demande à des gens qui ont travaillé dans la maison ronde
02:38ou à des gens qui ont travaillé à France Télé, personne ne vient parce que
02:43tu comprends, vis-à-vis des confrères, c'est pas cool, il y en a quand même beaucoup qui sont
02:47à l'intérieur.
02:48C'est dommage de ne pas vous suivre sur ce qui se passe exactement dans les coulisses.
02:54Et justement, je prends le dernier exemple de ce monsieur qui dit
02:57que ce serait pas mal de faire un cordon sanitaire comme à la RTBF,
03:00à la RTBF, où effectivement on choisit ses camps, ses clans d'ailleurs.
03:07Alors que la loi est très claire, elle date de 1986, elle impose le pluralisme sur ces antennes.
03:13Vous savez, moi j'ai eu beaucoup de salariés de l'audiovisuel public,
03:16beaucoup de personnes syndiquées notamment,
03:18qui se félicitaient des travaux menés par la commission d'enquête
03:21et qui me disaient notamment chez France Télévisions,
03:23la privatisation qui est à l'oeuvre aujourd'hui,
03:25puisque sur les près de 2,5 milliards de budget de France Télévisions annuelle,
03:29il y a près d'un milliard d'euros par an
03:30qui est attribué à des sociétés de production privée
03:32pour produire les contenus du service public.
03:34Et c'est ce que vous expliquez très bien,
03:36notamment avec ce qui se passe avec Nagui, avec...
03:38Avec monsieur Pigas, et ces mêmes syndicalistes nous expliquaient
03:41que les émissions étaient confiées à des producteurs
03:43qui en plus s'entendent émoner à un combat politique et culturel.
03:46C'est le cas de MediaOne avec monsieur Pigas,
03:48qui est la première société de production privée
03:50à percevoir les contrats de France Télévisions.
03:52Donc en plus de ça,
03:54ce n'est pas seulement on nommait des militants
03:56à la tête de l'audiovisuel public,
03:57on confie une grande partie des contrats et des programmes
03:59à des sociétés de production privée qui s'enrichissent
04:02à coup de surfacturation et de favoritisme
04:04et qui alimentent l'agenda politique de monsieur Pigas.
04:06Eric Teguenel.
04:07La campagne présidentielle va arriver,
04:09elle commence,
04:10évidemment l'audiovisuel public,
04:11il va falloir peut-être un peu le scruter.
04:13Qu'est-ce que vous pensez de cette information de l'infiltré
04:16qui explique que le journaliste en charge de couvrir LFI
04:19pour France Télévisions,
04:21pour le JT de 20h sur France 2,
04:23est un ancien soutien de Jean-Luc Mélenchon.
04:25Il s'appelle Julien Cholin,
04:27il se présentait comme un militant syndical front de gauche
04:30à Paris en 2011,
04:32il était également collaborateur
04:34pour le journal communiste Luma en 2010.
04:37Est-ce que véritablement,
04:37on peut croire dans sa neutralité,
04:39dans sa capacité à couvrir LFI pour France 2 ?
04:42Oui, l'information est confondante
04:44et j'ai même envie de vous dire
04:45que ce n'est pas simplement dans l'audiovisuel public,
04:47c'est aussi dans les autorités de régulation.
04:50À l'ARCOM, par exemple,
04:51j'ai pu noter dans le cadre de la commission d'enquête
04:55qu'à l'été 2025,
04:58un militant avait été nommé à l'ARCOM
05:01un an avant sur ses réseaux sociaux publics,
05:03il s'appelle Fouette Béraou,
05:04il avait appelé sur ses réseaux sociaux de façon publique
05:06à une mobilisation antiraciste et antifasciste
05:09contre l'Empire Bolloré.
05:11Bon, ça ne l'a pas empêché,
05:13un an après,
05:14d'être nommé à l'ARCOM,
05:15qui est une autorité publique indépendante.
05:17C'est quoi son rôle ?
05:18Alors, c'est assez flou,
05:19j'ai interrogé d'ailleurs le président de l'ARCOM
05:21et le directeur général de l'ARCOM
05:23à deux reprises,
05:23à cinq mois d'intervalle pendant la commission d'enquête.
05:26Il semblait un peu parler chinois,
05:27très honnêtement,
05:28parce que je n'ai pas compris
05:29ni la réalité des missions de cette personne-là.
05:32Mais il était au courant de l'existence de cette personne.
05:34Alors, la première fois en novembre,
05:36dernier, quand j'ai fait état de ce cas problématique,
05:39ils m'ont expliqué qu'il n'était pas au courant.
05:41Mais cinq mois après,
05:42quand j'ai à nouveau entendu le président de l'ARCOM
05:43à la fin de la commission d'enquête,
05:45visiblement, aucune mesure,
05:46aucune sanction,
05:47aucune mutation n'avait été prise.
05:49Donc, c'est parfaitement assumé.
05:50Et j'ai envie de dire que le mal est bien plus profond,
05:53puisque quand vous interrogez les écoles de journalisme,
05:55l'école de journalisme de Sciences Po, par exemple,
05:57sur les 175 intervenants
06:00qu'il donne à disposition des étudiants,
06:02vous n'en avez que deux
06:03qui sont issus de médias de droite,
06:05et c'est le Figaro.
06:06Et tout ça est parfaitement assumé.
06:08Charles Lalonde,
06:08il y a une chose qui est assez importante
06:11concernant votre carrière.
06:12Je ne sais pas quel âge vous avez.
06:1332 ans.
06:1332 ans.
06:15Cette commission sur le duiel public
06:16va vous coller comme le scotch du capitaine Haddock.
06:21C'est-à-dire qu'il y a un acteur
06:22qui s'appelle Jack Lord,
06:23qui a fait une série télévisée dans les années 70
06:25aux Etats-Unis,
06:26qui s'appelait Hawaii Police d'Etat,
06:27et il n'a fait que ça.
06:28C'est-à-dire qu'il est connu pour ça,
06:29et pour un petit rôle dans Doctor No en 62,
06:31première de James Bond.
06:32Bon, est-ce que vous,
06:34dans ce combat de l'eau du zèle public,
06:36ça va occuper quand même une grande partie
06:38de votre carrière,
06:39aujourd'hui, ce livre,
06:40hier, la commission,
06:43vous avez découvert aussi,
06:45avec votre jeune âge,
06:46que le président de cette commission
06:48n'était pas forcément quelqu'un
06:49qui était tous les jours votre allié.
06:51comment est-ce que vous allez porter
06:53cette commission
06:54et porter les résultats
06:56de cette commission,
06:57à la fois dans la présidentielle
06:59qui arrive,
07:00et au-delà.
07:01C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
07:03si je comprends bien,
07:03si vous sortez ce livre,
07:05c'est pour continuer le combat.
07:06Vous avez été très très présent,
07:07même Yael Brown-Pivet,
07:08vous l'écrivez dans le livre,
07:10c'est un peu énervé
07:12de votre présence médiatique,
07:14vos tweets, etc.,
07:16au moment de la commission.
07:17C'est un combat, aujourd'hui,
07:19que vous menez.
07:21Ce qui est sûr,
07:22c'est que la raison d'être
07:23de ce livre,
07:24c'est que pendant ces six mois
07:25de commission d'enquête,
07:25je n'ai pas pu tout dire
07:27parce que j'étais sur une ligne
07:28de crête politique
07:29qui était très mince.
07:30La gauche et les macronistes
07:31ont tout fait pour que
07:32cette commission d'enquête
07:33ne soit pas créée,
07:34alors que c'est un droit
07:35pour l'ensemble des groupes
07:36d'opposition,
07:36une fois par an,
07:37de choisir le thème
07:39de leur commission d'enquête.
07:40C'était inédit,
07:41mais elle n'a été adoptée
07:42qu'à quelques voix
07:42et ce sont les mêmes
07:43qui, six mois après,
07:44ont tout fait pour censurer
07:45le rapport
07:45et à une voix près,
07:47l'ensemble de nos travaux,
07:48vidéos et comptes rendus
07:49de l'ensemble des auditions
07:50ainsi que le rapport
07:51auraient pu disparaître.
07:52Donc, je n'ai pas pu
07:53révéler toutes les coulisses,
07:54toutes les anecdotes,
07:54toutes les pressions
07:55pendant ces six mois.
07:57Et donc, je savais,
07:58une fois que le travail
07:59était abouti,
08:00que je pouvais le faire,
08:01que je pourrais le faire
08:01et c'est ce que j'ai voulu
08:03réaliser dans le cadre
08:04de ce livre.
08:05Maintenant,
08:05je vous avoue,
08:05je n'ai pas envie
08:06de rester l'élu
08:09attaché forcément
08:09à ce sujet
08:10et je pense
08:12qu'il y a bien
08:12d'autres couvercles
08:13qu'il va falloir lever.
08:15Il y a par exemple
08:15le financement des syndicats.
08:16Il y avait un député courageux,
08:19député Perruchot,
08:19qui, il y a à peu près 15 ans,
08:21avait fait une commission
08:21d'enquête
08:22sur le financement
08:22des syndicats
08:23et qui a vu
08:23son rapport censuré.
08:25Moi, je voudrais
08:26qu'on reprenne
08:27ces travaux,
08:28qu'on rouvre l'enquête
08:29et qu'on le réhabilite
08:31parce qu'il a été
08:31aussi sali
08:32simplement pour avoir
08:33voulu faire la transparence.
08:34Il y a le financement
08:35des associations.
08:36C'est un sujet
08:37qui est abyssal.
08:38On voit qu'il y a
08:39des milliards
08:39qui sont donnés
08:40à des associations,
08:41je pense à l'association Emmaüs,
08:42qui fait de la politique,
08:44qui entend jouer un rôle
08:45directement
08:46dans la campagne présidentielle
08:47pour lutter
08:48contre l'extrême droite
08:49et qui est lourdement
08:50subventionnée
08:50par l'ensemble des Français.
08:52Il y a la SNCF,
08:53il y a les offices HLM,
08:54il y a l'hôpital,
08:55il y a l'éducation,
08:55il y a beaucoup d'autres sujets
08:56qui sont dans les Français.
08:57C'est-à-dire tout ce qui est
08:59contribution, voilà.
09:00C'est faire la transparence
09:01parce que je suis peut-être
09:03arrivé avec un peu de naïveté
09:04au début de cette commission
09:05d'enquête,
09:05n'étant qu'un entrepreneur
09:06ayant peu d'heures de vol
09:07politique à mon actif,
09:08je me rends compte
09:09que la démocratie représentative
09:10est totalement dysfonctionnelle.
09:12Allez, il ne reste
09:12quelques secondes.
09:13C'est vraiment cette transparence
09:14sur l'utilisation de leur argent.
09:15Mais justement,
09:16c'est très intéressant
09:17parce que votre livre,
09:18finalement, après le rapport,
09:20sonne un petit peu
09:20lors des comptes
09:21dans une campagne présidentielle
09:22où on voit bien
09:23que les Français,
09:23s'ils sont intéressés
09:24par une chose,
09:25c'est par savoir
09:27où va leur argent.
09:28Et je crois,
09:28et je ne veux pas dévoiler
09:29un secret,
09:30mais que la première semaine,
09:31votre livre s'est extrêmement
09:32bien vendu,
09:338 065 exemplaires,
09:34c'est déjà 5 fois plus
09:35que le livre de François Hollande
09:36qui est sorti il y a un mois.
09:37Jean-François Copé.
09:38C'est beaucoup plus
09:39que Jean-François Copé.
09:39C'est quasiment autant
09:40que celui de Gabriel Attal
09:41qui est sorti il y a 6 mois.
09:43Qu'est-ce que ce livre dit
09:44de l'élection présidentielle à venir ?
09:46Une attente
09:47et un espoir formidable
09:49de beaucoup de Français
09:50qu'ils se rendent compte
09:51qu'on leur a confisqué
09:52les clés probablement
09:53depuis 15 ans.
09:53Depuis 15 ans,
09:54il n'y a pas d'alternance.
09:55Donc ce sont
09:55les mêmes responsables publics,
09:57les mêmes aux fonctionnaires,
09:58les mêmes présidents
09:58d'entreprises publiques,
10:04croire qu'il y a du renouvellement.
10:07Les portes des placards
10:09sont parfaitement scellées.
10:10Les Français se disent
10:11que pour la première fois,
10:12on pourra enfin découvrir
10:14un certain nombre de faits
10:15qui leur ont été cachés
10:16depuis longtemps.
10:17Donc ce qui se traduit
10:18dans les ventes de ce livre,
10:19ce qui se traduit dans l'intérêt
10:20aussi de cette commission d'enquête,
10:21c'est une aspiration
10:22incroyable et inédite
10:23de gens qui veulent la transparence
10:25et qui veulent aussi surtout
10:26de l'efficacité
10:27dans la dépense publique.
10:28Je jure de dire toute la vérité.
10:30C'est le livre de Charles Lalong
10:31chez Fayard.
10:32Merci beaucoup d'être passé
10:33par le studio.
10:34d'Europe 1.
10:35Retrouvez Pascal Praud
10:35pour deux rendez-vous
10:36par jour sur Europe 1.
10:37D'abord, l'heure des pros.
10:38Co-diffusion CNews,
10:399h-11h.
10:40Ensuite, Pascal Praud et vous,
10:4116h-18h.
10:4201-80-20-39-21
10:43pour participer à l'émission.
10:45Et nous, on revient
10:45dans un instant
10:45pour les débats d'Europe 1 soir.
10:4718h-20h.
10:48Europe 1 soir.
10:50Pierre de Villeneau.
10:5110h-15-2011.