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Avec Pierre Gentillet, avocat au barreau de Paris et enseignant et Nathalie Tehio, avocate et Présidente de la Ligue des Droits de l'Homme
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00:00Dans tous ces états, le fait du jour.
00:03Oh pardon Perico, j'allais représenter la situation.
00:06Ah ben si vous voulez, vous le faites très bien, mais je vous laisse le faire.
00:10Vous êtes trop gentil.
00:12Nous allons savoir si la République doit peu sermonner les parents,
00:17si l'état doit se mêler et donner des leçons de comportement civique aux familles dont les enfants manifestent.
00:23Nous avons réuni pour cela dans ce studio, en direct, autour de ce plateau,
00:29Madame Nathalie Théyo, Maître Nathalie Théyo, avocate,
00:31et vous êtes présidente de la Ligue des Droits de l'Homme.
00:35Bonjour.
00:37Et Maître Pierre Gentillet, avocat et ancien.
00:40Ligier, si je puis me permettre.
00:41Ligier, bien sûr.
00:41Il y a deux L.
00:42En plus, je sais que c'est Pierre Gentillet à chaque fois.
00:45Oui, c'est la première fois que vous le faites.
00:46Vous me faites une leçon de phonétique.
00:48I, deux L, c'est bien lieu.
00:49Absolument.
00:50Gentillet, bien gentillet.
00:51Merci pour votre invitation.
00:52Voilà.
00:53Donc, à ma droite, Maître Pierre Gentillet, à ma gauche, Maître Nathalie Théyo,
00:58donc deux juristes.
00:59On va rentrer, évidemment, dans une notion de droit.
01:01Ensuite, on va dans une notion de légalité.
01:04Et ensuite, d'éthique publique et de morale publique.
01:06Est-ce qu'un préfet peut convoquer des parents
01:10et leur dire comment ils doivent se comporter
01:12ou comment ils doivent surveiller le comportement de leurs enfants ?
01:15Maître Nathalie Théyo, je commence par vous.
01:17Est-ce qu'il était dans son rôle préfet ?
01:19Il représente l'État, il représente la République.
01:21Est-ce qu'il...
01:21Je disais tout à l'heure en rentaine, quand j'étais gamin,
01:24mais qu'il y avait une petite dissension dans des maisons à la campagne,
01:26le brigadier de gendarmerie arrivait,
01:28il sermonnait le gamin, il disait aux parents,
01:31et c'est lui qui faisait le juge de paix.
01:32Bon, c'était une circonstance très particulière.
01:34Et voilà, ces situations n'existent plus
01:36puisqu'ils ont des consignes de ne pas se mêler.
01:38Est-ce que le préfet des Hauts-de-Seine
01:39avait en gros le droit ou la mission
01:43d'intervenir dans la vie familiale ?
01:44Il est le représentant de l'exécutif.
01:46Donc à partir de là, il y a un problème déjà de séparation des pouvoirs
01:50dans la mesure où vous avez la séparation
01:52entre l'exécutif et le judiciaire.
01:54Or là, lorsqu'on a...
01:56S'il y a, parce qu'il y a aussi la question de la présomption d'innocence,
01:59mais s'il y a des problèmes, des dégradations
02:02qui ont été commises par certains élèves,
02:06civilement, les parents sont responsables,
02:08pas pénalement, mais civilement, oui.
02:10Et en tout cas, ça relève du judiciaire.
02:12C'est-à-dire que c'est le procureur de la République
02:14qui peut éventuellement diligenter une enquête
02:18puis ensuite faire qu'il y ait le juge des enfants qui interviennent.
02:23Mais en plus de ça, il y a une séparation au sein du judiciaire
02:26entre celui qui poursuit et celui qui juge.
02:29Et là, on a tout vol en éclat
02:31puisqu'on a l'impression qu'ils sont jugés par avance
02:33en dépit de la présomption d'innocence
02:35et que c'est le préfet lui-même qui juge
02:38et qui décide de la sanction.
02:39Une des sanctions, ça peut être l'admonestation.
02:42Comme vous avez rappelé, ça s'appelle l'admonestation.
02:44Je ne pense pas, je vais donner la parole à Pierre Gentil,
02:46je ne pense pas que le préfet voulait reconstituer un procès.
02:50Que dirait-on d'un proviseur
02:51qui convoquerait des parents dont les enfants
02:53se comportent mal à l'école en disant
02:54est-ce que vous pouvez dire à vos enfants
02:55de se calmer un petit peu ou de se comporter...
02:56Non mais là, ce n'est pas une infraction.
02:58Non mais il n'y avait pas d'infraction.
02:59Il donne une leçon de morale.
03:00Il n'est pas en train de faire une injonction.
03:02Oui mais il a quand même ciblé des enfants
03:04qui sont censés, dont il suppose
03:06qu'ils ont commis des infractions.
03:08Donc pour vous, il est sorti de ses prérogatives
03:11de représentants de la République.
03:12Et vous avez dit vous-même
03:13que c'est le proviseur qui le ferait.
03:15Oui.
03:16Autant dire que ça n'est pas non plus le rôle du préfet.
03:18Là aussi, ce sont des rôles différents.
03:20Mais je tiens à le dire parce que ça signifie...
03:21Ils ont une autorité l'un et l'autre.
03:23Ils ont une autorité.
03:23Les représentants du ministère de la Justice également.
03:25Ils ont une autorité.
03:26Le préfet, ils représentent la justice ?
03:28Non, ils représentent en tant que représentants du gouvernement,
03:31y compris le ministère de la Justice.
03:32Non, non, ils représentent l'exécutif.
03:34Donc ce n'est pas la même chose.
03:35Oui, je vous ai dit le ministère de la Justice.
03:36Je n'ai pas parlé d'autorité judiciaire.
03:37Ils ne représentent pas les magistrats.
03:38Ils représentent l'autorité
03:40que représente le garde des Sceaux, le ministre de la Justice.
03:42Voilà.
03:42Et le procureur, là.
03:43Et il avait un procureur à ses côtés.
03:45Oui, mais alors là, ça pose aussi une autre question.
03:47Il a pris le soin.
03:48Parce que comment se fait-il,
03:52qu'il ait eu accès aux éléments de l'enquête.
03:54Parce que le procureur n'a pas le droit,
03:56c'est l'article 11 du Code de Procédure pénale,
03:57il n'a pas le droit de divulguer l'enquête.
03:59Donc ça, c'est une infraction.
04:01Et quelqu'un qui récupère les données,
04:03qui s'en sert,
04:04c'est un recel de violation du secret de l'enquête.
04:08Maître Gentilly, j'ai entamé le débat avec Maître Théyo.
04:12Je suis assez d'accord avec ce qui a été dit par ma consoeur.
04:17C'est-à-dire que je pense qu'il y a ici une confusion
04:18entre le rôle des autorités administratives
04:20et le rôle des autorités judiciaires.
04:22Et encore une fois,
04:24je vais le dire un peu plus loin,
04:25mais ce n'est pas le rôle de l'État.
04:27Pardon.
04:30Ici, le préfet et toute autorité administrative
04:33n'a un pas compétence
04:35pour procéder à ce genre de serment public,
04:37à une espèce de mise en scène.
04:40Pardonnez-moi,
04:41si quelqu'un doit intervenir ici,
04:42en l'occurrence, il y a deux interlocuteurs,
04:45les parents et la justice.
04:47Et par ailleurs, ça a été rappelé,
04:49ils sont présumés innocents,
04:50donc dans le temps, dans l'attente effectivement
04:53du résultat de l'enquête
04:55et le prononcé judiciaire.
04:56Il me semble qu'ici,
04:58que l'État se mette en scène,
05:00parce que c'est littéralement ça,
05:01et qu'il mette en scène aussi,
05:02parce que c'est ça le fond du sujet,
05:04c'est la véritable impuissance.
05:05Parce que, pardonnez-moi,
05:06si l'État arrive,
05:07de l'État de Bonnest comme ça,
05:09en public,
05:10les parents des...
05:12Enfin, je dis supposés,
05:13en plus, même pas du tout,
05:15des personnes qu'ils supposent,
05:17des élèves, des enfants qu'ils supposent
05:18comme étant responsables de dégradation,
05:21moi, j'y vois un constat d'impuissance,
05:24si vous voulez.
05:25C'est à l'autorité judiciaire d'intervenir,
05:28c'est à elle de prononcer des sanctions,
05:31et pour cela, effectivement,
05:33il faut laisser la justice se prononcer.
05:37Donc, je pense que,
05:38un, ce n'est pas son rôle,
05:39et j'y vois là, effectivement,
05:40un constat d'impuissance de l'État,
05:42ce n'est pas à l'État d'éduquer
05:44ni les enfants,
05:45ni les parents,
05:46ni les parents.
05:48C'est aux parents eux-mêmes
05:49de se prendre en charge,
05:50et de prendre en charge leurs enfants.
05:53Voilà, ça me paraît,
05:54pardon, ça me paraît vraiment
05:55un propos de béotien,
05:56ce que je tiens là,
05:56c'est du droit positif.
05:58Je vous entends.
05:59Alors, je vais reformuler la question différemment.
06:01Quelle autorité de la République
06:03peut faire un rappel à l'ordre citoyen
06:06pour rappeler à des parents
06:08qu'ils doivent...
06:09On n'est pas dans une instruction judiciaire,
06:12il n'y a pas une procédure devant un tribunal.
06:15Est-ce que l'autorité de la République,
06:16que ce soit un préfet,
06:17peut-être un commissaire de police,
06:18un gendarme,
06:20peut faire un rappel à l'ordre citoyen
06:22en demandant aux parents
06:23de s'assurer du comportement de leurs enfants,
06:25justement pour éviter
06:27que nous en arrivions à une procédure judiciaire ?
06:29Est-ce que l'État français,
06:30est-ce que la République,
06:31a le droit de dire à un moment aux parents
06:32« Faites votre boulot de parents
06:34et surveillez vos enfants ! »
06:35Le juge des enfants.
06:37Le juge des enfants.
06:38Mais là, dans une procédure judiciaire,
06:40il n'y a pas de plainte pour l'instant.
06:41Parce que ce n'est pas au rôle de l'État.
06:43Et justement, c'est pour ça qu'on distingue
06:44l'autorité administrative
06:45de l'autorité judiciaire.
06:47Encore une fois, on part du principe
06:48que ces gens sont coupables.
06:50C'est-à-dire qu'à partir du moment
06:51où ils le contestent,
06:52ils sont présumés innocents.
06:53À partir du moment où ils contestent
06:55les faits qui leur sont reprochés.
06:57Oui, c'est une interpellation.
06:58Mais si vous considérez
06:59que l'État doit procéder
07:00à une admonestation,
07:01c'est-à-dire un rappel à la loi,
07:02enfin, pas un rappel à la loi ici,
07:04mais effectivement,
07:06faire ce genre d'humiliation publique,
07:08ça veut dire qu'il présume
07:10que les enfants sont coupables
07:12et donc, ici, les parents.
07:14Donc, je le dis,
07:15là, on va trop vite.
07:16On prend le pas sur l'autorité judiciaire.
07:18Et puis, encore une fois,
07:19on ne responsabilise pas, ici, les parents.
07:23Je rappelle une chose.
07:23Si les enfants sont condamnés,
07:26civilement,
07:27ce sont les parents
07:28qui seront responsables.
07:29Il faut juste que la justice se prononce.
07:31Et ça, c'est un autre sujet.
07:32Qu'elle se prononce rapidement.
07:33Donc, vous admettez l'un et l'autre.
07:35attendez, parce que vous avez dit
07:36qu'il n'y a pas de plainte.
07:37En fait, le juge des enfants,
07:38il est compétent à la fois
07:39au civil et au pénal.
07:41Il peut très bien décider
07:42de n'ouvrir qu'une procédure civile.
07:44Et dans le cadre de la procédure civile,
07:47il reçoit les parents,
07:48il reçoit les enfants
07:49et il leur rappelle les règles.
07:51Ça fait partie du rôle du juge des enfants.
07:53Encore faut-il qu'ils soient saisis
07:54par le procureur, justement.
07:55Est-ce que ça signifie,
07:56en termes, j'allais dire, juridiques,
07:58que lorsque un policier
07:59et les forces de l'ordre
08:00interpellent un manifestant,
08:02qu'il soit délinquant,
08:03soit émeutier,
08:04qui sont les deux stades
08:05du trou d'ordre public,
08:06il n'a même pas le droit
08:07de leur adresser la parole.
08:08Il doit les arrêter
08:09sans rien leur dire.
08:10On ne peut pas les engueuler.
08:11On ne peut pas leur dire
08:12arrête tes bêtises ou calme-toi.
08:13Il prend tout de suite
08:14la place du juge
08:15quand il interpelle un manifestant
08:16qui est en train de faire des bêtises.
08:17Non, justement.
08:19Encore une fois,
08:19la police,
08:20vous évoquez la police.
08:21Le travail de la police,
08:22ce n'est pas de faire,
08:23comme vous dites ici,
08:24concrètement,
08:24des rappels à la loi.
08:26C'est soit,
08:27de manière préventive,
08:28d'empêcher la réalisation
08:30d'une infraction,
08:30soit de la constater,
08:32mais ce n'est pas à lui,
08:34par exemple,
08:34d'établir,
08:35de prononcer judiciairement
08:36qu'il y a eu des violences.
08:38C'est pour cela
08:38qu'il y a derrière une instruction
08:39et qu'il y a,
08:41après,
08:41un jugement.
08:42Encore une fois,
08:43ce n'est pas le rôle
08:44de la police.
08:45On n'a pas le droit,
08:46un préfet et un gendarme
08:47ou un policier
08:47n'ont pas le droit
08:48d'engueuler quelqu'un
08:49qui a entrepris.
08:50Un préfet,
08:51il est là pour donner
08:52des instructions à la police
08:53et faire en sorte
08:54que la loi soit respectée
08:57après le prononcé
08:58de la décision judiciaire.
09:00Maître Cotéiot,
09:01en tant que président
09:01de la Ligue des droits d'hommes,
09:03comment vous verriez,
09:04justement,
09:05qu'on puisse interpeller
09:06les parents
09:06sous quelle forme juridique
09:07acceptable ?
09:08Est-ce que vous trouvez
09:09légitime, déjà,
09:09que la puissance publique
09:11puisse demander aux familles...
09:12Le juge des enfants,
09:13encore une fois,
09:13c'est l'État aussi...
09:14Un juge ne va pas prendre
09:15la parole devant la télévision
09:16au coin.
09:17Voyez ce que je veux dire ?
09:17Est-ce qu'il y aurait
09:18une forme de message légale ?
09:20Ce n'est pas normal
09:21de le faire en public.
09:22Regardez,
09:23on n'a pas le droit,
09:23par exemple,
09:24de présenter quelqu'un menotté
09:25parce que c'est une atteinte
09:26à la dignité de la personne.
09:28Vous voyez,
09:28c'est encore plus
09:29vis-à-vis d'enfants
09:29qu'il faut protéger.
09:30Mais je dirais plus...
09:32Le préfet, là,
09:33il dit qu'il veut faire...
09:34veut rappeler la loi.
09:36Mais lui-même,
09:37il faut d'abord
09:37qu'il applique la loi.
09:38Il faut être très exemplaire
09:40dans ce cas-là.
09:41Il n'est pas exemplaire
09:41dans ce qu'il fait
09:42cette mise en scène,
09:43mais il n'est pas exemplaire
09:44non plus
09:44parce que je me pose la question
09:45comment a-t-il récupéré
09:47les noms des enfants
09:48et les noms des parents ?
09:50Or,
09:50il n'a pas accès,
09:51normalement,
09:52au fichier
09:52de l'éducation nationale.
09:54Donc,
09:54s'il a eu accès,
09:56moi,
09:56je vais saisir la CNIL,
09:57en tout cas,
09:57en tant que présidente
09:58de la Ligue des droits de l'homme,
10:00je vais saisir la CNIL
10:01pour qu'il y ait une enquête
10:03sur le détournement
10:04de fichiers
10:05par rapport
10:05à ses finalités.
10:06Vous êtes en train de me dire,
10:07imaginez que nous soyons
10:08dans un commissariat de police
10:09où les jeunes délinquants
10:11ont été arrêtés.
10:12Ils ne sont pas encore délinquants,
10:13ils ne sont pas,
10:13mais ils ont été arrêtés
10:14parce qu'ils ont contrevenu
10:15à la loi.
10:16Les policiers les arrêtent.
10:17Le préfet vient dans ce commissariat,
10:19les parents sont venus
10:19chercher leurs enfants,
10:20est-ce qu'il a droit
10:21d'avoir une conversation avec eux
10:22en disant
10:23que vous auriez dû quand même
10:24les surveiller un peu mieux
10:24ou il n'a même pas le droit
10:25de faire ça ?
10:26Et là,
10:26il n'a sorti aucun fichier.
10:27Il va dans un commissariat,
10:28ils tombent sur les délinquants,
10:29les parents sont dans le commissariat
10:31avec leurs enfants,
10:32il leur dit,
10:32écoutez,
10:33est-ce que vous pouvez
10:33les sermonner,
10:34faire en sorte
10:34qu'ils ne fassent pas de bêtises ?
10:35Le préfet viendrait
10:35dans le commissariat ?
10:36Je vous donne un exemple,
10:37ou une autorité de la police
10:38qui viendrait,
10:38ou le commissaire de police
10:39qui va voir les parents
10:40qui leur dit,
10:40écoutez,
10:41tenez vos gosses,
10:42vous voyez,
10:42ils sont là.
10:45En informel,
10:45ça se fait de toute façon.
10:47Est-ce que vous l'autorisez
10:47ou est-ce qu'il n'a même pas le droit
10:48de faire ça ?
10:49Je vous dis,
10:59c'est le respect des prérogatives
11:08administratives d'une part
11:09et judiciaires de l'autre.
11:10S'il y a prononcé
11:11effectivement judiciaire,
11:13alors derrière,
11:14effectivement,
11:14il y a sanction
11:14et il faut que cette sanction
11:15soit appliquée.
11:16Mais là où je veux arriver
11:17sur un point important,
11:18je vous disais tout à l'heure,
11:20au fond,
11:20cette mise en scène,
11:21pour moi,
11:21ce que ça traduit politiquement,
11:23c'est l'impuissance de l'État,
11:25l'impuissance du gouvernement
11:26parce qu'en réalité,
11:27je parlais des missions
11:27de police administrative.
11:28C'est des missions ici
11:29de prévention.
11:31L'État se fait fort
11:33d'organiser une mise en scène
11:34pour s'amonner les parents.
11:35En attendant,
11:36les universités sont bloquées,
11:37les lycées sont bloquées
11:39et ça, effectivement,
11:40c'est parfaitement contraire au droit.
11:41Là, l'État,
11:42il devrait intervenir.
11:43Il y a eu des cas
11:44de délit d'entrave,
11:44j'ai vu des vidéos
11:45où on avait des enseignants
11:47qui voulaient entrer
11:48et qui ne le pouvaient pas.
11:49Ça, je rappelle
11:49que c'est un délit d'entrave,
11:50c'est un an de prison quand même.
11:52Sur simple menace,
11:53avec violence,
11:53ça monte jusqu'à trois ans.
11:54Donc là,
11:55l'État démontre
11:57par son absence d'action ici
11:59qu'il est profondément inefficace.
12:01Et après, on nous dit
12:02il faut comprendre,
12:03c'est normal,
12:03c'est la révolte des jeunes.
12:05Je note qu'ici,
12:06on ne respecte pas
12:07l'État du droit.
12:08Donc pour moi,
12:08ça démontre aussi
12:10l'impuissance de l'État
12:12à agir sur les vrais sujets.
12:13Alors Anissa,
12:14est-ce qu'il y a une montée
12:15de la violence chez les jeunes ?
12:16Alors effectivement,
12:17c'est quand même le sujet
12:18finalement de tout ce débat
12:20et de toutes ces discussions.
12:22Et on va faire
12:23un petit pas de côté
12:24parce que quand on regarde
12:24le tableau dressé
12:26ces derniers jours
12:27par les médias,
12:27effectivement,
12:28on a l'impression
12:28qu'on fait face
12:29à une jeunesse armée
12:30et une hausse d'une violence
12:31encore jamais vue
12:33et on s'en inquiète
12:34à juste titre.
12:34Pourtant,
12:35on va déchanter un peu
12:36parce que quand on regarde
12:37les chiffres,
12:38la réponse est non.
12:39Les chiffres montrent surtout
12:40une hausse
12:40de certaines violences graves
12:43plutôt qu'une augmentation
12:44générale
12:45de la délinquance
12:46des mineurs.
12:46En moins de dix ans,
12:48le nombre de mineurs
12:49mis en cause
12:49par la police
12:50et la gendarmerie
12:51a baissé de 15%.
12:53Autrement dit,
12:53nos jeunes sont moins violents
12:54et le chiffre est resté stable
12:56pour les violences physiques.
12:58En revanche,
12:58et c'est là que les choses
12:59sont inquiétantes,
12:59c'est qu'il a été multiplié
13:01par 2,2 pour les tentatives
13:02d'homicide.
13:03Ça veut dire quoi tout ça ?
13:04Ça veut dire que les chiffres
13:05montrent surtout
13:06une hausse de violences graves
13:08plutôt qu'une augmentation
13:09générale
13:10de la délinquance
13:11des mineurs.
13:11Alors,
13:12est-ce que ça peut nous aider
13:12à comprendre un peu
13:13ce qui se passe aujourd'hui
13:14dans les blocus de lycée
13:15avec peut-être
13:16parfois des réactions
13:17qui sont quand même
13:18très disproportionnées ?
13:19Ça nous amène aussi
13:20à nous poser une autre question.
13:21Est-ce qu'on fait face
13:22aujourd'hui à une jeunesse
13:23finalement segmentée,
13:25divisée en deux ?
13:25Et c'est aussi
13:26ce qu'on peut ressentir
13:27parfois au cours
13:28de ces blocus
13:29et de cette mobilisation
13:31lycéenne
13:31avec d'un côté
13:32des jeunes
13:33qui réclament
13:34plus de moyens
13:35pour étudier
13:35et puis d'autres,
13:36c'est vrai,
13:37qui cassent
13:39tout simplement.
13:40Alors,
13:40rien ne nous prouve
13:42pour le moment
13:42que notre jeunesse
13:43est véritablement
13:44divisée en deux.
13:46Ceci étant dit,
13:48ces chiffres
13:49nous donnent quand même
13:49des éléments
13:50d'interprétation.
13:51Cela révèle
13:52une transformation
13:52de la délinquance,
13:53c'est sûr.
13:54Une étude
13:55du ministère
13:56de la Justice
13:57nous explique
13:58par ailleurs,
13:59renforce en fait
14:00si vous voulez
14:00cette impression
14:01de division aussi
14:02chez les jeunes
14:03avec ces violences
14:04encore plus intenses.
14:05On ne va pas rentrer
14:06dans le détail,
14:07nous n'avons pas
14:07nécessairement le temps.
14:09Ceci étant dit,
14:11il serait temps pour...
14:12Mais c'est un autre débat
14:12en fait que vous êtes
14:13en train de faire.
14:14Non, non, non.
14:15J'allais vous demander
14:16justement par rapport
14:17à ce que dit Anissa
14:18puisque le président
14:18est-il enable ?
14:19Est-ce qu'il y a
14:20aujourd'hui en France
14:21dans la façon
14:22de maintenir
14:22l'ordre public
14:23de la part de la police
14:24une inquiétude
14:25de la part
14:25de la présidente
14:25des droits de l'ordre ?
14:26Mais c'est plus
14:26qu'une inquiétude.
14:27Il y a des violences
14:28extrêmement graves
14:29et au départ
14:30il faut quand même
14:30se rendre compte
14:31que c'est une mobilisation
14:32citoyenne
14:32et c'est très à leur honneur
14:34que de prendre en compte
14:36les besoins
14:37du service public.
14:38C'était en plus
14:39au moment où les syndicats
14:40eux-mêmes
14:44n'ont pas de moyens
14:44pour notamment
14:46le service public
14:46de l'éducation.
14:47Donc c'est vraiment
14:48une interrogation citoyenne
14:49et normalement
14:50on répond par la négociation
14:52par le fait
14:53là on est en train
14:54le ministre nous dit
14:55maintenant
14:55qu'il faut que ce soit
14:57du débat démocratique
14:59au sein des établissements.
15:00Pourquoi ne l'a-t-il pas fait
15:01au départ ?
15:02La démocratie c'est ça aussi
15:04c'est du dialogue
15:04Les casseurs
15:05relèvent des droits de l'homme
15:06ou c'est un autre ?
15:07Qu'il y ait des casseurs
15:09après c'est de la délinquance
15:10mais le problème
15:10c'est qu'on aggrave
15:11les choses
15:12en répondant uniquement
15:13par de la répression
15:14et c'est de l'escalade
15:15des violences.
15:15Je tiens quand même
15:16à dire ici
15:17que hier par exemple
15:18il y avait des observateurs
15:20de la LDH
15:21et du Salgate
15:21des Avocats de France
15:22et ils étaient mis
15:24à côté des journalistes
15:26à l'écart de la foule.
15:27Ils ont reçu
15:28une grenade
15:29une grenade offensive.
15:30Vous imaginez ?
15:32Donc voilà ce que c'est
15:33quand on dit
15:34qu'il y a de la violence policière
15:35c'est ça
15:35on cible des journalistes
15:36et on a vu
15:37Vous pensez qu'elle avait été lancée ?
15:38Mais bien sûr
15:39ils étaient à l'écart de la foule
15:41donc ils ont été ciblés
15:42délibérément
15:42parce qu'ils sont en train
15:43de documenter
15:44ce qui est en train
15:45de se passer.
15:45Maître Gentilier
15:46pour finir
15:48parce que nous avons atteint
15:48la limite de notre timing.
15:50Là je suis pour le coup
15:51effectivement en désaccord
15:52c'est-à-dire que
15:53je pense que c'est une question
15:54de perspective
15:54c'est-à-dire que
15:55je ne pense pas
15:55qu'il y ait
15:56à répondre
15:57effectivement
15:58par la négociation
15:59à des gens
16:00qui au départ
16:02sont dans une posture
16:03qui est une posture
16:04pardon de le rappeler
16:05illégale.
16:06Il est illégal
16:06de bloquer l'université
16:07il est illégal
16:08d'empêcher des professeurs
16:09et d'empêcher
16:10des lycéens
16:11et même des étudiants
16:12parce qu'on parle assez peu
16:12finalement je trouve
16:13des universités
16:13j'enseigne à l'université
16:14aujourd'hui mon université
16:15est bloquée
16:16pardon de le dire aussi
16:17on est de base
16:18face à des gens
16:19qui se mettent
16:20dans l'illégalité
16:21après tout ça doit être
16:22évidemment traité par le droit
16:23pardon mais il existe
16:25ce que dit la Cour de cassation
16:26c'est qu'il y a
16:26le droit de le faire
16:27et s'il y a des abus
16:27qui sont commis par la police
16:28et s'il y a des abus
16:29qui sont commis par la police
16:30ils devront être
16:31ils devront être réprimés
16:32mais ne pas oublier
16:33qu'à l'origine
16:34ce sont des situations
16:35que vous appelez
16:36mobilisation de toine
16:37qui sont des situations
16:38d'illégalité
16:38parfaitement inaccessibles
16:39non parce qu'il y a
16:39le droit de la Cour européenne
16:42de la liberté d'expression
16:43et ce que dit la Cour de cassation
16:44suppose de respecter
16:46les droits de l'entraie
16:47nous vous réinviterons
16:49les droits de l'entraie
16:49sont arrivés à leur terme
16:50je vois que le débat n'est pas terminé
16:51que vous êtes d'excellents partenaires
16:53et nous poursuivrons ce débat
16:54une autre fois
16:54parce que je pense que
16:55le dossier n'est pas clos
16:57grâce au casseur
16:58et grâce au préfet
16:58nous aurons encore
16:59l'occasion de discuter entre nous
17:01dans un instant
17:02on retrouve André Bercoff
17:03sur la radio