- il y a 18 minutes
Avec Frank Melloul
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NewsTranscription
00:0010h midi, Sud Radio, à vous de le dire, Stéphanie Demuru.
00:04Soyez les bienvenus, ravis de vous retrouver jusqu'à midi pour votre rendez-vous.
00:08À vous de le dire, en première partie, c'est votre histoire, votre quotidien,
00:11mais aussi ce qui vous fait réagir alors qu'Israël commémore aujourd'hui les 3 ans du massacre du 7
00:17octobre.
00:18La France aussi, puisqu'elle a perdu plusieurs de ses enfants.
00:21L'antisémitisme reste à un niveau très élevé en France, sur fond de guerre à Gaza,
00:25avec une réalité glaçante.
00:27Des Français juifs changent de quartier, cachent parfois leur identité ou envisagent de quitter le pays.
00:33Les départs vers Israël ont augmenté de 40%.
00:35Comment on en est arrivé là ?
00:37Est-ce que vous trouvez ça normal qu'en France, des Juifs envisagent de quitter leur pays
00:41parce qu'ils ne se sentent plus en sécurité ?
00:43La France protège-t-elle suffisamment ses citoyens juifs ?
00:46À vous de le dire.
00:48Et le sujet de l'antisémitisme, on en reparlera également avec mes 3 débatteurs autour de la table
00:53à partir de 10h30 comme chaque jour.
00:56Sujet également, évidemment, des lycéens en colère au lendemain des manifestations
01:00qui ont rassemblé 260 000 personnes partout en France, selon la police.
01:05Sébastien Lecornu veut donner une demi-journée aux lycéens pour débattre.
01:09Laurent Nunez annonce, lui, suspendre les grenades de désencerclement.
01:12Bonne réponse.
01:14Ou colmatage qui ne règle pas le fond du problème ?
01:16À vous de le dire.
01:18Et pendant ce temps, Marine Le Pen, elle promet 140 milliards d'euros d'économies d'ici 2032
01:24tout en finançant au moins 30 milliards de baisse d'impôts et l'âge de la retraite.
01:28Le gouvernement qualifie ce projet de budget en carton de pâte.
01:32Et vous, qu'en pensez-vous ?
01:33Programme de rupture ou équation impossible ?
01:36À vous de le dire.
01:370-826-300-300.
01:40Manu, vous accueille au standard.
01:4210h midi, Sud Radio.
01:44À vous de le dire, Stéphanie Demiry.
01:46Bonjour Gilles.
01:47Bonjour.
01:48Vous nous accompagnez, évidemment, comme chaque jour, à minima, jusqu'à 10h30.
01:52Et puis après, aussi, un petit peu, avec vos questions.
01:55Même jusqu'à 11h midi.
01:56Je vous suivrai jusqu'au bout du monde, Stéphanie.
02:00J'en suis ravie.
02:01Alors, on va parler d'un sujet beaucoup moins léger que nos boutades du matin.
02:07C'est un témoignage sur le bouleversement du Moyen-Orient après le 7 octobre.
02:11Un récit de coulisses en trois ans nourris d'échanges et d'accès privilégiés aux décideurs.
02:18Ce livre, c'est La Bascule, les coulisses du Moyen-Orient, publié aux éditions de l'Observatoire,
02:24écrit par Franck Méloul, qui est notre invité, JIPDG, 1024 News.
02:29Il y a un peu d'espoir dans ce livre, puisque le 7 octobre,
02:36évidemment, il y a eu plein de choses, mais ça a aussi ouvert les discussions avec d'autres pays arabes.
02:41Et c'est ce que raconte ce livre.
02:44Et c'est cette bascule-là qui est racontée dans le livre.
02:47Il n'empêche, depuis le 7 octobre, il y a une montée frappante de l'antisémitisme en France,
02:52qui est documentée, chiffrée.
02:56Bonjour Franck Méloul.
02:57Bonjour Stéphanie.
02:58Merci d'être avec nous sur Sud Radio.
03:01Première question, Franck Méloul, quand vous voyez que lors des manifestations des CN en France,
03:07certains jeunes, en Vendée, dans le Loiret, chantent une chanson à la gloire des terroristes du 13 novembre
03:12et à la gloire de Mohamed Merah, assassin d'enfants juifs à Toulouse.
03:17Est-ce que vous vous dites, trois ans après, qu'est-ce qui a vraiment basculé Israël et le Moyen
03:25-Orient ou aussi la France ?
03:27Je pense que la France a basculé et que c'est très triste de voir une France et une jeunesse
03:33comme celle-là aujourd'hui.
03:35J'ai eu dans ma carrière l'occasion d'être au cabinet du Premier ministre entre 2005 et 2007 et
03:42donc j'ai vécu deux crises.
03:43La crise des banlieues, qui est une crise de violence urbaine, et la crise du CPE, qui était un mouvement
03:51de jeunesse.
03:53Là, aujourd'hui, on a la combinaison des deux.
03:55On a les violences urbaines qui viennent se mélanger à un mouvement de lycéens.
03:58La grande différence qu'il y a entre cette époque-là et aujourd'hui, c'est l'instrumentalisation qui en
04:04est faite.
04:05Et à l'époque, les instrumentalisations politiques, elles étaient en catimini, elles se faisaient dans les ministères, en cachette.
04:13Aujourd'hui, elle est dans la rue.
04:14Les partis politiques font...
04:16Elle est assumée quasiment.
04:17Elle est carrément assumée et les partis politiques sont partie prenante des manifestations.
04:21Et donc, quand on voit des drapeaux palestiniens, quand on voit des slogans sur Gaza qui n'ont absolument rien
04:28à voir avec les revendications lycéennes,
04:30on voit bien là qu'il y a une volonté politique d'instrumentaliser ces mouvements à des fins électorales qui
04:37arrivent très prochainement.
04:38Parce que tous ces jeunes-là, ils ont bientôt 18 ans.
04:41Ils auront peut-être même 18 ans en 2027.
04:43Ce sont des primats votants et donc c'est une cible instrumentalisable par les partis politiques.
04:48Il y avait de l'antisémitisme dans les ministères, vous dites, en catimini ?
04:51Je parle d'instrumentalisation des mouvements.
04:54Mais par rapport à ça ?
04:56Non, pas par rapport à l'antisémitisme, je parle de la récupération politique.
04:59Et là, il y a une récupération politique, mais à des fins différentes.
05:03Et on utilise Gaza, on utilise la Palestine, on utilise Free Palestine, sans savoir de quoi on parle, pour justement
05:11essayer de chauffer les mouvements.
05:12Alors c'est vrai que ces drapeaux palestiniens, ça ne veut pas forcément dire qu'on est antisémite.
05:17Heureusement, je l'espère en tout cas.
05:19Mais c'est vrai que c'est devenu une forme de ralliement.
05:22Alors quelqu'un hier, on avait ce débat pendant la pub, me disait, mais oui, mais on voyait les drapeaux
05:28vietnamiens dans les manifestations auparavant des jeunes lycéens.
05:32Mais c'est vrai que ce drapeau palestinien est désormais partout.
05:37A chaque fois qu'on voit une manifestation, vous avez parfois plus de drapeaux palestiniens que de drapeaux français.
05:43Vous, vous l'expliquez comment, quand même ?
05:45D'abord par une grande ignorance.
05:47Parce que si on veut être un vrai soutien de la cause palestinienne, et s'il y a une sincérité
05:52dans son soutien à la cause palestinienne, on écoute la société palestinienne.
05:57Et il y a une chose que la société palestinienne veut absolument, c'est en découdre avec le Hamas.
06:03Donc venir célébrer les attaques du 7 octobre avec des drapeaux, avec des slogans, avec Free Palestine, c'est donner
06:11crédit aux actions du Hamas.
06:13Et c'est aller à l'encontre de la volonté de la société palestinienne.
06:17Est-ce qu'on a fini par rendre les Juifs, et en l'occurrence, a fortiori les Juifs de France,
06:22comptables de ce que fait le gouvernement israélien ?
06:25Qui, effectivement, on va en parler de Miami Netanyahou, puisque vous en parlez beaucoup dans votre livre, mais qui fait
06:31quelques erreurs quand même.
06:33C'est le moins qu'on puisse dire.
06:34C'est un euphémisme.
06:35Il y a des choses dont on peut parler sur la politique de Netanyahou, la remettre en cause.
06:41Mais est-ce qu'on rend les Juifs comptables de cette politique ?
06:46Ce n'est pas un phénomène nouveau.
06:48L'importation du conflit en France, elle a toujours existé.
06:51Je renvoie d'ailleurs à ce qui s'est passé pendant les différentes intifadas.
06:56Néanmoins, c'est croissant.
06:57Et aujourd'hui, ça fait partie du débat politique.
07:01C'est-à-dire que j'entends dans certaines primaires des hommes politiques essentialisés sur la communauté juive.
07:09Donc là, encore, on parlait d'instrumentalisation tout à l'heure.
07:11Ségolène Royal dit qu'il faut que les Juifs de France prennent la parole, en gros, sur ce point, pour
07:18condamner ou pas, d'ailleurs, Netanyahou.
07:19Mais elle les exhorte.
07:21Ça vous a blessé, ça, justement ?
07:22On ne demande pas aux Juifs suisses, aux Juifs belges ou aux Juifs italiens de prendre la parole.
07:27Donc, je crois que là encore, il y a une volonté d'inviter dans le débat politique français ce qui
07:33se passe au Proche-Orient.
07:34Et par rapport à ce que disait Stéphanie, est-ce que Netanyahou ne s'est pas servi des attaques du
07:467 octobre pour aller trop loin ?
07:48Est-ce que vous, du point de vue journalistique, est-ce qu'il ne va pas trop loin ?
07:53Moi, je ne suis pas le porte-parole de Netanyahou, ni de quelconque parti politique israélien.
08:02Je suis un observateur.
08:04Et moi, ce qui m'intéresse, et c'est ce que j'explique dans le livre, c'est de savoir
08:09comment on en sort.
08:10Et on peut ici rester obsessionnel sur la critique, sur la condamnation d'Israël, de son gouvernement, de ses leaders,
08:20de sa responsabilité.
08:22Mais j'autorise totalement la condamnation et la critique.
08:26Je demande simplement à ce qu'on...
08:28Ce qu'a fait Trump, en lui disant « tout le monde te déteste ».
08:30Ce que je demande, c'est qu'on comprenne ce qui se passe.
08:33Et ce qui est en train de se passer dans la région, nous célébrons, commémorons aujourd'hui les 3 ans
08:40du 7 octobre,
08:42la perception du bouleversement de la région après le 7 octobre n'est pas celle qu'on pense ici.
08:52Le vrai bouleversement de la région, c'est que derrière les attaques terroristes du Hamas,
08:59il n'y avait pas exclusivement la volonté de rentrer en Israël, de tuer des civils israéliens,
09:04de perpétrer un massacre et de prendre des otages.
09:07Il y avait une volonté politique derrière, instrumentalisée par l'Iran,
09:10qui était de tuer la normalisation avec les pays arabes de la région.
09:15Je vous rappelle qu'en ce temps-là, la veille du 7 octobre, le 6 octobre,
09:20toute la presse internationale et régionale célébrait l'accord imminent qui a été signé entre l'Arabie saoudite et Israël.
09:28Force est de constater aujourd'hui que 3 ans après et après une guerre en Iran,
09:33la coopération régionale est encore plus forte, la normalisation est encore plus forte
09:38et s'il y a eu une résilience, c'est celle des accords entre les pays arabes et Israël.
09:44Alors après, c'est que de la polémique.
09:46Il y a des élections en Israël qui vont avoir lieu dans 15 jours.
09:50Je crois qu'il appartient à la société israélienne de tirer les conclusions,
09:55de savoir s'il y a une responsabilité du gouvernement actuel dans le 7 octobre
10:00et s'il y a une réelle responsabilité comme vous l'estimez ici,
10:05et bien c'est à la population israélienne de sanctionner ce gouvernement parce que c'est une démocratie.
10:11Justement, depuis 3 ans, il n'y a eu aucune vraie commission d'enquête.
10:16Il n'y a pas eu vraiment d'excuse de Benjamin Netanyahou, de remise en question.
10:20Il a été documenté que Benjamin Netanyahou était au courant de ses attaques prochaines avant qu'elles arrivent.
10:29Comment vous expliquez justement qu'il n'y ait pas eu ce mea culpa
10:32et une forme de retour sur ces événements et de remise en cause et en question ?
10:39Et ma deuxième question, est-ce que vous qui connaissez bien la société israélienne,
10:43est-ce que les Israéliens vont le faire payer justement dans les urnes ce premier ministre israélien
10:49qui ne leur fait pas que du bien ?
10:53Alors, plusieurs éléments dans ces deux questions.
10:57La première, et peut-être que je commencerai par la deuxième.
11:02Nul ne peut prédire aujourd'hui ce qui va sortir des urnes le 27 octobre.
11:07Il y a une certitude.
11:10Les attaques du 7 octobre ont poussé la société israélienne vers la droite.
11:16Je vous rappelle que ceux qui ont été massacrés le 7 octobre n'étaient pas des colons.
11:21Vous avez raison ?
11:22C'était des colombes.
11:24Que les kiboutts, les villages qui sont autour de Gaza,
11:31abritaient essentiellement des personnalités de gauche qui avaient l'habitude d'aller à Gaza,
11:35d'amener des enfants pour aller les soigner et qui prônaient la paix.
11:40Et donc la reconnaissance d'un État palestinien de façon imminente.
11:44Ces gens-là ont été massacrés.
11:46Quel message ça renvoie sur la société israélienne ?
11:49Que ceux qui tenaient le discours qu'on peut entendre aujourd'hui en France de
11:52« Mais il faut reconnaître un État palestinien.
11:55Mais il faut que les Palestiniens vivent côte à côte avec les Israéliens. »
11:59Ce discours-là a été massacré le 7 octobre.
12:03C'est une des victoires du Hamas, d'ailleurs.
12:05Qui a gagné la bataille de la communication.
12:07Qui a pris le contrôle de la communication ce jour-là.
12:10Et de l'autre côté, la société israélienne, elle se dit « Bon, est-ce qu'aujourd'hui le camp
12:16de la paix a encore une voie ? »
12:18Il a disparu, le camp de la paix.
12:19Et donc c'est vrai qu'il y a une radicalisation vers la droite de la société israélienne
12:24qui va peut-être reconfigurer l'échiquier électoral, l'échiquier politique dans les quelques jours qui arrivent.
12:32Mais en tout cas, les sondages montrent que la société israélienne est plus à droite qu'elle ne l'était
12:37avant le 7 octobre.
12:38Maintenant, sur les alertes, il était au courant, il n'était pas au courant.
12:42Moi, je m'appuie sur des faits.
12:44Pour l'instant, il n'est pas avéré qu'il était au courant.
12:47Les Émiratis n'ont pas confirmé avoir alerté le Premier ministre israélien.
12:53Les Égyptiens ont nié avoir alerté le Premier ministre, non pas hier, mais le 11 octobre 2023.
13:03Et hier encore, sur les médias israéliens, l'entourage de Joe Biden,
13:07dont on ne peut pas soupçonner une quelconque amitié avec Netanyahou,
13:16a nié avoir été mis au courant de ce qu'il y a.
13:20Il y a eu certaines notes du renseignement, mais c'est intéressant d'entendre.
13:23Vous l'avez dit, c'est à une commission d'enquête que j'appelle de mes voeux.
13:27Et qui n'a pas eu lieu.
13:28De pouvoir le faire.
13:30Mais il faut que cette commission puisse se réunir en toute sérénité.
13:35Et je pense que l'après-élection sera le moment idéal pour pouvoir le faire.
13:39Vous restez avec nous, Franck Méloul.
13:41N'hésitez pas, chers auditeurs 0826 300,
13:45qu'est-ce que vous en pensez, cette montée de l'antisémitisme ?
13:47Est-ce que vous trouvez normal que de nombreux juifs de France
13:50veuillent partir de ce pays parce qu'ils ne s'y sentent plus en sécurité ?
13:54Venez nous en parler. 0826 300 300.
13:59Sud Radio.
14:01A vous de le dire avec mon invité, Franck Méloul,
14:05PDG d'I24 News, auteur de La Bascule,
14:09l'écoliste du Moyen-Orient, publié aux éditions de l'Observatoire.
14:12On parle de la montée de l'antisémitisme en France
14:14alors qu'on commémore les trois ans du massacre du 7 octobre.
14:19J'appelle que des juifs français,
14:21sept de mémoire ont perdu la vie lors de ce pogrom.
14:26Bonjour Brigitte.
14:27Bonjour.
14:28Soyez la bienvenue sur l'antenne de Sud Radio.
14:31Bonjour à vos auditeurs et à votre invité.
14:33Je vous écoute.
14:36Écoutez, moi pour la première fois depuis trois ans,
14:39je reçois du soutien de gens notamment qui ne sont pas juifs
14:43par rapport à cette commémoration.
14:47Ça change par rapport aux deux dernières années.
14:50Je me dis que tout espoir n'est pas perdu.
14:53Vous êtes de confession juive, si je comprends bien Brigitte.
14:57Tout à fait.
14:58Je reste par contre avec un sentiment extrêmement amer
15:03sur l'absence de soutien qu'Israël et la communauté juive en général
15:09a eu par rapport à ce qui est quand même une abomination.
15:14Et je constate que même Rima Hassan, ça l'embête qu'on puisse célébrer
15:20et commémorer ce pogrom.
15:24Je ne vous cache pas que je suis très pessimiste
15:27et que j'ai très peur d'un pogrom en France aussi du même type.
15:31Je pense qu'on ne peut pas ignorer le risque qu'on encourt.
15:37Brigitte, il y a plusieurs choses importantes que vous nous dites.
15:40Déjà, le manque de soutien, vous visez qui le gouvernement ?
15:43C'est vrai qu'Emmanuel Macron a été un petit peu ambigu.
15:45Il y a eu des allers-retours.
15:46Il voulait faire une coalition contre le Hamas.
15:48Ensuite, ça a été le premier à vouloir reconnaître Israël comme un État.
15:53Ça a fait évidemment grincer des dents vu le contexte.
15:56Mais vous nous dites aussi, moi j'ai peur qu'un pogrom arrive en France.
16:01Ça veut dire quoi ?
16:02Que vous déjà, vous avez été la cible d'antisémitisme ?
16:08La majorité des gens de la communauté juive ont eu des actes antisémites,
16:12ont subi des inflexions.
16:15Moi, il s'est passé des choses à l'ADP quand je passais pour aller en Espagne
16:19avec un bouquin sur Ben Gurion à la main.
16:22Celui qui m'a contrôlé m'a dit clairement
16:25« J'aime pas les juifs ».
16:27Et j'ai porté plainte à ce moment-là.
16:28J'avais envoyé un courrier à ADP.
16:30Ils m'ont gentiment répondu en disant qu'ils avaient fait un rappel.
16:32Mais je veux dire, on a tous connu ça.
16:34Tous les juifs qui prennent l'avion savent ce qu'ils subissent
16:38quand ils sont dans les aéroports.
16:40Je ne vous raconte même pas ce qu'on a sur les réseaux sociaux.
16:42Moi, je suis avocat.
16:43Donc, on ne sait pas la chance.
16:45Je veux dire, je suis en visibilité.
16:48Et oui, des insultes antisémites, on en prend des remarques.
16:53On sent de la discrimination.
16:55C'est évident.
16:57Alors, il y a des villes où on est un peu protégé.
16:59Comme par exemple, hier, où il y a une grosse communauté juive.
17:01Et où avec Nicolas Dupont-Aignan,
17:03il fait quand même des choses qui font que la sécurité...
17:06Enfin, on est quand même en sécurité.
17:08Mais voilà.
17:09Ou à Vincennes, Saint-Mandé.
17:10Bon, c'est des endroits un peu privilégiés.
17:12Où la communauté juive peut quand même s'épanouir.
17:15Mais à proportion, il n'y a plus d'endroits
17:17où on est protégé.
17:18Et que ça soit...
17:19La justice ne se suit pas.
17:21Donc, tant que la justice ne sévira pas.
17:23Et puis, en plus, avec Emmanuel Macron,
17:25qui est une véritable girouette
17:27et qui, de toute façon, va toujours dans le sens du vent,
17:29mais jamais dans le sens d'Israël.
17:31Forcément, ça pose aussi un problème au plus haut niveau de l'État.
17:35Justement, vous qui êtes avocate,
17:37l'antisémitisme est interdit en France.
17:40Vous n'avez pas le droit d'être antisémite.
17:41Pourquoi il n'y a pas autant de condamnations ?
17:43Et vous savez bien que le discours de la France Insoumise,
17:46c'est dire, on n'a jamais été condamnés.
17:48Comment vous l'expliquez, vous, en tant qu'avocate ?
17:50Ça, ça ne va pas durer.
17:51Ça, ça ne va pas durer.
17:53Parce qu'à force de plaintes,
17:55à force de pugnacité,
17:57et à force que les avocats de plusieurs associations
18:01justement s'émeuvent de cette absence totale de condamnation
18:05envers les LFIS,
18:06ça va commencer déjà à tourner.
18:08Il y a quand même des gens qui sont...
18:10Vous avez vu que la nouvelle loi
18:11contre les nouvelles formes d'antisémitisme
18:14portée par Caroline Yadant et Aurore Berger
18:17a du fil à retordre.
18:19Donc c'est difficile de faire évoluer les choses, quand même, Brigitte.
18:23C'est difficile, mais on arrive quand même
18:25à obtenir maintenant des belles condamnations.
18:28Je vois notamment, par exemple,
18:30Maître Corinne Cerfati,
18:31qui, elle, a obtenu plusieurs décisions
18:34extrêmement importantes
18:36avec des condamnations lourdes
18:39sur des antisémites notoires.
18:43Donc je veux dire, on y arrive maintenant, petit à petit.
18:45Ça a été dur, ça a été difficile.
18:47Je ne peux pas vous dire le nombre de plaintes
18:49qui ont été envoyées contre des LFistes,
18:53entre autres,
18:54et qui, soit sont classées sans suite,
18:56soit on vous dit que l'infraction n'est pas suffisamment caractérisée.
18:58Il y a toujours une bonne raison pour classer la plainte.
19:02Ou alors, quand on est renvoyé en correctionnel,
19:04on va vous dire que c'est de la liberté d'expression.
19:05Mais oui, c'est ça.
19:06C'est doudou cette volonté de cette loi.
19:09Franck Meloul, quand vous entendez,
19:11Brigitte, c'est d'une tristesse,
19:13c'est révoltant ce qu'elle dit.
19:15Et c'est vrai que la parole antisémite
19:17est désormais décomplexée en France,
19:20tranquillement,
19:21parce que, justement,
19:21il y a Gaza,
19:24il y a cette situation extrêmement injuste
19:26pour les Palestiniens aussi,
19:27mais qui libère la parole antisémite.
19:31J'aimerais rebondir sur ce qu'a dit Brigitte
19:33par rapport au manque de soutien.
19:35Oui.
19:36Je crois que c'est très important.
19:37Si les Israéliens ont passé le 7 octobre,
19:41et aujourd'hui,
19:42on peut débriefer quelque part,
19:44il y a eu deux traumatismes importants.
19:46Le premier, c'est le traumatisme de la surprise
19:48et du massacre.
19:49Mais le deuxième traumatisme,
19:51qui est très ancré dans la société israélienne,
19:53c'est l'incompréhension du manque de soutien
19:56de l'opinion publique internationale.
19:58Et quand on voit qu'au lendemain du 7 octobre,
20:03on en a parlé tout à l'heure,
20:05la communauté internationale
20:08abandonne quelque part Israël.
20:09Au lendemain du 11 septembre,
20:11on a eu une résolution au Conseil de sécurité
20:13qui a donné un cadre
20:15avec une force d'intervention internationale
20:17et qui a permis de contrôler la réaction américaine.
20:20Aujourd'hui,
20:21qu'est-ce qui s'est passé au lendemain du 7 octobre ?
20:23On a abandonné les Israéliens à leur destin
20:25et on leur reproche aujourd'hui de s'être défendu.
20:28Et vous croyez quoi ?
20:29On peut questionner l'ONU sur ces sujets,
20:31vous le savez très bien.
20:32Quand on voit que l'Iran a été membre
20:33d'une commission des droits de l'homme à l'ONU...
20:35On a malheureusement vu la connexion
20:37qu'il y avait entre les fonctionnaires de l'ONU
20:39et le Hamas à Gaza.
20:41Mais vous croyez quoi ?
20:42Que la société israélienne,
20:43dont on parlait tout à l'heure,
20:45en temps d'élection,
20:46lorsqu'elle voit à Paris
20:48des manifestations et studentines
20:50avec des drapeaux palestiniens
20:51et des slogans pro-Gaza,
20:53vous croyez que ça la pousse vers la gauche
20:55ou vers la droite ?
20:57Donc vous dites en gros
20:58Benjamin Netanyahou a toutes les chances
21:00d'être réélu dans trois semaines,
21:03dans trois mois pardon.
21:04Hier dans Haaretz,
21:06qui est un journal d'opposition,
21:07comme on dit en Israël,
21:10la conclusion des journalistes
21:11était de dire que
21:12s'il n'y avait pas eu le 7 octobre,
21:14Netanyahou aurait été élu au Lamins.
21:16Donc ça veut bien dire
21:17qu'aujourd'hui dans le contexte actuel,
21:19nul ne peut dire
21:21qu'il gagnera encore
21:22parce que c'est le vote arabe
21:23qui décidera réellement
21:25vers où la balance
21:26va se tourner.
21:28Le vote arabe.
21:29Le vote arabe.
21:30Oui, le vote arabe
21:30parce que la participation arabe,
21:32s'il y a entre 15 et 17 mandats,
21:35va complètement changer
21:36la donne de l'élection
21:37et jouera le jeu des coalitions.
21:39Juste une dernière question d'actualité.
21:41Sur l'Ivac,
21:42sur l'Ivac,
21:43sur l'Ivac,
21:50puisqu'il y a une enquête de justice
21:51de définir
21:53ce qu'il en sera.
21:55Mais en même temps,
21:56on rappelle que
21:57quand on a 17 ans
21:58et qu'on s'inscrit
21:59dans un parti politique
22:00qui est dirigé
22:01par Jean-Marie Le Pen,
22:02on sait
22:04à quoi s'en tenir.
22:05Merci beaucoup Franck Melou,
22:07le PDG d'I24 News.
22:09Je rappelle le nom
22:10de notre ouvrage,
22:11la bascule,
22:11les coulisses du Moyen-Orient
22:12aux éditions de l'Observatoire.
22:14Merci à vous.
22:14On se retrouve dans quelques instants
22:15pour nos débats
22:16avec les trois débatteurs
22:18de la journée.
22:18On va parler évidemment
22:19de la mobilisation lycéenne.
22:21Il y a des solutions.