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00:00Et le grand débat du jour avec Philippe David, Françoise de Goua et Virginie Calmel, c'est si on entend
00:05des choses en antenne.
00:06Non mais c'est horrible, je voulais juste te dire, parce que Patrick Roger, moi je vais poser un arrêt
00:10demain.
00:12Oh quel bonheur !
00:13Ça veut dire que ça fait 8 ans maintenant, je suis au burn-out des blagues pourries de Philippe David
00:17en fait.
00:18Je pense que c'est une bonne raison pour s'arrêter au moins 2-3 jours.
00:21C'est comme ça, c'est notre fardeau, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
00:24Les amis, lors du débat sur TikTok, Snapchat et Instagram sont devenus des accélérateurs de mouvements lycéens.
00:32Et on se pose la question, est-ce que finalement le mouvement a-t-il aujourd'hui, est-ce que
00:37c'est selon vous un nouveau mai 68 ?
00:40Eh bien moi je dis que l'avenir nous le dira, mais contrairement à mai 68, le privé ne suivra
00:44pas les lycéens comme il avait suivi les étudiants.
00:46Donc pour moi ce ne sera pas un nouveau mai 68, mais qu'en dit-on en tonin sur la
00:50page Youtube de Sud Radio ?
00:52Eh bien une fois de plus Philippe, nos éditeurs sont d'accord avec vous.
00:54Oh là là là, vous avez raison.
00:56Vous n'avez aucune personnalité.
01:00Vous avez sorti les affiches pour manifester aussi dans les commentaires, il y a Marie qui dit qu'il va
01:05commencer à pleuvoir, à faire froid, ça va calmer tout le monde.
01:07Ah oui d'accord.
01:08Carrément.
01:09Benjamin qui nous dit, non du tout, là c'est juste qu'ils sont excités par LFI et la CGT.
01:14Écoutez, on a Roger, alors pas Patrick, qui nous dit, oui, je dirais même que ce mouvement est le prélude
01:20de la guerre civile annoncée après les élections carrément.
01:22Ah oui, donc là ça monte d'un cran.
01:24Allez, c'est le grand débat du jour.
01:29Françoise Degrois, je vais d'abord vous faire écouter un son de Sébastien Lecornu, écoutez.
01:36On sent une multiplication de revendications qui sont très diverses et qui parfois ne font pas écho d'un lycée
01:41à l'autre.
01:42Il faut qu'on l'entende, nous à Paris, avec beaucoup d'humilité et de sens pratique.
01:45C'est pour ça que le ministre de l'éducation nationale a décidé de libérer du temps, dès demain matin,
01:51dès jeudi, dès vendredi, banalisation complète des emplois du temps,
01:56pour permettre à chaque équipe de direction, dans chaque proviseur, d'avoir un temps de démocratie interne au sein du
02:02lycée.
02:03Et puis il y a Jean-Luc Mélenchon, écoutez.
02:07Soyez prudents, c'est une chose incroyable que vous êtes en train de faire, mais vous n'en rendez pas
02:11compte.
02:13C'est le plus puissant mouvement de jeunesse qu'on ait vu depuis 50 ans.
02:19Et personne n'est capable de dire que vous avez tort parce que vous avez raison.
02:24Il a raison Jean-Luc Mélenchon, il a vraiment raison sur...
02:27C'est assez marrant de voir, et on disait ça il y a quelques semaines, je pense que c'était
02:31à ce micro ou en matinale avec Jacques Cardoz,
02:34les mouvements sociaux n'arrivent jamais là où on les attend.
02:37On n'a jamais vu arriver les gilets jaunes, on pensait revoir des gilets jaunes, en fait c'est les
02:41étudiants.
02:41Je rappelle cette merveilleuse Une du Monde, deux jours avant que démarre mai 68, le titre c'était La France
02:47s'ennuie.
02:48Et donc deux jours après, il y avait...
02:50Donc je suis moi tout à fait d'accord avec Philippe, en ce sens que c'est du sens commun
02:55en fait,
02:55de comprendre qu'on n'est pas du tout pour le moment dans la logique de mai 68, absolument pas.
03:00C'est-à-dire que ça pourrait devenir mai 68 si vous avez les facs qui s'en mêlent,
03:05si vous avez les routiers qui s'en mêlent,
03:07si vous avez l'ensemble des revendications de tous les corps de métier sur la vie chère
03:11et on arrive à ce qu'on appelle la grève, grève, grève générale, ça c'est mai 68.
03:16Je ne pense pas que nous soyons encore dans cette logique-là, mais la réalité...
03:20Je rappelle quand même qu'il y avait la grogne des policiers, la grogne aussi des pompiers,
03:24donc on a quand même une superposition quand même des...
03:26On a une superposition, mais on n'a pas une coalition en réalité des...
03:32Convergence des luttes.
03:32Une convergence des luttes pour le moment, on n'a pas ça.
03:34Et puis la jeunesse, c'est quand même très particulier.
03:36La jeunesse, elle se révolte, il faut voir si les facs suivent.
03:41Je pense que si les facs suivent, ça devient plus compliqué,
03:44parce que les facs sont beaucoup plus politisées.
03:47Je veux bien qu'on explique que Jean-Luc Mélenchon manipule le mouvement des lycéens,
03:50ça n'est pas vrai, en aucun cas, alors que des députés à lui,
03:53ils l'utilisent une chose, mais en tout cas, ils ne le manipulent pas.
03:56Les facs, c'est autre chose, elles sont beaucoup plus idéologiques,
04:00elles sont évidemment très empreintes, très imprégnées de la doctrine,
04:05évidemment, de LFI, donc ça sera plus compliqué les facs.
04:07Je dis bonjour juste à Achour, qu'elle nous appelle d'Evry.
04:10Bonsoir Achour, ne bougez pas.
04:13Virginie Calmels.
04:15Je ne sais pas comment ça peut évoluer,
04:17parce qu'on sent qu'il y a quand même un malaise très profond dans le pays.
04:20Du coup, tout est possible.
04:23En revanche, je pense qu'on n'a quand même plus d'argent,
04:25ni au niveau de l'État, mais ni les personnes pour manifester.
04:30Donc en fait, il y a un sujet là,
04:31c'est que je pense qu'il y en a pas mal qui souhaiteraient,
04:35pourquoi pas, rallier entre ce mécontentement.
04:39Sauf qu'il faut aussi qu'ils aient de quoi avoir les moyens de manifester et de finir les faits
04:46de mois.
04:46Donc on a une vraie crise du pouvoir d'achat,
04:49qui peut être paradoxalement,
04:51parce que c'est ce qui devrait provoquer cette coalition des luttes,
04:55et qui au contraire, paradoxalement,
04:57parce qu'il y a une crise du pouvoir d'achat,
04:59peut empêcher un mouvement de plus grande ampleur.
05:02Là où je rejoins ce qu'a dit Françoise Degois,
05:04c'est que ça arrive là où on ne l'attendait pas.
05:06La colère des agriculteurs était beaucoup plus crainte par le gouvernement
05:10que la colère des lycéens.
05:12Et effectivement, derrière, ça peut s'embraser.
05:14Je pense qu'il ne faut pas grand-chose, en fait,
05:16pour que ça s'embrase,
05:18mais en parallèle de ça,
05:19et là, malheureusement,
05:20tout le monde fait comme s'il n'y avait pas l'éléphant dans la pièce,
05:23on a une crise financière
05:25qui est en train de rattraper la France
05:27à la vitesse de l'éclair.
05:29On est peut-être même déjà dedans.
05:31Et malheureusement, les marges de manœuvre,
05:34bon, on le sait, elles sont très faibles.
05:36Mais je veux dire, si on se retrouve avec,
05:38avant Noël peut-être,
05:41un défaut sur la dette française,
05:45alors là...
05:46Ce n'est pas le cas.
05:47Là, il n'y a pas le risque d'embrassement.
05:49Achour est avec nous au 0826 300 300.
05:53Rebonsoir Achour.
05:54Bonsoir.
05:56Est-ce que, pour vous, on est très loin de mai 68,
05:59qu'en pensez-vous ?
06:00Largement, largement.
06:02Largement, largement.
06:03Avant, en 1968,
06:05il y avait des revendications
06:08et les gens protestaient
06:10pour vraiment quelque chose de concret,
06:12de sensé.
06:13Alors, attention, je ne dis pas
06:15que revendiquent les lycéens
06:16à l'heure actuelle
06:17et n'est pas recevable.
06:19C'est dit que ça a commencé
06:21par quelques lycées.
06:23Il y a des lycées qui en ont besoin
06:24et des lycées qui n'en ont pas besoin.
06:26Et les réseaux sociaux,
06:27parce qu'en 1968,
06:27il n'y avait pas des réseaux sociaux,
06:31donc tout le monde était réellement concerné,
06:33alors que là, tout le monde ne l'est pas.
06:35Pour moi, il doit y avoir quoi ?
06:36Peut-être 40% des lycéens
06:37qui manifestent calmement
06:39en revendiquant exactement les problèmes
06:41comme il se doit.
06:42Les autres, ils sont juste là
06:43pour aller dans la rue.
06:44Ce qui est déjà beaucoup, 40%.
06:45Ce qui est déjà important.
06:46Oui, mais c'est important,
06:47mais ce n'est pas la totalité.
06:49Pour moi, le reste,
06:50ils sont juste là
06:50pour faire...
06:52Du désordre, oui, c'est vrai.
06:54Du désordre, c'est certes, protestés.
06:56Et justement,
06:58beaucoup sont manipulés.
06:59Alors qu'on vous dit
07:00que Mélenchon est la fille
07:02liée quasiment pour rien,
07:03mais moi, quand j'entends
07:04les arguments
07:05qui vous avez raison,
07:07continuez.
07:07C'est normal.
07:09Non, mais attendez,
07:10le problème, c'est le message.
07:11Il faut le lire à travers les lignes.
07:13Quand il parle,
07:13quand il s'exprime,
07:15il est manipulateur.
07:17Les jeunes de nos jours,
07:18on est capable de les manipuler.
07:20Les cerveaux sont facilement manipulables.
07:22Comme tous les jeunes.
07:23Oui, mais certains ont déjà...
07:25Ils ont été chauffés à blanc,
07:26mais pas tous.
07:27Vous savez, c'est comme les jeunes
07:28qui étaient manipulés
07:29par Daniel Comandite.
07:31Oui, mais là, c'est encore fuir.
07:32Et ils profitent de la situation.
07:34Ils profitent de la situation,
07:35justement, Mélenchon,
07:37pour justement
07:38se donner raison
07:39à faire certaines choses,
07:40alors que je n'entends pas
07:42une seule seconde
07:42lui dire que c'est bien,
07:43mais par contre,
07:44ce que vous faites à côté,
07:45casser tout ça, etc.,
07:46ce n'est pas ce qu'il faut faire.
07:48Je peux poser une question.
07:49Je voudrais juste
07:50donner la parole, pardon,
07:51François, à Philippe Daly.
07:52Non, mais je ne crois pas du tout
07:54à un nouveau mai 68,
07:55parce que comme le disait
07:57justement Virginie,
07:58déjà, il n'y a pas d'argent
07:59pour les fonctionnaires.
08:00Et puis le privé,
08:01où il y a des faillites records,
08:03où dans les boîtes,
08:04ça ne va pas bien,
08:05les gens ne suivront jamais
08:07un tel mouvement.
08:08Alors, excusez-moi,
08:10je ne voudrais pas dire
08:12jamais, justement,
08:13moi j'ai dit que pour le moment,
08:13ça n'est pas,
08:14mais je ne suis pas sûre,
08:15parce que mai 68
08:16s'est aussi porté,
08:18et Achour sera d'accord
08:19avec moi, je pense,
08:20par la revendication fondamentale
08:22de la réévaluation
08:23de tous les salaires.
08:25Et vous savez très bien
08:26que dans ce pays,
08:27il y a deux problèmes,
08:28en France en tout cas,
08:29il y a le problème
08:29de l'effondrement psychique,
08:31mais qui est très lié aussi
08:32à la minabilité
08:34d'une certaine manière
08:35des salaires
08:36et au fait que maintenant,
08:37la classe moyenne
08:38et les classes populaires
08:38n'arrivent plus
08:39à avoir de reste à vivre.
08:41C'est la paupérisation
08:42qui est liée au salaire.
08:43Et on ne se souvient pas,
08:44c'est que mai 68,
08:45ça finit d'ailleurs
08:46sur le Grenelle,
08:47où il y a évidemment
08:48la négociation salariale
08:51gigantesque.
08:51Donc je pense que
08:52s'il y a un point de raccord
08:53à faire avec mai 68,
08:55c'est lycéens,
08:57peut-être étudiants,
08:58et la question des salaires.
08:59Mais c'est une vraie question
09:00dans l'éducation nationale.
09:02Rappelons que,
09:02hormis le remboursement
09:04de la dette,
09:04c'est le premier budget
09:06normalement.
09:06C'est 65 milliards.
09:08Et malheureusement,
09:09les intérêts de la dette
09:10vont être à 90 milliards,
09:11donc vont passer devant
09:12l'éducation nationale.
09:14Mais il y a beaucoup d'argent
09:15pour l'éducation nationale.
09:17Et là, c'est un sujet
09:18d'organisation
09:18et de mauvaise gestion,
09:20parce que la réalité,
09:22c'est qu'on a voulu
09:22beaucoup de postes
09:23mal payés,
09:24voire très mal payés
09:25pour du Bac plus 5,
09:26c'est ridicule.
09:28Avec, du coup,
09:29aussi la conséquence
09:31d'un taux d'absentéisme
09:32très élevé,
09:33parce que des classes
09:34surchargées,
09:34bon, tout ce qu'on sait.
09:35Et en fait,
09:36il y a assez peu
09:36de revendications
09:38pour payer beaucoup mieux
09:40les profs,
09:41mais en contrepartie
09:42qu'il y ait moins de monde
09:43dans l'éducation nationale.
09:44Parce qu'on a fait
09:45dans l'éducation nationale
09:46ce qu'on a fait à l'hôpital.
09:47C'est-à-dire qu'au lieu
09:48de mettre l'argent massivement
09:49sur ceux qui enseignent,
09:50sur le professeur
09:51qu'on a vu, etc.,
09:52on a créé des strates
09:54d'administratifs.
09:56Et donc,
09:57trop de monde mal payé,
09:58alors qu'il vaudrait mieux
09:59moins de monde
10:00beaucoup mieux payé.
10:01Alors, Virginie,
10:01et aussi avec des postes
10:02qui sont...
10:03Ce sera le mot de la fin.
10:04Postes le mot de la fin,
10:05les psychologues scolaires.
10:06Je vous donne juste un chiffre.
10:07Il y a 6700 psychologues scolaires.
10:11Aujourd'hui,
10:11ça correspond à un psychologue
10:12pour neuf établissements.
10:14On a besoin
10:15d'avoir au moins
10:16un psychologue
10:17pour cinq établissements.
10:19Donc,
10:19il y a un truc
10:21surgonflé
10:21dans des endroits
10:22où ce n'est pas nécessaire.
10:23Les psychologues,
10:24ça serait important,
10:26essentiel,
10:27ils n'y sont pas.
10:27Il faut réfléchir
10:28des budgets
10:29plus intelligemment.
10:30Et réorganiser.
10:31Merci beaucoup,
10:32Achour,
10:33d'avoir accepté
10:33et d'avoir partagé
10:34avec nous ce débat.
10:36Vous restez avec nous
10:37dans un instant.
10:38Les cartes blanches
10:38de nos vrais voix.
10:40On fait une petite pause,
10:41on revient dans un instant
10:41et je regarde notre réalisateur,
10:43Maxime,
10:43qui dit
10:43mais on est tellement en retard.
10:45Il nous déteste.
10:46Il est 22h déjà.
10:49Les vrais voix Sud Radio.