Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 13 minutes
Blocages des lycées : il se tiendra de nouveau au côté des jeunes de Saint-Denis (93) en cette journée de mobilisation nationale des lycéens et étudiants. Critiqué pour sa présence sur les blocages, visé par un signalement du préfet de police de Paris pour ses propos sur la légitimité de la violence des jeunes, Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, est l'invité de Céline Landreau à 7h40 dans RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Céline Landreau du 06 octobre 2026.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:03C'est l'acte 3 qui se joue aujourd'hui, l'acte 3 d'un mouvement lycéen déjà marqué par
00:08de nombreux épisodes de violence, plus de 6000 interpellations,
00:11715 policiers et gendarmes blessés, 215 lycéens et 85 personnels éducatifs blessés également selon le gouvernement et évidemment des dégâts
00:20matériels considérables.
00:21Bonjour Balibaga Yoko.
00:22Bonjour.
00:22Vous êtes maire à LFI de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, vous étiez aux côtés des lycéens de votre
00:26ville hier, vous le serez encore aujourd'hui.
00:30Oui, je le serai aujourd'hui pour rappeler que l'urgence désormais est à la désescalade mais surtout à la
00:36réponse politique et pas à la réponse policière.
00:39Je le serai parce que ce sont des lycéens, donc des jeunes et par conséquent nous devons les uns et
00:44les autres assumer le fait que nous ne devons pas avoir de blessés chez les lycéens.
00:48Et aujourd'hui l'inquiétude que j'ai, puisque c'est une grosse mobilisation et j'appelle d'ailleurs tous
00:52celles de ceux qui vont s'y rendre à y venir de manière pacifique.
00:54Et j'interpelle aussi d'ailleurs le président de la République, y compris le ministre de l'Intérieur, à passer
00:59les messages rassurants pour éviter qu'on se retrouve avec un drame.
01:02Vous êtes inquiet ce matin ?
01:03Je suis relativement inquiet, je suis relativement inquiet parce qu'on voit bien que sur cinq séquences posées, l'État
01:09a été en retard.
01:10Premièrement à laisser d'abord l'indignation s'installer, puisque pendant des années aucun investissement n'a été fait conséquemment
01:16pour justement répondre à la promesse républicaine de faire en sorte que partout sur le territoire de France,
01:20nous ayons à la fois des moyens permettant à l'ensemble de nos lycéens et lycéennes d'ailleurs de travailler
01:25dans les bonnes conditions.
01:26que nous avons un dispositif parcours suivant qui met plus de 2000 bâcheliers aujourd'hui sans affectation, c'est un
01:31ensemble.
01:32Et donc je suis inquiet parce que désormais, après avoir été dans une forme de mollesse et de retard dans
01:37la réponse, puisqu'il n'y a toujours pas de réponse, sauf la réponse policière.
01:40Il y a quand même eu une réponse financière, notamment dans le lycée Paul-Éloire de votre ville, il y
01:44a 43 millions d'euros qu'on était investis pour une rénovation énergétique.
01:48C'est une forme de réponse malgré tout, non ?
01:49Oui, le problème c'est que justement, c'est surtout un hors-sujet, puisque...
01:53Ça fait partie des revendications des lycéens quand même, l'état des bâtiments.
01:57Mais le problème c'est que sur le lycée Paul-Éloire, que je connais relativement bien, j'apprends bien sûr
02:00qu'il y a les 43-45 millions d'euros, peu importe,
02:03la discussion avec les lycéennes d'ailleurs et la présidente de région, elle vient justement dire qu'elle fait un
02:09hors-sujet.
02:09Elle parle de 45 millions qui est un plan d'investissement et les lycéennes l'ont dit mais d'accord,
02:13mais nous dans le temps chantier, on a besoin qu'il y ait moins de distance,
02:17on a besoin qu'il y ait plus de travaux, on a besoin qu'il y ait des tables et
02:19des chaises.
02:20C'est ça la réponse, c'est une réponse qui est beaucoup plus modeste et donc il faut répondre à
02:23l'urgence.
02:24Juste pour qu'on soit très clair là-dessus, ça veut dire qu'aujourd'hui au lycée Paul-Éloire, il
02:27n'y a pas de table, il n'y a pas de chaise ?
02:28Ah non, il manque des tables, il manque des chaises.
02:30C'est la revendication, en tout cas dans les revendications il y a ça.
02:33Il y a bien sûr la question des nuisances liées au chantier, il y a les conditions d'enseignement.
02:37Mais ça si on veut faire des travaux, il y a forcément des nuisances.
02:39Oui mais justement, il peut y avoir une réponse qui est une réponse d'organisation du chantier.
02:43Est-ce que peut-être que le chantier, s'il est très nuisant sur une période de la journée, est
02:46-ce qu'on peut le décaler ?
02:47Et faire travailler peut-être y compris le week-end.
02:48Voilà, ce sont des choses d'organisation.
02:50Vous voyez bien que dans le message qui est envoyé, c'est un message qui est complètement hors sujet par
02:54rapport à l'attente, au moins pour ce qui est de Paul-Éloire.
02:55Après bien sûr qu'il y a une question d'ordre général qui concerne globalement l'ensemble d'ailleurs des
02:59lycées de France, y compris d'ailleurs ceux des universités.
03:02Je voudrais qu'on revienne à vos premiers mots, vous appelez à la désescalade, vous serez aux côtés des lycéens,
03:07vous l'avez dit encore aujourd'hui.
03:09Matignon a insisté hier soir sur le fait que ces revendications devaient être portées, je cite, dans un cadre pacifique.
03:15Vous, Bali Bagayoko, vous avez parlé la semaine dernière d'une violence qui pouvait être légitime de la part des
03:21lycéens.
03:22Ça vous a valu une action en justice après un signalement du préfet de police.
03:25Quand vous voyez la liste des incidents de ces derniers jours, est-ce que vous n'avez pas de regrets
03:28d'avoir tenu de tels propos ?
03:31Aujourd'hui, quand vous appelez à la désescalade, que vous dites crainte des incidents graves.
03:35Vous savez, il y a quand même quelque chose qui est assez particulier, c'est-à-dire que celles et
03:38ceux qui n'ont eu de cesse, en fin de compte, d'être responsables de la situation-là,
03:42n'ont jamais eu de mots, y compris, je veux dire, ni d'apaisement, ni de réponse politique concrète.
03:46Et personne d'ailleurs n'a été leur demander de pouvoir s'expliquer sur le sujet.
03:50Et on me demande en fait à moi...
03:51Laurent Gniez a expliqué qu'il allait s'expliquer s'il était interrogé dans le cadre des enquêtes.
03:56Exactement. C'est là où il y a une erreur. C'est-à-dire que ce n'est pas aux
03:58ministres de l'Intérieur d'apporter une réponse éducative.
04:01Voilà. Parce que la question principale est l'éducative.
04:03Lui, il apporte une réponse sécuritaire, malheureusement, avec un certain nombre de conséquences qu'on observe.
04:06Voilà. Mais moi, je ne renie rien de ce que j'ai dit.
04:09J'ai dit que la violence peut être légitime.
04:12Mais quand je dis ça, je dis deux choses.
04:13Un, l'histoire de France le dit de manière claire.
04:15Toutes les avancées sociales se sont faites malheureusement aussi dans les formes de violence qui existent.
04:19Et deux, je le dis aussi, parce que les phénomènes que l'on connaît dans la réponse, y compris aux
04:23revendications des lycéens,
04:25a toujours été empreinte de cela. C'est ça que je dis.
04:27Mais quand vous voyez ce chiffre, 215 lycéens blessés hier, un adolescent à la main arrachée,
04:32vous ne vous sentez pas, d'une certaine manière, responsable de ce bilan-là aussi, en ayant été à leur
04:37côté, en accompagnant ce mouvement ?
04:39Justement, moi, quand je me présente, et j'invite chacun à le faire, à pouvoir aller devant, y compris quand
04:44il y a des lycéens,
04:45et qu'il y a un bataillon quasiment de CRS, puisque c'était précisément ça, les policiers nationaux,
04:50et que nous sommes là, pour apaiser.
04:52Parce qu'il y a les petites images qui sont sorties de leur contexte,
04:55et je défie quiconque, dans le cadre d'une grande mobilisation, d'aller éteindre ou même enlever un conteneur incendié.
05:01Vous vous faites tabasser. Donc c'est très clair.
05:03Donc quand ils ne le font pas, c'est qu'il y a une marque de respect.
05:05Indépendamment de tous ceux qui se chancent à pointer un responsable.
05:08Les premiers responsables, c'est ceux, en fait, qui ont failli, en fait, dans la promesse républicaine.
05:12C'est ça le sujet. C'est-à-dire que c'est quand même scandaleux.
05:14De me demander à moi de préciser, en fait, ma pensée sur le sujet, ma proposition, elle est très claire.
05:18Moi, je désapprouve totalement les violences. Je suis un père de famille, 4 enfants, et je suis un éducateur de
05:22formation.
05:23Donc après avoir raté un maire narcotrafiquant, me voilà maintenant dépeint en maire, en fait,
05:28qui est quelqu'un, en fin de compte, qui pousse les jeunes.
05:31Je pense que les gens ne sont pas sérieux.
05:33Soyons sérieux, regardons les revendications, je serai encore...
05:35Le gouvernement n'est pas sérieux en disant qu'aujourd'hui, vous êtes en train d'attiser le mouvement ?
05:39Oui, parce que ça, c'est une attitude irresponsable.
05:41C'est indigne d'un gouvernement qui est... On est à la tête, en fait, d'un État cinquième, sixième
05:44puissance économique du monde.
05:46C'est hallucinant d'aller chercher la responsabilité d'un maire d'une ville de 150 000 habitants,
05:51alors que leur première responsabilité, sauf si c'est faux.
05:53Mais moi, j'ai trois rapports parlementaires qui disent que sur les trois fonctions régaliennes de l'État,
05:57l'éducation, cohésion sociale, et y compris les questions à la fois liées à la justice,
06:02l'État est défaillant.
06:03En particulier sur les quartiers populaires.
06:05Donc une forme d'inégalité.
06:06Ça, c'est factuel.
06:07C'est pas moi.
06:07Cette colère lycéenne, justement, elle est partie de la banlieue, Balibagayoko.
06:11Il y a ce sentiment, chez les lycéens que vous rencontrez, d'avoir été trop longtemps délaissés.
06:15C'est ce que vous dites en creux ?
06:16Très clairement.
06:17Très clairement, mais ils le disent.
06:19Le seul problème, c'est que justement, la marque de respect, c'est de reconnaître la légitimité de leur parole.
06:23Vous voyez ce que je veux dire ?
06:24Moi, je le mets au même niveau.
06:25Je suis un fervent défenseur de la mobilisation qui est faite, notamment sur le féminisme, notamment le violence sexuel.
06:30On commence pas par dire, non mais attendez, ce que vous dites, c'est faux.
06:33On commence par dire, oui, ce que vous dites, vous avez raison déjà.
06:35Pour commencer ensuite à dérouler le reste.
06:37Mais les lycéens, c'est pareil.
06:38Commençons par regarder leurs revendications.
06:41Parce que, je rappelle, la chronologie, c'est d'abord indignation, revendication massive-pacifique,
06:47ensuite regroupement, contagion, puisque l'État ne répond pas,
06:50et ensuite embrasement quasiment, je veux dire, sur l'ensemble quasiment du territoire de France.
06:54C'est comme ça, la logique.
06:55Donc, ne faisons pas comme si l'État avait répondu tout de suite.
06:58L'État n'a pas répondu tout de suite.
06:59La réponse immédiate aurait été de dire, ok, très bien.
07:01On ouvre des discussions, les proviseurs recevaient les collectifs lycéens.
07:03Et ces discussions, elles se font d'habitude dans le cadre des instances lycéennes, Baliba Kayoko.
07:07Mais quel proviseur a ouvert des instances de discussion ?
07:09Ils n'ont pas eu l'autorisation ?
07:11Personne.
07:12Est-ce que l'État a pris la responsabilité de dire, ok, très bien,
07:14on réunit l'ensemble de ces collectifs lycéens qui revendiquent ?
07:17Non.
07:17Ils ont attendu, en fin de compte, l'embrasement, pour ensuite venir chercher des coupables.
07:21C'est une forme de lâcheté, très clairement, d'aller dire, oui, c'est la France insoumise.
07:24Oui, moi, j'assume d'être du côté de mes habitants.
07:27Et les lycéens sont mes habitants.
07:28Alors, justement, vous parlez de la France insoumise.
07:29Jean-Luc Mélenchon appelle à accompagner la mobilisation d'aujourd'hui,
07:32qu'il qualifie comme un point de départ avant une autre mobilisation, le 17 octobre prochain.
07:37Vous espérez quoi de cette convergence des luttes ?
07:38Parce qu'entre ceux qui réclament une baisse du prix de l'essence,
07:42les Gilets jaunes, dont on parle d'un retour le 17 octobre,
07:45et ces élèves qui veulent des emplois du temps plus allégés,
07:47moins de profs absents, les mots d'ordre sont quand même très différents ?
07:50Oui, mais l'indignation est la même.
07:52L'indignation est la même, le sentiment de déclassement est le même.
07:56C'est-à-dire l'idée de considérer qu'en fin de compte,
07:58il y a des moyens pour les ultra-riches de ce pays,
08:00et en revanche, pour tous les autres,
08:03la réponse, elle est uniquement dans la mobilisation,
08:05en espérant avoir quelque chose.
08:06C'est ça le sujet, en fin de compte.
08:07Donc, la convergence des luttes, elle est nécessaire.
08:09Elle est nécessaire de manière pacifique,
08:10elle est nécessaire pour espérer que l'État entende, en fait, ces messages-là.
08:14Et j'observe quand même que dans le cadre du budget qui va être en préparation,
08:18c'est 54 milliards de coupes à nouveau.
08:20Donc moi, je crains que les récidivistes confirment à nouveau
08:23qu'ils n'ont rien compris, et avec des coupes importantes,
08:25y compris dans les politiques publiques.
08:26Merci Balibagayoko.
08:27Maire LFI de Saint-Denis, vous restez, s'il vous plaît,
08:30dans un instant, vous êtes dans l'œil de Philippe Cavrivière.
08:32A tout de suite sur RTL.

Recommandations