00:04L'invité d'RTL Matin à 7h44, bonjour Maud Bréjon, ministre délégué chargé de l'énergie, porte-parole du gouvernement,
00:11vous êtes soulagé ce matin ?
00:12L'État a eu le dessus, l'État a eu le dessus ce week-end, l'État a été fort
00:17parce que l'État et le gouvernement, le ministre de l'Intérieur ont anticipé ces manifestations,
00:23ont anticipé d'éventuelles violences et on a réussi à autoriser et encadrer des manifestations, ce qui doit être le
00:31cas dans toute grande démocratie.
00:34Il y a des revendications qui sont légitimes, on en parlera tout à l'heure, et puis il y a
00:38des violences urbaines, qu'on avait notamment vues samedi 17 octobre,
00:41qui sont absolument incompréhensibles et intolérables et donc avec cette anticipation, avec la mobilisation de 70 000 forces de l
00:49'ordre partout en France, l'État a eu le dessus.
00:52Mais à quel prix ce calme ? Des couvre-feux, des musées fermiers, de nombreux commerçants qui ont gardé porte
00:56-close.
00:57Est-ce qu'il va falloir que les Français soient prêts à voir une partie du pays sous cloche toutes
01:01les semaines ?
01:02Les appels à manifester se répètent déjà pour le week-end prochain.
01:06Je crois qu'il faut faire la part des choses. Il y a encore une fois des revendications lycéennes, étudiantes,
01:12citoyennes sur le pouvoir d'achat,
01:14qu'il faut entendre et auxquelles il faut évidemment répondre. Pour y répondre, il y a un préalable.
01:20Ce préalable, c'est le retour au calme. On ne peut pas avoir...
01:23Ça ne peut se faire qu'à ce prix-là. L'État ne peut pas reprendre le dessus, normalement ?
01:27Je vais vous le dire autrement. On ne peut pas avoir un dialogue social qui fonctionne,
01:31un dialogue avec les organisations étudiantes, lycéennes, qui fonctionne,
01:36la construction de solutions politiques de long terme efficaces,
01:41dans un cadre de violence tel que celui qu'on a pu connaître il y a une semaine.
01:45Le retour au calme, c'est le préalable à toute discussion démocratique et politique.
01:51Mais ce retour au calme, vous n'êtes pas capable de le garantir sans couvre-feu,
01:55sans que des commerçants se barricadent chaque week-end ?
01:57Si. Et je pense qu'on a à plusieurs reprises montré que c'était le cas,
02:02il y a encore une fois, ce qui s'est passé la semaine dernière.
02:05Ça a choqué énormément de Français.
02:08Vous avez dû l'entendre probablement, le retour que vous avez pu avoir de vos auditeurs,
02:12et de gens autour de vous. Il y avait besoin de mesures, encore une fois, fortes,
02:17pour que ce retour à l'ordre, pour que ce rétablissement de l'ordre puisse avoir lieu.
02:23Je crois que les gens le comprennent bien.
02:25C'est désormais le cas, et donc on va pouvoir apporter des réponses.
02:30Le Premier ministre le fera aujourd'hui, le ministre de l'Éducation nationale,
02:33de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, auprès des lycéens.
02:36Parce qu'encore une fois, on fait la part des choses.
02:37Il y avait 400 à 800 000 manifestants dans les rues samedi.
02:40Les lycéens, vous l'avez dit, le Premier ministre va les recevoir aujourd'hui.
02:43D'après les infos d'RTL, vous pourriez plafonner le nombre d'élèves par classe,
02:47revenir sur la suppression des 1588 postes d'enseignants prévus dans le budget.
02:51Mais vous n'envisagez pas, à ce stade, de supprimer Parcoursup.
02:54C'était une des revendications majeures.
02:56Il y aura des annonces, et il y aura des propositions importantes et fortes.
03:00Y compris sur la question de Parcoursup, et plus globalement de l'orientation.
03:05Le Premier ministre en déplacement à Limoges...
03:07Vous n'envisagez pas sa suppression ?
03:08Le Premier ministre, en déplacement à Limoges, vendredi dernier,
03:11a lui-même dit qu'on allait, je cite, « bouger », c'était ses mots, sur Parcoursup.
03:16Maintenant, il faut regarder ce qu'il y a derrière la question de l'outil.
03:19Ce qu'il y a derrière la question de l'outil, c'est la question de la sélection.
03:23C'est la question de l'orientation.
03:24C'est la question du nombre de places ouvertes, filière par filière.
03:27De la capacité de chacune des filières à permettre aux étudiants qui y accèdent d'avoir ensuite un débouché sur
03:35le marché du travail.
03:37Et ça, c'est une question politique et un débat politique qui est beaucoup plus large,
03:41qui va bien au-delà de la seule question de l'outil.
03:44Si Parcoursup était l'alpha et l'oméga de tous les problèmes d'orientation en France,
03:49ce serait, pardonnez-moi, en quelque sorte plus simple.
03:52Donc, une refonte, c'est ce qu'on comprend entre les lignes ?
03:54On va prendre en compte toutes les remontées qu'on a pu avoir, notamment sur la plateforme
03:59lancée par le ministre de l'Éducation nationale il y a deux semaines maintenant.
04:02Ça concerne Parcoursup, ça concerne les emplois du temps, ça concerne le bâtiment.
04:06Et donc, on va y répondre point par point.
04:08Sur le nombre d'élèves par classe, qu'est-ce qui est acceptable aujourd'hui dans un collège, dans un
04:12lycée français ?
04:13Là, encore une fois, je laisserai Édouard Geffray faire les propositions qu'il doit faire cet après-midi.
04:20Mais il y a, de toute évidence, là encore, dans certains endroits, en tout cas, un nombre d'élèves trop
04:27important.
04:27On le sait, c'est le cas depuis longtemps.
04:30On y apportera des premières réponses.
04:33On ne pourra pas résoudre ces problèmes dans leur intégralité en l'espace de quelques mois.
04:39Là encore, je pense qu'il faut savoir être lucide, dire la vérité aux gens.
04:44Il y a ce qu'on peut faire dans un contexte budgétaire contraint à court terme.
04:47On peut revenir sur le nombre de suppressions de postes d'enseignants, mais dans un...
04:51Ça fait partie du débat budgétaire.
04:52Vous savez qu'il y a en ce moment le projet de loi de finances qui est étudié à l
04:55'Assemblée nationale.
04:57Ce projet de loi de finances doit permettre aux parlementaires de s'exprimer.
05:01Donc, nous, on a fait une proposition qui est, au fond, une copie de départ.
05:05Si, dans les discussions, dans les négociations, les forces politiques veulent y revenir, nous ne fermons pas la porte par
05:13principe.
05:14Dans les cortèges, Maude Bréjean, beaucoup de Français protestaient aussi contre la vie chère.
05:18Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui ont le sentiment aujourd'hui que ces dix ans de Macronie
05:21sont synonymes pour eux d'appauvrissement ?
05:24D'abord, moi, je crois qu'il faut toujours respecter le vécu et le sentiment des gens.
05:29Il y a des difficultés de pouvoir d'achat.
05:30Et vous vous sentez comptable de ça ?
05:32Il y a des difficultés de pouvoir d'achat qui sont réelles.
05:34Les dépenses contraintes ont augmenté.
05:37On a traversé des crises.
05:38Des crises qui n'étaient pas franco-françaises.
05:40Des crises qui étaient internationales, européennes.
05:43Prenez la crise de l'énergie qu'on traverse en ce moment.
05:45La hausse du prix du baril, qui, là encore, n'est pas un problème propre à l'hexagone.
05:51Je crois qu'on y a répondu depuis des années.
05:54D'abord, en étant présent, présent face aux crises.
05:57Rappelons-nous quand même dans quelle mesure le quoi qu'il en coûte a permis aux Français,
06:03a permis aux entreprises de maintenir la tête hors de l'eau.
06:06Rappelons-nous le bouclier tarifaire 70 milliards d'euros pour le gaz et pour l'électricité
06:11qui ont permis de garantir des factures.
06:13Il y a un inférieur à nos voisins européens.
06:18Et regardez ce qu'on fait depuis le début de l'année.
06:20On fait le choix d'être ciblés, effectivement, parce qu'il y a des difficultés budgétaires qui sont réelles.
06:25Mais on est aux côtés des entreprises les plus en difficulté.
06:27Des pêcheurs, des agriculteurs, des transporteurs.
06:29On est aux côtés des Français les plus précaires qui roulent le plus.
06:33Et on continue à prendre des initiatives avec, par exemple,
06:36la libération de 10 millions de barils supplémentaires.
06:39Pour tirer les prix vers le bas.
06:41On est à une semaine de la baisse annoncée du prix du gasoil promise par le gouvernement.
06:4412 à 18 centimes le litre, c'est ce qui avait été annoncé.
06:47Vous êtes en mesure d'affiner la fourchette aujourd'hui ?
06:49Ce sera le cas dans les jours à venir.
06:51Ce que je peux vous dire, c'est que les choses avancent.
06:54Les décrets, les premiers décrets ont été pris.
06:57Un troisième décret sera pris cette semaine.
07:00Et donc, on libérera, comme prévu, pour le 1er novembre, ces 10 millions de barils.
07:04Que vos auditeurs comprennent bien, ces 10 millions de barils vont être mis sur le marché
07:09à un prix significativement inférieur à celui des prix internationaux.
07:143 à 4 fois inférieur.
07:16Ce qui doit permettre, encore une fois, de faire cet effet levier
07:20et de tirer le prix vers le bas entre, effectivement, 12 à 18 centimes.
07:25Je vois que certains grands distributeurs, comme Total, se sont déjà engagés sur une baisse importante,
07:32y compris sur le fioul domestique, y compris sur le GNR agricole.
07:35C'est une bonne chose.
07:37Et nous, on vérifiera, encore une fois, distributeur par distributeur, région par région,
07:42que cette baisse est effective pour l'ensemble des Français.
07:45Vous allez pouvoir rester encore combien de temps, porte-parole de ce gouvernement, Maude Bréjon ?
07:48Quelle est votre question ?
07:49Vous soutenez un candidat, Edouard Philippe, qui se montre très critique vis-à-vis du gouvernement,
07:54encore plus vis-à-vis du président.
07:56Vous savez, moi, je suis comme...
07:57C'est un grand écart qui peut sembler difficile.
07:59Je suis comme beaucoup de mes collègues.
08:03Je suis mobilisé d'abord sur les missions qui sont les miennes.
08:07Vous savez qu'on traverse une crise de l'énergie.
08:09Ensuite, les candidats à la présidentielle sont libres de s'exprimer.
08:13Et moi, pour autant, je suis loyal au président de la République et loyal au Premier ministre.
08:16On traverse des crises sécuritaires.
08:17Et loyal à Edouard Philippe, c'est possible, cette double loyauté ?
08:20On traverse des crises énergétiques.
08:21Vous savez, Edouard Philippe a été Premier ministre d'Emmanuel Macron pendant trois ans.
08:25Il s'exprime comme candidat à la présidentielle.
08:27Et moi, je fais mon travail comme ministre.
08:30Donc, vous prenez votre distance avec votre candidat en ce moment ?
08:32Vous êtes obligé ?
08:33Non, ce ne s'agit pas de prendre ou pas prendre ces distances.
08:36J'ai fait un choix.
08:37Pourquoi je l'ai fait ?
08:38J'aurais peut-être dû commencer par là.
08:39Je l'ai fait parce que moi, je refuse.
08:40Je refuse de laisser aux gens qui nous écoutent ce matin
08:43le choix d'un second tour entre le Rassemblement national et la France insoumise.
08:47Voilà.
08:47Et je pense que c'est le principal risque que court ce pays.
08:50Je pense que les conséquences d'un tel second tour à tous les étages
08:54seraient absolument dévastatrices.
08:56Et qu'Edouard Philippe est aujourd'hui le mieux placé
08:58pour réunir tous les Français de la droite, du centre,
09:01des Français qui doutent,
09:03et éviter à ce pays un péril dont on aurait, à mon avis, bien du mal à se remettre.
09:08Même si pour l'instant, il n'est pas donné au second tour
09:11dans notre baromètre Toluna Harris Interactive.
09:13Merci Maude Bréjon.
09:14Restez ici.