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  • il y a 13 minutes
Blocages des lycées : la contestation lycéenne est-elle en train de s'étendre ? Les manifestants sont-ils instrumentalisés par les politiques ? Que répondre à leurs revendications ? Le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray est l'invité de Céline Landreau à 7h40 dans RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Céline Landreau du 30 septembre 2026.

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Transcription
00:02RTL Matin, Céline Landreau est l'invité d'RTL à 7h44.
00:07La mobilisation se poursuit dans les lycées.
00:09Plus de 400 établissements touchés hier, des policiers déployés, 440 interpellations
00:13et une trentaine de blessés, élèves ou personnels de l'éducation nationale,
00:18selon le ministre de l'éducation nationale qui est avec nous ce matin.
00:21Bonjour Edouard Geffray.
00:22L'union syndicale lycéenne appelle à poursuivre la mobilisation aujourd'hui encore.
00:25Est-ce que vous êtes inquiet ce matin ?
00:28Moi ce qui m'inquiète, ce n'est pas une fois encore qu'il y ait des mobilisations
00:31ou que des lycéens puissent avoir des revendications.
00:35Pour une simple raison d'ailleurs, c'est qu'il y a des cadres pour ça.
00:37C'est-à-dire qu'il y a des instances de dialogue social dans tous les lycées,
00:40qu'on appelle les conseils de vie lycéenne,
00:42où les lycéens peuvent discuter avec les adultes de l'établissement,
00:45chez l'établissement, etc. pour répondre éventuellement à leurs demandes.
00:49Visiblement en ce moment les discussions sont compliquées parce qu'elles ne se font pas dans ces cadres-là.
00:53Précisément parce qu'il y a des personnes qui entretiennent l'idée
00:55qu'il ne faut pas respecter la démocratie mais qu'il faut avoir au corps des actions violentes.
01:00Le droit de manifester, c'est une liberté fondamentale.
01:02Les instances démocratiques doivent être respectées, la violence c'est non.
01:05Et donc pour répondre à notre question, ce qui m'inquiète par contre c'est la violence.
01:09Depuis le début de la mobilisation, nous en sommes à 76 personnes qui ont été blessées dans l'établissement.
01:13Soit des élèves, soit des personnels.
01:1518 personnels ont été blessés.
01:17Hier on a vu des scènes invraisemblables.
01:19On a un jeune qui a perdu l'usage d'une partie de la main parce qu'il a tiré
01:23un mortier
01:23et évidemment qu'il ne savait pas s'en servir.
01:25Un élève.
01:26On a des proviseurs qui ont été agressés avec des tirs tendus de mortier.
01:29On a des professeurs qui ont été frappés et pour certains pourchassés par des voyous.
01:36Donc on est quand même loin dans ces cas-là.
01:38Dans ces cas-là, on est quand même loin évidemment d'une mobilisation sereine.
01:42Et puis évidemment les endroits où les choses se sont très bien passées
01:44et où des lycéens ont fait part de leurs demandes ou de leurs revendications.
01:48Et dans ce cas-là évidemment il faut que d'abord il doit être écouté, entendu
01:51et puis le dialogue évidemment a lieu.
01:53Votre collègue au gouvernement, le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez
01:56a prévenu que les forces de l'ordre seraient à nouveau envoyées aujourd'hui dans les lycées bloqués.
02:01Il y avait encore 45 blocages totaux hier soir.
02:03Le but c'est qu'il n'y en ait plus aucun ce soir ?
02:06Le but surtout c'est de permettre aux élèves d'aller en cours.
02:09Parce qu'il faut voir ce qu'on appelle un blocage total.
02:11Un blocage total c'est parfois quelques dizaines d'élèves qui empêchent tous les autres d'aller en cours.
02:15Et la priorité dans un pays comme le nôtre, c'est dans un pays démocratique,
02:19c'est de permettre aux élèves d'aller en cours.
02:20On n'a pas besoin de protéger les élèves de l'école,
02:22on a besoin de protéger des violences qui ont lieu à l'extérieur.
02:25Donc il faut pouvoir leur permettre de rentrer,
02:27de se mettre à l'abri d'abord, quand on a des heures à l'extérieur,
02:29et puis évidemment de pouvoir aller en cours,
02:31et puis éventuellement, dans ce cadre-là une fois encore,
02:33de discuter avec leurs professeurs.
02:34Le président de l'Union syndicale lycée, Henri Hadrani,
02:37qui appelle à la mobilisation, sera face à Marc-Olivier Fogel dans ce studio dans quelques minutes.
02:40Qu'est-ce que vous voulez lui dire ce matin ?
02:43Moi je n'ai pas encore eu l'occasion de rencontrer M. Rani,
02:47et donc on verra d'ailleurs...
02:48Vous allez pouvoir le croiser à la sortie du studio et dans les locaux.
02:50Je ne sais pas d'ailleurs à quel titre il s'exprimera,
02:51puisque je crois qu'il est également candidat à la France Insoumise aux dernières élections municipales,
02:56sur une liste.
02:57Et ça c'est un problème ?
02:58Non, pas du tout, mais c'est juste qu'on voit bien qu'il y a une forme de superposition
03:01entre des considérations politiques, dans certains cas,
03:05et puis des considérations lycéennes,
03:06qui une fois encore sont entendues et légitimes.
03:08Et moi ce que je crois surtout, c'est que
03:11le président de l'union syndicale lycéenne,
03:15par définition, sait qu'il y a des instances démocratiques.
03:19Et compte tenu de la diversité des revendications,
03:21on voit bien qu'en réalité ce sont des choses qui ont vocation à être très tôt au niveau local.
03:24Quand vous regardez la diversité des revendications,
03:26il y a des élèves qui à juste titre disent
03:27on a besoin que nos professeurs soient remplacés quand ils sont absents,
03:29et on y travaille.
03:31Ça va plus tard, la semaine dernière, que sur les séances de Jupiter et Créteil,
03:34il y a des lycéens qui vous disent
03:36qu'il y a des problèmes de locaux, de cantines, etc.
03:39Et donc on y travaille avec les collectivités territoriales,
03:41évidemment, parce que ce sont les régions qui sont responsables du bâti des lycées.
03:44Tout cela se traite dans un cadre organisé
03:48qu'on appelle les conseils d'administration et d'établissement,
03:49qui permettent de répondre à leurs demandes.
03:51Donc vous êtes en train, en creux, de dénoncer une instrumentalisation politique ?
03:55Une récupération, en tout cas, ça je crois que c'est quand même assez manifeste,
03:58si j'en crois le nombre...
03:59Et vous accusez la France Insoumise d'attiser ces tensions aujourd'hui ?
04:04Vous avez des élus de la France Insoumise
04:06qui font le tour des lycées concernés.
04:10Et vous avez hier un élu, en l'occurrence le maire de Saint-Denis,
04:12qui a expliqué que la violence était légitime,
04:15pouvait être légitime, mais que bien sûr on cherchait à l'éviter.
04:18Parce que comme toujours, vous avez toujours le côté
04:19on pousse plein de bouchons, et puis après ça on dit mais c'est pas moi.
04:22Bon, donc, moi je considère que la violence n'est pas légitime.
04:24Vous la qualifiez de factieux, le maire de Saint-Denis, vous reprendriez ces propos ?
04:27Non, moi je ne qualifie pas les gens,
04:29parce que ce n'est pas dans ma nature de qualifier les autres.
04:32J'observe simplement que dire que la violence est légitime,
04:34un crime moins délit si jamais légitime.
04:37Par définition, en démocratie.
04:38On est dans un état de droit.
04:39Donc la violence, elle n'est pas légitime.
04:42Ce qui est légitime, ce sont les revendications,
04:45un certain nombre de revendications,
04:46quand elles portent en l'occurrence sur la vie scolaire,
04:48ce qui n'est pas le cas de beaucoup de revendications, au passage.
04:51Mais lorsque la revendication porte sur le fonctionnement
04:54de l'institution scolaire, elles sont légitimes,
04:55elles doivent être entendues et écoutées.
04:56Moi je vois des lycéens chaque semaine depuis mon arrivée,
04:58elles doivent être entendues et écoutées,
05:00elles doivent être travaillées avec eux.
05:01Ça c'est légitime, et une fois encore,
05:02ça se résout dans un cadre organisé.
05:04Ces violences, elles ont provoqué des dégâts matériels,
05:07notamment Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France,
05:10a chiffré à Saint-Denis, dans l'établissement dont vous parliez,
05:13le lycée Paul-et-Loire, à plus de 100 000 euros la facture.
05:16Elle assure qu'elle va l'envoyer au maire de la ville,
05:18justement parce qu'il a considéré que cette violence était légitime.
05:20Elle a raison, c'est à la ville de payer les dégâts,
05:23quand un maire tient de tels propos ?
05:26Je vais dire, ça pour le coup,
05:27c'est quelque chose qui regarde à la fois la région et la ville,
05:29et puis on verra bien, mais en tout cas, juste parce qu'il faut quand même
05:31prendre un peu de recul.
05:33Où est l'intérêt général ?
05:35Quand on est élu de la République,
05:37ou quand on a des responsabilités politiques, ou syndicales, ou autres,
05:40la seule question qui doit nous obséder tous les jours,
05:42c'est où est l'intérêt général ?
05:43Est-ce que l'intérêt général aujourd'hui,
05:45c'est de défoncer des grilles d'établissements
05:47qui sont censés protéger nos élèves contre d'éventuelles intrusions extérieures ?
05:50Est-ce que l'intérêt général,
05:52c'est les 40 jeunes cagoulés
05:53qui sont rentrés dans un établissement de Lyon,
05:54et qui ont détruit toutes les fenêtres d'un établissement,
05:57ce qui fait qu'on ne pourra pas rescolariser les élèves
05:59dans des conditions de sécurité normales
06:01et de confort minimal en termes de circulation de l'air ?
06:05Vous parlez des dégâts matériels,
06:06le chiffrage c'est 100 000 euros,
06:08rien que pour cet établissement de Saint-Denis,
06:10près d'un million en Ile-de-France,
06:11est-ce que vous avez déjà une vision nationale du coût de ces mobilisations ?
06:14Non, on n'a pas de vision nationale,
06:15d'autant plus que ce sont les régions qui sont propriétaires,
06:17une fois encore, des locaux, des lycées qui les entretiennent,
06:20donc on n'a pas de vision nationale.
06:21Mais il n'y a pas que le matériel,
06:22une fois encore, je reviens là-dessus, il y a l'humain.
06:24Moi j'ai 18 personnels qui ont été blessés,
06:26et un certain nombre d'entre eux en cherchant à mettre à l'abri les élèves
06:29par rapport aux tirs de mortier qui avaient le extérieur.
06:31On a 55 élèves qui ont été blessés,
06:33une fois encore, et pas plus tard qu'hier,
06:35moi j'ai un jeune de 15 ou 16 ans
06:36qui a perdu définitivement les âges de sa main
06:38parce qu'il a tiré un mortier qui lui avait été passé par des voyous.
06:41Donc il faut arrêter, honnêtement il faut arrêter.
06:43Vous parliez des revendications parfois légitimes des lycéens
06:46sur les heures de cours non remplacées.
06:47Un rapport d'information sur les heures d'enseignement perdues
06:49dans l'éducation nationale a été examiné hier en commission des finances à l'Assemblée.
06:53Il est réalisé par le député RN Antony Boulogne.
06:55Il pointe le non remplacement de 20 millions d'heures de cours
06:58dans les collèges et lycées sur l'année scolaire 2024-2025.
07:01Ces chiffres d'abord, est-ce que vous les contestez ?
07:03Et si ce n'est pas le cas, comment vous comptez améliorer ça ?
07:05Ce n'est pas acceptable en l'état ?
07:07Alors, on a une très grande difficulté
07:09qui est qu'effectivement aujourd'hui,
07:10on a presque 10% des heures de cours,
07:12tout compris dans l'année,
07:14qui ne sont pas assurées pour une raison ou pour une autre.
07:16Inclus les examens du baccalauréat et du brevet.
07:18Oui, c'est un peu plus de 7% si vous enlevez les examens.
07:21On a 7% des heures.
07:22Non, mais attendez, ce n'est pas pour relativiser,
07:23mais c'est pour savoir ce qu'on traite.
07:24On a 7% des heures qui aujourd'hui ne sont pas remplacées.
07:27Évidemment, comme d'ailleurs mes prédécesseurs, je m'y suis attelé,
07:30on a quelques, j'allais dire, évolutions assez importantes.
07:33C'est que vous voyez, par exemple, à la rentrée,
07:35on a réussi dans le second degré,
07:37donc pour les collèges et les lycées,
07:38à baisser de 57% le nombre de postes qui étaient vacants à la rentrée.
07:41Mais il y a des annonces, on les voit sur votre site,
07:43un millier d'annonces de postes à pourvoir,
07:49pour un prof d'espagnol en Lyon.
07:51Vous avez tout dit, la très grande difficulté,
07:53c'est qu'on peut être parfois sur des questions très dispersées,
07:55sur des groupes d'heures très dispersées,
07:573 heures ici, 4 heures là, etc.
07:58Donc c'est insoluble, c'est ça que vous dites ?
08:00Je ne dis pas que c'est insoluble,
08:01je dis que c'est beaucoup plus compliqué
08:04que ne le laisse penser à un tableur Excel.
08:06L'école, ce n'est pas un tableur Excel.
08:07C'est 60 000 implantations en France, c'est 1 Français sur 5.
08:10C'est 1 Français sur 5 qui est dans les murs de l'école tous les jours.
08:13Et donc, on a évidemment une difficulté d'un Français sur 5.
08:15Et là aussi, on y travaille, on s'y attèle.
08:18On fait plus que s'y atteler, on y travaille tous les jours.
08:21Mais je confirme qu'en tout cas, ces chiffres ne sont pas acceptables.
08:25Et qu'il faut évidemment tout faire pour les réduire.
08:27Après, le 100% de remplacement,
08:30c'est quelque chose qui est statistiquement quasiment impossible.
08:33Il ne faut pas se mentir non plus.
08:34On peut réduire, mais pas autant qu'on voudrait.
08:36Merci Edouard Geffray.
08:37Restez avec nous, s'il vous plaît, dans un instant.
08:38Un homme qui n'a pas fréquenté l'école française,
08:41qui n'aura donc pas de vie.
08:42Ça s'entend, c'est ça que vous voulez dire ?
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