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  • il y a 2 jours
Propos sur ses policiers municipaux, cible d'attaques racistes : il a été au cœur de polémiques depuis son élection à la mairie de la deuxième ville d'Ile-de-France. Ce mardi il rencontre pour la première fois Emmanuel Macron dans sa ville, à Saint-Denis. Bally Bagayoko, le nouveau maire LFI de Saint-Denis, est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 15 avril 2026.

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Transcription
00:00On va Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il est le nouveau maire LFI de Saint-Denis-Pierrefitte en Seine-Saint-Denis, Bali Bagayoko, un invité d'RTL
00:07Matin.
00:07Bonjour et bienvenue sur RTL Bali Bagayoko.
00:09Bonjour.
00:10Alors vous avez passé la soirée avec Emmanuel Macron hier soir, le chef de l'État qui est venu assister
00:14à Saint-Denis au concert annuel des élèves des maisons d'éducation de la Légion d'honneur.
00:17Vous aviez dénoncé son silence lorsque vous avez été la cible d'attaques racistes tenues notamment sur les plateaux de
00:22CNews.
00:23Que vous a dit le chef de l'État hier soir ? Comment ça s'est passé ?
00:26D'abord, le président de la République a été très chaleureux et puis du coup a bien précisé qu'il
00:32avait un soutien total en fin de compte aux actes de gestion des victimes
00:35et que je pouvais compter sur lui pour pouvoir agir sans relâche sur cette question.
00:40Donc ça vous a rassuré ?
00:41Ensuite, ça m'a rassuré, en tout cas sur le fait que par rapport aux propos, l'élition comme étaient
00:46les miens, qui était dans un contexte qui était entre guillemets un contexte très clair,
00:49il était important, et je vais répéter, que le président de la République précise en fin de compte sa pensée
00:54sur le sujet à cet instant précis.
00:55Il parait que vous lui avez remis un t-shirt, c'est vrai ?
00:57Alors j'ai remis un t-shirt qui s'appelle le t-shirt qui avait été réalisé par un artiste
01:02d'ailleurs de Saint-Denis, Warkus,
01:03et qui s'appelle Stop au racisme, qui faisait écho au 4 avril, et donc je l'ai même, dans
01:08le courrier qui lui a été remis, invité pour le 3 mai.
01:10Pour le 3 mai qui est une manifestation ?
01:12C'est une manifestation aussi donc sur Paris.
01:13À Paris, absolument. Alors Cédis, qu'on peut se demander quand même, parce qu'à l'époque, Laurent Nouniès avait
01:18réagi, Aurore Berger avait réagi, le Premier ministre avait réagi,
01:21et vous, invité d'Anne-Sophie Lapique sur M6 le 5 avril, vous aviez reproché à Emmanuel Macron d'avoir
01:26eu un réflexe clanique,
01:28le suspectant d'être en partie d'accord avec les propos racistes qui vous ont visé.
01:32Est-ce que vous n'êtes pas un peu emballé ? Est-ce que vous regrettez ces propos ?
01:35Non, je ne regrette pas, parce que moi je suis issu des quartiers populaires, et il est vrai qu'il
01:38y a toujours un traitement particulier,
01:40c'est-à-dire que les mêmes actes commis sur une personne normale, le niveau, le temps de réaction n
01:45'est pas les mêmes, y compris pour celle-ci.
01:46Mais là, il y a eu réaction, il y a eu réaction du ministre de l'Intérieur, ici même dans
01:49ce studio, encore une fois du Premier ministre.
01:50Oui, mais moi, ma réaction attendue était celle du Président de la République.
01:54Donc mon propos, il concernait le Président de la République.
01:58Parce qu'autant, ils ont été très rapides, par exemple, pour condamner l'arrêté que j'ai pris,
02:02parce que le préfet, l'arrêté anti-expulsion, que j'ai pris, a été immédiatement...
02:06Ça, c'est le tribunal administratif, c'est un autre sujet, vous avez pris un arrêté anti-expulsion,
02:09qui, comme d'autres, qui avait été pris par d'autres maires, a été retoqué...
02:13Assez rapidement, c'est quasi, même pas moins de 24 heures.
02:16C'est pas sur le fond, c'est suspendu sur la forme, mais ça sera examiné sur le fond plus
02:19tard.
02:19Ça, c'est le fonctionnement de la justice.
02:20Clairement, mais je souhaite que, par exemple, sur des sujets aussi importants, que le fonctionnement de l'État soit aussi
02:25réactif.
02:26Bon, revenons, on va venir après sur votre méthode de gouvernement et de gouvernance à Saint-Di,
02:31mais quand même, on peut sans doute reprocher beaucoup de choses à Emmanuel Macron,
02:34mais depuis 9 ans qu'il dirige la France, il n'a jamais été pris en flagrant délit de racisme,
02:38non ?
02:38Ah, je ne dis pas qu'il ait pris la main en flagrant de racisme.
02:43Je dis juste que, dans une séquence particulière comme celui-ci, il aurait dû réagir.
02:48Je suis le maire d'une ville la plus importante du département de la Seine-Saint-Denis,
02:52et l'île deuxième ville de l'île de France.
02:54Je dis juste une chose, c'est que cette réaction, qui d'ailleurs est attendue pas par le maire en
02:58tant que tel,
02:59mais par la population, en fin de compte,
03:01et c'est ça le sujet.
03:02Il est raciste ou il n'est pas raciste, Emmanuel ?
03:03Ah non, je ne dis pas à moi qu'il est raciste.
03:05Il n'est pas raciste ?
03:05Je dis juste que, non, je ne dis pas qu'il est raciste.
03:07Mais vous dites qu'il n'est pas raciste ?
03:08Je ne dis pas qu'il est raciste.
03:09Est-ce que vous dites qu'il n'est pas raciste ?
03:10Je vous répète une chose, je ne dis pas qu'il est raciste,
03:12je dis juste que son silence interroge dans une séquence qui était une séquence extrêmement importante.
03:16Et du coup, est-ce que vous avez raccroché son portrait dans votre bureau de maire ?
03:19Parce qu'il paraît qu'il était à terre dans votre bureau.
03:20Il est toujours à terre pour un moment,
03:22parce que je ne suis pas adepte de ce type de portrait.
03:27Alors c'est lui, mais comme tous les autres présidents de la République en tant que tel.
03:30Ce n'est pas très républicain, c'est le chef de l'État.
03:33On ne vous demande pas de l'aimer lui, mais c'est le respect de l'institution.
03:36Le respect de l'institution, c'est quand un maire comme moi, je suis élu,
03:40ce n'est pas de recevoir de la part, par exemple, de David Amiel,
03:43qui est le ministre des comptes publics,
03:46des propos qui sont discourtoires,
03:47sur la manière dont je dois m'adresser au personnel communal.
03:50Donc c'est ça.
03:51Moi, je suis républicain en fin de compte.
03:52Je porte la républicain pour en réalité.
03:54Bon.
03:54Vous avez organisé, vous l'évoquiez, le 4 avril d'une manifestation à Saint-Denis contre le racisme.
03:59Vous savez mieux que personne que les mots ont un sens, Balibagayoko.
04:02Pourquoi avez-vous appelé à marcher contre le racisme
04:05et pas contre le racisme et l'antisémitisme ?
04:08En réalité, pour être totalement transparent, cette marche était, pour être complète,
04:12marche contre le racisme, l'antisémitisme, l'islamophobie.
04:16C'était ça le terme au complet.
04:17C'était ça le terme au complet ?
04:18Moi, je pensais que c'était rassemblement citoyen contre le racisme, point.
04:21Le terme au complet, c'était celui-ci.
04:22D'ailleurs, j'ai eu l'occasion de préciser les pensées chaleureuses,
04:25d'ailleurs, du rabbin Belinov,
04:26qui m'a publiquement fait une vidéo pour témoigner de la rabbin de Saint-Buny.
04:31Il ne pouvait pas être là, d'ailleurs, parce que c'était Shabbat à ce moment-là.
04:33Donc il n'y a aucun sujet sur ce problème.
04:35Alors, il y aura un sujet demain à l'Assemblée nationale,
04:37puisque les députés vont examiner une proposition de loi qui a fait beaucoup réagir.
04:40La proposition de loi déposée par la députée Caroline Yadant,
04:42on en parlait tout à l'heure dans le journal,
04:44pour lutter contre les nouvelles formes d'antisémitisme.
04:46Ça, c'est l'intitulé.
04:47Vous faites partie de ceux qui soutiennent cette proposition de loi
04:50ou de ceux qui ont signé la pétition contre ce texte ?
04:53Pétition, notons-le, qui a déjà recueilli plus de 700 000 signatures.
04:56Un million.
04:57Non, 700 000.
04:58700 000.
04:58700 2 000.
04:59Moi, j'ai un million, un million cent.
05:00On va vérifier tout de suite sur le site de l'Assemblée,
05:02mais ce matin, c'était 700 2 000.
05:03D'accord.
05:03En tout cas, ce que j'observe, c'est que...
05:05Vous l'avez signé, vous ?
05:05Je l'ai signé.
05:06Pourquoi ?
05:07Je l'ai signé parce que je considère que ce projet de loi
05:10est une atteinte, pas pour le coup, aux valeurs de la République en tant que telle.
05:13Et donc, c'est la raison pour laquelle nous appelons l'ensemble, d'ailleurs,
05:16des citoyens à se lever pour, justement, condamner ce type de projet de loi
05:20qui...
05:20Mais pourquoi ?
05:21Les actes antisémites explosent dans le pays, c'est du racisme aussi.
05:25La lutte contre l'antisémitisme ne vaut pas un texte de loi ?
05:28Non, non, c'est pas...
05:29Derrière ce texte-là, c'est pas ça dont il s'agit.
05:31Il s'agit précisément d'empêcher, en fin de compte,
05:34toutes celles et ceux qui auront un avis, un avis,
05:37sur la manière dont, y compris, par exemple, le peuple palestinien
05:42est actuellement, je veux dire, tué, chaque jour,
05:44avec des milliers et des milliers de morts.
05:46Et donc, c'est ça dont il s'agit.
05:47Et c'est ça, en fait, précisément, cette condamnation
05:49qui vaudrait que l'on puisse être coupable, en fait, d'antisémitisme.
05:53C'est ça, le sujet derrière.
05:54Principalement, et c'est la raison pour laquelle, moi, j'ai signé,
05:56parce que c'est ce sentiment profond, en fait, qui transpire dans le secte.
05:59Voilà.
06:00Donc, je trouve que le sujet est extrêmement sérieux
06:01pour ne pas rentrer dans quelque chose, en fait,
06:03qui viserait quasiment à englobarer, en fait, cette approche-là,
06:06pour, justement, discréditer toutes celles et ceux qui auront un avis.
06:08On vient de vérifier ces 703 000 signatures.
06:11Alors, on se parle à 7h48.
06:13De la même manière que vous êtes victime de racisme,
06:16de manière insupportable,
06:17elle est l'objet d'une vague de cyberharcèlement
06:19et d'attaques antisémites.
06:20Est-ce que vous la soutenez, Caroline ?
06:21Je la soutiens, je condamne, bien sûr.
06:22Et ça, ça n'a aucune difficulté pour le faire.
06:25Et donc, nous, nous n'avons pas d'indignation à gémotri-variable.
06:29Donc, c'est très clair.
06:29C'est-à-dire que celles et ceux qui sont nos frères et sœurs en humanité
06:33reçoivent la même sympathie et la même détermination
06:36pour nous pour agir sur ces questions-là.
06:38Mais ce qui n'en est, en rien, le projet de loi qui est le pas.
06:40On va revenir à la méthode Bagayoko
06:42qu'on est en train de découvrir,
06:43qui ne s'embarrasse pas de fioritures.
06:45Sitôt élu, vous aviez annoncé que vous désarmeriez la police municipale,
06:48que vous retireriez aux policiers
06:50leur LBD, lanceur de balles de défense.
06:52Alors, est-ce que vous l'avez fait ?
06:53Oui, c'est-à-dire que le LBD en tant que tel
06:57est l'arme, en fait, qui est très peu utilisée.
06:59Ce qui a été précisément indiqué à la police municipale de Saint-Denis.
07:01D'ailleurs, ils sont toujours là, pour beaucoup d'entre eux,
07:05notamment les fake news qui sortent.
07:06Combien sont partis ?
07:07Non, non, non, oui, justement, entre Éric Ciutti.
07:09Éric Ciutti indique qu'il en a reçu cinq.
07:11Bon, j'apprécie vraiment, ce n'est pas vérifiable.
07:1390 qui avaient été annoncés, je ne sais plus par quel média, ce qui est faux.
07:16Et 30 qui avaient été annoncés par, je ne sais plus, quel autre média.
07:18Donc, c'est faux.
07:19Aujourd'hui, nous avons objectivement deux personnes qui sont parties.
07:22Deux personnes qui sont parties ?
07:24Vous avez assez de policiers ou pas ?
07:25Nous avons, nous nous disons, pour la police municipale,
07:27nous avons vocation à maintenir les effectifs.
07:29En revanche, la police nationale, parce que c'est ça dont il s'agit,
07:31on parle beaucoup de la police municipale,
07:32mais il est intéressant de voir quelle est l'offre de la police nationale sur le territoire.
07:36Nous avons un écart extrêmement important.
07:38Donc, c'est le sens, en fait, du courrier aussi qui a été remis au président de la République,
07:41où je souhaite qu'on puisse réinterroger à la fois
07:43la dotation en matière de moyens humains par la police nationale
07:46et les moyens consacrés à la prévue.
07:47Donc, vous demandez au ministre de l'Intérieur d'envoyer davantage de policiers nationaux à celui ?
07:51Nationaux et une action résolue à nos côtés sur la question de la prévention.
07:54Bon.
07:54Mais est-ce que c'est bien raisonnable de désarmer votre police municipale
07:57dans une ville où les vols avec armes ont augmenté de 9% l'an dernier,
08:00où il y a eu 829 cambriolages ?
08:02Est-ce que, finalement, c'est la bonne méthode ou est-ce que c'est du dogmatisme ?
08:05C'est qu'en même temps que l'on dit ça,
08:06il faut aussi mettre le baromètre en faite sociale
08:08où la première demande, en fait, de nos territoires,
08:10c'est la question de la réponse en faite sociale.
08:13Donc, je n'oppose pas les deux,
08:14mais je dis juste que nous considérons qu'il faut prêter l'ensemble des différentes problématiques
08:18et la première urgente chez nous, c'est la question sociale.
08:20Donc, la police municipale, elle est maintenue dans ses effectifs,
08:22elle est maintenue, y compris en termes de vidéoprotection,
08:24puisque c'est 834 caméras actions.
08:25Ça, vous ne les débranchez pas ?
08:26Nous, nous ne les débranchez pas.
08:28En revanche, nous faisons un audit d'efficacité de certaines de ces caméras
08:31sur la doctrine, en fait, parce que c'est principalement ça dont il s'agit.
08:34Puisque le LBD, c'est une arme parmi tant d'autres.
08:36Ils ont le 9 mm, ils ont la gazeuse,
08:38ils ont y compris le pistolet à impulsion électrique.
08:41Donc, ne donnons pas le sentiment, en fin de compte,
08:43que la police municipale de Saint-Denis et Pierre-Philippe-sur-Seine,
08:45en fait, auraient pu juste des pistolets à eau.
08:47Et le LBD, il est dans le placard ou il est dans la voiture ?
08:49Il est dans la voiture.
08:50Il reste dans la voiture.
08:50Il reste dans la voiture et le nombre, en fin de compte, sera arrivé.
08:54Et combien de policiers nationaux, demandez-vous, vous n'avez pas été précis là-dessus ?
08:56Nous, nous avons, parce que la jauge, elle est à peu près à 350 policiers.
09:01Vous avez combien supplémentaires ?
09:03Pour l'instant, je considère que si jamais l'État a été capable déjà
09:06de faire un effort d'augmentation de 20% de ses effectifs,
09:10ça permettrait déjà de pouvoir traiter une partie des problématiques.
09:13Plus de 20%.
09:1320%.
09:14Plus de 20%.
09:15Bali Bagayoko, on parlait de votre arrêté anti-expulsion
09:18qui a donc été retoqué par le tribunal de Montreuil hier.
09:21Il y a vos déclarations sur le désarmement en partie,
09:24vous l'avez expliqué, de la police municipale.
09:25C'est ça la méthode Bagayoko ?
09:27On fait feu de tout bois, on fait du buzz,
09:28même quand on sait que ça ne passera pas ?
09:30Non, ce n'est pas ça.
09:31Moi, je suis maire d'une ville où il y a des questions sociales qui sont posées,
09:34mais il y a des réalités concrètes,
09:35et donc je fais juste de la politique en réalité.
09:37Parce que prendre un acte anti-expulsion,
09:40c'est de dire, en fin de compte, que notre République va mal.
09:43Puisque, au-delà du fait qu'on peut avoir un certain nombre de locataires indélicats
09:46qui rencontrent parfois pour certaines des situations sociales compliquées,
09:49que la question de les mettre à la rue n'est pas un problème.
09:53C'est un aboutissement ou c'est un tremplin pour vous ?
09:55Parce que certains disent déjà qu'il est en orbite, Bali Bagayoko.
09:58Oui, mais ça c'est grand classique. Vous savez, moi j'ai beaucoup été dans des chemins solitaires.
10:03Voilà, les projecteurs n'étaient pas sur moi,
10:05donc je sais faire de ces moments-là une forme de modestie.
10:08Non, non, moi je suis maire à plein de l'exercice de Pierre Pite et de Saint-Denis.
10:11Vous serez dans la campagne de 2027 avec Jean-Luc Mélenchon ?
10:13Forcément, une ville importante comme Saint-Denis,
10:14nous aurons une responsabilité particulière à agir
10:16pour faire en sorte déjà de faire reculer l'extrême droite
10:19et voire même de battre l'extrême droite dans les urnes.
10:21Merci beaucoup Bali Bagayoko d'être venu sur RTL ce matin.
10:23Dans un instant c'est fini.
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