00:00Bonjour Anne-Elesi Capilini. Alors, à quelques heures de l'actualisation de la notation de Fitch sur la dette française,
00:05la presse internationale s'inquiète de cette dette.
00:08Oui, parce que désormais la principale source d'inquiétude pour les investisseurs n'est plus l'Italie, comme c'était
00:12le cas à un moment, mais bien la France.
00:14C'est l'avis du Financial Times qui rappelle que les coûts d'emprunt de Paris ont été supérieurs à
00:19ceux de Rome pendant une bonne partie de l'été.
00:22Bon, c'est un renversement de la tendance historique et ça témoigne surtout d'un changement majeur dans la perception
00:28des marchés vis-à-vis de ces deux pays, l'Italie et la France.
00:31Un des analystes interrogés par le FT le dit très clairement.
00:34D'ailleurs, si vous demandez à n'importe quel acteur des marchés de vous dire quel est le maillon faible
00:40de l'Europe, et bien la plupart vont pointer du doigt la France.
00:44Pourquoi ? À cause de la combinaison de risques liés à la croissance, à la politique et aux finances publiques.
00:49Justement, le bras de fer politique qui s'annonce sur le budget français va être le plus risqué de sa
00:55carrière pour le président Macron.
00:56C'est l'avis de Bloomberg ce matin qui rappelle que cette semaine de rentrée a surtout marqué le début
01:02d'un mois de négociations sur le budget.
01:04Négociations qui s'annoncent extrêmement compliquées.
01:07D'ailleurs, en faisant le tour de la presse internationale, tous les articles qui parlent de la dette française rappellent
01:13aussi l'échéance du 18 avril.
01:15Oui, l'élection présidentielle. Bloomberg le rappelle, s'il n'y avait pas de budget avant la présidentielle, ça pourrait
01:20énormément inquiéter les investisseurs.
01:22Et surtout provoquer une nouvelle explosion du déficit qu'il faudrait ensuite des mois pour résorber.
01:27Autre échéance électorale qui approche à grands pas, les mi-termes aux Etats-Unis.
01:31Selon l'All Street Journal, les patrons se tournent désormais vers les démocrates.
01:34Mais oui, après avoir courtisé, financé la campagne de Donald Trump, les grandes entreprises de la tech sentent désormais que
01:41le vent pourrait tourner à Washington,
01:43que les Républicains pourraient perdre le contrôle de la Chambre des représentants après les mi-termes.
01:48Et c'est vrai qu'en général, les élections de mi-mandat sont plutôt défavorables au pouvoir en place et
01:52favorables à l'opposition.
01:54Donc, ces géants technologiques prennent tout un tas de mesures pour s'attirer les faveurs des démocrates.
01:59Le Wall Street Journal parle notamment de dons faits par Meta aux démocrates.
02:04D'autres entreprises recrutent même d'anciens collaborateurs démocrates pour essayer de resserrer un peu les liens avec le camp
02:10démocrate.
02:10D'autres encore mettent en place des groupes de réflexion pour anticiper d'éventuelles enquêtes du Congrès.
02:15Meta et Palantir notamment, qui s'attendraient à être un tout petit peu inquiétés par le futur Congrès,
02:21notamment par leur soutien à Donald Trump et à ses activités politiques.
02:24Et puis dans la presse, il y a évidemment la crue meurtrière qui a fait des centaines de morts au
02:28Népal.
02:29Oui, le bilan humain est évidemment dramatique.
02:31Il y a près de 500 victimes, plus de 1000 disparues.
02:33Ça va encore augmenter.
02:35Donc, il y a un bilan humain dramatique.
02:37Il y a aussi un bilan économique et géopolitique.
02:40C'est le South China Morning Post qui en parle ce matin.
02:43Pourquoi ? Parce que le Népal essaye de réduire sa dépendance vis-à-vis de l'Inde depuis des années.
02:49Et donc, se tourne depuis quelques temps vers la Chine.
02:53Et cette catastrophe risque aussi de perturber ce rapprochement économique.
02:57Pourquoi ? Parce qu'un mur de boue a frappé Jirong.
03:00Jirong, c'est un poste frontière entre la Chine et le Népal.
03:04C'est un point d'ancrage très stratégique entre ces deux pays.
03:08C'est par là que devait passer la ligne ferroviaire entre le Népal et la Chine.
03:11C'est par là que transitent déjà 30% des échanges commerciaux entre les deux pays.
03:16Aujourd'hui, ce poste frontière est évidemment inutilisable.
03:20Donc, ça fera sans doute partie, une fois l'urgence passée, des chantiers prioritaires pour la reconstruction.
03:25Merci Annalisa Capellini.
03:27On vous retrouve à 8h35 et à 7h15.
03:29Ce sera le parti pris de Mathieu Joliveil.