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  • il y a 14 minutes
Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Pierre de Vilno pour débattre des actualités du jour.

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00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:05Avec Catherine Ney, bonsoir chère Catherine.
00:07Bonsoir Pierre.
00:08Bonsoir Antonin André.
00:08Bonsoir Pierre.
00:09Nous accueillons Jean-Louis Borloo.
00:10Bonsoir monsieur le ministre.
00:13Quoi ?
00:13Jean-Louis, Jean-Louis, Jean-Louis.
00:14Jean-Louis ça va être difficile pour moi de vous appeler Jean-Louis tout de suite.
00:17Bon, ben quand vous voulez.
00:18Cher Jean-Louis Borloo.
00:19Non mais je suis parti il y a 13 ans, 15 ans, je ne sais plus.
00:20Ah oui, mais on reste ministre à vie, vous le savez aussi bien que moi.
00:24Je disais tout à l'heure dans mon éditorial qu'il y avait deux types de personnel politique.
00:29les nouveaux qui gèrent les affaires courantes
00:31et les anciens, pardonnez-moi, dont vous faites partie,
00:33qui veulent renverser la table.
00:35Moi je veux bien renverser la table mais on commence par où ?
00:38Je ne sais pas ce que ça veut dire renverser la table.
00:41Ceux qui veulent renverser la table tout en mettant la nappe,
00:44si vous voulez, j'ai un petit peu de mal à comprendre.
00:46Mais oublions ça.
00:48C'est une façon de parler, c'est-à-dire qu'il faut tout refonder, il faut tout reprendre.
00:53Non, non, attendez.
00:55Quand vous devez être opéré, quand il y a une maladie,
00:57quand il y a un rendez-vous médical,
00:58c'est bien de faire la prise de sang, l'IRM, la radio, le scan, le diagnostic,
01:04puis avoir une feuille de route.
01:05Vous avez l'air de connaître le sujet.
01:07Pour savoir, très précisément, oui, pour savoir où on va.
01:11Et ne pas continuer à poursuivre un chemin en rajoutant juste des couches, etc.
01:16On peut se poser de temps en temps la question.
01:18Quand une boîte est en faillite, ce qui est notre cas,
01:22c'est quoi une boîte en faillite ?
01:23Ce n'est pas une boîte qui perd beaucoup d'argent.
01:25Bien sûr qu'elle perd beaucoup d'argent, la nôtre.
01:27Mais c'est surtout que toutes ces...
01:29Sous le drame, c'est que toutes les détériorations
01:33qui amènent à cette perte d'argent.
01:36Le déficit, c'est le résultat de l'organisation,
01:38de la désorganisation d'un pays.
01:40Et la règle est toujours la même.
01:41Quand ça ne marche pas, rien ne marche.
01:43Il n'y a pas un truc qui marche et le reste, rien ne marche.
01:46Là, c'est le logement, c'est la crise.
01:48L'éducation, vous avez les résultats, PISA.
01:50Le commerce extérieur, vous l'avez.
01:52Pour la première fois, on est un portateur net d'agriculture et d'élevage.
01:55La situation de la jeunesse est catastrophique.
01:58Je ne parle pas que de PISA.
02:00Les résultats de la...
02:01Enfin, ce qui se passe à l'aide sociale à l'enfance.
02:03Bref, rien ne fonctionne.
02:04Donc, comme on est dirigé par des gens intelligents, honnêtes,
02:07qui essaient de bien faire et qui ne sont pas corrompus,
02:09vraiment qu'ils essaient de bien faire,
02:11c'est peut-être qu'on a un modèle, une organisation qui est plus adaptée.
02:14C'est le propre, d'ailleurs.
02:15Il n'y a pas de drame dans tout ça.
02:16Donc, on reprend les problèmes un par un.
02:19Un, notre organisation, qu'est-ce qu'elle vaut ?
02:21Je peux vous dire, c'est la pire au monde.
02:24Parce que ?
02:25Parce que ou les États, ils sont fédérés,
02:27ou les États, ils sont centralisés.
02:30Il y a une règle, et puis c'est cohérent.
02:33Peu importe, c'est la culture des États.
02:35Nous, on n'est ni l'un ni l'autre.
02:37Exactement, on est les deux.
02:38On est hybridés.
02:39Alors, je vous donne...
02:41Et alors, on est hybridés à trois.
02:42C'est-à-dire que vous avez le paritarisme géré par les partenaires sociaux,
02:46le gros de l'action publique,
02:48plus de 800 milliards de collectes,
02:51les collectivités, toutes les collectivités 380,
02:54pour vous donner les ordres de grandeur,
02:56et l'État, moins de 300.
02:57C'est-à-dire qu'en fait,
02:58vous pensez que vous êtes dans un État centralisé,
03:00mais pour faire une crèche,
03:02il va falloir que vous discutiez avec le département,
03:04avec la région, avec l'ARS,
03:06avec la Ville, avec l'AVO, l'AGLO,
03:09avec la Caisse d'Allocations Familières,
03:11et avec la MSA.
03:12Tout ça n'a aucun sens.
03:13Si vous regardez le problème de la jeunesse,
03:16la jeunesse, vous avez l'ASE,
03:19la PJJ, le département,
03:21tout ça n'a aucun sens.
03:22Donc, la France est un pays où rien ne se fait à moins de 7.
03:26Rien.
03:27Cette organisation, cette financeur,
03:29une lourdeur invraisemblable.
03:31Vous avez donc des comités de suivi,
03:33des comités de pilotage,
03:35des comités de réunion en tout genre,
03:37et vous cumulez une bureaucratie de transmission invraisemblable.
03:41Mais est-ce qu'on peut le réformer, ça ?
03:42Bien sûr.
03:43Il suffit juste de décider le modèle qu'on souhaite.
03:46Attendez, mais pourquoi on ne le fait pas ?
03:48Ça a l'air...
03:48Mais qui décide, surtout ?
03:49C'est les Français qui décident.
03:51Non, parce que, en gros...
03:53Mais non, mais attendez...
03:54Parce qu'on ne l'aura pas expliqué comme ça, Jean-Louis Borloo.
03:56Mais d'accord.
03:56Mais les Français...
03:57Attendez, les Français,
03:58ils sont invités à se prononcer bientôt.
03:59Monsieur Borloo.
04:02Je vous rappelle qu'ils se sont prononcés une fois.
04:04Le général de Gaulle, en 69,
04:06il avait bien compris ça.
04:07Il avait dit qu'il est temps que la province s'occupe des affaires de la province.
04:11Bref, il a fait un référendum.
04:13Il a proposé que les provinces,
04:16ce qui serait aujourd'hui une partie des services de l'État,
04:20de la région, du département, de la CAF, etc.,
04:23s'occupe de ce qu'on appelle...
04:24Mais là, on n'a rien proposé.
04:25Comme ça, vous avez dit qu'on était une bonne volonté au niveau de l'exécutif.
04:28Le général de Gaulle l'avait proposé.
04:30Il a perdu le référendum.
04:33Depuis, on continue.
04:35On ne fait strictement rien.
04:37Vous voulez dire que les gens intelligents sont paresseux ?
04:40Non, ce n'est pas ça.
04:41Je vais vous expliquer pourquoi.
04:43Vous savez, c'est un problème d'abeilles.
04:45Pour qu'il y ait de l'intelligence, il faut qu'il y ait de la diversité.
04:48Pour qu'il y ait de la vie, il faut de la biodiversité.
04:50C'est pour ça qu'il y a des abeilles qui apportent des sucres différents.
04:52Dans un groupe humain,
04:54vous allez avoir un regard de polytechnicien, d'ouvrier,
04:57de kinésithérapeute, de prof, un peu importe.
04:59Et un regard de l'organisateur du travail des autres.
05:02Parle bien devant le micro.
05:03Le manager ou l'inspecteur, comme vous voulez.
05:05Quand la tribu meurt, c'est quand un seul regard a pris le pouvoir.
05:09En France, le pouvoir des contrôleurs, des inspecteurs ont appris 100% du pouvoir.
05:15L'écart type maximal d'un gouvernement français, quel qu'il soit,
05:18va de Sciences Poli à Sciences Po Paris.
05:20C'est-à-dire des gens qui, à titre personnel, sont tout à fait remarquables,
05:23très engagés, qui essaient de bien faire,
05:25mais ensemble ont un regard qui est consanguin et univoque.
05:28Et donc, ils ne se rendent pas compte, en réalité, de ce qui se passe.
05:32Ils ne sont pas allés à la Cour nationale du droit d'asile voir comment ça se passe.
05:36Ils ne sont pas allés à l'Azeu pour voir comment ça se passe.
05:37Donc c'est des Chadocs ?
05:39Ils moulinent, ils moulinent, ils pédalent, ils pédalent, et en fait, il ne se passe rien.
05:42C'est un système qui vient de loin.
05:44La monarchie Robespierre, Codif, Fiena Poel,
05:47non mais attendez, le système français vient de loin,
05:49sauf qu'avec le temps, il s'est dépiauté, et il est devenu hybride.
05:54Donc la question, c'est comment on réorganise ça ?
05:57Je donne un exemple, en matière de logement, on a une crise du logement.
06:00On tombe à 240, 250 000.
06:03Enfin, c'est effrayant.
06:04On en a besoin de 500.
06:06Pardon, mais ça intéresse tout le monde.
06:08Les mamans, c'est le nid, les jeunes à 22 ans, 23 ans, 24 ans.
06:12C'est dramatique.
06:14Pour faire un bloc de logements, de 50 logements,
06:17vous avez 42 organisations, 42 autorités.
06:20Mais on est dingue, on est dingue.
06:22Tout ça, c'est le diagnostic Jean-Louis Borloo,
06:23mais vous ne m'avez toujours pas dit par où on commençait et comment on faisait.
06:26Comment ça ?
06:26Parce que vous m'avez dit, vous avez le diagnostic,
06:30vous avez dit qu'il y avait des strates épouvantables les unes après les autres.
06:34Vous avez dit qu'on ne pouvait pas décider à plusieurs
06:36parce que les uns et les autres ne se comprenaient pas,
06:39même s'ils étaient très très brillants.
06:40Moi, en attendant, je vois, c'est ce qu'on appelle l'administration.
06:44C'est le rôle ou compresseur de l'administration.
06:47Ça revient aussi à la dépense publique qui est de 1 700 milliards par an.
06:53Et on nous dit toujours, vous comprenez, c'est la dépense,
06:55on ne peut pas toucher.
06:57Et l'administration ou les administrations,
06:59on ne peut pas toucher parce que c'est comme ça.
07:01Et la dépense publique, on ne peut pas toucher parce que c'est validé,
07:04on a mis le tampon, etc.
07:05Très bien, ça c'est le diagnostic.
07:06Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
07:07Mais vous êtes comme eux, vous n'entendez pas.
07:11Je vous dis, c'est les Français qui décideront.
07:15Mais attendez, on leur propose clairement.
07:18Mais attendez, on va leur proposer clairement.
07:20Je propose qu'on fasse un fédéralisme à la française,
07:24comme partout dans le monde.
07:25L'État va s'occuper, pour une fois vraiment,
07:28de l'avenir, de la recherche, de l'IA,
07:30des grands sujets sociétaux, de la collecte de l'impôt,
07:33de la justice, de la sécurité extérieure,
07:35de la sécurité extérieure, du quantique, etc.
07:38Ça, c'est l'État.
07:39Voilà, c'est sa responsable.
07:41L'équité, d'une manière générale.
07:43Et puis, la province, avec un parlement de province,
07:46avec un gouvernement de province,
07:48les Bretons vont définir leurs règles en matière de logement,
07:51en matière de soutien des mamans isolées,
07:54en matière de sport non olympique,
07:57de la gestion du personnel médical,
08:00du lien entre la médecine de ville et l'hôpital.
08:03Donc ça, c'est la province.
08:05Et les Bretons, ils sont assez grands.
08:08Ils n'ont pas besoin d'avoir quelqu'un au trésor
08:10qui dit, vous savez quoi,
08:11on n'a pas besoin de faire des logements chez vous.
08:13Et il y a combien de programmes avec vous ?
08:14Il y en aura 15, 16, 17.
08:16Il n'y a pas de débat sur la réalité
08:20de ces provinces.
08:21Mais tout ça, moi j'en ai parlé aux partenaires sociaux,
08:24à tous les présents de région, de département,
08:26les villes, les aôpitales, tout le monde est d'accord.
08:28Tout le monde sait très bien qu'en gros,
08:30cette sur-confusion où tout le monde fait tout,
08:35personne n'est responsable de rien,
08:36nous coûte 100, 120 milliards,
08:38mais surtout, nous coûte 5 à 7 ans de toute décision.
08:41Je donne un exemple.
08:44En France, Notre-Dame,
08:46vous n'auriez pas commencé à faire les travaux
08:48si on avait suivi la règle française.
08:50Il a fallu une loi d'exception qui dise
08:53qu'on ne tient pas compte des administrations,
08:56des règles, d'urbanisme.
08:57On n'aurait pas commencé sans ça.
08:59Donc c'est bien la démonstration
09:01que notre système ne marche pas
09:03et qu'on peut le faire.
09:04Donc il faut faire ça.
09:05On a la même chose en matière de justice,
09:07une situation d'une complexité absolument invraisemblable.
09:11Le problème, ce n'est pas l'indépendance,
09:13pas les indépendances.
09:14Les gens ont essayé de bien faire.
09:15Le système est complètement d'une complexité.
09:18Eux-mêmes, s'ils retrouvent ça,
09:20vous avez ça dans tous les secteurs d'activité.
09:22Donc en matière de sécurité,
09:25on a la même chose.
09:25Donc les mécanos, c'est quoi ?
09:27C'est des gens qui, partout,
09:29partout, là où il y a des rotules,
09:30là où il y a des prises de décisions,
09:31là où il y a des responsabilités,
09:33se disent, attends Jean-Louis,
09:34tu vois, là, ça ne marche pas.
09:36Là, la jeunesse, on ne peut pas...
09:38Vous voyez, même Patrick Martin,
09:40le patron du Ménière,
09:41il sort un bouquin
09:42« Pourquoi la jeunesse doit être une grande cause nationale ? »
09:45On travaille ensemble là-dessus.
09:47Là, je vais à Epinal pour voir le sujet de la jeunesse.
09:49On ne peut pas garder 20% de la jeunesse
09:52qui n'est pas dans le train de la croissance.
09:54L'avenir, l'avenir économique,
09:56de productivité,
09:57je ne parle pas du drame,
09:58sinon d'une jeunesse qui va se retourner
10:00contre le SIEM,
10:01qui a déjà commencé.
10:02Posez-vous la question de l'ultra-violence.
10:05Posez-vous la question des mineurs isolés.
10:06Posez-vous la question des enfants soldats,
10:09qui ont touché une arme avant la puberté.
10:12L'histoire de l'ASE,
10:13c'est invraisemblable.
10:15Donc, oui, le système ne fonctionne pas.
10:18Il faut tout un village pour élever un enfant.
10:20Le Ménèvre, vous le dit,
10:22la croissance française passera
10:23par le retour de cette jeunesse
10:25dans des scènes de formation
10:27et des systèmes...
10:2919h26,
10:29Jean-Louis Borloo est déjà chauffé
10:31et il revient dans un instant.
10:33A tout de suite.
10:36Sous-titrage Société Radio-Canada
10:38Merci.
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