00:00Europe 1 Soir, 19h-21h, Pierre de Villeneuve.
00:05Toujours avec Joseph Masses-Caron et Victor Hérault pour évoquer l'actualité marquée par la mort de Quentin.
00:12Et je vous rappelle cette information principale, une enquête pour homicide volontaire, violence aggravée,
00:19association de malfaiteurs a été ouverte par le procureur de Lyon qui a donné des détails sur ce lynchage
00:26par au moins six personnes qui étaient tellement violents que ces blessures étaient au-delà de toute ressource thérapeutique.
00:34Le traitement médiatique a été assez différent selon les médias, justement, nous disait Laurent Tessier ce matin sur Europe 1.
00:43Je vous propose d'écouter un extrait de sa chronique.
00:46Sur France 2, vendredi soir dans le 20h.
00:49Alors que Quentin était dans un état de mort cérébrale, un sujet n'est arrivé qu'à 20h17.
00:54Et samedi à 13h.
00:56Bonjour à tous, ravis de vous retrouver sur France 2, voici les titres de ce samedi.
01:00Pas une seule seconde sur Quentin.
01:02Alors la chaîne s'est réveillée samedi soir avec la mort de Quentin en troisième titre.
01:06Il a fallu attendre 13h hier pour que ce soit l'ouverture.
01:09Chez France Inter, dans le journal de 8h, samedi une brève de 37 secondes.
01:13Et la presse écrite, samedi, le lynchage à mort de Quentin n'était même pas en une du journal Le
01:18Parisien,
01:18mais un article à la 14ème page.
01:20Hier dimanche, rien en une non plus, alors que c'était le cas pour le Figaro dès samedi.
01:24Ce matin quand même, un petit mot en bas à gauche.
01:26La tribune dimanche, rien.
01:27Alors oui, il y a une indulgence pour l'extrême gauche dans l'espace médiatique.
01:30Alors ce qui était marquant, parce que c'est visuel, c'était les deux journaux dominicaux hier.
01:35Vous avez effectivement une une sur la mort de Quentin et sur les informations qu'avait le JDD,
01:42donc dans le journal du dimanche.
01:43Et puis vous avez une une sur les Jeux Olympiques.
01:46J'ai rien contre les Jeux Olympiques, mais est-ce vraiment le sujet d'un journal dominical
01:50pour parler du sujet principal que les Jeux de Cortina dans la tribune dimanche, Joseph Massescaron ?
01:58Écoutez, moi, ayant été directeur de rédaction, je pense d'abord,
02:03alors ça va vous faire bondir, mais au délai de bouclage.
02:06– J'allais le dire.
02:06– Vraiment, absolument.
02:07Donc je ne vais pas, sur la tribune dimanche, je ne connais pas leur délai de bouclage,
02:16et s'ils se trouvent, ils n'étaient pas en situation de pouvoir faire l'article.
02:20– C'est jeudi, quand même, le lynchage de Quentin.
02:21– Oui, mais attendez, il a fallu du temps à tout le monde, quand même,
02:26d'abord pour être au courant de la situation et pour mesurer l'horreur de la situation.
02:30– Et la mort, je ne sais pas du tout, on en a parlé dès jeudi, moi, je me souviens
02:34de cette affaire.
02:36– Je ne fais pas du tout la même analyse sur ce qui concerne les radios et les télévisions, pas
02:42du tout.
02:42– Alors, votre analyse sur le 20h de France 2, qui arrive en 3ème ou en 4ème position,
02:49la présentatrice du 13h de France 2, qui dit, ça va, on en a parlé hier soir,
02:53il n'y a rien de neuf, donc on n'en parle pas du tout, du tout, hein ?
02:57C'est quand même, pardon, c'est assez étonnant.
03:00– Surtout, c'est l'expression, enfin, parce que je vous ai vu ce midi,
03:04et vous aviez raison de le souligner, c'est « il n'y a rien de neuf ».
03:07Et ça, c'est quelque chose, quand même, qui interpelle.
03:11Parce qu'à partir du moment où il y a un fait, qui est un fait aussi dramatique,
03:14et on a enregistré ce fait dramatique,
03:18dire qu'il n'y a pas d'enquête, rien qui peut être dit,
03:21ne serait-ce que, par exemple, sur ce qu'est la jeune garde,
03:26sur son histoire, sur le fait que c'est une association
03:33qui a regroupé, qui est parvenue à regrouper tous les antifas,
03:37avec un seul objectif, non pas un objectif idéologique,
03:41mais une esthétisation de la violence.
03:43Et d'ailleurs, tous les produits, ça a été dit très très bien par Olivier Vial,
03:48qui est un spécialiste des radicalités en France,
03:51qui était « Ce matin sur Orbe ».
03:52Voilà, « Ce matin sur Orbe », il a très très bien dit,
03:54et il a dit mille fois raison, c'est-à-dire que,
03:56moi, j'ai bien vu, en effet, toutes les photos,
03:59tous les podcasts, tout ce qui était fait par eux de produits,
04:03c'était des vidéos de combat.
04:04Enfin, attendez, c'est quand même quelque chose...
04:06Il y a une esthétisation de la violence.
04:08Une esthétisation, d'ailleurs, alors là, pour le coup,
04:10qui ramènerait à des époques des années 30.
04:13Ça, c'est absolument et totalement évident.
04:16Et puis, il y a aussi plein d'éléments, quand même,
04:17qui sont mis en cause.
04:18Là, on cherche, bien sûr, les coupables,
04:20mais moi, j'ai vraiment des interrogations
04:23qui auraient dû être faites à ce moment-là
04:25sur la responsabilité du directeur de Sciences Po Lyon.
04:29Ça me paraît tellement évident.
04:31Parce que...
04:32Inviter Rima Hassan.
04:33On commence, voilà, il faut commencer par le début.
04:35Inviter Rima Hassan.
04:36Si Rima Hassan n'avait pas été invité,
04:38non pas pour faire une conférence,
04:40parce que la conférence de Rima Hassan,
04:43ça tient en un mot, hein.
04:44Israël est un État nazi.
04:45Voilà, c'est pas la peine d'aller...
04:47Grosso modo, c'est ça.
04:47Non, mais c'est ça.
04:48Donc, c'est pas la peine d'aller plus loin.
04:49Et le Rima, c'est un mouvement de résistance.
04:51Voilà, ce n'est pas une conférence,
04:53c'est un meeting politique.
04:55C'est un meeting politique.
04:56Donc, à partir d'admettre un meeting politique
05:00à Sciences Po,
05:00qui était fait Sciences Po Paris, peut-être,
05:02mais même Sciences Po avant Lyon,
05:04c'était pas ça, quoi.
05:04C'était l'occasion de le placer, hein, Joseph,
05:07que vous avez fait Sciences Po Paris.
05:08Oui.
05:09Vous êtes modeste.
05:10Je suis passé.
05:11Oui.
05:12Vous êtes passé.
05:12Si c'était l'anecdote,
05:14je peux dire que je l'ai fait en compagnie
05:15de Nicolas Sarkozy.
05:16Je refais la parenthèse.
05:17Voilà.
05:18Vous allez continuer comme ça ?
05:19Oui, bien sûr.
05:19D'accord.
05:20Non, non, mais simplement,
05:23la responsabilité,
05:24cette responsabilité-là,
05:25elle est absolument énorme.
05:27Victor Hérault, sur le sujet,
05:29en tant que journaliste à valeurs actuelles,
05:30vous êtes un journaliste de papier.
05:31C'était l'occasion,
05:34pour le service public,
05:35comme pour des chaînes de télé,
05:36comme pour des radios,
05:37comme pour des journaux,
05:39de pour une fois,
05:40mettre la focale sur les groupes d'extrême-gauche.
05:42Parce que, souvent,
05:43on voit des reportages,
05:45on voit des sujets,
05:46on entend des audios,
05:47des analyses,
05:48sur les groupes musculaires d'extrême-droite,
05:49c'est très bien,
05:50ils existent,
05:50ils sont dangereux,
05:52il est important de les dénoncer,
05:54et il est important de savoir
05:55ce que constitue cette mouvance-là,
05:58de comprendre ce qu'ils pensent,
05:59pour pouvoir les combattre.
06:00Mais c'est exactement la même chose,
06:02d'ailleurs, ce sont des effets miroirs,
06:03ce sont aussi des balanciers.
06:05Si j'étais un petit peu irrévérencieux,
06:07je dirais que ce sont les mêmes petits cons
06:08qui s'amusent dans la cour de récré,
06:09qui se tapent dessus.
06:11Ces deux mouvances de la vie politique,
06:14qui sont très très marginales,
06:15et qu'on voit surtout dans les facs
06:16ou dans les rues,
06:17de villes très politisées,
06:18aux alentours de facs très politisées,
06:20existent,
06:20et sont gravement dangereuses.
06:22C'était l'occasion, pour une fois,
06:24de faire un focus
06:25sur ces groupuscules d'extrême-gauche,
06:27qui, encore une fois,
06:28agissent avec les mêmes méthodes,
06:29et les mêmes réflexes et la même pensée
06:30que les groupes d'extrême-droite.
06:32C'est simplement que les uns
06:32tapent sur les autres, et inversement.
06:34Bon, ça, c'est une chose.
06:36Deuxièmement, même s'il fallait prendre...
06:37Il y a quand même des différences.
06:38Avec quoi ?
06:41De penser...
06:41Non, non, j'essaie d'avoir une différence de...
06:43Ben, attendez, si on fait...
06:45Qui a commencé le premier
06:47dans l'histoire des idées politiques,
06:50c'est quand même important,
06:51c'est l'extrême-gauche.
06:51Non, mais ça, d'accord.
06:52C'est l'extrême-gauche.
06:53Pardonnez-moi.
06:54Et que le fascisme...
06:55Le fascisme dont on parle
06:58en permanence à torré à travers
06:59est né d'une réaction contre le bolche.
07:01C'est vrai, c'est vrai.
07:02Pardonnez-moi.
07:03Historiquement, c'est vrai.
07:05Et là, je le fais historien.
07:06Je ne prends pas l'argument
07:07juste simplement dans les faits actuels
07:08parce que les histoires de vendetta,
07:10c'est toujours...
07:10Oui, mais c'est l'autre qui a commencé,
07:11donc j'ai le droit de riposter.
07:12Avec ces logiques comme ça,
07:13on ne s'arrête jamais.
07:14En tout cas, on a bien compris
07:14que les médias ont réagi différemment
07:18lors de la mort de Quentin.
07:19Ils peuvent se rattraper.
07:20On n'était pas encore sur la mort de Quentin.
07:21Il était gravement blessé.
07:23Il était entre la vie et la mort.
07:24Et ça aurait pu être autrement.
07:26Mais bon, voilà.
07:27Chacun chez soi a ses choix.
07:31Et chacun chez soi, c'est un mot là.
07:32Et chacun chez soi.
07:33Et moi, je suis à Europe 1.
07:34Et dans un instant,
07:35ça sera le journal de 20h.
07:37Restez avec nous.
07:39Europe 1 Soir.
07:4119h, 21h.
07:42Pierre de Villeneuve.
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