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NewsTranscription
00:00Sud Radio, la France dans tous ses états, le face à face.
00:05Vous êtes bien sur Sud Radio, nous sommes toujours le mardi 21 octobre 2026
00:09et je vous dis qu'à situation exceptionnelle, émission exceptionnelle,
00:11nous continuons à décrypter l'actualité avec les tragédies et les instants d'angoisse que l'on a connus.
00:17On a eu d'abord un avocat et une magistrate pour aborder le volet judiciaire
00:21de la façon dont l'état peut traiter cette crise.
00:24Et là nous allons aller un peu plus sur de la sociologie avec un prof, Arnaud Berthier,
00:28auteur d'un prof venu d'ailleurs, fondateur de Fondation Éclore, vous nous en direz un mot, Arnaud Berthier.
00:35Et puis une personnalité, un personnage à la fois, il s'appelle Julien Cocoa.
00:40Il a écrit un livre, Le Chemin du Guerrier, aux éditions d'Ulysse Blu.
00:44C'est un influenceur, c'est un ancien bandit repentier, je vais l'appeler Coco, parce qu'on l'appelle
00:49Coco.
00:50Non mais c'est formidable d'avoir le courage d'avoir eu cette période de votre vie compliquée.
00:55Et puis on se redresse, et vous témoignez, et vous dites, et évidemment aujourd'hui au vu d'actualité,
01:00vous êtes la preuve que c'est pas toujours perdu, qu'on peut faire des conneries,
01:04et qu'on peut s'en sortir et montrer le chemin.
01:06Bon ben c'est exactement ce qu'on a envie d'entendre aujourd'hui sur Sud Radio.
01:09Je voudrais juste qu'on entende un son d'une influenceuse LFiste.
01:13Hier, sur LCI, ça nous a interpellé ce qu'elle a dit, on l'écoute.
01:19Mais les pilleurs, ils n'ont rien.
01:21Vous ne vous rendez pas compte de la chance que vous avez, vous avez des choses à perdre.
01:23Les gens qui sont dans ces manifestations, nous, nous n'avons rien à perdre.
01:26Je vais vous parler d'un cas très personnel.
01:27Non mais juste mon cas personnel.
01:29Ma mère, elle est professeure d'anglais, donc elle forme l'avenir de ce pays.
01:33Ma mère, elle part tous les matins avec un paquet de gâteaux dans son sac,
01:37parce qu'elle ne peut pas payer la cantine le midi.
01:40Voilà la réalité des Français aujourd'hui.
01:41Donc en fait, vos boutiques, c'est bien mignon, super, ok, les footlockers qui ont été pillés,
01:46mais en fait, il y a une réalité, une vraie souffrance des Français.
01:49Et moi, j'aimerais qu'on parle de cette souffrance ce soir.
01:52Alors, si je comprends bien, je vais caricaturer, mais sur Sud Radio, on en parle en vrai.
01:57Salaudes riches, petits commerçants, vous vous êtes fait piller,
02:00mais c'est rien par rapport à la souffrance qu'ont des gens,
02:03et je sais si on est conscient des tragédies qu'il peut y avoir dans ce pays,
02:06des gens qui ont des fins de mois difficiles,
02:08mais arriver à mettre noir sur blanc devant une caméra de télévision,
02:11en disant, oui, c'est très mal, mais ce que les autres vivent, c'est pire,
02:15par conséquent, ne vous plaignez pas.
02:16C'est quelque chose qui vous interpelle, à notre berthier ?
02:20Est-ce que vous avez eu des élèves qui vous ont dit ça, à un moment donné ?
02:23Non, je crois qu'il faut qu'on essaye de ne pas tout mélanger,
02:26et j'espère qu'on va faire ça dans les minutes qui suivent.
02:31Je pense, par exemple, que les profs, et notamment les profs débutants,
02:37sont très mal payés, vu l'importance du rôle qu'ils jouent auprès de nos enfants.
02:42Et j'espère beaucoup, et je crois que c'est possible,
02:45qu'on puisse revaloriser non seulement leur salaire,
02:48mais en plus, l'image de leur métier, leur parcours de carrière, etc.
02:53Donc je crois qu'il y a énormément à faire pour revaloriser ce métier,
02:57et ça, c'est important, et il faut qu'on le fasse.
02:59Vous êtes d'accord ? Elle dit bien, ma maman qui est prof,
03:01n'a qu'un paquet de gâteaux pour se donner dans la journée,
03:04par conséquent, ce n'est pas très grave, évidemment, ce ne sont pas vos valeurs,
03:07mais comment est-ce qu'aujourd'hui, une jeune femme peut, en 2026, à la télévision,
03:12on a quand même un minimum de paramètres, de valeurs, de repères,
03:15dire, vous êtes quasiment des dentis, on vous pille,
03:18mais si on vous pille, c'est que vous avez de la richesse.
03:19Surtout que c'est exactement le contraire de ce qu'on communique à nos élèves,
03:24tous les jours, à chaque heure.
03:26Vous n'avez jamais enseigné ça.
03:28Essayer de leur transmettre les valeurs de la République,
03:33et sur des choses aussi simples, moi j'étais prof en collège,
03:36donc c'est des enfants jeunes,
03:38des choses aussi simples que de nettoyer la salle quand elle est salie à la fin de l'heure.
03:45Et on le fait, et on leur apprend les choses comme ça.
03:48C'est ça notre boulot au quotidien.
03:50C'est un apprentissage du civisme, ça peut être un travail ménager.
03:54Arnaud Berthier, je suppose que vous vivez difficilement,
03:59c'est notre jeunesse, c'est notre école,
04:01ce sont nos gosses, on les a élevés,
04:03Coco aussi, c'est de quoi je parle.
04:05Quand vous voyez qu'on en arrive à de telles extrémités,
04:08c'est-à-dire qu'on a des petits citoyens français élevés sur les bancs de l'école de la
04:12République,
04:12ou même une école privée, ce sont quand même des valeurs de la France,
04:16qui arrivent à se comporter.
04:17Alors, il y a le sauvageon, il y a le voyou,
04:20là on a des actes de barbarie, d'une violence assortie pour certains du Noël.
04:24Comment vous pouvez imaginer que la société française,
04:27issue du siècle des Lumières, des valeurs de 1889,
04:30on a eu le Front populaire, on a eu la résistance,
04:33on a des valeurs fondamentales dans ce pays,
04:34comment peuvent-elles être à ce point foulées, dissoutes, évaporées ?
04:40Ça me rend très triste et assez en colère
04:44de voir tous ces jeunes qui se comportent mal,
04:48et surtout, ce qui me rend triste, c'est que ça efface dans l'image de tout le monde
04:53le fait qu'on a des millions de jeunes
04:56qui se comportent bien, qui veulent apprendre,
04:58qui veulent faire un bon métier.
05:01Voilà, et on sait tous, en tout cas ceux qui sont profs,
05:04et ceux qui sont au contact de la jeunesse,
05:06que oui, il y a des enfants difficiles dans des familles compliquées,
05:12mais la majorité de nos enfants, c'est pas ça,
05:14la majorité de nos enfants veulent arriver à bien s'intégrer dans cette société.
05:20Coco, vous avez fait des bêtises, vous l'avez payé,
05:23vous voulez l'assumer, vous voulez aller plus loin
05:26en portant un message extrêmement courageux, formidable.
05:29Vous vous reconnaissez dans cette France-là,
05:31et vous avez connu certainement la souffrance des milieux défavorisés,
05:35les problèmes de l'immigration, tout ça c'est une réalité,
05:37c'est pas résolu, ça n'a pas été résolu.
05:39Pour autant, vous expliquez, vous êtes de ceux qui disent
05:43oui, c'est épouvantable, mais malgré tout, il faut comprendre,
05:46ou vous considérez qu'un seuil a été franchi, on ne peut pas accepter.
05:50Franchement, moi je pense qu'il faut dire les choses concrètement,
05:53je pense qu'il y a un gros problème lié à peut-être, je ne sais pas,
05:59je pense que c'est un peu au niveau des réseaux sociaux,
06:02je pense que ça joue énormément,
06:03et il faudrait vraiment voir si à ce niveau-là,
06:07il n'y a pas quelque chose de très important à faire.
06:10Parce que le discours de cette jeune femme,
06:16pour moi, il n'a aucun sens.
06:19C'est difficile à entendre.
06:21Que les lycéens manifestent,
06:23que les gens ne soient pas contents,
06:24parce que les choses...
06:27Ça fait partie de la réalité.
06:28Ça fait partie des faiblesses de ce pays.
06:30Les gens ont le droit de manifester dans le calme,
06:34et dans le calme, on peut obtenir énormément de choses.
06:35Et il y a des gens qui ne vont pas bien,
06:37des millions de gens qui sont malheureux.
06:38Exactement, il y a des gens comme Gandhi,
06:41qui ont obtenu énormément de choses dans le calme.
06:42C'est pour dire que la violence ne résout pas tout,
06:46et je le prouve avec mon expérience et mon passé.
06:50Mais par contre, moi, personnellement,
06:53je n'arrive pas à comprendre
06:54comment des gens peuvent ne pas réaliser
07:00que manifester et tout casser,
07:03tout casser, dans tous les sens,
07:06ça ne rime à rien à part se faire du mal eux-mêmes.
07:09En fait, ces personnes,
07:12elles volent leurs propres parents.
07:14Elles cassent les commerces de leurs propres parents.
07:17En fait, c'est pour ça que j'ai ce petit sourire.
07:19C'est un sourire...
07:20C'est un sourire...
07:22Je ne me fous pas de...
07:23Ça s'appelle un sourire dépité.
07:25Un sourire dépité.
07:26Exactement.
07:26Parce que, franchement, je ne sais pas si ces jeunes
07:30ou si ces gens se rendent compte.
07:32Moi aussi, bien sûr,
07:33j'ai fait énormément de conneries quand j'étais jeune.
07:36Tout est dans mon livre.
07:37De toute façon, je ne m'invente pas de vie.
07:39Le chemin du guéri aux éditions, le Lisebleu...
07:41Il y a énormément de personnes aussi
07:42qui ont suivi mon parcours sur les réseaux.
07:45Il se passait des choses en direct.
07:46Donc, moi, les gens ne peuvent pas dire
07:47que je suis quelqu'un qui m'invente des vies
07:49dans les quartiers populaires.
07:49Les gens me connaissent très bien.
07:51Mais par contre,
07:53des actions comme ça, non ?
07:54Où avez-vous vécu, Coco ?
07:55Je n'ai même pas assez par là.
07:56Où avez-vous vécu ?
07:57J'ai grandi entre Aubert Villiers et Villiers-le-Bel.
07:59D'accord.
07:59Donc, on est vraiment dans ce qu'on appelle
08:01un territoire sensible.
08:02J'étais dans le four.
08:04Et donc, je sais de quoi je parle.
08:06Les gens me connaissent.
08:07Mais moi, je le dis...
08:09Vous avez quel âge ?
08:10Aujourd'hui, j'ai 41 ans.
08:11Donc, vous avez été jeune.
08:12Vous avez eu 15, 16, 17 ans.
08:14Vous avez eu vos instants de colère.
08:16Vous avez vu des instants d'indignation.
08:18Bien sûr.
08:18Vous n'en seriez pas arrivé là.
08:20J'en ai vécu moi-même.
08:21J'ai vécu énormément de choses.
08:23Mais aujourd'hui...
08:23Mais rentrer dans un petit commerce,
08:24le bousiller entièrement,
08:26non seulement voler,
08:26mais détruire le commerce.
08:27Ça n'a aucun sens parce que
08:31les gens cassent et volent leurs propres parents.
08:33Leurs cousins, leurs frères, leurs...
08:34Voilà.
08:35Et ce qu'il faut savoir,
08:36c'est qu'ils se font du mal eux-mêmes.
08:39Ils demandent de l'argent
08:40pour les lycées,
08:42pour travailler dans des conditions
08:47normales et c'est tout à fait légitime.
08:50Mais comment vous voulez avoir de l'argent
08:52si vous faites en sorte
08:53que vos propres parents
08:56doivent payer encore plus d'argent
08:58que vous réclamez ?
08:58La facture, de toute manière,
09:00sera payée par...
09:01Et il y a un truc très important
09:02qu'il faut que tous ces gens sachent,
09:04tous ces gens qui cassent
09:05dans tous les sens.
09:06Pour rien.
09:07Parce que manifester, oui,
09:08mais casser pour rien, non.
09:10En fait, rendez-vous compte,
09:12ça c'est tabou,
09:13vos parents, qu'est-ce qu'ils font ?
09:14Vous cassez leur commerce,
09:15ils ne peuvent plus vivre.
09:16Donc qu'est-ce qu'ils vont demander ?
09:17Ils vont demander de la sécurité.
09:18Et croyez-moi
09:20que sans s'en rendre compte,
09:22ils augmentent les votes
09:25de ce qu'ils combattent.
09:26L'impact électoral.
09:28Arnaud de Berthier,
09:30Coco disait
09:31les réseaux sociaux
09:32c'est un élément,
09:34mais ça peut être
09:34un outil destructeur.
09:36Et là, on a vu l'ampleur
09:37mal utilisée,
09:38science sans conscience
09:39n'est qu'une de l'âme,
09:40disait Rabelais.
09:41Là, l'utilisation
09:42des réseaux sociaux,
09:43leur déviation,
09:45peut-être à l'origine
09:46à un moment donné,
09:46de cette, j'allais dire,
09:48cette folie
09:49qui s'est emparée
09:49de certains cerveaux.
09:51Oui, les réseaux sociaux,
09:53c'est un outil
09:55qui peut être formidable
09:58dans certains cas.
10:00Moi, par exemple,
10:01au moment des printemps arabes,
10:03j'ai trouvé ça formidable
10:04qu'il y ait un espèce
10:05de vent de démocratie
10:06qui souffle
10:07et qui soit aidé
10:08par ces réseaux sociaux.
10:09Ça permettait
10:09de contourner les dictatures,
10:11les informations contrôlées.
10:12Et puis, en même temps,
10:14je vous prends un exemple
10:14qui n'est pas exactement celui
10:16dont on parle maintenant
10:17mais qui est important,
10:17ce que j'ai vécu au collège,
10:18c'est le harcèlement.
10:20Et le harcèlement
10:21à travers les réseaux sociaux,
10:22il est violent,
10:24notamment parce que,
10:26contrairement à notre époque
10:28où on pouvait s'insulter,
10:30là, d'une part,
10:31ça peut durer le week-end,
10:34la nuit, etc.
10:35Et puis,
10:35on peut montrer
10:36des photos et des vidéos.
10:37Donc, c'est terriblement brutal
10:40cette utilisation
10:43à mauvaise estion
10:44des réseaux sociaux.
10:45Vous restez avec nous,
10:46vous êtes sur Sud Radio,
10:47nous avons un autre Bertier d'un côté
10:48et Coco de l'autre
10:49qui a écrit un livre.
10:51Bien sûr,
10:52et puis,
10:52on va continuer,
10:54on reste évidemment
10:55sur ce débat
10:56et on appelle
10:57les personnes
10:58qui nous écoutent également
10:59à nous témoigner
11:01en appelant 0826-300-300
11:03parents,
11:04grands-parents,
11:04enseignants.
11:05Est-ce que vous,
11:06par exemple,
11:06vous avez eu le sentiment
11:07de ne plus réussir
11:08à parler à un jeune ?
11:10Est-ce que vous pensez
11:10que le dialogue
11:11avec une forme
11:12de la jeunesse
11:13est aujourd'hui rompu ?
11:15Témoigné au 0826-300-300
11:1714h,
11:18Sud Radio,
11:19la France dans tous ses états,
11:21Péricault-Légas.
11:22Vous êtes bien sûr
11:23sur Sud Radio,
11:23il est 12h19,
11:25Anissa Arfassi est...
11:27Arfawi.
11:27Arfawi,
11:28je mélange les pinceaux.
11:30Je sais bien
11:31que vous vous appelez
11:31Arfawi,
11:32chère Anissa.
11:32Anissa et moi
11:33recevons Arnaud Bertier
11:35qui est prof,
11:35auteur d'un prof
11:37venu d'ailleurs
11:38et fondateur
11:39de Fondation Eclore,
11:40vous en entendez un mot.
11:42Et puis,
11:42Julien Cocoa,
11:43alors lui,
11:43il a écrit
11:44Le chemin du guerrier.
11:45C'est un bandit,
11:46je le dis avec beaucoup de respect,
11:47c'est un bandit repenti,
11:48mais il l'a su,
11:48il le dit.
11:49Et je l'appelle Cocoa
11:50à l'antenne.
11:51Je voudrais tout de suite
11:51qu'on ait le témoignage
11:53de Lionel
11:54qui nous appelle de...
11:55Vous nous appelez de Paris,
11:56Lionel.
11:56Bonjour, Lionel.
11:57Oui, tout à fait,
11:57oui, bonjour.
11:58Bon, vous avez vécu
11:59ces jours-ci,
12:00vous étiez dans une zone
12:01plutôt exposée ou non ?
12:08Où, effectivement,
12:08il n'y a pas eu apparemment
12:10d'heures.
12:10C'était surtout localisé,
12:12effectivement,
12:13sur Paris,
12:14dans une zone de l'Ouvert République.
12:17Mais le souci,
12:18effectivement,
12:19c'est que je pense
12:19qu'il y avait un souci
12:20effectif de la police
12:21qui a fait des débordements
12:23mais qui n'ont pas réussi
12:24à canaliser,
12:25en fait,
12:25toutes ces groupuscules
12:27qui sont venus s'insérer
12:28dans la manifestation
12:29pour casser,
12:30effectivement.
12:31Qu'est-ce que ça vous a
12:32inspiré ?
12:33Vous avez senti
12:34à un moment donné
12:35que l'État de droit,
12:36la République,
12:36qui était entré
12:37un petit peu
12:37à l'endroit
12:38où vous étiez,
12:39j'entends bien,
12:40en train de vaciller.
12:41Je pense qu'effectivement,
12:43là,
12:43ça commence à être
12:44un peu généralisé
12:45dans le sens
12:45où on s'aperçoit
12:47que là,
12:47tout va mal
12:48et qu'il n'y a rien
12:49qui s'améliore
12:50depuis le temps
12:51qu'il y a des revendications,
12:51que ce soit au niveau
12:53des institutions de la police,
12:54que ce soit au niveau
12:55de la justice.
12:56On demande plus
12:57de personnel pour la justice,
12:59plus de personnel
13:00pour la police,
13:01plus de moyens
13:01et, bon,
13:02ils essayent de faire
13:03comme ils peuvent
13:04mais je pense qu'ils sont...
13:05On ne leur donne pas
13:06les moyens, tout simplement,
13:06de pouvoir travailler
13:07et donc, même au niveau
13:08de la police,
13:09il devient beau
13:09d'attraper des personnes
13:11mais après,
13:11il faut suffisamment
13:12de nombreux
13:12pour pouvoir traiter
13:14les personnes
13:14qui auraient été attrapées
13:16et puis faire
13:18inquisitionner les gens
13:18pour entendre
13:19ce qu'ils ont à dire,
13:20etc.
13:20Vous voyez ce que je veux dire ?
13:21Donc, je pense
13:22qu'il faudrait mettre
13:23un peu plus de moyens,
13:25de personnel
13:25et pourquoi pas
13:26de l'intelligence artificielle
13:27pour pouvoir améliorer
13:29la rapidité
13:30de traitement
13:31des informations
13:32pour peut-être
13:33que les petits délits
13:34soient traités
13:34plus rapidement.
13:35Lionel,
13:36vous considérez
13:38que c'est un discours
13:39qui est ancien.
13:39Il y a trop d'États,
13:40l'État intervient trop,
13:42on est sous la pression
13:43administrative,
13:44l'État se mêle
13:44de ce qu'il ne regarde pas.
13:47Je le disais dans mon humeur,
13:48il y en a qui vous parlent
13:49d'État socialiste
13:49ou soviétique.
13:50Est-ce que finalement
13:51on n'est pas en train
13:51de payer
13:51à force de dire
13:52que l'État se mêle
13:53de ce qu'il regarde
13:54et qu'il laisse
13:54les citoyens vivre tranquilles ?
13:56Est-ce qu'on n'est pas
13:56dans une dépossession
13:57des moyens
13:58de maintien de l'ordre ?
13:59Et on voit bien
13:59que la justice,
14:00ça veut dire
14:01moins d'argent,
14:01moins de budget.
14:02Puisque l'État
14:02est moins riche,
14:03l'économie va mal
14:04pour des choix stratégiques
14:05et politiques,
14:07l'État s'est effondré
14:08aujourd'hui,
14:08il n'a plus les moyens
14:09et donc les institutions,
14:10les outils
14:11qui sont là
14:12pour maintenir la République,
14:14pour la développer,
14:15que ce soit l'école,
14:16que ce soit la justice,
14:17que ce soit la police,
14:18finalement on n'a plus
14:18de moyens
14:19et on arrive à une situation
14:20où ceux qui ont compris
14:21que l'État est plus faible,
14:22eh bien ces gens-là
14:23deviennent plus forts.
14:24On est dans cette équation
14:25à votre avis ?
14:26Oui, bien sûr,
14:27tout à fait,
14:27parce qu'effectivement
14:28quand on s'aperçoit
14:29dans les discours
14:30des policiers
14:31qui disent que
14:31quand ils arrêtent quelqu'un,
14:33le lendemain,
14:33la personne,
14:34elle est sortie
14:34ou la même journée,
14:35elle est sortie,
14:36donc ça veut dire
14:37qu'il y a un souci.
14:38Quelque part,
14:39eux,
14:39ils essayent de faire
14:40leur travail
14:40et derrière,
14:42la justice,
14:42ce n'est pas non plus
14:43de sa faute
14:43parce que ça manque
14:44vraiment de moyens.
14:45Ah ben ça,
14:45c'est le financier,
14:47là, c'est clairement fini.
14:47On n'a plus de greffier,
14:48on n'a plus de...
14:49Voilà,
14:50des procédures
14:50mettent des années
14:51pour une personne
14:52qui a fait un crime,
14:53elles mettent un an
14:54ou des fois plus
14:55pour être jugée,
14:56ce n'est pas normal.
14:56Il faut vraiment
14:57accélérer la chose
14:58et mettre l'argent
14:59surtout dans ces zones-là,
15:02la sécurité,
15:03la justice,
15:04pour que ça puisse justement
15:05aider à ce que ça s'équilibre.
15:07Le problème,
15:08c'est qu'on distribue l'argent,
15:10on distribue mal l'argent.
15:11Vous voyez,
15:12tout cet argent
15:12qui est donné à l'Ukraine,
15:14c'est normal
15:14d'aider les Ukrainiens,
15:15mais après,
15:16on n'a pas le contrôle
15:17ou qu'est-ce qui est fait
15:18avec cet argent
15:19alors que les instituteurs
15:21l'injustice,
15:23les policiers
15:23ont besoin de moyens
15:24pour pouvoir
15:25faire leur travail correctement.
15:26Lionel,
15:27on donne de l'argent aux Ukrainiens
15:28pour qu'ils achètent
15:28des missiles patriotes américains,
15:30ce qui est quand même,
15:31ça c'est quand même
15:32assez gigantesque.
15:33Ce n'est pas le sujet,
15:34mais il n'est pas plus ukrainien.
15:35Évidemment que c'est une nécessité,
15:36c'est même un devoir
15:37de notre part,
15:38mais à condition que cet argent
15:39au moins reste
15:40dans l'industrie
15:41d'armement européenne,
15:41c'est un autre débat
15:42qu'on pourra voir.
15:42Merci Lionel
15:43pour votre témoignage
15:45sur Sud Radio.
15:46Coco,
15:47vous estimez aujourd'hui
15:49qu'un jeune
15:51désœuvré,
15:51et je poserai la question
15:52à Arnaud Bertil,
15:53est-ce que l'école
15:54continue à faire son boulot
15:56ou j'allais dire
15:56de formateur de citoyens,
15:57est-ce qu'aujourd'hui
15:58vous considérez
15:59qu'un jeune désœuvré,
16:00il a une autre solution
16:01que de se désespérer
16:02et tout péter ?
16:03Bien sûr,
16:03bien sûr.
16:04Et franchement,
16:05sans passer par la gauche
16:07ou la droite,
16:09aujourd'hui je suis là,
16:09donc je parle de moi,
16:10il y a d'autres personnes
16:11dans le monde
16:12et en France,
16:14mais aujourd'hui je suis là
16:15et j'en suis la preuve.
16:16Pourquoi vous avez voulu
16:17écrire ce livre,
16:18ce témoignage,
16:18le chemin du guerrier ?
16:19Ça veut tout dire,
16:20le chemin du guerrier.
16:21Maintenant vous êtes
16:22un homme en paix.
16:23Vous avez connu
16:24une guerre intérieure.
16:25J'ai connu
16:25une guerre intérieure
16:26et extérieure
16:28de longue guerre.
16:30Après bon,
16:31il fallait assumer aussi
16:31les conséquences
16:32de ses choix
16:33et c'est très important
16:34dans la vie d'assumer.
16:36C'est ce qui vous aide
16:37à avancer,
16:38comprendre les choses
16:38et j'ai écrit ce livre
16:41car à un moment donné,
16:43il fallait que je trouve
16:43une solution
16:44pour évacuer
16:46beaucoup de haine
16:46qui était en moi
16:47par rapport à énormément
16:48de choses qui s'étaient passées.
16:49Qu'est-ce qui vous a sauvé ?
16:51Qui vous a sauvé ?
16:51Le fait de rencontrer
16:54cette prête plume
16:55avec qui j'ai écrit
16:56ce livre pendant huit mois
16:57et le fait qu'elle m'explique
16:58tout le cheminement
16:59d'un livre,
17:00l'importance
17:01et ce que ça pouvait apporter
17:02m'a fait en fait
17:04me redécouvrir moi-même.
17:06C'est formidable.
17:06Parler,
17:07s'exprimer,
17:08c'est presque une séance
17:08de psychanalyse
17:09à l'état naturel.
17:10Vous avez ouvert votre cœur
17:11et votre âme,
17:12vous avez dit
17:13et du coup vous avez compris
17:14où était pour vous
17:15la juste voie.
17:16C'est exactement ça
17:17et sincèrement,
17:19j'ai réussi à me redécouvrir
17:20en écrivant ce livre,
17:23ce témoignage.
17:26Et j'ai compris en fait
17:27que j'aimais transmettre
17:29et que c'est ce qui m'apportait
17:31vraiment du plaisir
17:32et que c'est ce que je devais faire.
17:34Donc aujourd'hui,
17:35ce livre,
17:35je m'en sers à but pédagogique
17:38et je veux dire
17:39à tous ces jeunes
17:40qui sont dans le désespoir
17:41et à tout type de personnes
17:43qu'aujourd'hui,
17:44j'ai 41 ans.
17:45Cette histoire a commencé
17:46par une injustice.
17:47Je suis allé en prison pour rien
17:47entre 15 et 16 ans.
17:49Ça m'a transformé
17:50et je suis rentré
17:51dans une haine contre l'État.
17:52Ok, ça a duré très longtemps.
17:54Par folie,
17:55je suis rentré
17:56dans des combats suicidaires.
17:57J'en suis sorti
17:58comme un miraculé.
17:59J'ai 41 ans
18:00et j'ai toujours
18:02cru en ma passion,
18:03c'est-à-dire l'écriture,
18:04la musique,
18:05le cinéma.
18:05Je suis dedans
18:07et je veux faire comprendre
18:08aux gens
18:09que le travail paie
18:11et la casse ne paie pas.
18:12La casse ne paie pas.
18:13C'est le travail qui paie.
18:14Il faut être concentré,
18:16déterminé
18:16et un jour ou l'autre,
18:17ça va payer.
18:18C'est très important.
18:18Vous feriez
18:19un formidable journaliste,
18:21la carrière de l'État.
18:22Ou prof.
18:23Alors, j'allais dire
18:24ou prof.
18:24Arnaud Berthier,
18:25pourquoi cette,
18:26je le disais dans mon humeur,
18:29cette formidable
18:30et merveilleuse institution,
18:31l'école de la République
18:32auxquelles la France
18:32doit ses gloires
18:33et ses génies,
18:34pourquoi elle est en panne ?
18:35Pourquoi elle engendre
18:37des individus de ce genre ?
18:38Ils sont passés
18:38par les bancs de l'école.
18:39Qu'est-ce qui s'est passé
18:40à un moment donné
18:40pour que la machine s'arrête ?
18:42Je ne crois pas
18:43qu'on puisse dire
18:43que c'est l'école
18:44qui engendre
18:46les casseurs.
18:46Non, mais l'outil est abîmé.
18:47Qui a abîmé l'outil ?
18:48Mais ce qui est sûr,
18:49c'est qu'il faut
18:50qu'on améliore l'école.
18:52Moi, je m'inscris en faux
18:53contre ceux qui disent
18:55tout est foutu,
18:56il faut faire table rase.
18:58Le titre de Brighelli,
18:59La Fabrique du Crétin,
19:00vous n'êtes pas tout à fait d'accord ?
19:01Non, je ne suis pas d'accord
19:02parce que je trouve d'abord
19:04que je ne vois pas tellement
19:06quelle est la solution
19:07si on est convaincu de ça.
19:08Moi, je suis convaincu
19:08que l'école fait de son mieux,
19:12qu'il faut qu'on lui donne
19:14des moyens,
19:14il faut qu'on l'aide.
19:16Je parle beaucoup
19:16de mobilisation des parents,
19:19d'étudiants, de bénévoles
19:21pour venir en aide à l'école.
19:23Il y a une responsabilité politique
19:24quand même,
19:24à l'Otbertier.
19:25Oui, il y a une responsabilité politique
19:29et moi, j'ai quelques suggestions
19:31qui me paraissent simples.
19:32Je vous en donne une
19:33parmi tant d'autres.
19:35Donnez un vrai pouvoir
19:36au chef d'établissement.
19:38Moi, je suis absolument convaincu
19:40qu'un chef d'établissement
19:41doit avoir la main
19:42sur la constitution
19:43de son équipe de profs.
19:44Je pense que c'est une sage disposition
19:45qui est partagée
19:46par certains de vos collègues.
19:47J'ai bossé 30 ans
19:48dans les entreprises.
19:50Un patron d'usine,
19:51un directeur de magasin
19:52peut choisir son équipe.
19:56Surtout au niveau de l'éducation,
19:57je pense que les principaux
19:59et les proviseurs
20:01sont des gens quand même
20:02qui suffisamment...
20:03Peut-être pas tous,
20:04peut-être pas tous,
20:04mais tous les préfets
20:05ne sont pas géniaux
20:06et tous les ministres...
20:07J'en ai rencontré
20:08un certain nombre
20:09et je les ai tous trouvés
20:11des gens de très bonne volonté
20:13et compétents.
20:14Et je pense qu'il faut organiser
20:16tout le reste de la machine
20:18éducation nationale
20:19pour donner aux chefs d'établissement
20:22les moyens
20:23d'être le plus efficace possible.
20:24Vous êtes sur Sud Radio,
20:25on continue cet échange
20:27passionnant
20:28sur cet espace pertinent.
20:29Bien sûr,
20:30on continue cette édition spéciale
20:32et évidemment,
20:33nous nous adressons
20:34à vous qui nous écoutez.
20:35Est-ce que vous avez vu
20:36votre enfant basculer
20:38dans la violence
20:39qu'avez-vous pu faire
20:40ou pas ?
20:41Est-ce que vous avez,
20:42par exemple,
20:43connu comme Cocoa
20:44qui est avec nous
20:45sur ce plateau
20:46cette spirale
20:47avant d'en sortir ?
20:48Et surtout,
20:48qu'est-ce qui aurait pu changer
20:49votre trajectoire ?
20:50Vous pouvez nous appeler
20:51et témoigner
20:52au 0826 300...
20:54Tous ces états,
20:55Péricault et Gass.
20:56Vous êtes bien sur Sud Radio,
20:58il est 13h31,
20:59je reçois Arnaud Berthier,
21:02prof,
21:02auteur d'un prof
21:03venu d'ailleurs
21:03aux éditions Fayard,
21:04et puis,
21:05pas en face,
21:06à côté de lui,
21:07Julien Cocoa,
21:08Coco,
21:09lui,
21:09auteur de
21:10Le Chemin du Guerrier.
21:12plus que la repentance,
21:13l'évolution,
21:14la réflexion
21:15d'un gamin
21:15qui s'est trouvé
21:16dans une situation
21:17de violence
21:18et de détestation
21:20de la société,
21:22du pays,
21:23de la police,
21:23et qui aujourd'hui témoigne
21:25parce qu'il a pu justement
21:25s'exprimer à travers ce livre.
21:27C'est un témoignage
21:28formidable
21:29et qui rend tellement...
21:30J'allais dire,
21:30c'est le message d'espoir
21:31depuis 48 heures
21:32qu'on est en train d'annoncer
21:33des nouvelles catastrophiques.
21:35Cocoa,
21:35vous nous envoyez un message d'espoir,
21:37je ne vais pas dire
21:37un message d'amour,
21:38mais enfin,
21:38on prend comme quoi,
21:39même quand c'est grave,
21:40on peut toujours s'en sortir.
21:42Et puis on a Arnaud Berthier
21:43qui est là,
21:43lui c'est le prof,
21:45c'est l'éducation nationale française,
21:47professeur de mathématiques,
21:48et vous avez avec votre épouse
21:50créé la fondation Eclore,
21:51c'est ça ?
21:52Dites-nous un mot
21:52sur la fondation Eclore.
21:55J'ai été très frappé,
21:57j'ai enseigné
21:58en éducation prioritaire,
22:00et j'ai été très frappé
22:01de voir à quel point
22:02les élèves,
22:03notamment les élèves de 3e,
22:04s'auto-censure
22:05quand ils pensent
22:06à leur avenir.
22:07Parce qu'ils se disent
22:07faire des études longues
22:08ce n'est pas pour moi.
22:09s'auto-censure.
22:10Ils s'auto-censurent,
22:11ils pensent que ce n'est pas pour eux,
22:13que leurs parents ne suivront pas,
22:15que ça coûte cher de se loger,
22:16etc.
22:18Et on a eu envie
22:20de contribuer à casser ça,
22:22et donc on a mis en place
22:25un programme de bourse
22:26pour des enfants,
22:28enfin des jeunes
22:29issus de milieux défavorisés,
22:31qui veulent faire des études longues.
22:33On s'est focalisé
22:34sur les études de médecine,
22:35parce qu'on a vu
22:35qu'il n'y avait rien
22:36qui existait
22:37pour aider ces jeunes.
22:40Et voilà,
22:40on a fait des partenariats
22:42avec 4 facultés de médecine.
22:43Aujourd'hui,
22:44on a distribué
22:44plus de 40 bourses
22:46cet été
22:46à des jeunes
22:47absolument formidables
22:49qui ont grandi
22:50dans des conditions
22:52matérielles
22:53souvent difficiles
22:54et qui se lancent
22:55dans, je dirais,
22:56un des plus beaux métiers
22:57du monde
22:58qui est long,
22:59où il faut se loger
23:00dans une grande ville,
23:01où il faut bosser énormément.
23:02Voir compléter
23:03des déserts médicaux,
23:04voire peupler
23:04des déserts médicaux,
23:05ça c'est extraordinaire aussi.
23:06Absolument,
23:07et ce qui se passe,
23:08c'est qu'évidemment,
23:09ils font des petits boulots
23:10à côté
23:11pour pouvoir payer
23:12leur logement.
23:12Nous, ce qu'on veut,
23:13c'est qu'ils n'aient pas besoin
23:14de faire de petits boulots
23:14à côté,
23:15qu'ils se retrouvent,
23:16si vous voulez,
23:16dans les mêmes conditions
23:17que leurs camarades.
23:19Et on leur demande
23:21une seule contrepartie,
23:23c'est qu'ils retournent
23:24dans les lycées
23:25pour dire aux jeunes,
23:26et notamment les lycées
23:27d'où ils viennent,
23:29de milieu populaire,
23:29etc.,
23:30pour dire aux jeunes,
23:31les gars,
23:33osez vous inscrire
23:34en médecine,
23:35c'est possible,
23:36regardez,
23:36moi,
23:37je suis en train
23:37de le faire
23:38et j'ai une aide financière.
23:39Vous les envoyez
23:39pour témoigner,
23:40de même que Coco
23:41a témoigné
23:42de son égarement
23:43et de son retour
23:45à la vie qu'il aime,
23:46vous vous dites
23:47à ceux qui étaient
23:47en difficulté,
23:49c'est pas du tout perdu,
23:50la preuve,
23:50regardez ce qui en sont arrivés.
23:52Exactement,
23:52si vous me laissez parler,
23:53deux secondes de témoignage,
23:544,
23:55j'en donne 4.
23:56Il y a un truc
23:57dans mon collège
23:58qui m'a immédiatement
24:01c'est qu'on ne voyait pas
24:02les anciens élèves.
24:04C'est-à-dire ?
24:05Ils repartent ?
24:06C'est-à-dire
24:07qu'ils vivent leur vie
24:07et on ne leur demande
24:09jamais de revenir.
24:10Et donc,
24:11ce qu'on a fait,
24:12moi,
24:12j'ai poussé ça très vite,
24:14c'est de faire revenir
24:16des jeunes
24:17qui avaient eu
24:17des parcours formidables,
24:19on les fait revenir
24:20dans leur collège
24:21et ils disent,
24:22regarde,
24:23moi,
24:23j'étais à ta place
24:24il y a 10 ans
24:24et maintenant,
24:25je suis ingénieur,
24:26je suis avocat,
24:27je suis médecin.
24:28Moi,
24:28je crois qu'il y a
24:29toute une jeunesse
24:30en France
24:32qui a fait
24:33des parcours
24:34formidables
24:34et on ne leur donne
24:35pas assez la parole.
24:37Et je crois
24:38qu'on devrait
24:39peut-être même faire
24:41une grande journée
24:42du témoignage.
24:43Et comme la fête
24:44de la musique,
24:44moi,
24:45je ferais la fête
24:46de ceux
24:47qui ont eu
24:48des parcours
24:48intéressants
24:49et qui reviennent
24:50pour inspirer
24:51les jeunes.
24:52Il y a des établissements
24:52privés
24:53où il y a obligation,
24:54une fois que le parcours
24:55est terminé,
24:55de revenir dire aux jeunes,
24:56regardez où j'en suis,
24:57y compris pour dire
24:58je me suis à un moment donné
24:59cassé la gueule,
25:00mais voilà.
25:02Alors,
25:02cette jeunesse,
25:03cette jeunesse
25:03qui est en souffrance,
25:04quand on se dit
25:05comment pouvoir la récupérer,
25:07Anissa,
25:08il y a plusieurs cas de figure,
25:10il y a plusieurs profils.
25:11En tout cas,
25:12il y a des profils,
25:13là,
25:14on remonte juste un petit peu
25:14en arrière
25:15parce qu'en fait,
25:15on va surtout parler
25:16des profils
25:17des personnes
25:17qui ont été condamnées
25:18suite aux violences,
25:20ce qu'on sait,
25:21ce qui a été un peu évoqué
25:22chez nos camarades,
25:24confrères,
25:24tous médias confondus.
25:27A la suite
25:28de ces violences urbaines,
25:30on va dire que
25:30les premiers procès
25:31en comparution immédiate
25:32ont mis en lumière
25:33le profil
25:33de jeunes primo-délinquants
25:35insérés socialement.
25:37Les dossiers jugés
25:38détaillent notamment
25:39le cas de François D,
25:40intérimaire,
25:41condamné à 8 mois de prison,
25:43dont 2 mois fermes,
25:43de Mathilde B,
25:45étudiante et copant
25:46de 5 mois avec sursis,
25:47et d'Edmond,
25:49condamné à 2 mois fermes
25:50pour détention
25:51de produits inflammatoires.
25:52Si vous voulez
25:53un petit peu plus
25:54dans le détail,
25:55si je vous raconte
25:56la façon dont
25:57ces personnes
25:58ont été interpellées,
26:00François D a 20 ans,
26:01donc il est intérimaire,
26:03mais adepte
26:03de la guérilla virtuelle,
26:05ce qui rejoint peut-être
26:06ce que Cocoa
26:07nous disait tout à l'heure
26:08avec l'implication
26:09des réseaux sociaux
26:10sur le comportement
26:11de ces jeunes.
26:13Lors de son interpellation,
26:14en fait,
26:14il a été évidemment
26:15contrôlé
26:16en fin de matinée,
26:17samedi 17 octobre,
26:18place de la Bastille à Paris,
26:19en amont des dégradations.
26:21Les forces de l'ordre
26:22ont trouvé dans son sac
26:23un coup de poing américain
26:25ainsi qu'un couteau
26:25à cran d'arrêt.
26:27Devant le tribunal,
26:28il a affirmé
26:28avoir le couteau
26:29uniquement pour couper
26:30du jambon
26:30et l'arme de poing
26:31pour se défendre
26:32car il avait déjà
26:33été agressé par le passé.
26:35Soit les éléments matériels,
26:37en tout cas,
26:37ce qui a lourdement
26:38pesé contre lui,
26:39ce sont ses discussions
26:40privées sur Instagram.
26:41On retrouve toujours
26:42le fléau des réseaux sociaux
26:43indiqués par Cocoa.
26:45Les enquêteurs
26:46lui ont trouvé des messages
26:47évoquant une guérilla
26:48et l'objectif de tabasser
26:49des CRS
26:49ou de casser du flic
26:51en larmes à la barre
26:52parce que oui,
26:53finalement,
26:53ils ne réalisent pas
26:54le niveau de violence
26:56auquel ils ont fait preuve
26:58quelques heures avant.
27:00Il affirme
27:01qu'il s'agissait seulement
27:02deux mots.
27:02Les faits sont malheureusement
27:04là par la suite.
27:05Donc lui,
27:06sa condamnation
27:06est d'huit mois de prison
27:07dont deux mois fermes.
27:08Après,
27:09on n'a peut-être pas
27:09nécessairement le temps
27:10que je revienne
27:10sur le profil des autres
27:12mais si on prend
27:13Mathilde B,
27:1419 ans,
27:15c'est une étudiante
27:16qui dit avoir été dépassée
27:17par les événements.
27:18Elle est étudiante
27:19en alternance en BTS.
27:21Elle est également
27:21venue de Bourgogne
27:22et à Auxerre
27:22auprès de ce fameux
27:24François Day.
27:24Elle expliquait
27:25vouloir manifester
27:26pour dénoncer
27:27le niveau insuffisant
27:28du salaire
27:29de jeunes travailleurs
27:29à la base
27:30des revendications
27:31plutôt nobles.
27:32En revanche,
27:33contrôlée en même temps
27:34que François Day,
27:34elle a été retrouvée
27:35en possession
27:35d'un masque à gaz
27:36et les messages
27:37partagés avec son amie
27:38ont révélé
27:38une intention belliqueuse
27:40qui tranchait
27:40avec son attitude
27:42au tribunal.
27:43Cinq mois de prison
27:44avec sursis
27:45pour Mathilde B.
27:46Coco, vous avez été
27:47sur les bancs de l'école
27:48vous aussi.
27:49À un moment donné,
27:50ça s'est bien passé
27:51au primaire peut-être
27:52ensuite ?
27:53Au primaire.
27:54Arrivé au collège...
27:55Comment ça a dérivé ?
27:57Parce que vous ne vous sentiez
27:59pas concerné,
28:00pas pris en main,
28:01pas encadré,
28:02pas motivé ?
28:02C'était surtout
28:04à côté de ce qui se passait
28:05en amont au quartier
28:07à mon arrivée
28:08à Villiers-le-Bel.
28:10Oui.
28:10Voilà, ça jouait aussi
28:13sur le scolaire,
28:14sur la mentalité.
28:15Les profs étaient comment ?
28:16Il y en a un ou deux
28:17quelques-uns
28:18qui vous aviez
28:18plus de confiance,
28:19qui a repéré
28:20que vous aviez...
28:21Moi, personnellement,
28:22j'ai une chose
28:23totalement fou
28:24que j'ai découvert
28:25plus tard.
28:25J'ai toujours été
28:26assez bon en français,
28:28en résumé,
28:29résumé en 20 lignes,
28:30voilà.
28:31Et j'ai découvert
28:32plus tard en prison.
28:33Vous l'êtes toujours.
28:34À l'âge de 21 ans,
28:35pendant que j'étais
28:35en mandat de dépôt,
28:37bref, voilà.
28:38J'ai découvert
28:39une passion pour l'écriture.
28:40Je suis sorti
28:41de plus de 17 ans
28:42de prison
28:43avec plus de 4000 textes.
28:44car j'ai commencé,
28:46j'ai compris
28:47pendant cette peine,
28:49à ce moment-là,
28:50qu'en fait,
28:50cette capacité
28:51que j'avais à créer,
28:52à inventer mon imaginaire,
28:54assez facile,
28:55plus jeune,
28:56c'était tout simplement
28:58une plume d'artiste
28:59que j'avais.
29:00Et voilà,
29:01aujourd'hui,
29:01j'ai sorti 3 EP
29:02en 10 ans
29:04et la musique
29:04fait totalement partie
29:05de ma vie.
29:06Et il y a des talents
29:08cachés
29:09qu'on a tous
29:10en nous, en fait.
29:10et voilà,
29:12il suffit de travailler,
29:12réfléchir sur soi-même
29:13et on a chacun
29:16des pouvoirs comme ça.
29:17C'est très important
29:17comme Anissa,
29:18elle le disait tout à l'heure.
29:19Par contre,
29:19j'ai trouvé ça
29:20vraiment très triste.
29:23Le fait,
29:25on revient encore
29:25sur les réseaux sociaux,
29:26mais le fait que
29:29trop de jeunes
29:30ne réalisent pas
29:31qu'on est dans la vraie vie.
29:32Et c'est une fois
29:33qu'ils arrivent
29:33chez les arrivants
29:34ou en garde à vue
29:35qu'ils ont
29:36les mêmes discours.
29:37Je ne savais pas,
29:38ça m'a dépassé.
29:39Oui, mais on parle
29:40de choses sérieuses.
29:41Tu vas te retrouver
29:41avec 10 ans ferme
29:43parce que le mec,
29:43tu l'auras handicapé.
29:46Et là,
29:47enfermé entre 4 murs,
29:48tu n'auras pas
29:48d'autre chose à faire
29:49que d'assumer.
29:50Et c'est pour ça
29:51que j'ai écrit ce livre.
29:52C'est pour ça qu'aujourd'hui,
29:53je suis dans
29:54ce que j'appelle
29:55c'est mon métier.
29:56Voilà pourquoi
29:57j'ai consacré
29:58toute ma vie
29:58et toute mon énergie
29:59cette transmission.
30:00Je veux que les jeunes
30:01en priorité comprennent
30:02que ce n'est pas
30:04de la rigolade.
30:04Regardez ce qui vous attend
30:06si vous allez trop loin
30:08si vous allez trop
30:10à l'extrême,
30:11si vous allez trop loin,
30:13si vous ne gardez pas
30:15les pieds sur terre.
30:16Voilà ce qui peut
30:16vous arriver.
30:17Anissa ?
30:18En fait, j'ai une question
30:19Coco,
30:19parce que vous avez
30:2041 ans,
30:21vous dites avoir
30:21vous-même traversé
30:23des épreuves bien lourdes,
30:24avoir commis bien des impairs,
30:25avoir fait de la prison
30:26et en être revenu.
30:28Et pourtant,
30:28vous avez dit
30:29que vous ne comprenez pas
30:30pour autant cette jeunesse
30:31et ce niveau de violence
30:32dont elle fait preuve aujourd'hui.
30:34Alors déjà,
30:34pour commencer,
30:35quelle est la différence
30:35finalement entre les bandits
30:37de votre époque,
30:38si je peux m'exprimer ainsi,
30:39et cette jeunesse
30:40qui est incontrôlable ?
30:42Ça, ce serait le premier point.
30:44Et ensuite,
30:45comme le thème du jour,
30:46c'est quelle est cette jeunesse
30:46que l'on ne comprend plus ?
30:47Comment vous la définissez-vous
30:49aujourd'hui ?
30:49Mais on commence quand même
30:50par la première question.
30:51Quelle est la différence
30:52entre votre époque
30:53et cette époque ?
30:54Déjà, clairement,
30:55il y avait quand même
30:55des principes.
30:56Il y avait des codes.
30:57Peut-être moins de codes
30:58que les anciens,
30:59mais il y avait des codes.
31:00En tout cas,
31:03on respectait les personnes âgées,
31:04on voyait une personne âgée
31:05venir s'asseoir dans le bus,
31:07on se levait,
31:09on l'aidait à porter ses courses.
31:10Aujourd'hui,
31:11je vois des jeunes,
31:13ils appellent la génération Z
31:14ou la génération,
31:15je ne sais pas,
31:16XW,
31:16je n'en sais rien,
31:17qui s'en prennent même
31:18à des personnes âgées
31:19pour des places dans le bus.
31:21Il y a des choses, en fait.
31:23Mais il s'est passé quoi,
31:24alors, pour en arriver là ?
31:25Ce qui s'est passé,
31:26moi, je le dis clairement,
31:28c'est l'influence
31:29de personnes
31:31qui s'inventent des vies
31:32et qui rentrent dans leur tête.
31:33C'est comme ça
31:33qu'il faut leur parler
31:34et ils me comprennent.
31:35Il y a trop de gens, en fait,
31:37à qui on a laissé la liberté
31:38de dire des choses aux jeunes
31:40et ces gens-mêmes
31:41n'ont rien vécu
31:43de ce qu'ils disent
31:44et ils racontent tout
31:47et n'importe quoi.
31:47Et le problème, il est là.
31:49Il faut sélectionner
31:51tous ces infos.
31:52C'est bien le sujet.
31:53Je voudrais qu'on écoute
31:53Samia qui nous appelle de Paris.
31:55Bonjour, Samia.
31:56Oui, bonjour à toute l'équipe.
31:58Alors, déjà, moi,
32:00en tant que fille
32:01d'enfants de parents
32:02issus de l'immigration,
32:05je suis désœuvrée,
32:07désolée, catastrophée
32:08de voir ce que je vois
32:09au niveau des casseurs,
32:10des pilleurs,
32:11parce que mes parents
32:12ne sont pas venus d'Algérie
32:14pour ça.
32:16Donc, ils font honte
32:17à notre communauté.
32:20c'est déjà un point
32:22que je voulais préciser.
32:23Souvent, ce sont des gens
32:24d'origine, justement,
32:25d'origine de l'immigration
32:26qui sont la deuxième,
32:27troisième génération
32:28qui disent
32:29on n'a pas envie
32:29d'être confondus,
32:30nous, on est totalement intégrés
32:32ou assimilés
32:32et ça nous fait un mal fou
32:33de voir ça.
32:34Mais le problème,
32:35c'est qu'on n'est pas
32:35assez mis en avant
32:36parce que, vraiment,
32:37on a peur.
32:38Parce qu'on se fait insulter,
32:40on se fait traiter de facho
32:40si jamais on a ce genre
32:42de propos.
32:42C'est hallucinant, quand même.
32:45Oui, on se fait traiter
32:46de bras droit de Marie Le Pen,
32:48de bras droit de Zemmour,
32:49dès qu'on est objectif.
32:51Et donc,
32:52tant qu'on n'est pas objectif,
32:54tant qu'on n'arrive pas
32:55à le dire ouvertement,
32:58on n'arrivera à rien
32:59et c'est un peu ce qui est dommage.
33:01Et par contre,
33:02moi, ce que je reproche aussi,
33:03c'est qu'on devrait
33:04mettre plus en avant,
33:06inviter des gens
33:08issus de l'immigration,
33:09des Maghrébins,
33:10des Africains
33:11qui ont réussi
33:13dans la vie,
33:14qui montrent l'exemple.
33:16Et c'est chose
33:17qu'on ne fait jamais
33:17parce que, par exemple,
33:18sur BFM TV hier soir,
33:20j'étais désolée
33:20de voir que les deux
33:21jeunes lycéens
33:25invités sur le plateau
33:27étaient des LFistes
33:28qui étaient contre la police,
33:30contre tout,
33:30qui étaient agressifs
33:31et qui n'ont pas du tout
33:32donné une bonne opinion de nous.
33:34Samia,
33:35vous avez donné
33:36un élément de réponse
33:38à cette...
33:40faible présence,
33:41c'est qu'effectivement,
33:42il y a une crainte
33:42et il y a une pression.
33:43Voilà.
33:44On en a,
33:45souvent sur Sud Radio,
33:46mais c'est vrai
33:47qu'ils se disent
33:48je vais au-devant...
33:49Si je méprime publiquement
33:51qu'on me reconnaît,
33:52je vais au-devant
33:52d'ennuis
33:53avec des gens de mon quartier
33:54ou des gens qui se connaissent.
33:55C'est un vrai problème, oui.
33:57Oui, et alors
33:57la chose positive
33:58que je voulais dire
33:59concernant les réseaux sociaux.
34:00Alors, ça va être positif.
34:02Les réseaux sociaux,
34:03ça a du mauvais,
34:04mais ça a aussi du bon.
34:05Et en l'occurrence,
34:06depuis ce qui s'est passé,
34:08sur les réseaux sociaux,
34:09je vois des dizaines
34:10et des dizaines
34:11de vidéos
34:11de jeunes issus
34:13d'immigration,
34:14de mamans africaines,
34:16de imams
34:17qui font des vidéos
34:19pour indiquer
34:21que ce qui s'est passé,
34:22c'est horrible.
34:23Que Dieu les a...
34:26Pour les imams,
34:26que Dieu les a vus.
34:28Ils iront en enfer.
34:29Enfin,
34:29et des mamans africaines
34:30qui condamnent
34:32complètement ça.
34:33Bien sûr, ça.
34:33Il y a des mamans maghrébins
34:34issus de cités
34:35qui condamnent absolument ça.
34:37Et je trouve que c'est...
34:38Peut-être que ça peut...
34:39Cette parole
34:40peut les faire réfléchir
34:41pour ceux qui regardent
34:42TikTok, en l'occurrence.
34:43Donc, ça peut être...
34:44Les réseaux sociaux,
34:45des fois,
34:45sont une bonne chose.
34:46Et là, en l'occurrence,
34:47je trouve que c'est productif
34:49ce qui se passe sur TikTok
34:49en ce moment.
34:50Comme quoi,
34:51comme quoi,
34:52quand il y a une tragédie,
34:53il y a toujours
34:53une façon de faire
34:55un sursaut.
34:56Vous restez avec nous,
34:57vous êtes sur
34:58sur ce de radio.
34:59On poursuit encore
34:59pour un bon quart d'heure
35:00ce passionnant débat.
35:02Bien sûr.
35:02Et puis, évidemment,
35:03si vous êtes jeune,
35:04ce serait bien aussi
35:05d'avoir vos témoignages.
35:06Si vous êtes jeune
35:06et que vous ne vous reconnaissez pas
35:08dans ce que raconte
35:09ou ce qu'on raconte
35:10de votre génération,
35:12appelez-nous également
35:13pour témoigner
35:14et nous dire
35:14ce que vous ressentez
35:15au 0826 303.
35:17Midi 14h,
35:18Sud Radio,
35:19la France dans tous ses états,
35:21Péricault-Légas.
35:22Vous êtes bien sur Sud Radio,
35:24il est 13h49.
35:25Je savoure
35:27cet échange.
35:28Je ne vais pas parler
35:29de complicité encore.
35:30Mais voilà,
35:31j'ai un enseignant
35:32qui représente
35:33l'éducation nationale
35:33dans ce qu'elle a
35:34de plus noble
35:34et de plus courageux.
35:35Je le sens dépité.
35:37Mais il ne va pas
35:37baisser les bras
35:38et il maintient
35:39et nous partageons
35:40cet avis
35:40que c'est quand même
35:41l'école aussi abîmée,
35:43aussi malade,
35:43aussi souffrante qu'elle soit
35:44qui est l'espoir
35:45du redressement
35:46de cette société.
35:47Et puis,
35:47nous avons le témoignage
35:49bouleversant
35:50de Julien Cocoa,
35:51Coco,
35:52qui nous raconte
35:53et même au rentable
35:53nous fait des confidences,
35:55allive absolument
35:55le chemin du guerrier.
35:57Je pense que voilà,
35:57ce sont deux messages
35:58d'espoir.
35:59Je disais après 48 heures,
36:0072 heures
36:02de mauvaises nouvelles
36:02et il n'est pas dit
36:03qu'on n'en est pas encore
36:04dans les jours à venir.
36:05En tout cas,
36:06nous avons la preuve ici
36:07et voilà.
36:07Et tout à l'heure,
36:08c'était Sania qui nous disait
36:09moi aussi,
36:09je suis d'origine algérienne
36:11et j'en ai marre,
36:12je n'ai pas envie
36:12que ça continue comme ça.
36:13Je prends Loïc
36:14qui nous appelle de Toulouse.
36:16Bonjour Loïc.
36:17Oui, bonjour.
36:18Alors Loïc,
36:18qu'est-ce qui se passe
36:19à Toulouse ?
36:19Ça s'est calmé
36:20ou vous avez vous aussi
36:22vécu des choses
36:22qui vous ont choqué ?
36:24Alors, moi,
36:24je vais être très franc.
36:25Ce week-end,
36:26je suis resté chez moi
36:27à la campagne.
36:29Maintenant,
36:31j'ai deux,
36:32enfin,
36:32j'ai trois garçons
36:33dans les deux derniers.
36:34Dans la campagne de Toulouse.
36:35Dans la campagne de Toulouse.
36:36Oui, tout à fait.
36:37Dans le raguet.
36:37Du côté dans le raguet.
36:39Voilà.
36:40J'ai mes deux derniers garçons
36:42ont 16 ans et 18 ans.
36:44Donc,
36:45l'étude supérieure
36:46et le petit dernier
36:47étant en première.
36:49Moi,
36:50avec ce qui s'est passé
36:51ces trois dernières semaines,
36:52les consignes ont été très claires.
36:54C'était le bordel au lycée.
36:56Tu rentres à la maison.
36:58On s'expliquera
36:59avec l'avis scolaire
37:00pourquoi tu n'étais pas présent au lycée.
37:02Je préfère qu'il soit à la maison
37:04sous le contrôle de sa mère
37:05ou de son père
37:06que dans les rues.
37:08Après,
37:09moi,
37:10je suis vraiment
37:12embêté aujourd'hui
37:13pour les personnels
37:14de l'éducation nationale
37:16parce que leur boulot,
37:17c'est l'instruction
37:19de nos enfants.
37:20Il me semble que l'éducation
37:22doit rester une mission
37:23première des parents.
37:25Loïc,
37:26Loïc,
37:26je remercie l'éducation nationale
37:27de faire son boulot.
37:28C'est un grand sujet.
37:29Instruction publique
37:30est devenue
37:31éducation nationale
37:32en 1932
37:33et vous avez beaucoup d'experts
37:34qui vous disent
37:34que c'est peut-être là
37:35que la confusion des genres
37:37a commencé.
37:38L'éducation n'est pas l'instruction.
37:40La France fut grande
37:41grâce à une instruction publique
37:42exemplaire,
37:43elle a donnée.
37:43et depuis qu'on a dit éducation,
37:45on s'est dit
37:45c'est la famille
37:46ou les profs
37:47qui doivent élever les gosses ?
37:48C'est ça,
37:48Arnaud de Berthier
37:49au-dessus de la tête,
37:50il va répondre
37:51en quelques instants.
37:52Pour moi,
37:53très clairement,
37:54l'éducation des enfants
37:55c'est fondamentalement
37:57le boulot des parents.
37:59Après,
37:59l'éducation nationale,
38:01elle a quand même
38:02une mission première
38:04pour moi,
38:05c'est d'amener
38:06de l'instruction aux enfants,
38:07les faire grandir
38:08et si c'est l'instruction
38:09qui est amenée aux enfants,
38:11il y a des éléments
38:12d'éducation,
38:13comment je me positionne
38:14vis-à-vis de la société,
38:15comment je me positionne
38:16vis-à-vis des professeurs,
38:18comment je me positionne
38:19vis-à-vis des adultes,
38:20pour moi,
38:20ça fait parfaitement partie
38:21de l'éducation.
38:21Il y a la transmission
38:22des savoirs et des connaissances,
38:24c'est la première.
38:25Et peut-être que
38:25ce qu'on appelle
38:26l'instruction civique,
38:27il peut y avoir
38:28une dimension éducative,
38:29Arnaud va nous expliquer
38:30ça tout à l'heure,
38:31mais vous mettez le point,
38:32vous mettez le doigt
38:33sur ce qu'il y a de plus tragique
38:38et je sens que vous tenez
38:39au moins dans votre famille
38:40la situation en main
38:41et profitez du louragué
38:42qui est une merveilleuse
38:44contrée surtout
38:44du côté de Saint-Félix.
38:46Arnaud de Berthier,
38:48Loïc,
38:48vient de dire l'essentiel,
38:49l'éducation nationale,
38:50l'instruction publique,
38:51est-ce que cette confusion
38:52a pu nous amener
38:54aujourd'hui
38:54à la situation compliquée
38:55avec laquelle on est confronté ?
38:57Moi,
38:58j'adorerais qu'on soit
38:59dans une société
39:00où toute l'éducation
39:03est faite par les familles
39:05et toute l'instruction
39:06est faite par l'école,
39:07ce serait égal.
39:08C'est plus compliqué que ça
39:10et je crois que
39:11tous les adultes
39:12qui se retrouvent...
39:14Ça n'a même jamais existé,
39:15l'instituteur a toujours
39:16apporté un peu de morale.
39:18Et je pense que
39:18tous les adultes
39:19qui sont en contact
39:20avec nos jeunes
39:21ont une co-responsabilité
39:24éducative.
39:25Je parle des profs,
39:26je parle des coachs sportifs
39:28et autres.
39:28Et moi,
39:29je crois beaucoup
39:29qu'il faut une coalition
39:30des adultes
39:32pour aider
39:34à éduquer nos jeunes.
39:37quand on est dans un collège
39:39et moi j'étais,
39:40comme je disais,
39:41en éducation prioritaire,
39:42on a quand même
39:43beaucoup d'occasions
39:45pour refixer
39:47des règles
39:48pour leur parler
39:50des valeurs
39:51de la République,
39:51du respect
39:52homme-femme,
39:54de la laïcité...
39:57Instructions civiques,
39:58vous en avez eu,
39:58j'en ai eu,
39:59etc.
39:59Oui, alors moi,
40:00je n'étais pas prof
40:00d'instructions civiques,
40:01j'étais prof de maths.
40:02Non, non,
40:02mais vous l'avez eu
40:03quand vous étiez élève,
40:04avec une phrase au tableau
40:06tous les jours différente.
40:07Oui, oui,
40:07mais il y a toujours,
40:08ça s'appelle l'EMC,
40:10c'est les profs
40:10d'histoire géo
40:11qui font ça,
40:11mais je dirais que
40:12plus largement,
40:13prenez les CPE,
40:14par exemple,
40:15dans les collèges,
40:16ils ont un rôle éducateur
40:18formidable,
40:19très important.
40:21Et donc,
40:22moi,
40:22je pense qu'il faut
40:23qu'on fasse ça,
40:24qu'on l'intensifie,
40:25et je pense qu'il faut
40:26qu'il y ait,
40:26en fait,
40:26beaucoup plus d'heures
40:28au collège
40:30pour les élèves,
40:33par exemple,
40:33pour faire leurs devoirs.
40:35Soyons concrets,
40:36Arnaud de Berthier,
40:37je vous ai demandé
40:38tout à l'heure,
40:39j'ai dit aux antennes,
40:41question bateau
40:42qu'on pose à tous,
40:43tous les représentants
40:43de l'éducation nationale
40:44et de l'enseignement,
40:45quelle est aujourd'hui,
40:46dans cette urgence
40:47et dans cette tragédie,
40:48la première mesure
40:50qu'il faudrait prendre ?
40:51Vous iriez jusqu'à
40:52l'allongement des cours,
40:54peut-être un peu
40:54moins de vacances,
40:55les programmes sont
40:55tellement chargés
40:56qu'il faut plus de temps
40:57pour les appliquer ?
40:58Moi,
40:59la première chose
41:00que je ferais,
41:00c'est donner,
41:01comme je le disais
41:02tout à l'heure,
41:03beaucoup plus de liberté
41:04aux chefs d'établissement.
41:05Aux enseignants.
41:06Et vous voyez,
41:07sur l'allongement
41:08du nombre d'heures,
41:10je laisserai entière liberté
41:12aux chefs d'établissement
41:13de le faire,
41:14ou pas,
41:15si c'est pertinent.
41:16Et je vous donne
41:16un exemple,
41:17moi,
41:17qui m'a énormément frappé
41:18là où j'étais.
41:19Toute heure
41:20de devoir en dehors
41:22de l'école
41:23est profondément inégalitaire.
41:25Pourquoi ?
41:26Parce que le jeune
41:27d'un quartier...
41:28Je suis d'accord,
41:28mais je vais vous me dire
41:29pourquoi.
41:29Parce que le jeune
41:30d'un quartier populaire,
41:32moi,
41:32mes élèves,
41:33leur activité numéro un
41:35en allant à la maison,
41:35c'était le babysitting.
41:37D'accord ?
41:37Parce que les parents
41:40travaillaient,
41:41et il n'y a pas de nounou,
41:42et je fais du babysitting.
41:44Est-ce qu'ils avaient
41:44un endroit calme,
41:45etc.,
41:46pour travailler ?
41:47Pas forcément.
41:47Est-ce qu'ils avaient
41:48un papa,
41:49une maman,
41:50un grand frère,
41:50une grande sœur
41:51pour les aider
41:51quand ils bloquaient
41:52sur un exercice ?
41:52Pas forcément.
41:53Et vous contrastez ça
41:55avec un jeune
41:57dans un milieu
41:57plus favorisé,
41:58les conditions
41:59sont totalement...
41:59Donc vous dites
42:00que l'heure d'étude
42:00est un seuil
42:02qu'on franchit,
42:03qu'on franchit pas
42:04et qu'il peut tout changer.
42:05Exactement.
42:05Et tout ce qui est...
42:06Alors,
42:06on a fait des choses,
42:07tous les dispositifs
42:08d'aide aux devoirs,
42:09etc.,
42:10je pense que c'est
42:11absolument nécessaire
42:12parce qu'on remet
42:13de l'égalité,
42:14on remet du cadre
42:16pour apprendre,
42:17et moi,
42:18j'ouvrirais
42:18beaucoup plus largement,
42:20j'ouvrirais par exemple
42:20le samedi matin,
42:22pas nécessairement d'ailleurs
42:24en mobilisant des profs,
42:26je mobiliserais
42:27des parents d'élèves,
42:28des étudiants,
42:29des jeunes retraités.
42:30Moi, je crois
42:30qu'on a un potentiel
42:32de mobilisation
42:33de bénévoles
42:33dans ce pays
42:34qui est formidable.
42:35Je vous prends un exemple.
42:36Les Restos du Coeur,
42:37c'est plus de 70 000 bénévoles.
42:40Vous vous rendez compte
42:40si on faisait
42:41l'école du Coeur
42:42et qu'on avait
42:4270 000 bénévoles
42:44qui se mobilisaient ?
42:45C'est un mouvement citoyen.
42:46C'est un vrai mouvement citoyen.
42:47pour aider l'école,
42:48ça serait très puissant,
42:49je pense.
42:50Coco, en deux mots,
42:51je vous amène
42:51un casseur là
42:53qui vient de casser une vitrine.
42:54Je vous le mets en face,
42:56les yeux dans les yeux.
42:57Qu'est-ce que vous lui dites ?
42:59Je lui dirais,
43:00écoute,
43:02les choses sont passées,
43:05voilà.
43:07à cette heure-ci,
43:08je pense vraiment
43:09qu'il faut que
43:12tu mettes les pieds sur terre
43:13et que tu comprennes
43:15que tu fais pleurer
43:16des familles,
43:18tu mets en galère
43:19des commerçants,
43:21tu mets ta propre famille,
43:23tes propres frères,
43:23tes propres cousins,
43:26disons-nous les choses
43:26dans la merde.
43:28Voilà.
43:29Ils se retrouvent
43:30dans des situations
43:30que tu n'imagines même pas
43:31à cause de tes actes.
43:35Concentre-toi
43:37sur ton avenir,
43:39que ce soit l'école,
43:41la culture,
43:42réfléchis à ce que tu veux faire,
43:44sois déterminé là-dedans,
43:45dans le travail,
43:47manifester pour tes droits
43:48si c'est légitime.
43:49Si je peux résumer, Coco,
43:50si c'est légitime,
43:51fais-le,
43:51c'est important,
43:52mais sans la violence.
43:53Il y a un chemin
43:54pour le guerrier
43:55et ils ne finissent pas
43:56forcément à la casse.
43:57Voilà la preuve
43:58par Coco et Julien.
44:00Merci,
44:00merci professeur,
44:02merci citoyen.
44:03Merci.
44:04Merci.
44:05Merci à vous.
44:06À suivre dans quelques instants,
44:07Brigitte Léaé
44:08qui vous parlera
44:09d'homosexualité
44:10et de bisexualité.
44:11Est-il aujourd'hui
44:12facile de les assumer ?