00:007h10, vous nous écoutez des quatre coins de notre territoire.
00:03Je vous souhaite un excellent début de matinée, où que vous soyez.
00:077h10, c'est votre rendez-vous témoignage et nous sommes avec Claire Géronimi.
00:11Bonjour Claire Géronimi, vous êtes fondatrice de l'association Éclat de Femmes.
00:16Je rappelle que vous avez été violée par un homme qui était sous le coup de deux OQTF,
00:21lequel avait également violé Mathilde, âgée de 18 ans, 30 minutes avant votre propre agression aujourd'hui.
00:26Donc vous vous battez avec cette association Éclat de Femmes, d'une certaine façon pour faire entendre peut-être une
00:32autre approche
00:32dans le cadre de la lutte contre les agressions sexuelles.
00:35Et on apprend que vous avez été écarté du débat à l'Assemblée Nationale sur cette loi intégrale. Pourquoi ?
00:39Écoutez, nous on a demandé, avec mon association Éclat de Femmes, à être notamment auditionné et entendu,
00:46notamment de avoir envoyé des mails à la rapporteure générale, donc Madame Thibault Martinez,
00:51qui est à l'initiative de cette loi qui est au Parti Socialiste, et également au Président de la Commission,
00:57ainsi qu'à tous les rapporteurs, on n'a pas eu de réponse.
01:00Également, moi j'ai demandé à une députée qui est Madame Sophie Vaginé, justement, qui est à l'UDR,
01:06donc mon parti politique...
01:08Oui, on rappelle que vous êtes vice-présidente de l'UDR, le parti d'Éric Ciotti.
01:12Exactement. De demander également au rapporteur, enfin au Président de la Commission,
01:15s'il était possible de nous interroger. On n'a jamais eu de réponse, encore une fois, silence radio.
01:18Mais pourquoi ça ? On vous l'a motivé ? On vous a expliqué pourquoi ?
01:21Non, en fait, c'est toujours comme ça. C'est des silences radio.
01:24En fait, on n'est pas accueillis, on n'est pas bien accueillis par les autres associations féministes.
01:30Ça, c'est assez étrange.
01:32Disons-le clairement, est-ce que ça a un lien avec les personnes en situation irrégulière ?
01:37Puisqu'on va venir, l'un des articles les plus discutés, c'est l'article 62 qui est consacré aux
01:41OQTF.
01:42Est-ce que c'est le point sensible qui fait qu'on n'a pas tellement envie de vous entendre
01:45?
01:46Depuis le début de mon combat, du jour où j'ai commencé à en parler de mon histoire sur le
01:52fait que mon agresseur est un individu sous OQTF,
01:55je me suis toujours fait boycott et évincer de tous les autres mouvements féministes.
01:59Et c'est ça qu'apparemment, aujourd'hui, on me reproche.
02:02Moi, ce que je désole, c'est qu'en fait, elle parle de combat qui est transpartisan.
02:05On parle d'une loi ici, aujourd'hui, la loi intégrale contre les violences sexuelles,
02:09qui est censée être une loi transpartisane, pour autant, en fait, nos députés UDR et RN n'ont pas non
02:15plus été signataires de cette loi.
02:18Et c'est ça qui est vraiment dommage.
02:19Alors, concrètement, l'article 62 consacré aux OQTF, après les examens en commission,
02:24la loi prévoit, d'une certaine façon, l'impossibilité d'expulser un OQTF qui aurait déposé plainte pour viol.
02:31On est bien d'accord sur cette façon de présenter les choses, même si les faits ne sont pas avérés.
02:36Et vous, vous dites que c'est dangereux. Pourquoi ?
02:41Écoutez, je pense que le problème, c'est qu'en fait, même s'il y a même cette question au
02:47-delà du dépôt de plainte,
02:48il y a cette question aussi que ça peut être établi par tout autre moyen.
02:51Donc, ça veut dire qu'en fait, la victime de main, qui est une personne étrangère,
02:55n'est même pas obligée de déposer plainte pour se voir faire appliquer une obligation de quitter le territoire,
02:59enfin, une mesure d'éloignement, c'est ça qui est, à mon sens, dangereux,
03:03c'est qu'en fait, on va vraiment ouvrir une nouvelle filière d'immigration.
03:06Aujourd'hui, moi, ce que je demande, c'est que c'est très bien qu'on puisse mettre sur le
03:09débat le droit des femmes étrangères,
03:12mais pour autant, en fait, est-ce qu'on a mis aussi sur la table le sujet des femmes
03:19qui ont été agressées par des personnes qui sont étrangères également ?
03:22Moi, j'avais porté avec Mme Christelle Lantorni, qui est notre députée également à l'UDR,
03:28une proposition de loi comme quoi, en fait, on devait faire condamner l'État
03:31lorsqu'une victime était agressée par un individu sous OQTF.
03:35En fait, je pense que ça doit être vraiment donnant-donnant.
03:37Et pour autant, excusez-moi, cette nouvelle filière d'immigration,
03:41à mon sens, je pense, va vraiment avoir des conséquences qui sont réellement dangereuses,
03:44et notamment qu'en plus de ça, les associations de la coalition féministe ont demandé,
03:50en plus de ça, une carte de résidents de 10 ans sur une seule base d'une ordonnance de protection
03:55civile
03:55sans attendre qu'un juge pénal ne tranche.
03:57Et c'est ça qui, à mon sens, est très dangereux, c'est cette nouvelle filière d'immigration.
04:00Alors, d'autant que la députée ex-LFI, Dominique Simonnet, est allée plus loin encore que cette disposition,
04:07puisqu'elle est en passe d'obtenir, ou qu'elle a obtenu, une disposition qui permettrait aux femmes victimes de
04:13violences
04:13de ne plus être sous le coup d'une OQTF, même si elles n'ont pas déposé plainte,
04:18même si leur plainte est classée sans suite. C'est bien cela ?
04:21Exactement, c'est ça. C'est qu'en fait, demain, une femme vraiment qui est étrangère,
04:25et qui, par exemple, est soumise aussi par son mari, parce qu'on peut retourner aussi également la situation,
04:31qui est demain soumise à son mari et à son conjoint,
04:35pourra tout simplement aller récupérer sa carte de séjour,
04:39et dire qu'en fait, elle s'est faite agresser, et que du coup, elle va pouvoir rester sur notre
04:43territoire.
04:43Je pense que ce n'est pas comme ça non plus que ça doit fonctionner.
04:45Malheureusement, aujourd'hui, les droits des femmes étrangères ne doivent pas être supérieurs aux droits des femmes françaises.
04:50Alors, on apprend également, il y a plein d'autres choses, évidemment, dans cette loi,
04:53et on n'aura pas le temps de tout évoquer ce matin,
04:55mais on apprend qu'il y aura un nouveau volet consacré à la formation dans les TPE, PME.
05:00Est-ce qu'il va pouvoir être mis en place ?
05:02Parce qu'évidemment, pour les moyennes et grandes entreprises,
05:04on a forcément peut-être un peu plus de moyens.
05:06Pour les TPE et PME, c'est un peu plus compliqué.
05:09Moi, je suis totalement favorable, et notre groupe, d'ailleurs, l'est aussi sur les formations d'entreprises.
05:15Aujourd'hui, on est obligé d'avoir un référent pour des entreprises de plus de 250 salariés.
05:20Aujourd'hui, ils veulent l'abaisser à 50 salariés,
05:22et notamment aussi avoir des référents spécifiques pour des TPE, PME.
05:26C'est ça, à mon sens, ce qui est dramatique.
05:28C'est qu'aujourd'hui, on se retrouve...
05:29Demain, enfin, moi, j'ai déjà été...
05:31Enfin, je suis chef d'entreprise.
05:33Je n'ai pas, en fait, les moyens de pouvoir avoir un référent,
05:37de pouvoir payer des formations à tous mes employés.
05:39Ça veut dire plus de normes, plus de contraintes.
05:41Pour autant, je pense que c'est aussi une très bonne chose.
05:43Il faut avoir de la formation, de la sensibilisation.
05:45Nous, avec notre association, c'est ce qu'on fait également
05:47au sein des entreprises, ainsi que des collectivités.
05:50Mais pour autant, c'est des normes qui vont fatiguer les entreprises.
05:54Et je pense qu'aujourd'hui, les entreprises n'ont pas forcément besoin de ça non plus.
05:57Claire Géronimi, fondatrice de l'association Éclat de Femmes,
05:59est-ce qu'il y a quand même, dans ce projet de loi,
06:02aujourd'hui, des points qui vous semblent tout à fait positifs
06:05pour faire avancer la lutte contre les agressions sexuelles ?
06:08Bien entendu, il y a des volets.
06:09Le volet judiciaire, qui a été justement étudié la semaine dernière,
06:12qui va être encore étudié en début de semaine,
06:14est vraiment une avancée qui est exceptionnelle.
06:16Je pense qu'à mon sens, il faut pouvoir aider les femmes victimes
06:20à mieux être accompagnées.
06:21Il faut pouvoir aussi, sur le volet judiciaire,
06:24tout simplement renforcer les peines, durcir,
06:28et justement aussi pouvoir réduire le temps de la justice.
06:31Aujourd'hui, on n'oublie pas, c'est entre 2 et 5 ans
06:33qu'une victime doit attendre pour pouvoir voir la prononciation de sa peine.
06:38Donc il y a aussi des questions de classement sans suite.
06:40Je pense que c'est une belle avancée aussi
06:42et que ça permettra aux femmes victimes de pouvoir être mieux soutenues.
06:45Merci infiniment, Claire Géronimi,
06:49fondatrice de l'association Éclat de Femmes,
06:50de nous avoir éclairé et de nous avoir donné votre point de vue
06:53sur cette loi intégrale qui arrive dans l'hémicycle cette semaine.