00:00Ici Sud Radio, les français parlent au français, les carottes sont cuites.
00:08Sud Radio Bercov dans tous ses états.
00:25Ah, c'est devenu un bruit familier, un bruit familier la semaine dernière.
00:30Pratiquement tous les jours, un bruit familier.
00:33Mais ça s'est arrêté le week-end, et oui, le week-end, on se repose quand même.
00:38Mais on recommence aujourd'hui, il n'y a aucun problème.
00:42Alors de quoi s'agit-il ?
00:44Eh bien, écoutez, vous savez, sur le Moyen-Orient, sur la Palestine, Israël, Gaza, on se dit
00:50est-ce qu'il y aura une solution à deux états, est-ce que la solution à deux états est
00:56encore possible ?
00:57Eh bien la question qu'on peut se poser, est-ce qu'on va en France, dans notre douce France,
01:04cher pays de notre enfance,
01:05est-ce qu'on va avoir une solution à deux états ?
01:09Provocation, vous allez me dire que j'exagère ?
01:11Peut-être, mais quand même, on voit, qu'est-ce qu'on voit ?
01:15On voit, c'est très très bien, oui, les étudiants, ou les élèves, ou les lycéens,
01:20évidemment on a le droit de manifester, on a évidemment le droit de se révolter,
01:25on a tous les droits, tous les droits, mais quand même, quand on en arrive,
01:29on a tous vu les images, que ce soit la télévision, sur les réseaux, on l'a entendu dans les
01:36radios,
01:37Sud Radio notamment.
01:39Alors, un professeur lâché, mais littéralement lâché, quand il a essayé d'empêcher les poubelles de voler.
01:47Un policier, allez, à coups de pied dans la tête là.
01:52Des policiers, des policiers en train de fuir, en train de fuir parce qu'il y avait un millier de
01:56personnes,
01:56et puis ils étaient cinq.
01:58Une surveillante de lycée, carrément tabassée.
02:01Un enseignant aspergé d'essence, des pompiers, des camions de pompiers incendiés.
02:10Les pompiers, évidemment, qui sont armés jusqu'aux dents et qui viennent pour tuer.
02:14Les pompiers, ben oui, les lycées, les lycées incendiés.
02:18Alors, combien de lycées ? On va peut-être compter les lycées qui n'ont pas été incendiés.
02:24Les bus, évidemment, les magasins, les pillages, etc.
02:28Alors, on va me dire, mais c'est pas nouveau, 2005, on l'avait vu.
02:32Avec Naël et le refus d'obtempérer, on l'avait vu.
02:35Et puis, quand même quelque chose d'assez spécial.
02:39On a vu quand même, dans pratiquement toutes ces manifestations, on a vu des drapeaux.
02:43On a vu des drapeaux, mais des drapeaux français, pas tellement, franchement pas tellement.
02:49Des drapeaux, alors un peu partout, des drapeaux étrangers.
02:54Oui, alors ça, il y en avait pas mal.
02:56D'ailleurs, ça posait, etc.
02:58Alors, quand je dis deux états, évidemment, je provoque.
03:02Mais en même temps, qu'est-ce que ça veut dire ?
03:04Il y a quelque chose qui se passe.
03:06Alors, est-ce que nous allons être habitués à des cocktails Molotov,
03:10à des feux de poubelle, à, effectivement, milliers d'écoles fermées, etc.
03:16Est-ce une révolte ? Non.
03:18Est-ce qu'il y a une révolution ? Encore moins.
03:20Alors, c'est quoi ?
03:21Et c'est quelque chose qui se passe à un niveau de, effectivement, de ce que ce cher François Hollande
03:27appelait la partition.
03:29On n'y est pas.
03:30On n'y est pas encore.
03:31J'espère qu'on n'y sera jamais.
03:32Mais, vous savez, c'est très intéressant de voir des gens qui sont, devraient être la voix, à l'aide
03:39de la démonération,
03:41de la voix de la sagesse, de la voix, effectivement, d'un certain équilibre.
03:50Bon, je ne sais pas quel rôle doivent jouer les magistrats, mais peut-être qu'ils doivent jouer plutôt le
03:59mot de la modération.
04:00Et les sociologues, merveilleux, pas tous, on ne va pas les mettre dans le même sac, Vincent Thiberge, sociologue à
04:07Sciences Po Bordeaux.
04:08« On est devant des jeunes qui décident d'être citoyens avant même de devenir des électeurs. »
04:15Pesez cette phrase.
04:16Eh oui, c'est citoyens.
04:17Allez, jetez les poubelles.
04:19Allez, asperger d'essence.
04:22Allez, tabasser.
04:24Ça, c'est citoyens.
04:25Effectivement, le devoir du citoyen est d'aller casser.
04:28C'est le premier des devoirs en République apaisée.
04:32Et où sont nos politiques ?
04:33Alors nos politiques, c'est n'importe quoi, un peu partout, que l'on soit côté LFI, allez-y les
04:39gars, allez-y.
04:40Que ce soit au côté de la droite, oui, mais attendez, on ne peut pas aller si loin, etc.
04:45On a l'impression de tranquillement, quelque chose est en train de se défaire, est en train vraiment de se
04:52désosser,
04:54eh bien sans que personne ne voit comment on peut ou freiner ou surtout changer ça.
05:00Et je ne rappellerai pas, non, non, je ne rappellerai pas pourquoi je parle de deux États et peut-être
05:04de France.
05:05Je ne rappellerai pas ce qui s'est passé lors de la venue du pape en France,
05:11que ce soit Place de la Concorde, que ce soit à Lourdes ou que ce soit au Stade de France.
05:18Ah là là !
05:19Alors vous rappelez les casses ?
05:21Vous rappelez les tabassages ?
05:23Vous rappelez la violence ?
05:24C'est terrible, hein ?
05:26Terrible.
05:26Oui, je plaisante, mais franchement on n'a pas d'humeur à plaisanter.
05:31Le problème il est là, qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui face à ça ?
05:36Est-ce qu'on tente de regarder ? Est-ce qu'on se tente de commenter ?
05:40Et on se veut savoir si les colonnes vertébrales, si le courage, si la vision,
05:45si ceux qui sont payés pour gouverner, pour prendre, pour faire un peu d'autorité,
05:51pour rétablir un tout petit peu un certain équilibre, sont-ils partis sans laisser d'adresse ?
05:58On vous tiendra au courant.
06:00Merci, à demain.