00:00Tant que la guerre dure, eux sont à l'abri.
00:03Vous voyez, le risque pour nos dirigeants, c'est la paix.
00:07Parce que la paix, la signature d'une paix avec la Russie, pour eux,
00:11c'est on va leur demander des comptes, on va leur demander ce qu'ils ont fait.
00:21Quand on voit les opérations menées par les États-Unis,
00:24les attaques sur l'Iran, les comportements irrationnels du gouvernement,
00:28on a ce paradoxe de dictature ou de régime autoritaire
00:33qui sont plus prévisibles et rationnels que nous.
00:38Et on ne se rend pas compte de ce qu'une bonne partie
00:42de ceux qui restent de paix en Europe,
00:45je vais dire exactement le contraire de ce que tout le monde dit.
00:48Tout le monde dit que la Russie veut attaquer l'Europe.
00:50Tout le monde dit que la Russie est la menace.
00:52Aujourd'hui, on l'entend, le président de la République le dit.
00:56Moi, je dis exactement le contraire.
00:58Je dis que le nombre de provocations anti-russes est tel que la paix subsiste en Europe
01:05parce que les Russes sont calmes et ont un self-control d'un type particulier.
01:12Oui, vous dites que vous êtes petit et calme.
01:14Mais ce que je dis, c'est que, je veux dire, dans le livre,
01:19c'est que si l'Allemagne, je veux dire, vraiment se mobilise dans cette guerre,
01:26et Mertz, il faut entendre les Allemands actuellement,
01:29Mertz, il parle des Russes comme de barbares.
01:35Alors c'est quand même la Wehrmacht qui a tué 25 à 27 millions de soviétiques.
01:39Et je dis qu'à propos de l'Allemagne, il y a pour moi une possibilité
01:46que les Russes perdent leur calme.
01:49C'est ça le vrai risque.
01:50Non, mais là, je reviens à la question.
01:51La situation est totalement à l'inverse de ce qu'on dit.
01:54Il y a un risque nucléaire dans ce cas.
01:58Le risque nucléaire existe toujours.
02:00Au stade actuel, je pense que je vais dire quelque chose de rassurant.
02:05La supériorité russe dans le domaine des missiles hypersoniques est telle
02:10qu'il n'aurait sans doute pas besoin de l'arme nucléaire
02:13pour arrêter l'Europe si elle faisait des choses stupides.
02:18Mais il faut écouter les Russes.
02:20L'Avrof l'a dit.
02:22On n'écoute pas les Russes.
02:24L'Avrof a dit, mais faites attention, nous ne voulons pas la guerre.
02:27Mais si vous mettez des troupes en Ukraine, aux Européens,
02:31ça sera considéré comme une entrée en guerre.
02:34Et je vous dis que cette guerre-là sera d'une nature très différente
02:39de ce qui se passe en Ukraine.
02:42Ça sera une guerre très courte.
02:44Et moi, je peux interpréter.
02:45C'est parce qu'en Ukraine, pour les Russes,
02:47il s'agit de reconquérir du territoire.
02:50Vous dites qu'ils n'iront pas plus loin qu'une certaine limite en Ukraine.
02:54Ils n'attaqueront pas l'Europe, contrairement à ce qu'on la menace.
02:57Ils n'ont pas intérêt, je le dis très clairement.
03:00Moi, je pense qu'ils veulent aller jusqu'à Odessa pour assurer la berdoire,
03:04qu'ils vont aller jusqu'au Dieppe.
03:06Je pense qu'ils veulent sans doute faire de l'Ukraine un état croupion.
03:10Mais la Russie n'a pas du tout les moyens, je veux dire, démographiques
03:14ou un intérêt stratégique.
03:16La Russie fait déjà 17 millions de kilomètres carrés.
03:19Qu'est-ce qu'ils ont besoin de se recréer des problèmes
03:22avec des Polonais qu'ils ne supportent plus historiquement ?
03:25– Oui, alors pourquoi sur vous on agite cette menace ?
03:29– Je voudrais quand même terminer sur ce que serait une guerre,
03:33puisque moi je pense qu'une partie des élites européennes
03:37rêvent d'une guerre avec la Russie pour échapper à leurs responsabilités.
03:41– Mais ce serait une déflagration, c'est une folie.
03:43– Ça fait partie des choses qu'il faut être capable d'imaginer pour les éviter.
03:47– Mais si vous écoutez Macron, si vous écoutez Mertz, si vous écoutez,
03:52je n'ai même pas en tête le nom du nouveau Premier ministre anglais,
03:57je veux dire, c'est comme si on nous préparait à la guerre avec la Russie.
04:03Alors pour moi… – Préparer pour ne pas avoir à la subir, on vous dira ça.
04:07– Mais tout le monde sait très bien, les Russes n'ont pas les moyens, pas l'envie.
04:11La guerre sur terre, l'invasion, ce qu'a monté la guerre d'Ukraine,
04:16c'est que la guerre où on occupe du territoire était extrêmement difficile
04:21et coûteuse à cause des drones.
04:24Dans la mesure où la seule guerre qu'il pourrait y avoir entre l'Europe et la Russie
04:29pour les Russes serait une guerre défensive,
04:34simplement pour empêcher les Européens de rentrer en Ukraine,
04:38tous, et c'est pour ça que ça serait court,
04:41et pas coûteux pour eux, compte tenu de leur supérieur,
04:44c'est simplement, j'imagine, je fais, je ne dis pas que c'est vrai,
04:48mais j'essaie de me mettre dans cet état d'esprit où on se dit,
04:53imaginons tous les possibles pour éviter que ça se passe.
04:56Donc c'est quoi une guerre courte ?
04:58Les Russes sont embêtés par tous les efforts industriels
05:02et la médiasisation de l'Europe,
05:03et ils lancent des missiles hypersoniques
05:05sur toutes les industries militaires de l'Europe occidentale,
05:09et la guerre est terminée en dix jours.
05:11C'est ça qui est évoqué.
05:15Lavrov n'a pas dit ça.
05:16Mais moi, c'est ce que j'ai entendu.
05:19– Personne ne peut souhaiter ça, Emmanuel Macron.
05:22Personne en Europe ne peut souhaiter ça.
05:24– Mais personne, alors, c'est là qu'il y a la vraie question,
05:28les peuples européens, évidemment, ils ne souhaitent pas ça,
05:31mais réellement, il y a une telle évidence
05:36de la non-volonté des Russes de faire la guerre à l'Europe,
05:41ils veulent juste qu'on les laisse tranquillement bouffer l'Ukraine,
05:44pas plus.
05:46– Mais ça, ce n'est pas intolérable ?
05:48Emmanuel, toi, ce n'est pas intolérable, ça ?
05:50– C'est ce qui est en train de se passer.
05:52Je ne reviens pas là-dessus, c'est ce qui est en train de se passer.
05:54Du point de vue des Russes, c'est défensif,
05:55mais je ne devais même pas prendre leur défense.
05:58Ce que j'essaie de faire comprendre,
06:01c'est que le discours des dirigeants anglais, allemands, français,
06:08sur une volonté russe de menacer l'Europe occidentale
06:13est un discours délirant qui doit avoir une cause.
06:16Et cette cause, pour moi, n'a rien à voir avec les attitudes russes,
06:22ça est quelque chose avec ce qui est le vrai sujet de mon livre,
06:25c'est-à-dire la désintégration interne des sociétés occidentales
06:31et notamment européennes, l'état de crise, l'état de vide,
06:35qui n'est pas le même en France ou en Allemagne.
06:38Et chez nos dirigeants, sans doute,
06:42j'y pense de plus en plus en ce moment,
06:44le sentiment que si la guerre d'Ukraine se termine...
06:49– Vous dites qu'elle est déjà gagnée par les Russes.
06:52– C'est ce que vous dites alors.
06:53– On est dans la dernière année là.
06:55– Vous dites qu'elle est gagnée par les Russes.
06:57– Ils avancent.
06:59Et donc on va, je veux dire,
07:02les guerres les plus horribles ont une fin
07:04et quand cette fin sera arrivée,
07:08nos dirigeants devront rendre des comptes à nous et aux Ukrainiens
07:15qu'ils ont encouragés à se battre jusqu'à la mort
07:19et jusqu'à la destruction complète de leur État.
07:22Et la chose dont j'ai peur,
07:25c'est que, confusément,
07:29nos dirigeants,
07:30les dirigeants allemands,
07:32les dirigeants britanniques,
07:34se disent que,
07:36tant que la guerre dure,
07:37eux sont à l'abri.
07:39Vous voyez,
07:40le risque pour nos dirigeants,
07:42c'est la paix.
07:43Parce que la paix,
07:44la signature d'une paix avec la Russie,
07:46pour eux,
07:46c'est on va leur demander des comptes,
07:49on va leur demander ce qu'ils ont fait.
08:20Sous-titrage MFP.
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