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  • il y a 8 minutes
Avec Professeur Vincent Soler, Professeur en ophtalmologie

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##SUD_RADIO_VOUS_EXPLIQUE_WK-2026-10-03##

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Transcription
00:04Et on est avec le professeur Vincent Solaire, bonjour.
00:08Bonjour.
00:09Vous êtes professeur d'ophtalmologie au CHU de Toulouse.
00:13Vous, vous tirez la sonnette d'alarme parce que le 1er octobre,
00:17le gouvernement a décidé de ne plus prendre en charge les transports médicalisés
00:22ou les véhicules sanitaires légers, les VSL comme on a l'habitude de les appeler,
00:27pour les affections longue durée non exonérantes.
00:30Là, il va falloir nous expliquer un peu ce que c'est exactement.
00:33Affections longue durée, ça, je pense qu'on comprend assez bien.
00:36Ce sont les maladies que l'on a et dont, a priori, on ne va pas guérir tout de suite.
00:42Mais non exonérantes, ça veut dire qu'il y a un reste à charge ?
00:48Alors, en fait, les affections longue durée telles qu'elles sont décrites dans l'assurance maladie,
00:53il y a une liste qui est très précise.
00:57Et donc, après, il y a des affections qui sont dites hors liste.
01:01Et dans ces cas-là, tout est pris en charge.
01:04Dans les affections longue durée non exonérantes, tout n'est pas pris en charge.
01:08Et jusqu'à présent, les transports étaient pris en charge.
01:12Et c'est souvent ce type d'affection longue durée non exonérante,
01:16ce type de caractéristiques qui étaient demandées pour nos patients
01:21qui présentaient des maculopathies, comme la dégénérescence maculaire liée à l'âge.
01:27Souvent entendu sous DMLA, d'ailleurs.
01:30DMLA, oui.
01:32Et dans la DMLA, en particulier dans la forme qui est dite, que l'on appelle humide,
01:36on fait des injections.
01:37Ce sont des patients qui sont aveugles ou potentiellement qui pourraient être aveugles
01:43et pour lesquels un traitement régulier est nécessaire par injection.
01:48Alors, l'ADMLA, ça concerne 1,5 million de personnes de plus de 50 ans.
01:54Vous, vous êtes inquiet.
01:56C'est pour ça que vous tirez la sonnette d'alarme ce matin sur Sud Radio
01:59parce qu'il est bien dramatique pour ces patients,
02:06finalement, cette suppression de prise en charge des transports.
02:09parce que si on a la possibilité de conduire quand on a fait l'injection,
02:13finalement, on ne peut plus le faire.
02:15Et puis, tout simplement, ces personnes-là découvrent une forme de handicap
02:18avec laquelle elles ne sont pas forcément très à l'aise et mises en sécurité.
02:22Et donc, retourner chez soi par ses propres moyens,
02:25c'est un surcoût qui, je l'imagine, en tout cas, c'est ce que je comprends,
02:30avec cette sonnette d'alarme que vous tirez,
02:35c'est qu'elles ne pourront plus être autonome.
02:39Oui, alors, c'est-à-dire que déjà, il y a deux formes de DML là.
02:44Il y a la forme humide et la forme sèche.
02:47Globalement, c'est moitié-moitié.
02:50Et parmi les DML humides, on arrive en général à maintenir la vision
02:56grâce aux injections.
02:57Donc, dans l'histoire de la maladie,
03:00quand il n'y avait pas encore les injections,
03:02les patients perdaient la vision progressivement
03:05et passaient de 10 dixièmes à 8 dixièmes à 6 dixièmes
03:08jusqu'à perdre leur autonomie et la capacité de conduire.
03:12Et donc, pour ces patients, on demandait régulièrement
03:16la caractérisation en infection longue durée non exonérante
03:19de façon à ce que les transports soient pris en charge.
03:22Alors, c'est justifié pour les consultations
03:25parce qu'on leur fait un fond d'œil
03:26et quand on conduit en étant dilaté, c'est compliqué.
03:31Et c'est encore plus justifié quand le patient est âgé
03:34et qu'en plus, il vient de bénéficier d'une injection dans l'œil.
03:38C'est-à-dire qu'on met un produit déjà avant l'injection
03:40pour désinfecter et ensuite, on fait une piqûre dans l'œil.
03:44Bon, clairement, on ne peut pas envisager de conduire
03:48avant ou après une injection.
03:49En tout cas, surtout pas après.
03:51Mais bon, on ne peut pas non plus envisager de conduire,
03:54de laisser sa voiture et de repartir comme on peut
03:57par ses propres moyens.
03:58C'est quoi le risque de santé publique là-dessus ?
04:02On aurait des patients qui, finalement,
04:05peut-être pour faire des économies
04:06ou ne viendraient même plus se faire ausculter
04:09et même traiter ?
04:12Nous, clairement, c'est notre crainte.
04:15On discute là régulièrement avec d'autres rétinologues,
04:18donc les spécialistes de pathologie rétinienne
04:22au niveau national.
04:23Et notre grande crainte, c'est qu'effectivement,
04:25certains patients ne viennent plus aux injections
04:29et qu'on observe des récidives de la maladie
04:32puisque les patients, en fait, ont réussi à les maintenir
04:35grâce aux injections itératives
04:37et que quand ils arrêtent les injections,
04:39on sait qu'il y a 40% à un an
04:41qui présentent des récidives humides,
04:44des récidives de la maladie
04:46qui vont faire baisser la vision.
04:48Et à 5 ans, c'est plus de 70% des patients
04:51qui ont présenté ce type de récidive.
04:54Donc, les injections sont nécessaires
04:56pour maintenir un niveau d'acuité visuelle
05:00compatible avec une autonomie
05:02et limiter le handicap.
05:03J'imagine que vous avez alerté
05:05les services de santé publique.
05:10J'ai alerté les associations de patients
05:12et effectivement, on en a parlé avec nos délégués
05:16d'assurance maladie.
05:18Et pour l'instant, a priori, ça ne va pas bouger.
05:22Pour l'instant, on n'a pas de réponse.
05:23Mais après, même si la mesure a été mise en place
05:27au 1er octobre, nous n'avons été mis au courant
05:29que 15 jours avant.
05:31Donc, le temps de réaction est limité.
05:37C'est une façon, finalement,
05:38de faire une économie de bout de chandelle, peut-être ?
05:44Probablement.
05:45Je ne m'avancerai pas sur...
05:48La motivation politique.
05:51Oui, oui.
05:52Non, mais sur le type d'économie qu'il faut faire
05:53dans le contexte actuel.
05:54Mais effectivement, ça paraît être dangereux
05:58parce que, finalement, le handicap est souvent plus
06:03générateur de dépenses que le traitement.
06:06On a un seuil de pauvreté qui est quand même
06:07à 1337 euros par mois.
06:10Beaucoup de retraités sont bien en dosse-là,
06:12aujourd'hui, de ce seuil-là.
06:14Donc, on imagine que bien la santé risquerait
06:17d'être sacrifiée avec ce genre de mesures.
06:20Merci beaucoup.
06:21Je vous rappelle, vous êtes, merci à Vincent Solaire,
06:24professeur en ophtalmologie au Centre hospitalier
06:27universitaire de Toulouse-Purpans.

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