Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 9 minutes
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Guillaume Bigot, Paris, Lyon, Lille, Bordeaux, les manifestations et blocages aux abords des lycées se poursuivent à travers la France,
00:05dans le cadre bien sûr d'une journée de mobilisation de la fonction publique, avec le soutien affiché de la
00:10France Insoumise.
00:11La preuve, Bali Bagayoko, le maire et les filles de Saint-Denis, étaient devant un lycée.
00:15Et écoutez ce qu'il a dit.
00:16Quand on est un jeune qui a 15-16 ans, quand à un moment donné on vous balance quasiment, je
00:20veux dire, un flashball,
00:21quasiment, je veux dire, soit sur l'abdomen ou soit au visage, forcément qu'à un moment donné il y
00:25a une grande solidarité.
00:26D'abord de protéger la personne, mais d'indignation, parce que c'est normal.
00:29Ce sont des humains, en fait.
00:30Par réagir par la violence.
00:31Mais ce sont des humains.
00:32Mais la violence, à un moment donné, elle peut être légitime aussi.
00:34C'est quoi cette affaire ? Bien sûr qu'elle peut être légitime.
00:36Le problème que l'on dit à toutes ces jeunes-là, c'est oui, elle peut être légitime.
00:39Mais chaque fois qu'on peut l'éviter, c'est mieux.
00:41Pour une raison simple, d'une situation, en fin de compte, vous êtes vous, en situation quasiment, je veux dire,
00:46à un moment donné, de droit,
00:47c'est-à-dire qu'on vous bafoue dans vos droits, si vous vous dérapez, forcément vous devenez vous coupable.
00:52C'est ça le problème.
00:53Et on est obligé de leur expliquer parce que ce sont des enfants encore, ce ne sont pas des adultes.
00:59Laurent Nunez estime que ces manifestations ne sont pas des mouvements de contestation très habituels, je cite,
01:04mais s'apparentent à des violences urbaines.
01:06Guillaume Bigot, je vous pose la question, la violence est-elle légitime ?
01:12Ce n'est pas moi qui vous réponds, c'est la Constitution, c'est notre régime républicain.
01:19Bien sûr que, dans une démocratie, la violence politique est illégitime, par construction,
01:25puisque nous avons les élections pour nous exprimer, pour exprimer notre pécontentement,
01:29nous avons les manifestations qui peuvent être d'ailleurs une soupape, un moyen d'expression,
01:35nous avons même, on peut aller jusqu'à la désobéissance civile d'ailleurs,
01:38c'est-à-dire de manière non-violente de manifester son désaccord.
01:42Moi, je ne suis pas pour, mais je peux l'entendre.
01:44Mais là, on est dans une dinguerie républicaine, on n'est plus du tout dans la République d'ailleurs,
01:49puisqu'on a un maire élu, sein d'une écharpe tricolore,
01:51il représente ses concitoyens, et il va, dit-il lui-même, auprès d'enfants.
01:57Depuis des adolescents, enfin bon, des enfants, reconnaît qu'ils n'ont pas tous 18 ans,
02:00ils n'ont pas tous de discernement, et que va-t-il faire ?
02:03Alors, on est toujours sur la ligne, sur la limite, sur la ligne de crête,
02:07il allume le feu, il joue avec la poubelle en feu, puis après il éteint le feu, etc.
02:11Mais enfin, on l'entend clairement, et merci pour votre son, comme on dit dans le jargon,
02:15parce qu'en effet, il dit, qu'est-ce que c'est que cette histoire de considérer que la violence
02:19est illégitime ?
02:20Là, il n'y a plus à tortiller.
02:23La France insoumise est sortie du jeu républicain.
02:27La France insoumise prône la violence.
02:30Alors, pas tout le temps, pas partout,
02:32mais c'est même plus qu'ils sont en train de jouer avec cette frontière.
02:35Ils ne disent pas la violence dans certains...
02:37Non, non, ils disent, sur le principe, on peut être violent en démocratie, en République.
02:42En fait, non.
02:43Et alors, leur revendication, la revendication des lycéens...
02:45Ah, ça, c'est autre chose.
02:46C'est pour ça que je vous pose aussi maintenant cette question.
02:48Est-ce que là, elles sont légitimes, ces revendications ?
02:50On ne peut pas les mettre dans un grand sac.
02:53Je pense que la situation d'éducation nationale en France, elle est catastrophique.
02:58Les problèmes de recrutement, les problèmes d'autorité des professeurs,
03:02c'est la question centrale.
03:03Depuis que l'élève a été nié au centre de la classe,
03:06on voit bien que ce métier qui n'a jamais été surpayé,
03:09être prof dans l'éducation nationale,
03:11il y a un côté un peu vocation, mission.
03:13En dehors des problèmes matériels qu'ils éprouvent,
03:16qu'ils peuvent éprouver les uns et les autres,
03:18il y a cette question centrale qui est,
03:20qui est le professeur ?
03:22Est-ce que c'est quelqu'un dont la mission est cruciale pour la société,
03:26qui est respectée par les parents d'élèves,
03:27qui est respectée par les élèves,
03:29ou est-ce que c'est une espèce de bouffon de service
03:31qui est là pour faire de l'animation ?
03:33Je pense que malheureusement,
03:35ce n'est pas l'intention de M. Jospin,
03:37mais l'idée de mettre l'élève au centre de la classe,
03:39c'était mécaniquement faire descendre le professeur de son estrade
03:42et lui retirer son autorité symbolique.
03:44Tout n'est pas symbolique, il y a des questions de moyens,
03:46mais en l'occurrence, c'est la première question.
03:49C'est qu'est-ce qu'on enseigne ?
03:51Quels sont les programmes ?
03:51Comment les professeurs sont recrutés ?
03:53Et ont-ils une autorité sur leurs élèves ?
03:56Guillaume Bigos, sur la base d'un seul article,
03:58il y a beaucoup de personnes qui demandent à Jordan Bardella
03:59de démissionner.
04:00Là, on n'a pas la base d'un article.
04:01On a une vidéo avec Bali Bagayoko
04:03qui harangue les foules devant une poubelle.
04:05On a des propos désormais,
04:06quand il dit que la violence est légitime.
04:08Donc je vais vous poser le même genre de question.
04:10Est-ce que Bali Bagayoko doit démissionner ?
04:12Je pense que Bali Bagayoko
04:15doit répondre de ses actes devant la justice.
04:17Je n'appellerai pas à la démission
04:19parce qu'il ne le fera pas.
04:21Ça n'a strictement aucun sens.
04:22Et je pense que c'est à lui
04:23de prendre cette responsabilité.
04:25Maintenant, il me paraîtrait normal,
04:28si vous voulez,
04:29si la France insoumise...
04:30Chiche !
04:31Si la France insoumise est réellement
04:32un parti républicain.
04:34Il appartiendrait plutôt à la France insoumise
04:36d'oublier, retirer son étiquette,
04:37de le désavouer, de le sortir du parti.
04:40Ce qui se passe entre Bali Bagayoko
04:42et les Dionysiens,
04:44ça regarde cette relation entre...
04:45Moi, je ne suis pas de...
04:47Ce n'est pas que je veux botter en touche.
04:48Je ne suis pas un habitant de Saint-Denis.
04:49Ce n'est pas moi qui l'ai élu.
04:51Ça regarde lui, sa conscience,
04:52et les habitants de Saint-Denis en République.
04:53Par contre, à LFI, oui, carrément.
04:55Et donc, on peut se demander
04:56si à LFI,
04:57et en particulier la figure de Jean-Luc Mélenchon,
04:59le bordéliseur en chef,
05:01le pyromane républicain en chef,
05:03ce n'est pas dans un album d'Astérix,
05:05s'il y a Curius Détritus, je crois.
05:09C'est un personnage qui, partout où il va,
05:11ça devient le bazar, ça devient le bordel,
05:13ça devient la violence,
05:14les gens se lavent dessus.
05:14En fait, Mélenchon,
05:15c'est le Curius Détritus de la Ve République.
05:18J'en vais au sénatorial.
05:19Sébastien Chenu, député RN du Nord,
05:20vice-président de l'Assemblée nationale,
05:21a salué une victoire historique du RN
05:24à ses élections.
05:25Il était sur France Info hier.
05:26C'est une victoire historique de nos idées,
05:29du Rassemblement National.
05:30Nous avons, au moment où nous nous parlons,
05:3215 sénateurs qui formeront ce groupe patriote
05:36avec nos alliés de l'UDR.
05:38C'est le parti d'Éric Ciotti ?
05:39Oui, c'est un phénomène politique manifeste
05:42puisque nous n'avions pas de groupe
05:44et que notre premier parti politique de France
05:47répare là quelque part quelque chose
05:49qui était assez, enfin non pas injuste,
05:52mais en tout cas qui était une anomalie démocratique
05:54et donc les grands électeurs ont réparé cela.
05:57Et puis surtout, c'est la multiplication par 5
05:59de nos voix dans tous les départements
06:02où nous avons présenté des listes
06:03par rapport au scrutin précédent.
06:05Le RN qui tend la main aux sénateurs
06:07Les Républicains de Bruno Retailleau.
06:09Or, comme dit Mathieu D'Arnaud,
06:10qui est le patron des sénateurs Les Républicains,
06:12il y a quand même un principe de réalité.
06:13C'est 15 versus 125 à peu près
06:15pour Les Républicains.
06:17Est-ce que c'est dans ce sens-là que ça marche ?
06:19Oui, mais vous savez souvent ce qui est intéressant
06:21en économie, en politique,
06:22c'est la pente, c'est la dérivée, c'est la vitesse.
06:26Par exemple, dans le département du territoire
06:27de Belfort, on avait un candidat au sénatorial.
06:29La dernière fois, on avait fait deux voix.
06:31Là, on en a fait 26, donc on a fait 13 fois plus.
06:34C'est la pente qui compte.
06:35Parce qu'en fait, il faut bien que nos auditeurs
06:37comprennent que ce qui se passe dans la Chambre haute,
06:39ce qui se passe au Sénat,
06:40c'est toujours un décalage par rapport
06:42au reste de la vie politique.
06:44Ça met un certain temps.
06:45Il y a une espèce d'inertie,
06:48de force d'inertie.
06:49Pourquoi il y a cette inertie ?
06:50Pour plein de raisons assez faciles à comprendre.
06:52D'abord, ce sont des notables.
06:54Ils sont élus souvent dans des petits villages
06:56et ils n'ont même pas d'étiquette politique.
06:58Donc, toutes les étiquettes politiques
07:00qui paraissent un peu clivantes pour eux,
07:01c'est extrêmement dangereux.
07:03Donc, le fait qu'ils aient simplement,
07:04non pas 10, parce qu'on ne savait pas
07:05s'il y allait avoir un groupe,
07:06là, on est largement au-delà, on est à 15.
07:08C'est déjà un succès extraordinaire,
07:10mais c'est plus intéressant encore
07:11de regarder la vitesse
07:12et la rapidité d'augmentation.
07:14Donc, c'est une photo qui est prise aujourd'hui.
07:16Ça ne refait pas, à mon avis,
07:17la dynamique qu'on confirmera
07:19dans les années à venir.
07:19Une dernière question, Guillaume Bigot,
07:21en référence au pape qui était en France.
07:23Il a exprimé son espoir
07:24que les citoyens s'engagent
07:25dans les processus politiques
07:26pour, je cite, servir le bien commun
07:28plutôt que de soutenir les idées extrémistes
07:30qui causent des dommages considérables
07:32à la société.
07:33Comment avez-vous pris cette phrase
07:34au Rassemblement National ?
07:36Écoutez, plutôt très bien.
07:37Je pense qu'il a parfaitement raison.
07:38Nous ne définissons absolument pas
07:40comme une formation extrémiste.
07:42Je pense que le cœur de la République,
07:44c'est le respect du suffrage universel.
07:46Le cœur de la République,
07:47c'est le respect des libertés fondamentales.
07:49Par rapport à la définition
07:51de notre régime politique,
07:53nous sommes...
07:53J'aurais tendance à dire
07:55que ce n'est pas que nous sommes républicains,
07:56c'est que nous sommes les derniers républicains.
07:58Parce que nous, notre drapeau,
07:59ce n'est pas le drapeau européen,
08:00ce n'est pas de mettre à la poubelle
08:01le référendum.
08:02Et notre République,
08:03ce n'est pas non plus la Palestine,
08:05le bordel ou des feux de poubelle.
08:07Donc malheureusement, c'est comme ça.
08:08Peut-être qu'effectivement,
08:09à l'origine,
08:10le Front National était aux antipodes
08:11de la République.
08:12Aujourd'hui, je suis obligé de constater
08:13que la seule force politique
08:15qui incarne les valeurs de la République
08:18et qui d'ailleurs aspirent
08:19à réunir les Français
08:21et à créer une sérénité,
08:22une paix,
08:22parce que je pense que ce qu'on a vu,
08:24qu'on soit croyant ou pas,
08:25catholique ou pas,
08:26avec le pape,
08:27c'est qu'il est possible en France
08:28de réunir 800 000 personnes
08:30quand même,
08:30sans que ça déborde,
08:32sans qu'il y ait la moindre violence.
08:33Eh bien, c'est ça l'aspiration fondamentale
08:34des Français,
08:35quelles que soient leurs origines,
08:36c'est aussi la nôtre.
08:37Merci à vous Guillaume Bigot,
08:38députée RN du territoire de Belfort.
08:40Merci Hélène Rouet.
08:41Merci Clélie.
08:41Merci à Géraldine Hamon.
08:42Merci.

Recommandations