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Aujourd'hui, c'est au tour de Nicolas de Tavernost, fondateur du groupe M6 et ex-président de RMC-BFM, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
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TVTranscription
00:01RMC, face aux grandes gueules.
00:04Face aux grandes gueules, Nicolas Taverneau, bonjour.
00:07Bonjour.
00:08Fondateur du groupe M6, ex-président de RMC BFM, autour de la télé comme jamais,
00:12les confédences du parrain du PAF, c'est aux éditions Alary.
00:15J'aurais pu vous appeler monsieur le préfet.
00:18Oui, parce que je vous avais dit que j'avais l'ambition éventuellement d'être préfet.
00:21Oui, vous vouliez être préfet, vous vouliez devenir préfet.
00:23Par chance, j'ai raté l'énat.
00:25Mais pourquoi vous vouliez être préfet ?
00:27Je voulais être préfet parce que c'était un job qui était intéressant,
00:30qui est je pense toujours intéressant, parce qu'on a une responsabilité collective,
00:34on anime des services, on dirige, on est vraiment un patron quand on est préfet,
00:39et on a des responsabilités publiques et sociales.
00:42Donc c'est un job intéressant, et d'ailleurs on voit,
00:45les préfets sont respectés aujourd'hui en France.
00:47C'est toujours curieux d'interviewer son ancien patron, c'est assez rare, Nicolas,
00:53mais c'est assez intéressant parce qu'effectivement, rien au départ vous prédestinait à devenir
00:58l'un des patrons les plus importants de la télévision française de ces 25 dernières années.
01:04Vous n'étiez pas spécialement un téléspectateur assidu chez vous, c'est ce que vous racontez.
01:09Et pourquoi tout d'un coup vous êtes tombé finalement amoureux de ce métier ?
01:13Il y a une raison technologique au départ, c'est que j'ai travaillé au télécom,
01:20et au télécom à l'époque, on commençait à parler satellite, on commençait à parler diffusion,
01:25on commençait à parler même fibre optique, et progressivement, du contenant,
01:30on est arrivé au contenu, puisque moi j'étais engagé par une société qui était la Lyonnaise des eaux,
01:35et de manière un petit peu directe, j'ai proposé à son président de faire une télé,
01:40parce que les télés, il y avait un concours pour avoir une télé, et donc,
01:44et bizarrement, alors qu'il y avait l'eau, les pompes funèbres, la collecte des ordures ménagères, etc.,
01:48il a accepté que constitue une équipe pour essayer d'avoir l'autorisation pour faire une télé qui s'est
01:55appelée M6.
01:56C'est comme ça que c'est parti, mais c'est un...
01:58Mais aujourd'hui, la télé va mourir ? Parce qu'on voit, les audiences ne sont plus les mêmes,
02:02il y a la concurrence de YouTube et des réseaux sociaux, des Netflix et autres,
02:07est-ce que la télé est en train de mourir ou va mourir ?
02:09La télé va changer, et la télé a des gros challenges devant elle, ça c'est sûr,
02:15et pour y parvenir, ce qui a vraiment changé, contrairement à ce qu'on dit souvent,
02:20ce n'est pas le streaming, parce que le streaming c'est de la télé.
02:23Quand vous regardez les grandes gueules en différé,
02:27vous les regardez les grandes gueules et vous regardez de la télé.
02:29Au contraire, c'est même un usage qui se développe et qui permet de mieux mesurer son temps.
02:34Donc ce n'est pas tellement ça.
02:35Ce qui a changé, c'est l'international, c'est-à-dire qu'Internet a permis aux pays comme les
02:40États-Unis
02:40de rentrer directement sur le territoire français.
02:43Et donc, ils arrivent autrefois, ils étaient obligés de nous vendre leurs films, leurs séries,
02:48les Desperettes Housewives, etc., pour passer en France.
02:50Et on s'en servait, nous, pour justement pouvoir produire des produits français après.
02:55Depuis cette internalisation où ils ont un contact direct avec les publics européens, notamment,
03:00eh bien, on a une difficulté de concurrence, de compétition très forte.
03:04Alors, comment y remédier ? Ce n'est pas simple, c'est challenging.
03:08Alors, premièrement, il faut essayer de s'adapter au mieux des programmes.
03:11Et donc, un, faire des très bons programmes locaux, notamment en fiction,
03:15et de faire le plus de directs possibles, comme ici, ou comme le sport, ou comme l'info.
03:21– Donc, le talk, l'actualité, le sport, et des fictions françaises.
03:25– Et des fictions françaises.
03:26Mais ça ne suffit pas, parce qu'eux-mêmes en font, et donc, il faut aussi faire plus de recherches.
03:31C'est-à-dire, aujourd'hui, quand vous regardez la télévision,
03:34vous voyez que les programmes ont 10, 15, 20, 25 ans.
03:37Il y a eu assez peu de nouveautés qui sont arrivées dans les grilles aujourd'hui.
03:42et probablement qu'on n'a pas suffisamment investi, entre guillemets, sur la recherche.
03:45C'est-à-dire, qu'est-ce qui plaît aux gens, comment faire des nouveaux programmes, etc.
03:49Ensuite, il faut investir dans la technologie.
03:52L'IA peut aider à la programmation, à retenir les téléspectateurs.
03:56C'est une chose...
03:57Et puis, évidemment, il faut la consolidation.
04:01C'est-à-dire qu'il faut regrouper les groupes.
04:04Aujourd'hui, il y a trop de concurrence en France.
04:07Et ça, les autorités n'ont pas bien compris.
04:10Oui, parce qu'il y a des lois qui protègent, semble-t-il.
04:13Il y a à la fois des lois et des institutions.
04:15Pour qu'il y ait moins de gros groupes, en fait.
04:18Voilà.
04:19Vous dites qu'il faut faire l'inverse.
04:21Nous nous avions...
04:21Oui, parce que la loi est faite...
04:23On supprime des chaînes.
04:25Bon, moi, je ne suis pas pour la suppression des chaînes.
04:27La peine de mort ne doit pas exister également pour les chaînes.
04:29Bon, quand on a supprimé C8 et NRJ12,
04:33NRJ12 qui n'avait rien demandé à personne,
04:35je trouve ça absolument anormal.
04:37Et surtout pour les remplacer par deux autres,
04:40qui n'étaient pas dans le métier.
04:42Et donc, il faut une consolidation.
04:44Vraiment, cette consolidation est fondamentale
04:45pour pouvoir avoir une taille locale
04:48qui peut challenger les grands groupes internationaux.
04:50Donc, il faut assouplir la régulation.
04:52Ah oui, ça, il y a du boulot.
04:53Il y a du boulot.
04:54C'est votre grand combat, quand même.
04:56Ah oui ?
04:57Vous savez que c'est trop régulier,
04:58alors que finalement, Internet, c'est un peu le Far West,
05:00le monde de la télé traditionnelle, des médias.
05:02Il y a beaucoup de lois, beaucoup de règles à respecter.
05:04Oui, mais est-ce que Nicolas de Taverneau,
05:06ce n'est pas quelqu'un d'un autre temps ?
05:08Peut-être, oui.
05:09C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a une nouvelle génération
05:11qui dit, tiens, Taverneau, c'est qui ce vieux monsieur ?
05:13Ah oui, d'accord, il parle de réguler les chaînes.
05:16Moi, je m'en fous, j'ai mon portable,
05:17j'ai les plateformes, j'ai TikTok,
05:19et moi, je regarde les supports,
05:21et aller sur la télé, finalement,
05:23ça intéresse que les gens qui vont de 50 à 70 ans, quoi, Nicolas ?
05:26Alors, c'est vous qui n'avez pas bien compris,
05:27vous êtes un peu...
05:29Mais peut-être, c'est peut-être moi qui suis trop vieux dans ma tête
05:30ou qui ne comprend pas.
05:31Surtout qu'il n'y avait pas très bien compris,
05:32c'est que ce que je dis, c'est que la télé,
05:34ce n'est pas le poste de télé dans le salon aujourd'hui.
05:36Oui, j'ai bien compris, mais sur le portable,
05:38ils ne vont pas sur les médias traditionnels,
05:40ils vont sur autre chose.
05:41Ça, ce n'est pas vrai du tout.
05:44Si vous regardez, par exemple,
05:46je ne sais pas, l'amour est dans le pré.
05:48Oui, mais qui ne fait plus les audiences
05:51qu'il faisait il y a encore quelques années.
05:53Quand vous regardez l'audience du non-linéaire,
05:56c'est-à-dire ce qu'on appelle le streaming,
05:58via les téléphones,
05:59Star Academy, par exemple,
06:00Star Academy, qui est quand même une vieille marque,
06:02entre guillemets,
06:03Star Academy,
06:03donc il y a une autre manière de la regarder aujourd'hui.
06:05C'est toujours le même programme.
06:07Et sur le streaming, et sur les plateformes.
06:08Oui, mais du coup, c'est quand même toujours un peu les mêmes marques,
06:11alors des marques très fortes,
06:12mais qui ont 20 ans.
06:14Le Big Deal, par exemple,
06:15quand le Big Deal est revenu chez nous sur RMC Story,
06:17ça a cartonné.
06:18Première chaîne d'offres.
06:19Mais c'est quoi ?
06:19C'est la nostalgie ?
06:20Ou parce qu'à l'époque,
06:21on faisait des programmes très forts ?
06:22Ça dépend à quelle population vous vous adressez.
06:24Si vous vous adressez à la population la plus jeune,
06:26ce n'est pas toujours évident d'avoir des marques
06:28qui soient très anciennes.
06:30Si vous avez une population...
06:31C'est pour ça que je dis,
06:32et ça, je suis d'accord,
06:33je dis qu'il faut faire plus de recherches
06:35et développer davantage de concepts.
06:37Plus originaux.
06:38Il faut être plus originaux en France.
06:39C'est un message envoyé à ceux qui dirigent aujourd'hui la télé.
06:41Le vrai danger,
06:43ce n'est pas tellement les plateformes type Netflix, etc.
06:45Parce qu'on est capable de faire des bons programmes
06:47et on est capable de les distribuer en streaming.
06:49Ce n'est pas forcément le mettre dans la télévision
06:51à 20 heures dans le salon.
06:53Ça, donc, le challenge...
06:55Le vrai sujet, c'est le view time,
06:56ce qu'on appelle le temps de vision,
06:58des réseaux sociaux.
07:00Le vrai concurrent de la télévision,
07:01ce sont les réseaux sociaux
07:02et ce ne sont pas forcément les plateformes.
07:04Et là, c'est un phénomène objectif,
07:06c'est-à-dire que les réseaux sociaux
07:08qui ramassent tout,
07:09qui ramassent tout,
07:10sans beaucoup de contrôle,
07:12avec quand même...
07:14Alors...
07:14Et avec une limitation
07:15qui est très compliquée à faire,
07:17c'est les réseaux sociaux
07:18qui sont la vraie, vraie difficulté.
07:20Donc, ça veut dire que les chaînes,
07:21les gros groupes médias
07:22ont intérêt à produire des programmes
07:24spécifiques à ces réseaux sociaux ou pas ?
07:26Les chaînes ont intérêt
07:28à produire des programmes
07:29qui peuvent être regardés
07:30par tous les supports.
07:32Voilà.
07:32Par tous les supports,
07:33c'est ce qu'elles font.
07:34Quand TF1+, se fait,
07:35quand M6+, se fait,
07:36quand France Télévisions...
07:37RMC+, ici...
07:38Il n'y a pas de temps long sur les réseaux sociaux.
07:39Non, la différence,
07:40c'est qu'il n'y a pas de temps long.
07:40Oui, sur YouTube, maintenant.
07:42Oui, YouTube.
07:42Mais sur le reste,
07:43il n'y a pas de temps long.
07:44C'est 5 minutes maximum.
07:45C'est là qu'on s'habitue
07:46à avoir des choses très courtes.
07:47Mais short.
07:48Est-ce qu'on est capable
07:49de se concentrer encore
07:50sur une durée ?
07:51C'est ce que nous avions fait,
07:52vous vous souvenez,
07:53avec le 6 minutes.
07:54On avait anticipé
07:55sur le temps court.
07:55C'est vrai.
07:56Sur le temps court,
07:56dans l'info.
07:58Alors, votre livre
07:58est très intéressant.
08:00Quelqu'un qui vous connaît bien
08:01et qui vous apprécie
08:01m'a dit
08:02Taverneau, un grand fauve,
08:04mais sympathique.
08:05Mais j'ajouterais
08:06avec une mémoire d'éléphant.
08:07Parce que votre livre,
08:09avec le caractère très précis
08:10des anecdotes que vous relatez,
08:12c'est stupéfiant.
08:13C'est un véritable abécédaire
08:15de la télévision
08:15puisque vous avez mis
08:16une nomenclature
08:17qui permet aux lecteurs intéressés
08:19de regarder
08:19telle ou telle personnalité
08:21ou tel aspect
08:21et de retrouver
08:22exactement ce que vous en relatez
08:24avec beaucoup de choses inédites.
08:26Il y a des anecdotes truculentes.
08:28J'en citerai une.
08:31Lorsque vous arrivez
08:32pour acheter
08:32le club des Girondins de Bordeaux
08:33en 1999,
08:34vous avez loué
08:35une voiture de location
08:37de caractère banal
08:38et vous voyez
08:39les Ferrari,
08:40les Porsche,
08:40les joueurs
08:41et Jean Drucker vous dit
08:42attention,
08:42déconne pas,
08:43va te garer plus loin,
08:43on est ridicule.
08:45Absolument,
08:45on est allé se garer
08:46dans le bois ou ailleurs.
08:47Et une autre anecdote aussi,
08:49avec Patrick Lelay,
08:50vous signez un accord
08:51qui était le patron TF1,
08:52il faut le rappeler.
08:53Accouchement dans la douleur
08:54et il vous dit
08:55au moment de la signature,
08:56alors je rassure
08:57nos auditeurs,
08:57vos relations sont venues
08:58à meilleure fortune ensuite,
08:59il vous dit
09:00dans la signature
09:01la bonne nouvelle
09:02c'est que je n'aurais plus
09:03à revoir cet individu.
09:05Oui oui,
09:05c'était assez chaud.
09:06Une carrière extraordinaire,
09:07moi j'ai envie de vous poser
09:08une question périphérique
09:09qui n'a pas une réponse
09:10très simple,
09:10mais quels sont vos hobbies
09:11en dehors du grand patron
09:12de télévision
09:13qui a tout vu,
09:14tout connu,
09:14tout touché,
09:15tout inventé,
09:15quels sont vos hobbies
09:16à titre personnel ?
09:17Je n'ai pas tout invité,
09:18je vais vous répondre.
09:19Pourquoi moi j'ai écrit ce livre,
09:21ce n'est pas tellement
09:21pour écrire de la nostalgie,
09:23c'est pour montrer deux choses
09:25vraiment importantes,
09:26c'est que premièrement,
09:28même s'il y a des vents contraires,
09:29on peut y arriver,
09:30et ça vraiment,
09:31les vents contraires
09:32elles étaient forts au début.
09:34Le groupe M6 était la chaîne de trop.
09:36Voilà, il y avait un ministre
09:36qui l'avait dit,
09:37tout le monde a essayé
09:38de nous piquer nos émetteurs,
09:39enfin bref,
09:40donc on peut y arriver.
09:41La condition,
09:42c'est la deuxième chose
09:43que j'ai voulu,
09:43c'est pour ça que je l'ai dédié
09:44à tous les collaborateurs
09:45passés et présents
09:46du groupe M6,
09:47c'est qu'il faut un collectif,
09:48et que tout seul,
09:50on n'y arrive pas,
09:50et je pense que la vraie satisfaction
09:53que j'ai eue pendant ces 37 ans,
09:55c'est d'avoir un collectif M6
09:56qui s'est bien entendu,
09:58on n'a pas eu de grève,
09:59on a eu des difficultés souvent,
10:01on a eu des discussions,
10:02mais à chaque fois,
10:05la maison a suivi.
10:06Ça, ça a été important.
10:07Alors quand même,
10:07vous dites,
10:08pardon,
10:08mais parce que je rebondis là-dessus,
10:10et après vous parlerez de vos hobbies,
10:11parce que vous avez une passion
10:11pour votre tracteur,
10:12je crois que vous passez beaucoup de temps
10:13à tomber votre pelouse,
10:15mais vous dites,
10:16je suis radin
10:17et je l'assume.
10:18Est-ce que c'est comme ça
10:19qu'on dirige bien l'entreprise
10:20en étant radin ?
10:22Il faut être radin
10:23sur les choses
10:23de la vie courante,
10:25c'est-à-dire que
10:26si vous pouvez économiser
10:27sur un certain nombre de choses
10:30et que vous avez la même satisfaction,
10:31ce n'est pas la peine
10:32d'aller dépenser.
10:33Et cet argent,
10:33il vous sert à aller acheter
10:34des programmes.
10:35On nous a suffisamment dit
10:36que la Coupe du Monde,
10:37ça coûtait cher,
10:37et je vous le confirme d'ailleurs,
10:40qu'on a pu s'acheter des programmes,
10:41on a pu s'acheter une chaîne de télé
10:43pour la jeunesse
10:43qui s'appelle Gully,
10:44on a pu faire Paris 1ère
10:46et continuer Paris 1ère
10:47qui est une chaîne quand même
10:48qui a pas mal d'ambition.
10:49Donc si vous voulez,
10:50dans les choses essentielles,
10:52je pense qu'on a été
10:52plutôt dépensé et investisseur.
10:54– C'est un bon trésorier.
10:56– Oui, enfin,
10:57on a fait attention.
10:58– Aujourd'hui,
10:58on dit cost-killer.
11:00– Cost-killer,
11:01non, mais je crois simplement
11:04qu'il y a des tas de choses
11:05qu'on peut économiser
11:06qui ne sont pas essentielles.
11:07– Les rames de papier,
11:08c'est ça ?
11:09– Est-ce que les politiques
11:10doivent foutre la paix ?
11:12– T'entendez,
11:12c'est une légende,
11:13ça,
11:13parce qu'on m'a raconté,
11:15Nicolas Taverneau,
11:15il fait le tour des bureaux,
11:17il regarde le nombre
11:17de rames de papier,
11:19des stylos,
11:20etc.
11:20– Est-ce qu'on peut éliminer ?
11:22– Au début,
11:23d'abord,
11:23on n'avait pas un rond,
11:24donc après,
11:25vous savez,
11:26d'être dépensé,
11:27c'est un métier de riche.
11:28Et donc,
11:29on a fait attention au début,
11:31et moi,
11:31j'ai voulu marquer un esprit
11:32qui a été dans la société M6,
11:35dans le groupe M6,
11:36qu'on fasse attention
11:37aux choses qui ne sont pas
11:38forcément utiles à dépenser,
11:40qu'on se concentre
11:40sur l'essentiel
11:41qui était notamment
11:42les programmes.
11:42– Alors,
11:43sur les hobbies.
11:43– Ah oui,
11:43les hobbies,
11:44votre tracteur.
11:45– Alors,
11:45les hobbies,
11:45moi,
11:46c'est la campagne
11:47et l'agriculture,
11:48et ma femme est exploitante,
11:50et j'aime la ruralité.
11:53Voilà,
11:53c'est mon hobby.
11:54– Abel Bouilly,
11:54j'ai trouvé votre livre
11:56aussi passionnant,
11:57et dès la première anecdote,
11:59autour du match en 98,
12:00États-Unis,
12:01Iran,
12:01comment vous expliquez ?
12:03Vous diffusez le film
12:04« Jamais sans ma fille »,
12:05ça crée un conflit
12:06presque diplomatique
12:08avec l'Iran,
12:09au final,
12:10le match se passe très bien
12:11parce qu'on voulait limite
12:12accuser votre groupe
12:13de déstabiliser
12:15les joueurs iraniens,
12:16mais moi,
12:16j'ai deux questions
12:17quand même
12:17qui ressortent
12:18dans mon esprit
12:19parce qu'il est beaucoup
12:21question d'influence
12:22dans le livre.
12:22Il y a le patron de chaîne,
12:24il y a le politique,
12:25il y a les distributeurs,
12:26il y a les grosses boîtes
12:27de cinéma.
12:28Qui décide réellement
12:29de ce que les Français
12:31regardent ?
12:31C'est ma première question.
12:32Et deuxième question,
12:33à l'heure où on est en train
12:34de basculer vers le tout numérique
12:36et là,
12:37on va vers l'intelligence artificielle,
12:38il va falloir encore réfléchir.
12:40Et d'un autre côté,
12:41on a une hyper-concentration,
12:43comme on dit,
12:43de certains milliardaires
12:44qui concentrent certains médias.
12:45la crainte n'est-elle pas
12:47que le média,
12:50au lieu de subvenir
12:51aux besoins
12:52de ce que recherche
12:52le Français,
12:53ne devienne plus
12:54qu'un nouvel outil
12:55d'éducation,
12:56éducation de la pensée,
12:58éducation du comportement
12:59et des habitudes
13:00au quotidien ?
13:01– Écoutez,
13:03je n'ai pas une vie pessimiste
13:04de ça.
13:05Qui décide des programmes ?
13:07Qui décide des programmes ?
13:08La vérité,
13:09c'est que ce sont les talents.
13:11C'est un peu comme
13:12dans le football.
13:13Dans le football,
13:13si vous voulez,
13:14ce n'est pas le propriétaire
13:15qui fait le résultat.
13:16Le propriétaire,
13:17il va choisir un entraîneur,
13:19il va choisir
13:19un directeur sportif,
13:21mais derrière,
13:21ce sont quand même
13:22les joueurs
13:23qui vont faire
13:23que le résultat
13:24soit bon ou pas bon.
13:25Dans la télé,
13:26c'est vrai.
13:26Moi, je vous donne un exemple.
13:27Après,
13:28c'est effectivement choisir.
13:29Moi, quand Emmanuel Chin
13:31s'est présenté
13:32et que Thomas Valentin,
13:34le directeur des programmes,
13:35m'a dit
13:35qu'on devrait quand même
13:37tenter le coup,
13:38il a l'air d'être bon ce gars-là
13:39et qu'il nous a fait
13:40un succès phénoménal
13:40pour nous.
13:41– Capital, oui.
13:42– Capital.
13:44Lorsqu'ils ont trouvé
13:45E égale M6,
13:46le garçon à lunettes
13:47qui n'était quand même
13:48pas prévu pour la télé,
13:49Mac Lesguy.
13:50– Ça correspondait
13:51à un besoin des Français.
13:52Et pareil,
13:53vous avez participé,
13:54on ne le dit pas assez,
13:55mais aussi à la médiatisation
13:56de la culture urbaine
13:57avec M6.
13:58On ne le dit pas assez
13:59alors que c'est quelque chose
13:59qui est à votre actif aussi.
14:01– Voilà.
14:01Alors nous,
14:02on a été moins une chaîne
14:04d'informations.
14:05Alors on a,
14:06en fait,
14:06les politiques ne s'aperçoivent pas,
14:08ça c'est ma démonstration,
14:09que l'information,
14:10ce n'est pas simplement
14:11l'actualité.
14:12– Bien sûr.
14:12– L'information,
14:13c'est aussi les magazines,
14:14c'est parfois le cinéma.
14:15Il y a beaucoup de,
14:16on a été beaucoup influencé,
14:18je ne sais pas,
14:18ceux qui avaient vu Z,
14:20par exemple.
14:21– Le film de Costa Garmas.
14:22– De Costa Garmas.
14:23– Moi, je me rappelle,
14:24ça m'avait influencé.
14:26Le cinéma a parfois
14:27beaucoup plus d'influence
14:29d'actualité.
14:29Et nous,
14:30on nous a laissé un peu tranquille,
14:31si j'ose dire,
14:31parce qu'on faisait des magazines
14:33et les magazines
14:34n'étaient pas repérés
14:35comme le 20h de TF1 l'a été.
14:37– Mais en tant que patron,
14:38est-ce que vous faisiez
14:39des programmes
14:40ou vous programmiez
14:41des programmes
14:41que vous aviez envie de voir
14:42ou ce n'était pas le critère ?
14:44Le critère,
14:45c'était que ça marche,
14:45qu'il y ait de l'audience,
14:46etc.
14:46Est-ce qu'on fait une chaîne
14:48à son image,
14:49ce qu'on aimerait voir
14:51assis sur son canapé
14:52ou au contraire,
14:52on est patron de chaîne,
14:53on fait ce qui doit marcher,
14:55ce que les gens veulent ?
14:57– L'idéal,
14:58c'est d'avoir les deux.
14:59L'idéal,
14:59c'est d'avoir les deux.
15:00On a deux exemples.
15:02Capital,
15:03ou qui veut être mon associé,
15:04vous savez,
15:04qui est une émission
15:05qu'on a lancée,
15:06pour moi,
15:06ça me plaît.
15:07– Mais le Loft,
15:08par exemple ?
15:08– Le Loft,
15:09c'était pas tellement mon truc.
15:12Donc Valentin,
15:13lui,
15:13qui était patron des programmes,
15:14il me dit,
15:14il faut l'avoir
15:14parce que de toute façon,
15:15ce sera le concurrent
15:16qui l'aura sinon.
15:17Et pendant un an,
15:18il est venu tous les jours,
15:19tous les matins dans mon bureau,
15:20il me dit,
15:25il viendra en télévision en France
15:26et qu'il valait mieux
15:26que ce soit M6,
15:28la chaîne qui vit plutôt des nouveautés
15:30pour que ça se fasse.
15:31– Est-ce que les politiques
15:32devraient foutre la paix
15:33à la télévision ?
15:34– La réponse est oui.
15:36La réponse est oui.
15:39Est-ce que vraiment,
15:41on peut se poser la question,
15:42ils interviennent vraiment ?
15:44– Vous en avez reçu des coups de fil ?
15:46– Non.
15:47Très franchement,
15:48j'ai appris par hasard
15:52qu'il y avait quelque chose
15:53qui n'avait pas plu
15:54et qui a eu des conséquences
15:55pour nous,
15:55c'était au moment
15:56des manifestations étudiantes
15:58où on avait fait en direct
15:59les manifestations étudiantes
16:00parce que ça correspondait
16:01à notre public.
16:02– C'était le CPF.
16:02– Et là,
16:03le Premier ministre de l'époque
16:04n'a pas été content.
16:05M'a-t-on dit ?
16:06Je ne vais pas vérifier.
16:07Et du coup,
16:08la seconde coupure publicitaire
16:09qu'on attendait,
16:10on ne l'a pas eue tout de suite.
16:11Bon.
16:13Ce n'est pas Orban
16:14qui mettait une taxe à 30%
16:15sur la paix.
16:16– Je vous dis,
16:18est-ce que les politiques
16:18devraient foutre la paix à CNU
16:19parce qu'on est en pleine campagne
16:20pour l'élection présidentielle ?
16:21On va parler de la concurrence.
16:23Mais Jean-Luc Mélenchon
16:24dit, moi,
16:24si j'arrive au pouvoir,
16:25je ferme CNU.
16:27– Moi,
16:27je vous l'ai dit tout à l'heure
16:29que ce soit pour C8,
16:29Énergie 12,
16:30je ne suis pas
16:31pour la fermeture
16:32des chaînes
16:32qui ont été autorisées.
16:33Il y a des gens derrière,
16:35il y a du public,
16:36etc.
16:37Il y a des lois.
16:38Alors,
16:38ces lois,
16:38il faut les respecter
16:39et s'elles ne sont pas respectées,
16:40il y a des amendes.
16:42Il y a des législations.
16:44Par exemple,
16:44dans les journaux,
16:46si un journal
16:46se comporte mal,
16:48on lui donne une sanction,
16:49il est en diffamation,
16:51il y a des moyens de droit,
16:53mais on ne le ferme pas.
16:55On ne dit pas
16:56on va fermer le journal.
16:57On lui dit,
16:57si tu ne te comportes pas bien,
16:59on va te donner une amende.
17:01Et je peux vous dire
17:02que c'est relativement efficace.
17:03Les amendes financières,
17:04je vous parle en connaissance du cause
17:05parce que M6 en a eu.
17:07Pas pour la politique,
17:08mais pour des programmes
17:09qui n'étaient pas autorisés.
17:10– Il y a tout un débat
17:11sur le audiovisuel public.
17:13Est-ce qu'effectivement,
17:14il y a un problème
17:14avec le pluralisme
17:15à la radio
17:18ou dans la télé publique ?
17:20– Écoutez,
17:21moi je ne suis pas un politique
17:23donc je n'aime pas
17:24m'engager sur ce terrain.
17:25Moi ce que je dis
17:25sur l'audiovisuel…
17:26– Non mais vous n'êtes pas
17:26trop de chaînes.
17:27Est-ce qu'il y a trop de chaînes ?
17:27Est-ce que ça coûte trop d'argent
17:29le service public ?
17:29– Ah non,
17:30ça c'est une autre question.
17:30– C'est une autre question
17:31sur le pluralisme déjà.
17:32– Le pluralisme,
17:33moi je dis ça,
17:34je laisse le public
17:35en être juge
17:36et puis le public
17:36il est quand même assez mature.
17:38Il va voir aussi
17:38ce qu'il a envie de voir.
17:40Vous savez,
17:40je vais vous raconter une anecdote.
17:42J'étais au conseil d'administration
17:50droite.
17:51Et la Sexta,
17:52il y avait un administrateur
17:52qui était furieux
17:53parce qu'on avait racheté
17:54la Sexta de gauche.
17:55Et en lui disant
17:56mais ce n'est pas possible,
17:57comment ça se fait ?
17:58Et alors,
17:59on lui dit
17:59mais comment tu connais ça ?
18:01Ben je la regarde tous les soirs.
18:02Il la regarde tous les soirs
18:03pour s'énerver.
18:04Bon,
18:04donc,
18:05ce n'est pas aussi simple que ça.
18:07Moi ce que je dis simplement
18:08sur le secteur public,
18:09le secteur public
18:10doit faire
18:12ce que le secteur privé
18:13ne sait pas faire.
18:14– Voilà.
18:14– Et donc,
18:16l'argent public
18:17doit servir.
18:18c'est-à-dire,
18:18je donne souvent l'exemple
18:19du Tour de France,
18:20le Tour de France,
18:21le secteur privé
18:22ne sait pas le faire
18:23pour des raisons financières
18:24de production.
18:25C'est l'après-midi,
18:25c'est trop lourd,
18:26etc.
18:27C'est normal que le secteur public,
18:29y compris avec de l'argent public,
18:30permette aux Français
18:31de voir le Tour de France.
18:31– Oui, alors dans ce cas-là,
18:32on supprime les jeux,
18:34on supprime quoi ?
18:34– Vous restez avec nous justement,
18:37Nicolas Taverno,
18:38vous direz ce que vous supprimez
18:39à ce moment-là
18:39sur le service public.
18:40Restez avec nous,
18:41Nicolas Taverno,
18:42la télécom,
18:43jamais les confidences
18:48Emmanuel Devilliers,
18:49il est 11h20,
18:49vous êtes sur RMC,
18:50RMC Story.
18:52RMC,
18:53Alain Marshall,
18:54Olivier Truchot,
18:55Les Grandes Gueules.
18:56– 1, 2, 3, 4 !
18:58– Vous êtes avec Les Grandes Gueules,
19:09avec Zora Bitton,
19:10Abel Boyi,
19:10Emmanuel Devilliers,
19:11avec notre invité,
19:12Nicolas Taverno,
19:13le fondateur du groupe M6,
19:14l'ex-président aussi
19:15des RMC BFM
19:16qui a écrit ce livre,
19:16La télé comme jamais,
19:17les confidences
19:18du parrain du PAF
19:18aux éditions Alary.
19:19On attendait votre réponse
19:20sur qu'est-ce qu'on fait
19:21justement dans le service public ?
19:22Est-ce qu'il y a des programmes
19:23à supprimer ?
19:24– Est-ce qu'il faut privatiser ?
19:25– Est-ce qu'une partie
19:26du service public
19:27doit être privatisée,
19:28Nicolas Taverno ?
19:29– La privatisation
19:30du service public
19:32déséquilibrerait
19:32complètement l'ensemble.
19:33On a besoin
19:34d'un financement public
19:35pour supporter
19:36des chaînes publiques.
19:38Est-ce que le service public
19:40doit rester en l'état ?
19:41Nous, nous avons combattu
19:43un certain nombre de choses
19:43dans le service public.
19:44Nous pensons qu'il y a
19:45trop de publicité
19:46qui ne va pas
19:47sur le service privé,
19:48donc ça affaiblit
19:48le secteur privé.
19:49Et deuxièmement,
19:50que le service public
19:51consacre un certain nombre
19:52de moyens à des programmes
19:53que le service privé
19:53fait très bien
19:54et sans argent public.
19:56– Lesquels ?
19:56Des jeux, par exemple ?
19:57– Les jeux,
19:58quand ils se battent
19:58pour acheter des films américains,
20:01il n'y a aucune inquiétude.
20:02Tous les blockbusters américains
20:03seront sur les chaînes
20:04de télévision en France.
20:05Et donc, pourquoi aller
20:06mettre de l'argent public
20:07sur des films américains
20:08alors que le secteur privé
20:09le fait très bien ?
20:10Ça renchérit le prix des films.
20:12Donc, il faut trouver un moyen
20:14pour qu'il y ait
20:15une certaine spécialité
20:16du secteur public
20:17et que l'argent public
20:18serve à ça.
20:19Voilà, c'est ce pourquoi
20:19nous, on s'est battus
20:21sur le périmètre
20:22du service public,
20:22mais pas sur l'existence
20:23du service public.
20:24– Zora ?
20:25– Alors, vous disiez tout à l'heure
20:27que la façon
20:28dont on regarde les écrans
20:30a changé.
20:31Évidemment, c'est vrai.
20:33On a des téléphones,
20:34des tablettes,
20:34on n'a pas forcément
20:35la télé dans le salon.
20:36Mais quand même,
20:37il y a peut-être aussi
20:39une différence avec avant.
20:40c'est le temps long
20:41et le temps long
20:42de concentration
20:45à regarder.
20:46Parce que,
20:47nous, moi,
20:48j'ai connu l'époque
20:48où on s'asseyait
20:49et on regardait
20:50un documentaire,
20:51un magazine,
20:52un film,
20:53mais vraiment,
20:54on regardait vraiment.
20:55Aujourd'hui,
20:57les gens aussi
20:58ont du mal.
20:59On nous dit,
21:00oui, fais pas de vidéo
21:01de plus de trois minutes,
21:02les gens ne regardent pas.
21:03Vous vous rendez compte,
21:03trois minutes
21:04pour expliquer un sujet,
21:06etc.
21:06Donc, on a aussi inscrit
21:08dans l'imaginaire collectif
21:09et dans le fonctionnement
21:10des gens,
21:11le temps court.
21:11Ça, c'est la première chose.
21:13Et la deuxième chose,
21:14c'est,
21:14est-ce qu'aujourd'hui,
21:15on est encore capable
21:16de capter du monde
21:17sur des temps longs,
21:18sur des magazines,
21:19des débats,
21:20comme on a connu nous ?
21:22Est-ce que c'est encore possible ?
21:23Alors,
21:24vous avez tout à fait raison
21:25sur les temps courts.
21:26Aujourd'hui,
21:27notamment la jeune génération,
21:28mais pas simplement,
21:29la jeune génération.
21:30Et d'ailleurs,
21:31vous y participez
21:32puisque vous mettez
21:33des shirts sur Instagram
21:34de votre émission
21:35pour le résumer,
21:36etc.
21:36Donc, tout le monde
21:36participe à ce système
21:38entre guillemets
21:39poussé par les réseaux sociaux.
21:40Mais oui, bien sûr.
21:41C'est les réseaux sociaux
21:42qui ont poussé ça.
21:42Est-ce que les gens
21:43regardent
21:44et s'intéressent
21:45au temps long ?
21:46La réponse est oui.
21:47Si vous avez un match de foot
21:48avec des prolongations,
21:49ils ne vont pas arrêter
21:50au bout de trois minutes.
21:51Si vous avez un magazine,
21:53ça dépend s'ils perdent,
21:54si vous avez des magazines,
21:56on le voit même
21:56sur les plateformes.
21:58Les plateformes,
21:58par exemple,
21:59ce qu'on appelle
22:00dans notre jargon
22:01le binge,
22:01c'est-à-dire de voir
22:02en même temps
22:03tous les épisodes.
22:04Là,
22:04il passe une nuit
22:05à regarder tous les épisodes
22:08une question d'attractivité.
22:10Est-ce qu'il y a
22:11des programmes
22:12au temps long
22:12qui sont très très très
22:14accessibles ?
22:15Et puis,
22:15on a quand même
22:16un réflexe,
22:17et notamment malheureusement
22:18sur l'info.
22:19Je ne parle pas d'ailleurs
22:22des magazines,
22:23si vous voulez,
22:23des magazines
22:24qui sont faits,
22:25par exemple,
22:26vous avez sur les affaires,
22:27il y a eu des magazines
22:28qui ont été faits,
22:29très bien faits.
22:30Et ça,
22:30c'est plutôt du temps long.
22:31Mais dans l'actualité,
22:32le challenge,
22:33c'est le temps court.
22:34Je voulais revenir sur M6,
22:35votre parcours
22:36et ce livre.
22:37Vous dites avoir fait
22:38des erreurs
22:38chez M6,
22:40quelle est celle
22:40qui vous reste
22:42aujourd'hui
22:42le plus en travers
22:43de la gorge ?
22:45Il y a
22:46des rendez-vous manqués,
22:48c'est la fusion TF1-M6,
22:50c'est ça qui me reste
22:51le plus en travers
22:51de la gorge
22:52parce qu'on faisait
22:52un superbe groupe français,
22:54et deux concurrents
22:56qui essayent de s'entendre,
22:57ce n'est pas facile.
22:58C'était une occasion
22:59ratée.
23:01Ça,
23:01c'est la première chose.
23:02La deuxième chose,
23:03c'est qu'on aurait pu
23:04aller,
23:06je considère
23:07qu'on n'a jamais réussi
23:08à créer notre propre
23:09talk show
23:10de deuxième partie
23:11de soirée
23:12qui soit efficace.
23:13C'est-à-dire,
23:14je ne sais pas,
23:14il y a à quelle époque,
23:15par exemple,
23:16sur France 2,
23:16qui est une réussite
23:17pour le lien salamé,
23:20M6 n'a pas réussi
23:21à faire ça
23:22sur aucune
23:23de ses chaînes.
23:23Aujourd'hui,
23:24ils ont Anouna
23:24sur W9,
23:25mais qui a été créée
23:26avant sur C8.
23:29et ça,
23:30c'est un peu,
23:31je trouve,
23:31parce que c'est un peu
23:32l'essence de la télévision,
23:33du direct.
23:34Et ça,
23:35c'est quelque chose
23:35que nous n'avons pas réussi
23:36avec notre...
23:37J'ai une question
23:37plus personnelle.
23:38Alors,
23:38je ne vais pas trop
23:39parler de vous,
23:39mais vous avez 76 ans,
23:41c'est ça ?
23:41Oui.
23:42Pourquoi vous continuez
23:43à travailler ?
23:44Qu'est-ce qui vous empêche
23:44de prendre votre retraite ?
23:46Il est sur votre tracteur.
23:48Parce que le travail,
23:50ce n'est pas un ennui.
23:51Je veux dire,
23:53ce n'est pas une pénitence,
23:54le travail,
23:55surtout quand c'est un choix.
23:56Quand on vous propose
23:57des choses intéressantes,
23:58là, par exemple,
23:59la famille Pinault
24:00m'a proposé
24:00d'être président
24:01du conseil d'administration
24:02du club de Rennes,
24:03c'est un choix intéressant.
24:05À la fois,
24:06c'est un bon club,
24:07c'est un bon propriétaire,
24:09c'est une belle région.
24:11Bon,
24:11c'est intéressant
24:12d'aller découvrir la Bretagne,
24:13parler avec eux,
24:14parler avec eux,
24:15essayer de faire monter
24:17quelque chose.
24:18Donc,
24:18je pense que
24:19trouver le travail
24:20comme une pénitence,
24:21alors il y a des gens
24:22qui ont des travaux difficiles,
24:23moi,
24:23j'ai la chance
24:24d'avoir un travail
24:25qui soit intéressant.
24:26Là,
24:26aujourd'hui,
24:27GL Events,
24:28je travaille pour ce groupe,
24:30ce groupe organise
24:31la visite du pape,
24:32aujourd'hui,
24:32au Stade de France.
24:33Vous aurez un VIP
24:34pour aller voir le pape,
24:35alors ?
24:35Je vais aller voir le pape,
24:37Vous allez le rencontrer ?
24:38Moi,
24:38je ne le rencontrerai pas,
24:39non.
24:40Mais vous allez voir le pape.
24:41des 500 000 personnes
24:43qui seraient mieux placées
24:45que d'autres.
24:46Je ne sais pas,
24:47mais c'est important.
24:49Non,
24:49ce que je veux dire par là,
24:50c'est que c'est intéressant
24:51de voir comment ça s'organise,
24:52comment ça se négocie.
24:53Si on parle beaucoup
24:53de la retraite,
24:54à quel âge
24:55il faut partir de la retraite ?
24:56En fait,
24:56vous dites,
24:57la retraite,
24:57ce n'est pas une fois en soi,
24:58on peut continuer à travailler
24:59si on a la capacité.
25:01Le travail n'est pas une pénitence.
25:03En tous les cas,
25:04ceux qui ont la chance
25:05d'avoir des travaux
25:06dans des secteurs
25:07qui sont intéressants,
25:08tout le monde n'a pas cette chance.
25:09quand vous avez cette chance-là
25:11et que vous avez un esprit
25:12à peu près construit
25:13qui n'est pas complètement
25:14détérioré,
25:16vous pouvez continuer
25:17à travailler encore.
25:18Et puis le jour,
25:19on vous le fait comprendre
25:20assez vite
25:20si vous n'êtes pas en forme.
25:21Mais là,
25:21vous dites,
25:22vous allez travailler
25:22sur le club de Rennes
25:23avec Pinault.
25:24Vous pouvez encore
25:25remettre les pieds à Bordeaux
25:26sans susciter
25:27de la détestation
25:28ou quoi que ce soit
25:29avec ce qui est arrivé
25:30au Girondins
25:30ou pas à Nicolas Tavernault ?
25:32À Bordeaux,
25:32d'abord,
25:33il ne faut quand même
25:34pas oublier
25:34que pendant 19 ans,
25:36on a géré le club
25:39comptablement.
25:40On a pris un successeur,
25:41nous ne pouvions pas poursuivre
25:42parce que nous sommes
25:43une société cotée
25:44et surtout,
25:46avec l'arrivée
25:47notamment du PSG,
25:48la chose devenait
25:49beaucoup plus difficile
25:50pour un club comme Bordeaux.
25:51Je n'ai pas,
25:52et mes actionnaires
25:53ne souhaitaient pas
25:53qu'on prenne un risque
25:54sur l'activité principale
25:56à la M6
25:56avec une activité
25:58beaucoup plus marginale.
25:59Donc on a cherché
26:00un successeur.
26:02Et comme vous voyez
26:02les Girondins maintenant...
26:03Et malheureusement,
26:04ce successeur
26:05et ses successeurs
26:06du successeur
26:07n'ont pas fait le taf.
26:08Alors, on peut se reprocher
26:10de ne pas avoir choisi
26:11le bon successeur.
26:12Sur le papier,
26:14ils étaient bien.
26:15C'est comme quand vous
26:16cherchez un locataire.
26:17Sur le papier,
26:18vous demandez des renseignements,
26:19parfois, le locataire
26:21vous met le feu à la maison.
26:22Et c'est malheureusement
26:23ce qui s'est produit.
26:23Donc on a une part
26:24de responsabilité.
26:24Mais quand vous voyez
26:25les Girondins aujourd'hui
26:26qui sont en régionale...
26:28Vous avez quoi ?
26:29Vous avez de la colère ?
26:30Moi, j'ai l'impression
26:31d'avoir perdu 19 ans.
26:32Vous voyez ?
26:33Qu'on a gâché
26:33les 19 ans qu'on a passés.
26:35Dernière question,
26:36Abel Bouilly ?
26:36Dernière question.
26:37Vous avez parlé justement
26:38du défi
26:38qu'a représenté le loft.
26:39Fallait le faire,
26:40sinon quelqu'un d'autre
26:41l'aurait fait.
26:41Aujourd'hui,
26:42on voit beaucoup de productions
26:43faites par intelligence artificielle
26:45sur les réseaux
26:45des vidéos plus ou moins courtes
26:47qui sont de plus en plus réalistes.
26:48Est-ce que vous inciteriez
26:50justement les patrons de chaîne
26:51à réfléchir
26:52sur l'implantation
26:53de l'intelligence artificielle
26:55dans les productions à venir
26:56sachant qu'on sait
26:57que ça ne plairait pas aux acteurs,
26:58ça ne plairait pas
26:59au monde du doublage.
27:00Mais si on ne le fait pas,
27:02d'autres le feront
27:03et un marché
27:06pourrait être échappé.
27:07Vous avez raison,
27:08c'est une voie assez étroite
27:10qui dit
27:10mais ça ne concerne pas
27:12simplement le secteur
27:13de la télévision
27:13et le secteur audiovisuel.
27:14Ça concerne tous les secteurs.
27:16Comment faire confiance
27:17à la technologie ?
27:18Moi, je vous donne un exemple.
27:20Je pense que l'intelligence artificielle
27:21devait être beaucoup plus utilisée
27:22par les chefs
27:23sur la programmation.
27:24C'est-à-dire
27:25comment aller vers
27:27ce que le public souhaite,
27:28les horaires qu'il souhaite,
27:29la concurrence,
27:30on a toutes les datas.
27:31Par contre,
27:33il restera toujours
27:34la qualité.
27:35D'abord,
27:36il faut faire très attention
27:37sur tout ce qui est acteur.
27:40Et deuxième chose,
27:41il faut aussi,
27:43l'IA peut être une aide.
27:44donc il faut s'en servir
27:45mais il ne doit pas
27:46être un substitut.
27:48Après,
27:49c'est un chemin étroit.
27:50Merci Nicolas Taverneau
27:52d'être venu discuter
27:52avec les GG,
27:53avec les Grandes Galles.