00:00Bonjour Bruno, alors vous avez veillé tard hier soir pour regarder le premier débat de la primaire du Parti Socialiste.
00:06Quatre hommes, une femme placée au centre de l'arène et puis un Parti Socialiste qui s'est retrouvé avec
00:11un débat de lignes essentielles,
00:13celle des alliances avec ou sans LFI. Alors Bruno, verdict ?
00:17D'abord trois heures de débat, une bonne partie de la soirée avec cette impression étrange d'assister davantage à
00:23une audition feutrée
00:24entre candidats qui a une véritable confrontation politique, des carburants au logement, de la dette aux retraites.
00:29Chacun a déroulé ses propositions, des différences bien sûr, mais peu d'affrontements et même du consensus sur la hausse
00:34du SMIC évidemment.
00:35Une gauche raisonnable, studieuse, parfois même un peu soporifique.
00:38Et puis à deux reprises, le ton est monté, deux fois sur l'international et surtout une deuxième fois sur
00:43ce qui reste le grand sujet non résolu de la gauche française,
00:46que faire de la gauche insoumise. Le PS a étalé ses divisions et son absence de lignes, un vrai débat
00:51de valeurs.
00:52Alors pourquoi l'international a été l'un des moments les plus électriques de la soirée ?
00:56Oui, une surprise parce que c'est probablement là que les candidats aussi ont des différences les plus profondes.
01:01Sur l'Ukraine d'abord, Ségolène Royal a défendu une ligne de paix et contesté la stratégie jugée trop offensiste
01:07de Raphaël Glucksmann.
01:08En clair, l'ancienne candidate à la présidentielle a donné dans le populisme, façon Trump, vous vous souvenez, qui voulait
01:13régler la guerre en 24 heures.
01:15Lui a assumé, je parle de Glucksmann, une ligne beaucoup plus ferme face à Vladimir Poutine.
01:19Sur Gaza, nouvelle passe d'armes, Ségolène Royal et Olivier Faure reprennent le terme de génocide.
01:25Raphaël Glucksmann a refusé ce terme, parlant de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité,
01:30tout en réclamant des sanctions contre le gouvernement de Benjamin Netanyahou.
01:33Jérôme Guelge, lui, a défendu la pression sur Israël, mais recusé le boycott des artistes et universitaires israéliens.
01:41Il a également corrigé Ségolène Royal.
01:43Bref, sur l'international, les nuances deviennent des lignes de fracture.
01:47Voilà, mais pourquoi LFI reste-t-elle vraiment le véritable test de cette primaire ?
01:52Parce qu'au fond, c'est moins une divergence de programme qu'une divergence de stratégie.
01:57D'un côté, Raphaël Glucksmann et Jérôme Guelge veulent tourner la page de toute alliance avec LFI.
02:02Glucksmann le dit frontalement, il n'y aura pas d'alliance en législative.
02:05Guelge revendique, lui, d'avoir refusé l'accord en 24 et demande au PS de ne plus changer de position
02:11au gré des échéances.
02:12Une pierre dans le jardin d'Olivier Faure.
02:14De l'autre côté, justement, Olivier Faure refuse de considérer LFI comme le problème central.
02:19Ségolène Royal, elle, pousse la logique encore plus loin.
02:21Selon elle, plus la gauche fait de l'obsession avec LFI, plus elle remet Jean-Luc Mélenchon au centre du
02:26jeu.
02:27Emmanuel Morel, lui, a gardé la porte ouverte tout en reconnaissant qu'il y avait un problème avec LFI.
02:32Bref, sur l'économie, ces cinq candidats peuvent encore donner l'impression d'appartenir à la même famille politique.
02:37Ils partent tous à des degrés divers de redistribution de justice fiscale, de pouvoir d'achat.
02:42Mais c'est sur les alliances et sur la politique internationale que les lignes deviennent beaucoup plus nettes.
02:48Cette primaire ne départagera pas cinq personnalités, Brigitte.
02:52Elle devra répondre à une question beaucoup plus lourde.
02:54La gauche sociale-démocrate veut-elle construire son espace en se séparant définitivement de LFI ?
03:00Ou considère-t-elle que l'unité reste nécessaire pour espérer peser face à l'extrême droite ?
03:05Après trois heures de débat, une chose est sûre, l'EPS n'a pas encore trouvé la réponse,
03:10mais il a enfin commencé à poser la bonne question.
03:13La bonne question est posée et il y aura deux autres débats, dont un bien sûr sur BFM TV.
03:19Merci Bruno Jeudy pour cette chronique politique.
03:22Merci Bruno Jeudy.
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