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  • il y a 13 minutes
Pierre Brossolet est l'invité de Thomas Hugues dans Smart Impact. Il est le PDG de la société Arverne, premier fournisseur français de solutions géothermales. Alors que les canicules s’intensifient, il veut valoriser les ressources du sous-sol pour mieux rafraîchir les bâtiments.

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Transcription
00:06L'invité de ce Smart Impact c'est Pierre Brosselet, bonjour.
00:09Bonjour.
00:09Bienvenue, vous êtes le président du groupe Arverne et vous publiez
00:12La solution est sous nos pieds, une énergie propre, infinie et souveraine.
00:16Dès demain, c'est aux éditions du Rocher, on reviendra sur ce livre.
00:23On va beaucoup parler de géothermie, de géocooling et même d'extraction de métaux.
00:29Votre métier c'est quoi ? C'est la valorisation du sous-sol en quelque sorte ?
00:32Du sous-sol avec un zoom très fort sur la géothermie,
00:36puisque le sous-sol c'est plus que la géothermie, c'est énormément de choses,
00:39mais la géothermie est une composante essentielle de ce que pourrait délivrer le sous-sol
00:45en termes d'énergie et de ressources, mais c'est aussi un élément essentiel du mix énergétique
00:49qui devrait avoir lieu en France et en Europe.
00:51On peut même dire que c'est la grande oubliée de l'épopée de la transition énergétique,
00:56que la géothermie, alors que c'est une énergie simple, une énergie facile, une énergie séculaire,
01:00une énergie qui est applicable à la maille d'un bâtiment, d'une école, d'un EHPAD,
01:06à l'heure où on a des canicules ce serait quand même intéressant,
01:07mais aussi une géothermie plus complexe, avec par exemple en Alsace,
01:11de l'extraction de lithium, de métaux critiques.
01:14Donc on voit que la géothermie peut répondre à différentes problématiques de la transition,
01:17à l'heure où on vit une crise énergétique majeure,
01:20et je dirais plus une crise de confiance, une crise d'optimisme,
01:24et il faut redonner une abduction forte, et ça ce serait pas mal avec la géothermie.
01:28C'est ce que vous ressentez, parce qu'effectivement on sort de l'été 2026,
01:32c'est le plus chaud qu'on ait jamais enregistré en France,
01:34on est encore là, on est à deux jours du printemps,
01:36on enregistre cette interview, et il va encore faire des températures
01:39complètement dingues, notamment dans le sud.
01:42J'imagine que les collectivités, les entreprises,
01:45tout le monde se dit, ah tiens, voilà une solution qui est maîtrisée,
01:47qui existe depuis longtemps, on va peut-être enfin se tourner vers elle.
01:51Alors, il est clair que les canicules changent beaucoup de choses,
01:53dans le sens où on se tourne vers la géothermie,
01:55mais on se tourne trop tard, comme souvent.
01:57Alors que d'autres pays s'y sont mis un peu avant,
01:59et en longueur d'avance, nous on a une expertise très forte,
02:02puisqu'on a une histoire liée au gaz et au pétrole,
02:05et notamment au gaz de lac, depuis le général de Gaulle,
02:09avec cette fameuse volonté d'être souverain.
02:10Mais donc on possède l'outil, on va dire,
02:12mais on n'a pas la vision politique,
02:14on n'a pas la vision long terme sur une énergie,
02:17encore une fois, qui est facile à produire,
02:19qui est sous nos pieds, qui est souveraine,
02:20qui est moins chère, qui possède beaucoup de vertus écologiques,
02:24mais qu'on ne met pas en œuvre.
02:25Et donc les canicules, je dirais presque malheureusement,
02:27vont aider à ouvrir les yeux sur la géothermie,
02:30puisqu'elle permet, pour la géothermie de surface,
02:32de faire du froid, du froid naturel.
02:34Quand vous allez dans votre cave,
02:35quand c'est l'été, il fait 15 degrés,
02:37et quand vous y allez l'hiver, il fait aussi 15 degrés.
02:38Et bien cette géothermie, cette stabilité de température,
02:41pourrait fournir un froid.
02:43Alors, en urgence, à des établissements,
02:46comme justement les EHPAD, les hôpitaux, les lycées,
02:48mais aussi sur le long terme,
02:49en raisonnant infrastructure,
02:51en raisonnant investissement,
02:53et bien effectivement, on pourrait se servir de ces canicules
02:55pour enfin faire de la géothermie un élément essentiel.
02:58Et c'est ça, Arverne,
02:59puisque je suis là aussi pour parler de notre groupe,
03:03qui est un groupe assez jeune,
03:04mais qui a anticipé, qui est un groupe français,
03:06qui est un groupe coté,
03:07depuis 2023, sur Euronext,
03:10250 personnes,
03:10et c'est le seul groupe français
03:13qui a fait de la géothermie son modèle à 100%.
03:16Voilà, on n'a pas la géothermie dans un coin,
03:18avec tout le reste,
03:19on fait de la géothermie,
03:20on veut proposer les géothermies au territoire.
03:22C'est notre mission.
03:23Donc pour chauffer et pour rafraîchir aussi,
03:25c'est ce qu'on appelle le géocooling,
03:26c'est encore quelque chose d'un peu différent,
03:28ou c'est simplement ce que vous venez de décrire ?
03:29Ce bel anglicisme,
03:30c'est le rafraîchissement naturel,
03:34qui grâce à, comme je le disais,
03:35ce 15 degrés qu'on va chercher à 200 mètres,
03:37permet de rafraîchir gratuitement,
03:39gratuitement,
03:40quelquefois ça ne suffit pas,
03:41on met un petit coup de clim à côté,
03:43mais gratuitement,
03:44on peut faire du rafraîchissement naturel
03:46dans des établissements qui en ont besoin,
03:48mais pour ça,
03:49il faut passer par la case forage,
03:51bureau d'études,
03:51installation de la pompe à chaleur,
03:53c'est toute cette intégration que propose Arverne.
03:55Combien de temps,
03:56imaginons là,
03:56un ou une chef d'entreprise,
03:58ou un cadre dirigeant d'une entreprise,
03:59qui nous regarde et qui se dit
04:00« Ok, je vais passer à la géothermie ».
04:01Qu'est-ce qu'il doit faire là ?
04:03Est-ce que c'est long ?
04:03Quel investissement ça ?
04:04Non, en théorie,
04:05ça ne devrait pas être plus long
04:06qu'installer une biomasse,
04:07qu'installer même une chaudière à gaz.
04:09C'est une histoire,
04:10quand on parle d'un bâtiment
04:11ou d'un petit réseau de chaleur,
04:12c'est une histoire de quelques mois.
04:13Encore une fois,
04:14c'est une histoire de volonté,
04:15c'est une histoire de savoir,
04:17de savoir qu'on peut le faire,
04:18c'est une histoire de le mettre dans les choix
04:20aujourd'hui que les architectes,
04:21les bureaux d'études n'ont pas encore.
04:22Donc c'est d'abord une question d'inculturation.
04:24Mais ensuite, pour la mettre en œuvre,
04:26je ne parle pas de la géothermie profonde
04:28où, à l'image de l'Alsace,
04:30on fait des puits à 2000 mètres,
04:312500 mètres,
04:32où là, ça demande effectivement
04:33des temps longs.
04:34Mais sur la petite géothermie,
04:35je vous assure que c'est facile,
04:37c'est rapide,
04:37à partir du moment
04:38où on sait que ça existe
04:40et on sait qu'on peut le faire
04:41sur 95% du territoire français.
04:44C'est vraiment qu'une question de culture.
04:46Et je le redis, je le répète,
04:47cette inculturation va permettre
04:49un grand élan d'optimisme
04:50puisqu'il ne faut pas le faire
04:52un petit peu à Brest,
04:53un petit peu à Paris.
04:53Il faut le faire partout.
04:55On peut le faire partout.
04:55Il faut un plan national
04:57avec une banque de la géothermie,
04:59avec des instituts financiers
05:00qui s'y mettent,
05:01avec des écoles d'ingénieurs
05:02qui recommencent à former
05:04sur ces métiers, etc.
05:05C'est ce que vous proposez dans ce livre.
05:07Vous espérez que les candidats
05:09à la présidentielle vont le lire quand même ?
05:11Je n'ai pas la prétention
05:12qu'ils le liront.
05:13En tout cas, ils liront
05:13le pacte sous-sol
05:14que la filière est en train d'écrire
05:18pour effectivement faire de 2027
05:19un vrai tournant
05:21vers la géothermie.
05:23Vous l'avez évoqué à l'instant.
05:26On parle aussi d'extraction
05:28en profondeur
05:29et notamment de lithium.
05:31Il y a un projet
05:31d'extraction de lithium en Alsace.
05:33Déjà, comment ça marche ?
05:34De quoi on parle ?
05:35Oui, complètement.
05:36La géothermie permet aussi
05:38à certaines profondeurs
05:39et dans certaines régions
05:40d'être en contact avec des métaux
05:42puisque ces métaux
05:43sont dissous dans l'eau.
05:44Donc, on fait d'une pierre deux coups,
05:45on va forer un puits
05:46à 2000-2500 mètres,
05:47on remonte de l'eau chaude.
05:48Cette eau chaude,
05:49on en extrait les calories
05:50dans une première étape.
05:51C'est de l'énergie pure
05:53qu'on envoie dans des réseaux de chaleur
05:54pour décarboner des villes
05:55ou des industriels.
05:56Et le deuxième étage de la fusée,
05:57c'est qu'on extrait
05:58des matériaux,
05:59des métaux
06:00qui sont dissous
06:02dans l'eau,
06:02comme du sel.
06:04D'ailleurs,
06:05c'est du sel de lithium
06:05qu'on va extraire.
06:06Et ensuite,
06:07ce sel de lithium,
06:08on va le transformer,
06:09on va le raffiner,
06:10on va le transformer
06:11en carbonate de lithium
06:12qui est le composant essentiel
06:14pour fabriquer des cathodes
06:15qui elles-mêmes
06:17participent à la fabrication
06:18des batteries.
06:20Donc c'est assez simple.
06:21Il y a une question
06:22de chaîne de valeur derrière.
06:22Il faut que la France
06:23maîtrise toute la chaîne,
06:24pas simplement le lithium,
06:25mais aussi les cathodes,
06:26les batteries et les véhicules.
06:27Mais la mine,
06:28le minerai,
06:29les métaux
06:30sont la première brique
06:31essentielle
06:32à cette chaîne de valeur
06:32et il y en a en quantité
06:34dans les eaux chaudes alsaciennes.
06:36Donc c'est pour ça
06:36que lithium de France,
06:37qui fait partie du groupe Arverne,
06:39s'attache à extraire ce lithium.
06:41Donc c'est effectivement
06:42un métier d'extraction,
06:43mais d'extraction propre,
06:45d'extraction locale,
06:46d'extraction souveraine
06:46dans un grand écosystème
06:48de la géothermie française.
06:50Alors vous annoncez
06:51une première production
06:51annoncée ou espérée
06:52en 2028
06:53et le projet,
06:54c'est 27 000 tonnes
06:55de carbonate de lithium par an
06:57de quoi équiper
06:58environ 800 000 véhicules électriques.
07:01Les freins ou les étapes
07:02ou les obstacles à franchir,
07:03c'est quoi maintenant ?
07:04Alors ils sont nombreux,
07:05au-delà des freins techniques
07:06ou des obstacles techniques.
07:07Vous imaginez que
07:07il faudrait un puits à 2500 mètres
07:09après avoir acquis des données
07:11via une échographie du sous-sol,
07:12obtenu les permis.
07:13Donc tout ça,
07:14c'est beaucoup de temps
07:15avec des discussions avec l'État.
07:16Donc il y a évidemment,
07:17on va dire,
07:18un parcours technique et techno
07:19qu'il faut franchir.
07:20On y travaille
07:21et comme on a un ADN
07:22d'anciens pétroliers,
07:23c'est presque une question
07:24de réflexe pour nous.
07:25Donc ça, c'est le gros avantage
07:26du groupe Arverne.
07:27C'est notre expertise.
07:28Mais ensuite,
07:29on a des freins
07:29qui sont à la fois réglementaires.
07:31On est en France,
07:32c'est trop long.
07:34Comparé à nos amis allemands
07:35qui sont de l'autre côté du Rhin,
07:37ils sont deux fois plus rapides
07:38que nous en termes administratifs.
07:40Donc évidemment,
07:40on souffre de la comparaison après.
07:42Il y a des freins
07:42mais qui sont plutôt des leviers,
07:44pour moi,
07:44qui sont des leviers d'adhésion.
07:46Je crois personnellement
07:48que les Asacéens sont convaincus
07:50de la pertinence de la géothermie
07:51et donc du lithium
07:52puisque c'est un coproduit
07:53de la géothermie.
07:54Maintenant,
07:55on est face
07:55à des oppositions de principes
07:57quelques fois.
07:58On est face
07:58à des lacunes d'explications.
08:00Donc il faut aller,
08:01il faut retourner sur le terrain.
08:03Il faut faire comprendre aux gens
08:04que pour réindustrialiser,
08:06il faut des solutions locales.
08:07On nous a tellement
08:09presque berné
08:10sur le continent européen
08:12qui serait,
08:13on va dire,
08:13une grande place
08:14de consommation
08:15avec de l'énergie pas chère
08:16qui arriverait d'ailleurs.
08:17Aujourd'hui,
08:17on se rend compte
08:17que c'est totalement faux.
08:18Ce n'est plus d'actualité.
08:19Il faut reprendre
08:21l'outil de production.
08:22Il faut réindustrialiser.
08:23Pour ça,
08:23il faut de l'énergie pas chère,
08:24donc de l'énergie locale
08:25et du circuit court.
08:26Arverne ne travaille
08:27d'ailleurs, on l'a inscrit
08:28dans notre raison d'être
08:29d'entreprise à mission.
08:31Ce qui est sous nos pieds,
08:33ce qui est disponible localement,
08:36c'est toujours moins cher,
08:37c'est toujours plus vertueux.
08:38Et donc ces explications
08:40autour de ce principe,
08:43il faut du temps
08:44pour le raconter,
08:47pour l'expliquer,
08:47pour se faire un nom.
08:48Et donc c'est tout ça
08:49que s'attache à faire
08:50lithium de France en Alsace
08:51et plus généralement
08:52Arverne dans le territoire.
08:53Et moi, je suis persuadé
08:54que les gens comprennent
08:55et qu'ils finiront
08:55par adhérer à ça,
08:56même si encore une fois,
08:57il y aura toujours des oppositions,
08:58qu'elles soient de principe
08:59ou parce qu'on est trop près,
09:00trop loin,
09:01trop ceci,
09:02trop cela.
09:03Merci beaucoup.
09:04Pierre Brosselet,
09:05d'être venu nous présenter
09:07Arverne.
09:08Et donc ce livre,
09:08La solution est sous nos pieds,
09:10énergie propre,
09:10infinie et souveraine.
09:12Dès demain,
09:13on vous le conseille,
09:14c'est aux éditions du Rocher.
09:16À bientôt sur Bsmart4Chain.
09:18C'est l'heure de notre débat.
09:20On va parler d'industrie textile,
09:22des solutions,
09:23des innovations.
09:23Sous-titrage Société Radio-Canada
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