- il y a 14 minutes
Avec Alain Bentolila
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NewsTranscription
00:0010h midi, Sud Radio, à vous de le dire, Stéphanie Demiru.
00:04Soyez les bienvenus, ravis de vous retrouver du lundi au vendredi, vous le savez, de 10h à midi pour à
00:09vous de le dire dans la prochaine demi-heure.
00:12Ce qui vous fait parler, ce qui vous fait réagir, votre quotidien aussi.
00:17Wesh, lol, la skip ! Est-ce que vous comprenez encore vos enfants ou vos petits-enfants ?
00:23Mylène Farmer s'empare du sujet dans sa nouvelle chanson.
00:26Vous vous dites qu'il faut vivre avec son temps, le langage français évolue.
00:31Ou alors SOS, vous êtes en PLS et vous criez au français qui s'appauvrit.
00:36Bref, est-ce que vous trouvez ça normal, ces mots que les plus de 20 ans ne peuvent pas connaître
00:40?
00:40A vous de le dire, on en parle avec le linguiste Alain Bentolila.
00:45Trois débatteurs autour de la table comme chaque jour pour commenter les sujets qui font parler de la France ce
00:50matin.
00:50Le gouvernement qui a réuni six ministres pour annoncer des aides au carburant.
00:56Les chèques destinés aux grands rouleurs passent de 50 à 100 euros.
00:59Ça pourra concerner désormais plus de 5,5 millions de Français.
01:03Alors face à cette flambée, les nouvelles aides sont-elles à la hauteur où il aurait fallu faire autre chose
01:07?
01:09Gilles Gansman, bonjour.
01:11J'aime bien ce nouveau titre de Mylène Farmer.
01:14Oui, il fonctionne bien.
01:15Ah oui, il fonctionne très bien.
01:16Est-ce que vous comprenez tous les mots ?
01:18Oui, bien sûr. Je suis boomer, mais pas à ce point-là.
01:23Attendez, c'est difficile.
01:24Est-ce que c'est un banger ?
01:27Quelque chose qui est banger ?
01:28Non.
01:29Ah, vous ne savez pas ce qu'est un banger ?
01:30Désolée, pourtant j'ai des ados, mais j'essaye de leur apprendre un français correct.
01:34Et à ce qu'il peut ?
01:35Oui, quand même.
01:36Ça veut dire quoi ?
01:37Ce qui paraît.
01:40Vous n'allez pas me faire un QCM ?
01:42Vous l'avez compris, on parle de la langue française, des lols et des quoi, la langue au plus bas.
01:48C'est donc cette nouvelle chanson de Mylène Farmer qui est sortie il y a quelques jours, le 11 septembre.
01:53Elle fait y croiser, ronsard et les expressions des jeunes.
01:58Vous à la maison ou au volant qui nous écoutez, est-ce que vous arrivez à suivre ?
02:03Est-ce que ces mots vous amusent, vous agacent ?
02:06Vous avez parfois l'impression que tout devient de ouf, sans qu'on arrive à vous expliquer précisément pourquoi.
02:12En tout cas, on le sait, chaque génération a eu ses expressions.
02:16Est-ce que c'est une bonne chose ? Est-ce que ça y est, on atteint la langue de
02:19Molière ?
02:20Et puis, allez voir le clip, parce que le clip, déjà, il a fait des millions en quelques jours.
02:27Et surtout, elle braque la BNF, la Bibliothèque Nationale Française, comme si on braquait les mots.
02:34Et elle joue sur cette ambiguïté, Mylène Farmer.
02:37On ne sait pas si elle est pour, si elle est contre ce changement.
02:40Mais c'est assez brillant, je trouve, parce que c'est vraiment, je suis sûre que beaucoup de vous qui
02:45nous écoutez allaient réagir.
02:46C'est un vrai débat et je suis sûre que c'est assez clivant.
02:50Bonjour Alain Bentolila.
02:52Bonjour.
02:53Vous êtes linguiste, spécialiste de l'apprentissage du langage et de la lecture.
02:58On va justement parler de ce vocabulaire qui déroute parfois les adultes,
03:03mais aussi ce que signifie vraiment maîtriser le français.
03:08Alors déjà, est-ce que ça, c'est pas du tout français ce que je vais dire,
03:11est-ce que ça n'a jamais été aussi pire ?
03:13Je le fais exprès.
03:14Non, mais c'est vrai que là, il y a plein de mots nouveaux.
03:17Bon, moi, j'ai des adolescents, honnêtement, parfois, je ne comprends pas un mot sur deux.
03:21Je les entends parler avec leurs copains, on ne comprend rien, parfois.
03:26Est-ce que ça a toujours été à ce point-là ?
03:30Non, non, le copain, c'est un peu simple.
03:33Il y a eu l'argot, et l'argot, c'était une langue particulière,
03:38et parlée par des confrérie ou des métiers, des gens de métier particuliers.
03:50Alain Bentolila, je crois qu'on va vous rappeler et utiliser un téléphone,
03:55un bon vieux téléphone à l'ancienne, parce que c'est vrai qu'on vous entend peu.
03:59Alors, moi, je vais parler de cette chanson de Mylène Farmer.
04:04Vous allez voir, je vous ai isolé la fin,
04:08parce qu'à la fin, elle chante tous les petits mots, justement, des jeunes,
04:15et elle finit par « De quoi qu'il en coûte ? »
04:18Donc, il y a un clin d'œil à Emmanuel Macron aussi, écoutez.
04:38Bon, allez, je vous dis, un banger, c'est quelque chose...
04:41Enfin, un must, je dirais au moins vers anglais,
04:44mais quelque chose qu'on doit avoir.
04:46Oui, d'être contournable.
04:46L'incontournable, c'est un banger, c'est...
04:49Tu dois l'avoir, donc voilà.
04:51Bon, on a retrouvé Alain Bentolila,
04:54notre linguiste, spécialiste de l'apprentissage du langage.
04:56Alors, ma question était la suivante.
04:59Est-ce que...
04:59C'est vrai que là, on a l'impression qu'un tout nouveau langage
05:02a été quasi réinventé par ces jeunes ?
05:05Est-ce que ça n'a jamais été comme ça, à ce point-là ?
05:10Justement, je vais exprès de me mal parler,
05:12mais c'est vrai que c'est assez prégnant,
05:15ce nouveau langage, aujourd'hui.
05:18Oui.
05:19Non, je vous disais qu'en fait,
05:21si vous voulez, ça n'est pas nouveau qu'il y a eu l'argot,
05:24qui était un langage très particulier,
05:27mais qui était une façon de communiquer
05:31à l'intérieur de cercles étroits.
05:33La question, si vous voulez,
05:35de ce qu'on appelle le langage des jeunes,
05:38le langage du quartier, etc.,
05:40est la suivante.
05:42C'est que, certes, il y a des innovations,
05:46bien sûr qu'il y a des mots qui sont nouveaux,
05:48des expressions nouvelles.
05:51Mais la langue française,
05:53elle est faite pour rassembler.
05:56Elle n'est pas faite pour séparer.
05:59Et si nous sommes une nation,
06:03et si nous voulons que tous participent
06:08à l'acte politique et national,
06:13alors il faut que nous ayons
06:16un minimum de langue commune.
06:22Or, la question qui se pose,
06:25si vous voulez,
06:26c'est ce langage-là,
06:27et que si on n'a que ce langage,
06:30c'est ça que je veux dire,
06:32s'il n'y a que ce langage,
06:34alors il y a danger,
06:35parce qu'il y aura une difficulté particulière
06:39à mettre sa pensée
06:42à la disposition de quelqu'un d'autre,
06:44qui ne fait pas partie
06:46de l'endroit où je vis,
06:49de mes amis.
06:50Oui.
06:51Il peut être clivant et excluant.
06:55Évidemment, si vous voulez,
06:57nos enfants sont tout à fait
07:03à même d'utiliser ces mots nouveaux
07:06et ce langage nouveau, bien sûr.
07:08Mais eux, ils ont les 3500 mots
07:13nécessaires pour que,
07:14hors de leur cercle étroit,
07:16lorsqu'ils s'adressent à des gens
07:17qui ne sont pas
07:19de leur environnement immédiat,
07:22ils puissent se faire comprendre.
07:27Et il ne s'agit pas de dire
07:29c'est beau ou ça n'est pas beau.
07:32Oui, ce n'est pas le sujet.
07:33Il faut qu'ils puissent parler autrement aussi.
07:36Il s'agit de dire
07:37est-ce que je me fais comprendre
07:41au plus juste de mes intentions
07:43ou est-ce que je n'ai pas suffisamment
07:46de mots communs
07:47avec l'ensemble de la communauté nationale
07:50pour que je puisse avoir une chance
07:52de m'y faire une place.
07:53Alain Bantolila, vous disiez
07:55il faut 3500 mots
07:56pour correctement s'exprimer en français,
07:59c'est ça ?
07:59Il faut à peu près 3500 mots
08:01pour pouvoir effectivement
08:04dire les choses
08:07aussi précisément que possible.
08:09Mais c'est souvent chez les jeunes
08:11que les nouveaux mots arrivent.
08:12C'est rare qu'il y ait un grand langage
08:14entre les retraités,
08:15chez eux,
08:16dans leur maison,
08:19et qu'il y ait un langage
08:20qui les isole
08:21et qu'ils aillent leur propre langage.
08:23C'est vraiment chez les jeunes
08:24que ça arrive ?
08:25Le verlan ?
08:28Mais ils ne resteront pas
08:30éternellement jeunes.
08:32Ils auront à faire leur place
08:34dans la société.
08:35Ils auront à aller défendre
08:37leur position
08:39quand ils auront
08:40un entretien d'embauche.
08:43Et l'entretien ne se fait pas forcément
08:45par d'autres jeunes,
08:47donc il faut savoir s'exprimer.
08:50que les jeunes ont besoin
08:51d'être entre eux quand même.
08:55C'est pas ça ?
08:56Ça n'isole pas ?
08:56Oui, c'est pour ça que je vous dis
08:58la position qui dit
08:59oh là là, quelle horreur,
09:00c'est une position idiote.
09:02La position qui dit
09:03oh là là, quelle spandeur,
09:04c'est une position idiote.
09:06La réalité,
09:07c'est que la langue évolue,
09:09qu'elle intègre de nouveaux mots,
09:10qu'il y a une créativité réelle
09:13dans le langage des jeunes,
09:15mais qu'il faut absolument veiller,
09:17et ça c'est l'école et la famille,
09:20il faut absolument veiller
09:21à ce que ces jeunes
09:22aient tout ce qu'il leur faut
09:24en termes de mots,
09:26de syntaxe.
09:27Oui, mais est-ce que c'est le cas
09:28aujourd'hui Alain Bentolila ?
09:29Parce qu'on sait que tous ces mots
09:31viennent aussi des réseaux sociaux.
09:33C'est peut-être pour ça
09:35qu'il y en a autant aujourd'hui.
09:38Oui, bien sûr,
09:39ça vient si vous voulez
09:41de cet engouement
09:45d'abord pour l'image,
09:47parce que les réseaux sociaux
09:49c'est d'abord l'image,
09:50bien avant les mots.
09:51Et puis,
09:52c'est ce besoin
09:54de parler de façon raccourcie,
09:58d'écrire de façon étoile.
09:59C'est ça, même les textos,
10:01ils n'écrivent plus des mots
10:03en entier les jeunes
10:03aujourd'hui sur les textos.
10:07Mais vous avez raison,
10:09quand il s'agit de parler
10:10à quelqu'un que vous connaissez bien
10:12et qui vous connaît parfaitement,
10:14pour lui dire
10:14qu'est-ce que tu fais,
10:15t'es où ?
10:16Là, évidemment,
10:19je dis,
10:20oui,
10:21si vous voulez raccourcir,
10:23économiser, etc.,
10:24c'est tout à fait légitime.
10:26Mais l'écriture,
10:28ça n'est pas seulement ça.
10:30Heureusement.
10:31L'écriture,
10:32c'est aussi argumenter,
10:34raconter.
10:35et si nos enfants
10:37ne sont pas capables
10:38de faire cet effort-là,
10:40effectivement,
10:41ils s'en remettront à quoi ?
10:43Ils s'en remettront à
10:44Tchab J.P.T.
10:45qui parlera pour eux
10:46et qui pensera pour eux.
10:47Oui, Gilles.
10:48Je vous ai envoyé
10:51avant l'émission
10:52le clip et la chanson
10:54de Mylène Fermat.
10:55Quel est le regard
10:56du linguiste ?
10:58Moi, je pense,
11:00vous l'avez dit tout à l'heure,
11:02vous l'avez dit tout à l'heure,
11:03on ne sait pas trop
11:03si elle s'émerveille
11:07ou si elle s'indigne.
11:08Ça, c'est assez malin de sa part.
11:10C'est tout à fait malin.
11:12Oui.
11:13Et elle a raison.
11:14Parce qu'il ne faut
11:15ni s'émerveiller,
11:16ni s'indigner.
11:17Oui, c'est ça.
11:17C'était ma question.
11:19Est-ce que vous,
11:19ça vous choque ?
11:21Non, il faut rendre hommage
11:22à la créativité.
11:24Et il faut dire
11:25que cette créativité-là,
11:27il ne faut pas
11:28que le soin
11:30enfermante.
11:31Alors, vous restez avec nous.
11:32Vous restez avec nous,
11:33Alain Bentolila.
11:34On va marquer une petite pause.
11:35Le temps de prendre
11:37des auditeurs
11:38qui nous appellent
11:38au standard pour réagir.
11:40On prendra Liliane
11:41dans quelques instants
11:42parce qu'évidemment,
11:43vous avez beaucoup
11:44de réactions.
11:45Venez nous dire, vous,
11:46si ça vous choque.
11:47Au contraire,
11:48si vous aimez bien
11:49ce nouveau langage.
11:50A tout de suite
11:51sur Sud Radio.
11:57La langue au plus bas
12:00Et l'autre
12:01sans l'état
12:02Ça, c'est la nouvelle
12:04chanson de Mylène Farmer
12:06qui met le doigt
12:07sur ce langage
12:09des jeunes aujourd'hui,
12:10des mots, des quoi.
12:12Est-ce que ça vous choque
12:13ce nouveau langage ?
12:13C'est vrai qu'on ne comprend pas
12:15toujours tout.
12:16Même, vous voyez,
12:16je venais de parler
12:18à mon réalisateur.
12:19Il dit, bon,
12:20tu passes le son.
12:20Ouais, vas-y.
12:21Alors ça, c'est un truc
12:22de jeunes.
12:22Vas-y.
12:24Quand j'entendais mon ado
12:26dire, vas-y,
12:26à son commun,
12:27j'ai dit, mais où est-ce
12:28qu'ils vont ?
12:28Et en fait,
12:29c'est une façon de parler
12:30qui est rentrée
12:31dans le langage commun.
12:33On en parle avec
12:34Alain Bentolila
12:34qui est linguiste
12:35qui est avec nous
12:36sur Sud Radio.
12:37Et puis Liliane
12:38qui nous appelle de Clamart.
12:40Bonjour Liliane.
12:41Bonjour.
12:43Alors vous,
12:43ça vous parle
12:44ces nouveaux mots ?
12:45Vous y comprenez
12:46quelque chose
12:46ou vous êtes en PLS ?
12:50Alors, avec un jeune
12:53homme de 19 ans
12:54à la maison,
12:55je peux dire que
12:56j'ai passé des moments
13:01où il me fallait
13:01un dictionnaire.
13:03Mais ce n'est pas
13:04dans le dico,
13:05c'est ça le problème Liliane.
13:09Mais bon,
13:11j'ai appris,
13:11j'ai pris de la sagesse
13:13en ayant un adolescent
13:14à la maison.
13:15Et donc,
13:17je constate que
13:19la façon dont il parlait
13:21il y a trois ans
13:22par exemple,
13:23qui était remplie
13:25de nouveaux mots
13:26que je ne comprenais pas,
13:29ça lui est passé.
13:31Ah oui, c'est vrai ?
13:32Donc...
13:32C'est-à-dire,
13:33il ne parle plus comme ça
13:34avec vous
13:34ou il ne parle plus comme ça
13:36également avec ses copains ?
13:38Ça a changé
13:39même dans leur langage.
13:42C'est-à-dire
13:42qu'ils ont tous
13:43un peu changé.
13:44Et à 19 ans,
13:46ça passe un peu.
13:48Vous voulez dire
13:49que c'est une manière
13:50peut-être de se démarquer
13:51quand on est au cœur
13:51de l'adolescence
13:52et quand on devient adulte,
13:54la sagesse l'emporte.
13:56C'est intéressant.
13:58Oui,
13:58je voulais demander
13:59à Alain Bentolila
14:00si WESH
14:02montre une appartenance
14:04parce qu'on entend
14:05beaucoup les jeunes
14:06dire WESH,
14:07Bro.
14:08Est-ce que là,
14:09dans ce langage-là,
14:11le WESH
14:12est aussi l'appartenance
14:14pas à une nationalité
14:15mais vous comprenez
14:16à aussi...
14:17à une culture.
14:18Merci.
14:19Merci, Steph.
14:20Oui,
14:22c'est de l'appartenance
14:23mais c'est aussi
14:24une façon
14:27de nouer
14:28un lien.
14:30C'est-à-dire
14:31WESH,
14:32c'est aussi
14:33c'est à toi
14:34que je parle,
14:35nous sommes proches,
14:37c'est le mot
14:38de passe,
14:39si vous voulez,
14:40qui fait
14:40qu'effectivement
14:41on se reconnaît.
14:44On se reconnaît.
14:48mais encore une fois,
14:49c'est intéressant
14:50ce que dit
14:51la dame au téléphone.
14:53Oui,
14:53Liliane.
14:55D'abord,
14:56un,
14:58ce garçon
14:59avait quand même
14:59la chance
15:00que chez lui,
15:01il entendait
15:02un autre langage
15:03que celui
15:03qu'il utilisait
15:04avec ses copains.
15:06Ce n'est pas toujours
15:07le cas quand même
15:08parce que les parents,
15:08j'imagine,
15:09ne parlent pas en ref.
15:11Il y a des parents
15:12qui ne parlent pas
15:13à leurs enfants.
15:14Bien sûr.
15:15Pratiquement jamais.
15:16Pratiquement jamais.
15:18Donc,
15:18ces enfants
15:19sont dans un cercle
15:21extrêmement étroit
15:22qui,
15:24chez eux,
15:25ils dorment.
15:26Ils sont devant,
15:27ils sont sur leur tablette
15:29et par conséquent,
15:31il n'y a pas
15:31de communication
15:32avec les parents.
15:34Là,
15:35j'ai au contraire
15:36l'impression
15:37que l'auditrice
15:38avait
15:39de vraies conversations
15:41avec,
15:41même si elle faisait
15:42un effort.
15:44Donc,
15:44petit à petit,
15:45il y a une prise
15:46de conscience.
15:47Alain Bantolila,
15:47ça vient toujours,
15:48pour poursuivre
15:49sur la question de Gilles,
15:50est-ce que ça vient toujours
15:51ces nouveaux mots
15:52finalement de la rue,
15:54même de la cité,
15:55Wesh,
15:56mon frère,
15:57alors maintenant,
15:57c'est carrément
15:57mon reuf.
15:59Ce sont des mots
16:00qu'on entendait
16:00auparavant,
16:02même dans les,
16:03disons-le,
16:04dans les banlieues,
16:05etc.
16:05Il y a une fascination
16:06pour ce langage.
16:09Ils sont maintenant
16:10dans le 16e
16:10enronissement.
16:11Ah non,
16:11mais c'est ce que je vous dis.
16:12Mais ça vient
16:13à la base,
16:14vous voyez,
16:14de base.
16:15C'est moche de dire ça,
16:16mais de base,
16:17ils parlent comme ça,
16:17ça vient des banlieues,
16:19ces mots-là.
16:20Oui,
16:21ces mots viennent plutôt,
16:22si vous voulez,
16:23des quartiers
16:25où effectivement...
16:26Et même de l'arabe,
16:27Wesh,
16:27c'est de l'arabe.
16:29Oui,
16:30ça vient de l'arabe,
16:31ça vient de certaines
16:32langues africaines.
16:34Oui,
16:35bien sûr,
16:35il y a quelques
16:36entrants,
16:37c'est évident.
16:39Mais il y a aussi
16:40des expressions,
16:41si vous voulez,
16:42qui sont parfois
16:45intéressantes.
16:46Comme ?
16:47C'est pour ça
16:47que je disais
16:50tout à l'heure,
16:50en fait,
16:51on n'a pas
16:57à interdire
16:58à stigmatiser.
17:01Mais on doit veiller
17:03à ce que nos enfants...
17:06Oui,
17:06mais je vous l'avais dit,
17:08effectivement,
17:09on les deux l'engageait.
17:10Kevin Bossuet
17:10qui nous a rejoint
17:11à Voleur,
17:12puisque bonjour Kevin,
17:13vous ferez partie
17:14de mes trois débatteurs
17:15du jour,
17:15mais ça m'intéressait
17:16d'avoir votre avis
17:17parce que vous êtes professeur
17:19en histoire contemporaine
17:20et vous avez,
17:21vous,
17:22totalement accès,
17:23vous êtes en contact
17:24permanent
17:24avec ces jeunes.
17:26C'est quoi votre regard,
17:26justement ?
17:27On est parti
17:27de la chanson
17:28de Mylène Farmer.
17:29C'est vrai qu'il y a
17:29un langage
17:30complètement nouveau
17:31aujourd'hui.
17:32C'est un langage
17:33générationnel,
17:34notamment à travers
17:34le WESH
17:35qui est parti
17:36des banlieues,
17:37qui veut dire,
17:38en fait,
17:38on appartient
17:39à la même jeunesse.
17:40C'est ça que je remarque
17:41parce que le WESH,
17:42moi,
17:43quand j'ai commencé
17:43à enseigner il y a dix ans,
17:44c'était très présent,
17:45notamment en Seine-Saint-Denis,
17:46dans les quartiers.
17:47Aujourd'hui,
17:47vous allez dans les quartiers
17:48du 16e arrondissement.
17:49Évidemment,
17:50ils disent exactement
17:51la même chose.
17:52Alors,
17:52attention aussi
17:53parce que je trouve
17:53que sur cette question,
17:54il y a aussi
17:55une fracture territoriale
17:56parce que vous allez
17:56entendre des WESH,
17:57notamment au centre de Paris,
17:59vous allez en entendre
17:59dans l'embolieux parisienne,
18:00mais quand vous allez
18:01notamment dans les communes rurales,
18:03vous entendez très peu
18:04ce genre de choses,
18:05ce mimétisme n'a pas pris,
18:07notamment dans ces quartiers.
18:08C'est en différé, quoi.
18:09C'est pas forcément en différé.
18:11Je pense que c'est un schéma
18:12de valeurs
18:13qui est différent.
18:13D'ailleurs,
18:14quand vous regardez
18:14ce que pensent les jeunes aujourd'hui,
18:16ils sont très attachés
18:16à l'écologie.
18:17Par exemple,
18:18ils sont très attachés
18:19à la question palestinienne
18:20et ça aussi bien
18:21dans le centre de Paris
18:22que finalement
18:23en banlieue parisienne.
18:24Et quand vous regardez
18:24ce que votent notamment
18:25les jeunes de 18 à 25 ans,
18:27que ce soit à Paris
18:28ou que ça soit
18:29en banlieue parisienne,
18:29ils votent très largement
18:30pour les filles.
18:31Alors que si vous essayez
18:33de voir ce qui se passe
18:34notamment à la campagne,
18:35c'est pas du tout
18:36la même chose.
18:36Ce sont des gens
18:37qui votent beaucoup plus
18:38pour le rassemblement national
18:39qui sont pas finalement
18:40dans ce mimétisme
18:41et qui ont d'autres préoccupations
18:43comme le pouvoir d'achat,
18:45comme le fait
18:45de l'identité française,
18:47etc.
18:47Et ils parlent évidemment
18:48différemment.
18:49Le langage n'est qu'un reflet
18:50finalement d'une culture sociale
18:52et le reflet
18:53de revendications politiques.
18:55Vous en pensez quoi
18:55Alain Bento-Lila
18:56de ce que vient de dire
18:57Kévin Bossuet ?
18:58C'est intéressant.
18:59Oui, bien sûr.
19:01Vous êtes d'accord ?
19:02Je suis absolument
19:03d'accord avec lui.
19:05Cela étant,
19:06il faut faire attention
19:07parce que
19:11les sites ruraux
19:12et notamment
19:13les friches rurales
19:16sont certes
19:18qui ne l'utilisent pas
19:20ce langage-là.
19:21Mais pour autant,
19:23ils souffrent
19:24d'un manque
19:25de vocabulaire
19:26absolument terrible
19:27et les taux
19:28d'illettrize
19:29sont plus importants
19:31dans ces lieux ruraux
19:34désertés
19:35Je n'ai pas trop d'accord
19:36avec vous,
19:36j'ai l'impression,
19:37le professeur à côté.
19:38Je ne suis pas forcément
19:39d'accord avec ça.
19:40Le problème du maniement
19:41de la langue française,
19:42ça touche toute une catégorie,
19:43ça touche l'ensemble
19:44des jeunes.
19:44Et il ne faut pas stigmatiser
19:46notamment les jeunes
19:47qui sont dans les campagnes.
19:48Vous avez des élèves
19:48extrêmement brillants
19:49qui manient extrêmement bien
19:51la langue française
19:52et le problème
19:53est le problème
19:53dans ces territoires-là.
19:55Finalement,
19:55c'est l'absence
19:56de connaissances
19:57du système éducatif,
19:58le fait que ces jeunes-là
19:59sont finalement
20:00mal orientés
20:01et il y a des richesses,
20:03des talents partout
20:03que ce soit en banlieue,
20:04que ce soit dans les zones
20:05coriérbaines.
20:06Je suis d'accord,
20:07mais je voulais juste
20:08rectifier ça
20:08parce que moi,
20:09je viens des Ardennes,
20:10je connais ces jeunes
20:11et je veux les valoriser
20:13parce qu'on n'en parle jamais
20:14sauf ce Sud Radio
20:15où en effet,
20:16le sujet est souvent évoqué.
20:17Et puis le Wesh,
20:18c'est très important
20:19en Belgique
20:20et dans le Nord.
20:21Oui, c'est vrai.
20:23Merci Alain Bentolila.
20:23Et c'est très bon.
20:25Merci Alain Bentolila
20:27d'avoir été avec nous
20:28et on se retrouve
20:29dans quelques instants
20:29pour les débats du jour
20:31et le zapping
20:32de Gilles Gansman.
20:33Venez réagir surtout.
20:34Manu vous attend
20:35au standard comme chèque
20:36jour 0826 300 300.
20:38On va bien évidemment
20:39parler de ces annonces
20:41face à la flambée
20:41des prix du carburant.
20:43Est-ce qu'elles vous conviennent ?
20:44Est-ce que c'est une usine à gaz
20:46comme le dénoncent certains ?
20:47Et puis les mots
20:48d'Emmanuel Macron,
20:49vous parliez de la Palestine
20:51à la tribune de l'ONU.
20:52Bon, il dénonce un spectacle
20:54qui nous fait tous honte.
20:55Il dit que le Hamas
20:56n'intervient pas en Cisjordanie.
20:58C'est peut-être à discuter.
20:59Enfin, est-ce que ça vous choque ou pas ?
21:020826 300 300.
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