00:09BISMART
00:12Bien dans son job pour s'intéresser à un dispositif, alors peut-être morné puisqu'il a existé et risque
00:18de disparaître,
00:19en tout cas c'est un projet dans le cadre du projet de loi de finances,
00:23il peut disparaître, un dispositif qui accompagnait des personnes en précarité ou en grande précarité.
00:28On en parle avec vous, chère Anne-Laure Asbott, ravie de vous accueillir.
00:31Merci beaucoup.
00:32Directrice générale pour l'économie circulaire, entrepreneuriat et conseil au sein du groupe SOS.
00:38Vous êtes venue pousser un coup de gueule, disons-le simplement, à travers un dispositif, un acronyme un peu complexe,
00:46EITI,
00:47qui ne sont pas des ETI mais des EITI.
00:49D'abord, qu'est-ce que c'est que ce dispositif et est-il vraiment en danger ? C'est
00:53une double question.
00:54Oui. Alors, les EITI, ça a été créé, c'est une expérimentation menée avec l'État depuis 2018,
01:00dont l'objectif était de se dire, le travail indépendant, donc ce qu'on appelle l'auto-entrepreneuriat classiquement,
01:06c'est un moyen pour un certain nombre de personnes qui ne peuvent pas aller vers un salariat classique,
01:11de se remettre le pied à l'étrier et de retrouver une dynamique, soit entrepreneuriale, soit ensuite de retourner vers
01:16le salariat.
01:17Mais en fait, on a des personnes, et je pourrais vous parler des types de publics, qui ne peuvent pas
01:22aller sur un emploi classique, un emploi salarié.
01:24Des salariés, alors des mamans seules ?
01:26Exactement, des mamans solos, qui parfois ont des enfants en situation de handicap,
01:30et donc dont les horaires sont incompatibles avec un travail classique.
01:34Des seniors épuisés par des années de salariat,
01:37des personnes en situation de handicap, qui ne peuvent pas trouver de salariat classique.
01:42Et donc, c'est des personnes qui se disent, potentiellement, puisque le monde du travail classique ne veut pas de
01:47moi,
01:48je vais moi-même essayer de créer ma propre activité.
01:51Alors, il y a quelques chiches quand même qui sont intéressants et que vous allez porter, j'imagine,
01:55et vous allez, j'imagine, faire du lobbying, en tout cas exprimer, et sur ce plateau et ailleurs,
01:5954% des sorties vont vers un emploi durable.
02:03Exactement.
02:03Et 87%, et c'est intéressant parce que beaucoup d'allocataires ou de chercheurs d'emploi se plaignent de la
02:08qualité des formations,
02:0987% des bénéficiaires recommandent le dispositif.
02:13Exactement.
02:14Comment vous l'expliquez, si ce n'est qu'il faut faire des économies et qu'on touche à ce
02:17dispositif ?
02:18C'est ça le sujet, non ?
02:19C'est exactement ça le sujet, c'est de se dire, en fait, dans le cadre du PLF 2027,
02:26l'État se dit qu'il faut couper, et donc il coupe un peu tout azimut.
02:30Nous, ce qu'on dit, c'est évidemment qu'il y a des économies à faire,
02:33mais ne coupons pas les dispositifs qui, en fait, produisent leurs fruits.
02:37Oui, il est démontré, et c'est un cabinet indépendant mandaté par le gouvernement,
02:41qui a démontré l'efficacité de ce système, et qui le dit bien,
02:44on vient combler un angle mort des politiques publiques.
02:47C'est-à-dire que les gens qu'on accompagne ne seront accompagnés par personne d'autre,
02:50de la même façon, parce qu'on a créé cet accompagnement spécifiquement pour eux.
02:54Et donc, du coup, c'est une perte d'expertise,
02:57et c'est aussi un investissement du gouvernement, depuis 2018, qui part à la poubelle.
03:02On parle de... Alors, par ailleurs, c'est une niche, entre guillemets,
03:05c'est une expérimentation qui a porté sur 4 000 bénéficiaires.
03:09Alors, au total, c'est 10 000 personnes qui ont été accompagnées.
03:11Chaque année, on en accompagne 4 000, exactement.
03:14Là, ça veut dire concrètement que les personnes étaient fléchées comment ?
03:16Comment elles accédaient à cet accompagnement EITI ?
03:19Est-ce que c'est vous qui alliez les chercher, je dirais, en sourçant,
03:22ou est-ce que France Travail, ou d'autres institutions,
03:26les missions locales, je ne sais pas ?
03:27Oui, exactement. C'est le réseau pour l'emploi qui nous les prescrivait,
03:30et justement, qui nous les prescrivait de plus en plus,
03:33en voyant bien qu'on était le dispositif le plus adapté pour nous les flécher.
03:37Donc, France Travail, Cap Emploi, le réseau des missions locales.
03:40Alors, vous avez fait une tribune, avec plusieurs signataires,
03:44l'Inclusion, Lulu dans ma rue, l'Accélérateur, Germinal, groupe SOS.
03:49Est-ce que vous avez le sentiment d'être entendu ?
03:51Est-ce que vous avez pu exprimer le sujet à des interlocuteurs gouvernementaux ?
03:56Comment ça se passe, là ? Vous en êtes où ?
03:58Alors, on a clairement l'adhésion et le soutien de tous les acteurs de l'emploi.
04:03Parce qu'eux voient, en tant qu'acteurs terrain, l'utilité.
04:06Et ça, c'est unanime.
04:08Au niveau des parlementaires, on a un énorme soutien.
04:13Actuellement, plus de 100 parlementaires se sont prononcés en soutien
04:16et en faveur du maintien des EITI.
04:19Maintenant, ce qu'il faut qu'on réussisse à faire infléchir,
04:22c'est la position du ministère du Travail et des Solidarités
04:25qui a dans son portefeuille cette expérimentation.
04:28Et qui lui-même devra convaincre Bercy.
04:30Exactement.
04:31Très concrètement, les accompagnements faits à ces personnes dont vous parliez,
04:36qui étaient un petit peu comme ça dans des angles morts,
04:39c'est de l'accompagnement sur quoi ?
04:40Créer une entreprise, trouver, constituer son entreprise,
04:44savoir s'exprimer pour aller chercher des clients.
04:46C'était quoi le programme pour...
04:48Alors déjà, c'est travailler sur mesure,
04:50et c'est tout l'intérêt du 87% de satisfaction,
04:53c'est qu'en fait, on part vraiment des problématiques de la personne.
04:55Et on adapte en fonction du projet.
04:57Exactement.
04:58Et on adapte en fonction du projet.
04:59Mais les grandes thématiques qu'on va retrouver,
05:00c'est l'accompagnement socio-professionnel
05:02des personnes qui ont des problèmes de logement, de mobilité,
05:05tout ce qui n'est pas directement lié au projet.
05:06Traiter les sujets en amont.
05:07Exactement.
05:08Et ensuite, tout ce qui va être vraiment lié à l'entrepreneuriat,
05:11effectivement, il y a la confiance et la posture de chef d'entreprise,
05:14se sentir légitime.
05:15Souvent, c'est des gens qui partent en ne se sentant pas légitimes
05:17et à l'issue du programme, il y a 72% qui se disent
05:19« Je sais que je peux être auto-entrepreneur, je peux y arriver. »
05:22Et par ailleurs, on travaille le projet entrepreneurial classiquement.
05:26Comme on accompagne un jeune dirigeant qui crée sa boîte.
05:29Exactement.
05:31Résultat bientôt, puisque le projet de la finance est en création,
05:34en gestation, on en apprend petit à petit.
05:37Vous reviendrez peut-être nous en parler
05:38pour nous dire ce qu'a tranché le ministère ?
05:40Avec plaisir, j'espère que j'aurai une bonne nouvelle.
05:42Je vous le souhaite et puis je pense aussi évidemment à tous ceux qui ont été des bénéficiaires
05:46et tous ceux peut-être qui attendent de bénéficier de ce dispositif
05:49qu'on appelle l'EITI.
05:51Ça passe par l'émission locale et tout le réseau, évidemment, il est au travail.
05:53Exactement. Et si je me permets un dernier mot sage,
05:56actuellement, c'est une petite expérimentation en nombre de bénéficiaires,
06:00mais aujourd'hui, les travailleurs indépendants,
06:01c'est 13% de la population active.
06:04Donc, ce n'est pas du tout un petit sujet.
06:05En fait, c'est une expérimentation qui mériterait d'être passée à l'échelle.
06:08Et convertie non plus en expérimentation, mais en dispositif pérenne.
06:13Merci Anne-Laure Asbott d'être venue nous rendre visite.
06:15C'était un coup de gueule.
06:15On suivra ce dossier, évidemment,
06:17directrice générale du Pôle Économie Circulaire Entrepreneuriat
06:19au sein du groupe SOS.
06:22Merci d'avoir, d'être venu, justement, pousser ce cri d'alarme.
06:25On tourne une page, c'est le débat d'actu.
06:27C'est un autre sujet d'une très grande sensibilité
06:30qui est la question des carburants
06:32avec l'inquiétude de voir passer le diesel à 3 euros le litre
06:35qui, évidemment, serait à la fois un record
06:37et craindrait, évidemment, et créerait peut-être
06:39des tensions sociales très fortes
06:41et des inquiétudes pour les salariés.
06:42On en parle, c'est le débat d'actu.
06:43Et j'accueille mes invités.
06:44Sous-titrage Société Radio-Canada
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