Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 42 minutes
Créé en 2019 à titre expérimental, le dispositif des Entreprises d’insertion par le travail indépendant pourrait disparaître avec les coupes budgétaires annoncées par le gouvernement Lecornu. La fin possible d’un système censé aider les mères isolées, aidants, personnes en situation de handicap ou jeunes et seniors en rupture avec l’emploi…

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:09BISMART
00:12Bien dans son job pour s'intéresser à un dispositif, alors peut-être morné puisqu'il a existé et risque
00:18de disparaître,
00:19en tout cas c'est un projet dans le cadre du projet de loi de finances,
00:23il peut disparaître, un dispositif qui accompagnait des personnes en précarité ou en grande précarité.
00:28On en parle avec vous, chère Anne-Laure Asbott, ravie de vous accueillir.
00:31Merci beaucoup.
00:32Directrice générale pour l'économie circulaire, entrepreneuriat et conseil au sein du groupe SOS.
00:38Vous êtes venue pousser un coup de gueule, disons-le simplement, à travers un dispositif, un acronyme un peu complexe,
00:46EITI,
00:47qui ne sont pas des ETI mais des EITI.
00:49D'abord, qu'est-ce que c'est que ce dispositif et est-il vraiment en danger ? C'est
00:53une double question.
00:54Oui. Alors, les EITI, ça a été créé, c'est une expérimentation menée avec l'État depuis 2018,
01:00dont l'objectif était de se dire, le travail indépendant, donc ce qu'on appelle l'auto-entrepreneuriat classiquement,
01:06c'est un moyen pour un certain nombre de personnes qui ne peuvent pas aller vers un salariat classique,
01:11de se remettre le pied à l'étrier et de retrouver une dynamique, soit entrepreneuriale, soit ensuite de retourner vers
01:16le salariat.
01:17Mais en fait, on a des personnes, et je pourrais vous parler des types de publics, qui ne peuvent pas
01:22aller sur un emploi classique, un emploi salarié.
01:24Des salariés, alors des mamans seules ?
01:26Exactement, des mamans solos, qui parfois ont des enfants en situation de handicap,
01:30et donc dont les horaires sont incompatibles avec un travail classique.
01:34Des seniors épuisés par des années de salariat,
01:37des personnes en situation de handicap, qui ne peuvent pas trouver de salariat classique.
01:42Et donc, c'est des personnes qui se disent, potentiellement, puisque le monde du travail classique ne veut pas de
01:47moi,
01:48je vais moi-même essayer de créer ma propre activité.
01:51Alors, il y a quelques chiches quand même qui sont intéressants et que vous allez porter, j'imagine,
01:55et vous allez, j'imagine, faire du lobbying, en tout cas exprimer, et sur ce plateau et ailleurs,
01:5954% des sorties vont vers un emploi durable.
02:03Exactement.
02:03Et 87%, et c'est intéressant parce que beaucoup d'allocataires ou de chercheurs d'emploi se plaignent de la
02:08qualité des formations,
02:0987% des bénéficiaires recommandent le dispositif.
02:13Exactement.
02:14Comment vous l'expliquez, si ce n'est qu'il faut faire des économies et qu'on touche à ce
02:17dispositif ?
02:18C'est ça le sujet, non ?
02:19C'est exactement ça le sujet, c'est de se dire, en fait, dans le cadre du PLF 2027,
02:26l'État se dit qu'il faut couper, et donc il coupe un peu tout azimut.
02:30Nous, ce qu'on dit, c'est évidemment qu'il y a des économies à faire,
02:33mais ne coupons pas les dispositifs qui, en fait, produisent leurs fruits.
02:37Oui, il est démontré, et c'est un cabinet indépendant mandaté par le gouvernement,
02:41qui a démontré l'efficacité de ce système, et qui le dit bien,
02:44on vient combler un angle mort des politiques publiques.
02:47C'est-à-dire que les gens qu'on accompagne ne seront accompagnés par personne d'autre,
02:50de la même façon, parce qu'on a créé cet accompagnement spécifiquement pour eux.
02:54Et donc, du coup, c'est une perte d'expertise,
02:57et c'est aussi un investissement du gouvernement, depuis 2018, qui part à la poubelle.
03:02On parle de... Alors, par ailleurs, c'est une niche, entre guillemets,
03:05c'est une expérimentation qui a porté sur 4 000 bénéficiaires.
03:09Alors, au total, c'est 10 000 personnes qui ont été accompagnées.
03:11Chaque année, on en accompagne 4 000, exactement.
03:14Là, ça veut dire concrètement que les personnes étaient fléchées comment ?
03:16Comment elles accédaient à cet accompagnement EITI ?
03:19Est-ce que c'est vous qui alliez les chercher, je dirais, en sourçant,
03:22ou est-ce que France Travail, ou d'autres institutions,
03:26les missions locales, je ne sais pas ?
03:27Oui, exactement. C'est le réseau pour l'emploi qui nous les prescrivait,
03:30et justement, qui nous les prescrivait de plus en plus,
03:33en voyant bien qu'on était le dispositif le plus adapté pour nous les flécher.
03:37Donc, France Travail, Cap Emploi, le réseau des missions locales.
03:40Alors, vous avez fait une tribune, avec plusieurs signataires,
03:44l'Inclusion, Lulu dans ma rue, l'Accélérateur, Germinal, groupe SOS.
03:49Est-ce que vous avez le sentiment d'être entendu ?
03:51Est-ce que vous avez pu exprimer le sujet à des interlocuteurs gouvernementaux ?
03:56Comment ça se passe, là ? Vous en êtes où ?
03:58Alors, on a clairement l'adhésion et le soutien de tous les acteurs de l'emploi.
04:03Parce qu'eux voient, en tant qu'acteurs terrain, l'utilité.
04:06Et ça, c'est unanime.
04:08Au niveau des parlementaires, on a un énorme soutien.
04:13Actuellement, plus de 100 parlementaires se sont prononcés en soutien
04:16et en faveur du maintien des EITI.
04:19Maintenant, ce qu'il faut qu'on réussisse à faire infléchir,
04:22c'est la position du ministère du Travail et des Solidarités
04:25qui a dans son portefeuille cette expérimentation.
04:28Et qui lui-même devra convaincre Bercy.
04:30Exactement.
04:31Très concrètement, les accompagnements faits à ces personnes dont vous parliez,
04:36qui étaient un petit peu comme ça dans des angles morts,
04:39c'est de l'accompagnement sur quoi ?
04:40Créer une entreprise, trouver, constituer son entreprise,
04:44savoir s'exprimer pour aller chercher des clients.
04:46C'était quoi le programme pour...
04:48Alors déjà, c'est travailler sur mesure,
04:50et c'est tout l'intérêt du 87% de satisfaction,
04:53c'est qu'en fait, on part vraiment des problématiques de la personne.
04:55Et on adapte en fonction du projet.
04:57Exactement.
04:58Et on adapte en fonction du projet.
04:59Mais les grandes thématiques qu'on va retrouver,
05:00c'est l'accompagnement socio-professionnel
05:02des personnes qui ont des problèmes de logement, de mobilité,
05:05tout ce qui n'est pas directement lié au projet.
05:06Traiter les sujets en amont.
05:07Exactement.
05:08Et ensuite, tout ce qui va être vraiment lié à l'entrepreneuriat,
05:11effectivement, il y a la confiance et la posture de chef d'entreprise,
05:14se sentir légitime.
05:15Souvent, c'est des gens qui partent en ne se sentant pas légitimes
05:17et à l'issue du programme, il y a 72% qui se disent
05:19« Je sais que je peux être auto-entrepreneur, je peux y arriver. »
05:22Et par ailleurs, on travaille le projet entrepreneurial classiquement.
05:26Comme on accompagne un jeune dirigeant qui crée sa boîte.
05:29Exactement.
05:31Résultat bientôt, puisque le projet de la finance est en création,
05:34en gestation, on en apprend petit à petit.
05:37Vous reviendrez peut-être nous en parler
05:38pour nous dire ce qu'a tranché le ministère ?
05:40Avec plaisir, j'espère que j'aurai une bonne nouvelle.
05:42Je vous le souhaite et puis je pense aussi évidemment à tous ceux qui ont été des bénéficiaires
05:46et tous ceux peut-être qui attendent de bénéficier de ce dispositif
05:49qu'on appelle l'EITI.
05:51Ça passe par l'émission locale et tout le réseau, évidemment, il est au travail.
05:53Exactement. Et si je me permets un dernier mot sage,
05:56actuellement, c'est une petite expérimentation en nombre de bénéficiaires,
06:00mais aujourd'hui, les travailleurs indépendants,
06:01c'est 13% de la population active.
06:04Donc, ce n'est pas du tout un petit sujet.
06:05En fait, c'est une expérimentation qui mériterait d'être passée à l'échelle.
06:08Et convertie non plus en expérimentation, mais en dispositif pérenne.
06:13Merci Anne-Laure Asbott d'être venue nous rendre visite.
06:15C'était un coup de gueule.
06:15On suivra ce dossier, évidemment,
06:17directrice générale du Pôle Économie Circulaire Entrepreneuriat
06:19au sein du groupe SOS.
06:22Merci d'avoir, d'être venu, justement, pousser ce cri d'alarme.
06:25On tourne une page, c'est le débat d'actu.
06:27C'est un autre sujet d'une très grande sensibilité
06:30qui est la question des carburants
06:32avec l'inquiétude de voir passer le diesel à 3 euros le litre
06:35qui, évidemment, serait à la fois un record
06:37et craindrait, évidemment, et créerait peut-être
06:39des tensions sociales très fortes
06:41et des inquiétudes pour les salariés.
06:42On en parle, c'est le débat d'actu.
06:43Et j'accueille mes invités.
06:44Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations