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  • il y a 49 minutes
Ce samedi 19 septembre, Franck Dedieu, rédacteur en chef économie et agora à Marianne, Alexandre Escudier, chargé de recherche au Centre de recherches politiques de Sciences Po, Jean-Marc Daniel, professeur émérite à l'ESCP, et Christian Chavagneux, éditorialiste à Alternatives Économiques, Olivier Redoulès, directeur des études de Rexecode, ainsi que Paul Waller, journaliste BFM Business, étaient les invités dans l'émission La librairie de l'éco présentée par Emmanuel Lechypre.. La librairie de l'éco est à voir ou écouter le samedi sur BFM Business.

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Transcription
00:03BFM Business, la librairie de l'écho, Emmanuel Lechypre.
00:09Bienvenue dans la librairie de l'écho, l'émission de BFM Business qui vous offre chaque semaine le meilleur de
00:14la littérature économique.
00:15Alors évidemment, pas d'émission sur les livres sans auteurs, ils seront nos invités dans la première partie de l
00:21'émission.
00:21Et puis vous retrouverez nos critiques attitrées, Jean-Marc Daniel, Christian Chavagneux pour leur coup de cœur et leur coup
00:26de gueule.
00:27Toutes nos rubriques autour des critiques de livres, des études, mais tout ça c'est pour la deuxième partie de
00:34l'émission.
00:34N'oubliez pas nos comptes sur les réseaux sociaux, c'est simple, c'est la librairie de l'écho, surtout
00:39les réseaux sociaux,
00:40pour retrouver les références précises des livres qu'on évoque dans l'émission.
00:46Et tout de suite, place aux auteurs.
00:53On passe la France au scanner aujourd'hui dans la librairie de l'écho.
00:56Dans quel état est la société française ?
00:58Quelles sont les fractures qui la traversent ?
01:01Les Français sont-ils sereins ou en colère ?
01:03À quoi aspirent-ils vraiment ?
01:06La démocratie en France et plus généralement en Occident, est-elle fragile voire menacée ?
01:11Ou au contraire, plus forte qu'on le croit ?
01:14Réponse avec nos deux invités, Alexandre Escudier.
01:17Bonjour !
01:18Bonjour !
01:18Vous êtes chercheur à la Fondation Nationale des Sciences Politiques et vous publiez avec Gilles Ivaldi l'avantage démocratique chez
01:27Calman Lévy.
01:28Franck Dedieu, bonjour.
01:29Bonjour !
01:30Vous êtes rédacteur en chef au magazine Marianne et vous êtes l'un des co-auteurs de Nous les Français
01:36aux éditions Robert Laffont.
01:38Une centaine de thèmes traités, racontez la France comme les politiques, ne le feront jamais en infographie et en images.
01:46Je cite vos co-auteurs, Gérald Andrieux, Jean-Laurent Casselli, Laure Coromines, Franck ou Coromine pardon.
01:53Coromine.
01:54Vous-même, Laureline Dupont et Raphaël Lorca.
01:58Je vais commencer avec vous, Franck Dedieu.
02:02Votre livre s'appelle Nous les Français, mais votre conclusion, est-ce que ça ne serait pas quand même qu
02:09'il est de plus en plus compliqué de dire Nous les Français ?
02:13Oui, c'est de plus en plus compliqué, mais pourtant, ça existe.
02:17Et il faudrait s'intéresser à l'article.
02:19C'est-à-dire qu'il n'y a pas un Nous les Français, mais il y a plusieurs Nous.
02:22Et nous avons, peut-être pour vous expliquer, parce que tout ça peut paraître un peu flou, deux mots sur
02:31un peu d'autres méthodes.
02:32On a voulu cartographier la France à partir du minuscule, pour essayer de déterminer quelque chose de plus majuscule à
02:40hauteur d'individus.
02:43Par rapport au mode de vie, par rapport aux choix culturels, par rapport aux biens de consommation.
02:48Et il se trouve que, on s'était dit, on répondra à la question d'Emmanuel, quelque part, à la
02:56fin de l'ouvrage.
02:57On en déduira, mais est-ce que nous, les Français, ça existe ? Est-ce qu'il y en a
03:01un seul ? Est-ce qu'il y en a plusieurs ?
03:03Et donc, là, on est confronté à trois thèses, qui reviennent d'ailleurs, rejoignent un peu votre propre livre.
03:09C'est, est-ce qu'on est dans le face-à-face, façon Gérard Collomb, vous vous souvenez ?
03:15Cette espèce de polarisation de Français qui aiment pratiquement, qui se polarisent avec un certain délice, ou du moins qui
03:23a non-conscience.
03:24Est-ce qu'on est main dans la main, façon un peu bourgeoisie sympa, des beaux quartiers qui disent vivre
03:33ensemble ?
03:34Ou alors, est-ce qu'on est dos à dos, une sorte d'indifférence, d'aquabonnisme, vous savez, on vote
03:39chaque fois, il y a des alternances, et puis ça ne sert à rien.
03:42Alors, bon, la réponse, c'est qu'en fait, on passe régulièrement, tous les jours, d'un état à un
03:51autre.
03:52Il y a une forme d'archipélisation, pour reprendre le thème fort connu de Fourquet,
03:57mais nous passons, au fur et à mesure des années, et puis même dans la même journée, d'un archipel
04:04à un autre.
04:05C'est-à-dire qu'il y a des moments où, je dirais, les Français sont très polarisés.
04:11Je prends par exemple cette forme d'hyper-communautarisation, où les gens veulent vivre avec leur semblable à tout prix.
04:19Une sorte de segmentation aussi du vote, peut-être on en reparlera.
04:22Mais il y a des moments où, justement, il y a quelque chose qui nous réunit.
04:26Il y a une sensation d'avoir un destin commun.
04:30Et si vous voulez, c'est ça qui ressort de notre étude, qui est très empirique.
04:34Est-ce qu'on est capable de dire aujourd'hui ce qui nous divise le plus ?
04:37Par exemple, est-ce que c'est le niveau de vie ? Est-ce que c'est le territoire ?
04:40Est-ce que c'est l'âge ?
04:41Est-ce que c'est le diplôme ? Est-ce que c'est nos opinions politiques ?
04:44Et est-ce qu'à l'inverse, on a quand même un ciment commun au-delà de nos différences ?
04:49Ce qui... Alors, à l'époque un peu marxisante, c'était assez simple,
04:54parce qu'il y avait l'instrument de la conscience de classe,
04:58où ce qui nous divisait le plus, c'était notre place dans l'appareil productif,
05:03les capitalistes, les salariés, les prolétaires.
05:07Tout ça était simple.
05:08Aujourd'hui, il s'est ajouté à cela, non pas qu'il n'y ait plus de conflits sociaux,
05:12mais il s'est ajouté à cela le phénomène identitaire,
05:15qui touche non pas à l'acquis, mais à l'inné,
05:18et donc qui, je dirais, augmente la polarisation,
05:21et le phénomène culturel.
05:22Et autour de ça, pour répondre à votre question, Emmanuel,
05:27l'élément où apparaissent, avec, je dirais,
05:33de façon très parfaite,
05:37cette ségrégation sociale, culturelle, identitaire,
05:40c'est la géographie.
05:41C'est-à-dire, on a même fait une entrée là-dessus,
05:44entre périphéria et métropolia.
05:48On a même fait un petit exercice qui va vous intéresser,
05:50on a imaginé la France,
05:53en enlevant les 12 métropoles,
05:56c'est-à-dire 1% du territoire.
05:59Ça ne fait pas beaucoup, en termes de superficie, si je parle.
06:02Eh bien, vous avez des différences qui sont énormissimes,
06:04c'est-à-dire que, je vous donne quelques chiffres,
06:08si vous le permettez,
06:09entre 2011 et 2022,
06:11vous avez métropolia, les 12 villes,
06:1437% des cadres,
06:15augmentation de 37% des cadres,
06:18augmentation de 11,5% des salariés.
06:22Dans périphéria, c'est-à-dire la France,
06:26moins ces 12 villes,
06:28vous avez une croissance du salariat
06:31de 2,6% sur 10 ans,
06:33c'est-à-dire pratiquement une stagnation.
06:35C'est-à-dire que cette polarisation géographique,
06:38elle amène avec elle,
06:39elle charrie avec elle,
06:40d'autres représentations qui sont culturelles,
06:43qui sont avec des bobos, etc.,
06:44qui sont identitaires,
06:46qui sont évidemment politiques.
06:47Mais je crois,
06:48pour répondre à votre question,
06:50que, je dirais,
06:52la dimension géographique est un élément très structurant.
06:56honnêtement,
06:57à hauteur de réseaux sociaux,
07:00à hauteur de débats politiques,
07:03et à hauteur de chaînes d'info,
07:05j'ai envie de dire,
07:07qui hystérisent finalement tous les débats.
07:10On a l'impression que la France
07:12est au bord du gouffre,
07:13que la France est en ébullition.
07:14Vous qui l'avez regardée à hauteur d'homme,
07:16vraiment,
07:17est-ce qu'elle va si mal que ça, la France ?
07:19En fait,
07:21si vous voulez,
07:23c'est la fameuse phrase de Tessier
07:25qui dit,
07:27la France,
07:29les Français ont l'impression
07:30de vivre dans un paradis,
07:33alors que...
07:34En l'enfer.
07:35Voilà,
07:36ils ont l'impression de vivre en l'enfer,
07:37alors que...
07:38Tesson, pardon.
07:39Alors qu'ils vivent dans un paradis.
07:42Ça, si vous voulez,
07:43c'est vrai,
07:44et à la fois, c'est pas vrai.
07:45Mais ça montre une chose, quand même.
07:46C'est-à-dire qu'il y a un pessimisme
07:48français
07:50qui signifie
07:51que le réel,
07:53que le présent,
07:54est insatisfaisant.
07:56Pourquoi ?
07:57Parce que c'est un peuple politique.
07:58Nous sommes un peuple politique.
08:00Alors ça,
08:00ça transpire de votre travail
08:03à tous les niveaux,
08:05tous nos actes,
08:07toutes nos décisions,
08:08tout est politique.
08:09Oui, tout est politique.
08:10Alors, en particulier en France,
08:11parce qu'on a un article
08:13sur les doudounes
08:14où il y a plusieurs types,
08:15une sorte de typologie des doudounes.
08:17Notre choix de doudounes
08:18est politisé.
08:18Oui, mais ce qu'on mange
08:20est politisé, effectivement.
08:21C'est-à-dire que...
08:22Mais n'allez pas croire pour autant
08:24que tout est segmenté.
08:25C'est-à-dire que nous sommes
08:26dans un pays,
08:27et c'est à mon avis là
08:28que provient ce pessimisme-là,
08:30c'est que nous sommes
08:30dans un pays
08:32qui constate
08:34que le présent
08:35ne va pas bien,
08:36et y compris
08:36dans le vivre ensemble,
08:38entre guillemets,
08:38et qui aspire
08:40à quelque chose
08:41de commun,
08:41à quelque chose,
08:42je dirais,
08:43qui fédère.
08:44D'ailleurs,
08:44ce qui fédère le plus,
08:45ce qui fédère le plus,
08:47on a vu ça,
08:48et on revient à cette histoire
08:49de pessimisme
08:50et d'insatisfaction
08:51par rapport au présent,
08:52c'est la nostalgie.
08:54La nostalgie,
08:55par exemple,
08:56on regarde les séries préférées,
08:58les références préférées
08:59des Français,
09:00c'est assez transclasse.
09:01Vous avez finalement
09:02les cadres
09:03et les ouvriers,
09:04les employés,
09:05qui ont à peu près
09:06les mêmes références,
09:07les mêmes codes,
09:08les mêmes séries
09:09qu'ils aiment bien,
09:10Le Père Noël
09:11est une ordure,
09:12Louis de Finesse,
09:13etc.
09:13On a quand même
09:14quelque chose de commun,
09:15et je crois
09:16que c'est ce qui fait
09:19de nous
09:19un peuple politique
09:21davantage
09:22qu'un peuple
09:22fondamentalement pessimiste.
09:23Est-ce que les Français
09:24sont des enfants gâtés ?
09:25Non, mais pas du tout.
09:26Parce que quand même,
09:28ce qui est toujours paradoxal
09:30et ce qui est assez
09:31et très structurant
09:33dans toutes les enquêtes
09:33d'opinion,
09:34c'est une situation
09:35que vous relevez
09:36dans votre livre,
09:38on a quand même
09:38les Français,
09:39quand on les interroge
09:40sur eux-mêmes,
09:40qui disent
09:40« moi ça va »,
09:42grosso modo,
09:43ils sont à peu près
09:43toujours 70% à dire.
09:44Moi personnellement,
09:45ça va,
09:46mais la France,
09:47ça ne va pas.
09:48Est-ce que
09:49dans un pays
09:50où les gens
09:52sont quand même
09:52aussi rassurés
09:53pour eux-mêmes
09:54et inquiets
09:55pour leur pays,
09:55on ne se dit pas
09:56quand même
09:57les Français,
09:58oui,
09:59c'est des enfants gâtés.
10:00Est-ce qu'on n'est pas
10:00des enfants gâtés
10:01quand on est dans le pays
10:02qui a le plus
10:03de piscines au monde
10:04par habitant ?
10:04Non, mais parce que
10:05ça, c'est une schizophrénie française,
10:08c'est qu'effectivement,
10:10il y a,
10:10à titre personnel,
10:12on peut dire
10:12qu'on va bien,
10:12mais comme nous ne sommes pas
10:14un peuple libéral
10:16qui veut cultiver son jardin
10:18de façon Voltaire
10:19ou plutôt
10:19qui veut le faire
10:20mais pas tout le temps,
10:21pas à tous les moments
10:22de la journée,
10:23nous aspirons à quelque chose
10:24de commun
10:25qui a un peu,
10:26si vous me permettez l'expression,
10:27un peu de la gueule,
10:29c'est-à-dire
10:29qui transcende un peu
10:30le quotidien.
10:31C'est-à-dire que les Français
10:32ont toujours
10:33une sorte d'idéalisme,
10:35de singularité,
10:35de parler au monde
10:36et, si vous voulez,
10:38le fait qu'on n'y arrive pas,
10:40quelles que soient
10:41les élections,
10:44ça pose un problème
10:46de rapport au bonheur,
10:48finalement.
10:48Vous notez quand même
10:51une fracture
10:53entre les Français
10:54et leurs élites politiques
10:56qui n'a jamais été
10:59quand même aussi grande.
11:00Oui, alors ça, c'est vrai.
11:03On a regardé,
11:04c'est un thème
11:06de sciences politiques majeures.
11:07Nous, on a décidé
11:08de le regarder
11:09par le petit bout
11:10de la lorgnette,
11:10si j'ose dire.
11:11On a regardé
11:12qu'elles étaient
11:13pris un projet de loi
11:15et regardé
11:16quels étaient
11:16les sympathisants
11:17de ces partis politiques
11:19avec le vote
11:20des députés
11:20de ces partis politiques.
11:21Et là,
11:22on s'aperçoit que quoi ?
11:23La France insoumise,
11:24vous avez,
11:25je l'ai noté,
11:2656% des sympathisants
11:27de la France insoumise
11:28qui étaient pour durcir
11:29la loi
11:30sur les mineurs délinquants.
11:33Le projet de loi
11:34a été voté
11:34par 0%
11:35des députés
11:36de la France insoumise.
11:37Mais la réciproque
11:38est vraie.
11:38Vous avez 57%
11:40des sympathisants
11:41de Macron
11:42qui sont favorables
11:44à la taxe Zuckman.
11:45Alors que les députés
11:46ont évidemment,
11:47ce macronisme,
11:48ont rejeté
11:49la taxe Zuckman.
11:50Qu'est-ce à dire ?
11:51D'abord,
11:51premièrement,
11:52que nos politiques,
11:54parce qu'ils ont
11:55une sorte de,
11:56je dirais,
11:57de marketing politique
11:59où ils cherchent
12:00à tout prix
12:01de segmenter
12:02des parts de marché
12:03à rassurer
12:05et à obtenir
12:06pour gagner
12:07en électeur,
12:08ils ont tendance,
12:09je dirais,
12:10à surestimer
12:11la polarisation
12:12des Français.
12:13Et deuxièmement,
12:14ça veut dire que,
12:15quelque part,
12:16les Français de droite
12:17comme de gauche
12:17aspirent à de la protection.
12:19La protection qui est
12:20celle, je dirais,
12:22physique, entre guillemets,
12:23par rapport à la délinquance,
12:24même les gens de gauche
12:26et même très à gauche,
12:27et ils aspirent aussi
12:28à une protection sociale,
12:30c'est-à-dire à l'égalité.
12:31Est-ce que la période actuelle
12:32ressemble à une période
12:33qu'on a connue dans l'histoire ?
12:35Alors...
12:36Je sais ça,
12:36je vous taquine là-dessus.
12:37Oui, oui, c'est pas...
12:37C'est un travail
12:38que vous avez fait très souvent.
12:39Oui, c'est vrai que j'aime
12:40beaucoup ces parallèles-là.
12:43Ça serait facile de vous dire
12:44que c'est 1788
12:46parce qu'il y a une forme
12:47à la fois
12:53d'aspiration
12:54à quelque chose de nouveau
12:55et à quelque chose
12:56qui est plus grand
12:56que soi-même,
12:58et un sentiment
12:59de décadence.
13:00Mais c'est un peu facile,
13:02je trouve.
13:02Peut-être qu'il y a
13:03quelque chose de 1936,
13:05c'est-à-dire qu'il y a
13:07des oppositions franches
13:09avec une réactualisation
13:10du conflit droite-gauche
13:11assez fort
13:11et aussi, parallèlement,
13:14le sentiment d'appartenir
13:15à la même nation,
13:17à aimer la France,
13:19à avoir ce qu'Ernest Renan
13:20appelait un leg de souvenirs.
13:22On retrouve cette idée
13:23de la nostalgie.
13:24La France,
13:25c'est aussi avoir en commun
13:26ce leg de souvenirs
13:28et en avoir conscience.
13:30– Alexandre Escudier,
13:321788-1936,
13:34on voit la montée
13:36des régimes autocratiques,
13:38autoritaires,
13:39tout autour de nous.
13:41On voit en France
13:41la montée des populismes.
13:43Est-ce que la démocratie
13:45est menacée aujourd'hui
13:47en France ?
13:49– Je crois qu'il faut repartir
13:52des peurs,
13:53des angoisses,
13:54des anxiétés contemporaines
13:55et les prendre très au sérieux.
13:57Parce que ce qui se passe,
13:58c'est qu'effectivement,
14:00vous le disiez,
14:00traditionnellement,
14:01la France est un peuple
14:02très politique.
14:03On ne se contente pas
14:05d'être bien chez soi
14:06dans son jardin.
14:07On veut qu'on soit bien
14:09collectivement,
14:10voire au-delà
14:10de la collectivité nationale.
14:12Mais aujourd'hui,
14:14s'empile un nombre
14:15de chocs,
14:17de risques,
14:19comme jamais quand même.
14:20C'est-à-dire
14:22le retour de la guerre,
14:23déjà,
14:24en Europe,
14:25depuis 1945,
14:26le réchauffement climatique,
14:28les fondements
14:28de la biodiversité.
14:29Maintenant,
14:30l'intelligence artificielle
14:31qui menace les emplois
14:32avec aussi des fantasmes
14:34de prise en main
14:35quasiment du destin
14:36de l'humanité de l'IA.
14:40le vieillissement démographique
14:42qui est un problème
14:43d'attrition démographique
14:44de nos sociétés graves
14:45et les désormis gratoires.
14:47Et face à cela,
14:49la réaction
14:51est une réaction
14:52d'angoisse
14:53face à la capacité
14:55de notre propre régime politique
14:56de faire face à tout ça.
14:58C'est ça qui est en jeu.
14:59C'est ce surajoute.
15:00C'est-à-dire que les problèmes
15:01sont là.
15:02Simplement,
15:03on a l'impression
15:03que l'outil politique
15:04dont nous disposions
15:05qu'à le moment jusque-là
15:06nous échappent,
15:07ne régulent plus.
15:08Vous dites d'ailleurs
15:09qu'il y a des cycles populistes.
15:12Est-ce que nos démocraties,
15:14et ça ne concerne pas seulement
15:15la France,
15:16est-ce que nos démocraties
15:17occidentales
15:17sont entrées
15:18dans un cycle populiste ?
15:20Oui,
15:20elles sont entrées
15:21dans un cycle populiste
15:22depuis pas mal de temps,
15:24depuis au moins 20 ans déjà.
15:26Et la globalisation économique
15:28qui a joué un grand rôle
15:29avec le choc économique
15:30sur les cols bleus,
15:31la désindustrialisation
15:32qui a dégradé
15:35certains bassins d'emploi
15:37traditionnels
15:38de l'industrie,
15:39a gommé des perspectives
15:41d'ascension sociale
15:42de tout un tas
15:43de régions entières
15:45qui font partie
15:46de votre périphélia
15:47pour partie.
15:50Donc ça,
15:50c'est indéniable.
15:51Aujourd'hui,
15:52menace un deuxième choc,
15:53un choc sur l'école blanc
15:54avec l'intelligence artificielle
15:56qui risque de détruire
15:57des emplois
15:58qui étaient jusque-là
15:59épargnés par une certaine
16:00globalisation désindustrialisante.
16:02à cause de l'industrie
16:04ailleurs.
16:05Donc,
16:07tout ceci
16:08a induit
16:10un cycle
16:11de raidissement populiste
16:13au sens où
16:13toute une partie
16:15des classes populaires
16:16et moyennes inférieures
16:17ont considéré
16:18que seules les élites
16:18tiraient leur épingle du jeu.
16:19Ceux des métropoles,
16:20justement,
16:21qui pilotaient
16:22la mondialisation
16:23un petit peu
16:24sur la meilleure part
16:26de la valeur ajoutée
16:27pendant que ceux
16:28d'en bas
16:28des industrialisés
16:29souffraient
16:30de cette globalisation.
16:31Et donc,
16:32ça induit
16:32des réflexes
16:33de fermeture,
16:34de réticence
16:35et tous azimuts
16:37jusqu'à la fermeture
16:38à l'étranger,
16:39aux migrants,
16:40aux autres cultures.
16:41Mais ça reste
16:43encore relatif
16:44parce que je pense
16:45que ce qui est prépondérant,
16:47c'est une envie de démocratie.
16:48Mais pas n'importe quelle démocratie.
16:50Une démocratie qui marche.
16:51C'est-à-dire une démocratie
16:52qui produise
16:53des biens publics premiers.
16:54Alors quand même,
16:55la bonne nouvelle,
16:56Alexandre Esquillier,
16:57c'est que vous dites
16:58mais finalement,
17:00toutes ces tensions,
17:02tout ce désenchantement démocratique,
17:04toutes ces...
17:05J'ose pas parler de crise,
17:06mais disons que toutes ces...
17:07Oui,
17:07toutes ces failles,
17:10eh bien,
17:11sont inscrites,
17:12en fait,
17:13dans le fonctionnement
17:13des démocraties
17:15et le principe
17:17des démocraties,
17:18c'est précisément
17:18de faire coexister ensemble
17:20des groupes sociaux
17:22qui ont des intérêts,
17:23des perceptions différentes
17:24et en fait,
17:25la démocratie,
17:26c'est cette confrontation
17:28carmanente des tensions
17:29entre tout un tas
17:30d'expressions différentes
17:32de catégories sociales.
17:34Oui,
17:34c'est ça.
17:35C'est-à-dire que
17:35c'est ce qu'on a voulu
17:36essayer de cartographier
17:37dans le livre.
17:37C'est-à-dire que
17:38il y a des tensions
17:39constitutives de la démocratie.
17:41Et la première,
17:41d'entre toutes,
17:42c'est que
17:44soit il faut être
17:45dans des toutes petites démocraties
17:47comme dans l'Antiquité,
17:48des cités,
17:48on est dans des grands espaces politiques.
17:50Ou des tout petits pays.
17:50Ou des tout petits pays.
17:51Comme aujourd'hui.
17:52Voilà.
17:52Là, on est dans
17:53des grands espaces politiques
17:54où se gouverner soi-même
17:55sur la place publique
17:56du village
17:56est impossible.
17:57Donc, il faut déléguer.
17:58Qui délègue ?
17:59Le grand nombre.
18:00Mais qui délègue le pouvoir
18:01à un petit nombre.
18:02Et qui donc,
18:03ce petit nombre
18:04peut immédiatement
18:06être perçu
18:06comme capturant le pouvoir.
18:08La seule raison
18:09pour laquelle
18:10il ne soit pas perçu
18:12comme capturant
18:12illégitimement le pouvoir,
18:14c'est que ce petit nombre
18:14produise des biens publics.
18:16Le grand nombre
18:17consent à obéir
18:19aux règles,
18:20à la fiscalité,
18:21au code de la route,
18:22à tout un tas de choses
18:22que pour autant
18:23qu'en contrepartie
18:24de son obéissance,
18:25on lui produit
18:26des biens publics.
18:27Quels biens publics ?
18:28Il y en a des fondamentaux.
18:29Il ne faut pas chercher
18:30midi à 14h.
18:30de la sécurité interne
18:33pour les physiques
18:34et pour les propriétés,
18:35externe par la paix,
18:38en quoi le financement
18:40des armées
18:41n'est pas quelque chose
18:43à quoi on pourrait échapper,
18:44puisque la contrainte extérieure
18:46de la pression militaire
18:47se posera toujours.
18:48Ce n'est pas un luxe.
18:50Il faut produire
18:51de la prospérité
18:51pour que les gens
18:52aient des espérances individuelles,
18:55familiales,
18:56par cercle concentrique,
18:57de vivre un peu mieux
18:58matériellement,
18:58pas vivre comme des nababs
19:00forcément,
19:00mais un peu mieux.
19:02Et il faut des libertés.
19:04Des libertés d'expression,
19:06de toutes sortes,
19:06de conscience, etc.
19:08Et dans le cycle contemporain,
19:10ça se tend au niveau
19:12aussi bien du populisme
19:13d'extrême-gauche,
19:14mais surtout du national-populiste
19:17souverainiste à droite,
19:18voire à l'extrême-droite,
19:19parce qu'il y a toute une frange
19:22de nos concitoyens
19:23qui, sans du tout
19:24être idéologiquement autoritaires,
19:27considèrent qu'il faut
19:28passer un cran au-dessus
19:30en termes d'efficacité régalienne.
19:32Parce que la sécurité interne
19:33n'est plus assurée,
19:34la désaide mafia monte,
19:36entre autres,
19:37gangrène jusqu'au bourg
19:39de province
19:39qui était jusque-là épargnée,
19:42livre la drogue par drone
19:44pour échapper
19:45au quadrillage policier,
19:46etc.
19:47Puis plus globalement,
19:47la démocratie ne tient plus
19:49ses promesses,
19:49c'est-à-dire qu'on se sent
19:51plus vraiment bien éduqué,
19:53on n'est plus vraiment
19:54bien soigné,
19:55est-ce qu'on est bien
19:58jugé équitablement,
19:58etc.
19:59Et donc,
20:00c'est cette impuissance publique
20:02qui gangrène la démocratie
20:04aujourd'hui.
20:04– C'est ça.
20:05Et c'est ça qui désespère
20:06et qui met en colère.
20:07Parce qu'on attribue
20:08cette impuissance
20:09qui est structurelle,
20:10parce qu'il faut faire
20:11plein de choses en même temps,
20:12il faut faire de la justice,
20:13de la santé,
20:14de la police,
20:15etc.
20:15et on l'impute
20:16aux élites
20:17qui ont du mal
20:20à reprendre la main
20:21matériellement,
20:22quand bien même
20:23le voudrait-il,
20:23sur les leviers pratiques.
20:24C'est très compliqué.
20:26– Il y avait un autre point
20:28sur lequel on était
20:29plutôt rassurés,
20:31c'est qu'on a eu l'impression
20:32quand même pendant des décennies
20:33que le capitalisme
20:35avait choisi son camp,
20:36qui était celui de la liberté,
20:37celui des démocraties.
20:38Or, on se rend compte
20:39aujourd'hui que le capitalisme,
20:40il est tout à fait compatible
20:41avec des formes de régime
20:43très autoritaires.
20:44– Oui, oui, il est tout à fait
20:45plastique, malléable,
20:46le parti communiste chinois
20:47fait son accueil,
20:48fait sa force,
20:49et ses chances pérennes
20:52de survie,
20:53mais pas toujours pour le pire,
20:55parce que ça produit aussi
20:56de la prospérité
20:56de par ce qui est produit,
20:59proposé,
21:00face à des demandes solvables.
21:03Mais le point essentiel,
21:05c'est que cette désespérance
21:06démocratique,
21:08qui devient radicale,
21:12va toujours de pair
21:13avec un désir de démocratie,
21:14mais efficace.
21:15Et le risque,
21:16c'est de donner
21:19cette présomption d'efficacité
21:21à des formations partisanes
21:24vraiment idéologiquement autoritaires.
21:26C'est ça le risque
21:27devant lequel on se présente.
21:28– Mais quand même,
21:30vous dites,
21:31alors je vous cite,
21:32« L'expérience historique
21:34montre que les démocraties
21:36ont une capacité d'adaptation
21:37qui leur permet de sortir
21:39des crises qu'elles traversent
21:40en proposant des solutions
21:41qui finissent toujours
21:43par être adoptées
21:44par des majorités
21:46de bon sens. »
21:48– Oui, c'est-à-dire que
21:50les masses énervées,
21:52d'abord,
21:52ne sont pas toujours
21:53politiquement organisées.
21:55Donc,
21:58leur quantité
22:00d'affect,
22:02d'exaspération,
22:03n'est pas proportionnelle
22:05à leur poids politique.
22:07Ça peut se disperser.
22:08Regardons le mouvement
22:09des Gilets Jeunes
22:10qui n'a rien donné
22:11en termes d'organisation politique.
22:13Il n'y a pas eu de traduction.
22:14– Par contre,
22:18la démocratie,
22:20comment dire,
22:21a toujours un problème
22:22de retard à l'allumage.
22:23Quand les problèmes se présentent,
22:25ça discute,
22:25ça s'écharpe,
22:26ça met du temps à réagir.
22:28Sa force,
22:29c'est sur la durée.
22:30Parce que,
22:31sur la durée,
22:32les démocraties,
22:33étant donné
22:34ces mécanismes contradictoires,
22:36on peut désélire
22:37ceux qui font des erreurs,
22:39elles intègrent en elles-mêmes
22:40les mécanismes de correction.
22:42Ce que ne font pas
22:42les autocraties.
22:44On a tendance
22:44à prêter aux autocraties
22:46parce qu'ils décident
22:46vite,
22:47avec un regard martial,
22:49avec des cohortes
22:51régaliennes derrière eux.
22:52– Le chien et le roseau, quoi.
22:53– Voilà.
22:54Exactement.
22:55Et donc,
22:56on ne voit pas
22:56que ces autocraties
22:57sont elles-mêmes très faibles.
22:58Pourquoi ?
22:59Parce que quand elles ont tort,
23:00il n'y a plus aucune
23:01corde de rappel civique
23:02pour leur dire qu'on a tort.
23:04Parce qu'elles se font réprimer.
23:05Et tout le monde
23:06n'a aucun intérêt
23:09à faire remonter
23:10les mauvaises nouvelles.
23:11Et si bien qu'on peut faire
23:12des erreurs stratégiques
23:14colossales,
23:14comme la Russie
23:16au début
23:16de l'offensive en Ukraine,
23:17où l'armée elle-même
23:18ne faisait pas remonter
23:19toutes les bonnes informations.
23:20– Est-ce qu'en France,
23:20on est au bout
23:21du désenchantement démocratique ?
23:23– Je pense qu'on est
23:24à la croisée des chemins.
23:25C'est-à-dire,
23:25où ça tanque fort
23:27et le pouvoir
23:28ne bascule pas
23:29vers des formes
23:29d'autoritarisme
23:30hyper-exécutif.
23:32et on est capable
23:34de produire
23:34ces biens publics premiers
23:35de la sécurité,
23:36de la prospérité,
23:37en corrigeant tout ce qu'il y a
23:38à corriger à tous les niveaux,
23:39du logement,
23:40la santé,
23:41la crise énergétique,
23:43etc.,
23:43de la croissance.
23:45Soit le pouvoir
23:47passe aux autoritaires,
23:51mais d'abord,
23:52il faut se garder
23:53de qualifier immédiatement
23:54les autoritaires
23:54comme des vieux fascistes.
23:55Je pense que l'analogie
23:56historique avec les années 30
23:57est une absurdité totale
23:59et une insulte
24:00au bon sens
24:00des gens qui voient
24:01que parfois
24:02certaines choses
24:03marchent mal
24:04et elles ont parfaitement
24:05le droit démocratique
24:06de le dire
24:06sans être qualifiées
24:07de fascistes.
24:08Donc je pense que c'est
24:08une très mauvaise méthode
24:09que de leur renvoyer ça
24:11à la figure
24:12et c'est le meilleur moyen
24:12de les faire monter d'ailleurs.
24:15Mais par contre,
24:16si les autoritaires
24:17arrivent au pouvoir,
24:17ils peuvent faire
24:18quantité de bêtises
24:20et le point important,
24:22c'est qu'il n'est pas anormal
24:24que les autoritaires
24:25arrivent au pouvoir.
24:26La chose importante,
24:27c'est que ça réagisse
24:28derrière au niveau
24:28de la société civile,
24:30que ça réagisse
24:31face à toutes les erreurs
24:32et que la possibilité
24:34de l'alternance électorale
24:35ne soit pas verrouillée.
24:36Est-ce que vous pensez
24:37par exemple que les Etats-Unis,
24:38une fois que Trump
24:38ne sera plus président,
24:40auront effacé
24:41les années Trump
24:42comme une parenthèse
24:43ou bien est-ce que vous pensez
24:43qu'il va laisser
24:44des traces durables
24:45dans la démocratie américaine ?
24:46Il peut laisser
24:46des traces durables.
24:48La succession dynastiques
24:49peut avoir lieu
24:50via J.D. Vance,
24:51via d'autres
24:54et ça peut continuer
24:56de plus belle
24:57parce que les clivages
24:58sont là
24:58entre les métropoles,
24:59les milieux ruraux,
25:00les zones désindustrialisées
25:02et les mieux sachants
25:04et mieux éduqués
25:05qui font la leçon
25:06progressiste aux autres.
25:07Donc, ça peut durer.
25:09Ça peut durer.
25:09Franck de Dieu,
25:10Franck de Dieu,
25:11pour conclure,
25:12est-ce que le monde
25:12qui vient,
25:13qui est un monde
25:14finalement par rapport
25:15au monde capitaliste,
25:17ultra-libéral,
25:18né au début des années 80,
25:19très mondialisé,
25:20très concurrentiel,
25:23avec des Etats
25:24qui se mettent en retrait,
25:27des marchés mondialisés,
25:28etc.
25:28Est-ce que le monde
25:29qui vient,
25:30qui est beaucoup plus
25:31géopolitisé,
25:32dans lequel les Etats
25:33sont de retour,
25:33dans lequel le protectionnisme,
25:35les réglementations
25:35sont de retour,
25:36est-ce que ce nouveau monde
25:37qui vient finalement,
25:38la France ne va pas être
25:39plus à l'aise
25:40dans ce monde-là
25:41que dans le monde
25:42des 40 dernières années ?
25:43C'est-à-dire qu'on est passé,
25:45le monde de la mondialisation
25:46était celui,
25:47quelque part,
25:47des flux,
25:48celui du commerce.
25:49Et les Français
25:50ne sont pas fameux là-dessus.
25:52D'ailleurs,
25:52je vous conseille un livre
25:53d'Alain Minck
25:54intéressant sur
25:55l'aménation,
25:56où il explique
25:57à quel point,
25:58si nous avons tourné
25:59le doigt à la mer
25:59pour s'intéresser
26:00absolument à nos frontières
26:01et à l'agriculture,
26:02c'est bien pour des raisons
26:03que nous avons laissé
26:04de côté le commerce.
26:06Et donc,
26:06si nous entrons dans le monde
26:08des flux,
26:09mais dans le monde des stocks,
26:10c'est-à-dire l'expression
26:11de physicalité des choses.
26:13C'est-à-dire,
26:13c'est le retour
26:14de l'agriculture,
26:15c'est le retour
26:16de la défense,
26:17c'est le retour
26:18de la protection
26:19et là, effectivement,
26:20de la mer aussi,
26:21au sens d'un actif.
26:22La France peut
26:24relever la tête
26:25et même,
26:27c'est un monde
26:28qui peut profiter
26:28à la France.
26:29C'est bien qu'on termine
26:29sur cette note.
26:31Éric Tabari disait
26:32que la mer,
26:32c'est ce que les Français
26:33ont dans le dos
26:33quand ils regardent la plage.
26:36Merci beaucoup
26:36à tous les deux.
26:37C'était passionnant.
26:39Alexandre Escudier
26:40avec Gilles Ivaldi.
26:42L'avantage démocratique,
26:44faille pérenne
26:45et résilience contemporaine
26:47de la démocratie,
26:48c'est aux éditions
26:49Calman-Lévy
26:49et puis Franck Dedieu
26:51avec sa bande
26:51de complices.
26:53Nous,
26:53les Français,
26:55racontez la France
26:55comme les politiques
26:56ne le feront jamais
26:57en infographie
26:57et en images.
26:58C'est chez Robert Laffont.
27:00Allez,
27:00on se retrouve tout de suite
27:01pour la deuxième partie
27:02de l'émission.
27:05BFM Business
27:07La librairie de l'écho
27:10Emmanuel Lechypre
27:11On se retrouve
27:12pour la deuxième partie
27:13de cette librairie de l'écho.
27:15Vous retrouverez
27:16nos rubriques habituelles,
27:17l'étude de la semaine,
27:18le coup de cœur
27:19de la rédaction.
27:19Mais tout de suite,
27:20on retrouve nos critiques
27:21attitrées.
27:22À ma gauche,
27:22Christian Chavagneux,
27:24éditorialiste
27:24à alternativeséconomiques.fr
27:27et Grand Manitou
27:28des pages livres
27:28dans le magazine
27:29Alternatives Économiques
27:31sur papier.
27:32Jean-Marc Daniel,
27:34professeur émérite
27:35à l'ESCP Business School,
27:37critique attitré,
27:38lui,
27:39de la libérale
27:40Société d'économie politique
27:42dont il est aussi
27:43le président.
27:45Allez,
27:45on commence
27:46avec votre choix,
27:47Jean-Marc Daniel.
27:49Le livre
27:50auquel participe,
27:51enfin,
27:51co-signé
27:51par Alain Minc,
27:53Un capitalisme
27:54devenu fou
27:56chez Flammarion.
27:58Il est devenu
27:59bien anticapitaliste,
28:02notre ami Alain Minc,
28:03ou qu'est-ce qui se passe ?
28:04Non,
28:05non,
28:05pas vraiment.
28:05Alors,
28:06il est en face de lui,
28:06donc c'est un entretien,
28:08en fait,
28:08c'est un livre d'entretien
28:09qui est mené
28:10par l'interviewer
28:11Céguillard Merner,
28:12qui est le matinalier
28:14de France Culture.
28:15Oui, absolument.
28:16Et donc,
28:17qui est un peu
28:17à l'origine
28:18de cette entrevue
28:19et qui explique
28:20dans la préface
28:21que, justement,
28:22il s'est posé
28:23des questions
28:23sur cette évolution
28:24du capitalisme,
28:25surtout sur
28:27les fortunes
28:28annoncées
28:28pour un certain
28:28nombre de gens
28:30de la technologie,
28:33et donc,
28:34les Elon Musk & Co.
28:35Et donc,
28:36il dit,
28:36je me suis demandé
28:38qui pouvait apporter
28:39une réponse
28:40la plus pertinente
28:41sur l'évolution
28:42de notre société.
28:43Je me suis dit,
28:43c'est Alain Minc
28:44qui est à la fois
28:44un essayiste,
28:46le conseiller
28:47des grands patrons,
28:48un inspecteur
28:48des finances,
28:49donc quelqu'un
28:49qui a une formation
28:50économique,
28:51normalement,
28:51de haut niveau.
28:52Donc,
28:52l'entretien
28:53est un entretien
28:53qui a toute une partie
28:55historique.
28:56En fait,
28:56on raconte beaucoup
28:57l'histoire du capitalisme.
28:59Alain Minc revient sur,
29:01non pas sur sa carrière,
29:02mais sur la période
29:03qu'il a vécue,
29:04sur la façon
29:04dont le capitalisme
29:05a évolué.
29:06Il y aura un hommage
29:07en particulier
29:07à Pierre Moroy,
29:08dans les gens
29:09qui ont bien compris
29:10ce qui s'était passé.
29:11Il y avait des gens
29:11comme Pierre Moroy
29:12et puis,
29:13il fait une analyse
29:14de pourquoi est-ce
29:15qu'il y a eu
29:16cette évolution
29:17spectaculaire du capitalisme
29:18et dit,
29:19il y a deux événements
29:19qui ont joué.
29:20Le premier événement,
29:21c'est la libération
29:21du marché d'échange,
29:23c'est la libération
29:24de la circulation
29:24des capitaux.
29:25On parle beaucoup
29:26au travers
29:27de la mondialisation
29:27de la libération
29:29du commerce international,
29:31on parle des problèmes
29:32migratoires,
29:33mais le véritable phénomène,
29:34ça a été la libération
29:36du marché des capitaux.
29:37Et le deuxième élément,
29:38c'est des politiques monétaires
29:39qui ont été
29:40des politiques monétaires
29:41qui voulaient
29:42systématiquement éviter
29:44les crises financières
29:45et qui se sont traduites
29:46par une injection
29:48colossale
29:48de moyens financiers,
29:51de monnaie.
29:51Donc tout ça commence
29:52dans les années 80.
29:53Alors tout ça commence
29:54dans les années 80.
29:55Il dit,
29:55la grande perturbation,
29:57c'est Volcker,
29:57il monte brutalement
29:58les taux d'éterrer
29:58et puis ensuite,
29:59on rajoute
29:59par la dérive,
30:01donc ça provoque
30:02des secousses
30:03dans le système,
30:04ensuite on injecte
30:05de la monnaie,
30:05après donc,
30:06il y a Bernanke
30:07qui va répondre
30:09systématiquement
30:09au problème
30:10de la crise de 2000.
30:12Et alors il y a
30:13Green Span avant,
30:14mais il dit,
30:14c'est un franc-assorcier.
30:15Oui,
30:16alors ce qu'il dit bien,
30:16c'est qu'il critique
30:18Green Span
30:19et quand il arrive,
30:19la première chose
30:20qu'il fait,
30:20c'est de faire la même chose,
30:21c'est le quoi qu'il en coûte
30:23et tout ça.
30:23Et donc,
30:25alors toute cette partie
30:26est assez bien menée,
30:27assez descriptive,
30:28il y a une mode d'expression
30:30assez agréable à lire
30:32et puis il y a
30:33la dernière partie
30:34où il parle
30:34de l'intelligence artificielle
30:35avec un petit
30:36cocorico personnel
30:37puisque Guillaume Erner,
30:39Flattumper,
30:40en disant
30:40mais vous aviez déjà
30:41tout vu,
30:41le rapport Meg-Norah
30:43des années 70,
30:44c'est l'anticipation
30:45de ce qui va se passer
30:46et Alain Meg dit
30:47mais bien sûr.
30:48Donc,
30:49il nous explique un peu
30:50l'IA
30:51en disant
30:52effectivement
30:53qu'on est dans un problème
30:54au travers de l'IA
30:55qui,
30:56par-delà
30:57les politiques monétaires,
30:58par-delà
30:58la liberté de circulation
30:59des capitaux,
31:00est aussi en train
31:00de concentrer
31:01des moyens financiers
31:03entre les mains
31:04de quelques individus.
31:05Il dit
31:05NVIDIA
31:06c'est spectaculaire.
31:08Qui aurait pu imaginer ça ?
31:09Et l'idée d'Alain Meg
31:11c'est que ça va continuer
31:12dans ce sens.
31:13Donc,
31:13c'est un capitalisme
31:14qui est devenu fou
31:15mais un capitalisme
31:16qui est irremplaçable.
31:18Alain Meg dit
31:18de toute façon,
31:19il n'y a pas d'autre solution
31:19que ça.
31:20Donc,
31:20il va falloir comprendre,
31:22s'adapter,
31:22corriger,
31:23mais on ne pourra pas
31:23se passer du capitalisme.
31:25Christian Chavagneux,
31:26qu'avez-vous pensé
31:26de ce capitalisme
31:28devenu fou ?
31:28À la main que c'est intéressant.
31:30C'est quand même
31:30l'homme qui murmure
31:31à l'oreille du capitalisme
31:32français depuis plusieurs décennies.
31:33Donc,
31:33aller la voir sur plus
31:35de 200 pages
31:35comme ça en face à face
31:36avec notre collègue
31:37Guillaume Erner
31:38de France Culture,
31:39c'est toujours intéressant.
31:39Je trouvais que c'était
31:40un bouquin pyramide un peu.
31:41Il y a une première facette.
31:43Guillaume Erner
31:44essaie d'avoir un fil rouge
31:45tout le long du livre.
31:46C'est pourquoi
31:47il y a autant de riches
31:48et pourquoi leur fortune
31:49non seulement est importante
31:50mais progresse aussi vite.
31:51Donc,
31:51à la main,
31:52il va dire
31:52un truc un peu traditionnel,
31:54the winner takes all,
31:56donc économie de superstars,
31:57quelques-uns vont regrouper tout.
32:00Il y a des choses
32:01un peu plus iconoclastes
32:03sur le thème
32:03le libéralisme économique
32:05en général,
32:06l'économie de l'offre
32:07en particulier,
32:08ça profite d'abord aux riches.
32:09Emmanuel Macron
32:10a suivi pendant 10 ans
32:11une économie,
32:13les politiques d'économie
32:14de l'offre.
32:14Est-ce qu'il a favorisé ?
32:15Oui,
32:15Emmanuel Macron
32:16pendant 10 ans
32:16a favorisé les riches.
32:17Il y a des trucs comme ça
32:18qui sont un peu surprenants
32:19mais qui sont dits
32:20exprimés.
32:20Il a fallu murmuré
32:21à l'oreille d'Emmanuel Macron
32:22à la main.
32:22Oh si,
32:23il a murmuré à l'oreille
32:24de tout le monde,
32:25de tous les présidents,
32:26tous les premiers ministres,
32:28politiques,
32:28économiques,
32:29mais voilà,
32:29il y a des choses
32:30un petit peu originales
32:31comme ça.
32:31Et puis,
32:32il y a une deuxième facette
32:33qui est là
32:34sur des propos
32:34plus généraux
32:35sur le capitalisme.
32:36Par exemple,
32:37il y a plus de femmes
32:38dans le capitalisme
32:38parce que ça change
32:39les règles du jeu.
32:40Non,
32:40ça ne change pas
32:41les règles du jeu,
32:42ça ne change pas
32:42les trajectoires des dames
32:44mais pas les règles
32:49étant franchement
32:50borderline,
32:51paradis fiscaux,
32:51tout ça.
32:52Moi,
32:52j'ai toujours refusé
32:53de travailler
32:53avec ce genre de patron.
32:54Je serais lui,
32:55je ne m'avancerais pas trop
32:55parce que comme il a travaillé
32:57avec à peu près
32:58tout le CAC 40
32:58et qu'à peu près
32:59tout le CAC 40
32:59est dans les paradis fiscaux.
33:01Donc voilà,
33:02ça pose une vraie question.
33:03Est-ce qu'il y a
33:03un capitalisme blanc
33:04ou est-ce que
33:05quand on est un grand capitaliste,
33:06on est toujours un peu
33:07dans une zone grise ou pas ?
33:08Lui,
33:09il nous dit
33:09qu'il y a du blanc,
33:10il y a du noir.
33:12Il est capable
33:12de faire la distinction.
33:14Les rachats d'actions,
33:15alors c'est complètement
33:17économiquement inutile.
33:18Ça sert juste
33:19à enrichir les actionnaires.
33:20Il y a des trucs
33:20un peu comme ça
33:21et puis quand même,
33:22quand même,
33:22la troisième facette
33:23de la pyramide,
33:24c'est le cercle de la raison
33:26en fait,
33:26qui s'appelle
33:27le cercle de la bienséance.
33:28Quand on est
33:29dans les hauts politiques,
33:30dans les hauts sphères
33:31économiques et politiques,
33:32dans une soirée mondaine,
33:33qu'est-ce qu'on a le droit
33:34de dire
33:34et qu'est-ce qu'on n'a pas
33:35le droit de dire ?
33:36Et là,
33:36franchement,
33:37j'étais très surpris
33:37parce que c'est quand même
33:38assez binaire.
33:41Marché,
33:41bien.
33:42État,
33:43pas bien.
33:43C'est vraiment...
33:44Soit on est
33:46un adepte du libre-échange,
33:47de la libre-circulation
33:48des capitaux,
33:49soit on rêve de l'URSS.
33:50Alors que dans la vraie vie,
33:52il me semble quand même
33:52que les entremêlements
33:53public-privé,
33:54c'est un petit peu plus malin
33:55que soit tout le marché,
33:56soit tout l'État.
33:57Et là,
33:58il y a des choses
33:58vraiment tout à fait étonnantes.
33:59Les riches,
34:00franchement,
34:01les impôts,
34:01ils s'en moquent
34:03parce que c'est
34:04des petites pièces de monnaie
34:05qu'ils disent
34:05« Bon, on peut mettre
34:06la taxe Zuckmane. »
34:07Ah non, non, surtout pas !
34:08Il ne faut pas mettre
34:08la taxe Zuckmane.
34:09Dès qu'il y a des choses
34:10un petit peu
34:11qui remettent en cause
34:12le cercle de la raison libérale,
34:14c'est qu'on n'a rien compris
34:15à l'économie
34:16et qu'on est très mauvais.
34:17Et là,
34:17j'ai vraiment été
34:17très très surpris.
34:19C'est quand même
34:19assez léger
34:20sur le plan intellectuel,
34:21même si globalement,
34:22c'est toujours intéressant
34:23d'avoir le point de vue,
34:24je dirais,
34:25d'un insider
34:25du capitalisme français.
34:27Allez,
34:27on passe à votre choix.
34:28Christian Chavagneux,
34:29c'est un livre
34:30dont vous aimez
34:31débattre tous les ans.
34:32C'est un marronnier
34:34comme on appelle ça
34:35dans nos métiers.
34:36C'est la publication
34:37du CEPI
34:38sur l'économie mondiale
34:39en 2027
34:42que nous réserve
34:43cette édition 2027.
34:45Ah, bon,
34:45vous savez que j'aime bien
34:46ce petit...
34:47Et que Jean-Marc
34:47est toujours très accassé.
34:48On va voir.
34:49J'attends avec impatience.
34:51Ce petit livre
34:51donc du CEPI,
34:52mais voilà,
34:53je pense que c'est
34:54la dernière année
34:54parce que comme vous le savez,
34:55le CEPI,
34:56l'EFCE ont fusionné.
34:56Maintenant,
34:57c'est l'Institut français
34:58d'économie.
34:58Donc, bon,
34:59IFE,
35:00CEPI encore
35:01pour cette année.
35:03Petite introduction
35:04toujours très claire,
35:05très pédagogique.
35:06La première
35:06qui fait un petit peu
35:07le tour du monde.
35:08Bon, il y a plein de sujets
35:09à aborder.
35:09Il y en a un qui m'a intéressé.
35:10C'est que dans l'économie mondiale,
35:12il y a de plus en plus
35:12de chocs d'offres
35:13qui sont inflationnistes.
35:15Les banques centrales,
35:15quand il y a de l'inflation,
35:16elles remontent les taux.
35:17Mais on voit bien
35:18avec la BCE,
35:19remonter les taux,
35:19ça ne fait pas passer
35:20plus de pétrole
35:21dans le détroit d'Hormuz.
35:22Donc, comment est-ce
35:23que les banques centrales
35:23peuvent s'adapter
35:24à des chocs inflationniques
35:25qui sont des chocs d'offres
35:26alors que la remontée des taux
35:28est un deuxième choc d'offres
35:30et ça ne sert pas
35:31à grand-chose
35:31pour régler le premier.
35:32Donc voilà,
35:33il y a une petite question
35:34comme ça qui est levée
35:35qui m'a intéressé.
35:37Il y a deux chapitres
35:38sur les États-Unis.
35:39Un premier assez classique,
35:41l'économie en cas,
35:42qui fait un petit tour
35:42de raison, c'est bien.
35:43Le deuxième,
35:44beaucoup plus intéressant,
35:46Trump a fait monter
35:47les taux d'intérêt,
35:47même après la décision
35:49de la Cour suprême,
35:49il y a quand même
35:50plus de protectionnistes.
35:51Globalement,
35:51dans le monde,
35:52plus de protectionnistes pourtant
35:53en 2025
35:54et déjà en 2026,
35:55le commerce mondial
35:56ne s'est jamais aussi bien porté.
35:57Est-ce que le protectionnisme
35:59des États
35:59sert finalement à quelque chose ?
36:00Ça pose vraiment
36:01une bonne question.
36:03Il y a un chapitre
36:03sur la géoéconomie.
36:04Ça, c'est quand même
36:05très très drôle,
36:06si je puis dire,
36:07parce que c'est tout d'un coup
36:08avec l'opposition
36:09des États-Unis et la Chine,
36:11la guerre en Iran.
36:13Les économistes découvrent
36:14que les rapports de force
36:15dans la mondialisation,
36:15ça joue un rôle.
36:16Et donc ils disent,
36:17mince,
36:17on ne s'en est pas préoccupé
36:18jusqu'à là.
36:18Comment on peut faire ?
36:19On va faire de la géoéconomie.
36:21Donc l'auteur,
36:21vraiment,
36:21le chapitre est très clair.
36:22C'est quoi ?
36:23Quel sujet ça court ?
36:24C'est extrêmement restreint.
36:26On s'aperçoit
36:26de la pauvreté intellectuelle,
36:27de l'approche des économistes
36:28sur les rapports de pouvoir.
36:31Il y a un chapitre
36:31sur l'Europe dans tout ça.
36:32L'Europe dans ce monde géopolitique
36:34un peu plus violent,
36:34elle ne s'en sort pas très bien.
36:35Puis les deux derniers chapitres,
36:37c'est sur la finance.
36:38Je trouvais le chapitre
36:38de Gézabel Coupé-Souberan
36:40sur l'euro numérique.
36:41Excellent.
36:42Vraiment très pédago.
36:43Elle explique bien.
36:44Et en plus,
36:45c'est vraiment
36:45de l'économie politique.
36:46Qui est pour ?
36:47Qui est contre ?
36:47Pourquoi ?
36:47Et le dernier chapitre
36:48sur l'indépendance
36:49des banques centrales
36:49qui montre de manière
36:50assez maline
36:52que certes,
36:54il y a des mandats,
36:56mais que les banques centrales
36:56peuvent toujours adapter
36:57un petit peu leur mandat,
36:59soit le relâcher un peu,
37:00soit avoir une interprétation
37:01rigoriste.
37:02Et clairement,
37:02la BCE,
37:03c'est une interprétation
37:04rigoriste.
37:04Jean-Marc Daniel,
37:05alors ce millésime 2027 ?
37:07Eh bien écoutez,
37:09il rejoint dans mon estime
37:10le millésime précédent.
37:12Alors je sais
37:12que je ne devrais pas dire ça
37:13parce qu'après,
37:14Gézabelle Coupé-Soupirant
37:15m'en veut,
37:16alors je...
37:16C'est grave !
37:17Mais si, si,
37:17parce que j'ai beaucoup
37:18d'amitié et d'estime pour elle,
37:19donc je ne veux pas
37:20me fâcher avec elle.
37:21Mais je pense que cet exercice
37:22ne correspond pas
37:23à ce qu'on était en devoir
37:24d'attendre d'un exercice
37:25sur l'économie internationale
37:26lié par le CEPI.
37:28Christian a parlé du chapitre
37:29sur l'euro numérique,
37:30elle a écrit,
37:30qui est effectivement très clair,
37:31mais qui pour moi
37:32est hors sujet.
37:33L'enjeu,
37:33ce n'est pas ça,
37:34l'enjeu,
37:34c'est l'économie mondiale.
37:36Le seul vrai sujet,
37:37le seul vrai chapitre
37:39où on traite ça,
37:40c'est le tout premier,
37:41où on fait une revue
37:43effectivement de ce qui s'est passé
37:44avec l'histoire de Choc-Noff.
37:45Il y a un chapitre
37:46qui est assez bien mené
37:47sur effectivement
37:48le commerce international
37:49et les conséquences
37:50des politiques protectionnistes,
37:52notamment celle initiée
37:53par Trump.
37:54Mais après,
37:55on part un peu
37:55dans tous les sens.
37:56Il y a de grands absents,
37:58il y a des zones entières
37:59de la géographie,
38:00on parle de géoéconomie,
38:01mais la géographie
38:02est totalement absente
38:03du sujet.
38:03Il y a des problèmes
38:05comme la démographie
38:06qui ne sont pas du tout traités.
38:08Et donc,
38:08il y a beaucoup de choses
38:09hors sujet,
38:10alors qu'il y a des choses
38:11qui auraient dû être là.
38:12Donc,
38:12je reste sur ma fin
38:14et d'autant plus que
38:16la tonalité générale
38:17est quand même
38:18assez gaucho-mondaine.
38:21Merci beaucoup
38:22à tous les deux.
38:23Allez,
38:24c'est l'heure
38:25de notre étude
38:26de la semaine.
38:28BFM Business,
38:29la librairie de l'écho,
38:31l'étude de la semaine.
38:33Et on s'intéresse
38:34cette semaine
38:35au travail
38:36de Rex et Code
38:38autour de l'intelligence
38:40artificielle
38:41et de la souveraineté.
38:42Ça s'appelle
38:42IA et souveraineté,
38:44le risque
38:44de déclassement économique.
38:46Olivier Redoules,
38:47bonjour.
38:48Bonjour.
38:48Olivier,
38:49vous êtes le directeur
38:50des études
38:50de Rex et Code
38:52et vous avez
38:53donc
38:53co-signé
38:55avec Mathilde Ferrer
38:56cette étude
38:59sur l'IA
39:00et la souveraineté.
39:01D'abord,
39:03votre point de départ,
39:05c'est quand même
39:05cette interrogation
39:06sur la productivité.
39:07Est-ce que,
39:08avec l'intelligence artificielle,
39:10nous sommes à l'aube
39:11d'un déferlement
39:12de productivité ?
39:13Et je vous pose la question
39:14parce que
39:15vous précisez bien vous
39:16qu'à chaque fois
39:17qu'il y a un choc
39:18de productivité,
39:19c'est ce choc
39:20qui structure
39:21les écarts
39:22de performance économique
39:23entre pays
39:23pour les années
39:24qui suivent ?
39:25Oui, absolument.
39:26En fait,
39:27quand on regarde
39:28à la fois les usages,
39:30les avis d'experts,
39:31les projections
39:32des fabricants,
39:33des économistes,
39:34etc.,
39:34il y a beaucoup
39:34d'incertitudes,
39:35mais il y a le sentiment
39:37qu'on est au bord
39:39d'un choc
39:39de productivité
39:41similaire
39:41à ceux
39:42qui avaient donné lieu
39:43aux précédentes
39:44révolutions industrielles.
39:45On parle de celles
39:45du charbon et de l'acier,
39:46de celles d'électricité,
39:47de celles du pétrole.
39:49Et ça, concrètement,
39:50en fait,
39:50on a des données
39:51qui existent,
39:52ça s'appelle
39:53la base
39:54du Badison Project,
39:56qui, en fait,
39:57essaie de calculer,
39:58alors c'est toujours
39:59des hypothèses,
40:00sur très longue période,
40:01depuis 1800 même avant,
40:02le PI par habitant,
40:03le niveau de développement
40:04par habitant.
40:04Et ce qu'on voit
40:05sur 30 périodes,
40:06c'est qu'en fait,
40:06les chocs de productivité,
40:08en fait,
40:08ils font diverger
40:10les PI entre eux.
40:11On peut partir,
40:12à un moment donné,
40:12d'un niveau de développement
40:13comparable,
40:14mais après,
40:15l'ordre économique
40:16mondial change.
40:17Mais un point central,
40:19et c'est pour ça
40:20que cette note
40:21qu'on a écrite
40:22avec Mathilde Ferrer
40:24parle de souveraineté,
40:25c'est que le vrai enjeu
40:26de souveraineté,
40:27justement,
40:27de l'IA,
40:28ce sont ces écarts
40:29de productivité.
40:30L'IA a tout plein
40:32d'enjeux de souveraineté
40:32au quotidien,
40:33la cybersécurité,
40:34la défense,
40:35les nouveaux armes,
40:36etc.
40:37Les données,
40:38l'accès,
40:39mais la réalité,
40:39c'est que si elle crée
40:42des divergences
40:43de trajectoire
40:44de productivité
40:45entre pays,
40:46en fait,
40:46ça va devenir
40:46un problème de souveraineté
40:47parce que vous ne traitez pas
40:48à égal avec quelqu'un
40:50qui a un PI par habitant
40:51qui est 10 fois
40:51ou 20 fois superbe à vous.
40:53Sauf que,
40:54Olivier Redouless,
40:54le constat,
40:55il est quand même
40:56aujourd'hui implacable.
40:57L'Europe et la France
40:58ont un retard
41:01d'adaptation
41:01et d'insertion
41:03dans les nouvelles chaînes
41:03de valeur
41:04de l'intelligence artificielle.
41:07Est-ce qu'il y a
41:07un risque
41:08de déclassement
41:09aujourd'hui
41:10au niveau international
41:11de l'Europe
41:12et de la France ?
41:13Le risque est réel.
41:14Le risque est réel,
41:15effectivement.
41:16En fait,
41:16on voit à chaque fois
41:17des petits signaux positifs
41:19auxquels on peut se raccrocher,
41:20mais on voit en fait
41:21qu'on n'est pas
41:22là où ça compte.
41:23En fait,
41:23on a un problème
41:23d'ordre de grandeur,
41:24on n'a pas un problème
41:25de facteur d'échelle
41:26avec les leaders du lien.
41:28La bonne nouvelle
41:28sur le passé,
41:29c'est que ce n'est pas
41:30forcément inéluctable.
41:31En fait,
41:32il suffit de regarder
41:33même l'histoire
41:34des 50-60 dernières années.
41:36Les pays asiatiques,
41:37ils n'avaient pas
41:37forcément de pétrole.
41:38Ils sont arrivés
41:39à s'insérer
41:39dans l'échelle mondiale
41:41et puis plus proche de nous,
41:42les pays nordiques,
41:43en fait,
41:44ils n'ont pas forcément
41:44d'atouts
41:46en termes de pétrole,
41:47en termes de taille
41:48d'entreprise,
41:48etc.
41:49Et pourtant,
41:49ils ont des modèles
41:50sociaux plutôt protecteurs
41:51et ils arrivent à tirer
41:52leur épingle du jeu
41:53du développement
41:54de l'amendisation,
41:55de l'Europe,
41:55etc.
41:56Et là,
41:56en fait,
41:57il faut s'inspirer
41:58des autres
41:58et tirer profit
42:01de cette nouvelle bague
42:02de productivité.
42:03Il ne faut pas la subir.
42:04Il ne faut pas non plus
42:05faire des bêtises
42:06qu'on a pu faire
42:06de le passé.
42:07Est-ce qu'on peut être
42:09un pays
42:11très grand utilisateur
42:13de l'intelligence artificielle
42:15et tirer les gains
42:16de productivité
42:16qui vont avec
42:17sans être
42:18un grand concepteur
42:20et un grand fabricant
42:22d'intelligence artificielle ?
42:23En gros,
42:24est-ce qu'en utilisant
42:26du matériel américain
42:27et ou chinois,
42:28les Européens
42:29peuvent quand même
42:30rivaliser en matière
42:31d'intelligence artificielle ?
42:32Vous voyez,
42:32pendant très longtemps,
42:33le premier producteur
42:34d'automobiles au monde,
42:35c'était Toyota.
42:36Le Japon ne produit pas
42:38de pétrole.
42:38Donc,
42:39ça montre quand même
42:39qu'on peut s'inscrire
42:40dans un secteur industriel
42:43qui est utilisateur
42:43d'une ressource
42:44sans forcément
42:45la produire nous-mêmes.
42:46Mais il y a des choses
42:46à faire
42:47et des choses
42:47à ne pas faire.
42:48Je pense par ce
42:48qu'il ne faut pas faire,
42:50subventionner la consommation.
42:51En fait,
42:52il ne faut pas créer
42:52des déséquilibres financiers
42:54ou budgétaires
42:55pour maintenir
42:56ce niveau d'utilisation
42:56de l'IA.
42:57Les pays en général
42:58qui s'en sortent
42:59ont des finances publiques
43:00d'ailleurs bien gérées.
43:02Il faut éviter
43:03de mettre de l'argent
43:05pour créer
43:05des champions nationaux
43:07un petit peu décidés
43:09dans le coin
43:09de l'Elysée.
43:10En fait,
43:11c'est très bien
43:11si on a des champions nationaux,
43:12ça ne se décrète pas.
43:14Il faut aussi éviter
43:15de trop protéger.
43:16En fait,
43:17la réalité,
43:17c'est que le protectionnisme,
43:19la fermeture des frontières,
43:20ça conduit au déclin,
43:22ça conduit au déclassement.
43:23Et par contre,
43:24il y a des choses à faire.
43:25La première chose à faire,
43:26c'est faire ce qu'on a su faire
43:27au niveau européen
43:28dans les années 2000,
43:292010 même,
43:30c'est mettre en concurrence
43:31les fournisseurs étrangers
43:32entre eux
43:33pour faire baisser les prix.
43:34En fait,
43:35au fond,
43:35on a tous bénéficié
43:36de services numériques
43:37à des prix relativement bas
43:38ou même prix
43:39parfois même plus bas
43:40que les Américains
43:41grâce à l'action
43:42de la politique de concurrence.
43:43Il faut l'adapter,
43:44mais il faut la continuer.
43:46Il faut aussi,
43:48comment dire,
43:49permettre au capital
43:50de s'exprimer.
43:51C'est-à-dire,
43:52il faut arriver
43:53à gérer,
43:56on sait que c'est une industrie
43:57très capitalistique,
43:58peut-être que dans le cas
43:59de la France en particulier,
44:00il ne faut pas trop taxer le capital
44:01parce que si on tue
44:02la rentabilité de capital,
44:03on tue la prise de risque.
44:05Il faut aussi permettre
44:07un élément central
44:09au marché du travail,
44:09notamment au marché du travail qualifié,
44:12de s'adapter.
44:12C'est-à-dire,
44:13il ne faut pas trop protéger
44:15les travailleurs,
44:15il faut bien sûr avoir
44:16des matières de sécurité,
44:17mais il faut surtout permettre
44:19aux ressources en emploi,
44:20en main d'œuvre,
44:20en capital,
44:21de s'allouer vers
44:22les secteurs les plus porteurs.
44:24La France est à la pointe
44:26de la régulation
44:27en matière d'intelligence artificielle.
44:29Est-ce que c'est un atout ?
44:31Est-ce que c'est quelque chose
44:33qui va protéger
44:34notre souveraineté à long terme ?
44:36Ou bien est-ce qu'au contraire,
44:37c'est un frein
44:38à la diffusion
44:39de ces technologies
44:42dans l'économie
44:42et finalement à la récolte
44:44des gains de productivité ?
44:45En fait, il faut avoir
44:46une régulation
44:47qui ne soit pas trop défensive,
44:49qui ne soit pas trop protectrice.
44:51Il faut éviter
44:51d'être le champion
44:52de la régulation
44:53dans son domaine,
44:54par contre,
44:55là où la régulation
44:55en rôle a joué,
44:56c'est justement
44:57pour éviter
44:59de tomber dans les mains
45:01d'un cartel américain
45:02ou chinois ou autre.
45:03C'est là, en fait,
45:03la régulation doit d'abord
45:05viser une adoption,
45:06une diffusion rapide,
45:08une mise en concurrence
45:09des producteurs.
45:09Merci beaucoup Olivier Redouless,
45:12directeur des études
45:13de Rex & Code
45:14pour cette étude
45:16IA et souveraineté,
45:17le risque de déclassement économique,
45:19études en accès libre
45:21sur le site de Rex & Code,
45:22Olivier Redouless.
45:23Absolument.
45:24Merci beaucoup, en tout cas,
45:26de nous avoir rendu visite.
45:27Allez, encore plus d'études
45:29tout de suite.
45:35Et à l'occasion
45:37de la semaine européenne
45:38de la mobilité,
45:39Galian,
45:40entreprise spécialiste
45:41dans le vélo cargo électrique,
45:43s'intéresse à une question centrale.
45:45Qu'est-ce qui empêche réellement
45:46les Français
45:46de remplacer leur voiture
45:48sur les trajets courts
45:49par d'autres modes
45:50de mobilité plus douces ?
45:52Alors, on le savait,
45:5369% des actifs
45:55utilisent leur voiture
45:56pour se rendre au travail.
45:5781% des ménages possèdent
45:59au moins une voiture
46:00et 34% des ménages
46:01disposent de deux voitures
46:03ou plus.
46:03Ça fait 11 millions de ménages.
46:05Donc ça, on le savait
46:06au quotidien pour aller à la voiture.
46:08Sauf que,
46:09pour les trajets domicile-travail
46:11de moins de 2 km,
46:12eh bien, on a quand même
46:1358% des Français
46:15qui utilisent encore
46:17leur voiture.
46:19Entre 2 et 5 km,
46:20c'est encore 74%.
46:22Et donc, pourquoi,
46:23sur des trajets aussi courts,
46:25les Français continuent
46:25d'utiliser leur voiture ?
46:27Et là, l'INSEE identifie
46:28plusieurs facteurs
46:29extrêmement intéressants.
46:31D'abord,
46:31l'enchaînement des activités.
46:32Ce trajet qui apparaît très court,
46:34en fait,
46:34ce n'est pas un simple trajet
46:35domicile-travail,
46:36mais on dépose des enfants,
46:38on fait des courses.
46:40C'est 15% des trajets
46:41domicile-travail en semaine
46:43qui comportent au moins
46:44un déplacement
46:45pour un autre motif.
46:46Il y a l'environnement urbain
46:48qui compte aussi énormément
46:49à distance identique.
46:50La probabilité de prendre le vélo
46:51est beaucoup plus élevée
46:52lorsque le trajet se déroule
46:54en zone urbaine.
46:54Il n'y a pas,
46:55en dehors des zones urbaines,
46:57les infrastructures suffisantes.
46:58Et puis,
46:58il y a enfin un élément
46:59beaucoup plus banal,
47:00l'habitude
47:01ou le choix personnel.
47:02L'INSEE les cite explicitement
47:04parmi les raisons possibles
47:06du recours de la voiture
47:07pour les très courtes distances.
47:11BFM Business,
47:12la librairie de l'écho,
47:14le coup de cœur
47:15de la rédaction.
47:17Et cette semaine,
47:18c'est celui
47:19de notre journaliste
47:20Paul Valère.
47:20Bonjour Paul.
47:21Bonjour Emmanuel.
47:22Alors,
47:22vous avez décidé
47:24de vous intéresser
47:26et que vous vous êtes passionné
47:28pour ce livre-enquête
47:29de la journaliste
47:30Sacha Beckerman.
47:32Olympique Lyonnais,
47:33la révolution
47:34Michel Kang
47:35qui sort tout juste
47:36chez Enfora.
47:38Un livre
47:39qui nous plonge
47:40au cœur
47:41du changement de gouvernance
47:42du club
47:42de l'Olympique Lyonnais
47:44à l'été 2025.
47:45Mais surtout,
47:46un livre
47:46qui nous fait le portrait
47:47d'une personnalité
47:49quand même
47:49assez extraordinaire
47:51qui est donc
47:51Michel Kang.
47:53Oui, tout à fait.
47:53Et là,
47:54c'est un changement radical
47:55puisque la présidence
47:56va passer du sulfureux
47:58et incontrôlable
47:59John Textor
48:00à Michel Kang,
48:01la boss lady
48:02qui va remettre sur pied
48:03un club
48:04qui est globalement
48:04au bord du gouffre.
48:06Boss lady,
48:06c'est quoi ?
48:07C'est une expression
48:07qui est empruntée
48:08à la chanteuse Théodora
48:09par Sacha Beckerman
48:10dès la première page
48:12du livre
48:12et qui donne le ton
48:13car Michel Kang,
48:14c'est la femme d'affaires
48:15qui gère,
48:16qui est déjà
48:16la présidente reconnue
48:18de la section féminine
48:19de l'Olympique Lyonnais
48:21depuis 2023.
48:22Elle vient sauver
48:23l'équipe masculine
48:24in extremis
48:25au moment où
48:25elle doit être
48:26rétrogradée
48:27administrativement
48:28en Ligue 2
48:28par la DNCG.
48:29Vous savez,
48:30l'instance chargée
48:31de surveiller
48:32les comptes
48:33des clubs de foot.
48:34Et à ce moment-là,
48:35la dette avoisine
48:35les 575 millions d'euros.
48:38C'est faramineux,
48:39une crise financière
48:39qui est exacerbée
48:41par la gestion catastrophique
48:42du club
48:43par John Textor
48:43durant trois ans.
48:44Et franchement,
48:45le redressement
48:46est quand même
48:46plutôt réussi.
48:47Oui,
48:48parce que c'est là
48:48que ce livre,
48:49il est passionnant,
48:50il nous permet
48:50de comprendre
48:50comment en une semaine
48:52chrono,
48:53Michelle Kang,
48:53elle va rassembler
48:54tout le monde
48:54autour de la table
48:55pour monter un projet
48:57qui va finalement
48:57répondre à toutes
48:58les inquiétudes
48:59de la DNCG.
49:00Et ça,
49:00c'est vertigineux.
49:01Les semaines suivantes,
49:02elle impose le courage
49:03et la discipline budgétaire
49:05en divisant presque par deux
49:06la masse salariale.
49:08Ce qui joue aussi capital,
49:09c'est la sérénité
49:10qu'elle apporte.
49:10Elle est très à l'écoute
49:12et on a le sentiment
49:12qu'en fait,
49:13tout ce qu'elle fait,
49:14c'est réfléchi
49:15et qu'elle contrôle parfaitement
49:16son image,
49:17notamment lorsqu'elle
49:19portraitise Michelle Kang.
49:20Sacha Beckerman dit
49:21que Michelle Kang
49:22ne subit pas sa discrétion,
49:24elle la cultive précieusement
49:25et que son silence,
49:26loin d'être de la timidité,
49:27c'est une posture de pouvoir.
49:29Parce que, Paul,
49:30c'est ça le cœur du livre,
49:31quand même,
49:31au-delà de ce coup de maître.
49:32C'est quand même,
49:33mais qui est Michelle Kang ?
49:35D'où elle vient ?
49:37C'est qui cette personnalité ?
49:38C'est là que le livre
49:39est précieux
49:40parce qu'il retrace
49:40en détail le parcours
49:42d'une personne
49:43qui a toujours tenu
49:43à rester discrète,
49:44justement,
49:45elle a 67 ans aujourd'hui,
49:47mais avant le foot,
49:47elle a parfaitement accompli
49:49le rêve américain.
49:50Elle grandit
49:51dans une Corée du Sud
49:51qui est très traditionnelle,
49:53qui donne peu
49:53de perspectives aux femmes.
49:55Elle part étudier
49:56à Chicago,
49:56puis à la Yale School
49:57of Management.
49:58Elle enchaîne
49:59sur 10 ans de consulting
50:00et elle va travailler
50:01dans le département tech
50:02de l'information en santé
50:03de Northrop Grumman
50:04avant de créer
50:05sa propre entreprise
50:06Cognosanté
50:07qu'elle aurait vendue
50:08pour 1 milliard de dollars
50:09en 2024.
50:10Ça, c'est fulgurant
50:11comme trajet.
50:12Oui, mais Paul,
50:12à ce stade-là,
50:13on se dit
50:14comment elle va arriver
50:16à l'Olympique yanaise ?
50:18On ne voit pas le lien.
50:20Oui, tout à fait.
50:20Ce n'est pas une grande amateur
50:21de foot.
50:21Jusqu'en 2019,
50:23c'est là qu'elle va suivre
50:24les États-Unis
50:25durant la Coupe du Monde
50:25qui se passe en France,
50:26justement.
50:27Et c'est les États-Unis
50:28qui remportent
50:28cette Coupe du Monde.
50:30Coupe du Monde féminine,
50:31justement.
50:32Et c'est là qu'elle va identifier
50:33tout le potentiel
50:34du foot féminin
50:35en termes d'investissement,
50:36de structuration.
50:37Et là, elle a une vraie vision
50:38de ce que doit être
50:39le foot féminin.
50:40Oui, tout à fait.
50:40Le grand message, d'ailleurs,
50:41que veut faire passer l'autrice,
50:43c'est de dire que,
50:44et elle me l'a répété
50:44lors des échanges
50:45que j'ai eus au téléphone
50:46avec Sacha Beckerman,
50:47c'est que le sport féminin
50:48n'est pas une sous-section
50:50du sport masculin.
50:51Lorsqu'elle prend la tête
50:52des féminines de l'OL
50:53en 2023,
50:54Michel Camp va pour preuve
50:55permettre l'accélération
50:58de l'instauration
50:58d'une licence club
50:59qui est dédiée
51:00uniquement
51:01à une équipe féminine.
51:03En fait, ça,
51:03ça n'existe tout simplement
51:04pas auparavant dans le foot.
51:05Et ça, pour la propriétaire,
51:07il y a l'idée d'émancipation,
51:09mais aussi un business à monter.
51:11Et ça, c'est la façon
51:12toute américaine
51:13de Michel Camp
51:13de montrer son respect
51:15pour le foot féminin
51:16en passant par la valeur marchande.
51:18Elle va injecter
51:19énormément d'argent
51:20pour mettre les filles
51:21dans les meilleures conditions possibles
51:23et donner au foot féminin
51:24l'engouement qu'il mérite.
51:26Parce qu'en plus de Lyon,
51:27elle détient deux autres clubs,
51:28Washington Spirit
51:29et les London Lyonnaises.
51:31À Washington,
51:32elle va en trois ans
51:32tripler la fréquentation
51:34moyenne du stade,
51:35proposer à la joueuse
51:36Trinity Roadman
51:37un salaire
51:37à un million
51:38de dollars annuels.
51:40Ça, c'est du jamais vu
51:40dans l'histoire
51:41de la National Women Soccer League.
51:43Et tout ce qu'elle met en place,
51:44Sacha Begerman raconte
51:45que les joueuses
51:45sont loin d'en être insensibles.
51:46Et c'est ça,
51:47auprès des joueuses de foot,
51:48c'est une véritable star.
51:49Ben oui,
51:49parce qu'elle dit,
51:50il y a des joueuses
51:51qui disent,
51:51comme Delphine Cascarino,
51:52je ne vais pas travailler
51:53pour London,
51:54je vais travailler
51:55pour Michel Kang, Emmanuel.
51:57Merci beaucoup,
51:58Paul Valère,
52:00pour ce livre
52:01qui est un portrait
52:03absolument formidable
52:04de cette femme d'affaires
52:05hors normes
52:06qui est Michel Kang,
52:07donc la nouvelle propriétaire
52:08de l'Olympique Lyonnais.
52:10Merci beaucoup.
52:10Allez, c'est l'heure
52:11de nos ultimes choix.
52:20Christian Chavagneux,
52:21quelle est votre
52:21dernière sélection
52:22pour aujourd'hui ?
52:23Un petit livre
52:24publié par Attaque
52:25avec la dessinatrice Vap.
52:27Attaque se met
52:28à faire des livres
52:29complètement différents
52:30de ce que le LJ faisait avant.
52:32C'est-à-dire très historique,
52:34très pédago,
52:35très clair,
52:35à destination du grand public.
52:37Là, c'est sur la montée
52:38des inégalités.
52:40Historiquement,
52:40du XIXe siècle,
52:41même du XVIIIe à aujourd'hui,
52:43les batailles de l'impôt
52:44depuis le XVIIIe siècle,
52:46les batailles pour essayer
52:48de récupérer un peu plus
52:49d'argent pour les salariés.
52:50C'est vraiment
52:51avec des chapitres dessinés
52:53sur les enclosures,
52:54sur la gabelle.
52:55C'est vraiment
52:56le petit livre pédago,
52:58très facile à lire.
52:59Et là, celui-là
53:00porte sur l'histoire
53:01des inégalités.
53:02Jean-Marc Daniel.
53:02Alors moi,
53:03j'ai choisi de compléter
53:04le choix de Christian
53:05sur les petits livres
53:07de la découverte
53:08sur la situation
53:09de l'économie.
53:09Absolument.
53:10Il n'y a pas
53:10que l'économie mondiale.
53:11Il n'y a pas
53:11que l'économie mondiale.
53:12Il y en a un sur l'économie européenne,
53:13il y en a un sur l'économie française.
53:15Ceux-là,
53:16ils sont réalisés
53:16par l'autre branche
53:17de ce nouveau IFE,
53:19de ce nouveau
53:19Institut français d'économie,
53:21qui est l'OFCE.
53:22Alors là aussi,
53:23c'est un peu un marronnier,
53:25comme vous disiez,
53:26on retrouve un peu
53:26les mêmes rubriques.
53:27un article sur l'euro numérique
53:29dans celui qui est sur l'Europe,
53:30ce qui paraît assez naturel.
53:32Un article qui est tous les ans
53:34dans celui sur la France,
53:35sur l'économie française
53:37avant la Covid.
53:38Donc,
53:38il faudrait peut-être
53:38qu'ils se renouvellent un peu
53:39parce que ça y est,
53:40maintenant la Covid,
53:41ça commence à dater.
53:43Et puis,
53:44il y a toujours
53:45à la fois la qualité d'analyse
53:47et une masse d'informations.
53:49Et puis,
53:50il y a un chapitre
53:51où il parle de la taxe Zuckmann
53:53et j'invite les gens
53:55qui sont contre
53:56à aller y chercher
53:57des arguments
53:59puisqu'ils font
53:59des contre-propositions
54:00mais ils sont assez sévères,
54:02les gens de l'OFCE
54:02sur la taxe Zuckmann.
54:04Passionnant.
54:05Et quant à moi,
54:06j'ai déjà trouvé
54:07ce qui sera
54:09un formidable cadeau de Noël
54:11pour la fin d'année.
54:13Ce livre
54:14que moi,
54:15personnellement,
54:16j'ai trouvé magnifique,
54:17brillant,
54:18original,
54:18fruit d'un très beau travail
54:21de synthèse
54:21et d'illustration.
54:23Cette infographie
54:24des empires
54:25aux éditions passées
54:26composées
54:27par Gabriel Martinez-Gro
54:29qui est historien
54:30et Julien Pelletier
54:31qui est data designer.
54:32C'est le grand récit
54:34des empires
54:34de l'Antiquité
54:35à nos jours
54:36mais tout en infographie.
54:39C'est absolument passionnant.
54:41Ça se lit
54:42merveilleusement bien.
54:43Vous pouvez picorer
54:43partout, etc.
54:44Franchement,
54:45il faut avoir ça
54:45dans la bibliothèque.
54:46Voilà, déjà,
54:47c'est notre première idée.
54:48de cadeau
54:49pour Noël
54:50et vous verrez,
54:51nous en aurons
54:52beaucoup d'autres
54:53d'ici
54:55effectivement les fêtes.
54:56Allez,
54:56je vous révèle un petit scoop,
54:58notamment une
54:58signée Christian Chamaigne.
55:00Mais on ne peut pas
55:01vous en dire plus
55:02pour l'instant.
55:03Voilà,
55:03c'est la fin
55:03de cette librairie de l'écho.
55:04On se retrouve
55:05la semaine prochaine
55:05et d'ici là,
55:06bonne lecture.
55:07La librairie de l'écho
55:09sur BFM Business.
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