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  • il y a 6 minutes
"Destins de Femmes" nous raconte les parcours des femmes extraordinaires qui tissent le lien de notre République.
Nous explorons des thèmes universels tels que la lutte pour l’Egalité des genres, la liberté d’expression, la diversité culturelle, le droit à disposer de son corps.
Emission tirée du livre de Valérie Perez-Ennouchi, "Destins de Femmes", sorti chez Ramsay, prix Edgard Faure 2021.
Une émission de Judith Beller.
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##DESTIN_DE_FEMMES-2026-09-19##
Transcription
00:00La Caisse d'épargne-Île-de-France, fière de soutenir toutes les femmes, vous présente
00:05Sud Radio, Parlons Femmes, Judith Belair.
00:09Parce que chaque femme qui s'impose fait avancer les autres.
00:12Parlons Femmes sur Sud Radio, c'est maintenant bienvenue à toutes et à tous.
00:15Aurélia Petit est une actrice française dans le parcours Mel, théâtre, cinéma, télé
00:18et dont le visage nous est loin d'être inconnu.
00:21Bienvenue Aurélia.
00:23Vous êtes avec plaisir, vous êtes au casting de Mel Pomen.
00:25C'est un film écrit et réalisé par Charlotte Dauphin
00:28dont la sortie au cinéma est annoncée pour le 30 septembre 2026.
00:31Puis vous êtes au théâtre aussi en tournée internationale carrément
00:34dans une pièce Affaires familiales mise en scène par Émilie Rousset.
00:38Bon, il y a plein de petites choses dont on va pouvoir parler ensemble.
00:42Je vais arriver à parler moi aussi d'ailleurs.
00:44Allez, c'est parti, Parlons Femmes.
00:46Sud Radio, Parlons Femmes, Judith Belair.
00:49Alors, Parlons Femmes pose des questions.
00:50Vous le savez, c'est le principe de l'émission, ma chère Aurélia.
00:53On va commencer par...
00:54Est-ce qu'il y a une femme qui a changé votre manière de vous regarder vous-même ?
00:57En votre vie ?
01:00De me regarder.
01:01Alors déjà, c'est une des choses les plus difficiles,
01:03de se regarder encore plus à l'écran, on va dire, quand on est comédienne.
01:07Non, la pire des choses, je pense que c'est faire les portraits d'actrices.
01:11C'est-à-dire quand on n'a pas de rôle à incarner,
01:13qui en est, comment on doit se représenter.
01:15Ça, je pense que c'est un peu le pire.
01:16Comme cet exercice de radio aussi, je pense.
01:18Oui ?
01:18Mais non, vous êtes à la maison ici.
01:19Non, non, non, voilà, c'est ça.
01:20Vous êtes cool ici, tout va bien.
01:21Il n'y a pas de piège.
01:22C'est une femme qui m'aurait appris à me regarder moi-même.
01:26Ça aurait été une femme pas spécialement justement...
01:29Ça peut être un rapport à la beauté aussi ?
01:31On va dire Jenna Rolland.
01:33Oui, parce que c'est une actrice incroyable déjà.
01:36C'est une actrice phénoménale.
01:36Qu'on a perdue il n'y a pas très très longtemps.
01:38Voilà, exactement.
01:39Qui a joué notamment dans Femmes sous influence.
01:41Exactement.
01:41Le film de John Casavetes.
01:42Voilà, que j'ai découvert très tôt parce que j'avais envie d'être actrice depuis très jeune.
01:48Je pense que c'était aussi la seule chose que je pouvais faire.
01:53Pourquoi ?
01:53Non, parce que je n'étais pas très bonne à l'école.
01:55Ok.
01:55Voilà, je n'étais vraiment même pas bonne du tout à l'école.
01:57Vous auriez pu faire totalement autre chose.
01:59J'aurais pu faire totalement autre chose, mais je me suis dit qu'il y avait quelque chose qui se
02:02passait à cet endroit.
02:04Et effectivement, le travail de John Casavetes et de Jenna Rolland, justement,
02:08et de par leur complicité et leur façon de produire leurs films, etc.
02:12Quel film ?
02:12Elle est inégalable.
02:14Elle est inégalable aussi.
02:16Elle est incroyable.
02:17Souvent, même, je regarde encore ses films pour m'inspirer d'elle.
02:20Oui, c'est une sacrée bonne femme.
02:22Je suis bien d'accord.
02:23Est-ce qu'il y a quelque chose à désapprendre pour les femmes, pour réapprendre peut-être à être libre,
02:28vraiment ?
02:29À être désirable.
02:32Désapprendre à être désirable, ce n'est pas si important que ça ?
02:35C'est ça que vous voulez dire ?
02:36Non, c'est même un poids énorme.
02:38Je pense qu'on gagnerait beaucoup si on s'en foutait.
02:43Là, il n'y a pas très longtemps, par exemple, je voyais ma jeune sœur qui portait un short
02:46et je me disais, oh là là, tu as de la chance, tu portes un short.
02:49Elle me disait, tu as de la chance de quoi ?
02:50Je dis, non, moi, je ne peux pas, je n'ai plus l'âge.
02:52Je regarde mes jambes et me dis, mais qui t'empêche ?
02:55Pourquoi ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
02:59Elle est beaucoup plus jeune que vous ?
03:00Elle a 33 ans.
03:03Oui, donc elle est bien dans son temps.
03:04Voilà, exactement.
03:05Et du coup, elle n'a pas les carcans, vous voulez dire, dans lesquels vous, vous avez évolué ?
03:10Voilà, exactement.
03:11C'est vrai que ça, c'est des choses que nos générations ont plus de mal à lâcher.
03:17Exactement.
03:18Est-ce que le pouvoir a un genre, selon vous ?
03:24Non.
03:25Non ?
03:25Non.
03:26Non.
03:27J'aime bien ces questions de genre aussi, la transformation, tout ce qui est en train de se passer en
03:31ce moment.
03:33Là, il y a des personnes que je connais autour de moi.
03:35Oui, voilà.
03:36Des personnes autour de moi qui changent de genre à 60 ans.
03:40Ah ouais ? C'est génial ça.
03:41C'est complètement insoupçonnable.
03:43D'accord.
03:43Un ami, là, voilà.
03:45Qui devient une femme ?
03:46Qui devient une femme, donc une transsexuelle.
03:48Et d'ailleurs, son fils va avoir un enfant.
03:50Mais elle le prend, elle sera quand même le grand-père de cet enfant.
03:54Ok.
03:55Parce qu'elle se dit, ben non, mon fils a une mère, je suis son père.
03:59Mais depuis qu'elle a fait sa transition, donc elle se sent quand même être le grand-père de son
04:02enfant.
04:03Et ça, je trouve ça extraordinaire de laisser les gens...
04:05Et ça ne dérange personne dans la famille ?
04:06Non, mais c'est ça.
04:08Laissez-nous tranquilles.
04:09Laissez-nous tranquilles.
04:10Est-ce que vous avez l'impression qu'on est un peu acculé en ce moment, Aurélia Pétier ?
04:13Un petit peu, oui, quand même.
04:14C'est...
04:15Oui.
04:15Dans tous les sens.
04:17Oui.
04:18Les hommes féministes, ça existe ?
04:19Les hommes féministes, bien sûr.
04:21Vous en connaissez, vous ?
04:22Oui.
04:23D'accord.
04:24Je pense qu'on vit même avec un homme féministe, même s'il est arménien, italien et Lazare.
04:29Ok, bravo Lazare.
04:30Et du sud et de Marseille.
04:32Ok.
04:32Comme quand on peut être de Marseille et féministe ?
04:34C'est ça.
04:35Ok, d'accord.
04:36C'est pas évident comme ça, on ne le voit pas tout de suite, mais au fond, je pense que
04:39oui.
04:40Ouais, c'est le cœur.
04:41Est-ce que, selon vous, on doit faire une différence entre cette notion d'équité et cette notion d'égalité
04:48dont on entend beaucoup parler ?
04:49Laquelle est la plus pertinente, selon vous ?
04:51C'est compliqué.
04:52Il faut répéter la question.
04:54L'égalité et l'équité.
04:55Oui.
04:55Il y a une différence entre les deux.
04:57Est-ce que vous voyez la différence entre les deux, déjà ?
04:59Non ?
05:00Quand vous, c'est pareil ?
05:01C'est pas ça, c'est que je ne sais pas répondre à cette question.
05:03D'accord.
05:04Je veux bien répondre à cette question.
05:04Alors, je vais vous donner un autre exemple.
05:06L'égalité, c'est évidemment le droit des femmes, le droit du salaire à avoir le même salaire que les
05:11hommes, le droit, etc. à avoir les mêmes droits, les mêmes égaux que les hommes.
05:16Bon.
05:16L'équité, c'est dire est-ce que les femmes sont les égales des hommes au sens, finalement, on n
05:22'est pas fait pareil, quoi.
05:23C'est super compliqué.
05:25En plus, moi, j'ai des jumeaux, garçons, filles.
05:27D'accord.
05:27J'ai vraiment eu le sentiment de les élever exactement de la même manière.
05:32Et eux, ils vous disent ça ?
05:33C'est pas qu'ils me disent ça, mais en tout cas, j'ai été quand même confrontée à la
05:38différence des sexes.
05:39Mais, effectivement, la société est tellement endoctrinée.
05:43Enfin, dans cette différence qu'on allait sur des chantiers, par exemple, on proposait un marteau à mon fils et
05:49on disait qu'elle avait une jolie robe à ma fille.
05:52Donc, j'ai vraiment...
05:54Mais je vois bien que ça change.
05:57Mais je vois bien comme ma fille prend soin de son frère et comme mon fils se plane, j'ai
06:06l'espace pour planer.
06:08Ils ont plus d'espace, les hommes, selon vous, pour planer ?
06:11Ils ont plus d'espace et plus de liberté.
06:13Oui, ça, je pense, oui, qu'ils ont beaucoup moins de...
06:15Enfin, ce qu'on appelle la charge mentale.
06:16Je n'ai pas toujours ce terme, mais...
06:19La charge mentale, c'est un peu un mot galvaudé pour tout.
06:21Voilà, exactement.
06:22Parce qu'on la charge mentale, on l'a choisie quand on fait des enfants aussi.
06:25Exactement.
06:25Oui, c'est clair.
06:26Mais n'empêche que les femmes en prennent quand même plus la charge.
06:31On entend.
06:32Alors, vous êtes donc à l'affiche de Mel Pommet, ce film de Charlotte Dauphin qui sera au cinéma le
06:3630 septembre.
06:37Il y a une grosse affiche.
06:38Vous avez Marisa Berenson avec vous, Marie-Ninès Gillot, Pascal Grégory, Finnegan Onfield et j'en passe.
06:45Aussi, une petite participation d'Anne Grimbert et d'Andy McDowell, quel casting.
06:50Je dis le pitch en deux secondes.
06:51Vous, vous interprétez la tante de Marthe.
06:53Marthe qui est jouée par Charlotte Dauphin.
06:55C'est une femme qui revient dans le sud de la France 30 ans après la mort mystérieuse de sa
06:59mère.
07:00Et puis, c'est une quête de vérité, en fait, qui va explorer le deuil, les secrets de famille, la
07:04frontière incertaine aussi entre réalité et perception.
07:07Ces frontières qui se floutent, dont on parlait à l'instant, finalement, elles sont très bien exprimées dans ce film.
07:13Est-ce que vous avez ressenti ça ?
07:14Est-ce que c'est quelque chose, une chose que vous vous êtes dite, que vous vous êtes posée en
07:18jouant dedans ?
07:20Déjà, moi, quand je joue ce genre de personnage, j'aime bien déplacer, justement, les enjeux.
07:25Donc, là, je chargeais aussi cette femme comme si elle avait été déplacée, déplacée de sa condition sociale.
07:31Ça, j'aime bien toujours rajouter des petits grains de sable.
07:35Et là, effectivement, c'est par rapport à tous ces non-dits, chacun a sa propre vérité sur cette histoire.
07:39Et surtout, une sorte de peur de la contagion de cette probable maladie.
07:44Déjà, est-ce que cette Marthe, le personnage incarné par Charlotte Dauphin, va hériter de la maladie, entre guillemets ?
07:56Parce qu'en fait, cette mère qui a disparu était peut-être juste libre et peut-être sortait du carcan
08:05de cette famille.
08:06Les autres n'ont pas réussi à s'extirper.
08:08Et donc, c'est un peu cette... Est-ce qu'on peut échapper, justement, à ces transmissions traumatiques de...
08:19Transgénérationnelles.
08:20Transgénérationnelles, voilà.
08:21Alors, dans la mythologie grecque, Melpomen, c'est la muse de la tragédie.
08:25Oui.
08:25Donc, on se dit quand même que finalement, grosso modo, vu le titre du film, a priori, elle n'échappe
08:28pas, Marthe.
08:30Là, en tout cas, c'est aussi le nom de la clinique.
08:32Non, elle n'y échappe pas.
08:33Et justement, elle ne sait pas.
08:34Et ce qui est beau dans ce film, c'est qu'on ne sait pas ce qui est en train
08:37de se passer,
08:37si c'est sa vision, si c'est sa paranoïa, si c'est vraiment cette famille qui est en train
08:41de lui transmettre
08:44comme si c'était inélucteur.
08:47Enfin, qu'elle ne pouvait pas échapper à sa condition, que c'était la fille de sa mère,
08:50et que du coup, voilà, elle subirait le même destin.
08:54Alors, du coup, est-ce qu'on peut échapper à sa condition, selon moi ?
08:56Moi, je pense que oui.
08:57Oui ?
08:57Ce n'est pas facile.
09:01Je pense que oui.
09:01Il y avait ce livre magnifique, là, de Adèle Lyon.
09:04Je ne sais pas si vous avez lu mon nom.
09:05C'était Elisabeth, justement, qui...
09:08Mais c'est dur.
09:09C'est beaucoup de bagarres, de colères et beaucoup de travail.
09:15Mais je pense que oui.
09:16Mais c'est vrai que l'attirance, justement, de cette transmission,
09:22qu'on pense être soit génétique, soit culturelle,
09:26et c'est des soutiens aussi.
09:28Ça peut être vraiment des soutiens par rapport à, comme on sait,
09:32comme on a grandi sur ces histoires qu'on nous a racontées,
09:36sur ce qu'on nous a transmis, même si ce sont des secrets.
09:40Parfois, les secrets sont...
09:43Il y a tout dans les secrets, à priori.
09:44Ils sont bien cachés, qu'en fait, c'est évident.
09:46Moi, je sais que, par exemple, dans ma vie,
09:49j'ai vécu sur un secret,
09:50et à 28 ans, c'est sorti, en disant,
09:52bon, ben voilà, qu'est-ce qui s'est passé ?
09:54On a tous des histoires familiales comme ça, j'ai l'impression.
09:57Tout le monde a son histoire.
09:58Tous des secrets.
09:59Voilà, exactement.
09:59Et ce qui est intéressant, c'est que, donc,
10:01Marthe, l'héroïne confrontée, justement,
10:03à cette histoire familiale, dont elle peine complètement à se libérer,
10:06ça résonne chez nous tous, en fait.
10:07Ce que vous êtes en train de dire.
10:09C'est-à-dire qu'il faut apprendre à faire avec, aussi.
10:13Bien sûr.
10:14Et en un temps, c'est tellement puissant
10:15qu'on se raccroche, aussi, à ces secrets,
10:18comme si c'était la source de tous nos malheurs,
10:20nos bonheurs,
10:21comme s'il pouvait y avoir une résolution,
10:23alors que, ben, malheureusement,
10:24la vie, c'est un long fleuve,
10:26pas toujours tranquille,
10:27mais dire, ça ne sert à rien de se raccrocher à ces scénarios.
10:32Le passé, c'est le passé, quoi.
10:33Le passé, c'est le passé, oui, c'est ça.
10:36Allez, Parlons Femmes, c'est l'émission
10:37qui vous raconte, les femmes, tout simplement.
10:39Tiens, pour vous, aujourd'hui,
10:40l'actrice Aurélia Petit,
10:41qui est à l'affiche de Mel Pommen, notamment.
10:43Le film écrit et réalisé par Charlotte Dauphin,
10:46qui sort le 30 septembre,
10:47et puis aussi en tournée à temps national,
10:49attention, avec la pièce d'Emilie Rousset,
10:51Affaires familiales.
10:52Allez, on revient tout de suite.
10:53La Caisse d'épargne Île-de-France,
10:55fière de soutenir toutes les femmes,
10:57vous présente
10:58Sud Radio, Parlons Femmes, Judith Belair.
11:01Ici, on n'illustre pas, on ne décore pas non plus,
11:04on parle vrai, vous êtes sur Sud Radio.
11:06Bienvenue dans Parlons Femmes,
11:07si vous nous rejoignez, vous êtes avec la comédienne Aurélia Petit,
11:09à l'affiche de Mel Pommen, un film écrit et réalisé par Charlotte Dauphin,
11:13que vous pourrez retrouver en salle dès le 30 septembre.
11:16Alors, on l'a dit aussi, Aurélia,
11:18vous êtes au théâtre,
11:20dans la pièce Affaires familiales d'Emilie Rousset.
11:22Vous avez l'habitude de jongler,
11:23beaucoup, entre le théâtre, le cinéma, la télé, etc.
11:27En fait, finalement, c'est un exercice très différent,
11:30mais c'est la même chose quand même, j'ai envie de dire.
11:32D'être au théâtre ou au cinéma ?
11:34Oui, sauf qu'au théâtre,
11:35on a quand même beaucoup plus de préparation.
11:39Travail de portée de voix, de positionnement,
11:41puis d'apprendre de répétition.
11:42On sait les textes, on sait où les placer,
11:45on connaît nos partenaires de jeu, etc.
11:49Alors que le cinéma, il arrive.
11:51C'est le plus le réalisateur, en fait.
11:53Voilà, c'est ça.
11:53Et beaucoup l'instant et toute cette équipe,
11:56et on ne se connaît pas spécialement.
11:59Donc, il y a plus de sauts dans le vide.
12:01Et en même temps, c'est ça qui est intéressant aussi,
12:03parce qu'on se prépare soi-même chez nous,
12:05on répète, etc.
12:06Et puis après, on se retrouve confronté à une forme de réalité.
12:09Et c'est à cet endroit-là qu'on peut construire
12:12avec ces petits accidents
12:13et construire au présent.
12:15Et alors, Charlotte Dauphin,
12:17moi je l'ai reçue dans cette émission la saison dernière,
12:21elle est très riche en inventivité, j'ai envie de dire.
12:23Et c'est comment de travailler à ses côtés ?
12:25Elle reste aussi très mystérieuse,
12:28un peu comme son personnage.
12:34Elle fait beaucoup de choses.
12:35Elle est très douce aussi.
12:35Elle est très dans la créativité.
12:36Et puis très dans la créativité,
12:38et très accessible aussi.
12:40Enfin, une sorte de mélange entre...
12:43Elle est très loin et très proche.
12:45Je ne sais pas, mais c'était une vraie rencontre.
12:48Avec un réalisateur, une réalisatrice, un metteur en scène, etc.
12:51Qu'est-ce qui fait que ça va matcher selon vous,
12:53et que ça va fonctionner,
12:54et que vous allez bien jouer en fait derrière ?
12:56C'est par le regard, déjà, beaucoup.
13:01Oui, beaucoup.
13:02De se sentir regardé.
13:04Vous n'avez pas travaillé avec n'importe qui, vous.
13:05Vous avez fait l'école du passage de Nyssa Restrup,
13:08qui n'était pas n'importe qui.
13:09C'est sûr, ça c'est sûr.
13:11Il y avait un sacré caractère aussi.
13:12C'est sûr.
13:14Justement, j'étais très jeune,
13:16j'étais même la plus jeune de l'école,
13:17et je n'étais pas tout à fait d'accord avec sa façon de voir.
13:21Pour lui, le partenaire était plutôt comme un adversaire.
13:27Se confronter toujours, être dans un rapport de force et tout.
13:29Je n'étais pas du tout d'accord.
13:31J'avais 16 ans, donc je n'étais pas du tout d'accord avec cette notion-là.
13:33Il vous a beaucoup engueulé, du coup ?
13:35Oui, il était dans un rapport de séduction très très fort, il faut le dire.
13:39J'avoue que ça m'avait un peu choquée.
13:41J'étais un peu naïve, j'étais arrivée là,
13:42puis je voyais toutes ces jolies actrices autour de lui.
13:47D'accord, c'est comme ça.
13:48C'est ça, être actrice.
13:50Ça va être ça, ça ne va pas être facile.
13:52Ça change, ça change.
13:54Pas encore assez ?
13:58Si, si.
14:01Aurélie Petit, vous avez aussi fait du cabaret, du cirque,
14:04notamment avec la compagnie Arcaus.
14:06Quand on est comédien, acteur, il faut savoir tout faire.
14:11C'est mieux, je trouve, de s'aventurer.
14:13Surtout quand on vient, comme moi, un peu de nulle part,
14:16sans réseau.
14:17Ça veut dire quoi venir de nulle part ?
14:19Le réseau est assez important quand même dans ce milieu.
14:22Ça peut vraiment aider.
14:24Étant donné que je n'étais pas du tout faite pour l'école,
14:26je n'étais pas non plus faite pour l'école d'art dramatique.
14:29À partir du moment où on me dit qu'il y a une façon de faire,
14:32je n'ai plutôt plus envie de faire ça.
14:35Vous n'aimais pas les règles.
14:36Voilà, c'est ça.
14:37C'est difficile au théâtre de ne pas aimer les règles.
14:41C'est quand même un univers très millimétré.
14:43Bien sûr.
14:44Non, non, j'ai des règles.
14:45Je suis très rigoureuse, mais je n'aime pas avoir de méthode, on va dire.
14:49C'est un peu embêtant parce qu'on a toujours l'impression de repartir à zéro.
14:52Donc, c'est très confrontant et pas rassurant.
14:53C'est ce que vous cherchez ici ?
14:55Oui, mais c'est vrai que j'en ai un peu marre de ça.
14:58Finalement, le lien entre la scène de théâtre, la rue, le spectacle de cirque et tout ça,
15:02c'est la présence de l'interprète qui se construit différemment aussi.
15:06C'est-à-dire que vous allez interpréter forcément différemment, même si c'est le même type d'exercice.
15:10Bien sûr.
15:12Mais d'où on vient encore ?
15:13Parce que c'est vrai que quelqu'un qui a fait une école, comme une école d'ordre dramatique,
15:16comme le conservatoire ou quoi, va avoir quand même un peu de soutien, de technique, on va dire.
15:22Et moi, j'aime bien et je me sers du fait aussi d'être fragile face à ces techniques.
15:28Mais c'est confrontant.
15:29Ça peut être confrontant.
15:31Donc, vous avez joué des grands textes classiques, on imagine ?
15:35Très peu.
15:35Très peu ?
15:36Non, j'ai plutôt joué beaucoup de contemporains.
15:38C'est parce que je suis plus attirée par ça.
15:42Et puis, effectivement, je n'avais pas cette technique.
15:45Je pense que je pourrais le faire, peut-être différemment.
15:48Mais je ne me suis pas retrouvée dans ce...
15:51Si vous aviez un petit génie qui venait devant vous il y a petit aujourd'hui
15:54et qui vous disait « je vous exauce votre vœu », qu'il serait-il ?
16:00De faire un film avec des amis, on va dire.
16:07Enfin, un film un peu collaboratif.
16:10C'est vrai que j'aime beaucoup l'idée de troupe et que ce film rencontre un succès.
16:16Vous avez envie de produire un film, vous ?
16:18Pas produire, mais j'avais réalisé.
16:20Vous avez réalisé un petit peu déjà ?
16:21Oui, réalisé.
16:22Mais c'est justement un film très collaboratif qui s'appelait « Cadavre Xki ».
16:26Donc, j'ai réalisé la première séquence et je montrais le dernier bout de cette séquence
16:30à un autre réalisateur qui lui enchaînait.
16:32Donc, c'est comme le jeu lui-même.
16:36Et donc, c'est ce genre d'expérience que j'aime beaucoup.
16:39C'est vrai que...
16:40Quand vous avez bossé avec la piche, parce que vous avez bossé beaucoup avec la piche aussi,
16:43notamment dans « Chacun cherche son chat »,
16:45on imagine que c'est un peu comme ça qu'il bosse, lui.
16:48Oui, tout à fait.
16:48C'est ça qui vous a plu dans ce cinéma ?
16:50Par exemple, avec Cédric, on faisait des ateliers.
16:53Tous les lundis, on se retrouvait.
16:54Il y avait Romain Duris, il y avait Lovdi Bouchet.
16:57On faisait des séquences qu'il écrivait pour nous.
16:59Puis après, on regardait les autres en train de les jouer.
17:01C'était très collaboratif et c'est ça qui me plaît.
17:03Et c'est ça qui me manque souvent.
17:07Parce que moi, j'ai accès à des seconds rôles.
17:09Donc, des fois, c'est trois, quatre jours de tournage.
17:12Donc, c'est vrai que c'est difficile de s'intégrer totalement dans une équipe.
17:15Alors que dès qu'on a 15 jours, 20 jours de tournage,
17:18tout de suite, c'est la vie, c'est autre chose.
17:20Vous avez fait beaucoup de cinéma d'auteur aussi.
17:22Oui.
17:23Ça, c'est un choix aussi ?
17:25Le choix, l'idée du choix, souvent dit,
17:27quand on est actrice, ça dépend des moyens aussi.
17:30Ah non, pas tout.
17:32De toute façon, le choix se fait tout seul.
17:33Je pense que je ne vais pas intéresser
17:36je ne sais quelle production pour, je ne sais pas, TF1.
17:40Pourquoi vous dites ça ?
17:42En plus, c'est peut-être qu'ils nous écoutent.
17:44Complètement.
17:44Coucou TF1.
17:45On va dire que les gens pour qui je ne suis pas faite
17:49ne sont pas faits pour moi non plus.
17:50J'ai l'impression que le choix se fait assez naturellement.
17:53Des fois, ce qui est contraignant,
17:54c'est que si on nous a vus dans un film,
17:56on va nous proposer le même type de rôle.
17:59Donc, ça, c'est vrai qu'on fait son choix par rapport à ça
18:01pour diversifier.
18:03Mais le choix, ça dépend.
18:05Des fois, on n'a pas le choix, en fait.
18:06Des fois, on a besoin de travailler, de manger.
18:08Donc, Lazare Bogotian, c'est votre compagnon ?
18:09Oui.
18:10D'accord.
18:10Et donc, vous avez créé plusieurs spectacles avec lui, en fait.
18:12C'est vrai.
18:13C'est un couple qui fonctionne.
18:14C'est vrai.
18:15Vous avez fait notamment la cage aux blondes.
18:16Absolument.
18:17Vous pouvez m'en parler de ça ?
18:17Parce que je suis blonde, vous êtes blonde.
18:19Parlons-en des blondes.
18:19La cage aux blondes, c'était...
18:21Alors, au début, c'était après un long travail
18:23avec une autre actrice qui s'appelle Marie Payen,
18:26avec qui on avait très envie de jouer toutes les deux.
18:28Et on se demandait, mais qu'est-ce qu'on pourrait faire ?
18:30Qu'est-ce qu'on pourrait faire ?
18:30Et elle me disait, on va jouer les bonnes de Jean Genet.
18:33Je lui dis, bon, c'est un peu classique.
18:35Mais pourquoi pas ?
18:35On commence à travailler là-dessus, sur une adaptation.
18:38Et on demande les droits, donc, d'adapter les bonnes
18:41qu'on nous refuse.
18:42Et en même temps, dès qu'on nous fait ce refus,
18:44moi, je dis, mais c'est génial, en fait.
18:46Ça, c'est l'idée du spectacle.
18:47C'est deux actrices qui voulaient jouer les bonnes de Jean Genet
18:50et à qui on refuse les droits.
18:51Et donc, qu'est-ce qu'on va faire ?
18:52Et du coup, c'est à ce moment-là
18:53qu'on a commencé à écrire avec Lazare le texte.
18:57Vous avez fait aussi « Lettres de la guerre ».
18:59Enfin, vous avez divers sujets.
19:01L'idée, c'est que travailler en couple,
19:05ça vous emmène ailleurs aussi, j'imagine ?
19:07Complètement.
19:08Bon, ben, on n'a plus travaillé ensemble
19:10depuis qu'on a eu les jumeaux.
19:11D'accord.
19:11C'est bizarre.
19:13On se demande pourquoi.
19:13On se demande pourquoi.
19:14Ils ont quel âge, les jumeaux ?
19:15Ils ont 16 ans.
19:16Donc là, ça peut reprendre.
19:18Il y a des envies qui restent.
19:20À 16 ans, on est très, très adolescents, non ?
19:22On est...
19:22Ouais, non, on sort du plus dur, je trouve.
19:2514, 15, j'ai trouvé ça plus dur.
19:28Là, ça commence à aller.
19:29Un petit conseil pour les mamans
19:30qui nous écoutent
19:30et qui ont des enfants de 14 ans,
19:32pleins de crise ?
19:3314 ans, c'est...
19:33On pense que tout va bien
19:35et en fait, une fois qu'on se rend compte
19:37de ce qu'ils font dans notre dos,
19:39en fait, rien ne va.
19:40C'est un peu l'âge
19:42où ils expérimentent des choses.
19:43Ok, d'accord.
19:44Et un conseil pour une jeune actrice
19:46qui a envie de faire une carrière ?
19:48D'être elle-même.
19:49D'essayer de se mentir le moins possible.
19:51D'être elle-même.
19:51C'est comme ça que vous jouez la comédie aussi ?
19:53Non, non, moi, je souffre beaucoup
19:55de justement, toujours essayer
19:58de rentrer dans le moule,
19:59Non, ce n'est pas le conseil
20:00que vous donnez à vous, en fait.
20:01Mais non, non, mais si, j'essaye.
20:03Là, justement, je suis arrivée
20:04en me disant, sois toi-même,
20:05arrête de dire.
20:06Vous avez bien raison.
20:06C'est pour ça que tout à l'heure,
20:06si je ne comprends pas bien une question,
20:08je préfère dire...
20:08Non, vous avez raison.
20:09Plutôt que d'essayer de me dire...
20:10Il n'y a pas de piège ici.
20:11Voilà, bon, donc...
20:12Donc, d'être elle-même,
20:13de ne pas se mentir,
20:14d'essayer de...
20:15Voilà, et puis la joie,
20:17enfin, le plaisir,
20:18d'avoir le plus de plaisir possible.
20:20Oui.
20:21Et de maintenir cette...
20:24De maintenir ça.
20:26Oui.
20:29Aurélia Dauphin...
20:30Aurélia Dauphin.
20:38Aurélia Dauphin.
20:39Vous projetez dans, je ne sais pas moi,
20:40cinq ans ?
20:40Vous seriez où ?
20:44Ben, ça dépend.
20:45Des fois, j'ai vraiment hâte.
20:47L'idée de la retraite,
20:48je trouve ça formidable.
20:50D'accord.
20:50C'est-à-dire la retraite
20:51comme une sorte de revenu universel aussi.
20:53L'idée de vraiment pouvoir choisir,
20:56de vraiment pouvoir être rassurée.
20:59Vous êtes bien jeune pour être à la retraite encore.
21:01Oui, mais bon, j'aime bien l'idée.
21:03De toute façon, c'est vrai
21:04que j'ai toujours bien aimé être...
21:05Après, je me suis toujours dit...
21:06Vous projetez très loin.
21:07Voilà, c'est ça.
21:08À 30, je me disais,
21:08à 40 ans, ça va être super.
21:10À 40, 50...
21:11Enfin bon, bref.
21:11Le présent n'est pas toujours évident.
21:14Mais dans 5 ans,
21:18continuez en espérant que ça...
21:21Vous savez que ce que vous dites,
21:22ça s'inscrit.
21:23Ce n'est pas en espérant,
21:24c'est vous continuez
21:25et puis ça va bien se passer.
21:26C'est le message que j'ai envie
21:28de passer à mes auditrices aujourd'hui.
21:29C'est ça.
21:30Mais il faudrait que les politiques
21:31nous aident aussi un petit peu.
21:32C'est ça le truc.
21:33On a dit qu'on n'en parlait pas.
21:34On ne parle pas des élections présidentielles.
21:37Non, il faudrait des fois qu'on...
21:40Oui, mais aussi, pourquoi pas
21:42se retirer et faire ça
21:44dans d'autres...
21:45Pas seulement pour des Parisiens
21:48ou pour un certain public,
21:50de faire ça dans les...
21:52De s'ouvrir à la France.
21:55Merci beaucoup, Réa Petit.
21:56Avec grand plaisir.
21:57Je rappelle qu'on vous retrouve
21:58le 30 septembre
21:59à l'affiche de Mel Pomen,
22:00le film écrit, réalisé par Charlotte Dauphin.
22:02Merci d'être venue partager avec nous aujourd'hui.
22:04Rendez-vous samedi prochain
22:05à 13h30.
22:07Et puis demain à 19h,
22:07vous le savez, c'est excellent.
22:08Samedi prochain, c'est Parlons Femmes,
22:09évidemment.
22:10Merci à Daisy
22:11qui réalise pour vous.
22:12Et puis surtout,
22:13prenez soin de votre mojo, mesdames.
22:15Bisous.
22:16Sud Radio, Parlons Femmes,
22:19Judith Belair,
22:20avec la Caisse d'épargne
22:21Île-de-France,
22:22fière de soutenir
22:23toutes les femmes.
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