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Les conseils de notre docteur Brigitte Milhau sur les sujets santé qui vous concernent dans #BonjourDrMilhau
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00:00Bonjour, aujourd'hui dans La Santé expliquée à ma fille, je répondrai aux questions de Sacha sur le sport
00:07et la question que tout le monde, ou presque, se pose, le sport fait-il maigrir ?
00:14Puis le professeur Bruno Dubois nous parlera de la maladie d'Alzheimer
00:17et nous expliquera comment faire la différence entre trou de mémoire et trouble de la mémoire.
00:24Et nous terminerons par l'innovation de la semaine du docteur Martin Blachier.
00:35Alors Sacha, une question que nous sommes nombreux à nous être posée, est-ce que le sport fait maigrir ?
00:40Et alors quelle est ta réponse à cette question ? Est-ce que le sport fait vraiment maigrir et à
00:44quel point ?
00:45C'est pas si simple que ça d'y répondre parce que ça dépend de beaucoup de choses, ça dépend
00:49évidemment de ce que tu manges à côté
00:50parce que c'est toujours sortie, entrée, enfin je veux dire c'est toujours comme ça que ça fonctionne.
00:55Mais c'est vrai que dès que tu bouges, dès qu'on bouge, forcément on dépense des calories.
00:59Même dans ton ménage ou en montant les...
01:02Oui en étant actif quoi, c'est pas le sport, sport.
01:04Mais là on va voir quand même sur une heure d'activité différente, combien de calories on peut perdre.
01:10On a commencé par une activité qui n'est pas si répandue que ça peut-être,
01:14mais qui fait perdre pas mal de calories, c'est la corde à sauter.
01:18Ça voudrait dire qu'il faut en faire pendant une heure ?
01:20Une heure et 4 à 5 fois par jour, par semaine pardon.
01:23Ah oui, parce que 4 à 5 fois par jour, ça fait quand même...
01:25Pardon, pardon, pardon.
01:25Une heure et 4 à 5 fois par semaine, ce serait idéal pour perdre du poids.
01:30Après course à pied, mais là c'est une course à pied assez intense, c'est 12 km heure à
01:35peu près.
01:36Donc là tu perds quand même déjà 500 à 800 calories en une heure.
01:40Après vélo aussi intense, on le voit quand même, ça fait 600 à 800 calories.
01:44Musculation soutenue.
01:45Ah oui, on pourrait se dire que ça fait perdre plus de poids que de nourrir en fait ?
01:49Eh bien non.
01:50Et là j'ai mis marche rapide pour moi, 250 à 300 calories.
01:54Ça veut dire que si je mange un croissant,
01:57eh bien il faut que j'aille marcher une petite marche rapide pendant une heure
02:01pour perdre les calories que j'ai prises.
02:02Oui non, mais c'est pour donner un exemple.
02:04Tu vois ?
02:05D'accord, donc on brûle des calories.
02:06On brûle des calories.
02:07Après comme on va le voir, il y a d'autres mécanismes
02:10qui font qu'on va perdre des calories quand même quand on se muscle.
02:14Donc tu vois, évidemment, on augmente la dépense énergétique, ce qu'on vient de voir.
02:18Mais tout ça, ça va aller chercher dans les réserves.
02:21Tu sais que pour qu'un muscle fonctionne, il lui faut déjà du glucose.
02:25Donc ça va aller puiser dans les réserves de glucose,
02:28ce qu'on appelle le glycogène qui se trouve au niveau du foie et au niveau des muscles
02:31et aussi au niveau des lipides, du gras.
02:35Donc on va aller puiser dans nos réserves de sucre, de glucose
02:39et aussi, c'est un petit peu plus tardivement, dans les réserves de gras.
02:44Oui, mais pour aller puiser, il faut quand même faire une activité.
02:46Voilà, et puis ce n'est pas au bout de deux minutes.
02:47C'est pour ça que je te dis, ça va dépendre énormément de l'intensité, de la durée et de
02:52la fréquence.
02:53Si tu le fais une fois par mois, franchement, ça servira.
02:55Même une fois par semaine d'ailleurs.
02:59Ça préserve ou ça augmente la masse musculaire ?
03:02Oui, mais dans ce cas, ça ne devrait pas faire perdre de poids si on augmente la masse musculaire.
03:06Alors tu as raison, quand on se muscle vraiment, on peut prendre un kilo à peu près.
03:11Mais ce que je veux dire par là, c'est que, tu sais par exemple, quand tu dors,
03:15il y a ce qu'on appelle un métabolisme, toi ou tout le monde,
03:19il y a ce qu'on appelle un métabolisme de base ou le métabolisme de repos qui dépense des calories.
03:25Oui, la respiration, le cœur qui bat, tout ça, ça dépense des calories.
03:29Voilà, la digestion, tout, tout, tout.
03:31Tu dépenses des calories en dormant.
03:32Et on sait qu'à poids égal, une personne de 70 kilos qui n'est pas très musclée
03:37versus une personne de 70 kilos qui est très musclée,
03:41eh bien son métabolisme de base, de repos, sera plus important.
03:45Parce que les muscles, ça dépense aussi des calories, même au repos, pas qu'en activité.
03:49Donc tu vas quand même préserver, voire augmenter ta masse musculaire.
03:54Donc tu vois, on peut dire aussi que ça dépense des calories.
03:56Et modifier la prise alimentaire, c'est-à-dire ?
03:59Alors ça, c'est un peu, ça dépend vraiment des gens, en fait.
04:02Certaines personnes, en fait, chez certaines personnes,
04:05le fait de pratiquer une activité physique va couper l'appétit.
04:10Ça arrive assez souvent et chez beaucoup d'autres...
04:14Ça va l'augmenter.
04:15Ça va l'augmenter, mais ça vient même un petit peu, si tu veux, comment te dire,
04:19un peu comme une récompense.
04:21Ah oui, j'ai fourni un bon effort là pendant un bon moment.
04:24Et donc maintenant, je vais me récompenser et je vais me mettre à manger.
04:27Pour manger plus, pour manger plus.
04:27Donc là, ça ne marchera pas.
04:29Après, ce qu'il faut aussi comprendre, c'est que tu sais qu'avec l'âge,
04:36on perd des muscles.
04:39Et à partir... ça commence assez tôt, d'ailleurs.
04:41Ça s'appelle la sarcopénie.
04:44À partir de 30 ans, c'est à peu près 8 à 10 % de pertes musculaires tous les 10
04:51ans.
04:52Et donc, on va aussi éviter, finalement, de prendre du poids en perdant du muscle.
04:58Avec l'âge, on va dire que c'est quasi inévitable.
05:02Avec l'âge, on a tendance à prendre du poids, notamment parce qu'on perd du muscle.
05:06Donc, on va aller compenser, si tu veux, en ayant une masse musculaire importante.
05:10Tu vas éviter la prise de poids, qui normalement est quasi inévitable, si tu n'en prends pas.
05:17Après, autre chose qui est importante dans le muscle, et on le sait.
05:21Tu sais, une personne qui fait un régime,
05:23voire les personnes qui prennent les médicaments anti-obésité dont on parle beaucoup,
05:28eh bien, en fait, on leur dit qu'il faut se muscler.
05:30Parce que si tu fais un régime...
05:32Ça ne suffit pas de couper la faim, en fait.
05:33Il va y avoir une fonte musculaire.
05:35OK, tu vas perdre du gras, mais tu vas perdre aussi du muscle.
05:37Donc là, il faut vraiment faire attention et compenser tout ça.
05:40Donc, tu vois, c'est important.
05:42Il est important pour l'humeur, pour le stress, pour l'activité physique.
05:46Ça a du bon pour...
05:47C'est un peu.
05:47Pas uniquement le poids.
05:48On en parle un peu moins, mais tu sais, quand tu pratiques une activité physique,
05:52généralement, tu dors mieux.
05:54Et pendant le sommeil, on régule notre poids aussi.
05:57Donc, on le voit tout l'intérêt.
05:58Alors, une petite remarque.
06:00Ceux qui font régulièrement du sport, toute leur vie, en revanche, là, faites attention.
06:05Parce qu'à l'arrêt du sport, là, on peut prendre du poids.
06:08Mais en tout cas, on le voit.
06:09Faire du sport, c'est important de commencer tôt, voire de commencer tard.
06:13Même, il est toujours temps de commencer à faire du sport.
06:15Et c'est bon pour absolument tout.
06:24Docteur Bruno Dubois, je suis ravie de vous accueillir.
06:26Vous êtes neurologue, vous êtes professeur à Sorbonne Université.
06:30Vous avez co-créé la Fondation pour la Recherche d'Alzheimer.
06:34Et vous avez aussi été à l'initiative du CERMAD, dont on reparlera tout à l'heure.
06:39Avec plaisir.
06:40Alors, pour commencer, j'aimerais, avec votre aide, que vous nous expliquiez les différences,
06:46les questions que tout le monde se pose.
06:47J'ai un trou de mémoire, mais est-ce que c'est grave, est-ce que c'est pas grave
06:50?
06:50Des différences entre trou de mémoire et trouble de la mémoire.
06:54Comment faire ?
06:55Le trouble de la mémoire, c'est un phénomène relativement banal.
06:59Tout le monde se plaint à partir de 50 ans de sa mémoire.
07:03Tout le temps.
07:04Voilà, on est d'accord.
07:06Où est-ce qu'on a posé les clés ? Où est-ce qu'on a mis le journal ?
07:08Où est-ce qu'on a mis les lunettes ?
07:09Comment il s'appelle celui-ci ?
07:10Voilà, exactement.
07:11C'est banal, c'est banal.
07:13Et le problème, c'est qu'à cause de gens comme vous, on inquiète les gens en disant,
07:16il faut se mobiliser.
07:18Il faut se mobiliser, la mémoire c'est important.
07:20Alzheimer, voilà.
07:21Alors déjà, à cause de moi, on ne s'inquiète pas, c'est pas vrai, je rassure en permanence.
07:24Alors très bien, alors c'est bien.
07:25Il faut rassurer justement.
07:26Il faut rassurer parce que ce trouble de la mémoire est banal.
07:29Et c'est simplement un trouble de l'attention.
07:31On ne fait pas attention.
07:32Et puis il ne faut pas oublier que l'oubli est indispensable à la mémoire.
07:34C'est vrai.
07:35Mais c'est surtout qu'on ne fait pas attention aux choses sans importance.
07:40Mais en revanche, si on ne se rappelle pas un fait important,
07:43un événement qui a eu lieu dans les jours qui précèdent,
07:46un événement politique, la visite d'un ami important, etc.
07:49Là, il faut être attentif.
07:51Et c'est là qu'il va falloir se mobiliser.
07:52Parce que le patient lui-même n'en est pas conscient.
07:54C'est à la famille, c'est à l'entourage.
07:57Lorsque la personne a tendance à se répéter ou à poser plusieurs fois les mêmes questions.
08:01Oui, chérie, j'ai pris mes médicaments.
08:02Oh, chérie, j'ai pris mes médicaments plusieurs fois.
08:04C'est quand le rendez-vous chez le médecin, etc.
08:06Et là, il faut être attentif.
08:07Alors, il y a une chose aussi qu'on entend souvent, justement, dans l'entourage.
08:11Oh, quand même, sa mémoire fonctionne, puisqu'il se rappelle de ce qu'il faisait quand il était tout jeune.
08:16Mais exactement.
08:17La mémoire, c'est la capacité à former des souvenirs nouveaux.
08:21Les souvenirs anciens, ils sont là.
08:23Parce que la mémoire fonctionnait tout au long de la vie.
08:25Mais est-ce qu'on ne se rappelle ce qu'on a fait la veille ?
08:28Est-ce qu'on ne se rappelle ce qu'il y a eu à dîner la veille ?
08:30En fait, ce que vous voulez dire, c'est la mémoire a fonctionné, mais est-ce qu'elle fonctionne encore
08:34?
08:34Exactement. Parce que c'est ça, la maladie à laquelle on pense, la maladie d'Alzheimer.
08:40C'est la capacité à stocker des informations nouvelles.
08:43Donc, par exemple, est-ce que je me rappellerai demain de notre entrevue d'aujourd'hui ?
08:47Je vous le souhaite.
08:48Et voilà. Eh bien oui. Parce que sinon, c'est un événement important.
08:51Je ne dois pas l'oublier.
08:53Merci pour tous ces éclaircissements.
08:55Il y a une chose, moi, qui me tient à cœur.
08:58C'est l'annonce à un patient ou à une patiente, puisqu'il y a plus de femmes que d
09:03'hommes,
09:03de la maladie d'Alzheimer.
09:07Quand on annonce à un patient, on sait le choc que ça peut procurer.
09:12Donc, est-ce que vous auriez des conseils pour les médecins ?
09:15Parce qu'il y en a certains qui l'annoncent de manière assez brutale.
09:18À donner aux médecins en général, à quel moment faut-il le dire ?
09:22En présence de qui ? Est-ce qu'il y a une vérité ?
09:25Est-ce qu'il y a des moments de vérité ?
09:27C'est un vrai sujet. C'est un vrai sujet parce que c'est vrai que le médecin n'est
09:31pas propriétaire de la maladie du patient.
09:35Cette maladie, elle appartient au patient.
09:37Donc, on doit lui expliquer ce qu'il a.
09:41Mais dans l'explication, évidemment, il y a l'art et la manière.
09:44C'est qu'il faut faire très, très attention parce que cette révélation peut être brutale et peut être douloureuse.
09:50et peut même entraîner des réactions parfois catastrophiques pour l'entourage et surtout pour le patient.
09:56Donc, il faut amener ça avec beaucoup, beaucoup de finesse, beaucoup de doigté.
09:59Il faut bien comprendre la situation.
10:00Il faut savoir si le patient peut l'entendre, s'il souhaite l'entendre ou s'il ne faut pas
10:04le lui dire.
10:05Et à ce moment-là, il faut lui dire, écoutez, vous avez des troubles de mémoire qui sont préoccupants,
10:08qui sont sérieux, qui nécessitent une prise en charge.
10:10On va voir comment ça va évoluer.
10:12Je vais vous accompagner et on verra dans l'avenir, etc.
10:15Mais ne pas s'engager trop vite parce qu'en plus, on peut se tromper.
10:19Et donc, et moi, je le vois, alors vraiment, je dirais presque quotidiennement,
10:23parce qu'on m'adresse un peu à des patients de partout et je rectifie des diagnostics.
10:27Encore ce matin, je peux le dire, encore ce matin, j'ai rectifié un diagnostic.
10:31On parle, quand on parle de maladie d'Alzheimer, évidemment, et c'est normal,
10:35on parle des personnes âgées puisque ça touche essentiellement la personne âgée.
10:39Mais il y a aussi des formes jeunes.
10:41On a quand même 30 000 personnes qui ont moins de 60 ans.
10:44Et donc là, ça doit être un bouleversement total.
10:47C'est un vrai problème, ça aussi.
10:50Parce que malheureusement, les gens ne le savent pas.
10:52Ils ont l'impression que la maladie d'Alzheimer est une maladie de la personne âgée.
10:56C'est pas vous.
10:57Mais bien sûr, plus on vieillit, plus la maladie est fréquente.
11:00Mais elle est aussi présente chez des gens jeunes,
11:03et comme vous l'avez dit, avant 65 ans.
11:05Donc là, il faut savoir que l'entrée dans la maladie se fait de façon souvent un peu différente.
11:11C'est pas forcément la mémoire.
11:12Ça peut être autre chose.
11:14Et c'est ça qui est piégeant.
11:15Parce que ça va être un trouble du langage, des difficultés.
11:17Le sujet qui se met à bafouiller, qui ne comprend pas très bien ce qu'on lui dit.
11:20Ou des troubles viso-spatiaux.
11:22La difficulté à identifier l'emplacement des objets dans l'espace.
11:26Il prend mal ses fourchettes.
11:28Il ne se comporte pas comme il faut.
11:30Et les gens passent à côté.
11:32Et notamment, ce qu'on appelle le syndrome des exécutifs.
11:35C'est-à-dire le trouble de l'organisation, la planification.
11:38Donc, professionnellement, ces sujets vont se déclasser très vite.
11:41Et on ne va pas comprendre.
11:43On va dire que c'est un burn-out.
11:44Et ils rentrent souvent dans la maladie de l'Alzheimer par le diagnostic de burn-out.
11:47Et c'est longtemps après qu'on rattache les difficultés de planification,
11:52les difficultés d'organisation de leur agenda, de leur réunion, etc., à la maladie d'Alzheimer.
11:58Vous m'avez parlé d'un exemple concret avec une personne qui a été licenciée.
12:04Mais il y en a plein d'exemples comme ça de gens qui, à 45 ans,
12:08se mettent à faire des fautes professionnelles parce qu'ils ont un trouble de mémoire
12:11ou un trouble de l'organisation, un trouble de la planification.
12:14Et donc, finalement, on va se dire que ça ne va pas du tout.
12:17Ils sont renvoyés pour faute grave.
12:18Et je me rappelle, effectivement, d'une journaliste qui avait été renvoyée pour faute grave à 45 ans
12:22parce qu'elle s'était trompée dans un compte-rendu, dans une interview.
12:25Et on avait pris ça pour un laisser-aller ou pour une indifférence ou pour une incompétence.
12:32En réalité, non, c'était la maladie.
12:34Et ça n'avait pas été reconnu comme tel.
12:36Donc, il faut être très vigilant.
12:38Et ça, c'est important.
12:39Et puis, vous me dites, à 45 ans, mais ça veut dire qu'à 45 ans, on a des enfants
12:44jeunes,
12:45on est le pilier de la famille, le papa, la maman, peu importe.
12:49Donc, c'est très compliqué, non seulement, évidemment, pour le patient,
12:52mais pour tout le monde, mais ça, quel que soit l'âge.
12:55Mais peut-être encore plus chez les jeunes, dans les formes jeunes.
12:57Mais non, vous avez raison.
12:58Il ne faut pas dire quel que soit l'âge.
12:59Je pense qu'il y a, de façon un peu excessive et schématique, deux maladies.
13:03La maladie de la personne âgée, voire très âgée, qui n'a pas du tout les mêmes répercussions,
13:07parce que cette personne, finalement, elle a peu fait sa vie.
13:09Elle n'est plus un pilier dans l'organisation familiale.
13:12Elle ne travaille plus dans la plan.
13:13Elle ne travaille plus.
13:14Elle est déjà un peu en dehors de la vie active.
13:17Alors que la personne plus jeune est un pilier familial,
13:21a une activité professionnelle, a des amis, un réseau relationnel, etc.
13:25Et tout ça, ça va être très compliqué, parce que les gens ne vont pas comprendre,
13:29et sur le plan professionnel, et dans la famille.
13:31Il va falloir se réorganiser.
13:32Et que fait-on ?
13:33Que fait-on quand quelqu'un a une maladie d'Alzheimer il y a 50 ans ?
13:37Comment faire ?
13:38Le mari ou la femme continue à travailler.
13:40Les enfants vont à l'école.
13:41Qu'est-ce qu'on fait de cette personne ?
13:43Où on les met ?
13:44Dans les EHPAD, c'est à partir de 70 ans.
13:46On ne peut pas la mettre à l'EHPAD.
13:48Donc, c'est très compliqué.
13:49Justement, parlez-moi du CERMAD.
13:52Racontez-moi ce que c'est.
13:52Déjà, c'est le centre d'excellence et de recherche
13:55de la maladie d'Alzheimer et des maladies dégénératives.
13:58Eh bien voilà, nous avons voulu doter à la Salle Pétrière,
14:01je veux dire, la région parisienne et la France,
14:03de premiers grands centres de recherche, d'études,
14:07et de prévention et de traitement des maladies neurodégénératives.
14:10Mais ce qui est formidable, c'est que dans les recherches,
14:13puisque c'est votre dada, c'est votre passion,
14:14ça fait des années que vous êtes dans la recherche
14:18contre cette maladie d'Alzheimer.
14:20L'idée, c'est d'arriver à diagnostiquer
14:22avant que les symptômes n'apparaissent ?
14:24Mais oui, mais oui.
14:25Alors, là, on fait de la science-fiction.
14:27On fait de la science-fiction, attention.
14:28Mais aujourd'hui, on peut identifier
14:30les gens porteurs des lésions de la maladie
14:32avant qu'ils aient les symptômes.
14:34Donc, ce n'est pas de la science-fiction ?
14:36On le fait dans la recherche.
14:38On ne le fait pas en clinique.
14:38Ah oui, d'accord.
14:39On le fait dans la recherche.
14:40Tout le monde ne peut pas le faire,
14:41mais dans la recherche, on le fait.
14:42Ce qui est intéressant, c'est qu'on peut repérer
14:44ces gens à risque et essayer de voir
14:46si on peut leur faire bénéficier de traitements
14:49dont on a montré par ailleurs
14:50qu'ils étaient efficaces sur les lésions
14:52avant qu'ils rentrent dans la maladie.
14:54En d'autres termes, l'idée, c'est de retarder
14:56l'entrée dans la maladie en donnant
14:58chez les gens qui sont à haut risque
15:00les médicaments qui peuvent nettoyer les lésions.
15:02Et comment vous allez savoir
15:04qui est à haut risque ou pas ?
15:06On va faire quoi ?
15:07On va faire une prise de sang ?
15:08On va faire quoi ?
15:09C'est le CERMAT.
15:10C'est-à-dire qu'on va stratifier les gens
15:12en fonction d'un certain nombre de paramètres,
15:14de facteurs.
15:14Bien sûr, la recherche des biomarqueurs.
15:17Est-ce qu'ils ont ou pas les lésions de la maladie ?
15:20Première chose, mais pas que ça.
15:21Par exemple, est-ce qu'il y a des facteurs de risque associés ?
15:24L'âge, une histoire familiale,
15:26des troubles de mémoire déjà un peu notés.
15:29Mais la prise de sang, vous me dites,
15:30les biomarqueurs, comme si tout le monde savait ce que c'est.
15:32Qu'est-ce qu'on cherche à la prise de sang ?
15:33Eh bien, aujourd'hui, on a la possibilité de savoir
15:36si les gens ont ou pas les lésions,
15:39la maladie d'Alzheimer dans le cerveau.
15:41Jusqu'à il y a 20 ans.
15:42Moi, je ne peux pas aller le faire, ça, cette précision.
15:43Jusqu'à il y a 20 ans,
15:44jusqu'à il y a 20 ans,
15:45il fallait attendre que j'en décède
15:47pour savoir s'ils avaient les lésions dans la maladie,
15:48vous le savez.
15:49Bon, aujourd'hui, on peut, on a progressé,
15:52on a des examens de neuro-imagerie,
15:54le PET scan qui permet de le voir,
15:56on a même la ponction lombaire
15:57qui permet de remesurer la concentration
15:59des lésions du cerveau.
16:00Et ce qui est encore plus extraordinaire,
16:02c'est qu'on fait maintenant une prise de sang
16:04qui est corrélée à la présence des lésions dans le cerveau.
16:07Alors, ça se fait dans des centres de mémoire
16:10hautement spécialisés,
16:11ce qu'on appelle les CMRR.
16:12Ça va se faire en ville,
16:13mais c'est un examen qui vient conforter
16:17un diagnostic clinique.
16:20C'est un examen de recherche.
16:22Non, mais ce qui est formidable aussi
16:23dans ce futur centre,
16:24ça va être en 27, je crois,
16:27c'est que là, ça va être sur l'humain.
16:28Ça ne va plus être sur les animaux.
16:31Donc, vous allez faire des appels à personne
16:34et ce sera évidemment sur le volontariat.
16:37Mais là, vous allez le tester,
16:38faire ses examens chez l'humain.
16:40Voilà, parce qu'il y a deux types de recherches.
16:41Alors, le cher fondamental qu'on fait
16:43sur des modèles animaux
16:44et puis il y a la recherche clinique
16:45qu'on fait chez l'homme.
16:46Le problème, c'est que cette recherche
16:48qu'on fait chez l'homme,
16:49on ne peut pas le faire à l'hôpital
16:49parce que l'hôpital, c'est un lieu de soins.
16:51Donc, il faut qu'on ait un bâtiment
16:53où on hospitalise des gens pour la recherche,
16:55pour prélever des informations
16:57et à partir de là, faire des bases de données
17:00multimodales dans plusieurs domaines
17:01pour extraire des algorithmes de prédiction.
17:05Il ne vous reste qu'un seconde.
17:06Vous avez dit et après, on pourra les traiter.
17:08Donc, on a des traitements maintenant
17:10qui sont efficaces ou qui seront efficaces ?
17:13Alors, qui sont efficaces sur les lésions
17:14mais pas encore sur les symptômes.
17:16Probablement parce que quand les gens sont malades,
17:18c'est déjà trop tard.
17:19D'où l'idée.
17:20D'où l'idée de l'hôpitalien
17:21avant les symptômes.
17:22Et voilà.
17:23Merci beaucoup, professeur.
17:24C'était un plaisir.
17:24Merci.
17:31Docteur Martin Blaché, bienvenue.
17:32Je rappelle que vous êtes médecin de santé publique
17:34et chaque semaine, une innovation.
17:37Alors, cette semaine ?
17:37Alors, cette semaine, on va parler de petits foies,
17:40de mini-fois qui vont être injectés
17:42dans la Grèce de façon
17:44à ce que les gens qui ont un foie
17:45qui est complètement abîmé
17:46et qui n'arrivent même plus à remplir
17:48ses fonctions minimales
17:49puissent être supplantés
17:50par, en fait, une innovation incroyable.
17:52C'est qu'ils ont mis des petites cellules de foie
17:55avec un matériel
17:56qui permet que, dans le corps,
17:58en fait, ces cellules s'organisent,
18:00soient vascularisées
18:01et remplissent une petite partie
18:03de la fonction du foie.
18:04Plein de petits foies, comme ça,
18:05qui seraient injectés
18:06dans la Grèce du ventre, là,
18:07chez les souris,
18:08mais qui pourraient être injectés
18:09dans plusieurs...
18:10Attendez, vous venez de dire
18:11un mot important,
18:11chez la souris.
18:12Absolument.
18:13Pour l'instant,
18:13on est très, très, très en amont.
18:15C'est chez la souris.
18:16Les études chez l'homme
18:17n'ont même pas commencé.
18:18Mais il y a un proof of concept
18:19de quelque chose
18:19qui n'a jamais été fait
18:21jusqu'à aujourd'hui.
18:22C'est qu'avant,
18:22on injectait des cellules
18:24et, en fait,
18:24les cellules,
18:24elles n'étaient pas viables.
18:26Donc, greffer des cellules,
18:27on l'a déjà fait.
18:28Et là, ce qui est extraordinaire,
18:29c'est qu'en fait,
18:30on a réussi à créer,
18:31comme vous le voyez sur l'image,
18:33des espèces de petits atomes
18:34qui sont mélangés
18:35entre des billes d'hydrogel
18:36et des cellules hépatiques.
18:38Et, en fait,
18:39au milieu de ces billes-là,
18:40les cellules hépatiques
18:41arrivent à survivre.
18:42Ça crée comme un petit squelette.
18:44Les vaisseaux vont venir alimenter
18:46et donc, du coup,
18:46ces cellules vont pouvoir...
18:47Après, c'est vascularisé
18:48parce qu'il faut que ce soit
18:49vascularisé pour fonctionner.
18:51Les vaisseaux arrivent,
18:52on est sûr qu'ils arrivent ?
18:53En fait, oui,
18:54parce qu'après,
18:54les souris,
18:55elles n'ont vécu que deux mois.
18:57Elles ont été sacrifiées
18:59et on a regardé, effectivement,
19:00ces petits amas
19:01qu'on leur avait injectés
19:02avaient créé des nouveaux vaisseaux
19:04qui étaient venus
19:04autour de ces petits amas.
19:05Et on a vu aussi
19:06que dans le sang
19:07de ces souris-là,
19:08on avait tué
19:09leur fonction hépatique,
19:10c'est-à-dire qu'elles n'avaient
19:11plus de foie.
19:12Et pourtant,
19:12les grandes molécules,
19:14les grandes protéines
19:15comme l'albumine
19:15ou les grands facteurs
19:16de coagulation essentiels
19:17ont été retrouvés
19:18dans le sang de la souris.
19:20Donc, c'est bien
19:20ces petits amas cellulaires
19:22qui avaient fait
19:23cette fonction hépatique
19:24qui n'était plus possible
19:25dans le foie.
19:25Et on les a injectés comment ?
19:26Dans une seringue ?
19:27Alors, on met ça
19:29dans une seringue
19:29et en fait,
19:30quand cette matière-là
19:31est mise sous pression,
19:32elle devient liquide
19:33et une fois qu'elle est injectée,
19:35la pression n'est plus là
19:35et donc, du coup,
19:36ça redevient
19:36une espèce de gélatine.
19:37Rien que ça, c'est génial.
19:38Non, c'est incroyable.
19:39D'ailleurs, on le voit là,
19:40vous voyez,
19:40ça crée une espèce de gélatine
19:41dès que c'est plus dans la seringue
19:42parce que c'est plus sous pression.
19:43Ça va se mettre
19:44dans le tissu adipeux,
19:45c'est-à-dire dans le gras
19:46abdominal de la souris.
19:48Puis ça va commencer
19:49à fonctionner,
19:49les vaisseaux vont venir
19:50et on va créer des petits foies
19:51comme ça
19:51dans la graisse des souris.
19:52Donc, l'idée,
19:54là, évidemment,
19:55c'est totalement expérimental
19:56et tout,
19:57mais l'idée serait
19:58d'arriver
19:59à pallier
20:01quelques manques
20:02de fonction
20:03du foie.
20:04En fait,
20:05le foie,
20:05il va continuer quand même,
20:06le sang,
20:06il va continuer
20:07à être filtré
20:07au niveau du foie,
20:08etc.
20:09C'est juste pour pallier
20:10certains manques.
20:11Alors, exactement.
20:12Honnêtement,
20:12il y a encore beaucoup
20:13d'incertitudes
20:13sur des innovations
20:14qui sont à ce stade-là,
20:15mais les chercheurs,
20:16l'idée qu'ils en ont,
20:17c'est que des gens
20:18qui auraient un foie
20:19tellement abîmé
20:20qu'en fait,
20:20il n'y aurait quasiment plus rien
20:21qui serait produit
20:22par le foie.
20:23Ils seraient en attente
20:24d'une transplantation hépatique,
20:25donc d'avoir un nouveau foie
20:26qui viendrait d'un donneur.
20:28Mais le problème,
20:28vous le savez,
20:29pour les greffes
20:29et notamment celle du foie,
20:30c'est que vous avez
20:30beaucoup plus de gens
20:31qui en ont besoin
20:32que de greffons
20:33qui sont disponibles.
20:34On a environ 1300
20:35à 1500 greffes de foie par an
20:38et vous avez plus de 3000 personnes
20:40qui sont sur la liste de greffes.
20:42Et donc,
20:43pour les faire attendre,
20:44on restitue
20:45une petite fonction hépatique
20:47en attendant
20:48de leur donner
20:49une meilleure fonction hépatique
20:50avec un vrai foie d'un donneur.
20:52ça permet de faire attendre
20:53les gens plus longtemps.
20:54Vous savez que les maladies du foie
20:55qui créent ces insuffisances hépatiques,
20:57soit vous avez des côtés chroniques,
20:59c'est-à-dire
21:00pendant longtemps,
21:00vous abîmez votre foie
21:01et puis au bout d'un moment,
21:02il n'y a plus de foie.
21:03Ou alors,
21:03ça peut être des choses
21:04extrêmement explosives
21:05comme les hépatites fulminantes,
21:07notamment virales
21:07ou médicamenteuses.
21:09Et à ce moment-là,
21:09ce sont des patients
21:10souvent assez jeunes
21:11qui n'ont eu aucune conduite à risque.
21:13C'est brutal.
21:14Et donc,
21:14on n'a pas forcément un foie tout de suite.
21:16on aimerait les faire attendre
21:18pour pouvoir les greffer rapidement.
21:19Et l'idée,
21:21imaginons que ça fonctionne
21:22une fois que ce sera testé
21:24chez l'homme.
21:25Quelques années.
21:25C'est pareil,
21:26on le mettrait aussi dans la graisse.
21:27Et pourquoi ne pas en mettre plusieurs
21:28comme ça
21:29pour avoir plus de fonctions ?
21:30On pourrait,
21:30d'ailleurs,
21:31les auteurs disent
21:32qu'il pourrait y en avoir
21:33dans le ventre,
21:34on pourrait en mettre
21:34autour des reins,
21:35on pourrait en mettre
21:35dans plein d'endroits du corps.
21:37Ce serait un espèce de foie
21:39diffus,
21:40des micro-foies dans l'organisme.
21:42Encore une fois,
21:43sécher la souris.
21:45Sécher la souris,
21:45mais c'est fait
21:46avec des hépatocytes humains.
21:47Absolument.
21:48Ce sera des hépatocytes,
21:49d'ailleurs,
21:49de donneurs.
21:50des cellules de foie
21:51d'un humain.
21:52Exactement.
21:52Et d'ailleurs,
21:53il y a un certain nombre de foie
21:54qu'on ne peut pas récupérer
21:54pour la transplantation,
21:55mais qui pourraient être fournisseurs
21:58de ces hépatocytes
21:59qu'on irait transplanter
22:00en petits agrégats
22:02chez le patient.
22:03Donc,
22:03ça reste quelque chose
22:03d'extraordinaire
22:04et on a hâte de savoir
22:06les prochaines études du développement.
22:07Moi aussi,
22:07j'ai hâte de savoir.
22:09Merci, Dr Blachier.
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