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NewsTranscription
00:00Radio, la France dans tous ses états, le fait du jour.
00:05Ah, je vous laisse la parole.
00:06Non, non, non, on entendait tout à l'heure la voix de madame Ursula von der Leyen et c'est
00:10le sujet aujourd'hui du jour.
00:12Ursula, nous recevons qui ?
00:13Ursula, alors je... Anissa.
00:16On reçoit Adrien Matou, directeur adjoint de la direction de Marianne.
00:21L'idée évidemment est de rebondir à ce qu'a dit Ursula von der Leyen hier sur l'interdiction,
00:26sa volonté ferme et formelle d'interdire les réseaux sociaux au moins de 13 ans
00:30et de réserver aux 13-15 ans des comptes limités.
00:33Bonjour Adrien Matou.
00:35Bonjour, bonjour à tous.
00:36Merci Adrien Matou d'être en direct aujourd'hui sur Sud Radio pour, j'allais dire, disserter.
00:43On n'est pas dans une dissertation, mais pour essayer de décrypter.
00:46D'abord il y a eu le discours de l'Union qui est un instant solennel dans les institutions européennes.
00:51Je voudrais que vous nous déniez déjà votre point de vue global sur ce discours,
00:54sur ce qu'il entend, ce qu'elle sous-entend, ce qu'elle propose,
00:58puisque cette femme semble prendre de plus en plus d'importance, y compris dans nos vies nationales.
01:02Évidemment, si on lui ouvre la porte, c'est normal qu'elle y vienne.
01:05Et puis voilà, cette suggestion, suite à la visite d'Emmanuel Macron, à l'intervention,
01:10puisque le projet de loi a été retoqué par la pensée constitutionnelle
01:13pour l'interdiction de l'accès des réseaux sociaux au moins de 15 ans,
01:16là elle suggère la petite nuance au moins de 13 ans.
01:19Est-ce que ça signifie quelque chose de sérieux ou pas de sérieux ?
01:23Adrien Matou, Ursula von der Leyen est en train de s'immiscer un peu dans la politique française,
01:28dans notre vie nationale ?
01:31Oui, alors ça ne date pas d'hier.
01:33De toute façon, il y a toujours cette espèce d'ambiguïté,
01:37puisque Ursula von der Leyen, comme les précédents présidents de la Commission européenne,
01:42singe les États-Unis avec ce discours sur l'état de l'Union,
01:45et serait, semble-t-il, en président de l'Europe.
01:48Et donc, on les entend disserter chaque année sur les défis qui attendent l'Europe,
01:53que devraient faire l'Europe, quelles mesures devraient-elles mettre en œuvre.
01:56Mais il y a un problème là-dedans, c'est que quel est le mandat démocratique
01:59d'Ursula von der Leyen est assez incertain,
02:02puisqu'elle n'a pas été élue démocratiquement,
02:05elle a été désignée par le Parlement européen,
02:08qui lui-même est élue avec des taux d'abstention assez significatifs,
02:12et qui ne présente pas un peuple uni, puisqu'il n'y a pas de peuple européen.
02:16Et donc, voilà, on pourrait revenir en détail sur telle ou telle mesure,
02:20et notamment la question du Canada, on y reviendra peut-être.
02:23Mais moi, ce qui me dérange, en tout cas, c'est de voir une Ursula von der Leyen
02:27qui se comporte comme une présidente de l'Europe,
02:30alors qu'en réalité, elle est tout simplement présidente de la Commission européenne.
02:34Ce n'est pas vraiment la même chose.
02:34De tous les présidents de la Commission, elle est celui, on se souvient de Jacques Delors,
02:40on se souvient... Non, il était président du Parlement européen.
02:44Il a été de la Commission, il y en a eu d'autres.
02:46Il a été de la Commission.
02:47Voilà. Roger Emmanuel Barroso.
02:49Jean-Claude Juncker, on se le rappelle.
02:50Voilà. Alors, ils étaient assez interventionnistes, on peut dire, dans la politique des États.
02:56Là, elle donne un nouveau ton, elle donne un là tout à fait inattendu.
03:01Elle se comporte, comme vous le dites, en chef de l'État de l'Union européenne.
03:04Elle négocie directement avec M. Donald Trump, elle va en Écosse,
03:07elle passe des accords, elle accepte ci, elle accepte ça, ou elle refuse.
03:10C'est hallucinant.
03:11Et personne ne peut le rappeler alors, dans lui disant qu'elle n'est qu'une présidente de Commission
03:15désignée par le gouvernement, que le pouvoir européen est détenu par les conseils des ministres
03:19qui représentent les 27 États, et que, malgré tout, le Parlement européen a le dernier mot.
03:24Personne n'a osé de lui rappeler, ou on lui dit à mot couvert dans les couloirs ?
03:29Ça lui est dit à mot couvert ? Alors, ça dépend des pays.
03:33En fait, je dirais qu'elle profite des circonstances.
03:36C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on est dans un monde où les périls sont beaucoup plus graves
03:40et beaucoup plus nombreux qu'il y a 10 ans.
03:42Il y a évidemment la guerre en Ukraine, il y a la Chine qui devient une menace de plus en
03:47plus importante,
03:48il y a évidemment le retournement de l'allié américain qui est de moins en moins amical.
03:54Donc, forcément, dans ce contexte troublé où les guerres reviennent,
03:58où les économies qu'elle a, elle semble croire en tout cas qu'elle a une légitimité
04:05pour affirmer une voie européenne.
04:06Et vu qu'évidemment, elle est présidente de la Commission, elle s'engouffre dans la brèche.
04:10On lui a peut-être laissé croire.
04:12Alors voilà, vous avez raison Péricault, c'est-à-dire qu'il y a beaucoup de chefs d'État
04:16qui sont très pusianimes, qui ne veulent pas apparaître comme anti-européens.
04:22En réalité, il y a quand même toute une partie de l'Europe,
04:26je pense notamment à l'Europe centrale et l'Europe de l'Est,
04:29qui est très inquiète de ces poussées, de ces menées supranationales de Ursula von der Leyen.
04:36Mais ce sont souvent des pays qui dépendent quand même en grande partie de l'Europe économiquement,
04:41mais aussi militairement, puisqu'ils sont proches de la Russie.
04:45Et vous avez, il y a un pays qui a claqué la porte, évidemment c'est le Royaume-Uni.
04:50Mais vous avez un petit groupe de pays plus europhiles, dont fait partie la France notamment,
04:55qui ne met pas en scène cette occasion.
04:57Et on sent bien, comme disait le Premier ministre polonais,
05:00je ne savais pas que Ursula von der Leyen était restée au gouvernement allemand.
05:04C'est vrai qu'elle part très souvent et elle défend en priorité les intérêts de l'Allemagne
05:07sur le dossier des adolescents et des réseaux sociaux.
05:11Donc voilà, on rappelle que le Conseil constitutionnel a retoqué le texte du gouvernement de Lecornu
05:16en disant que ce n'est pas conforme à la Constitution, il y a une attrainte à la liberté d
05:19'expression.
05:21Pourquoi Emmanuel Macron est allé demander un petit peu de secours à Mme Ursula von der Leyen ?
05:25Parce que ça dépend aussi de l'Europe, cette disposition législative ?
05:28C'est ça le problème en fait, c'est que le Conseil constitutionnel ayant censuré la mesure,
05:34pour des bonnes raisons, sans doute.
05:36Oui, oui, on l'a dit ici, on l'a dit à cette enquête, effectivement.
05:39Le texte avait des faiblesses, on est bien d'accord.
05:41Voilà, exactement, même si je pense quand même qu'il faut agir sur cette question des réseaux sociaux pour les
05:46mineurs.
05:47En fait, ça ne peut plus passer que par un règlement européen.
05:50Et en réalité, voilà, c'est un peu la seule issue qui reste.
05:54C'est pour ça que certains avaient estimé, au moment où le Conseil constitutionnel avait rendu sa décision,
05:59que le Conseil avait donné tout le pouvoir à l'Europe d'avancer sur cette question.
06:05Et là, 13 ans, c'est quoi ? C'est la demi-mesure ?
06:08Je pense que beaucoup d'auditeurs vont nous appeler au 0826-300-300 pour donner leur avis sur cette disposition,
06:14parce que ça concerne tout le monde et ça commence à nous chauffer les esprits.
06:1713 ans, c'est quoi ? C'est une demi-mesure ?
06:19C'est un truc un peu, passez-moi l'expression, c'est un truc un peu faux cul, si je
06:22comprends bien.
06:23Vous savez, les chiffres et l'UE, ça a toujours été une grande histoire.
06:26Il y a quelques années, on en parlait beaucoup plus.
06:28Il y avait 3% de déficit public maximum autorisé pour chaque pays.
06:33Et ce qui nous était présenté comme une donnée tout à fait scientifique et un sérieux économique total,
06:38on avait appris finalement que ça avait été décidé sur un coin de table par quelques économistes.
06:44Sans que ça fasse l'objet d'une réflexion poussée.
06:47Les 13 ans, oui, c'est moins ambitieux que les 15 ans, donc peut-être un peu plus consensuel.
06:52Alissa, va-t-il falloir un permis d'entrée sur Internet ?
06:55Déjà, effectivement, parler de permis d'entrée sur Internet, c'est pour mettre en avant une inquiétude
07:02qui se cache derrière l'obsession des enfants.
07:06On nous parle d'interdire Instagram aux enfants.
07:09En réalité, si on gratte un peu, l'Europe pourrait bien être en train d'inventer le permis d'entrée,
07:14tout simplement, sur Internet.
07:16Parce que le Kids Act ne s'arrête pas aux réseaux sociaux quand on gratte un peu.
07:20Adrien Matou, vous le direz tout à l'heure.
07:22Le dispositif annoncé doit aussi concerner les plateformes vidéo, les jeux en ligne
07:26et les agents conversationnels utilisant l'intelligence artificielle.
07:29Pour accéder à ces services, chaque utilisateur devra donc vérifier sa tranche d'âge,
07:35y compris les adultes.
07:36Mais l'infrastructure européenne, elle existe déjà.
07:39Et si on lit bien les documents, on se rend compte que son champ est encore plus vaste.
07:42La commission explique que sa preuve d'âge numérique pourra servir à contrôler l'accès
07:48aux sites pornographiques, bien sûr, aux jeux d'argent ou à l'achat d'alcool.
07:51J'ai envie de dire, il était temps.
07:53Et puis, elle précise même que l'outil pourra être adapté à d'autres seuils.
07:56Par exemple, pour prouver que l'on a plus de 65 ans.
07:58Nous sommes donc très loin de la seule protection des enfants sur les réseaux sociaux.
08:03Officiellement, il ne s'agit pas de transmettre son identité complète,
08:06puisque le site ne recevrait qu'une attestation anonyme confirmant que l'utilisateur possède l'âge requis.
08:12Mais pour fournir cette attestation, il faudra bien en amont passer par une pièce d'identité quelque part.
08:17Ou une identité numérique, ou une banque, ou un organisme certificateur.
08:21Ce qui se construit dépasse donc largement TikTok, Instagram, Facebook ou autre X.
08:27On parle là d'une infrastructure capable de conditionner l'accès à des pans entiers du numérique,
08:33en fonction de notre âge.
08:34Donc attention, parce que j'ai plutôt l'impression que les réseaux sociaux
08:38ne sont peut-être que le produit d'appel à quelque chose qui sera un peu plus grand.
08:43N'est-ce pas, Adrien Matou ?
08:45Oui, j'avais de vous dire, c'était ça le problème de la loi à la base.
08:48C'est-à-dire qu'on peut tout à fait comprendre qu'on souhaite légiférer
08:52pour limiter l'accès aux réseaux sociaux aux enfants.
08:55Parce qu'on sait quelles sont les conséquences en matière de capacité à garder l'attention,
09:00en matière de harcèlement, en matière de, je mets des guillemets, de lobotomisation.
09:06Donc ça, limite, c'était quelque chose qui pouvait être accepté.
09:09Le problème, c'est la condition de mise en œuvre de cette mesure.
09:12Et en fait, vous l'avez dit, pour prouver qu'on n'est pas un mineur,
09:16il faut donc nommer son identité, donner son identité.
09:21Et là, évidemment, on a quand même cette crainte d'une surveillance généralisée,
09:27d'un contrôle accru.
09:28Et en fait, j'ai envie de dire, ça revient quelque part à ce qui est devenu,
09:31ou ce que devient l'Union européenne.
09:33C'est-à-dire que l'Union européenne s'est construite comme un espace de liberté avant tout.
09:38C'était la liberté économique, avec la suppression des frontières,
09:42la liberté de circulation des capitaux,
09:43la liberté de circulation des personnes à l'intérieur des frontières de l'UE.
09:48Mais ça a aussi été une armature bureaucratique,
09:51avec des normes, des règlements, une administration clétorique,
09:57et une espèce de volonté d'intrusion dans la vie des gens.
10:00Et j'ai envie de vous dire, on a un peu le pire des deux mondes.
10:02C'est-à-dire qu'on a l'absence de contrôle, l'absence de protection écolémique,
10:06mais on a l'intrusion dans la vie des gens.
10:07Donc le dossier, à mon avis, est à suivre.
10:10On resollicitera votre avis, cher Adrien Matou.
10:12Pouvez-vous nous annoncer le contenu de la Une de Marianne de demain ?
10:17Vous parlez de quoi ?
10:18Oui, tout à fait.
10:20Alors on va parler de la crise dans les médias,
10:22et de la volonté de certains, de plus en plus nombreux,
10:26de censurer les voix discordantes,
10:28qu'elles soient de droite ou de gauche dans les médias.
10:30Durand, on parlera ce soir.
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