00:00A la une de l'actualité, le gouvernement avait promis une loi d'urgence avant l'été pour répondre à
00:06la crise agricole.
00:07Et bien c'est à partir d'aujourd'hui qu'elle sera examinée à l'Assemblée Nationale Péricault.
00:11Alors c'est incroyable parce que ce dossier est tellement ancien, tellement tragique, tellement douloureux pour nos agricultrices et agriculteurs
00:18français
00:19qui vivent depuis 20 ans ou 30 ans de promesses non tenues en déclarations de soutien dans des mises en
00:27scène souvent rurales
00:29et qui n'aboutissent à rien. Et là, énième loi, alors c'est des lois d'avenir, c'est des
00:33lois d'urgence.
00:34Et là, Annie Gennevard a décidé de frapper fort. Alors c'est pas du tout pour soutenir les agriculteurs en
00:39détresse.
00:40C'est pas le but. Le but, c'est de continuer à appliquer les souhaits de la FNSEA, le syndicat
00:45majoritaire,
00:46la Fédération Nationale des Syndicats d'Exploiteurs Agricoles, qui a le défendre un modèle productiviste.
00:51Et là, la réponse, ça va être parmi d'autres dispositions de cette loi d'urgence qui va soulever évidemment
00:56un tollé,
00:57qui va engendrer des débats houleux à l'Assemblée Nationale.
01:00Ce n'est pas du tout un projet de loi d'urgence apaisant.
01:02C'est un projet de loi d'urgence conflictuel qui est crispant.
01:06L'idée, c'est de permettre à des élevages intensifs de se multiplier et de grossir davantage.
01:12On sait qu'aujourd'hui, à partir d'un certain niveau de production, quand on élève surtout de la volaille,
01:16eh bien, on n'est plus dans l'élevage traditionnel, on est dans l'élevage industriel.
01:19Eh bien, pour faire face à la concurrence internationale, la logique de Mme Annie Gennevard et de ce gouvernement est
01:27absolument tragique.
01:29C'est-à-dire, au lieu de dire, nous allons protéger notre agriculture contre des produits qui sont produits fabriqués
01:35dans des pays
01:35qui ne respectent pas les normes européennes, donc soit on va empêcher qu'ils soient importés, soit nous allons les
01:40taxer,
01:41eh bien, on dit tout simplement aux agricultures français,
01:43« Alignez-vous sur la malbouffe, alignez-vous sur la merde, faites la même chose,
01:48conquérez des parts de marché, parts du productivisme mercantile et commercial,
01:52alignez-vous sur les mauvaises qualités industrielles de ce qu'on appelle de l'agriculture,
01:58et ainsi vous pourrez vous aussi sur le marché international et de concurrentiel. »
02:02Voilà, c'est absolument sordide, c'est incompréhensible,
02:06ça va dans le sens contraire de ce qu'on attend.
02:08Non, il ne s'agit pas d'aller dans une idéologie non plus d'un environnementalisme, d'une écologie punitive,
02:14il ne s'agit pas, il s'agit d'un équilibre,
02:16et il y a aujourd'hui des producteurs de volailles français qui sont en souffrance,
02:19parce qu'on a importé du poulet ukrainien,
02:20qui majoritairement est pris dans les cantines, dans les restaurations collectives, dans les cantines scolaires,
02:25voilà, on demande de la protection contre ça,
02:27et la réponse du gouvernement c'est,
02:29« Ah ben d'accord, nous aussi nous allons étendre notre productivisme,
02:32nous allons aussi augmenter les élevages industriels. »
02:35Cette réponse est irresponsable, elle est nocive, elle est nuisible,
02:39et je pense qu'elle se perd à chair politiquement.
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