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  • il y a 14 minutes
Bruno Le Maire, ancien ministre de l'Économie et des Finances, était l'invité de Sonia Mabrouk sur BFMTV.

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00:00Je voudrais d'abord vous faire écouter la réaction de Marine Le Pen sur le budget.
00:04Vous allez me dire si c'est pour vous une réaction de responsabilité justement par rapport au vote sur le
00:10budget.
00:11Nous verrons bien la copie que nous présentera le gouvernement, mais j'assume une position claire.
00:17Nous assumons vouloir gagner les élections et gouverner la France au plus vite.
00:23Ce faisant, un budget imparfait opérationnel avant les élections est préférable cette fois à une loi spéciale,
00:30car nous pourrons le modifier immédiatement à notre arrivée au pouvoir avec une nouvelle majorité parlementaire.
00:36Au contraire, s'il n'y a pas de budget, nos six premiers mois au pouvoir seraient bien plus difficiles.
00:44Est-ce que c'est une déclaration, une position responsable selon vous ?
00:49J'espère que tous les partis politiques auront la même position, c'est-à-dire l'adoption d'un budget,
00:56quoi qu'il arrive, même un budget qui n'est pas parfait, plutôt que pas de budget du tout,
01:00qui ne fera que précipiter la crise financière qui nous pend au nez, tout le monde en a parfaitement conscience.
01:06Mais chacun doit mesurer la gravité de la situation pour nos compatriotes.
01:11Quand on a des taux d'intérêt qui s'approchent des 4,5% et qui dépasseront les 5%
01:16de manière inéluctable dans les semaines qui viennent,
01:20qu'est-ce que ça veut dire pour nos compatriotes ?
01:22Ça veut dire que vos enfants, mes enfants, quand ils vont aller emprunter de l'argent à la banque pour
01:26se loger,
01:27on va leur dire, monsieur, le taux d'intérêt c'est 6, 6,5, 7%.
01:31Nos enfants, nos petits-enfants ne pourront plus se loger.
01:34Ça veut dire que pour les entrepreneurs, les patrons de PME, les artisans, les commerçants
01:39qui veulent emprunter de l'argent pour investir, pour créer de l'emploi, ils ne pourront pas le faire.
01:43Et ils mettront la clé sous la porte parce qu'ils n'auront pas l'argent disponible.
01:47Donc chacun doit se sentir responsable, écarter toute querelle politicienne,
01:52toute querelle partisane pour se dire, c'est l'avenir de la France qui est en jeu,
01:57nous nous rassemblons, ce ne sera pas parfait,
01:59mais au moins il y aura un budget plutôt que de précipiter la crise.
02:02Le sujet de la dette n'est pas un sujet technique, c'est très concret.
02:05Est-ce qu'à un moment, Bruno Le Maire, vous dites qu'on risque de se retrouver dans la situation
02:08où on ne pourra pas payer les retraites des Français,
02:10on ne pourra pas payer l'hôpital, on ne pourra pas payer l'éducation des Français ?
02:13Mais c'est déjà le cas.
02:16Quand on commence à dilapider autant d'argent pour les intérêts de la dette,
02:21je rappelle que quand les taux d'intérêt, ça a l'air un chiffre théorique,
02:24augmente d'un point, c'est 3,5 milliards d'euros de plus que vous dépensez chaque année.
02:29Et puis 7 milliards, puis 15 milliards.
02:31C'est autant que vous n'avez pas pour les urgences des hôpitaux qu'en ont bien besoin,
02:34pour les écoles, pour les crèches, pour nos universités.
02:38Donc en réalité, on se prive déjà de capacité d'investissement.
02:42On pourrait mettre tout cet argent sur un sujet qui me paraît prioritaire,
02:45c'est-à-dire faire de la France le grand leader des nouvelles technologies,
02:48de l'intelligence artificielle,
02:49construire plus de capacités d'accueil de semi-conducteurs,
02:53de construction industrielle verte, mais on ne peut pas le faire.
02:55Mais ça veut dire que si les mesures de redressement des comptes ne sont pas faites,
02:59si je vous entends bien, si je vous comprends bien,
03:01elles nous seront imposées de l'extérieur.
03:03C'est-à-dire que les pays que l'on regardait autrefois,
03:05parfois, il faut le dire, avec un peu de condescendance,
03:07en disant ça ne nous arrivera jamais,
03:10c'est ce que nous vivons peut-être en pire ?
03:11Le choix qui, aujourd'hui, est posé devant tous les responsables politiques,
03:16c'est ce que nous voulons, un destin français,
03:18ou un destin à la Grèce, au Portugal, à l'Espagne,
03:22pendant la crise financière, comment est-ce que ça se matérialisera ?
03:25Il y a un jour, certainement pas dans les semaines qui viennent,
03:28mais s'il y a encore plus d'instabilité politique,
03:31peut-être même juste avant l'élection présidentielle,
03:34nous émettrons de la dette,
03:35et nos créanciers diront que c'est trop dangereux.
03:37On ne suit pas, et on n'achète plus de dette française,
03:40parce que le risque est trop important.
03:42À ce moment-là, évidemment, la Banque centrale européenne
03:44ne va pas nous laisser tomber.
03:45Elle dira qu'il faut venir au secours de la France,
03:47parce que c'est l'avenir de la zone euro qui est en jeu.
03:51Simplement, le Conseil de la Banque centrale européenne
03:53dira que c'est à nos conditions.
03:55Donc on vous prête de l'argent,
03:56mais on veut une baisse des pensions,
03:58on veut une baisse des traitements des fonctionnaires,
04:01on veut une réforme des retraites un peu plus ambitieuse.
04:03Donc c'est pour éviter des sangs et des larmes
04:05qu'il faut tout simplement du courage.
04:06Je salue Edwige Chevrion qui nous a rejoint.
04:09Merci d'être là avec Bruno Jeudy,
04:10Nicolas Domenac et Anne-Sora Dubois.
04:12Avant qu'on vous pose tous des questions,
04:14il y a une question majeure, Bruno Le Maire,
04:16et vous essayez d'y répondre depuis plusieurs jours
04:19et plusieurs semaines,
04:21puisque l'on vous voit dans le débat public et politique.
04:23Vous n'avez cessé de dire à tout le monde,
04:26lorsque vous étiez à Bercy,
04:28qu'il vous a été demandé de rallonger les choses,
04:30rallonger les chèques,
04:31de maintenir le quoi qu'il en coûte.
04:33Mais pourquoi vous ne vous êtes pas dressé
04:35contre cette situation ?
04:36Vous avez alerté,
04:37vous avez écrit au président de la République.
04:39Pourquoi en tant que ministre,
04:40vous avez dit,
04:41moi je ne cautionne pas,
04:42je pars et je démissionne ?
04:44Parce que je préfère me battre
04:46et que je revendique la position que j'ai choisie,
04:48c'est-à-dire obtenir des économies,
04:50on a fait des économies,
04:51on a pris des décisions.
04:52Je rappelle qu'on a fait une réforme des retraites quand même.
04:551 000 milliards de dettes supplémentaires.
04:55La faute est retirée ensuite en 2024,
04:59après la dissolution.
05:00En réalité, Sonia Mabouk,
05:03la faute politique,
05:04ce qui a précipité le chaos,
05:06c'est la dissolution.
05:08Je vais juste vous donner quelques chiffres.
05:09Donc c'est le président de la République ?
05:10C'est la décision du président de la République.
05:12Mais je veux quand même rappeler quelques chiffres,
05:13parce qu'effectivement,
05:14je préfère défendre la vérité,
05:16plutôt que tous les mensonges
05:18que j'ai entendus depuis des mois et des mois.
05:20Les taux d'intérêt moyens,
05:21quand j'étais ministre des Finances,
05:23étaient à 1,1%.
05:24Ils sont à près de 5 aujourd'hui.
05:27L'écart de taux entre l'Allemagne et la France
05:29n'a jamais dépassé les 30 points.
05:31Il est à près de 100 points aujourd'hui.
05:33Quand je suis parti de Bercy,
05:34le taux de chômage était à 7,6%.
05:36Il est à près de 9 aujourd'hui.
05:38Et je rappelle que la dernière année
05:40où j'ai été ministre de l'Économie et des Finances
05:43sur une année pleine,
05:43c'est l'année 2023.
05:45L'INSEE a révisé la croissance à près de 2%.
05:47Monsieur le maire,
05:48je ne sais pas de vous cibler personnellement.
05:51Ce que ces chiffres montent,
05:53et je ne cible personne,
05:54personnellement,
05:55je cible des décisions qui ont été faites.
05:57Mais pourquoi on ne vous a pas écouté ?
05:58Vous avez écrit au président de la République
06:00sur le taux élevé de nos dépenses et de nos prélèvements.
06:01Vous lui avez vraiment proposé
06:03de mettre en place une stratégie,
06:04semble-t-il,
06:05ambitieuse de contrôle de nos finances publiques
06:07pour revenir sous les 3% de déficit en 2027 ?
06:10Que vous a-t-il opposé ?
06:11Un silence ?
06:12Qu'est-ce que ça veut dire ?
06:13Qu'il a préféré la dissolution à la vérité ?
06:15Tout ça a été parfaitement établi
06:16par la Commission des Finances de l'Assemblée nationale
06:19qui a mené une enquête
06:21et qui a approfondi tous ces sujets.
06:24Et je pense qu'à un moment très précis,
06:26il y a eu un choix politique majeur
06:27qui a été fait pour la France.
06:29Est-ce qu'on choisit en juin 2024
06:31le plan de redressement des comptes publics
06:33que j'avais proposé,
06:34mais qui comportait beaucoup de mesures
06:35qui sont aujourd'hui sur la table
06:36mais qui sont forcément plus dures
06:38parce que la situation s'est détériorée ?
06:40Ou est-ce qu'on choisit d'écarter ce courage-là
06:43en faisant le choix de la dissolution ?
06:45La décision qui a été prise par le président de la République,
06:48c'est entre le rétablissement des comptes
06:50comme je le proposais
06:53ou le chaos politique de la dissolution.
06:55Le chaos politique de la dissolution.
06:57C'est très grave, pardonnez-moi.
06:57C'est très grave.
06:58Mais c'est un choix qui n'appartient
07:00que au président de la République.
07:02Je veux simplement, parce que ça fait deux ans
07:04que j'entends beaucoup de fables sur le sujet,
07:07simplement rappeler que chacun prend ses responsabilités.
07:10Moi, j'ai certainement, Sonia Mabouk,
07:12une part de responsabilité
07:14dans la situation des finances publiques
07:16parce que peut-être qu'ici,
07:18là, on aurait pu aller plus loin,
07:19on aurait pu dépenser moins,
07:20tel ou tellement.
07:21Je prends toute ma part de responsabilité.
07:22Mais je voudrais juste rappeler
07:24que la décision fondamentale,
07:25c'est la dissolution.
07:26Au moment de la dissolution,
07:28la Commission européenne
07:30est déjà en train d'étudier
07:32le fait de placer la France
07:32en procédure de déficit exagéré.
07:34Et la Cour des comptes
07:36a jugé, a critiqué votre bilan,
07:37a repoussé notamment votre argument Covid
07:38en disant
07:39les voisins européens
07:40ont pris des mesures comparables
07:41et ne sont pas dans la même situation.
07:42Donc déjà, avant la dissolution,
07:44c'était déjà très compliqué.
07:45Parce qu'avant la dissolution, bien sûr...
07:47Ça faisait six ans que vous étiez là.
07:47C'est pas pour dire
07:48que vous êtes seul responsable.
07:49Mais enfin, la dissolution...
07:51Il y a eu aussi
07:53votre audition au Sénat
07:54dans laquelle vous dites
07:54qu'il y a eu une erreur d'appréciation
07:56des recettes.
07:56Il y a eu quand même
07:57une succession d'erreurs
07:58qui ne sont pas dues à la dissolution.
07:59Mais quand je vous dis
07:59que je prends ma part de responsabilité...
08:01Qui se sont déroulées
08:02sous votre direction de Bercy.
08:03Bien sûr.
08:03Quand je dis que je prends
08:04ma part de responsabilité,
08:06je prends ma part de responsabilité.
08:07Bien sûr qu'à un moment donné,
08:08il y a eu un trou dans les recettes.
08:11Mais on a pris
08:12des décisions réglementaires
08:13pour corriger ça,
08:14des économies sur l'État,
08:15des économies sur les médicaments.
08:16Je les ai prises.
08:17Pourquoi les Français
08:17l'ont appris si tard ?
08:18Vous avez dit...
08:19Il y a eu des recettes
08:19qui n'ont pas été anticipées.
08:20Bien sûr qu'il n'a pas été anticipé.
08:22C'est une erreur grave
08:24qui a été commise par Bercy.
08:25Comme j'étais le patron de Bercy,
08:26je prends toutes mes responsabilités
08:28sur cette mauvaise évaluation.
08:29Ce que je regrette,
08:30c'est qu'on ne comprenne pas
08:33que le problème de la dette
08:34est un problème de système,
08:37un problème de modèle économique
08:38qui dépense plus de richesses
08:40qu'il en produit.
08:41Vous le disiez très bien tout à l'heure.
08:42Le problème de la dette,
08:43c'est quoi ?
08:44Ça a été établi par Nicolas Dufour,
08:46le patron de la BPI,
08:47par tout le monde.
08:47La France dépense trop
08:50pour les dépenses sociales,
08:52trop pour les retraites
08:53et elle ne produit pas
08:54assez de richesses.
08:55Moi, au moins,
08:55j'en tire les conséquences.
08:56Mais est-ce que ça n'aurait pas
08:57eu plus de force,
08:59de panache,
09:00de partir,
09:01et de dire au nom même
09:03de ce que vous défendez,
09:05de briser là,
09:06de dire que ce n'est plus possible,
09:07on va dans le mur.
09:08Et vous avez continué.
09:10Mais c'est sympathique.
09:10Je ne comprends pas.
09:11C'est sympathique,
09:12mais je vais vous expliquer.
09:12Non, c'est la doctrine
09:13chevalementiste.
09:14C'est sympathique.
09:14On accepte, on part.
09:15D'accord.
09:16Un ministre, ça...
09:17C'est sympathique sur un plateau
09:20de télévision,
09:21mais pour la réalité des Français,
09:23c'est une catastrophe.
09:24François Bayrou a fait ce choix-là.
09:27Qu'est-ce que ça a amené ?
09:28Le retrait de la réforme des retraites.
09:30Donc je préfère me battre,
09:32pied à pied.
09:33Mais vous avez perdu.
09:34Il a refusé un projet
09:35de loi de finances rectificative.
09:36Ça n'a rien changé.
09:37Mais pardon,
09:38si à un moment donné,
09:40le choix politique fondamental
09:41qui a été fait
09:42était de dissoudre
09:43plutôt que de poursuivre,
09:45ça, ça n'est pas
09:46ma responsabilité.
09:47Donc quand il s'agit
09:48de rétablir les comptes...
09:49Donc c'est de masquer la réalité.
09:51La dissolution,
09:51elle ne sort pas du chapeau
09:52comme ça,
09:53monsieur le maire.
09:54Pardonnez-moi,
09:55mais c'est grave quand même.
09:56C'est-à-dire que vous êtes en train
09:57de dire que vous avez tout fait,
09:58vous avez alerté,
09:59vous n'avez pas été écouté,
10:00et pire,
10:01il a été décidé de dissoudre
10:02pour ne pas dire cette vérité.
10:03Non,
10:04pour ne pas dire la vérité.
10:05Pour la retarder ?
10:06Il y aura peut-être
10:07une autre majorité,
10:08il y aura peut-être
10:09une autre possibilité,
10:10et ça fera passer
10:11plus facilement
10:12la pilule amère
10:13ou le rétablissement
10:15des comptes
10:15qui est proposé,
10:16peut-être.
10:16Est-ce qu'on pourrait dire,
10:17Bruno Le Maire,
10:17que la dissolution,
10:18c'était finalement
10:18un peu de la cavalerie financière ?
10:21Je pense que la dissolution,
10:22c'est un choix
10:23qui n'appartient qu'au président
10:23de la République,
10:24mais qui a abouti
10:25à une fuite en avant.
10:26Je redis qu'avant la dissolution,
10:28oui, il y avait des difficultés,
10:30oui, il y avait des choses
10:31qui auraient pu être mieux faites,
10:33certainement,
10:33mais au moins,
10:34nous avions le contrôle
10:35de la situation.
10:37Nous avons,
10:38avec la dissolution,
10:39perdu le contrôle
10:42de la situation.
10:43Et c'est bien ça
10:44qu'il y a aujourd'hui.
10:45Pardon de regarder
10:46un tout petit peu devant.
10:47Ce qui intéresse les Français,
10:48c'est de savoir
10:49de quoi l'avenir va être fait
10:50jusqu'en juin 2024.
10:52De payer ses errements.
10:53Nous avions le contrôle
10:53de la situation.
10:55À partir de juin 2024,
10:56vous l'avez vu,
10:56on abandonne la réforme
10:57des retraites,
10:58on augmente les impôts,
10:59on abandonne la politique
11:00économique favorable
11:01à l'offre.
11:02Donc, on jette tout
11:03par-dessus bord.
11:04C'est une réalité.
11:05Donc, nous nous retrouvons
11:06à l'heure où je vous parle.
11:07de cette cavalerie financière,
11:09est-ce que pour poursuivre
11:10ce que dit Bruno Jeuny,
11:11est-ce que finalement,
11:12ce n'est pas le président
11:13de la République
11:13qui, en fait,
11:14c'est un peu ce qu'on dit
11:15aujourd'hui,
11:16c'est que ça n'intéressait pas
11:18en fait.
11:18Ça n'intéressait pas
11:19tellement les comptes
11:19de la France.
11:19Les personnes qui nous écoutent,
11:21je peux me tromper,
11:22mais je pense que la seule chose
11:23qu'ils attendent aujourd'hui
11:24des responsables politiques,
11:26c'est comment est-ce qu'on sort
11:27de cette situation ?
11:28Oui, mais j'ai envie de dire,
11:30ce n'est pas les responsables politiques,
11:31c'est les politiques.
11:32Il n'y a plus le mot responsabilité.
11:34Mais on le sait.
11:35Vous avez une grande difficulté
11:37à prendre aujourd'hui
11:37de la part des Français.
11:37Je le sais, on a pêché,
11:38pour prendre vos propos
11:40qui sont justes.
11:42La France pêche depuis 40 ans
11:45en dépensant trop
11:46pour l'État-providence
11:47et trop pour les retraites.
11:48Donc, est-ce que maintenant,
11:49on regarde ça en face
11:51et on essaye de régler le sujet ?
11:53À l'avenir,
11:54est-ce que nous sommes prêts,
11:55au moment où je vous parle,
11:57à dire aux Français
11:58qu'on peut encore sauver la situation ?
12:00Ma conviction absolue,
12:01c'est qu'il est encore possible
12:03de sauver la situation,
12:04que ça se joue dans les semaines qui viennent
12:06et que sur le long terme,
12:08il faut réinventer notre modèle.
12:09Vous, vous êtes un homme responsable,
12:12vous remontez sur le Titanic
12:13quand le commandant vous dit
12:14écoutez, j'ai pris l'iceberg
12:16mais je n'aurais pas dû,
12:17mais cette fois-ci,
12:17je vais faire attention,
12:18vous remontez ?
12:19Je pense qu'à un moment donné,
12:21on est tous dans le même bateau,
12:23ce bateau, il a un nom,
12:23il s'appelle la France.
12:25Et ce bateau-là,
12:26il a besoin qu'on comble les voies d'eau,
12:29qu'on les ferme une bonne fois pour toutes
12:31et ce n'est pas dans six mois
12:32que ça se joue,
12:33c'est maintenant.
12:34donc c'est maintenant qu'il faut engager
12:36non pas 5, 6 milliards d'euros
12:38de réduction de la dépense
12:39mais 20 à 30 milliards,
12:41ça a été établi par tous les spécialistes.
12:43Vous n'avez pas dit ça au moment où on vous a refusé
12:45le projet de loi de finances rectificative.
12:47Pourquoi maintenant et pas à ce moment-là,
12:48je ne comprends pas.
12:49Mais ça a été dit.
12:50Non, vous ne vous l'avez pas dit,
12:51vous auriez pu dire au président,
12:52c'est maintenant qu'il faut engager ces économies,
12:54sinon je m'en vais.
12:55Vous auriez pu dire au Parlement,
12:56c'est maintenant qu'il faut les engager,
12:57sinon je m'en vais.
12:59Je me permets de vous rappeler,
13:01je vois votre véhémence,
13:02mais je me permets de vous rappeler,
13:03parce que c'est un vrai sujet français.
13:06J'entends votre pression,
13:07je vous rappelle à la règle institutionnelle,
13:09toutes les décisions qui relevaient de ma compétence,
13:12je les ai prises,
13:14entre janvier et juin 24.
13:16Je passe rapidement parce que le passé
13:17ne s'intéresse pas forcément à les gens.
13:19Je les ai prises contre les oppositions.
13:21La sortie du bouclet tarifaire sur électricité,
13:23tout le monde compte.
13:24Austérité, monsieur le maire,
13:25j'ai pris la décision.
13:26Réduction de 10 milliards d'euros
13:27des dépenses sur l'État.
13:29Austérité, monsieur le maire,
13:30j'ai pris la décision.
13:32Mais il se trouve qu'ensuite,
13:33il y a des règles démocratiques
13:34et institutionnelles
13:35qui font qu'à partir d'un certain niveau d'économie,
13:37il faut que vous alliez devant le Parlement
13:40et que le Parlement les vote.
13:41La démission, c'est toujours dans les compétences des ministres.
13:43Or, toutes les oppositions,
13:44toutes les oppositions,
13:46ont dit plus d'économie,
13:47c'est hors de question.
13:49Ça va faire de l'austérité.
13:51Non, c'est sur le diagnostic.
13:52Mais le diagnostic, il a été fait,
13:54il a été écrit, il a été dit,
13:55je l'ai dit depuis 2021,
13:56tiens, il faut sortir du quotidien.
13:57Vous avez dit ni faute ni dissimulation.
13:58Je dis simplement qu'à un certain moment,
14:01que chacun prenne ses responsabilités.
14:04Je ne peux pas, comme ministre des Finances,
14:06prendre les responsabilités des oppositions
14:08qui ne voulaient pas voter un texte
14:10faisant plus d'économie.
14:12Bruno Le Maire,
14:12si on regarde un tout petit peu devant ses cours,
14:15c'est le 30 septembre,
14:16donc c'est vraiment, c'est après-demain,
14:17faire 30 milliards d'économies,
14:19comme a priori c'est ce qui semble se profiler,
14:22est-ce que c'est de l'austérité ?
14:24Mais non, ce n'est pas de l'austérité.
14:25À chaque fois, on nous retrouve...
14:26Vous posez la question, non ?
14:27Non ?
14:27Elle est légitime.
14:28La question n'est pas forcément légitime,
14:30mais le problème, c'est...
14:31Vous dites 10 milliards,
14:32on vous dit que l'austérité de 30 milliards.
14:47Donc je préfère le courage à l'austérité.
14:50Mais est-ce qu'on peut trouver 30 milliards ?
14:52Vous êtes ministre de l'économie suffisamment longtemps.
14:55Est-ce qu'on peut trouver 30 milliards en 15 jours,
14:57en 3 semaines ?
14:58Oui.
14:58Et vous les trouvez où alors ?
15:00Simplement, je mets mon expérience à disposition,
15:01puisqu'à chaque budget,
15:03j'ai essayé d'apporter des économies.
15:05Nous en avons fait.
15:06Les seules décisions immédiates
15:08qui sont à la hauteur de la gravité de la situation,
15:10c'est la désindexation des pensions de retraite.
15:13Je propose un point.
15:15Enfin, ça vous rapporte 3 à 4 milliards d'euros.
15:17C'est la suppression de l'abattement de 10%.
15:19Avec un minimum pour les retraites les plus modestes ?
15:21Bien sûr, on ne touche pas les retraites les plus modestes,
15:23c'est parfaitement raison.
15:23Et c'est quoi les retraites les plus modestes ?
15:24Pardonnez-moi, on dirait qu'il y a des retraites aisées dans notre pays.
15:27J'avance sur le sujet.
15:29Je rappelle juste sur la désindexation des retraites.
15:31Je vous l'ai parfaitement dit tout à l'heure.
15:33Les salaires ne sont pas indexés.
15:36Donc les gens qui bossent, qui ont un salaire,
15:38désolé, eux, ils font comment ?
15:41Les rémunérations des fonctionnaires,
15:43elles sont gelées, elles ne sont pas indexées.
15:45Donc voilà pourquoi il me paraît juste et équilibré aujourd'hui
15:48de demander la désindexation d'un point des pensions de retraite,
15:51de supprimer l'abattement de 10% qui rapporte le double 6 milliards d'euros,
15:56de geler les avancements des fonctionnaires,
15:58ce qui rapporte près de 4 milliards d'euros,
16:00de geler les traitements des fonctionnaires.
16:02Et j'assortis à ça d'autres mesures qui me paraissent indispensables.
16:05Personnellement, je maintiendrai la surtaxe à l'impôt sur les sociétés.
16:09Et celui qui vous dit ça...
16:10En 2023, vous aviez dit que c'était injuste.
16:12En 2017, vous l'avez fait, en 2023, vous avez dit que c'était injuste.
16:14Pourquoi ?
16:14J'ai jamais augmenté les impôts des entreprises.
16:17Mais là, qu'est-ce que je cherche ?
16:18C'est la justice.
16:19Vous ne pouvez pas demander aux uns de contribuer
16:21et aux autres de ne pas participer.
16:23Donc il n'y a aucune réforme dans ce que vous faites.
16:24C'est que de l'impôt supplémentaire.
16:26Mais parce qu'Elisabeth Chevrillon, vous le savez mieux que moi...
16:27Edwige, tant qu'à faire.
16:28Edwige, pardon.
16:31Les réformes structurelles ne donnent de résultats
16:33que dans deux ans ou dans trois ans.
16:35Je révèle, Edwige Chevrillon, que nous avons retiré la seule réforme
16:39qui aurait rapporté aujourd'hui plusieurs milliards d'euros,
16:42c'est la réforme des retraites.
16:43Bruno Le Maire, s'il vous plaît.
16:44Je termine juste par un point très important dans les propositions.
16:47Vous avez dit juste.
16:47Moi, il y a la question de la justice, il y a la question de la dignité.
16:50Vous pouvez dire aujourd'hui, pour la formule consacrée,
16:53les yeux dans les yeux, à ces retraités qu'on appelle aisés,
16:56mais je ne sais pas en quoi ils sont aisés.
16:59Écoutez, c'est comme ça, vous serez le prochain sacrifié.
17:01On peut leur dire, alors que pèse sur eux un contrat de génération ?
17:05C'est une question fondamentale que vous posez.
17:08Je leur dis juste, tout le monde aujourd'hui est en grande difficulté.
17:12Les salariés, aujourd'hui, il est probable que leurs salaires
17:14ne vont pas beaucoup augmenter.
17:16Vous êtes à près de 9% de taux de chômage.
17:19La pauvreté en France, elle est directement liée au chômage.
17:22Donc, il faut que tout le monde apporte son écho.
17:25Je leur ajoute deux choses très importantes pour les retraités.
17:28Il n'est pas question de cibler qui que ce soit,
17:29ça n'a jamais été ma façon de faire la politique.
17:31La première, c'est que c'est jusqu'à ce que la France
17:34soit revenue sous les 3% de déficit.
17:36Ensuite, on arrête.
17:3710 ans, alors là ?
17:39Non, pas 10 ans, vous devez tenir un objectif.
17:42On sera déjà retraités nous-mêmes.
17:44On a plus que 10 ans.
17:45Je suis désolé, il faut le faire le plus vite possible.
17:47Tous les autres pays européens sont revenus sous les 3% de déficit.
17:50Vous parlez à quelqu'un qui a fait revenir la France
17:51sous les 3% de déficit en 2019.
17:54A quel prix les autres pays européens sont venus ?
17:56Je parle d'expérience.
17:57Il faut d'abord leur donner cette garantie
17:58que c'est limité dans le temps.
17:59Et puis, il y a une deuxième garantie qui est très importante.
18:01C'est de leur dire, on va faire une vraie réforme des retraites
18:05à 65 ans, âge égal de départ, avec de la capitalisation,
18:08pour qu'ils sachent qu'effectivement,
18:10c'est une bonne fois pour toutes qu'on fait cette économie.
18:12Je rajoute une dernière chose qui rapporte aussi de l'argent.
18:15C'est qu'à un moment où la France a un niveau de vie moyen inférieur
18:20à celui des autres pays européens,
18:22il me paraît légitime, comme l'Allemagne, comme l'Autriche,
18:25comme d'autres pays européens, de demander un rabais.
18:28Un rabais sur notre cotisation.
18:29En disant, voilà, on a un niveau de vie moyen et plus faible.
18:32Il n'y a pas de raison qu'on continue à financer les autoroutes
18:36du sud de l'Espagne ou de l'est de la Pologne.
18:39Nous nous demandons un rabais de 5 milliards d'euros.
18:40Est-ce que vous parlez des autoroutes ?
18:41Donc si jamais, on va y venir, je suis sûr qu'on va y venir,
18:44si jamais vous faites l'ensemble des mesures que j'ai proposées...
18:47C'est un tabou pour Emmanuel Macron, ça, touché au rabais.
18:50Mais les tabous sont faits pour être levés à un moment
18:52où la gravité de la situation justifient des mesures exceptionnelles.
18:56Bruno Le Maire, n'y voyez pas de l'ironie.
18:57Vous auriez dû être ministre de l'économie avec toutes ces propositions.
19:00Non, ministre des finances, mais quand je l'ai...
19:02Vous auriez dû être, parce que là, c'est parfait comme programme.
19:06Et je me suis pris, et c'est bien tout l'enjeu aujourd'hui,
19:09un mur de tout le monde, de toutes les oppositions,
19:12de tous les responsables politiques, d'autres membres du gouvernement
19:15qui disaient que ce n'était pas possible.
19:16Mais vous avez dû vivre un enfer sans que personne ne s'en rend compte.
19:19Mon message ce soir.
19:20Vous savez, l'enfer est pavé de bonnes intentions,
19:23j'ai beaucoup de bonnes intentions, mais je n'ai pas vécu l'enfer.
19:25L'enfer aujourd'hui, c'est ce que vont vivre les Français
19:27et ce que vivent certains de nos compatriotes.
19:30Si nous voulons garder notre souveraineté, notre liberté,
19:33et ne pas nous voir dicter demain ce que nous pouvons faire librement aujourd'hui,
19:37il faut engager les économies que je propose
19:40qui nous permettent de revenir à la liberté financière
19:44et demain de réinvestir dans les grands programmes d'investissement,
19:47dans l'école et dans l'hôpital.
19:49Est-ce que les Français peuvent faire confiance pour réparer les voies d'eau
19:53que vous avez décrites du navire France ?
19:55Est-ce qu'ils peuvent faire confiance à ceux qui ont contribué à les agrandir,
19:59en tout cas ne les ont pas refermés ?
20:01Là, il y a un problème quand même.
20:02Ça ne va pas être facile.
20:03Vous avez parfaitement raison de soulever le sujet.
20:07C'est pour ça que j'appelle à la responsabilité collective.
20:10C'est sûr que si c'est le Premier ministre dont je soutiens les efforts
20:13pour avoir un budget, qui tout seul, avec David Amiel, le ministre du Budget,
20:18qui fait un travail remarquable, qui dit voilà ce qu'il faut faire,
20:20et que tous les autres se planquent.
20:22Ils ne se planquent pas, ils sont en campagne, M. le maire.
20:24On est à 7 mois, pourquoi voulez-vous aider l'équipage du Titanic
20:28quand vous avez une élection reine ?
20:29Parce que chacun devrait comprendre, Sonia Babrouk,
20:31qu'on est tous dans le même navire et que tout le monde coulera ensemble.
20:34Mais même celui qui sera élu président de la République coulera.
20:36Ah bah ça c'est sûr, il va y arrêter d'une situation que vous voulez laisser.
20:39Est-ce qu'on veut demain élire librement, dans une situation financière redressée ?
20:44C'est important ce que vous dites.
20:45Librement, c'est-à-dire qu'on pourrait voir notre élection présidentielle...
20:50Confisquée ?
20:50Confisquée ?
20:51Non, je dis simplement qu'à un moment donné,
20:54si vous élisez un président de la République
20:55qui est au beau milieu du marasme financier, d'une crise financière,
20:59ça va être quoi ces marges de manœuvre ?
21:00Ça.
21:01Eh bien moi, je veux demain un président de la République
21:04avec une majorité, avec un gouvernement
21:06qui pourra engager des investissements pour le pays,
21:10réinvestir dans les grands services publics,
21:12en particulier l'hôpital et l'école.
21:14Vous pensez sincèrement qu'à 7 mois de la présentielle,
21:18à 7 mois et demi, un budget peut passer ?
21:20Je suis un idéaliste indécrotable.
21:24Donc je continue à penser que tout de même,
21:27il peut y avoir dans l'Assemblée nationale
21:30un bref éclair de lucidité.
21:32Que chacun comprenne, je ne leur demande même pas
21:34de penser à l'intérêt français.
21:36Je leur dis que même dans leur intérêt,
21:38à tous ceux qui sont candidats,
21:40ils ont intérêt à avoir une situation financière stable.
21:43Parce que dans 6 mois,
21:44les taux d'intérêt ne seront pas à 4,4,
21:46ils seront à 5,5 ou à 6.
21:47La dette aura filé et tout l'argent
21:50qu'ils voudraient dépenser pour leur programme,
21:51ils devront le dépenser pour les intérêts de la dette.
21:55Donc s'ils ne pensent pas à l'intérêt supérieur de la nation,
21:58qui moi m'occupe matin, midi et soir,
22:01pour ne pas vous dire que ça me tarot de si la nuit,
22:03comment ils pensent à leur intérêt ?
22:04– Êtes-vous d'accord pour dire, Bruno Le Maire ?
22:05Juste une toute petite question, pardonnez-moi.
22:08Le président ou la présidente qui va être élue,
22:10le président de la République,
22:11elle n'aura ou il n'aura aucune marge de manœuvre.
22:15Parce qu'on se trouve dans la situation que vous avez décrite.
22:18Donc il y aura tous les programmes
22:19sur lesquels on va se prononcer,
22:21on va débattre pendant 200 jours.
22:23– Si là on donne l'impression,
22:24on dit qu'aux Français qui n'ont pas de choix,
22:25c'est très grave.
22:27On a eu une campagne, deux campagnes présentnelles.
22:29– On en est là, du moins c'est ma question,
22:30est-ce qu'on en est là ?
22:31Les contraintes sont-elles ?
22:33– À mes yeux, nous sommes très exactement en 1958,
22:3870 ans plus tard.
22:39Très exactement.
22:41Ce n'est pas une crise algérienne que vous avez,
22:43c'est une crise financière.
22:44Elle n'a pas encore éclaté,
22:45mais elle est sur le point d'éclater.
22:47C'est-à-dire le moment où vous ne maîtrisez plus rien.
22:50Est-ce qu'en 1958,
22:52il a été impossible de faire quoi que ce soit ?
22:53Non, il faut simplement garder son sang-froid
22:56et savoir où on veut emmener les Français.
22:58La première chose à faire,
22:59exactement comme en 1958 avec Jacques Rueff,
23:02vous rétablissez les finances publiques
23:04avec toutes les propositions que j'ai faites.
23:07Vous le faites en faisant aussi des réformes de structure,
23:09l'assurance chômage, les retraites,
23:12la définition de ce qu'est l'État,
23:13ce qu'il fait encore et ce qu'il ne fait plus.
23:15Pour moi, l'État, c'est la santé,
23:16c'est l'éducation, c'est la sécurité.
23:18Tout le reste, il faut qu'il oublie
23:19parce que ce n'est pas sa responsabilité première.
23:20– Bruno Le Maire, que de temps perdu.
23:22– Si vous pouvez projeter le pays
23:22comme cela a été fait en 1958,
23:24vers ce qui doit être l'avenir français au XXIe siècle,
23:26c'est-à-dire l'intelligence artificielle,
23:29les semi-conducteurs, les nouvelles technologies
23:30parce qu'aucun pays en Europe,
23:32grâce à l'électricité, décarbonée et nucléaire,
23:35grâce à nos scientifiques et grâce à nos ingénieurs,
23:37aucun pays en Europe n'a autant le choix de réussir.
23:39– Pendant des années, on s'est endetté,
23:41une partie du pouvoir s'est protégée,
23:43on nous a dit que c'est temporaire,
23:44c'est devenu la norme,
23:46donc là, on paye l'addition
23:47et certains la payent cash à la pompe.
23:50Pourquoi est-ce qu'on ne baisse pas les prix ?
23:52– Parce que vous ne pouvez pas dire
23:54qu'il y a un sujet financier majeur,
23:57et dire que vous allez baisser les taxes sur les carburants.
24:00J'ai vu votre reportage, il est exact,
24:02on a un niveau de taxation qui est un des plus élevés d'Europe,
24:04très bien,
24:04mais il faut juste savoir ce qui est possible ou pas possible.
24:07Chaque centime de baisse des taxes sur le carburant,
24:10c'est 500 millions d'euros.
24:12– Mais vous êtes attaché à la concorde nationale,
24:14vous ne voulez pas qu'il y ait de nouveau
24:15des Français dans la rue, des tensions, des débordements ?
24:18– La proposition que je fais, elle est très simple,
24:20c'est de dire, tous ceux qui bossent,
24:22tous ceux qui n'ont pas d'autre choix
24:23que de prendre leur voiture pour aller travailler,
24:25que ce soit les aides-soignantes,
24:26que ce soit les ouvriers qui habitent loin de leur usine,
24:28eux, il faut les aider.
24:29Et croyez-moi, quand on regarde les masses,
24:31parce que ça compte…
24:32– C'est ce que fait le gouvernement, les aides ciblées.
24:33– Oui, mais je pense que c'est une bonne politique,
24:35simplement, on aurait pu l'anticiper.
24:37– Vous pensez que ça suffit ?
24:38– On aurait pu l'anticiper.
24:40Je rappelle qu'en avril dernier,
24:41quand tout le monde se réjouissait de l'accord
24:42entre Donald Trump et l'Iran,
24:45j'ai donné une interview à vos collègues du Parisien
24:48pour dire que c'est une mascarade
24:50et les prix du pétrole augmenteront en septembre.
24:52Tout le monde marionnait.
24:53– Je vous repose la question,
24:54est-ce que les aides quels sont aujourd'hui ?
24:55– Je vous dis aujourd'hui que face à ce qui se passe
24:58dans le détroit de Bab-el-Bandab,
24:59face à ce qui se passe dans le détroit d'Hormouz,
25:01un tiers de la circulation du pétrole étant bloquée,
25:05les prix vont continuer à augmenter.
25:07– Il y a un autre scandale, M. Le Maire,
25:09il y a le contexte géopolitique.
25:10– Il faut inscrire les aides,
25:11il faut inscrire les aides à ceux qui travaillent
25:13dans le temps pour les aider.
25:14– Est-ce que l'État prend 1,17€ sur 2€ de carburant ?
25:17– Oui, l'État prend beaucoup d'argent sur le carburant,
25:19je ne vais pas vous dire le contraire.
25:20– Pardonnez-moi, donc il y a quand même une marge de manœuvre
25:22liée à la géopolitique et on ne peut rien aux humeurs
25:25de Trump et aux bouquasses de Poutine.
25:26– La marge de manœuvre, elle est dans la liberté
25:28par rapport au pétrole et par rapport aux énergies fossiles.
25:31Nous ne le produisons pas.
25:33Donc pardon, mais c'est du bon sens de dire
25:35que tout ce qu'on ne produit pas, on s'en débarrasse,
25:37on s'en libère.
25:38Quand j'ai lancé le véhicule électrique,
25:41quand nous avons lancé le leasing social sur le véhicule électrique,
25:43nous avons déployé les bornes.
25:45– Sur lequel vous êtes revenu en fait…
25:46– Je n'ai jamais revenu dessus, Edwige Chevrillon,
25:48j'ai toujours défendu,
25:49et ont l'idée d'offrir à tous ceux qui sont les plus modestes
25:53l'accès des véhicules électriques.
25:54pourquoi ?
25:55Pour que dans 5 ans, 10 ans, 15 ans,
25:58nous soyons libres du pétrole.
26:00– Mais attendez-moi, déjà,
26:02on ne va presque plus être libres pour l'élection présidentielle.
26:04Moi, je veux comprendre, l'État prend sa part
26:06avant même que le pétrole n'arrive à la pompe.
26:08Sur certaines stations, l'État encaisse plus que le producteur,
26:11le transporteur et le pompiste réunis.
26:13Pourquoi il n'y a pas cette marge de manœuvre en réalité ?
26:15Pourquoi il n'y a pas une mission parlementaire sur les prix ?
26:17Pourquoi vous ne donnez pas la transparence
26:19pour qu'on voit véritablement où on voit l'argent ?
26:21La transparence, elle est faite et on sait où on voit l'argent.
26:23Maintenant, nous sommes au pied du mur.
26:26Certains proposent la baisse des taxes.
26:28Ça peut justifier, vous le dites de manière très claire.
26:31– Ce qu'on fait les Espagnols ou les Italiens ?
26:33– Bien sûr, mais ça coûte une fortune
26:37et nous ne pouvons pas nous le permettre.
26:39– On ne peut pas se permettre ce qu'ont fait les Espagnols ou les Italiens
26:41parce que nous n'en avons pas les moyens.
26:42Mais le problème, Bruno Le Maire,
26:43c'est que la politique des aides ciblées,
26:45je vous l'accorde, a plutôt fonctionné
26:47tant qu'on était encore dans un prix
26:49qui ne dépassait pas les 2,20€, 2,30€
26:52comme on est dans le cas aujourd'hui.
26:53Et vous nous promettez, et c'est une évidence de le dire,
26:56que ce sera peut-être 2,50€, 2,60€, 2,80€, ça existe déjà.
26:59Mais là, ça ne va plus tenir.
27:01Ça ne va plus tenir à ce niveau de prix.
27:02– C'est bien pour cela que j'appelle à ce qu'il y ait des aides
27:05qui soient suffisamment massives pour ceux qui travaillent.
27:08– Plus que les actuelles ?
27:09– Inscrites dans le temps, peut-être.
27:11Si effectivement le prix du diesel arrive à 2,50€, 2,60€,
27:16il faut aider davantage ceux qui travaillent.
27:18Mais en ayant cette perspective de long terme
27:19qui est de se libérer des énergies fossiles
27:22et d'aller vers l'électrification.
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