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Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.

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00:00Mais attendez, ce qui se joue là, c'est beaucoup plus important de qui va porter l'effort.
00:05Moi je pense que c'est une vraie question de concorde nationale.
00:09La situation est inflammable, vous le savez, sur les carburants.
00:12Pour résumer la situation, je voudrais qu'on écoute,
00:14vraiment parfois il y a des prises de parole qui valent mille discours et mille questions.
00:17C'est un chauffeur VTC qui n'a plus les moyens de travailler.
00:21Pour lui, travailler, ça coûte presque plus cher, je vais le dire ainsi, que de rester chez lui.
00:27Écoutez-le.
00:28C'est compliqué pour nous, moi je suis professionnel, je ne m'en sors pas.
00:32J'ai plein de collègues actuellement, ça y est on arrête.
00:36Moi dans deux semaines, ça y est, j'arrête l'activité.
00:39J'en peux plus.
00:40Il n'y a pas que le gasoil, on paye tout, plus le gasoil ça a rajouté, 2,25.
00:452,25 c'est énorme.
00:48Il n'y a pas beaucoup de travail, les gens ils n'ont pas d'argent.
00:50Et nous on ne s'en sort pas.
00:53Tous les jours je suis entre 60 et 70 euros de gasoil.
00:57Mais qu'est-ce qu'on lui dit ?
00:59Que le gouvernement est impuissant, qu'il n'a pas les moyens, que c'est vrai, il y a des
01:04conflits un peu partout, au Moyen-Orient et partout, et qu'on ne peut pas agir ?
01:07Déjà, est-ce qu'on peut lui dire à lui, c'est sur vous que va porter l'effort ?
01:10Ça paraît quand même imposible.
01:11Allez-y.
01:12Mais donc voilà, c'est la raison, je relis à notre débat précédent.
01:17Et ce qu'on lui dit à lui, c'est sur vous que va porter l'effort, il va falloir
01:20faire un petit effort supplémentaire.
01:21Est-ce que vous avez vu beaucoup de ministres, en dehors de Roland Lescure, de Maude Bréjon, en train d
01:27'aller parler aux Français des difficultés qu'ils subissent actuellement, et de leur donner une vision ?
01:33Non, mais ça ne me manque pas plus que ça.
01:34Moi, ça me manque, parce que ça participe du climat anxiogène, de dire qu'il fait qu'on ne sait
01:41pas ce qu'on veut, où on va, et comment on y va.
01:44Donc sinon, dans le mur.
01:45Comment un vieux, pardonnez-moi, un vieux au sens noble du terme du journalisme politique, ne sait pas ce que
01:51c'est que des ballons d'essai ?
01:53Alors, pardon, juste un petit expression là-dessus.
01:58Je n'emploie jamais cette expression de ballon d'essai, parce que ce n'est pas le rugby.
02:01Oui, c'est une expression qui renvoie aux aérostiers qui jetaient des ballons, comme ça, pour s'élever plus haut.
02:06Et donc, je ne trouve pas qu'ils s'élèvent plus haut, si vous voulez, du tout.
02:09Vous voulez dire, en avançant, comme ça, des propositions...
02:11Alors, comment on évite le crash ? Moi, j'aimerais savoir, la situation n'est plus tenable.
02:14Vous avez entendu ce chauffeur.
02:16Qu'est-ce qu'aujourd'hui, quelqu'un en responsabilité, qui veut qu'il n'y ait pas un chaos
02:20supplémentaire,
02:21alors que nous sommes à 7 mois de la présentielle, qu'est-ce qu'il dit ?
02:24Le vrai problème, c'est qu'encore une fois, on a un manque de vision sur ce sujet.
02:27La crise du détroit d'Ormousse, la fermeture du deuxième détroit de Babel-Mandade, elle est pour tous les pays
02:31européens.
02:32Pourquoi la crise, elle n'est que chez nous ? C'est que pendant 10 ans, on a cramé la
02:35caisse.
02:35Et donc, aujourd'hui, on n'a plus les moyens d'eux.
02:37Donc, un, il y a des aides ciblées qui ont été mises en place.
02:40Aides ciblées, on a dit ceux pour qui la voiture n'est pas un luxe, parce que chez moi, dans
02:43le Tarn,
02:43vous ne pouvez pas aller chez le médecin, vous ne pouvez pas travailler sans voiture.
02:46On ne peut pas être en trottinette, dans les rues de Paris, derrière Anne Hidalgo.
02:50On doit prendre la voiture. Qu'est-ce qu'on fait ?
02:51Le gouvernement a dit...
02:53Petit passage, un tacle à Mme Hidalgo, pourquoi on ne sait pas ?
02:56C'est droit qu'il n'allait plus là.
02:58Mais c'est...
02:58Pour le plaisir.
02:59On fait des aides ciblées. Donc, le gouvernement dit, on fait des aides ciblées.
03:01Bon, 100 euros par mois, il y a 3 millions de Français éligibles,
03:04et il y en a seulement 1,5 million qui postulent.
03:07Déjà, c'est mauvais signe, ça veut dire qu'il y a un problème de parcours d'obstacles administratifs
03:11qui fait que tous ceux qui ont droit à l'aide ne peuvent pas la chercher.
03:14Il faut absolument cibler les aides sur les gens qui travaillent.
03:16Les gens qui travaillent, un, il faut revoir le barème kilométrique.
03:20Tous les artisans qui utilisent leur voiture pour aller travailler,
03:23les salariés qui sont obligés d'aller travailler en voiture,
03:25il faut vite que ce leur soit remboursé sur un barème kilométrique qui est gelé depuis 3 ans.
03:30Il faut leur rendre ce pouvoir d'achat.
03:32S'il y a des recettes fiscales supplémentaires,
03:34on sait qu'aujourd'hui, le plein de gazoil à la pompe,
03:3750% ça part sur des taxes gouvernementales.
03:40Il y a la TVA, il y a la TIC, il y a les certificats.
03:41Mais pardonnez-moi, arrêtons-nous là-dessus.
03:43Vous dites à raison, on voit dans quelques instants, que c'est lié au contexte géopolitique.
03:47Mais l'État prend sa part avant même que le pétrole n'arrive à la pompe.
03:51Là, vous allez me dire si c'est vrai ou si c'est faux.
03:53Sur certaines stations, l'État en casse plus que le producteur, le transporteur et le pompiste réunis.
03:58Oui, c'est vrai, il y a une très lourde fiscalité sur les carburants.
04:02Et d'ailleurs, plusieurs candidats à la présidentielle proposent de ramener la TVA de 20 à 5,5 sur les
04:07énergies et les carburants.
04:09Simplement, moi je suis toujours pour les baisses d'impôts et jamais pour les hausses ou pour les maintiens des
04:13impôts.
04:13Donc là-dessus, maintenant c'est dit.
04:14Simplement, je voudrais simplement toujours avoir un mot de prudence pour ceux qui nous regardent,
04:17c'est que quand bien même le frétons, ce qui n'arrivera pas parce que ce n'est pas dans
04:20les projets de Sébastien Lecornu,
04:21le prix baisse, mais il n'empêche que le contexte international, ça ne contient pas...
04:26Mais on ne peut plus raisonner comme vous le faites aujourd'hui avec une situation.
04:28Ça n'empêchera pas les prix de continuer à augmenter, ça prive l'État d'une manne financière importante
04:31et ça n'empêche pas les prix de continuer à augmenter.
04:33Pour autant, est-ce qu'il faut maintenir les taxations telles qu'elles sont ? Non.
04:35Non, mais c'est vrai que je pense que Sébastien Lecornu, au printemps, a fait un choix de renoncer à
04:42ce que, par exemple,
04:43on fait les Espagnols d'augmenter la TVA, ce qu'on fait les Italiens de jouer plutôt sur les taxes
04:47intérieures,
04:48qui a coûté assez cher, je crois qu'on est entre 5-10 milliards de coûts.
04:52Lui, il a fait le choix des aides ciblées, ce que vous décriviez, madame, choix qui coûte moins cher,
04:57mais qui, à mon avis, fonctionnait tant que le prix n'avait pas atteint ce qu'il est aujourd'hui.
05:04Je pense que la stratégie de Sébastien Lecornu...
05:05Mais vous, au pouvoir, que feriez-vous aujourd'hui ?
05:07Je ne sais pas, parce que moi, je ne suis pas en commande, mais je crois que là, ils ne
05:10vont pas pouvoir continuer.
05:10Ils ne vont pas pouvoir continuer à se planquer en se disant, on va attendre que les détroits soient débloqués,
05:16parce que là, pour l'instant, ça ne prend pas du tout le chemin.
05:19Et quand bien même ils seraient débloqués, il y a aussi les raffineries qui ont été pétées, tout ça, donc
05:23ça va prendre du temps.
05:24Et là, je ne sais pas, mais en tout cas, il y a une urgence pour le Premier ministre.
05:27On a quand même un vrai sujet sur ce point qui s'appelle les certificats d'économie d'énergie.
05:31Que ça, ce n'est pas la TVA, ce n'est pas la TICPE, ce n'est pas une taxe,
05:35c'est entre 15 et 17 centimes le litre.
05:37Mais ça, ce sont en fait, ça maintient tout un écosystème d'administration, d'ONG qui fonctionne sur la transition
05:43écologique.
05:44Donc en fait, les distributeurs payent ça de manière...
05:46C'est une taxe indirecte, si vous voulez, qui va financer la transition écologique.
05:50Mais au final, qui sait qui paye ? Ce sont les personnes qui font leur place.
05:53Ce que dit Bruno Retailleau, bien sûr, c'est sur l'électricité, on supprime les certificats d'économie.
05:59Et sur les factures d'électricité, ça fait deux mois de factures en moins par an.
06:03Pendant que Marguerite Dumont s'installe pour parler de la situation internationale, c'est lié quand même.
06:08Là encore, je vous pose une petite question.
06:09Est-ce que c'est vrai que l'État prend 1,17€ sur 2€ de carburant ?
06:14Est-ce que c'est vrai que l'Europe impose à peu près une planche de 60 centimes sur un
06:18prix similaire ?
06:19Et donc au final, c'est l'État français qui se sert dans le portefeuille des Français ?
06:22Oui, à hauteur de 50%.
06:24Vous me dites oui à tout. Tout vous paraît normal.
06:27Non !
06:28Non, ben si.
06:28Mais non, je vous ai dit...
06:30Vous me dites que ce n'est pas possible, même si on baisse...
06:32Ce que j'ai dit, c'est que si on baisse, le prix à la pompe va baisser.
06:35Si les taxes baissent, le prix à la pompe va baisser immédiatement.
06:38Pour autant, si la situation internationale continue à se dégrader, il continuera par ailleurs d'augmenter.
06:41Il faut simplement le dire pour être tout à fait complet.
06:43Maintenant, est-ce que le prix doit baisser ? Est-ce que la taxation...
06:46Est-ce qu'il est normal que les Français à la pompe donnent 50% de ce qu'ils font,
06:48ce qu'ils mettent dans leur voiture à l'État ? Non.
06:50Est-ce que vous savez combien l'offre mondiale pèse, justement, sur la situation des carburants ?
06:54À combien ? À quel pourcentage, derrière vous ?
06:56C'est-à-dire dans la hausse des prix ?
06:5830%.
06:59C'est ça.
06:59Une pression de 30% de l'offre mondiale.
07:01Aujourd'hui, on a 5% de les 3 euros.
07:02On est parti d'un euro 70.
07:05Donc je ne suis pas fort pour faire le calcul en proportion.
07:08Non, mais tout le monde a compris derrière l'écran.
07:10Non, ce n'est pas grave, c'est le plus important.
07:11Plus 100% à peu près.
07:12Alors, parlons de ce contexte parce que c'est une réalité malgré tout, même si elle n'explique pas toute
07:17l'envolée des prix.
07:18Marguerite Dumont, est-ce que vous pouvez nous présenter cette situation ?
07:20On voit bien que tout explose un petit peu partout et que ces détroits bloqués, eh bien, nous donnent une
07:26situation bloquée à la pompe chez nous en France.
07:29En effet, la pression augmente ces derniers jours.
07:31Au Moyen-Orient d'abord, les outils contrôlent désormais le détroit de Bab el-Mandeb.
07:36On a une carte pour tout comprendre.
07:37C'est une route commerciale clé et depuis le blocage du détroit d'Hormuz, l'Arabie saoudite a basculé sur
07:45son oléoduc est-ouest pour acheminer son brut jusqu'à Yombou, juste ici, sur la mer Rouge, et l'exporter
07:53justement via Bab el-Mandeb.
07:55Cette voie de secours est désormais interdite aux navires saoudiens.
07:59Et pour enfoncer le clou, regardez cette oléodique, elle lui-même était frappée par une attaque de drone cette semaine.
08:05Officiellement, les outils assurent que les autres navires pétroliers porte-conteneurs peuvent continuer à circuler.
08:11Mais dans les faits, plus aucun commandant ne veut prendre le risque.
08:1410% du pétrole mondial transite par Bab el-Mandeb.
08:18C'est moins que les 25% qui passaient par Hormuz.
08:21Mais chaque route supplémentaire qui se ferme fait monter la pression sur les marchés.
08:26Et ce n'est pas tout. La guerre en Ukraine a aussi des conséquences.
08:30Les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes perturbent les approvisionnements en gasoil.
08:35Résultat, ses principaux clients, la Turquie et le Brésil, doivent désormais se battre avec l'Europe pour du diesel américain
08:43ou indien.
08:44C'est encore une pression supplémentaire sur les prix.
08:47Cela pourrait évoluer.
08:48Et Donald Trump, après avoir exigé l'arrêt des frappes ukrainiennes, affirme aujourd'hui sur ses réseaux sociaux que Kiev
08:54et Moscou ont accepté d'épargner les infrastructures énergétiques.
08:59Merci Marguerite. Vraiment merci pour cette présentation très claire d'une situation compliquée.
09:04Je vous rejoins.
09:05Ça veut dire que si on réduit les taxes sur les carburants, on donne un peu d'oxygène, mais pas
09:10davantage.
09:11Mais vous allez me dire, qui peut résoudre cette situation ?
09:13Personne.
09:13Donc on dépend des humeurs de M. Trump, des oucas de M. Poutine.
09:18Absolument.
09:19Et c'est pour cela qu'il ne faut pas faire croire aux gens que baisser ces taxes-là est
09:23une solution miracle.
09:24C'est une solution.
09:25Je ne dis pas le contraire, puisque ça aurait un effet immédiat.
09:28Donc ça, il ne faut pas le négliger.
09:30Mais il ne faut pas mentir sur la vie.
09:30M. Domenac n'est pas d'accord.
09:32Ce n'est pas un avis que je donne.
09:35Permettez qu'on ne soit pas d'accord avec vous.
09:37C'est un mécanisme financier que je décris.
09:40On a un pouvoir qui est d'une faiblesse insigne.
09:43C'est la donnée de base.
09:45On a des problèmes, des caisses vides.
09:47On a des problèmes monstrueux.
09:49On ne s'en sortira pas si on ne réunit pas toutes les forces vives, les partis, les syndicats,
09:56et qu'on se dise, voilà, on est devant ces problèmes-là.
09:59Ce n'est pas en prenant telle ou telle mesure qu'on s'en sortira.
10:02Mais le problème, c'est qu'il n'y a pas de cap, il n'y a pas de vision.
10:04Ça fait dix ans que le gouvernement aurait dû se rendre compte qu'on devrait être le Moyen-Orient de
10:08la production d'électricité.
10:09Et aujourd'hui, ils arrivent en disant, ah, l'électrification, c'est peut-être pas mal.
10:13Mais on y arrive après dix ans de pouvoir.
10:15Quand on est au pied du mur.
10:17À ce moment-là, on va creuser le déficit.
10:19On va retarder la transition énergétique.
10:22On va accentuer la pollution.
10:24Non, mais ce que je veux dire, c'est que le nucléaire...
10:26Il y a la fin du monde et il y a la fin du mois pour certaines personnes.
10:28Exactement.
10:29Le nucléaire, il est décarboné.
10:30Comment se fait-il qu'on n'ait pas poussé cette industrie et qu'on n'ait pas poussé l
10:33'électrification
10:34avec cette énergie sur laquelle nous sommes souverains,
10:36qui est à bas coût, qui est décarbonée,
10:38et qu'on arrive au bout de dix ans de pouvoir à se dire,
10:40finalement, il faudrait peut-être électrifier les usages,
10:42parce que c'est une énergie décarbonée et à bas coût.
10:46On n'a pas eu la vision.
10:47Et le problème, c'est qu'on se retrouve aujourd'hui au pied du mur avec des caisses-fides
10:50et que le macron 10 n'a pas donné un cap.
10:52Réunir les gens autour de la table, d'accord,
10:54mais il faut donner un cap pour que tout le monde avance vers une vision.
10:58À court terme, il y a une troisième voie.
11:00Baisser, plafonner les prix, c'est organiser la pénurie.
11:03Ça, on a bien compris.
11:04Baisser les taxes, ça casse les reins du prochain budget.
11:06C'est insoutenable.
11:07La troisième voie que certains pays ont proposé,
11:11certains pays européens,
11:12ils en ont même fait appel à la Commission européenne,
11:14c'est de faire financer des aides pour les plus fragiles,
11:17pour les grands rouleurs, sur, effectivement,
11:19alors c'est encore des chèques, vous allez dire,
11:21mais les faire financer par une surtaxe sur les pétroliers.
11:23J'entends, mais...
11:24Parce qu'il y a eu une enquête qui a été demandée à la Commission européenne...
11:27Est-ce qu'il vaut mieux casser les reins du budget
11:28ou casser les reins des Français ?
11:29Pardon, c'est un peu démago.
11:30Non, non, mais là, c'est pas...
11:31Est-ce qu'il vaut mieux une situation quand même un peu stable
11:35avant une présidentielle
11:36ou un chaos organisé avant une élection à haine ?
11:39Mais vous voulez dire que si on demande une aide aux pétroliers,
11:42ça déstabilise, c'est ça ?
11:44Mais ils ont payé déjà des aides, les pétroliers.
11:46Ils ont payé déjà, mais est-ce qu'ils ont payé à hauteur ?
11:48Les aides, ça a fonctionné jusqu'au début de l'été,
11:53lorsque le pétrole, le baril était encore sous les 100 dollars.
11:58Ah, donc ça veut dire des aides, en disant le budget, ça sera pour plus tard.
12:02Ça devient vraiment impossible.
12:03C'est-à-dire que la stratégie de Sébastien Lecornu...
12:07Ça a peut-être un peu fonctionné avant l'été, ça a les exibé,
12:09ça coûtait moins cher, c'était une petite voie de passage,
12:13c'était possible.
12:14Là, on a dépassé des hauteurs du prix du baril
12:18qui rendent la situation totalement impossible de maintenir.
12:21Ce n'est pas qu'une crise du carburant,
12:23c'est une crise de tous les prix.
12:25Oui, mais c'est d'abord les carburants.
12:27Oui, mais attention, parce que c'est un peu l'arbre qui cache la forêt.
12:30Après, tout va être en cascade.
12:32Mais même en cascade.
12:34Par exemple, est-ce qu'il ne faudrait pas,
12:35je vous mets une idée là au centre du débat,
12:37pour plus de transparence, est-ce qu'il ne faudrait pas
12:39une mission parlementaire sur les taxes, les prix des carburants ?
12:43Mettons tout sur la table, que ce soit transparent
12:46et qu'on voit là où vrai, véritablement...
12:47Ça a été rejeté par la Commission européenne.
12:49Mais je suis tout à fait d'accord avec vous.
12:52Précisément l'inverse.
12:53On a encore un peu de souveraineté ?
12:54Je vous rejoins totalement.
12:55Ça a été demandé, ça a été refusé par la Commission européenne.
12:57Pour autant, il le faudrait.
12:58Moi, je pense que ça aurait plutôt l'effet inverse
13:00à celui que certains esprits malveillants espéraient.
13:03C'est que ça démontrerait qu'il n'y a pas d'enrichissement magique
13:06ou que sais-je.
13:07Et que donc, si vous voulez, nos champions,
13:09il faut plutôt les aider que les surtaxer.
13:11Mais oui, je vous rejoins tout à fait.
13:12Mais quelle que soit la stratégie qui sera adoptée
13:17et les mesures qui seront prises,
13:18ça ne peut pas se faire en passant sous la table.
13:22Et la façon de ne pas gérer ça publiquement,
13:25Sébastien Lecornu, je trouve ça incroyable.
13:28Les Français ne sont pas impliqués.
13:30Ils subissent.
13:31À aucun moment, ils ne sont pris en considération.
13:34C'est mission de transparence.
13:35Vous estimez qu'on va arriver à 3 euros.
13:37C'est invivable.
13:38C'est impossible.
13:39Donc voilà, on vous dit,
13:40il y aura une mission parlementaire.
13:42On va voir dans chaque litre les taxes, etc.
13:44Et puis ensemble, on se met autour d'une table et on décide.
13:47Ce qui est certain, c'est que le statu quo actuel,
13:49c'est-à-dire des aides ciblées, ça ne fonctionne plus.
13:52Politiquement, c'est intenable.
13:53Et c'est surtout une bombe à retardement pour le gouvernement.
13:56Parce qu'on voit qu'il y a des gens qui commencent à s'organiser.
13:58On va en parler.
13:59Des anciens mouvements qui renaissent et le carburant était bien moins haut
14:03au moment où la crise des gilets jaunes a commencé.
14:05Comme vous le dites, des anciens mouvements qui renaissent de leurs cendres.
14:07Et il y a ceux qui soufflent sur les cendres, qui soufflent même fort.
14:10Alors, vous allez nous dire ce que vous en pensez.
14:11Parce que certains se disent, on est tout à fait légitime
14:13à accompagner un mouvement de contestation.
14:16Comme Jean-Luc Mélenchon, comme Olivier Faure, comme Fabien Rousset.
14:19Alors, chacun avec ses nuances de rouge, si je puis dire.
14:22Écoutons-les, vous allez nous dire ce que vous en pensez.
14:25Nous voulons la révolution citoyenne.
14:27C'est-à-dire le contrôle populaire sur toutes les affaires qui le concernent directement.
14:33Je vous propose de passer à l'action maintenant.
14:37Je vous propose de faire la révolution maintenant, dans la rue, avant les urnes.
14:44Parce que c'est maintenant que l'on souffle et c'est maintenant que l'on doit agir.
14:48Si on se soulève, je le dis aussi, je le comprendrai parfaitement et je serai à leur côté.
14:54Parce qu'il n'est plus possible d'avoir des gens qui travaillent,
14:58mais qui ne sont pas rémunérés à l'heure de ce qu'ils font.
15:01– Êtes-vous sûr que vous avez prêté attention à ce qui vient d'être dit ?
15:05Imaginez que ce soit un autre candidat, je dis au hasard, à droite ou au Rassemblement National,
15:10qui ait parlé d'une révolution dans les rues.
15:12Il y aurait une révolution dans tous les médias déjà.
15:14– Je suis…
15:15– Et pourquoi ça ne soulève rien ?
15:16– Parce qu'il n'a pas eu un crédit absolu.
15:19– Il fait 2% !
15:22– Ah mais ne soyez pas méprisants !
15:23– Non, non, non, non, non !
15:25– Il est à 3% au fini président, monsieur !
15:27– Oui, sur les chiffres, j'ai toujours contesté le chiffre de 3%.
15:30– Il faut quand même remettre…
15:34– D'abord, un, le mouvement des Gilets jaunes,
15:36ils ont plutôt couru après la gauche à l'époque.
15:39Fabien Roussel, là, il est à la peine, il ne sait pas comment lancer ça.
15:42Et puis il fallait parler plus fort que Jean-Luc Mélenchon ce week-end,
15:45donc il a trouvé un moyen d'avoir une petite fenêtre médiatique.
15:48La vérité, c'est que les Gilets jaunes,
15:50s'ils y retournent sur les ronds-points,
15:53ils n'écouteront pas Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel.
15:56– Peut-être que du côté des agriculteurs, des paysans du Tarn,
16:00on sait ce qu'ils se préparent.
16:01– On sait ce qu'ils se préparent,
16:02mais le vrai problème du PS, du Parti communiste et de la France insoumise,
16:06c'est qu'aujourd'hui, je pense qu'ils s'en fichent un peu du prix de litre.
16:08La seule chose qui compte pour eux,
16:10c'est le prix du point de plus dans les sondages, à ce rythme-là.
16:12Parce qu'on sait que les Français sont en colère,
16:14on sait qu'il y a surtout beaucoup d'inquiétudes.
16:16Le sentiment qui prédomine aujourd'hui dans les campagnes,
16:18il y a de la colère,
16:19mais on sent les gens qui sont tellement en souffrance
16:22qu'en fait, on ne sent pas que ce soit les agriculteurs, les artisans,
16:25la France que j'ai ou qu'on appelle la France profonde,
16:26on ne sent pas qu'ils ont envie d'y aller sur les ronds-points.
16:28Il y a trop d'inquiétudes,
16:29encore elle est sourde, elle est dans la résignation.
16:32Donc le fait de vouloir attiser cette inquiétude
16:34où il y a déjà une grande souffrance
16:36sur tous les territoires de France,
16:39mais de vouloir l'attiser en disant
16:40« Allez sur les ronds-points, il faut faire la révolution »,
16:42franchement, c'est électoraliste.
16:44C'est irresponsable surtout.
16:46C'est totalement irresponsable, ça se retournera contre eux,
16:48comme ça c'est retourné la première fois,
16:50quand ils ont couru après les gilets jaunes,
16:52c'est l'extrême droite qui a ramassé à l'arrivée,
16:54c'est complètement absurde.
16:55Mais ce n'est pas la même tonalité quand même,
16:57vous avez Roussel, lui il appelle carrément,
16:59c'est un appel insurrectionnel, ça c'est clair,
17:02tandis que Jean-Luc Mélenchon dit
17:04« Essaye de faire comprendre qu'il y a une voie de succès
17:06et qu'il faut la suivre et que ce seront des urnes qui parleront ».
17:09Ce n'est pas le même tempo,
17:11ils ne sont pas dans la même...
17:13Mais qui parle encore à cette France profonde ?
17:15À cette France, on l'a évoqué hier avec Robert Ménard,
17:17de la bagnole, celle qui n'a pas d'autre choix,
17:19parce qu'on ne peut pas mettre mamie sur le vélo à l'arrière,
17:22ni les quatre enfants pour aller à l'école,
17:24et que pour faire quatre kilomètres, il n'y a pas d'autre choix.
17:26Qui parle à cette France-là ?
17:27Non mais c'est terrible,
17:29mais ce que vous disiez,
17:31et relevé aussi par le dernier sondage Ipsos,
17:34qui est publié dans Le Monde,
17:35c'est Vipoff,
17:36l'inquiétude c'est 59%,
17:40la colère c'est 30%.
17:41Or, on nous rebat les oreilles avec la colère en permanence,
17:44qui est réelle,
17:45c'est-à-dire qui existe,
17:46mais l'inquiétude est plus grande,
17:47ce qui fait qu'on peut douter qu'il y aura un mouvement des Gilets jaunes quand même,
17:50parce qu'il y a les élections en plus qui doivent intervenir.
17:54L'inquiétude est parfois plus dangereuse, entre guillemets, que la colère,
17:57parce que l'inquiétude d'un père ou d'une mère de famille,
17:59quand il ne peut pas remplir le frigo de son enfant,
18:01c'est parfois beaucoup plus violent qu'une colère qui est là,
18:04qui est sourde depuis quelques mois ou quelques années.
18:07Et puis la colère, elle a l'avantage de s'exprimer précisément,
18:09là où l'inquiétude, elle ne s'exprime pas,
18:11et donc peut tout d'un coup, soudainement,
18:12prendre tout le monde par surprise.
18:13Je voudrais rappeler le prix des carburants,
18:15on en parlait avec Céline Imar pendant l'extrait,
18:18je croyais que c'était 1,50€,
18:19elle m'a dit 1,60€.
18:24La crise des gilets jaunes a explosé, le 17 novembre 2018,
18:27je me souviens que personne ne pensait que ce serait un tel mouvement.
18:30Et puis tout le monde a été surpris,
18:31parce que cette colère précisément,
18:32personne ne l'avait vu venir, là où on pensait tous,
18:34que c'était de l'inquiétude.
18:36Donc moi, je me méfie de la distinction entre les deux.
18:39Je vous fais confiance, vous dites que dans le Tarn,
18:40ils sont plutôt réservés.
18:43J'ai quand même le sentiment, moi,
18:44qu'il se passe quelque chose,
18:46qu'il ne faut pas le négliger,
18:47et vous demandiez qui parle à cette France périphérique,
18:50comme dit Christophe Guilu,
18:51je crois qu'aujourd'hui, il n'y a plus que le Rassemblement national.
18:53Jean-Luc Mélenchon, il parle à la France périphérique,
18:55mais en périphérie des villes.
18:56Marine Le Pen, elle parle à la France périphérique.
18:58Je ne suis pas tout à fait...
18:59Je pense que c'est la réalité.
19:02David Lissnard, par exemple,
19:03est quand même très sur les questions de décentralisation,
19:05en disant qu'il faut décentraliser le pouvoir depuis Paris,
19:08il faut redonner...
19:10David Lissnard, je ne sais pas qui parle,
19:11mais je sais que pas grand monde ne l'entend.
19:13Pas grand monde ne l'entend, David Lissnard.
19:15Ce n'est pas la question, Arthur Merda.
19:17C'était qui parle ?
19:18Est-ce qu'il a entendu ou pas ?
19:19Ça, c'est la première.
19:21Attendez, attendez.
19:23Jean-Luc Mélenchon, lui aussi,
19:24propose des choses sur le train, par exemple,
19:26en disant qu'il faut absolument reconduire.
19:29Il parle à une certaine France.
19:32Il parle beaucoup à la France rurale.
19:34C'est quelqu'un qui ne fait pas le buzz.
19:35Ce n'est pas un candidat TikTok.
19:36Ce n'est pas un Jordan Bardella ou un Gabriel Attal
19:39qui sont très sur la communication.
19:40Mais c'est quelqu'un qui prend profondément le coup du pays.
19:43Et on a aussi, dans notre parti,
19:44on a des députés enracinés.
19:45Je pense que j'en suis la preuve vivante.
19:47Il y en a énormément de sénateurs.
19:48Les sénateurs, les maires...
19:50Tout ça, c'était pour vous dire
19:51qu'il y a quand même des candidats qui parlent.
19:55Le seul problème, c'est que ce sont des mesures
19:57effectivement au compte-gouttes
19:58et qu'il n'y a pas de plan global d'ensemble.
20:00Donc, on pioche un peu à droite, à gauche,
20:03chez certains des candidats.
20:04Mais en effet, il n'y a pas un candidat
20:06qui incarne ce grand basculement.
20:08Moi, ce que j'ai remarqué surtout,
20:09c'est qu'il y avait une enquête du week-end
20:12qui montrait que presque tous les politiques
20:14étaient en baisse, en fait, en réalité.
20:16Quand ils sont sondés personnellement,
20:17mais pas à droite.
20:18Certains baissent, il y a des niveaux
20:19qui ne sont pas les mêmes.
20:20Évidemment, c'est très fort.
20:20Chez les macronistes, c'est beaucoup plus fort.
20:22On va continuer à en parler.
20:22Donc, la colère, elle est là pour tous les politiques.
20:25C'est ça, c'est ça.
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