00:00— Mélenchon, c'est le moteur avec le plus de chevaux dedans, disons. C'est quelqu'un qui a une
00:09capacité d'avancer, de mobiliser, de réunir des foules.
00:16Il a ce truc-là. C'est un bon moteur. Mais en même temps, c'est quelqu'un qui fait
00:22peur. Et donc, même si la politique, comme on dit, ce sont des dynamiques,
00:26donc c'est pas parce que maintenant, ils sont désystématiquement perdants au second tour qu'il le sera forcément, puisqu
00:31'il peut essayer de créer quelque chose.
00:34Moi, je pense quand même que voter Mélenchon, c'est voter Le Pen. C'est ce que vont dire abondamment
00:39tous les autres candidats de gauche.
00:41Et en même temps, tous les autres candidats de gauche, quand même, par rapport à Mélenchon, sont des ectoplasmes. Il
00:47faut bien dire les choses comme elles sont.
00:50Ça leur fera plaisir.
00:51Je suis là pour dire les choses telles que je les perçois. Et je pense que revenir à François Hollande,
00:59franchement, je sais pas si les gens ont envie de ça.
01:03Aller avec... Se dire qu'on va se mettre tous derrière Glucksmann pour affronter Poutine, Trump, Xi Jinping, l'intelligence
01:12artificielle,
01:14la dégringolade de la France et l'incertitude de l'Europe, ça paraît quand même un peu léger.
01:21Donc, je pense que la gauche, à mon sens, on verra.
01:24Mais si je devais parier aujourd'hui, je parierais quand même sur un échec total et certain de la gauche
01:32à la prochaine présidentielle.
01:33Voilà ce que je pense.
01:35Enkel Garrido, tous derrière Mélenchon.
01:38Eh bien, écoutez, la situation n'est pas simple pour la gauche, il faut le reconnaître.
01:43Alors qu'un autre chemin a été possible.
01:46Moi, vous savez, ça fait 15 ans qu'on fait des médias, que je suis dans vos émissions.
01:51Et plus de 15 ans même, je dirais, parce que pendant...
01:54On compte pas les années.
01:56Parce que pendant 13 années, quand on a quitté le Parti Socialiste avec Jean-Luc Mélenchon,
02:01on a passé 13 années à taper comme des fous sur François Hollande et sur le Parti Socialiste.
02:06Et moi, je me souviens, parce que quand vous nous invitiez aux grandes gueules il y a 10 ans,
02:09vous étiez ravis du fait qu'on tape sur François Hollande.
02:12Et c'est aussi ça, le Mélenchonisme, il y a 10 ans.
02:15C'est-à-dire qu'on s'est construit là-dessus et on avait raison.
02:16Parce que ce que faisait ce gouvernement-là, c'était pas acceptable.
02:20Et il fallait construire une autre offre à gauche.
02:23Au bout de 13 ans de cette bagarre-là,
02:25et la troisième défaite à la présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, en 2022,
02:29on a, je pense, pris les fruits de ce travail-là
02:33parce qu'on a réussi à rectifier le programme global de la gauche
02:37et à réunifier la gauche sur un programme qui était,
02:40bon, normalement, celui de la France Insoumise.
02:42Ça a permis la création de la NUPES
02:44et ça a permis pour les Insoumis de passer de 17 députés,
02:48le score de 2017,
02:49à 75 députés,
02:51qui est le score de 2022.
02:53Et, à la gauche, dans son ensemble,
02:55de passer à 150 députés.
02:56Donc, on avait l'outil.
02:57On avait l'outil à partir de 2022.
02:59C'était la NUPES.
03:00On avait la stratégie.
03:01Mais il fallait, encore fallait-il, accepter
03:03que pour 2027 et l'incarnation présidentielle,
03:07il fallait peut-être accepter un débat
03:09sur qui était la meilleure incarnation.
03:11Je rappelle quand même que Jean-Luc Mélenchon,
03:13lui-même, en 2022, avait dit qu'il ne serait plus candidat.
03:15Il avait dit qu'il ne voulait pas,
03:17qu'il voulait être remplacé, etc.
03:18Sauf que ce débat-là, en fait, très rapidement,
03:20Il reste le mieux placé.
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