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Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.
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00:00Nos invités autour de la table, je salue la présence de Nicolas Domenac, merci d'être là, bonsoir à vous.
00:06Nos téléspectateurs vous connaissent, journalistes politiques, éditorialistes également.
00:10Anne-Sora Dubois, merci de votre présence. Arthur Berda, bonsoir à vous.
00:13Bonsoir, Seigneur.
00:13Bruno Jeudy nous accompagne, bonsoir.
00:15Bonsoir, Seigneur.
00:16Et Céline Imard nous a rejoint, bonsoir à vous.
00:18Bonsoir, Seigneur.
00:18Bienvenue, vous êtes députée européenne, Les Républicains, vous êtes l'une des porte-parole de la campagne de Bruno Rotaillot.
00:24Et puis, vous avez non pas cette spécificité, mais ce contact, j'allais dire, tout à fait naturel avec le
00:30terrain.
00:30Vous êtes agricultrice, vous représentez aussi cette France hors des métropoles, cette France rurale,
00:36pour laquelle évidemment chaque goutte de carburant pèse beaucoup sur le portefeuille.
00:41On va en parler.
00:42Mais tout d'abord, je vous le disais, les retraités seront mis à contribution, semble-t-il, et soumis à
00:46rude épreuve.
00:47On va leur dire, sacrifiez-vous, d'autant Nicolas Domenac, vous allez me dire si je me trompe, qu'il
00:52n'y a pas beaucoup de risques qu'ils descendent dans la rue.
00:54Ils aiment l'ordre. Ils ne manifesteront pas. Ils ne casseront pas.
00:57Je vous propose d'écouter quelques-unes de leurs doléances au micro de BFM TV.
01:02On demande toujours les efforts aux mêmes.
01:04Et je dirais que depuis Pierre Laval et l'avant-guerre, on demande aux retraités.
01:09Jamais aux plus riches.
01:11Or, ça n'est pas normal que les efforts soient partagés par tous et non pas par les plus démunis.
01:18Ça dépend le plus que ça peut apporter.
01:21Pourquoi ?
01:21Parce qu'après, si c'est 40% de plus, ce n'est pas possible.
01:26Disons qu'il y a des gens, vraiment, c'est inadmissible.
01:28Quand vous entendez ce qui touche, ça dépasse les 10 000 euros.
01:33Même par mois, j'ai entendu des choses.
01:35Tandis qu'il y en a d'autres, je ne sais pas, les personnes qui ont 1 300 euros par
01:40mois, mais ils ne peuvent pas s'en sortir.
01:43Bon, peut-être que je vais être provocatrice, mais vous ne les voyez pas sur des barricades ?
01:46Vous ne les voyez pas retourner des poubelles ?
01:48Vous ne les voyez pas descendre dans les rues ?
01:51Vous sous-estimez l'alacrité de nos anciens.
01:55Le côté panthère grise, ça peut se révéler s'ils ont le sentiment d'une injustice.
02:00Et il semblerait que ce soit le cas, quand même.
02:02Et ne sous-estimez pas le fait qu'ils sont très mobilisés dans l'encadrement des jeunes un peu partout,
02:09qu'ils ont des réseaux très puissants, qu'ils ont appris aussi à servir d'Internet,
02:13qu'ils ont des enfants, des petits-enfants.
02:16Moi, je pense que si le sentiment d'injustice commence à se répandre de manière aiguë,
02:21eh bien, vous ne pouvez pas être comme ça, sceptique sur leur capacité de mobilisation.
02:25Ils ont d'autres moyens de mobilisation, les retraités, on va se dire la vérité, Nicolas Domenac, c'est les
02:29urnes.
02:29Ils n'ont pas besoin de monter sur les barricades, ils n'ont pas besoin de casser les vitrines le
02:321er mai.
02:33C'est qu'en réalité, c'est la catégorie d'âge qui vote le plus, qui se rend le plus
02:36aux urnes.
02:37C'est dans 7 mois, c'est dans 7 mois, et avant 7 mois.
02:39Il y a quelqu'un dans le magnéto qui disait, on s'en prend toujours au même.
02:43C'est faux. D'ailleurs, moi, je suis plutôt, contrairement au reste de ma génération,
02:45hostile à l'idée de s'en prendre aux retraités, donc je suis plutôt en défense des retraités.
02:48Mais en l'occurrence, il y a un monsieur qui disait, on s'en prend toujours au même.
02:51C'est faux. On dit toujours qu'on va s'en prendre aux retraités,
02:53mais la réalité, c'est qu'on s'en prend assez peu souvent aux retraités.
02:57Peut-être, entre autres, si je suis un petit peu cynique, parce que ce sont ceux qui votent le plus,
03:01la réalité, c'est que c'est aussi compliqué de s'en prendre à eux, Emmanuel Macron a essayé.
03:04Il en est revenu, parce qu'il avait augmenté la CSG, il en est revenu.
03:07On est arrivé à un moment, Arthur et Nicolas, où, au fond, le revenu moyen d'un retraité
03:14et le revenu moyen d'un actif, c'est un peu inversé.
03:17Et c'est là que ça change un peu, ça rebat un peu les cartes, qu'on le veuille ou
03:21non.
03:21Et même si, oui, spontanément, on va dire, c'est pas trop normal, sans doute,
03:26de toucher aux pensions ou aux avantages que peuvent avoir les retraités,
03:30si tant est que ce soit des avantages.
03:31Mais c'est vrai que la question se pose, puisqu'à un moment, dans une société,
03:34si les inactifs gagnent plus que les actifs, c'est un problème.
03:37Et juste un chiffre, 17 millions de personnes de plus de 65 ans en France
03:41qui votent beaucoup, beaucoup plus que les plus jeunes, ça pèse aussi pour les candidats.
03:45J'apporte juste un élément aussi, un autre chiffre, c'est que pour la première fois en 2027,
03:49le corps électoral, alors on est loin de parler de retraité,
03:51mais c'est la première fois dans l'histoire de la cinquième
03:53que le corps électoral sera majoritairement âgé de plus de 50 ans qu'en dessous.
03:58C'est un vrai changement, y compris dans l'approche qu'en ont les responsables politiques.
04:01Et c'est une vraie donnée pour l'accompagnement.
04:02J'ai une chose que j'ai du mal à comprendre, je vous la soumets, et c'est l'inimant.
04:06Quelle est notre situation ? On est dans un pays qui a la médaille d'or des impôts,
04:09nous sommes d'accord. On est assis sur des caisses vides, nous sommes d'accord.
04:12On pose nos pieds sur une dette de plus de 3 000 milliards
04:15et on discute de savoir qui va devoir payer quoi ?
04:17Les erreurs ou les errements passés ?
04:19Exactement.
04:20Est-ce que c'est ça le débat ?
04:20Exactement. Aujourd'hui, le macronisme, c'est après avoir eu des années de n'importe quoi qu'il en coûte,
04:25c'est maintenant n'importe qui va payer.
04:27Et en premier, les retraités. Le problème, c'est que les retraités,
04:29ce n'est pas un avantage qu'ils ont de toucher la retraite, c'est un dû.
04:32Ils ont travaillé toute leur vie, ils ont cotisé toute leur vie,
04:35ils ont transmis et créé la richesse du pays.
04:37Donc aujourd'hui, on ne peut pas continuer comme ça dans une politique
04:41qui finalement transmet la dette aux jeunes
04:42et puis qui fait payer la facture aux retraités.
04:44Pour préciser, ce que je disais, c'était les 10%.
04:46C'est ça qui est discuté.
04:48Mais peu importe.
04:48Aujourd'hui, on ne peut pas prendre des catégories de la population
04:51comme les retraités, comme un distributeur de billets de l'État.
04:53Il y a un véritable problème sur le court terme.
04:56Déjà, ces 6 milliards d'euros que le gouvernement veut aller chercher
04:59sur les retraités, déjà, en fait, il aurait pu les avoir
05:02s'ils n'étaient pas revenus sur la réforme des retraites
05:04pour faire plaisir aux partis socialistes l'an dernier.
05:06Premier point.
05:07Sur le moyen terme et le long terme,
05:09on sait que le système est extrêmement compliqué.
05:11On a 120 milliards de déficits sur la branche retraite.
05:14Où a été la vision du macronisme et du gouvernement pendant 10 ans ?
05:17Donc aujourd'hui, ce qu'il faut, c'est arrêter de taper sur eux à court terme
05:21pour aller chercher des économies qui n'ont pas été faites l'an dernier
05:24sur le vote du budget. Et puis, à long terme,
05:26et c'est ce que propose Bruno Rétaillot, pardon,
05:28mais c'est de dire aujourd'hui, il va falloir ajouter probablement
05:31un étage par capitalisation et revoir le système de fonds en comble.
05:35Mais le premier qui doit payer, c'est l'État qui doit serrer la ceinture,
05:39non pas toujours demander plus à ces gens qui ont travaillé toute leur vie.
05:42C'est-à-dire que l'État confond les économies avec les prélèvements.
05:45Les économies, ce n'est pas une facture supplémentaire qu'on demande aux retraités.
05:49C'est d'abord un train de vie que l'État doit baisser.
05:51Dans votre argumentaire, je voudrais rappeler ce qui s'est passé.
05:54C'est vrai qu'il y a quelque temps, elle ne saura du boire,
05:56rappelons que le gouvernement a topé dans la main d'Olivier Fort
05:59pour avoir la paix et puis pour geler la réforme de la retraite.
06:03Ça, c'est un coût que les retraités vont payer aujourd'hui.
06:07C'est un coût que les retraités vont payer aujourd'hui absolument,
06:09mais qu'il faut quand même qu'on se rebalance avec l'allongement de la durée de la vie.
06:14Donc, c'est quelque chose qu'on ne pourra pas faire éternellement.
06:16Ça, c'est la première chose.
06:18Par ailleurs, les possibilités de toper à nouveau avec le Parti Socialiste cette fois
06:23sont extrêmement réduites pour le gouvernement.
06:26Et donc, est-ce qu'il ne vaut pas mieux aller directement vers une mesure
06:29qui peut être en effet très impopulaire ?
06:32Je vous dis simplement, vous dites depuis tout à l'heure,
06:34et c'est vrai que c'est une catégorie d'âge qui vote beaucoup.
06:37Mais aujourd'hui, le gouvernement de Sébastien Lecornu,
06:38il est dégagé de cette pression-là.
06:40Ah oui, mais alors quel cynisme, si vous me dites, alors ils ne votent plus.
06:43Je vous cite le Conseil d'orientation des retraites,
06:46parce que vous parliez du montant des retraites tout à l'heure.
06:48Il y a une chose aussi qu'il faut prendre en compte,
06:49c'est que c'est une génération qui est plus propriétaire aujourd'hui que les actifs.
06:53Patrimoine supérieur de 30%.
06:55Et donc, c'est là où le gouvernement se base sur une juste répartition de l'effort.
07:01À qui est-ce qu'on demande ?
07:01À ceux qui ont le patrimoine un peu plus élevé.
07:03C'est comme ça, en tout cas, que le gouvernement le justifie.
07:06Mais vous ne trouverez pas quelque chose d'indécent, quand même,
07:09à demander des efforts à des gens qui ont fait des efforts toute leur vie,
07:12même si le ratio s'est inversé avec les actifs ?
07:14Et attendez que l'allongement de l'espérance de vie
07:15aggrave encore le sujet de la dépendance dans ce pays.
07:17Et que donc, ce qu'on retire d'une main au retraité demain,
07:20ce soit l'État qui soit contraint de le financer.
07:22Parce que l'allongement de l'espérance de vie,
07:24ce n'est pas simplement pour aller faire des costes à croisière
07:25et inviter la famille au restaurant.
07:27C'est aussi financer sa propre dépendance.
07:29Espérons qu'il y en ait le moins possible qui soit dépendant parmi nos aînés.
07:31Mais pour autant, c'est une dépense qui va arriver.
07:33C'est un coût qui va être considérable pour nos comptes publics.
07:36Et donc, si on ne permet plus à ces retraités de le financer eux-mêmes
07:39avec l'aide de leur famille,
07:40c'est l'État qui devra le prendre en charge demain.
07:42Et je peux vous dire qu'on aura d'autres débats que celui qu'on entendra avant.
07:44Est-ce que c'est le grand tabou français ?
07:47Je partage votre sentiment qu'il y a une indécence.
07:51Une société, ça fonctionne sur un pacte social.
07:54Soit on le respecte, soit on ne le respecte pas.
07:56Si on ne le respecte plus, à ce moment-là,
07:58la société se dissout et chacun devient l'ennemi de l'autre.
08:01Donc, on n'a pas fait ce travail-là.
08:04Ensuite, il y a une façon de présenter cette question-là.
08:06Comme si les retraités ne contribuaient pas, dès à présent,
08:10autrement par leur présence, leur engagement,
08:12dans un certain nombre d'associations.
08:14Je t'en perds mon propre propos, les aides financières à leur descendre.
08:17Les dons aux enfants, on n'en donne jamais le volume
08:21qui sont très considérables aux petits-enfants, etc.
08:24Il y a une façon de fonctionner.
08:27On passe à côté complètement de ça.
08:28Mais ça, c'est essentiel.
08:29Pardonnez-moi, moi, je trouve que ça touche même à une question de civilisation.
08:32C'est-à-dire, vous voulez imposer ou demander davantage
08:35d'efforts à des retraités, fustiles, plus aisés,
08:38eh bien, ils vont quand même moins aider leurs enfants,
08:40moins aider leurs petits-enfants.
08:41Est-ce que vous n'êtes pas en train de fragiliser,
08:43de distendre encore ce lien qui est dans d'autres pays ?
08:46Je pense à l'Europe du Sud, existe Arthur Berda,
08:48et qui, en France, quand même, il est de plus en plus fragile.
08:50Bien sûr, vous avez raison, on est en train de nourrir ou de relancer ou de nourrir,
08:53c'est selon la vision qu'on a, une guerre intergénérationnelle
08:55dont le pays n'a franchement pas besoin.
08:57Aujourd'hui, Emmanuel Macron s'était fait fort de réconcilier les Français.
09:00C'était la promesse fondatrice de son engagement.
09:01Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'a priori, il n'a pas réussi.
09:03Je ne sais pas s'il a raté, mais je suis sûr qu'il n'a pas réussi.
09:05Et donc, si vous voulez, on est en train de nourrir, de relancer ou d'aggraver,
09:09en effet, une guerre intergénérationnelle,
09:11où moi, je vois bien que dans ma génération,
09:13il est de coutume que de taper sur les retraités en expliquant que...
09:20Il ne faut quand même pas oublier que depuis le début de ce mandat,
09:23c'est impossible de poser la question de l'allongement des retraites.
09:28Oui, mais Emmanuel Macron n'a pas été totalement aidé dans son affaire, tout le monde.
09:32Je suis bien d'accord avec vous.
09:33Et d'ailleurs, je le dis devant Céline Imard, y compris par les Républicains,
09:35qui n'ont pas été très aidants au moment de la réforme des retraites.
09:38Aujourd'hui, le discours a changé.
09:39Le discours est très clair.
09:40Le discours de Bruno Retailleau est très clair.
09:42Oui, Bruno Retailleau, mais avouez quand même que les députés n'ont pas été très clairs.
09:45Mais de manière globale, il faut arrêter de regarder le gâteau diminuer
09:47en se disant qui c'est qui va payer et à qui on va demander des départs.
09:50Il faut recréer un gâteau plus grand.
09:51Donc il y a un changement de paradigme à opérer sur ce sujet.
09:54Il n'y a pas de diagnostic partagé sur l'idée qu'il faut travailler plus.
09:57Si, à droite, il y a un diagnostic partagé.
09:59La gauche nous a menti pendant des décennies.
10:00Ils nous ont fait croire pendant des décennies.
10:02C'était Martine Aubry, les 35 heures, ça remonte.
10:05Ils nous ont fait croire.
10:06Dans le travail au moins, on allait pouvoir être un pays plus riche.
10:09Et ce n'est pas possible de mentir de cette manière aux Français.
10:11Il faut qu'on change le style de paradigme.
10:13Les retraités n'avaient pas les RTT.
10:14C'est une question de responsabilité.
10:17Aujourd'hui, chaque promesse qui est faite,
10:19il faut la lier à l'aune de tout ce que les politiques ont fait.
10:22Par exemple, lorsqu'Olivier Faure dit ceci.
10:24Écoutez, puis on revient en plateau pour analyser aussi
10:26ce qu'il disait il y a quelques mois.
10:28Au-dessus de 4 000 euros, je pense qu'il y a des marges à trouver.
10:32Mais pour le reste, je considère qu'on est en train
10:35d'expliquer aux gens qu'ils vont devoir se faire racketter,
10:40faire contribuer un retraité qui gagne 1 500 ou 2 000 euros.
10:44Et donc, quand on considère que désormais,
10:46on ne pourrait pas continuer à financer nos retraites
10:49parce que le débat sur les retraites va revenir inévitablement.
10:52Mais moi, je considère qu'il y a là une forme,
10:54même y compris d'indécence.
10:57Alors juste précisons que les petites retraites
10:58seront exonérées de l'effort.
11:00Et aucune pension de retraite ne devrait baisser.
11:02Sinon, ça, c'est le feu tout de suite.
11:03Oui, c'est le feu tout de suite.
11:04Et d'ailleurs, il y a un certain nombre de pistes
11:05qui ont été évacuées par le gouvernement
11:07ces dernières heures, ces derniers jours.
11:08Donc l'abattement des 10% pour frais professionnels
11:11devrait être sauvegardé.
11:12La baisse des pensions, c'est non aussi.
11:14La désindexation, oui.
11:15Mais attention, avec un seuil.
11:17Effectivement, on ne connaît pas ce seuil pour l'instant.
11:194 000 euros, est-ce que ce n'est pas un peu bas ?
11:22En effet, pour dire en dessous,
11:24au-dessus, vous pouvez largement contribuer.
11:26C'est peut-être en effet un petit peu sévère.
11:28Mais en tout cas, là où c'est vrai que c'est assez retort
11:31dans l'argument du gouvernement,
11:32c'est le message, c'est que les pensions ne baisseront pas.
11:35Mais désindexation, ça veut dire perte de pouvoir.
11:37Première chose, et puis c'est le gel de la réforme des retraites
11:40qui a coûté des milliards
11:41que les mêmes retraités vont payer.
11:44Comment on explique ?
11:47En plus, il y a des choses qu'on ne dit pas vraiment.
11:50Il y a l'abattement sur les frais professionnels.
11:52Moi, c'est le point sur lequel...
11:54On dit comme ça, oui, vous comprenez que ça puisse...
11:55On dit que vous ne travaillez plus, pourquoi vous avez des...
11:57On peut discuter, mais simplement, il faut rappeler
11:59que ça a été inventé en 1978.
12:02Pourquoi ? Par la droite avant les législatives.
12:06Et parce que les anciens ne pouvaient pas truquer
12:09une fois qu'ils étaient à la retraite avec les impôts.
12:12Donc, il fallait leur donner une forme de poire pour la soif.
12:15Donc, en tout cas, on peut réfléchir là-dessus.
12:19On peut expliquer pourquoi aujourd'hui, effectivement...
12:21Vous avez déjà été mis sur la table à deux reprises.
12:23À deux reprises, on n'est pas arrivé.
12:25Parce que ça, ce n'est pas expliqué.
12:26Mais là-dessus, on peut tenir un discours.
12:28Mais est-ce que vous trouvez qu'il y a une vision ?
12:30Par exemple, le sujet est beaucoup plus large.
12:32Il s'agit quand même de la menace, selon moi,
12:34mais vous allez me dire si vous êtes d'accord,
12:36existentielle qui pèse sur notre modèle social
12:37en raison du vieillissement de la population.
12:39Vous avez une natalité en berne
12:40et vous avez le mur du grand âge qu'on se prend en pleine figure.
12:44Qui aujourd'hui...
12:45Qui trouve une solution, une vision ?
12:47C'est bien pour ça que la vision à long terme,
12:49elle doit être claire.
12:50D'abord, il faut pouvoir partager un gâteau plus grand.
12:52Donc la première des choses, c'est qu'il faut mettre la France au travail.
12:55Ça aussi, c'est très clair.
12:56Sortir du dogme des 35 heures
12:57et à partir de la 36e heure,
12:59supprimer les charges patronales et sociales.
13:01Il faut faire un choc de production et de productivité.
13:04Alléger les impôts sur la production
13:06pour qu'une entreprise cesse d'être confrontée à payer l'État
13:09avant même d'avoir produit un centime de valeur ajoutée.
13:12Choc de production, choc de travail.
13:14Et aussi la norme qui crée énormément
13:18de perte de richesse à la France.
13:20Si vous regardez le coût de la mort sur le pourcentage du PIB...
13:23En tant qu'agricultrice, vous en connaissez un rayon.
13:25Et donc, tant qu'on arrivera à remettre de la compétitivité,
13:29à recréer de la richesse,
13:30à taper sur la cistana,
13:31et à remettre les Français au travail,
13:33on pourra se projeter.
13:34Les caisses sont vives, les poches sont trouées,
13:37il n'y a même plus d'idées.
13:38Ça vous fait sourire, Nicolas Doménac ?
13:40Je vais rentrer me coucher.
13:41En court terme, il y a déjà des étonnements.
13:43La façon dont c'est présenté par le gouvernement,
13:45c'est est-ce qu'on pouvait payer cet effort,
13:47ce budget imbouclable,
13:48par les retraités ou par les actifs ?
13:50Il y a une obsession du budget
13:51ou il y a la France avant le budget quand même ?
13:54Il y a une forme de concorde nationale, je ne sais pas.
13:56Est-ce qu'on a envie de monter des catégories
13:58les uns contre les autres
13:59ou est-ce que c'est une vision à court terme
14:01et le budget d'abord ?
14:02Vous avez la réponse,
14:03puisque dès l'instant où Sébastien Lecornu
14:05préfère s'attaquer à la question des retraités
14:08plutôt qu'à la question des retraites,
14:10la réponse à votre question,
14:11il vous l'apporte.
14:12Sébastien Lecornu, il a fait un choix,
14:13à mon sens irresponsable,
14:15en suspendant la réforme des retraites,
14:17en achetant avec de l'argent qu'on n'avait pas
14:18la suspension de la réforme des retraites l'année dernière
14:20et aujourd'hui, il poursuit ou il amplifie ce geste,
14:23si je puis dire,
14:24en choisissant de s'attaquer aux retraités.
14:26Or, ce qu'il faut faire,
14:27c'est laisser les retraités tranquilles.
14:28En revanche, tout changer sur la question des retraites
14:30et je crois que Mme Imard a eu raison
14:31d'aborder cette question.
14:32Il faut un étage de capitalisation
14:33parce que le système par répartition
14:35qui fait partie du contrat social
14:37et du pacte social dont vous parliez,
14:38Nicolas Doménac,
14:39aujourd'hui, démographiquement,
14:40il n'est plus tenable.
14:41Et donc, on peut fermer les yeux,
14:43coucher les oreilles
14:43et mettre les mains devant la bouche,
14:44mais c'est quand même la réalité.
14:45Entièrement d'accord, Arthur.
14:47Simplement, les générations 63, 64,
14:50puisque ce sont ces,
14:51qui sont concernées par le geste
14:53qui a été fait par Sébastien Lecornu
14:55l'année dernière,
14:56c'est aussi une majorité de ces générations-là
14:58qui ne voulaient pas travailler plus longtemps.
14:59Mais personne ne veut travailler plus longtemps.
15:01Moi, je pense que le problème,
15:02je ne veux pas.
15:02Le problème, il est là.
15:04Il faut accepter de travailler plus longtemps.
15:05Si je peux vous permettre,
15:06juste un tout petit mot, Arthur Berda,
15:07il y a eu un conclave
15:09qui s'est tenu à un moment
15:10et que le patronat a bloqué...
15:12Vous ne parlez pas de celui de Néon 14,
15:13on est d'accord.
15:14Non, là, il y a eu la fumée blanche.
15:16On l'attend toujours.
15:17Le patronat,
15:19que vous soutenez par ailleurs,
15:21a bloqué cette possibilité d'entente
15:24entre les syndicats et le patronat.
15:25C'est une lourde responsabilité historique.
15:27Je vais jouer contre mon corps.
15:28J'apporte de l'eau à votre moulin.
15:29Il y en a deux qui n'ont pas été dans leur rôle,
15:30à mon sens, ces dernières années.
15:32Il y a un, les Républicains,
15:33sous la houlette d'Éric Ciotti à l'époque,
15:35qui ont milité contre la réforme borne en 2023.
15:38Et deux, le MEDEF,
15:39qui, du temps de Sébastien Lecornu,
15:40a expliqué qu'en gros,
15:41on préférait que l'effort pèse
15:43sur les caisses de l'État
15:44plutôt que sur celle des patrons.
15:46Le résultat, c'est que ça pèse sur tout le monde.
15:48Je pense que tout le monde a eu tort
15:49et que maintenant, tout le monde va en faire un chemin.
15:51Si chacun pense contre soi,
15:52alors je vais aller dans le sens de Bruno Jeudy,
15:54il y a quand même des vérités
15:55qui ne sont pas bonnes à dire.
15:57Je les ai énumérées.
15:57Vous allez me dire si vous êtes d'accord ou pas.
15:59Les retraités d'aujourd'hui touchent en moyenne
16:01plus que ce qu'ils ont cotisé
16:02tout au long de leur vie.
16:03Et à l'inverse,
16:04les travailleurs d'aujourd'hui
16:05contribuent davantage que ceux d'hier aux retraites.
16:07C'est près d'un tiers de leur salaire brut
16:09qui part dans les retraites.
16:10Vrai ou faux ?
16:10Absolument.
16:11Mais le système n'est plus tenable.
16:13On pourrait aussi rappeler que ces dernières années,
16:14les retraites indexées sur l'inflation
16:16ont augmenté plus vite que les salaires
16:18qui, pourtant, financent ces retraites.
16:19Vrai ou faux ?
16:20Oui, c'est vrai.
16:20Mais d'un mot,
16:21l'indexation des retraites sur l'inflation,
16:24rappelons-le,
16:25ce n'est pas un cadeau qu'on fait retraiter.
16:26C'est la loi.
16:27C'est le code de la sécurité sociale.
16:29C'est vrai ou c'est faux ?
16:31Non, mais la différence, c'est que...
16:32Les faits sont tueurs.
16:33À vous, vous êtes contents.
16:35C'est lui qui vous a donné ces chiffres.
16:37Je ne suis pas content.
16:39Je ne suis pas content.
16:40Je trouve qu'il y a un déni devant les chiffres
16:42et devant la situation.
16:43De toute façon,
16:44si on ne veut pas le faire aujourd'hui,
16:45vous ne vous inquiétez pas.
16:46Les institutions par l'extérieur
16:49viendront le faire pour nous.
16:50Ce qui s'est passé.
16:51Le retour du bâton.
16:52Ce qui s'est passé.
16:52Le FMI, la PCE.
16:55Mais on ne peut pas voir les choses en face.
16:56Vous l'avez dit au début d'émission,
16:58fort justement,
16:58nous sommes assis sur des caisses vides.
17:01Donc vous voulez financer comment tout ça ?
17:03Donc de toute façon,
17:03on n'aura pas le choix.
17:04C'est cette décision d'éroule.
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